Emoji from Twemoji v2 project

Ebooks notes

No comment — antichronological — email

Show top highlights

En ce qui concerne la femme, son complexe d’infériorité prend la forme d’un refus honteux de sa féminité : ce n’est pas l’absence du pénis qui provoque ce complexe mais tout l’ensemble de la situation ; la fillette n’envie le phallus que comme le symbole des privilèges accordés aux garçons ; la place qu’occupe le père dans la famille, l’universelle prépondérance des mâles, l’éducation, tout la confirme dans l’idée de la supériorité masculine. Plus tard, au cours des rapports sexuels, la posture même du coït qui place la femme sous l’homme est une humiliation nouvelle. Elle réagit par une « protestation virile » ; ou bien elle cherche à se masculiniser, ou bien avec des armes féminines elle engage la lutte contre l’homme. C’est par la maternité qu’elle peut retrouver dans l’enfant un équivalent du pénis. Mais ceci suppose qu’elle commence par s’accepter intégralement comme femme, donc qu’elle assume son infériorité. Elle est divisée contre elle-même beaucoup plus profondément que l’homme.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

beaucoup de psychanalystes admettent aujourd’hui que la fillette regrette le pénis sans supposer cependant qu’elle en a été dépouillée ;

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Comme son évolution génitale, on voit que l’ensemble du drame sexuel est plus complexe pour la petite fille que pour ses frères : elle peut être tentée de réagir au complexe de castration en refusant sa féminité, en s’entêtant à convoiter un pénis et à s’identifier au père ; cette attitude la conduira à demeurer au stade clitoridien, à devenir frigide ou à se tourner vers l’homosexualité.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

c’est par la tendresse qu’elle inspire au père qu’elle peut compenser son infériorité.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

la petite fille a d’abord une fixation maternelle alors que le garçon n’est à aucun moment attiré sexuellement par le père ; cette fixation est une survivance de la phase orale ; l’enfant s’identifie alors au père ; mais vers l’âge de cinq ans, elle découvre la différence anatomique des sexes et elle réagit à l’absence de pénis par un complexe de castration : elle s’imagine avoir été mutilée et en souffre ; elle doit alors renoncer à ses prétentions viriles, elle s’identifie à la mère et cherche à séduire son père.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Freud a mis en lumière un fait dont on n’avait pas reconnu avant lui toute l’importance : l’érotisme masculin se localise définitivement dans le pénis ; tandis qu’il y a chez la femme deux systèmes érotiques distincts : l’un clitoridien qui se développe au stade infantile et l’autre vaginal qui ne s’épanouit qu’après la puberté ; quand le garçon arrive à la phase génitale, son évolution est achevée ; il faudra qu’il passe de l’attitude auto-érotique où le plaisir est visé dans sa subjectivité, à une attitude hétéro-érotique qui liera le plaisir à un objet, normalement la femme ; ce passage se produira au moment de la puberté à travers une phase narcissique : mais le pénis demeurera comme dans l’enfance l’organe érotique privilégié. La femme devra aussi à travers le narcissisme objectiver sur l’homme sa libido ; mais le processus sera beaucoup plus complexe parce qu’il faudra que du plaisir clitoridien elle passe au plaisir vaginal. Il n’y a qu’une étape génitale pour l’homme tandis qu’il y en a deux chez la femme ; elle risque bien davantage de ne pas arriver au bout de son évolution sexuelle, de demeurer au stade infantile et en conséquence de développer des névroses.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

bien davantage de ne pas arriver au bout de son évolution sexuelle, de demeurer au stade infantile et en conséquence de développer des névroses.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

bien davantage de ne pas arriver au bout de son évolution sexuelle, de demeurer au stade infantile

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« les pires ennemis de la psychanalyse ce sont les psychanalystes ». En dépit d’une précision scolastique souvent pédante, beaucoup d’équivoques n’ont pas été dissipées.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

la femelle reconquiert dans la maternité une autre sorte d’autonomie.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Ces données biologiques sont d’une extrême importance : elles jouent dans l’histoire de la femme un rôle de premier plan, elles sont un élément essentiel de sa situation : dans toutes nos descriptions ultérieures nous aurons à nous y référer. Car le corps étant l’instrument de notre prise sur le monde, le monde se présente tout autrement selon qu’il est appréhendé d’une manière ou d’une autre. C’est pourquoi nous les avons si longuement étudiées ; elles sont une des clefs qui permettent de comprendre la femme. Mais ce que nous refusons, c’est l’idée qu’elles constituent pour elle un destin figé. Elles ne suffisent pas à définir une hiérarchie des sexes ; elles n’expliquent pas pourquoi la femme est l’Autre ; elles ne la condamnent pas à conserver à jamais ce rôle subordonné.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Si on la compare au mâle, celui-ci apparaît comme infiniment privilégié : sa vie génitale ne contrarie pas son existence personnelle ; elle se déroule d’une manière continue, sans crise et généralement sans accident. En moyenne les femmes vivent aussi longtemps que lui ; mais elles sont beaucoup plus souvent malades et il y a de nombreuses périodes où elles n’ont pas la disposition d’elles-mêmes.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Ces données biologiques sont d’une extrême importance : elles jouent dans l’histoire de la femme un rôle de premier plan, elles sont un élément essentiel de sa situation : dans toutes nos descriptions ultérieures nous aurons à nous y référer. Car le corps étant l’instrument de notre prise sur le monde, le monde se présente tout autrement selon qu’il est appréhendé d’une manière ou d’une autre.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Si on la compare au mâle, celui-ci apparaît comme infiniment privilégié : sa vie génitale ne contrarie pas son existence personnelle ; elle se déroule d’une manière continue, sans crise et généralement sans accident. En moyenne les femmes vivent aussi longtemps que lui ; mais elles sont beaucoup plus souvent malades et il y a de nombreuses périodes où elles n’ont pas la disposition d’elles-mêmes. Ces données biologiques sont d’une extrême importance : elles jouent dans l’histoire de la femme un rôle de premier plan, elles sont un élément essentiel de sa situation : dans toutes nos descriptions ultérieures nous aurons à nous y référer. Car le corps étant l’instrument de notre prise sur le monde, le monde se présente tout autrement selon qu’il est appréhendé d’une manière ou d’une autre.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

le corps étant l’instrument de notre prise sur le monde, le monde se présente tout autrement selon qu’il est appréhendé d’une manière ou d’une autre.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

le corps étant l’instrument de notre prise sur le monde, le monde se présente tout autrement selon qu’il est appréhendé d’une manière ou d’une autre. C’est

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Si on la compare au mâle, celui-ci apparaît comme infiniment privilégié : sa vie génitale ne contrarie pas son existence personnelle ; elle se déroule d’une manière continue, sans crise et généralement sans accident. En moyenne les femmes vivent aussi longtemps que lui ; mais elles sont beaucoup plus souvent malades et il y a de nombreuses périodes où elles n’ont pas la disposition d’elles-mêmes.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Ce manque de stabilité et de contrôle entraîne leur émotivité, directement liée aux variations vasculaires : battements de cœur, rougeur, etc. ; et elles sont par là sujettes aux manifestations convulsives : larmes, fou rire, crises de nerfs.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Chez beaucoup un équilibre endocrinien se rétablit. Alors la femme se trouve délivrée des servitudes de la femelle ; elle n’est pas comparable à un eunuque car sa vitalité est intacte ; cependant elle n’est plus la proie de puissances qui la débordent : elle coïncide avec elle-même. On a dit parfois que les femmes âgées constituaient « un troisième sexe » ; et en effet elles ne sont pas des mâles mais ne sont plus des femelles ; et souvent cette autonomie physiologique se traduit par une santé, un équilibre, une vigueur qu’elles ne possédaient pas auparavant.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

C’est dans cette période qu’elle éprouve le plus péniblement son corps comme une chose opaque aliénée ; il est la proie d’une vie têtue et étrangère qui en lui chaque mois fait et défait un berceau ; chaque mois un enfant se prépare à naître et avorte dans l’écroulement des dentelles rouges ; la femme, comme l’homme, est son corps(24) : mais son corps est autre chose qu’elle.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

il y a diminution du contrôle automatique par le système central, ce qui libère des réflexes, des complexes convulsifs et se traduit par une grande instabilité d’humeur : la femme est plus émotive, plus nerveuse, plus irritable que de coutume et peut présenter des troubles psychiques graves.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

il y a diminution du contrôle automatique par le système central, ce qui libère des réflexes, des complexes convulsifs et se traduit par une grande instabilité d’humeur : la femme est plus émotive, plus nerveuse, plus irritable que de coutume et

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

il y a diminution du contrôle automatique par le système central, ce qui libère des réflexes, des complexes convulsifs et se traduit par une grande instabilité d’humeur : la femme est plus émotive, plus nerveuse, plus irritable que de coutume

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Ce processus complexe, encore assez mystérieux dans ses détails, met en branle l’organisme tout entier puisqu’il s’accompagne de sécrétions hormonales qui réagissent sur la thyroïde et l’hypophyse, sur le système nerveux central et le système végétal et par conséquent sur tous les viscères. Presque toutes les femmes – plus de 85 % – présentent des troubles pendant cette période.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Presque toutes les femmes – plus de 85 % – présentent des troubles pendant cette période.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

le développement de l’homme est simple. De la naissance à la puberté, il croît à peu près régulièrement ; vers quinze ou seize ans commence la spermatogenèse qui s’effectue de manière continue jusqu’à la vieillesse ; son apparition s’accompagne d’une production d’hormones qui précise la constitution virile du soma. Dès lors, le mâle a une vie sexuelle qui est normalement intégrée à son existence individuelle : dans le désir, dans le coït, son dépassement vers l’espèce se confond avec le moment subjectif de sa transcendance : il est son corps.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

tandis que la séparation en forces neuves et individualisées est suscitée par l’initiative mâle ; il lui est donc permis de s’affirmer dans son autonomie ; l’énergie spécifique, il l’intègre à sa propre vie ; au contraire l’individualité de la femelle est combattue par l’intérêt de l’espèce ; elle apparaît comme possédée par des puissances étrangères : aliénée.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

On dirait que avant de procréer, le mâle revendiquant comme proprement sien l’acte qui perpétue l’espèce confirme dans sa lutte contre ses congénères la vérité de son individualité. L’espèce habite la femelle et absorbe une grande partie de sa vie individuelle ; le mâle au contraire intègre à sa vie individuelle les forces vivantes

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Hegel a raison de voir chez le mâle l’élément subjectif tandis que la femelle demeure enveloppée dans l’espèce.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

la femelle s’abdique au profit de l’espèce qui réclame cette abdication.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

cette individualité n’est pas revendiquée : la femelle s’abdique au profit de l’espèce qui réclame cette abdication.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

d’abord violée, la femelle est ensuite aliénée ; elle porte le fœtus dans son ventre jusqu’à un stade de maturation variable selon les espèces : le cobaye naît presque adulte, le chien encore tout proche de l’état fœtal ; habitée par un autre qui se nourrit de sa substance, la femelle pendant tout le temps de la gestation est à la fois soi-même et autre que soi-même ; après l’accouchement, elle nourrit le nouveau-né du lait de ses mamelles. Si bien qu’on ne sait trop quand il peut être considéré comme autonome : au moment de la fécondation, de la naissance, ou du sevrage ? Il est remarquable que plus la femelle apparaît comme un individu séparé, plus impérieusement la continuité vivante s’affirme par-delà toute séparation ; le poisson, l’oiseau qui expulsent l’ovule vierge ou l’œuf fécondé sont moins en proie à leur progéniture que la femelle mammifère. Celle-ci retrouve une autonomie après la naissance des petits : alors il s’établit entre elle et eux une distance ; et c’est à partir d’une séparation qu’elle se voue à eux ; elle s’occupe d’eux avec initiative et invention, elle lutte pour les défendre contre les autres animaux et devient même agressive. Mais normalement elle ne cherche pas à affirmer son individualité ; elle ne s’oppose pas aux mâles ni aux autres femelles ; elle n’a guère d’instinct combatif

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

d’abord violée, la femelle est ensuite aliénée ; elle porte le fœtus dans son ventre jusqu’à un stade de maturation variable selon les espèces : le cobaye naît presque adulte, le chien encore tout proche de l’état fœtal ; habitée par un autre qui se nourrit de sa substance, la femelle pendant tout le temps de la gestation est à la fois soi-même et autre que soi-même ; après l’accouchement, elle nourrit le nouveau-né du lait de ses mamelles. Si bien qu’on ne sait trop quand il peut être considéré comme autonome : au moment de la fécondation, de la naissance, ou du sevrage ? Il est remarquable que plus la femelle apparaît comme un individu séparé, plus impérieusement la continuité vivante s’affirme par-delà toute séparation ; le poisson, l’oiseau qui expulsent l’ovule vierge ou l’œuf fécondé sont moins en proie à leur progéniture que la femelle mammifère.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

L’œstrus correspond à la période du rut ; mais le rut a chez la femelle un caractère passif ; elle est prête à recevoir le mâle, elle l’attend ; il arrive même chez les mammifères – comme aussi chez certains oiseaux – qu’elle le sollicite ; mais elle se borne à lui adresser un appel par des cris, des parades ou des exhibitions ; elle ne saurait imposer le coït. En fin de compte c’est à lui que revient la décision. On a vu que même chez les insectes où, par le sacrifice total qu’elle consent à l’espèce, la femelle s’assure de si grands privilèges, c’est ordinairement le mâle qui provoque la fécondation ; souvent chez les poissons il invite la femelle à la ponte par sa présence ou par des attouchements ; chez les batraciens il agit comme stimulateur. Mais c’est surtout chez les oiseaux et les mammifères qu’il s’impose à elle ; très souvent elle le subit avec indifférence ou même elle lui résiste. Fût-elle provocante, consentante, c’est lui de toute façon qui la prend : elle est prise. Le mot a souvent un sens très précis : soit parce qu’il possède des organes adaptés, soit parce qu’il est le plus fort, le mâle la saisit, l’immobilise ; c’est lui qui effectue activement les mouvements du coït ; chez beaucoup d’insectes, chez les oiseaux et chez les mammifères, il la pénètre. Par là elle apparaît comme une intériorité violée. Ce n’est pas à l’espèce que le mâle fait violence, car celle-ci ne se perpétue qu’en se rénovant, elle périrait si ovules et spermatozoïdes ne se rejoignaient pas ; seulement, la femelle chargée de protéger l’œuf l’enferme en elle-même et son corps qui constitue pour l’ovule un abri le soustrait aussi à l’action fécondante du mâle ; il est donc une résistance à briser, tandis qu’en le pénétrant le mâle se réalise comme activité. Sa domination s’exprime par la posture du coït : chez presque tous les animaux le mâle est sur la femelle. Et sans doute l’organe dont il se sert est matériel lui aussi, mais il se découvre sous son aspect animé : c’est un outil ; tandis que dans cette opération l’organe femelle n’est qu’un réceptacle inerte. Le mâle y dépose sa semence : la femelle la reçoit.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

L’œstrus correspond à la période du rut ; mais le rut a chez la femelle un caractère passif ; elle est prête à recevoir le mâle, elle l’attend ; il arrive même chez les mammifères – comme aussi chez certains oiseaux – qu’elle le sollicite ; mais elle se borne à lui adresser un appel par des cris, des parades ou des exhibitions ; elle ne saurait imposer le coït. En fin de compte c’est à lui que revient la décision. On a vu que même chez les insectes où, par le sacrifice total qu’elle consent à l’espèce, la femelle s’assure de si grands privilèges, c’est ordinairement le mâle qui provoque la fécondation ; souvent chez les poissons il invite la femelle à la ponte par sa présence ou par des attouchements ; chez les batraciens il agit comme stimulateur. Mais c’est surtout chez les oiseaux et les mammifères qu’il s’impose à elle ; très souvent elle le subit avec indifférence ou même elle lui résiste. Fût-elle provocante, consentante, c’est lui de toute façon qui la prend : elle est prise. Le mot a souvent un sens très précis : soit parce qu’il possède des organes adaptés, soit parce qu’il est le plus fort, le mâle la saisit, l’immobilise ; c’est lui qui effectue activement les mouvements du coït ; chez beaucoup d’insectes, chez les oiseaux et chez les mammifères, il la pénètre. Par là elle apparaît comme une intériorité violée. Ce n’est pas à l’espèce que le mâle fait violence,

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Les pigeons mâles et femelles sécrètent dans leur jabot une sorte de lait dont ils alimentent les oisillons. Ce qui est remarquable en tous ces cas où le père joue un rôle nourricier, c’est que pendant la période où il se consacre à sa progéniture la spermatogenèse s’interrompt ; occupé à maintenir la vie, il n’a plus l’impulsion d’en susciter des formes nouvelles.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

La femelle vit plus longtemps et elle semble avoir plus d’importance ; mais elle ne possède aucune autonomie ; la ponte, l’incubation, le soin des larves composent tout son destin ; ses autres fonctions sont totalement ou partiellement atrophiées. Dans le mâle au contraire s’ébauche une existence individuelle. Très souvent il manifeste dans la fécondation plus d’initiative que la femelle ; c’est lui qui va à sa recherche, qui l’attaque, la palpe, la saisit et lui impose le coït ; parfois il lui faut combattre d’autres mâles. Corrélativement les organes de la locomotion, du tact, de la préhension sont souvent chez lui plus évolués ; beaucoup de papillons femelles sont aptères tandis que leurs mâles ont des ailes ; les mâles ont des couleurs, des élytres, des pattes, des pinces plus développés ; et parfois cette richesse s’accompagne d’un vain luxe de couleurs brillantes.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

La femelle vit plus longtemps et elle semble avoir plus d’importance ; mais elle ne possède aucune autonomie ; la ponte, l’incubation, le soin des larves composent tout son destin ; ses autres fonctions sont totalement ou partiellement atrophiées. Dans le mâle au contraire s’ébauche une existence individuelle. Très souvent il manifeste dans la fécondation plus d’initiative que la femelle ; c’est lui qui va à sa recherche, qui l’attaque, la palpe, la saisit et lui impose le coït ; parfois il lui faut combattre d’autres mâles.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

La femelle vit plus longtemps et elle semble avoir plus d’importance ; mais elle ne possède aucune autonomie ; la ponte, l’incubation, le soin des larves composent tout son destin ; ses autres fonctions sont totalement ou partiellement atrophiées. Dans le mâle au contraire s’ébauche une existence individuelle.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Chez l’araignée géante, la femelle porte ses œufs dans un sac jusqu’à ce qu’ils arrivent à maturité : elle est beaucoup plus grande et plus robuste que le mâle, et il arrive qu’elle le dévore après l’accouplement ; on observe les mêmes mœurs chez la mante religieuse autour de laquelle s’est cristallisé le mythe de la féminité dévorante : l’ovule châtre le spermatozoïde, la mante assassine son époux, ces faits préfigureraient un rêve féminin de castration. Mais en vérité, c’est en captivité surtout que la mante manifeste tant de cruauté : en liberté au milieu d’aliments assez riches, il est très rare qu’elle fasse du mâle son repas ; si elle le mange, c’est comme la fourmi solitaire souvent mange quelques-uns de ses propres œufs ; afin d’avoir la force de pondre et de perpétuer l’espèce. Voir dans ces faits une annonce de la « lutte des sexes » qui met aux prises des individus en tant que tels, c’est divaguer.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Le privilège détenu par la femelle chez un grand nombre d’insectes provient de ce que la fécondation est un processus généralement très rapide, tandis que l’ovulation et l’incubation des œufs réclament un long travail.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Dans les espèces rudimentaires l’organisme se laisse presque réduire à l’appareil reproducteur ; en ce cas il y a une primauté de l’ovule, donc de la femelle, puisque c’est surtout l’ovule qui est voué à la pure répétition de la vie ; mais elle n’est guère autre chose qu’un abdomen et son existence est tout entière dévorée par le travail d’une monstrueuse ovulation. Elle atteint par rapport au mâle les dimensions d’une géante ; mais souvent ses membres ne sont que des moignons, son corps un sac informe, tous les organes dégénèrent au profit des œufs.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

dans les phénomènes secondaires et superficiels qui conditionnent la fécondation, c’est par l’élément mâle que s’opère la variation de situation nécessaire à l’éclosion neuve de la vie ; c’est par l’élément femelle que cette éclosion se fixe en un organisme stable. Il serait hardi de déduire d’une telle constatation que la place de la femme est au foyer : mais il y a des gens hardis.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Gamètes mâles et femelles se fondent ensemble dans l’œuf ; ensemble ils se suppriment dans leur totalité. Il est faux de prétendre que l’ovule absorbe voracement le gamète mâle et aussi faux de dire que celui-ci s’annexe victorieusement les réserves de la cellule femelle puisque dans l’acte qui les confond l’individualité de l’un et de l’autre se perd.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

En réalité l’embryon perpétue le germen du père autant que celui de la mère et les retransmet ensemble à ses descendants sous une forme tantôt mâle et tantôt femelle. C’est pour ainsi dire un germen androgyne qui de génération en génération survit aux avatars individuels du soma.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Hegel estime que les deux sexes doivent être différents : l’un sera actif, l’autre passif, et il va de soi que la passivité sera le lot de la femelle.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Aristote imagine que le fœtus est produit par la rencontre du sperme et des menstrues : dans cette symbiose, la femme fournit seulement une matière passive, c’est le principe mâle qui est force, activité, mouvement, vie.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

au commencement il y avait des hommes, des femmes et des androgynes ; chaque individu possédait une double face, quatre bras, quatre jambes et deux corps accolés ; ils furent un jour fendus en deux « à la manière dont on fend les œufs » et, depuis lors, chaque moitié cherche à rejoindre sa moitié complémentaire : les dieux décidèrent ultérieurement que par l’accouplement de deux moitiés dissemblables de nouveaux êtres humains seraient créés.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Inerte, impatiente, rusée, stupide, insensible, lubrique, féroce, humiliée, l’homme projette dans la femme toutes les femelles à la fois. Et le fait est qu’elle est une femelle.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Comment dans la condition féminine peut s’accomplir un être humain ? Quelles voies lui sont ouvertes ? Lesquelles aboutissent à des impasses ? Comment retrouver l’indépendance au sein de la dépendance ? Quelles circonstances limitent la liberté de la femme et peut-elle les dépasser ? Ce sont là les questions fondamentales que nous voudrions élucider. C’est dire que nous intéressant aux chances de l’individu nous ne définirons pas ces chances en termes de bonheur, mais en termes de liberté.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

il n’y a aucune possibilité de mesurer le bonheur d’autrui et il est toujours facile de déclarer heureuse la situation qu’on veut lui imposer : ceux qu’on condamne à la stagnation en particulier, on les déclare heureux sous prétexte que le bonheur est immobilité.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

c’est du point de vue des chances concrètes données aux individus que nous jugeons les institutions.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

L’homme qui a le plus de sympathie pour la femme ne connaît jamais bien sa situation concrète.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

nul n’est plus arrogant à l’égard des femmes, agressif ou dédaigneux, qu’un homme inquiet de sa virilité. Ceux qui ne sont pas intimidés par leurs semblables sont aussi beaucoup plus disposés à reconnaître dans la femme un semblable ;

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

nul n’est plus arrogant à l’égard des femmes, agressif ou dédaigneux, qu’un homme inquiet de sa virilité.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

il y a de profondes analogies entre la situation des femmes et celle des Noirs : les unes et les autres s’émancipent aujourd’hui d’un même paternalisme et la caste naguère maîtresse veut les maintenir à « leur place », c’est-à-dire à la place qu’elle a choisie pour eux ; dans les deux cas elle se répand en éloges plus ou moins sincères sur les vertus du « bon Noir » à l’âme inconsciente, enfantine, rieuse, du Noir résigné, et de la femme « vraiment femme », c’est-à-dire frivole, puérile, irresponsable, la femme soumise à l’homme.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Montaigne a fort bien compris l’arbitraire et l’injustice du sort assigné à la femme : « Les femmes n’ont pas du tout tort quand elles refusent les règles qui sont introduites au monde, d’autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elles. Il y a naturellement brigue et riotte entre elles et nous » ;

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Les religions forgées par les hommes reflètent cette volonté de domination : dans les légendes d’Ève, de Pandore, ils ont puisé des armes. Ils ont mis la philosophie, la théologie à leur service comme on a vu par les phrases d’Aristote, de saint Thomas que nous avons citées. Depuis l’Antiquité, satiristes et moralistes se sont complu à faire le tableau des faiblesses féminines.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

souvent elle se complaît dans son rôle d’Autre.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

à côté de la prétention de tout individu à s’affirmer comme sujet, qui est une prétention éthique, il y a aussi en lui la tentation de fuir sa liberté et de se constituer en chose : c’est un chemin néfaste car passif, aliéné, perdu, il est alors la proie de volontés étrangères, coupé de sa transcendance, frustré de toute valeur. Mais c’est un chemin facile : on évite ainsi l’angoisse et la tension de l’existence authentiquement assumée. L’homme qui constitue la femme comme un Autre rencontrera donc en elle de profondes complicités.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

femme lige

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

dans le passé toute l’histoire a été faite par les mâles.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

la femme a toujours été, sinon l’esclave de l’homme, du moins sa vassale ; les deux sexes ne se sont jamais partagé le monde à égalité ; et aujourd’hui encore, bien que sa condition soit en train d’évoluer, la femme est lourdement handicapée. En presque aucun pays son statut légal n’est identique à celui de l’homme et souvent Il la désavantage considérablement. Même lorsque des droits lui sont abstraitement reconnus, une longue habitude empêche qu’ils ne trouvent dans les mœurs leur expression concrète.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Le besoin biologique – désir sexuel et désir d’une postérité – qui met le mâle sous la dépendance de la femelle n’a pas affranchi socialement la femme. Le maître et l’esclave aussi sont unis par un besoin économique réciproque qui ne libère pas l’esclave.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

la femme ne peut exterminer les mâles. Le lien qui l’unit à ses oppresseurs n’est comparable à aucun autre. La division des sexes est en effet un donné biologique, non un moment de l’histoire humaine. C’est au sein d’un mitsein originel que leur opposition s’est dessinée et elle ne l’a pas brisée. Le couple est une unité fondamentale dont les deux moitiés sont rivées l’une à l’autre : aucun clivage de la société par sexes n’est possible. C’est là ce qui caractérise fondamentalement la femme : elle est l’Autre au cœur d’une totalité dont les deux termes sont nécessaires l’un à l’autre.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

la femme ne peut exterminer les mâles. Le lien qui l’unit à ses oppresseurs n’est comparable à aucun autre. La division des sexes est en effet un donné biologique, non un moment de l’histoire humaine. C’est au sein d’un mitsein originel que leur opposition s’est dessinée et elle ne l’a pas brisée. Le couple est une unité fondamentale dont les deux moitiés sont rivées l’une à l’autre : aucun clivage de la société par sexes n’est possible. C’est là ce qui caractérise fondamentalement la femme : elle est l’Autre au cœur d’une totalité dont les deux termes sont nécessaires l’un à l’autre. On pourrait imaginer que

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

la femme ne peut exterminer les mâles. Le lien qui l’unit à ses oppresseurs n’est comparable à aucun autre. La division des sexes est en effet un donné biologique, non un moment de l’histoire humaine. C’est au sein d’un mitsein originel que leur opposition s’est dessinée et elle ne l’a pas brisée. Le couple est une unité fondamentale dont les deux moitiés sont rivées l’une à l’autre : aucun clivage de la société par sexes n’est possible.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

entière juive, tout entière noire : même en songe la femme ne peut exterminer les mâles. Le lien qui l’unit à ses oppresseurs n’est comparable à aucun autre. La division des sexes est en effet un donné biologique, non un moment de l’histoire humaine. C’est au sein d’un mitsein originel que leur opposition s’est dessinée et elle ne l’a pas brisée. Le couple est une unité fondamentale dont les deux moitiés sont rivées l’une à l’autre : aucun clivage de la société par sexes n’est possible.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

aucun clivage de la société par sexes n’est possible.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Les femmes – sauf en certains congrès qui restent des manifestations abstraites – ne disent pas « nous » ; les hommes disent « les femmes » et elles reprennent ces mots pour se désigner elles-mêmes ; mais elles ne se posent pas authentiquement comme Sujet.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« La femelle est femelle en vertu d’un certain manque de qualités », disait Aristote. « Nous devons considérer le caractère des femmes comme souffrant d’une défectuosité naturelle. » Et saint Thomas à sa suite décrète que la femme est un « homme manqué », un être « occasionnel ». C’est ce que symbolise l’histoire de la Genèse où Ève apparaît comme tirée, selon le mot de Bossuet, d’un « os surnuméraire » d’Adam. L’humanité est mâle et l’homme définit la femme non en soi mais relativement à lui ; elle n’est pas considérée comme un être autonome.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Je me suis agacée parfois au cours de discussions abstraites d’entendre des hommes me dire : « Vous pensez telle chose parce que vous êtes une femme » ; mais je savais que ma seule défense, c’était de répondre : « Je la pense parce qu’elle est vraie », éliminant par là ma subjectivité ; il n’était pas question de répliquer : « Et vous pensez le contraire parce que vous êtes un homme » ; car il est entendu que le fait d’être un homme n’est pas une singularité ; un homme est dans son droit en étant homme, c’est la femme qui est dans son tort.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Un homme n’aurait pas idée d’écrire un livre sur la situation singulière qu’occupent dans l’humanité les mâles(9). Si je veux me définir je suis obligée d’abord de déclarer : « Je suis une femme » ; cette vérité constitue le fond sur lequel s’enlèvera toute autre affirmation. Un homme ne commence jamais par se poser comme un individu d’un certain sexe : qu’il soit homme, cela va de soi.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

en vérité il suffit de se promener les yeux ouverts pour constater que l’humanité se partage en deux catégories d’individus dont les vêtements, le visage, le corps, les sourires, la démarche, les intérêts, les occupations sont manifestement différents : peut-être ces différences sont-elles superficielles, peut-être sont-elles destinées à disparaître. Ce qui est certain, c’est que pour l’instant elles existent avec une éclatante évidence.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme ; et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme. PYTHAGORE. Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect, car ils sont à la fois juge et partie. POULAIN DE LA BARRE.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« Le jour où il sera possible à la femme d’aimer dans sa force et non dans sa faiblesse, non pour se fuir mais pour se trouver, non pour se démettre mais pour s’affirmer, alors l’amour deviendra pour elle, comme pour l’homme, source de vie et non mortel danger. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« On ne naît pas femme, on le devient. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Jeune fille « elle renonce à toute coquetterie, se prive de sommeil pour lire, étudie à table et s’impose l’héroïsme comme remède à la médiocrité de sa vie

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

l’héroïsme comme remède à la médiocrité de sa vie

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

L’homme qu’elle « place au-dessus de tous les autres ne la juge pas inférieure à eux ».

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« On me reprocha mon indécence, écrira Beauvoir, on me déclara insatisfaite, glacée, priapique, nymphomane, lesbienne, cent fois avortée et même mère clandestine… au nom de cette tradition polissonne qui fournit aux Français tout un arsenal de dictons et de formules qui réduit la femme à sa fonction d’objet sexuel.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

formules qui réduit la femme à sa fonction d’objet sexuel.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« Un homme n’aurait pas l’idée d’écrire un livre sur la situation singulière qu’occupent dans l’humanité les mâles, écrit-elle. Qu’il soit homme, cela va de soi… Il est entendu que le fait d’être un homme n’est pas une singularité. Un homme est dans son droit en étant homme, c’est la femme qui est dans son tort. » Et elle pose l’idée fondamentale qui va sous-tendre toute l’œuvre : « Une femme se différencie par rapport à l’homme et non celui-ci par rapport à elle. Elle est l’inessentiel par rapport à l’essentiel. Il est le Sujet, il est l’Absolu ; elle est l’Autre. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« Un homme n’aurait pas l’idée d’écrire un livre sur la situation singulière qu’occupent dans l’humanité les mâles, écrit-elle. Qu’il soit homme, cela va de soi… Il est entendu que le fait d’être un homme n’est pas une singularité. Un homme est dans son droit en étant homme, c’est la femme qui est dans son tort. » Et elle pose l’idée fondamentale qui va sous-tendre toute l’œuvre : « Une femme se différencie par rapport à l’homme et non celui-ci par rapport à elle. Elle est l’inessentiel par rapport à l’essentiel.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

En exergue, l’auteur avait placé l’affirmation bien connue de Pythagore : « Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme ; et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme. » Et elle la faisait suivre de cette remarque de Poulain de la Barre : « Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect car ils sont à la fois juge et partie » (Traité de l’égalité des deux sexes, 1676).

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Pythagore : « Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme ; et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme. » Et elle la faisait suivre de cette remarque de Poulain de la Barre : « Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect car ils sont à la fois juge et partie » (Traité de l’égalité des deux sexes, 1676).

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

1676). C’est donc une femme

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Pythagore : « Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme ; et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme. » Et elle la faisait suivre de cette remarque de Poulain de la Barre : « Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect car ils sont à la fois juge et

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Pythagore : « Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme ; et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme. » Et elle la faisait suivre de cette remarque de Poulain de la Barre : « Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect car ils sont à la fois juge et partie »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

semaine. En exergue, l’auteur avait placé l’affirmation bien connue de Pythagore : « Il

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Comintern est un mot qui peut être prononcé presque sans réfléchir tandis que Communisme International est une phrase sur laquelle on est obligé de s’attarder, au moins momentanément. De même, les associations provoquées par un mot comme Miniver étaient moins nombreuses et plus faciles à contrôler que celles amenées par ministère de la Vérité.

1984 (Orwell,George)

On remarqua qu’en abrégeant ainsi un mot, on restreignait et changeait subtilement sa signification, car on lui enlevait les associations qui, autrement, y étaient attachées.

1984 (Orwell,George)

Comintern est un mot qui peut être prononcé presque sans réfléchir tandis que Communisme International est une phrase sur laquelle on est obligé de s’attarder, au moins momentanément.

1984 (Orwell,George)

Il n’y avait pas de mot, dans le vocabulaire B, qui fût idéologiquement neutre. Un grand nombre d’entre eux étaient des euphémismes. Des mots comme, par exemple : joiecamp (camp de travaux forcés) ou minipax (ministère de la Paix, c’est-à-dire ministère de la Guerre) signifiaient exactement le contraire de ce qu’ils paraissaient vouloir dire.

1984 (Orwell,George)

D’innombrables mots comme : honneur, justice, moralité, internationalisme, démocratie, science, religion, avaient simplement cessé d’exister. Quelques mots-couvertures les englobaient et, en les englobant, les supprimaient.

1984 (Orwell,George)

nom-verbe bonpensé, passé et participe passé bienpensé ; participe présent : bonpensant ; adjectif : bonpensable ; nom verbal : bonpenseur.

1984 (Orwell,George)

Il y avait sûrement quelque manière de démontrer que la croyance que rien n’existe en dehors de l’esprit était fausse. N’avait-on pas, il y avait longtemps, démontré l’erreur de cette théorie ? On la désignait même d’un nom qu’il avait oublié. Un faible sourire retroussa les coins de la bouche d’O’Brien qui le regardait. — Je vous ai dit, Winston que la métaphysique n’est pas votre fort. Le mot que vous essayez de trouver est solipsisme. Mais vous vous trompez. Ce n’est pas du solipsisme. Ou, si vous voulez, c’est du solipsisme collectif.

1984 (Orwell,George)

Le mot que vous essayez de trouver est solipsisme. Mais vous vous trompez. Ce n’est pas du solipsisme. Ou, si vous voulez, c’est du solipsisme collectif.

1984 (Orwell,George)

Le mot que vous essayez de trouver est solipsisme. Mais vous vous trompez. Ce n’est pas du solipsisme.

1984 (Orwell,George)

Mais vous vous trompez. Ce n’est pas du solipsisme.

1984 (Orwell,George)

Avant l’homme, il n’y avait rien. Après l’homme, s’il pouvait s’éteindre, il n’y aurait rien. Hors de l’homme, il n’y a rien.

1984 (Orwell,George)

La terre est aussi vieille que nous, pas plus vieille. Comment pourrait-elle être plus âgée ? Rien n’existe que par la conscience humaine.

1984 (Orwell,George)

« Que peut-on, pensa Winston, contre le fou qui est plus intelligent que vous, qui écoute volontiers vos arguments, puis persiste simplement dans sa folie ? »

1984 (Orwell,George)

le Parti ne cherchait pas le pouvoir en vue de ses propres fins, mais pour le bien de la majorité ; qu’il cherchait le pouvoir parce que, dans l’ensemble, les hommes étaient des créatures frêles et lâches qui ne pouvaient endurer la liberté ni faire face à la vérité, et devaient être dirigés et systématiquement trompés par ceux qui étaient plus forts qu’eux ; que l’espèce humaine avait le choix entre la liberté et le bonheur et que le bonheur valait mieux ; que le Parti était le gardien éternel du faible, la secte qui se vouait au mal pour qu’il en sorte du bien, qui sacrifiait son propre bonheur à celui des autres.

1984 (Orwell,George)

Ce qui oppressait le plus Winston, c’était la conscience de sa propre infériorité intellectuelle. Il regardait la forme lourde, mais pleine de grâce, qui marchait au hasard de long en large, à l’intérieur ou à l’extérieur du champ de sa vision. O’Brien était un être plus grand que lui de toutes les façons. Toutes les idées qu’il avait jamais eues ou pu avoir, O’Brien les avait depuis longtemps connues, examinées et rejetées. L’esprit d’O’Brien contenait l’esprit de Winston. Comment O’Brien pourrait-il, dans ce cas, être fou ? Ce devait être lui, Winston, qui était fou.

1984 (Orwell,George)

Le commandement des anciens despotismes était : « Tu ne dois pas. » Le commandement des totalitaires était : « Tu dois. » Notre commandement est : « Tu es. »

1984 (Orwell,George)

Comment puis-je m’empêcher de voir ce qui est devant mes yeux ? Deux et deux font quatre. — Parfois, Winston. Parfois ils font cinq. Parfois ils font trois. Parfois ils font tout à la fois. Il faut essayer plus fort. Il n’est pas facile de devenir sensé.

1984 (Orwell,George)

Ce que le Parti tient pour vrai est la vérité.

1984 (Orwell,George)

pour que les grands, comme nous les avons appelés, gardent perpétuellement leurs places, la condition mentale dominante doit être la folie dirigée.

1984 (Orwell,George)

Le ministère de la Paix s’occupe de la guerre, celui de la Vérité, des mensonges, celui de l’Amour, de la torture, celui de l’Abondance, de la famine. Ces contradictions ne sont pas accidentelles, elles ne résultent pas non plus d’une hypocrisie ordinaire, elles sont des exercices délibérés de doublepensée.

1984 (Orwell,George)

Pour diriger et continuer à diriger, il faut être capable de modifier le sens de la réalité.

1984 (Orwell,George)

La mutabilité du passé est le principe de base de l’Angsoc. Les événements passés, prétend-on, n’ont pas d’existence objective et ne survivent que par les documents et la mémoire des hommes.

1984 (Orwell,George)

le prolétaire, tolère les conditions présentes en partie parce qu’il n’a pas de terme de comparaison. Il doit être coupé du passé,

1984 (Orwell,George)

Les mécontentements causés par la vie nue, insatisfaisante, sont délibérément canalisés et dissipés par des stratagèmes

1984 (Orwell,George)

Une rébellion matérielle, ou un mouvement préliminaire en vue d’une rébellion, sont actuellement impossibles. Il n’y a rien à craindre des prolétaires. Laissés à eux-mêmes, ils continueront, de génération en génération et de siècle en siècle, à travailler, procréer et mourir, non seulement sans ressentir aucune tentation de se révolter, mais sans avoir le pouvoir de comprendre que le monde pourrait être autre que ce qu’il est. Ils ne deviendraient dangereux que si le progrès de la technique industrielle exigeait qu’on leur donne une instruction plus élevée.

1984 (Orwell,George)

La conscience des masses n’a besoin d’être influencée que dans un sens négatif.

1984 (Orwell,George)

La richesse et les privilèges sont plus facilement défendus quand on les possède ensemble.

1984 (Orwell,George)

Tout citoyen, ou au moins tout citoyen assez important pour valoir la peine d’être surveillé, put être tenu vingt-quatre heures par jour sous les yeux de la police, dans le bruit de la propagande officielle, tandis que tous les autres moyens de communication étaient coupés. La possibilité d’imposer, non seulement une complète obéissance à la volonté de l’État, mais une complète uniformité d’opinion sur tous les sujets, existait pour la première fois.

1984 (Orwell,George)

Le livre le passionnait ou, plus exactement, le rassurait. Dans un sens, il ne lui apprenait rien de nouveau, mais il n’en était que plus attrayant. Il disait ce que lui, Winston, aurait dit, s’il lui avait été possible d’ordonner ses pensées éparses. Il était le produit d’un cerveau semblable au sien mais beaucoup plus puissant, plus systématique, moins dominé par la crainte.

1984 (Orwell,George)

trop d’intelligence en fin de compte.

1984 (Orwell,George)

Il était possible, sans aucun doute, d’imaginer une société dans laquelle la richesse dans le sens de possessions personnelles et de luxe serait également distribuée, tandis que le savoir resterait entre les mains d’une petite caste privilégiée. Mais, dans la pratique, une telle société ne pourrait demeurer longtemps stable. Si tous, en effet, jouissaient de la même façon de loisirs et de sécurité, la grande masse d’êtres humains qui est normalement abrutie par la pauvreté pourrait s’instruire et apprendre à réfléchir par elle-même, elle s’apercevrait alors tôt ou tard que la minorité privilégiée n’a aucune raison d’être, et la balaierait.

1984 (Orwell,George)

Il était possible, sans aucun doute, d’imaginer une société dans laquelle la richesse dans le sens de possessions personnelles et de luxe serait également distribuée, tandis que le savoir resterait entre les mains d’une petite caste privilégiée. Mais, dans la pratique, une telle société ne pourrait demeurer longtemps stable. Si tous, en effet, jouissaient de la même façon de loisirs et de sécurité, la grande masse d’êtres humains qui est normalement abrutie par la pauvreté pourrait s’instruire et apprendre à réfléchir par elle-même, elle s’apercevrait alors tôt ou tard que la minorité privilégiée n’a aucune raison d’être, et la balaierait. En résumé, une société hiérarchisée n’était possible

1984 (Orwell,George)

Il était possible, sans aucun doute, d’imaginer une société dans laquelle la richesse dans le sens de possessions personnelles et de luxe serait également distribuée, tandis que le savoir resterait entre les mains d’une petite caste privilégiée.

1984 (Orwell,George)

Il faudra vous habituer à vivre sans obtenir de résultats et sans espoir. Vous travaillerez un bout de temps, vous serez pris, vous vous confesserez et vous mourrez. Ce sont les seuls résultats que vous verrez jamais. Il n’y a aucune possibilité pour qu’un changement perceptible ait lieu pendant la durée de notre existence. Nous sommes des morts. Notre seule vie réelle est dans l’avenir. Nous prendrons part à cet avenir sous forme de poignées de poussière et d’esquilles d’os. Mais à quelle distance de nous peut être ce futur, il est impossible de le savoir. Ce peut être un millier d’années.

1984 (Orwell,George)

O’Brien, en passant devant le télécran, parut frappé d’une idée. Il s’arrêta, se tourna et pressa un bouton sur le mur. Il y eut un bruit sec et aigu. La voix s’était arrêtée. Julia laissa échapper un petit cri, une sorte de cri de surprise. Même dans sa panique, Winston fut trop abasourdi pour pouvoir tenir sa langue. — Vous pouvez le fermer ! s’exclama-t-il. — Oui, répondit O’Brien. Nous pouvons le fermer. Nous avons ce privilège.

1984 (Orwell,George)

On ne pouvait changer les sentiments. Même soi-même, on ne pouvait pas les changer, l’eût-on désiré. Le Parti pouvait mettre à nu les plus petits détails de tout ce que l’on avait dit ou pensé, mais les profondeurs de votre cœur, dont les mouvements étaient mystérieux, même pour vous, demeuraient inviolables.

1984 (Orwell,George)

faits ? On ne pouvait changer les sentiments. Même soi-même, on ne pouvait pas les changer, l’eût-on désiré. Le Parti pouvait mettre à nu les plus petits détails de tout ce que l’on avait dit ou pensé, mais les profondeurs de votre cœur, dont les mouvements étaient mystérieux, même pour vous, demeuraient inviolables.

1984 (Orwell,George)

qu’importait, en fin de compte, la découverte des faits ? On ne pouvait changer les sentiments. Même soi-même, on ne pouvait pas les changer, l’eût-on désiré. Le Parti pouvait mettre à nu les plus petits détails de tout ce que l’on avait dit ou pensé, mais les profondeurs de votre cœur, dont les mouvements étaient mystérieux, même pour vous, demeuraient inviolables.

1984 (Orwell,George)

but poursuivi était, non de rester vivant, mais de rester humain,

1984 (Orwell,George)

— Les prolétaires sont des êtres humains, dit-il tout haut. Nous ne sommes pas des humains.

1984 (Orwell,George)

aspiré hors du cours de l’Histoire.

1984 (Orwell,George)

L’histoire s’est arrêtée. Rien n’existe qu’un présent éternel

1984 (Orwell,George)

Elle était souvent prête à accepter le mythe officiel, simplement parce que la différence entre la vérité et le mensonge ne lui semblait pas importante.

1984 (Orwell,George)

avis il n’y avait pas de guerre. Les bombes-fusées qui tombaient chaque jour sur Londres étaient probablement lancées par le gouvernement de l’Océania lui-même, « juste pour maintenir les gens dans la peur ».

1984 (Orwell,George)

elle considérait comme admis que tout le monde, ou presque tout le monde, haïssait en secret le Parti et violerait les règles s’il était possible de le faire sans danger.

1984 (Orwell,George)

Il existait toute une suite de départements spéciaux qui s’occupaient, pour les prolétaires, de littérature, de musique, de théâtre et, en général, de délassement. Là, on produisait des journaux stupides qui ne traitaient presque entièrement que de sport, de crime et d’astrologie, de petits romans à cinq francs, des films juteux de sexualité, des chansons sentimentales composées par des moyens entièrement mécaniques sur un genre de kaléidoscope spécial appelé versificateur. Il y avait même une sous-section entière – appelée, en novlangue, Pornosex – occupée à produire le genre le plus bas de pornographie. Cela s’expédiait en paquets scellés qu’aucun membre du Parti, à part ceux qui y travaillaient, n’avait le droit de regarder.

1984 (Orwell,George)

Il existait toute une suite de départements spéciaux qui s’occupaient, pour les prolétaires, de littérature, de musique, de théâtre et, en général, de délassement. Là, on produisait des journaux stupides qui ne traitaient presque entièrement que de sport, de crime et d’astrologie, de petits romans à cinq francs, des films juteux de sexualité, des chansons sentimentales composées par des moyens entièrement mécaniques sur un genre de kaléidoscope spécial

1984 (Orwell,George)

Avec seulement quelques touches de couleur où il fallait, elle était devenue, non seulement beaucoup plus jolie, mais, surtout, beaucoup plus féminine.

1984 (Orwell,George)

Il aurait voulu par-dessus tout avoir un endroit où ils pourraient être seuls sans se sentir obligés de faire l’amour chaque fois qu’ils se rencontraient.

1984 (Orwell,George)

ce désappointement périodique était un événement normal. Une profonde tendresse, qu’il n’avait pas encore ressentie pour elle, s’empara de lui.

1984 (Orwell,George)

Elle aidait à la production, en paquets scellés, de fascicules qui avaient des titres comme : Histoires épatantes ou Une nuit dans une école de filles. Ces fascicules étaient achetés en cachette par les jeunes prolétaires qui avaient l’impression de faire quelque chose d’illégal. — Comment sont ces livres ? demanda Winston avec curiosité. — Oh ! affreusement stupides. Barbants comme tout. Pense, il n’y a que six modèles d’intrigue dont on interchange les éléments tour à tour.

1984 (Orwell,George)

Elle aidait à la production, en paquets scellés, de fascicules qui avaient des titres comme : Histoires épatantes ou Une nuit dans une école de filles. Ces fascicules étaient achetés en cachette par les jeunes prolétaires qui avaient l’impression de faire quelque chose d’illégal. — Comment sont ces livres ? demanda Winston avec curiosité. — Oh !

1984 (Orwell,George)

Elle aidait à la production, en paquets scellés, de fascicules qui avaient des titres comme : Histoires épatantes ou Une nuit dans une école de filles. Ces fascicules étaient achetés en cachette par les jeunes prolétaires qui avaient l’impression de faire quelque chose d’illégal.

1984 (Orwell,George)

— À quelle heure laissez-vous le travail ? — À six heures et demie. — Où pouvons-nous nous rencontrer ? — Au square de la Victoire, près du monument. — Il y a plein de télécrans. — Cela n’a pas d’importance s’il y a foule. — Me ferez-vous signe ? — Non. Ne vous approchez de moi que lorsque vous me verrez parmi un tas de gens. Et ne me regardez pas. Tenez-vous seulement près de moi. — À quelle heure ? — À sept heures.

1984 (Orwell,George)

Peu de gens, actuellement, écrivaient des lettres. Pour les messages qu’on avait parfois besoin d’envoyer, il y avait des cartes postales sur lesquelles étaient imprimées de longues listes de phrases, et l’on biffait celles qui étaient inutiles.

1984 (Orwell,George)

— Il n’y a pas de télécran, ne put-il s’empêcher de murmurer. — Oh ! fit le vieil homme, je n’en ai jamais eu. C’est trop cher. Et je n’en ai d’ailleurs jamais senti le besoin.

1984 (Orwell,George)

Ce qui lui plaisait dans cet objet, ce n’était pas tellement sa beauté, que son air d’appartenir à un âge tout à fait différent de l’âge actuel. Le verre doux et couleur d’eau de pluie ne ressemblait à aucun verre qu’il eût jamais vu. L’apparente inutilité de l’objet le rendait doublement attrayant. Winston, pourtant, devinait qu’il devait avoir été fabriqué pour servir de presse-papier. Il était très lourd dans sa poche mais, heureusement, la bosse qu’il formait n’était pas très apparente. C’était un objet étrange, même compromettant, pour un membre du Parti. Tout ce qui était ancien, en somme, tout ce qui était beau, était toujours vaguement suspect.

1984 (Orwell,George)

La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit.

1984 (Orwell,George)

L’évidence, le sens commun, la vérité, devaient être défendus. Les truismes sont vrais. Il fallait s’appuyer dessus. Le monde matériel existe, ses lois ne changent pas. Les pierres sont dures, l’eau humide, et les objets qu’on laisse tomber se dirigent vers le centre de la terre.

1984 (Orwell,George)

la facilité avec laquelle n’importe quel intellectuel du Parti le vaincrait dans une discussion, aux subtils arguments qu’il serait incapable de comprendre, et auxquels il serait encore moins capable de répondre. Et cependant, il était dans le vrai.

1984 (Orwell,George)

la facilité avec laquelle n’importe quel intellectuel du Parti le vaincrait dans une discussion, aux subtils arguments qu’il serait incapable de comprendre, et auxquels il serait encore moins capable de répondre.

1984 (Orwell,George)

que l’on sentait dans la moelle de ses os, c’était le sentiment instinctif que les conditions dans lesquelles on vivait étaient intolérables et, qu’à une époque quelconque, elles devaient avoir été différentes.

1984 (Orwell,George)

quand ils se fâchaient, comme ils le faisaient parfois, leur mécontentement ne menait nulle part car il n’était pas soutenu par des idées générales. Ils ne pouvaient le concentrer que sur des griefs personnels et sans importance. Les maux plus grands échappaient invariablement à leur attention.

1984 (Orwell,George)

quand ils se fâchaient, comme ils le faisaient parfois, leur mécontentement ne menait nulle part car il n’était pas soutenu par des idées générales. Ils ne pouvaient le concentrer que sur des griefs personnels et sans importance.

1984 (Orwell,George)

Ils naissaient, ils poussaient dans la rue, ils allaient au travail à partir de douze ans. Ils traversaient une brève période de beauté florissante et de désir, ils se mariaient à vingt ans, étaient en pleine maturité à trente et mouraient, pour la plupart, à soixante ans. Le travail physique épuisant, le souci de la maison et des enfants, les querelles mesquines entre voisins, les films, le football, la bière et, surtout, le jeu, formaient tout leur horizon et comblaient leurs esprits. Les garder sous contrôle n’était pas difficile.

1984 (Orwell,George)

Le Parti essayait de tuer l’instinct sexuel ou, s’il ne pouvait le tuer, de le dénaturer et de le salir.

1984 (Orwell,George)

— Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer.

1984 (Orwell,George)

Savez-vous que le novlangue est la seule langue dont le vocabulaire diminue chaque année ?

1984 (Orwell,George)

Après tout, quelle raison d’exister y a-t-il pour un mot qui n’est que le contraire d’un autre ? Les mots portent en eux-mêmes leur contraire. Prenez « bon », par exemple. Si vous avez un mot comme « bon » quelle nécessité y a-t-il à avoir un mot comme « mauvais » ? « Inbon » fera tout aussi bien, mieux même, parce qu’il est l’opposé exact de bon, ce que n’est pas l’autre mot.

1984 (Orwell,George)

Il y avait même une sous-section entière – appelée, en novlangue, Pornosex – occupée à produire le genre le plus bas de pornographie. Cela s’expédiait en paquets scellés qu’aucun membre du Parti, à part ceux qui y travaillaient, n’avait le droit de regarder.

1984 (Orwell,George)

Il existait toute une suite de départements spéciaux qui s’occupaient, pour les prolétaires, de littérature, de musique, de théâtre et, en général, de délassement. Là, on produisait des journaux stupides qui ne traitaient presque entièrement que de sport, de crime et d’astrologie, de petits romans à cinq francs, des films juteux de sexualité, des chansons sentimentales composées par des moyens entièrement mécaniques sur un genre de kaléidoscope spécial appelé versificateur.

1984 (Orwell,George)

chaque trimestre un nombre astronomique de bottes étaient produites, sur le papier, alors que la moitié peut-être de la population de l’Océania marchait pieds nus.

1984 (Orwell,George)

« Celui qui a le contrôle du passé, disait le slogan du Parti, a le contrôle du futur. Celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé. »

1984 (Orwell,George)

Winston se mit rapidement au garde-à-vous en face du télécran sur lequel venait d’apparaître l’image d’une femme assez jeune, fine, mais musclée, vêtue d’une tunique et chaussée de sandales de gymnastique.

1984 (Orwell,George)

Il comprit que le tragique était un élément des temps anciens, des temps où existaient encore l’intimité, l’amour et l’amitié, quand les membres d’une famille s’entraidaient sans se demander au nom de quoi.

1984 (Orwell,George)

au temps où la pensée est libre, où les hommes sont dissemblables mais ne sont pas solitaires,

1984 (Orwell,George)

Ce n’était pas en se faisant entendre, mais en conservant son équilibre que l’on portait plus loin l’héritage humain.

1984 (Orwell,George)

Pendant une, deux secondes, ils avaient échangé un regard équivoque, et l’histoire s’arrêtait là. Même cela, pourtant, était un événement mémorable, dans la solitude fermée où chacun devait vivre.

1984 (Orwell,George)

Comme un criminel, il avait emporté dans sa serviette ce livre qui, même sans aucun texte, était compromettant. Ce qu’il allait commencer, c’était son journal.

1984 (Orwell,George)

Comme un criminel, il avait emporté dans sa serviette ce livre qui, même sans aucun texte, était compromettant.

1984 (Orwell,George)

LA GUERRE C’EST LA PAIX LA LIBERTÉ C’EST L’ESCLAVAGE L’IGNORANCE C’EST LA FORCE

1984 (Orwell,George)

Le son de l’appareil (du télécran, comme on disait) pouvait être assourdi, mais il n’y avait aucun moyen de l’éteindre complètement.

1984 (Orwell,George)

Leil, youre much too young to remember this, but when Apollo 11 landed on the moon . . . If my life depended on it, I couldnt tell you what the chap said next. I simply remember smiling to myself and stretching to get a glimpse of my youthful self in the dining-room mirror.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

youre much too young to remember this, but when Apollo 11 landed on the moon . . . If my life depended on it, I couldnt tell you what the chap said next. I simply remember smiling to myself and stretching to get a glimpse of my youthful self in the dining-room mirror.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

youre much too young to remember this, but when Apollo 11 landed on the moon

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Think of the money youll save on greeting cards. A relevant clipping is the big winners way of saying, Im thinking of you and your interests.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

it. Think of the money youll save on greeting cards. A relevant clipping is the big winners way of saying, Im thinking of you and your interests.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

A relevant clipping is the big winners way of saying, Im thinking of you and your interests.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

When you bring someone third-party kudos, they apprciate you as much as the complimenter. Call it gossip if you like. This is the good kind.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

A compliment one hears is never as exciting as the one he overhears. A priceless way to praise is not by telephone, not by telegraph, but by tell-a-friend. This way you escape possible suspicion that you are an apple-polishing, bootlicking, egg-sucking, bac scratching sycophant trying to win brownie points. You also leave recipients with the happy fantasy that you are telling the whole world about their greatness.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Level Three: Feelings and Personal Questions When people become friends, they often express their feelings to each other, even on subjects as dull as the weather. George, I just love these sunny days. They also ask each other personal quetions: How about you, Betty? Are you a sun person? Level Four: We Statements Now we progress to the highest level of intimacy.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

When you prematurely say we or us, even to strangers, it subconsciously brings them closer.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

The word we fosters togetherness. It makes the listener feel connected. It gives a subliminal feeling of you and me against the cold, cold world.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Ask your prospects feelings on something the way you would query a friend. (George, how do you feel about the new govenor?) Then use the pronoun we when discussing anything that might affect the two of you. (Do you think were going to prosper during his administration?) Make it a point to concoct we sentences, the kind people instinctively reserve for friends, lovers, and other intimates. (I think well survive while the governors in office.)

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

A technique to achieve the ultimate verbal intimacy grows out of this phenomenon. Simply use the word we prematurely. You can use it to make a client, a prospect, a stranger feel you are already friends.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

A technique to achieve the ultimate verbal intimacy grows out of this phenomenon. Simply use the word we prematurely. You can use it to make a client, a prospect, a stranger feel you are already friends. Use

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

A technique to achieve the ultimate verbal intimacy grows out of this phenomenon. Simply use the word we prematurely.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Dont be an unconscious ummer. Vocalize complete sentences to show your understanding. Dust your dialogue with phrases like I see what you mean. Sprinkle it with sentimental sparklers like Thats a lovely thing to say. Your empathy impresses your listeners and encourages them to continue.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Dont be an unconscious ummer. Vocalize complete sentences to show your understanding. Dust your dialogue with phrases like I see what you mean. Sprinkle it with sentimental sparklers like Thats a lovely thing to say.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Once, when I was on a monologue about nothing in paticular, Phil was on a real umm roll. To test his listening skills, I slipped in, Yes, this afternoon I think Ill go out and get tattooed all over my body. Phil nodded his habitual uh huh.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Evoke your listeners interests or lifestyle and weave images around it.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Does your boss own a boat? Tell him or her about a concept that will hold water or stay afloat.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

That night I had sadistic fantasies of fifteen women running the company and one man left scratching his head as we bandied about childbirth analogies.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

You are first chatting with a lawyer who tells you her profession is often maligned. When it comes your turn to speak, say profession too. If you say job, it puts a subconscious barrier between you.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Match your personality to your product.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Pretend the person you are talking to is your dance instructor. Is he a jazzy mover? Is she a balletic mover? Watch his or her body, then imitate the style of movement. That makes your conversation partner subliminally real comfy with you.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

partners who believed they were similar liked each other a lot more than the couples who thought themselves to be dissimilar, demonstrating we have a predisposition toward people we believe are just like us. We are most comfortable giving our business and friendship to those we feel share our values and beliefs in life.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

partners who believed they were similar liked each other a lot more than the couples who thought themselves to be dissimilar, demonstrating we have a predisposition toward people we believe are just like us. We are most comfortable giving our business and friendship to those we feel share our values and beliefs in life. To

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

partners who believed they were similar liked each other a lot more than the couples who thought themselves to be dissimilar,

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Whichever section you usually flip to first, tomorrow DONT. Turn to any other section, preferably one you hardly ever read. Why? Because it will familiarize you with other worlds so that you can soon discuss anything with anybody, no matter how little you have in common.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Before jumping blindly into a bevy of bookbinders or a drove of dentists, find out what the hot issues are in their fields. Every industry has burning concerns the outside world knows little about. Ask your informant to bare the industry buzz. Then, to heat the conversation up, push those buttons.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Before jumping blindly into a bevy of bookbinders or a drove of dentists, find out what the hot issues are in their fields.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

A sampling gives you 80 percent of the converstional value. You learn the insiders questions to ask.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Go to a stamp exhibition. Go to a chess lecture. Go ballooing. Go bird-watching. Go to a pool hall. Go kayaking. Go fly a kite! Why? Because it will give you conversational fodder for the rest of your life.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Scramble Therapy is, quite simply, scrambling up your life and participating in an activity youd never think of indulging in. Just one out of every four weekends, do something totally out of your pattern. Do you usually play tennis on weekends? This weekend, go hiking. Do you usually go hiking? This weekend, take a tenis lesson. Do you bowl? Leave that to your buddies this time. Instead, go white-water rafting. Oh, you were planning on runing some rapids like you do every warm weekend? Forget it, go bowling.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Rita has a bad case of bowlers thumb. Every Wednesday night shes bowling up a storm with her friends. She is forever discussing her scores, her averages, and her high game. Another single and searching friend Walter is into white-water rafting. He talks endlessly with his padling friends about which rivers hes run, which outfitters hes gone with, and which class rapids he prefers. Thinking my two single friends might hit it off, I introduced Walter the paddler to Rita the bowler and mentioned their respective passions. Oh youre a bowler! said Walter. Yes, Rita smiled demurely, awaiting more questions about her big bowling turn-on. Walter was silent.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Rita smiled demurely, awaiting more questions about her big bowling turn-on. Walter was silent.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Rita smiled demurely, awaiting more questions

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Dale Carnegies adage, show sincere interest and people will talk, only goes so far. As they say in poker, it takes jacks or better to open. And in conversation, it takes cursory knowledge or better about their field to get them to really open up. You must have knowledgeable curiosity, the kind that makes you sound like youre worth talking to.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

never let the phrase thank you stand naked and alone. Always make it thank you for something. People use the bare exposed thank you so often that people dont even hear it anymore.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

never let the phrase thank you stand naked and alone. Always make it thank you for something. People use the bare exposed thank you so often that people dont even hear it anymore. When

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

never let the phrase thank you stand naked and alone. Always make it thank you for something.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Telling Woody Allen how much you loved his 1980 film Stardust Memories would not endear you to him. What about all my wonderful films since? thinks he. Stick to the present or very recent past if possible.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Its not the news that makes someone angry. Its the unsypathetic attitude with which its delivered. Everyone must give bad 131 news from time to time, and winning professionals do it with the proper attitude. A doctor advising a patient she needs an opertion does it with compassion. A boss informing an employee he didnt get the job takes on a sympathetic demeanor. Grief couselors at airports after fatal crashes share the grief-stricken sentment of relatives. Big winners know, when delivering any bad news, they should share the sentiment of the receiver.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Big players who want to be quoted in the media lie awake at night gnawing the pillow trying to come up with phrases the press will pick up.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

I dont know if a French woman, Jeanne Calment, then offcially the worlds oldest person, was looking for publicity on her 122nd birthday. But she made international headlines when she told the media, Ive only ever had one wrinkle, and Im sitting on it.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Like all profesional speakers, Barry spends several hours a week gleaning through books of quotations and humor. All professional speakers do.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Instead of saying he looked at a pretty woman, hed say, My eyeballs popped out and dangled by the optic nerve.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

describe being nervous about losing his job as I felt like an elephant dangling over a cliff with his tail tied to a daisy. Instead of saying he looked at a pretty woman, hed say, My eyeballs popped out and dangled by the optic nerve.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

describe being nervous about losing his job as I felt like an elephant dangling over a cliff with his tail tied to a daisy. Instead of saying he looked at a pretty woman, hed say, My eyeballs popped

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

describe being nervous about losing his job as I felt like an elephant dangling over a cliff with his tail tied to a daisy.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

A Gem for Every Occasion If stirring words help make your point, ponder the impact of poerful phrases. Theyve helped politicians get elected (Read my lips: no new taxes.) and defendants get acquitted (If it doesnt fit, you must acquit.).

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

a smile works for those who wish to pick somebody up.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

One of the big obstacles to meaning is the feeling that we have time to get around to the important things. We recognise where the sources of meaning lie, but lack urgency in focusing on them, because we will address them tomorrow, at the end of the month, or next year. We have a hazy supposition that time is unlimited. The horrific but inevitable fact of our own mortality is kept at bay for the most sympathetic of reasons: we can’t bear the brevity of our own existence.

The Meaning of Life (The School Of Life)

Our friendships and professional networks are hugely but harmfully efficient at keeping us closely tied to a particular age, income and ideological bracket. We subtly yet firmly expel all those who do not flatter our world view. Family life does the opposite. It is because of the unique structure of a family that an 82-year-old woman and a 4-year-old boy can become friends or that a 56-year-old dentist and an 11-year-old schoolgirl can have an in-depth conversation about tyre pressure or splash each other at the beach.

The Meaning of Life (The School Of Life)

we can only start to understand the role of sexuality in love if we can accept that it is not just a physical experience that we want.

The Meaning of Life (The School Of Life)

can only start to understand the role of sexuality in love if we can accept that it is not just a physical experience that we want.

The Meaning of Life (The School Of Life)

The excitement of love stands in contrast with our normal disappointments and scepticism about others;

The Meaning of Life (The School Of Life)

Our love may zero in on the comedic sides of a partner because we’re only too aware of our tendencies to sterile despair and cynicism.

The Meaning of Life (The School Of Life)

we fall in love with people who promise that they will, in some way, help to make us whole

The Meaning of Life (The School Of Life)

In the company of a lover, there need be almost no limits to the depths of concern, care, and licence we are granted. We will be accepted more or less as we are; we won’t be under pressure to keep proving our status. It will be possible to reveal our vulnerabilities and compulsions and survive.

The Meaning of Life (The School Of Life)

A radical editing of our true selves is the price we must pay for conviviality.

The Meaning of Life (The School Of Life)

Meaningful activities aren’t necessarily those we do most often. They are those we value most highly and will, from the perspective of our deaths, miss most deeply.

The Meaning of Life (The School Of Life)

Continuing up the sanity scale, the fewer times you use I, the more sane you seem to your listeners. If you eavesdrop on big winers talking with each other, youll notice a lot more you than I in their conversation.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Therapists calculate inmates of mental institutions say I and me twelve times more often than residents of the outside world. As patients conditions improve, the number of times they use the personal pronouns also diminishes.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Excuse me, could you tell me where the Golden Gate Bridge is?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Comm-YOU-nication also enriches your social conversation. Getlemen, say a lady likes your suit. Which woman gives you warmer feelings? The woman who says, I like your suit. Or the one who says, You look great in that suit.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Putting you first gets a much better response, especially when youre asking a favor, because it pushes the askers pride button. Suppose you want to take a long weekend. You decide to ask your boss if you can take Friday off. Which request do you think he or she is going to react to more positively? Can I take Friday off, Boss? Or this one: Boss, can you do without me Friday?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

SEX! Now that I have your attention. . . . Two-bit comics have been using that gag from the days when two bits bought a foursquare meal. However, big winners know theres a three-letter word more potent then SEX to get peoples attention. That word is YOU.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Whenever you have something in common with someone, the longer you wait to reveal it, the more moved (and impressed) he or she will be. You emerge as a confident big cat, not a lonely little stray, hungry for quick connection with a stranger. P.S.: Dont wait too long to reveal your shared interest or it will seem like youre being tricky.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Darla, one says, you look elegant. Ooh! Every woman in the room sighs. Darla, says another, taking her hand, you look stunning. Ooh! Every woman in the room swoons. Darla, says the third, putting her hand between his, you look ravishing. Ooooh! By now every woman in the room has gone limp. Pay attention men! Words work on us women.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Gentlemen, when your wife comes down the staircase all dolled up for a night out, or you pick a lady up for dinner, what do you say? If you make no comment except, Well, are you ready to go? how do you think that makes the lady feel?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Dont say real estate agent. Say I help people moving into our area find the right home.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

asking How do you spend most of your time? instead of And what do you do? gives you your big cat stripes right off.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Big cats never ask outright, What do you do? (Oh they find out, all right, in a much more subtle manner.) By not asking the question, the big boys and big girls come across as more princpled, even spiritual. After all, their silence says, a man or woman is far more than his or her job.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Big boys and big girls should avoid asking, What do you do?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

How . . . do . . . you . . . spend . . . most . . . of ...your...time?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

The best way to ensure youre conversationally in the swing of things is to listen to a newscast just before you leave.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

if youre not a superstar, better play it safe and keep the skeletons in the closet until later.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Never be left speechless again. Like a parrot, simply repeat the last few words your conversation partner says.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Back to that frightfully familiar moment when it is your turn to speak but your mind goes blank. Dont panic. Instead of signaing verbally or nonverbally that you got it, simply repeator parrotthe last two or three words your companion said, in a sympathetic, questioning tone. That throws the conversational ball right back in your partners court.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

I told Dan about how pleased Diane was to meet him yet how little she learned about his life. Dan simply replied, Well, when I meet someone, I learn so much more if I ask about their life. I always try to turn the spotlight on the other person. Truly cofident people often do this. They know they grow more by listeing than talking.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Like a good gumshoe, listen to your conversation partners every word for clues to his or her preferred topic. The evidence is bound to slip out. Then spring on that subject like a sleuth on to a slip of the tongue. Like Sherlock Holmes, you have the clue to the subject thats hot for the other person.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

The Devlin debacle inspired further research. The minute I got home, I called the Columbus chamber of commerce and the historical society. Say you, too, are from Columbus, Ohio, and your new acquaintance lays it on you: Where are you from? When you are talking with a businessperson, your answer could be, Im from Columbus, Ohio. You know many major corpor tions do their product testing in Columbus because its so comercially typical. In fact, its been called the most American city in America. They say if it booms or bombs in Columbus, it booms or bombs nationally. Talking with someone with a German last name? Tell her about Columbuss historic German Village with the brick streets and the wonderful 1850s-style little houses. Its bound to inspire stories of the old country. Your conversation partners surname is Italian? Tell him Genoa, Italy, is Columbuss sister city. Talking with an American history buff ? Tell him that Colubus was, indeed, named after Christopher Columbus and that a replica of the Santa Maria is anchored in the Scioto River. Taling with a student? Tell her about the five universities in Columbus. The possibilities continue. You suspect your conversation parner has an artistic bent? Ah, you throw out casually, Columbus is the home of artist George Bellows.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Different Bait for Shrimp or Sharks A fisherman uses different bait to bag bass or bluefish. And you will obviously throw out different conversational bait to snag siple shrimp or sophisticated sharks. Your hook should relate to the type of person youre speaking with. Im originally from Wasington, D.C. If someone at, say, an art gallery asked me where I was from, I might answer Washington, D.C.designed, you know, by the same city planner who designed Paris. This opens the conversational possibilities to the artistry of city planning, Paris, other cities plans, European travel, and so forth. At a social party of singles Id opt for another answer. Im from Washington, D.C. The reason I left is there were seven women to every man when I was growing up. Now the convesation can turn to the ecstasy or agony of being single, the peceived lack of desirable men everywhere, or even flirtatious possibilities. Technique #15 Never the Naked City Whenever someone asks you the inevitable, And where are you from? never, ever, unfairly challenge their powers of imagination with a one-word answer.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Different Bait for Shrimp or Sharks A fisherman uses different bait to bag bass or bluefish. And you will obviously throw out different conversational bait to snag siple shrimp or sophisticated sharks. Your hook should relate to the type of person youre speaking with. Im originally from Wasington, D.C. If someone at, say, an art gallery asked me where I was from, I might answer Washington, D.C.designed, you know, by the same city planner who designed Paris. This opens the conversational possibilities to the artistry of city planning, Paris, other cities plans, European travel, and so forth. At a social party of singles Id opt for another answer. Im from Washington, D.C. The reason I left is there were seven women to every man when I was growing up. Now the convesation can turn to the ecstasy or agony of being single, the peceived lack of desirable men everywhere, or even flirtatious possibilities. Technique #15 Never the Naked City

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Different Bait for Shrimp or Sharks A fisherman uses different bait to bag bass or bluefish. And you will obviously throw out different conversational bait to snag siple shrimp or sophisticated sharks. Your hook should relate to the type of person youre speaking with. Im originally from Wasington, D.C. If someone at, say, an art gallery asked me where I was from, I might answer Washington, D.C.designed, you know, by the same city planner who designed Paris. This opens the conversational possibilities to the artistry of city planning, Paris, other cities plans, European travel, and so forth. At a social party of singles Id opt for another answer. Im from Washington, D.C. The reason I left is there were seven women to every man when I was growing up. Now the convesation can turn to the ecstasy or agony of being single, the peceived lack of desirable men everywhere, or even flirtatious possibilities.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

I couldnt help overhearing your discussion of Bermuda. Im going there next month for the first time. Any suggestions?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Whoozat is the most effective, least used (by nopoliticians) meeting-people device ever contrived. Simply ask the party giver to make the introduction, or pump for a few facts that you can immediately turn into icebreakers.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

If you strike out on finding something to comment on, resort to the Whoozat technique. Like a persistent politician, go to the party giver and say, That man/woman over there looks interesing. Who is he/she? Then ask for an introduction. Dont be heitant. The party giver will be pleased you find one of the guests interesting.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Whenever you go to a gathering, wear or carry something unusual to give people who find you the delightful stranger across the crowded room an excuse to approach. Excuse me, I couldnt help but notice your . . . what IS that?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

you go to a gathering, wear or carry something unusual to give people who find you the delightful stranger across the crowded room an excuse to approach. Excuse me, I couldnt help but notice your . . . what IS that?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Your Whatzit can be as subtle or overt as your personality and the occasion permit. I wear around my neck an outmoded pair of glasses that resebles a double monocle. Often the curious have approached me at a gathering and asked, Whatzit? I explain its a lorgnette left to me by my grandmother, which, of course, paves the way to discuss hatred of glasses, aging eyes, love or loss of grandmothers, adortion of antique jewelryanywhere the inquisitor wants to take it.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Singles proficient at meeting potential sweethearts without the benefit of introduction (in the vernacular, making a pickup), have developed a deliciously devious technique that works equally well for social or corporate networking purposes. The technique requires no exceptional skill on your part, only the courage to sport a simple visual prop called a Whatzit.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Excuse me, I couldnt help but notice your attractive lapel pin. Are you a golfer?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

If your first comment is a complaint, youre a griper. If your first words are rude, youre a creep. If your first words are unpleaant, youre a stinker. Open and shut. Other than these downers, anything goes. Ask them where theyre from, how they know the host of the party, where they bought the lovely suit theyre wearingor hundreds of etceteras. The trick is to ask your prosaic question with passion to get the other person talking.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

It is not necessary, of course, to stay with mundane remarks. If you find your company displays cleverness or wit, you match that. The conversation then escalates naturally, compatibly. Dont rush it or, like the Mensans, you seem like youre showing off. The bo tom line on your first words is to have the courage of your own triteness. Because, remember, people tune in to your tone more than your text.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Top communicators know the most soothing and appropriate first words should be, like Senator Hayakawas, unoriginal, even banal.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

So what did Hayakawa do? He made unoriginal remarks to set them at ease. He said to the husband that it was too bad the train should be late on so cold a night. The man agreed.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

So what did Hayakawa do? He made unoriginal remarks to set them at ease. He said to the husband that it was too bad the train should be late on so cold a night.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

The first step in starting a conversation without strangling it is to match your listeners mood, if only for a sentence or two. When it comes to small talk, think music, not words. Is your litener adagio or allegro? Match that pace. I call it Make a Mood Match. Matching Their Mood Can Make or Break the Sale

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

The Flooding Smile, Sticky Eyes, Epoxy Eyes, Hang by Your Teeth, The Big-Baby Pivot, Hello Old Friend, Limit the Fidget, Hanss Horse Sense, and Watch the Scene Before You Make the Scene

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Whenever your conversation really counts, let your nose itch, your ear tingle, or your foot prickle. Do not fidget, twitch, wiggle, squirm, or scratch. And above all, keep your paws away from your puss. Hand motions near your face and all fidgeting can give your listener the gut feeling youre fibbing.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Whenever your conversation really counts, let your nose itch, your ear tingle, or your foot prickle. Do not fidget, twitch, wiggle, squirm, or scratch. And above all, keep your paws away from your puss.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

it.Researchers told vounteers to treat unsuspecting subjects as though they liked them. When surveyed later, the results showed the volunteers wound up genuinely liking the subjects. The unsuspecting subjects were also surveyed. These respondents expressed much higher respect and affection for the volunteers who pretended they liked them. What it boils down to is love begets love, like begets like, respect begets respect. Use the Hello Old Friend technique and you will soon have many new old friends who wind up genuinely liking you.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

An added benefit to the Hello Old Friend technique is it becomes a self-fulfilling prophecy.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

When meeting someone, play a mental trick on yourself. In your minds eye, see him or her as an old friend, someone you had a wonderful relationship with years ago.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Heres a visualization technique that accomplishes all that. It guaantees that everyone you encounter will feel your warmth. I call it Hello Old Friend.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

When we see someone we love or feel copletely comfortable with, we respond warmly from head to toe without a thought. Our lips part happily. We step closer. Our arms reach out. Our eyes become soft and wide. Even our palms turn up and our bodies turn fully toward our dear friend.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

The secret to maing people like you is showing how much you like them!

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Give everyone you meet The Big-Baby Pivot. The instant the two of you are introduced, reward your new acquaintance. Give the warm smile, the total-body turn, and the undivided attention you would give a tiny tyke who crawled up to your feet, turned a precious face up to yours, and beamed a big toothless grin. Pivoting 100 percent toward the new person shouts I think you are very, very special.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Well, I have a request, Carla. I want you to give the next man who smiles at you that same big smile you gave Willie. I want you to turn toward him just like you did then. Maybe even reach out and touch his arm like you did Willies, and then welcome him into our conversation.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

You Only Have Ten Seconds Like attorneys deciding whether they want you on their case, everybody you meet makes a subconscious judgment on whether they want you in their lives.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

trial lawyers often choose women to do this twitch-and-turn spying job because, traditionally, females are sharper observers of subtle body cues than males.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

trial lawyers often choose women to do this twitch-and-turn spying job because, traditionally, females are sharper

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Anthropologists have dubbed eyes the initial organ of romance because studies show intense eye contact plays havoc with our heartbeat.It

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

blinkers reported significantly higher feelings of respect and fondness for their colleagues who, unbeknownst to them, had siply been counting their blinks.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

reported significantly higher feelings of respect and fondness for their colleagues who, unbeknownst to them, had siply been counting their blinks.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

look at the other persons face for a second. Pause. Soak in their persona. Then let a big, warm, responsive smile flood over your face and overflow into your eyes. It will engulf the recipient like a warm wave. The split-second delay convinces people your flooding smile is genuine and only for them.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

she trained her lips to erupt more slowly. Thus her smile appeared more sincere and personalized for the recipient.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

I decided to do more research on the smile. When youre in the market for shoes, you begin to look at everyones feet. When you decide to change your hairstyle, you look at everyones haicut.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

concentrant les entreprises pour leur permettre d’être à l’échelle des plus grandes machines concevables. » Cette affirmation de ce technicien éminent balaie à juste titre les spéculations idéologiques sur la réduction de taille des entreprises, la dispersion de petites usines dans la nature, etc.

Le Système technicien (Jacques Ellul)

I have heard of men acquitted of all charges who have rotted to death for want of their discharge fees.

A Conspiracy of Paper (David Liss)

Newgate, unless she shielded herself from the vile rabble,

A Conspiracy of Paper (David Liss)

show it. She sucked on her bottom lip like a pouting

A Conspiracy of Paper (David Liss)

“I noticed the redness of your lips, the whiteness of your throat, and the delicate curve of your chin”—I reached out and rested my hand against the side of her face—“and the marvelous line of your cheekbones. You look to me like a glorious and sensual angel in an Italian painting.”

A Conspiracy of Paper (David Liss)

could have served himself well in the ring.

A Conspiracy of Paper (David Liss)

about the country working as what we called a spruce

A Conspiracy of Paper (David Liss)

and sword, overflowing wig, gleaming silver buckles

A Conspiracy of Paper (David Liss)

for a brief moment, into a look of languid contentment.

A Conspiracy of Paper (David Liss)

her, no Jew but myself had ever entered her premises.

A Conspiracy of Paper (David Liss)

Lesch-Nyhan syndrome. A genetic disease inherited only by boys. Caused by damage to a single gene, it results in a bizarre manifestation of stereotyped selfinjury, biting of the lips, fingers, and arms, as well as aggression directed toward other people.

The Cobra Event (Richard Preston)

Koltsovo Institute of Molecular Biology

The Cobra Event (Richard Preston)

like metallurgy. Steel can be used for ploughshares

The Cobra Event (Richard Preston)

What is that Zen saying? A wise man can live comfortably in hell.

The Cobra Event (Richard Preston)

cone was actually a fish-eye lens as small as a pencil point. Everything else in the optical assembly was behind the wall surface and invisible to Cope. Even if Cope had looked directly at the fish-eye lens he might not have noticed it. He might have thought it was a speck of dirt.

The Cobra Event (Richard Preston)

'He's probably working both sides of the street,' Littleberry said. 'Making money curing diseases. Making money selling diseases.'

The Cobra Event (Richard Preston)

'Lesch-Nyhan syndrome may be the most terrible genetic disease known.'

The Cobra Event (Richard Preston)

Something moved in Austen's mind. It was like a bird fluttering

The Cobra Event (Richard Preston)

can't catch a fly.' It seemed to be a way of thumbing

The Cobra Event (Richard Preston)

The world's total supply of smallpox vaccine currently stands at enough shots for half a million people - enough to vaccinate one out of every ten thousand people worldwide.

The Cobra Event (Richard Preston)

Obolensk Black Death is an amazing product,'

The Cobra Event (Richard Preston)

eight stories tall, and it covers more than five acres

The Cobra Event (Richard Preston)

amounts of smallpox. Dr Pasechnik spoke very knowledgeably

The Cobra Event (Richard Preston)

Historians describe the Black Death as something that just 'occurred' at the end of the Middle Ages. They don't make the connection: the Black Death did. not just 'occur'; it was the biological event that ended the Middle Ages.

The Cobra Event (Richard Preston)

brick buildings. It was surrounded by elm

The Cobra Event (Richard Preston)

island into the channel. A couple of Coast Guard launches

The Cobra Event (Richard Preston)

words on the wall that said, 'Conduct your blooming

The Cobra Event (Richard Preston)

Most of the French political leaders were middle-aged men, relatively uneducated in advanced biology, and unable to grasp the seriousness of biological weaponry.

The Cobra Event (Richard Preston)

Meanwhile, Littleberry placed his Halliburton

The Cobra Event (Richard Preston)

somewhat arty. There was an old bureau. A maple

The Cobra Event (Richard Preston)

'Calvary,' Kly said in a dreamy way. 'The Place of the Skull.' He placed the bone on the autopsy table, where it rotated slowly. 'You read the Bible too much,' Dudley remarked.

The Cobra Event (Richard Preston)

Austen sectioned one ovary with a scalpel. The girl's ovary fell apart under her blade. Cells in the ovary can become an adult human being. Looking at Kate's ovary gave Austen a deep feeling, and made her conscious of her own pelvic organs, her unknown future, the probability or hope that someday she would become a mother.

The Cobra Event (Richard Preston)

Death is the mother of structure. It took four billion years of death -- a third of the age of the universe -- for death to invent the human mind. Given another four billion years of death, or perhaps a hundred billion years of death, who can say that death will not create a mind so effective and subtle that it will reverse the fate of the universe and become God?

The Cobra Event (Richard Preston)

bed-and-breakfast. Her flight took off in clear weather.

The Cobra Event (Richard Preston)

unused and in perfect condition, hung from winches

The Cobra Event (Richard Preston)

Lassa ; Vallée du Rift ; Oropouche ; Rocio ; Q ; Guanarito ; VEE ; Dengue ; Chikingunya ; Machupo ; Junin ; les hantavirus ; les souches de rhabovirus comme le Mokolo et le Duvenhage ; le Dantec ; le virus cérébral de la forêt de Kyasanur ; le VIH – que l’on peut classer dans la catégorie des virus émergents parce que sa pénétration dans l’espèce humaine s’accroît rapidement, sans aucune fin prévisible ; l’agent de la forêt Semliki ; le Crimée-Congo ; Siudbis ; O’nyong nyong ; São Paulo ; Marburg ; Ebola Soudan ; Ebola Zaïre ; Ebola Reston.

Ebola (Richard Preston)

Dieu est dans les détails », et elle m’a répondu : « Non, Dieu est dans la structure.

Ebola (Richard Preston)

Dans l’Enéide de Virgile, Le Tartare est le pays de la mort, le monde souterrain, le lieu sans lumière où les ombres des morts murmurent dans les ténèbres.

Ebola (Richard Preston)

Dans l’Enéide de Virgile, Le Tartare est le pays de la mort, le monde souterrain, le lieu sans lumière où les

Ebola (Richard Preston)

En un sens, la terre est en train de fabriquer une réponse immunitaire contre la race humaine. Elle commence à réagir à l’homme comme à un parasite, face à l’envahissement par une marée humaine, face aux espaces morts recouverts de béton, aux déchets mortifères de l’Europe, du Japon et des Etats-Unis, provoqués par ces primates prolifiques dont la colonie toujours plus nombreuse menace la biosphère de choc mortel et d’extinction par son extension même. Peut-être la biosphère n’« aime »-t-elle pas la présence de cinq milliards d’êtres humains. On pourrait aussi dire que l’amplification extrême de la race humaine, intervenue dans les cent dernières années environ, a soudain produit une immense quantité de viande, partout présente dans la biosphère et pas toujours capable de se défendre contre une forme de vie qui pourrait vouloir la consommer. La nature a des façons intéressantes de rétablir son équilibre.

Ebola (Richard Preston)

Le sol sous les chauves-souris était souillé de guano humide et gélatineux, une pâte vert épinard tachée de gris qui me rappelait des huîtres. Sur le coup, je me posai la question idiote du goût que pouvait avoir ce guano. Je repoussai cette idée. Ce n’était qu’une mauvaise plaisanterie de mon cerveau. On doit éviter de manger de la merde en niveau 4.

Ebola (Richard Preston)

Le sol sous les chauves-souris était souillé de guano humide et gélatineux, une pâte vert épinard tachée de gris qui me rappelait des huîtres. Sur le coup, je me posai la question idiote du goût que pouvait avoir ce guano. Je repoussai cette idée. Ce n’était qu’une mauvaise plaisanterie de mon cerveau.

Ebola (Richard Preston)

Il est intéressant de penser que le chimpanzé est un animal en voie de disparition, alors que le virus qui vivait dans ces animaux, lui, n’est plus en danger du tout.

Ebola (Richard Preston)

on a enregistré l’apparition du sida en un clin d’œil : quand une piste de terre est devenue un ruban goudronné.

Ebola (Richard Preston)

La route du mont Elgon est un segment de l’autoroute de Kinshasa, l’autoroute du sida, la voie qui coupe l’Afrique en deux et le long de laquelle le virus du sida a voyagé à partir du moment où il est sorti du fond de la forêt dense et humide pour envahir la terre entière. Jadis, la route n’était qu’une piste de terre qui serpentait au cœur de l’Afrique, presque impossible à emprunter sur toute sa longueur. Elle fut pavée dans les années soixante-dix, et les camions commencèrent à la parcourir, précédant de peu l’irruption du virus du sida dans les villes bordant la route. L’origine géographique exacte du virus reste un grand mystère.

Ebola (Richard Preston)

quatre-vingt-dix pour cent des prostituées travaillant sur l’autoroute de Kinshasa sont séropositives.

Ebola (Richard Preston)

La zone devenait plus peuplée, et nous traversâmes des villages, avec partout des camions garés devant des baraques de planches et de tôle de petits restaurants. Certains de ces établissements proposent un service complet, avec chèvre grillée, bière Tusker, lit et femme.

Ebola (Richard Preston)

Elle rendit le bâtiment étanche à l’air. En divers endroits, à l’intérieur, elle plaça des papiers saturés de spores de bactéries inoffensives, le Bacillus subtilis niger. Ces spores sont difficiles à tuer. On dit qu’une décontamination qui tue le niger tue tout le reste.

Ebola (Richard Preston)

l’interrupteur et les poêles commencèrent

Ebola (Richard Preston)

Marburg.

Ebola (Richard Preston)

filovirus.

Ebola (Richard Preston)

Tom quitta le microscope des yeux et chercha une baguette de bois prolongée par un cil collé à l’aide de vernis à ongles. C’était l’outil servant à manipuler les tranches. Le cil était celui d’une des laborantines et on disait que ses cils étaient les meilleurs pour ce genre de travail : ni trop épais, ni trop fins, en fuseau, avec une pointe très fine. Il plongea le cil dans la goutte d’eau, souleva quelques tranches abîmées et s’en débarrassa sur une serviette en papier.

Ebola (Richard Preston)

une baguette de bois prolongée par un cil collé à l’aide de vernis à ongles. C’était l’outil servant à manipuler les tranches. Le cil était celui d’une des laborantines et on disait que ses cils étaient les meilleurs pour ce genre de travail : ni trop épais, ni trop fins, en fuseau, avec une pointe très fine. Il plongea le cil dans la goutte d’eau, souleva quelques tranches abîmées et s’en débarrassa sur une serviette en papier.

Ebola (Richard Preston)

si l’Ebola était du type Andromède – incroyablement mortel et diffusé par voie aérienne –, plus aucun lieu sûr n’existerait au monde. Alors, à partir de ce constat, on pouvait aussi bien travailler à l’épicentre que risquer l’infection à l’Opéra de Londres.

Ebola (Richard Preston)

vomito-negro

Ebola (Richard Preston)

septembre 1976,

Ebola (Richard Preston)

Le virus Ebola doit son nom à la rivière du même nom qui est un affluent du fleuve Congo.

Ebola (Richard Preston)

Ce n’est pas un travail pour une femme mariée. Soit vous négligerez votre travail, soit vous négligerez votre famille.

Ebola (Richard Preston)

Cette recherche illustre, une nouvelle fois, l’efficacité de la technique de l’étiquetage. Elle nous enseigne, en outre, qu’il vaut mieux, lorsqu’on attend quelque chose d’autrui, choisir un étiquetage spécifique (ici gentil et bienveillant) en prise directe avec l’acte attendu (en l’occurrence : se baisser pour aider quelqu’un à ramasser ses affaires), plutôt qu’un étiquetage valorisant (ici intelligent) mais sans rapport avec l’acte attendu.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Cette recherche illustre, une nouvelle fois, l’efficacité de la technique de l’étiquetage. Elle nous enseigne, en outre, qu’il vaut mieux, lorsqu’on attend quelque chose d’autrui, choisir un étiquetage spécifique (ici gentil et bienveillant) en prise directe avec l’acte attendu (en l’occurrence : se baisser pour aider quelqu’un à ramasser ses affaires),

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

l’instauration d’un dialogue entre solliciteur et sollicité doit être tenue pour un élément essentiel. Il est à ce point essentiel que, même avec des requêtes dénuées de tout altruisme, on a pu observer de beaux effets de pied-dans-la-bouche.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

acheter des cookies au profit des Restaurants du Cœur. Avant d’en appeler à la générosité de ses interlocuteurs, il disait une fois sur deux : « Comment allez-vous aujourd’hui ? (…) Je suis très heureux que vous alliez bien. » Cette entrée en matière fit passer le pourcentage d’acceptation de 10 % à 25 %.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Comment allez-vous aujourd’hui ? (…) Je suis très heureux que vous alliez bien. » Cette entrée en matière fit passer le pourcentage d’acceptation de 10 % à 25 %.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Notre conseil : si vous voulez rester maître de vous-même en toutes circonstances, n’acceptez pas qu’on vous touche !

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Auriez-vous une ou deux petites pièces pour me dépanner ? » Taux d’acceptation : 28 %. On passe tout bonnement à 47 % lorsque la demande est accompagnée d’un bref toucher de l’avant-bras

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

le toucher : — affecte favorablement les jugements esthétiques

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

La technique du toucher

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Ils confirment d’abord l’efficacité des deux techniques lorsque les deux requêtes sont formulées durant le même échange. Dans ce cas les deux techniques se valent plus ou moins : 78,3 % et 90,5 % des personnes sollicitées s’étant portées volontaires pour distribuer les quinze brochures, respectivement avec la stratégie de pied-dans-la-porte et avec celle de porte-au-nez, la différence entre ces deux pourcentages n’étant pas statistiquement significative. Mais il en va tout autrement lorsque les deux requêtes sont formulées à quelques jours d’intervalle. Si le pied-dans-la-porte conserve son efficacité (70 % d’acceptation), la porte-au-nez s’avère totalement inefficace (29 % seulement d’acceptation).

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

on ne chante pas parce qu’on est heureux, mais on est heureux parce qu’on chante.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

il est si important que le premier comportement demandé soit excessivement coûteux. Il faut, en effet, que la différence de coût entre les deux comportements demandés soit telle que la seconde requête puisse effectivement apparaître comme une réelle concession exigeant en retour une concession de l’individu sollicité.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

il est si important que ce soit la même personne qui formule les deux requêtes. La norme de réciprocité ne peut, évidemment, jouer que dans la mesure où le solliciteur reste le même.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

La norme de réciprocité ne peut, évidemment, jouer que dans la mesure où le solliciteur reste le même.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

si nous commençons par demander à autrui une faveur extrême dont le refus est certain et si nous passons ensuite à une moindre requête, il pourrait bien ressentir une pression normative le conduisant à répondre à notre concession par une concession de sa part

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

tenez-vous en au conseil que je viens de vous donner : demandez à votre tante qu’elle vous prête sa fourgonnette. Laissez-la refuser et, un peu comme si vous lui tendiez une perche, faites-lui entendre qu’elle dispose d’un autre moyen de se montrer utile aux nouveaux pauvres de la commune : tenir le stand de la poule sauteuse à la kermesse paroissiale les 3 et 4 juin. Bien entendu, je ne saurais vous promettre qu’elle acceptera, mais je puis vous certifier qu’elle aura plus de chance de le faire que si elle n’était pas soumise à cette technique de manipulation.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

il est arrivé qu’on réussisse des porte-au-nez téléphoniques, notamment lors de campagnes caritatives. Il y a aussi les hommes du commerce qui, vous le savez, aiment bien le courrier et le téléphone. Ils ne se mettent pas dans les meilleures conditions. Rien ne remplace le face-à-face.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

tante Agathe. Ne vous a-t-elle pas si gentiment prêté, il n’y a pas si longtemps, sa maison de campagne pour recevoir les membres de votre club ? Pour ne pas recourir une seconde fois à la stratégie du pied-dans-la-porte, et prendre ainsi le risque inutile d’éveiller ses soupçons, vous envisagez de pratiquer en cette nouvelle occasion une bonne porte-au-nez.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

La stratégie de la porte-au-nez permit donc de tripler le nombre de personnes qui, en définitive, acceptèrent d’accompagner un groupe de jeunes délinquants en visite au zoo.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

un inconnu l’aborde dans la rue, lui adresse une requête exorbitante une requête qu’elle ne pouvait manifestement pas accepter.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Classique, ou avec demande implicite, le pied-dans-la-porte, à bien le maîtriser, doit être tenu pour une grande technique de manipulation

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

À l’inverse, une faible justification correspond à une faible pression, les sujets pouvant alors penser qu’ils auraient pu aussi bien refuser de rendre le service demandé et qu’il leur appartenait vraiment d’en décider. Aussi, les premiers ne sont-ils pas ou sont-ils peu engagés par leur acte d’entraide, alors que les seconds le sont incontestablement. Sur la base de la théorie de l’engagement, on peut donc comprendre que les sujets pas ou peu engagés se comportent par la suite comme ils l’auraient fait spontanément ou presque et que les sujets engagés soient davantage portés à rendre un nouveau service,

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

une forte justification équivalait à une forte pression

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Un conseil : ne manquez surtout pas d’assortir vos remerciements les plus sincères, lorsqu’elle vous aura dit « oui », d’un étiquetage assez fin, du genre : « Ah ! Tante Agathe, si tout le monde était prêt à aider la jeunesse comme toi !

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

on a quelquefois montré qu’on pouvait augmenter l’efficacité de la technique du pied-dans-la-porte en aidant les gens à identifier le comportement préparatoire à un niveau élevé. On y parvient en utilisant un étiquetage dont la fonction n’est autre que de gratifier la personne qui vient d’être engagée dans un acte préparatoire d’une qualité abstraite, psychologique ou morale. Cet étiquetage peut passer par une phrase comme celle-ci : « Merci beaucoup, j’aimerais rencontrer plus de gens comme vous prêts à se mobiliser pour les bonnes causes. » La fonction de l’étiquetage est donc ici d’aider la personne à se forger une identification utile de son action.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

étiquetage peut passer par une phrase comme celle-ci : « Merci beaucoup, j’aimerais rencontrer plus de gens comme vous prêts à se mobiliser pour les bonnes causes. » La fonction de l’étiquetage est donc ici d’aider la personne à se forger une identification utile de son action.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

de gens comme vous prêts à se mobiliser pour les bonnes causes. » La fonction de l’étiquetage est donc ici d’aider la personne à se forger une identification utile de son action.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

une mère de famille préférera-t-elle dire qu’elle nourrit sa famille plutôt que de dire qu’elle est en train d’éplucher des légumes ou de casser des œufs, ce qu’elle est objectivement en train de faire. Ainsi, des étudiants préféreront-ils penser qu’ils préparent leur avenir plutôt que de se dire qu’ils révisent un cours ou qu’ils lisent un manuel en vue d’un contrôle, ce qu’ils sont objectivement en train de faire. Ceci ne signifie pas que la description de l’action passe toujours par des niveaux d’identification aussi élevés, mais plutôt que la conduite effectivement tenue dans une situation précise est catégorisée, avec de nombreuses autres, de façon à donner du sens à l’action,

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Quelques recherches montrent cependant qu’il est possible d’obtenir un effet de pied-dans-la-porte avec des requêtes qui sont en définitive plutôt dissemblables. C’est en particulier le cas dans la recherche de Freedman et Fraser visant à inciter des ménagères à accepter l’implantation dans leur jardin d’un panneau de signalisation routière. Ces chercheurs sont, en effet, parvenus, dans une condition que nous n’avons pas rapportée précédemment, à tripler le nombre de ménagères qui acceptèrent l’implantation du panneau en leur faisant préalablement signer une pétition sur un thème très différent : la qualité de l’environnement. De tels résultats donnent à penser que la personne est, en fait, engagée dans un registre d’action qui peut s’avérer très large. Il peut s’agir, par exemple, des conduites d’entraide ou de solidarité, des conduites militantes, etc.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Ces chercheurs sont, en effet, parvenus, dans une condition que nous n’avons pas rapportée précédemment, à tripler le nombre de ménagères qui acceptèrent l’implantation du panneau en leur faisant préalablement signer une pétition sur un thème très différent : la qualité de l’environnement. De tels résultats donnent à penser que la personne est, en fait, engagée dans un registre d’action qui peut s’avérer très large. Il peut s’agir, par exemple, des conduites d’entraide ou de solidarité, des conduites militantes, etc.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

la personne est, en fait, engagée dans un registre d’action qui peut s’avérer très large. Il peut s’agir, par exemple, des conduites d’entraide ou de solidarité, des conduites militantes, etc.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

qu’il importe que l’individu sollicité puisse établir un lien entre les deux requêtes ou, si vous préférez, qu’il faut que la deuxième requête permette à l’individu sollicité de se souvenir de la première. C’est naturellement le cas lorsque les deux requêtes sont très rapprochées dans le temps. Ainsi, a-t-on pu obtenir des effets de pied-dans-la-porte au cours de la même interaction. Mais c’est encore le cas lorsque le délai est porté à 7-10 jours.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

qui doit formuler la requête relative au comportement préparatoire : vaut-il mieux que ce soit la même personne qui formule les deux requêtes ou est-il préférable que ce soit deux personnes différentes ? Pas la moindre importance, vous répondra-t-il. Ce qui prouve bien que l’individu est engagé dans un acte et non vis-à-vis d’une personne particulière

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

vaut-il mieux que ce soit la même personne qui formule les deux requêtes ou est-il préférable que ce soit deux personnes différentes ? Pas la moindre importance, vous répondra-t-il. Ce qui prouve bien que l’individu est engagé dans un acte et non vis-à-vis d’une personne particulière

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

qu’il importe que l’individu sollicité puisse établir un lien entre les deux requêtes ou, si vous préférez, qu’il faut que la deuxième requête permette à l’individu sollicité de se souvenir de la première

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

De nombreuses recherches montrent, effectivement, que lorsque deux comportements préparatoires de coût différent donnent lieu à un effet de pied-dans-la-porte, cet effet ne varie pas significativement

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Au-delà d’un certain coût[35], comme en deçà d’un certain coût[36] de l’acte préparatoire, la technique du pied-dans-la-porte perd toute efficacité.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

le fait d’accepter de porter une jonquille pour appuyer une cause fonctionne comme un acte préparatoire suffisamment engageant pour affecter la probabilité d’effectuer ultérieurement un don au profit de la même cause.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

De 16,7 % à 76 %, il y a de quoi faire rêver tout démarcheur ou tout militant.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

un jeune homme lui demande gentiment si elle veut bien lui consacrer deux minutes. Évidemment, elle préférerait ne pas perdre son temps, mais comment refuser deux minutes à quelqu’un qui vous les demande gentiment ?

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Notre pratique de conférencier nous a d’ailleurs maintes fois montré à quel point le public pouvait être surpris, et même gêné, de voir associée l’idée d’engagement à des pratiques sournoises d’influence. C’est tout simplement que l’engagement dont nous venons de parler n’est pas celui de l’homme de la rue ou du romancier ou du responsable politique ou syndical. Nous venons de voir comment un individu

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Notre pratique de conférencier nous a d’ailleurs maintes fois montré à quel point le public pouvait être surpris, et même gêné, de voir associée l’idée d’engagement à des pratiques sournoises d’influence.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

On suppose, en effet, qu’une fois réalisé, l’acte va constituer un nouvel élément de la mémoire permanente, modifiant les relations existant entre les concepts, pour les réorganiser autour de lui.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

On suppose, en effet, qu’une fois réalisé, l’acte va constituer un nouvel élément de la mémoire permanente, modifiant les relations existant entre les concepts,

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

On suppose, en effet, qu’une fois réalisé, l’acte va constituer un nouvel élément de la mémoire permanente,

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

si l’engagement d’un sujet raciste dans un acte raciste (par exemple, signer une pétition) ne le rend pas plus raciste, il le rend plus résistant à tout discours antiraciste, ou à toute information nouvelle susceptible de remettre en cause son attitude initiale.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Nous savons que l’engagement repose sur le caractère public de l’acte, sur le caractère irrévocable de l’acte, sur le caractère coûteux de l’acte, sur la répétition de l’acte, et surtout sur le sentiment de liberté associé à l’acte, ce sentiment étant lui-même lié à la faiblesse des pressions de tous ordres fournies par l’environnement (récompense absente ou dérisoire, menace absente ou dérisoire).

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

l’exercice du pouvoir.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Voici quatre stratégies que peut utiliser le père : 1. « Petit, ça me ferait plaisir si tu sautais. Maintenant, bien sûr, c’est ton problème, tu fais comme tu veux. » 2. « Petit, tu vas me faire le plaisir de sauter. Tu m’as bien compris ? Si tu ne sautes pas, tu n’iras pas au cinéma avec tes copains dimanche. » 3. « Petit, ça me ferait plaisir si tu sautais, si tu sautes, je t’achète une glace à la fraise. » 4. « Petit, ça me ferait plaisir si tu sautais, si tu sautes je t’achète une bicyclette. »

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

forte menace et forte récompense constituent-elles des facteurs de désengagement dont on aurait tort de négliger l’impact.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Les psychologues sociaux considèrent qu’une forte récompense fonctionne comme une obligation,

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Une autre façon de manipuler l’engagement consiste à amener les sujets expérimentaux à réaliser plusieurs fois le même acte

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

on manipulera l’engagement par le caractère privé ou public de l’acte, en considérant qu’il est plus engageant de faire quelque chose sous le regard d’autrui, ou après avoir décliné son identité,

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

on manipulera l’engagement par le caractère privé ou public de l’acte, en considérant qu’il est plus engageant de faire quelque chose sous le regard d’autrui,

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

on manipulera l’engagement par le caractère privé ou public de l’acte, en considérant qu’il est plus engageant de faire quelque chose sous le regard d’autrui, ou

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

on manipulera l’engagement par le caractère privé ou public de l’acte,

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Nous ne sommes pas engagés par nos idées, ou par nos sentiments, par ce qui est, en quelque sorte, « dans notre tête », mais par nos conduites effectives, et donc par des agissements que les autres peuvent ou pourraient « voir ».

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

seuls les actes nous engagent

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

La condition dans laquelle les sujets sont laissés entièrement libres du choix qu’ils ont à effectuer entre un test A et un test B donne lieu à de puissants effets de persévération. En revanche, la condition dans laquelle les sujets sont amenés, sous la pression de l’expérimentateur, à choisir l’un des deux tests ne donne pas lieu à des effets de persévération.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Il convient alors, plutôt que de s’ingénier à convaincre le client d’acheter tel produit parce qu’il est plus ceci, ou moins cela que tel autre, d’insister sur sa liberté de choix en lui proposant les opportunités les plus à même de donner lieu aux effets de persévération des décisions antérieures.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

il ne pouvait accepter de prendre l’auto-stoppeuse et refuser de prendre ses compagnons de voyage.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

On notera pour terminer que si l’amorçage implique bien une décision, il ne concerne qu’un seul comportement : c’est tout ou rien.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

À tout prendre, mieux vaut s’encombrer d’un salon rose ou accepter inconsidérément un rendez-vous à 7 heures du matin que de progressivement s’enliser dans les pièges abscons de la conjugalité ou de la psychanalyse, le bouquet étant d’ailleurs d’entrer en analyse afin de mieux supporter des contrariétés aussi banales que celles que nous procurent des achats que l’on regrette ou des rendez-vous que l’on déplore. Mais il est vrai que l’on tombe plus fréquemment dans le piège de l’analyse pour tenter de sortir de celui de la conjugalité…

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

53 % des étudiants de la condition d’amorçage (95 % des étudiants ayant accepté de participer à l’expérience) contre 24 % seulement dans la condition contrôle (79 % des étudiants ayant accepté de participer à l’expérience)

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

cette consistance des sujets amorcés est moins surprenante qu’il n’y paraît. On constatera, en effet, que les étudiants de la condition contrôle n’ont eu à prendre qu’une seule décision (se rendre ou ne pas se rendre à 7 heures au laboratoire pour participer à l’expérience proposée). Les étudiants de la condition d’amorçage, quant à eux, ont dû se prononcer une seconde fois après avoir reçu toute l’information. Ils pouvaient encore à ce moment-là revenir sur leur décision. C’est donc bien une nouvelle décision, allant dans le même sens que la première, que l’expérimentateur a obtenue d’eux. En d’autres termes, les étudiants de la condition d’amorçage ont eu à prendre deux décisions alors que ceux de la condition contrôle n’ont eu à en prendre qu’une seule.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

cette consistance des sujets amorcés est moins surprenante qu’il n’y paraît. On constatera, en effet, que les étudiants de la condition contrôle n’ont eu à prendre qu’une seule décision (se rendre ou ne pas se rendre à 7 heures au laboratoire pour participer à l’expérience proposée). Les étudiants de la condition d’amorçage, quant à eux, ont dû se prononcer une seconde fois après avoir reçu toute l’information. Ils pouvaient encore à ce moment-là revenir sur leur décision. C’est donc bien une nouvelle décision, allant dans le même sens que la première, que l’expérimentateur a obtenue d’eux.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

la manipulation repose sur une évocation par le manipulateur d’avantages fictifs dont le caractère illusoire est révélé in extremis

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Il semble donc bien qu’une décision ne puisse déboucher sur des effets d’amorçage que dans la mesure où elle s’accompagne d’un tel sentiment de responsabilité personnelle.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

les étudiants les plus manipulés sont ceux qu’on a laissés les plus libres de leur décision initiale

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Sans oublier non plus ceux dont la cure analytique ne finit pas de finir. Car, qu’on le veuille ou non, une psychanalyse à toutes les propriétés d’un excellent piège abscons (voir supra) : 1. Le patient a décidé de s’engager dans un long processus de dépense (en argent, en temps, en énergie). 2. Que le patient en soit conscient ou pas, l’atteinte du but n’est pas certaine, et ceci d’autant plus que son psychanalyste lui-même peut considérer ce but comme un fantasme ou un « surcroît » (sic). 3. La situation est telle que le patient peut avoir l’impression que chaque dépense le rapproche davantage du but. 4. Le processus se poursuit sauf si le patient décide activement de l’arrêter. 5. Le patient n’a pas fixé au départ de limite à ses investissements. Sans commentaires !

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Sans oublier ces vieux époux qui, pour avoir eu les meilleures raisons du monde de se séparer n’en sont que plus heureux de souffler ensemble les bougies de leurs noces d’argent. Certes, les raisons de poursuivre la cohabitation, sinon l’alliance, furent nombreuses. Il y eut d’abord les amis communs, puis vinrent l’éducation des enfants et la maison achetée à crédit, jusqu’à ce qu’il ne demeure que la plus lourde d’entre toutes : l’inaptitude à vivre autre chose. À ne pas reconnaître cette raison, ils évitent de reconnaître que les précédentes n’étaient en définitive que les éléments d’un piège abscons ou d’une escalade d’engagement, et de voir leur existence comme un long cortège de dépenses gâchées. Ils peuvent, enfin, ensemble être heureux.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

À y bien réfléchir, la vie quotidienne est faite de décisions, menues ou importantes, qui peuvent nous amener à poursuivre au-delà du raisonnable dans un certain cours d’action. C’est ainsi que de petits ou de grands malheurs occasionnés par des pièges abscons ont pu être décrits dans des secteurs aussi divers que la poursuite d’une carrière insatisfaisante qui vous mine (Drummond et Chell, 2001), dans la soumission durable aux violences domestiques qui vous détruisent (Eisenstat et Bancroft, 1999), voire dans la persistance de phénomènes hallucinatoires qui vous désenchantent (Birchwood, Meaden, Trower, Gilbert, et Plaistow, 2000).

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

escalade militaire.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Les joueurs qui perdent le plus sont donc ceux qui doivent dire « stop »

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Nous définirons le phénomène de la dépense gâchée comme un phénomène qui apparaît chaque fois qu’un individu reste sur une stratégie, ou sur une ligne de conduite, dans laquelle il a préalablement investi (en argent, en temps, en énergie) et ceci au détriment d’autres stratégies, ou lignes de conduite, plus avantageuses.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

les gens ont tendance à adhérer à ce qui leur paraît être leurs décisions et à se comporter conformément à elles.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Du point de vue formel, la demande faite à Madame O. s’apparente à une question (« Voudriez-vous jeter un coup d’œil sur ma valise, s’il vous plaît ? ») à laquelle elle peut, bien entendu, répondre par oui ou par non. De ce point de vue, Madame O. est donc dans une situation de choix : la forme étant celle d’une question, elle peut accepter ou refuser de satisfaire à la demande qui lui est adressée. Rien de tel pour ce qui est de la logique des rapports interpersonnels, la demande faite à Madame O. n’étant plus alors une question, mais une requête, l’une de ces requêtes que l’on ne peut guère refuser dans l’échange social ordinaire. Cette conjonction particulière d’un niveau formel semblant solliciter l’activité de décision (répondre « oui » ou « non ») et d’un niveau social rendant nécessaire l’acceptation de la requête est caractéristique d’une situation que nous retrouverons tout au long de cet ouvrage et qui relève de la soumission librement consentie. Si Madame O. peut avoir le sentiment d’avoir librement décidé de surveiller la valise en l’absence de sa voisine, elle n’avait cependant pas le choix, puisque n’importe qui à sa place aurait fait de même.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Gageons que les promeneurs américains qui ont donné une dime après avoir donné l’heure n’ont pas eu le sentiment d’avoir été l’objet d’une agression insupportable à l’endroit de leur autonomie de décision ou de leur liberté d’action.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Il n’est guère, en effet, que deux façons efficaces d’obtenir de quelqu’un qu’il fasse ce qu’on voudrait le voir faire : l’exercice du pouvoir (ou des rapports de force) et la manipulation.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

deux façons efficaces d’obtenir de quelqu’un qu’il fasse ce qu’on voudrait le voir faire : l’exercice du pouvoir (ou des rapports de force) et la manipulation.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

De nombreuses personnes se livrant à des activités de substitution diront qu’elles en retirent un plus grand sentiment de réalisation que de l’activité «banale» de pourvoir à leurs besoins biologiques, mais c’est parce que, dans notre société, l’effort nécessaire pour satisfaire ceux-ci est devenu quelque chose d’insignifiant. Qui plus est, les gens ne satisfont pas leurs besoins biologiques de façon autonome, mais en fonctionnant comme des rouages d’une énorme machine sociale. En revanche, ils conservent généralement une grande autonomie dans leurs activités de substitution.

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Pour beaucoup, si ce n’est pour la majorité, les activités de substitution sont en réalité moins satisfaisantes que ne le serait la poursuite de buts authentiques

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

En revanche, la recherche du plaisir sexuel et de l’amour, par exemple, n’est pas une activité de substitution, parce que la plupart des gens, aussi satisfaisante que soit leur vie par ailleurs, se sentiraient mutilés si leur existence se déroulait sans relations amoureuses. (Mais la recherche frénétique et forcenée du plaisir sexuel peut être une activité de substitution.)

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Nous utiliserons l’expression «activité de substitution» pour désigner une activité dirigée vers un but artificiel que les gens se donnent à seule fin d’avoir un but quelconque à poursuivre, et surtout pour le sentiment de «réalisation» qu’ils retirent de cette activité. Voici une  règle simple pour identifier les activités de substitution. Soit un individu consacrant beaucoup de temps et d’énergie à atteindre un but quelconque ; demandez vous ceci : s’il devait les consacrer à satisfaire ses besoins biologiques, et que cet effort mobilise ses facultés physiques et mentales de manière intéressante et variée, souffrirait-il vraiment de ne pas atteindre cet autre but qu’il s’était fixé ? Si la réponse est non, il s’agit alors d’une activité de substitution. Les travaux d’Hirohito sur la biologie marine entrent manifestement dans cette catégorie

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Nous utiliserons l’expression «activité de substitution» pour désigner une activité dirigée vers un but artificiel que les gens se donnent à seule fin d’avoir un but quelconque à poursuivre, et surtout pour le sentiment de «réalisation» qu’ils retirent de cette activité. Voici une  règle simple pour identifier les activités de substitution. Soit un individu consacrant beaucoup de temps et d’énergie à atteindre un but quelconque ; demandez vous ceci : s’il devait les consacrer à satisfaire ses besoins biologiques, et que cet effort mobilise ses facultés physiques et mentales de manière intéressante et variée, souffrirait-il vraiment de ne pas atteindre cet autre but qu’il s’était fixé ? Si la réponse est non,

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Tout le monde a des buts ; ne serait-ce que ceux liés aux nécessités de la survie : nourriture, eau, vêtements et habitat adaptés au climat. Mais l’aristocratie oisive n’a besoin de faire aucun effort pour obtenir tout cela. D’où son ennui et sa démoralisation.

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Contrairement aux aristocraties guerrières qui doivent combattre pour se maintenir au pouvoir, les aristocraties oisives et insouciantes terminent dans la langueur, l’hédonisme et la dépression, même lorsqu’elles détiennent le pouvoir. Ce qui montre que le pouvoir n’est pas tout : il faut avoir des buts en fonction desquels l’exercer.

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Contrairement aux aristocraties guerrières qui doivent combattre pour se maintenir au pouvoir, les aristocraties oisives et insouciantes terminent dans la langueur, l’hédonisme et la dépression, même lorsqu’elles détiennent le pouvoir.

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Ils veulent leur faire étudier les disciplines techniques, qu’ils deviennent des cadres ou des scientifiques, qu’ils fassent carrière pour prouver que les Noirs sont aussi performants que les Blancs, que les parents noirs soient «responsables», que la gangs noirs deviennent non violents, etc. Mais ce sont justement là les valeurs du système industriel-technologique, qui se contrefout du genre de musique qu’un homme écoute, du style de vêtements qu’il porte ou de sa religion, aussi longtemps qu’il suit des études, qu’il exerce un métier respectable, qu’il grimpe dans l’échelle sociale, qu’il se comporte en parent «responsable», qu’il est non violent, etc. En réalité, et bien qu’il s’en défende, le progressiste sursocialisé veut que l’homme noir s’intègre au système et qu’il en adopte les valeurs.

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

beaucoup d’entre eux rejettent le concept de maladie mentale ou la validité de la mesure du QI. Ils sont hostiles aux explications génétiques des capacités ou du comportement humains parce que de telles explications font apparaître des inégalités entre les gens. Ils préfèrent rendre la société responsable de la disparité entre les individus.

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

beaucoup d’entre eux rejettent le concept de maladie mentale ou la validité de la mesure du QI. Ils sont hostiles aux explications génétiques des capacités ou du comportement humains parce que de telles explications font apparaître des inégalités entre les gens. Ils préfèrent rendre la société responsable de la disparité entre les individus. Si

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

beaucoup d’entre eux rejettent le concept de maladie mentale ou la validité de la mesure du QI. Ils sont hostiles aux explications génétiques des capacités ou du comportement humains parce que de telles explications font apparaître des inégalités entre les gens.

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Le progressiste est anti-individualiste et procollectiviste. Il demande à la société de résoudre les problèmes des individus et de les prendre en  charge. Il n’a pas confiance en ses propres capacités à résoudre ses problèmes et à satisfaire ses besoins. Il est opposé à la notion de compétition parce que, dans le fond, il se sent minable.

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Le vieil homme et la mer

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

C'est pas parce que tu crevais de faim que t'as tué ce poisson-là, se dit-il. Ni pour le vendre. Tu l'as tué par orgueil. Tu l'as tué parce que t'es né pêcheur. Ce poisson-là tu l'aimais quand il était en vie, et tu l'as aimé aussi après. Si tu l'aimes, c'est pas un péché de l'avoir tué. Ou c'est-y encore plus mal ?«

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Peut-être bien que c'était un péché de tuer ce poisson ? Mais il me semble tout de même que j'avais le droit, parce que je l'ai tué pour pas crever de faim, et puis il va nourrir beaucoup de gens. Ou alors, tout est péché. Pense donc pas au péché. C'est trop tard, et y a des gens qui sont payés pour ça. Ils ont qu'à y penser, eux autres. Toi, t'es né pêcheur, comme ce poisson-là, il était né poisson.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Faut jamais désespérer, pensa-t-il. C'est idiot. Sans compter que c'est un péché, je crois bien.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Un homme, ça peut être détruit, mais pas vaincu.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

endure ton mal comme un homme. Ou comme un poisson.«

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Moi, si j'ai mal, ça n'a pas d'importance ; je me fais une raison.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Combien de gens pourront se nourrir dessus ? se demanda-t-il. Mais est-ce que les gens méritent de le manger ? Non, bien sûr. Y a personne qui mérite de le manger, digne et courageux comme il est, ce poisson-là.«

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Quand le soleil se couche, les poissons s'énervent. C'est connu.«

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

je lui ferai voir tout ce qu'un homme peut faire, et tout ce qu'un homme peut supporter.«

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Je voudrais que ça soit moi le poisson, pensa-t-il. C'est lui qu'a tous les avantages. Moi, j'ai que ma volonté et ma cervelle.«

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Courage, main, dit-il, c'est pour toi que je mange.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Si les gens m'entendaient causer comme ça tout seul, ils croiraient que je suis maboul, dit-il à haute voix. Mais du moment que je suis pas maboul, ça m'est égal. Sans compter que les riches, ils ont des TSF dans leurs bateaux pour leur tenir compagnie et pour leur raconter le base-ball.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Les gens n'ont pas de pitié pour les tortues, sous prétexte qu'un coeur de tortue continue à battre des heures après qu'elle a été ouverte et vidée. Le vieux songeait : « J'ai un coeur tout pareil au coeur des tortues, et mes mains, mes pieds sont comme les leurs.«

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Les oiseaux lui faisaient pitié, les hirondelles de mer surtout, si délicates dans leur sombre plumage, qui volent et guettent sans trêve, et presque toujours en vain. Les oiseaux, ils ont la vie plus dure que nous autres, pensait-il, à part les pies voleuses et les gros rapaces.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Les oiseaux, ils ont la vie plus dure que nous autres, pensait-il, à part les pies voleuses et les gros rapaces.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Ca fait deux dollars et demi. A qui c'est-y qu'on va les emprunter ? — Bah ! C'est pas dur. Je trouverai toujours bien deux dollars et demi. — Moi aussi, peut-être. Mais j'essaie de pas emprunter. Tu commences par emprunter et bientôt te voilà mendiant.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Tu commences par emprunter et bientôt te voilà mendiant.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Quand le vieil homme avait-il atteint l'humilité ? Il était bien trop simple pour le démêler. Mais il savait qu'il l'avait atteinte. Il savait que ce n'était pas honteux. Sa vraie fierté, il ne l'avait nullement perdue.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Cette science s’étend à des domaines immensément divers, depuis le fait de se raser jusqu’au fait d’organiser le débarquement de Normandie et la crémation de milliers de déportés. Il n’y a plus d’activité humaine qui maintenant échappe à cet impératif technique. Il y a une technique de l’organisation (on voit que le grand fait signalé par M. Toynbee s’intègre dans cette conception du phénomène technique) exactement comme il y a une technique de l’amitié ou une technique de la natation.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

le phénomène technique peut se résumer comme « la recherche du meilleur moyen dans tous les domaines ».

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

l’on cherche à appliquer les mêmes méthodes et à ouvrir le même champ d’action dans des domaines où le travail est encore laissé au hasard, au pragmatisme et à l’instinct. La prise de conscience produit donc une extension rapide et presque universelle de la technique.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

La prise de conscience produit donc une extension rapide et presque universelle de la technique.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

la technique n’est rien de plus que moyen et ensemble de moyens. Mais cela ne diminue pas l’importance du problème, car notre civilisation est d’abord une civilisation de moyens et il semble que dans la réalité de la vie moderne les moyens soient plus importants que les fins.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

Plus on applique de techniques, plus est rationnel l’usage des machines et par conséquent moins on a besoin de les utiliser n’importe où. L’organisation place la machine juste où il faut et lui demande juste ce qu’il faut.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

Dans toutes les situations où se rencontre une puissance technique, celle-ci cherche, de façon inconsciente, à éliminer tout ce qu’elle ne peut pas assimiler. Autrement dit, partout où nous rencontrons ce facteur, il joue nécessairement, comme son origine le prédestine, semble-t-il, à le faire, dans le sens d’une mécanisation. Il s’agit de transformer en machine tout ce qui ne l’est pas encore.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

il faut supposer que c’est la société entière, « Société Anonyme », S. A. R. L., qui a passé contrat avec le Diable, lui a vendu toute transcendance, toute finalité au prix de l’abondance, et est hantée désormais par l’absence de fins.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La part de nous qui nous échappe, nous ne lui échappons pas. L’objet (l’âme, l’ombre, le produit de notre travail devenus objet) se venge. Tout ce dont nous sommes dépossédés reste lié à nous, mais négativement, c’est-à-dire qu’il nous hante. Cette part de nous, vendue et oubliée, c’est encore nous, ou plutôt c’en est la caricature, le fantôme, le spectre, qui nous suit, nous prolonge, et se venge.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

l’enroule, l’empoche et se retire, obséquieux

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La dépression affleure, significativement, là ou cessent les contraintes de travail, et où commence (devrait commencer) le temps de la satisfaction (migraines des P.-D. G. du vendredi soir au lundi matin, suicides ou mort rapide des a retraités », etc.).

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La vraie passivité est dans la conformité joyeuse au système,

La société de consommation (Jean Baudrillard)

on ne guérira pas la fatigue « pathologique » par le sport et l’exercice musculaire, comme le disent les spécialistes naïfs (pas plus que par des tranquillisants ou des stimulants).

La société de consommation (Jean Baudrillard)

L’ « indifférence » politique, cette catatonie du citoyen moderne, c’est celle de l’individu à qui toute décision échappe, ne conservant que la dérision du suffrage universel.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

L’élève fatigué, c’est celui qui subit passivement le discours du professeur. L’ouvrier, le bureaucrate fatigué, c’est celui à qui on a ôté toute responsabilité dans son travail

La société de consommation (Jean Baudrillard)

cette société qui se donne et se voit toujours en progrès continu vers l’abolition de l’effort, la résolution des tensions, vers plus de facilité et d’automatisme, est en fait une société de stress, de tension, de doping, où le bilan global de satisfaction accuse un déficit de plus en plus grand, où l’équilibre individuel et collectif est de plus en plus compromis à mesure même que se multiplient les conditions techniques de sa réalisation.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Riesman parle, à propos de la jeunesse américaine, d’un style « Kwakiutl » et d’un style « Pueblo », se référant aux modèles culturels définis par Margaret Mead. Les Kwakiutl sont violents, agonistiques, compétitifs, riches, et pratiquent la consommation effrénée dans le potlatch. Les Pueblos sont doux, bienveillants, gentils, vivant et se contentant de peu.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

partout on injecte du lénifiant, du souriant, du déculpabilisant, du lubrifiant psychologique (tout comme du détergent dans les produits de lessive). Des enzymes dévorant l’angoisse. On vend aussi du tranquillisant, du relaxatif, de l’hallucinogène, de la thérapie de tout poil. Tâche sans issue, dans laquelle la société d’abondance, productrice de satisfaction sans fin, épuise ses ressources à produire aussi Vantidote à l’angoisse née de cette satisfaction. Un budget de plus en plus lourd passe à consoler les miraculés de l’abondance de leur satisfaction anxieuse. On peut l’assimiler au déficit économique (d’ailleurs non comptabilisable) dû aux nuisances de la croissance (pollution, obsolescence accélérée, promiscuité, rareté des biens naturels), mais il les dépasse sans aucun doute de très loin.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

C’est en effet le fantôme de la sincérité perdue qui hante toute cette amicalité du contact, ce perpétuel « en direct avec… », ce jeu et ce forcing du dialogue à tout prix. La relation authentique est perdue, vive la sincérité !

La société de consommation (Jean Baudrillard)

« Cette hantise de la sincérité ne fait que rappeler tristement combien ils font peu confiance à eux-mêmes et aux autres dans la vie quotidienne. »

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Chacun « sollicite » et manipule, chacun est sollicité et manipulé.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Ainsi encore la T. W. A., « la Compagnie qui vous comprend ». Et voyez comme elle vous comprend : « Nous ne supportons pas l’idée de vous savoir tout seul dans votre chambre d’hôtel, manipulant frénétiquement les boutons de votre T. V… Nous allons tout faire pour vous permettre d’emmener votre chère moitié avec vous lors de votre prochain voyage d’affaires… tarif spécial famille, etc. Avec votre chère moitié près de vous, au moins vous aurez quelqu’un pour changer de chaîne… C’est ça l’amour… » Pas question d’être seul, vous n’avez pas le droit d’être seul : « Nous ne le supportons pas. » Si vous ne savez pas ce que c’est que d’être heureux, nous vous l’apprendrons. Nous le savons mieux que vous. Et même la façon de faire l’amour : votre « moitié », c’est votre « deuxième chaîne » érotique. Vous ne le saviez pas ? Nous vous l’apprenons aussi.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Comprendre les gens pour être compris d’eux. Savoir leur parler pour être entendu d’eux. Savoir leur plaire pour les intéresser. Bref, savoir leur vendre un produit – votre produit. C’est ce que nous appelons la « communication ». Astuce de commercialisation ? Pas seulement. Cette jeune fille n’a pas le droit d’aimer Freud, elle se trompe, et nous allons lui imposer, pour son bien, ce qu’elle aime en secret. Toute l’inquisition sociale est là, toute la répression psychologique. La publicité dans son ensemble n’avoue pas si clairement les choses. Elle met en œuvre cependant à tout instant les mêmes mécanismes de contrôle charitable et répressif.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Quand une jeune fille vous dit qu’elle adore Freud, il faut comprendre qu’elle adore les bandes dessinées

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Jusqu’aux industriels qui se prennent pour des missionnaires du bien-être et de la prospérité générale. « La Société est malade » : c’est le leitmotiv de toutes les bonnes âmes au pouvoir.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Un publicitaire : « Ce que vient chercher le client, c’est une sécurité. Il a besoin d’être rassuré, pris en charge. Pour lui, vous êtes tantôt le père, ou la mère, ou le fils… » « Notre métier est proche de l’art médical. » « On est comme les toubibs, on donne des conseils, on n’impose rien. » « Mon métier, c’est un sacerdoce, comme celui du médecin.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le travelling des vitrines, leur féerie calculée qui est toujours en même temps une frustration, cette valse-hésitation du shopping, c’est la danse canaque d’exaltation des biens avant l’échange. Les objets et les produits s’y offrent dans une mise en scène glorieuse, dans une ostentation sacralisante

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Tous les jeux de la publicité vont dans ce sens. Voyez comme elle se fait partout discrète, bénévole, effacée, désintéressée. Dne heure d’émission de radio pour une minute de flash sur la marque. Quatre pages de prose poétique et la marque de la firme, honteuse (?!), au bas d’une page

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Tous les jeux de la publicité vont dans ce sens. Voyez comme elle se fait partout discrète, bénévole, effacée, désintéressée. Dne heure d’émission de radio pour une minute de flash sur la marque. Quatre pages de prose poétique et la marque de la firme, honteuse

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Playtime, ou la parodie des services. Cet immense système de sollicitude vit sur une contradiction totale. Non seulement il ne saurait masquer la loi d’airain de la société marchande, la vérité objective des rapports sociaux, qui est la concurrence, la distance sociale croissante avec la promiscuité et la concentration urbaine et industrielle, mais surtout la généralisation de l’abstraction de la valeur d’échange au sein même de la quotidienneté et des relations les plus personnelles – mais ce système, en dépit des apparences, est lui- même UN SYSTÈME DE PRODUCTION – production de communication, de relation humaine de services. Il produit de la sociabilité. Or, en tant que système de production, il ne peut qu’obéir aux mêmes lois qui sont celles du mode de production des biens matériels, il ne peut que reproduire dans son fonctionnement même les rapports sociaux qu’il a pour objectif de dépasser. Destiné à produire de la sollicitude, il est voué à produire et à reproduire simultanément de la distance, de la non-communication, de l’opacité et de l’atrocité.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le sourire de Sofitel-Lyon, c’est celui que nous espérons voir fleurir sur vos lèvres quand vous passerez notre porte, c’est celui de tous ceux qui ont déjà apprécié un des hôtels de notre chaîne… c’est la démonstration de notre philosophie en matière d’hôtellerie : le sourire.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

le psycho-sociologue patenté est payé cher pour réinjecter de la solidarité, de l’échange, de la communication, dans les rapports opaques de l’entreprise.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La perte de la relation humaine (spontanée, réciproque, symbolique) est le fait fondamental de nos sociétés.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Car c’est bien de consommation qu’il s’agit – consommation de relation humaine, de solidarité, de réciprocité, de chaleur et de participations sociales standardisées sous forme de services – consommation continuelle de sollicitude, de sincérité et de chaleur, mais bien sûr consommation des signes seulement de cette sollicitude – vitale pour l’individu, plus encore que l’alimentation biologique, dans un système où la distance sociale et l’atrocité des rapports sociaux sont la règle objective.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Les objets ne servent pas tellement à quelque chose, d’abord et surtout ils vous servent.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

salut dans le loisir et le plaisir, dont nul désormais ne peut se dispenser

La société de consommation (Jean Baudrillard)

salut dans le loisir et le plaisir,

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Il n’y a pas de temps dans les sociétés primitives. La question de savoir si on y « a » le temps ou non n’a pas de sens. Le temps n’y est rien que le rythme des activités collectives répétées (rituel de travail, de fêtes). Il n’est pas dissociable de ces activités pour être projeté dans l’avenir, prévu et manipulé. Il n’est pas individuel, c’est le rythme même de l’échange, qui culmine dans l’acte de la fête. Il n’y a pas de nom pour le nommer, il se confond avec les verbes de l’échange, avec le cycle des hommes et de la nature.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La victoire de l’économie autonome doit être en même temps sa perte. Les forces qu’elle a déchaînées suppriment la nécessité économique qui a été la base immuable des sociétés anciennes. Quand elle la remplace par la nécessité du développement économique infini, elle ne peut que remplacer la satisfaction des premiers besoins humains sommairement reconnus, par une fabrication ininterrompue de pseudo-besoins qui se ramènent au seul pseudo-besoin du maintien de son règne. Mais l’économie autonome se sépare à jamais du besoin profond dans la mesure même où elle sort de l’inconscient social qui dépendait d’elle sans le savoir. « Tout ce qui est conscient s’use. Ce qui est inconscient reste inaltérable. Mais une fois délivré, ne tombe-t-il pas en ruine à son tour ? » (Freud).

La société du spectacle (Guy Debord)

Alors que dans la phase primitive de l’accumulation capitaliste « l’économie politique ne voit dans le prolétaire que l’ouvrier », qui doit recevoir le minimum indispensable pour la conservation de sa force de travail, sans jamais le considérer « dans ses loisirs, dans son humanité », cette position des idées de la classe dominante se renverse aussitôt que le degré d’abondance atteint dans la production des marchandises exige un surplus de collaboration de l’ouvrier. Cet ouvrier, soudain lavé du mépris total qui lui est clairement signifié par toutes les modalités d’organisation et surveillance de la production, se retrouve chaque jour en dehors de celle-ci apparemment traité comme une grande personne, avec une politesse empressée, sous le déguisement du consommateur. Alors l’humanisme de la marchandise prend en charge « les loisirs et l’humanité » du travailleur, tout simplement parce que l’économie politique peut et doit maintenant dominer ces sphères en tant qu’économie politique. Ainsi « le reniement achevé de l’homme » a pris en charge la totalité de l’existence humaine.

La société du spectacle (Guy Debord)

L’économie transforme le monde, mais le transforme seulement en monde de l’économie.

La société du spectacle (Guy Debord)

La croissance économique libère les sociétés de la pression naturelle qui exigeait leur lutte immédiate pour la survie, mais alors c’est de leur libérateur qu’elles ne sont pas libérées.

La société du spectacle (Guy Debord)

l’activité du travailleur perd son caractère d’activité pour devenir une attitude contemplative. »

La société du spectacle (Guy Debord)

Le spectacle est le capital à un tel degré d’accumulation qu’il devient image.

La société du spectacle (Guy Debord)

L’aliénation du spectateur au profit de l’objet contemplé (qui est le résultat de sa propre activité inconsciente) s’exprime ainsi : plus il contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son propre désir. L’extériorité du spectacle par rapport à l’homme agissant apparaît en ce que ses propres gestes ne sont plus à lui, mais à un autre qui les lui représente. C’est pourquoi le spectateur ne se sent chez lui nulle part, car le spectacle est partout.

La société du spectacle (Guy Debord)

Le système économique fondé sur l’isolement est une production circulaire de l’isolement. L’isolement fonde la technique, et le processus technique isole en retour. De l’automobile à la télévision, tous les biens sélectionnés par le système spectaculaire sont aussi ses armes pour le renforcement constant des conditions d’isolement des « foules solitaires ». Le spectacle retrouve toujours plus concrètement ses propres présuppositions.

La société du spectacle (Guy Debord)

Par la réussite même de la production séparée en tant que production du séparé, l’expérience fondamentale liée dans les sociétés primitives à un travail principal est en train de se déplacer, au pôle de développement du système, vers le non-travail, l’inactivité. Mais cette inactivité n’est en rien libérée de l’activité productrice : elle dépend d’elle, elle est soumission inquiète et admirative aux nécessités et aux résultats de la production ; elle est elle-même un produit de sa rationalité. Il ne peut y avoir de liberté hors de l’activité, et dans le cadre du spectacle toute activité est niée, exactement comme l’activité réelle a été intégralement captée pour l’édification globale de ce résultat. Ainsi l’actuelle « libération du travail », l’augmentation des loisirs, n’est aucunement libération dans le travail, ni libération d’un monde façonné par ce travail. Rien de l’activité volée dans le travail ne peut se retrouver dans la soumission à son résultat.

La société du spectacle (Guy Debord)

Avec la séparation généralisée du travailleur et de son produit, se perdent tout point de vue unitaire sur l’activité accomplie, toute communication personnelle directe entre les producteurs. Suivant le progrès de l’accumulation des produits séparés, et de la concentration du processus productif, l’unité et la communication deviennent l’attribut exclusif de la direction du système. La réussite du système économique de la séparation est la prolétarisation du monde.

La société du spectacle (Guy Debord)

Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n’exprime finalement que son désir de dormir. Le spectacle est le gardien de ce sommeil.

La société du spectacle (Guy Debord)

La première phase de la domination de l’économie sur la vie sociale avait entraîné dans la définition de toute réalisation humaine une évidente dégradation de l’être en avoir. La phase présente de l’occupation totale de la vie sociale par les résultats accumulés de l’économie conduit à un glissement généralisé de l’avoir au paraître,

La société du spectacle (Guy Debord)

Là où le monde réel se change en simples images, les simples images deviennent des êtres réels, et les motivations efficientes d’un comportement hypnotique.

La société du spectacle (Guy Debord)

La première phase de la domination de l’économie sur la vie sociale avait entraîné dans la définition de toute réalisation humaine une évidente dégradation de l’être en avoir. La phase présente de l’occupation totale de la vie sociale par les résultats accumulés de l’économie conduit à un glissement généralisé de l’avoir au paraître,

La société du spectacle (Guy Debord)

tautologique du spectacle découle du simple fait que ses moyens sont en même temps son but. Il est le soleil qui ne se couche jamais sur l’empire de la passivité moderne.

La société du spectacle (Guy Debord)

Le spectacle, compris dans sa totalité, est à la fois le résultat et le projet du mode de production existant. Il n’est pas un supplément au monde réel, sa décoration surajoutée. Il est le cœur de l’irréalisme de la société réelle.

La société du spectacle (Guy Debord)

Sous toutes ses formes particulières, information ou propagande, publicité ou consommation directe de divertissements, le spectacle constitue le modèle présent de la vie socialement dominante. Il est l’affirmation omniprésente du choix déjà fait dans la production, et sa consommation corollaire. Forme et contenu du spectacle sont identiquement la justification totale des conditions et des fins du système existant. Le spectacle est aussi la présence permanente de cette justification, en tant qu’occupation de la part principale du temps vécu hors de la production moderne.

La société du spectacle (Guy Debord)

représentation à la réalité,

La société du spectacle (Guy Debord)

Voyez si vous me voulez pour votre femme ; sinon, sortez de mon lit et retournez dans le vôtre. »

Le Decameron (Jean Boccace)

Une bouteille et une rose. La rose rougit, s’entrouvre, avance vers l’écran, grossit, devient tumescente ; le bruit amplifié d’un cœur qui bat emplit la salle, s’accélère, se fait fiévreux, fou ; le bouchon commence à sortir du goulot de la bouteille, lentement, inexorablement, il grandit, s’approche de la caméra, ses entraves de fils d’archal cèdent une à une ; le cœur tape, tape, la rose gonfle, encore le bouchon – ah ! et soudain, le cœur s’arrête, le bouchon saute, la mousse de champagne coule en petites pulsations le long du goulot, la rose pâlit et se referme, la tension va decrescendo.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

la sexualité, cessant d’être un facteur de cohésion et d’exaltation commune, devient une frénésie individuelle de profit. Elle isole chacun en l’obsédant.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

« Que l’article à catapulter dans l’espace commercial soit une marque de pneus ou un modèle de cercueil, c’est toujours au même endroit qu’on essaie d’atteindre le client éventuel : au-dessous de la ceinture. L’érotisme pour l’élite, la pornographie pour le grand public. » (Jacques Sternberg,

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La femme moderne est à la fois la vestale et le manager de son propre corps, elle veille à le garder beau et compétitif

La société de consommation (Jean Baudrillard)

femme moderne est à la fois la vestale et le manager de son propre corps, elle veille à le garder beau et compétitif

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Les « religions » primitives ne connaissent pas de « sacrement », elles connaissent une pratique collective. C’est avec l’individualisation du principe de salut (principalement dans la spiritualité chrétienne) que s’instituent les sacrements et les « officiants » qui en ont la charge

La société de consommation (Jean Baudrillard)

c’est maintenant seulement, à travers la « redécouverte » et la sacralisation individuelle du corps, c’est maintenant seulement que la médicalité prend toute son envergure (de même que c’est avec la cristallisation mythique d’une « âme individuelle » que la cléricalité comme institution transcendante avait pris tout son essor).

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Il faut que l individu se prenne lui-même comme objet, comme le plus beau des objets, comme le plus précieux matériel d’échange, pour que puisse s’instituer au niveau du corps déconstruit, de la sexualité déconstruite, un processus économique de rentabilité.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Achetez – et vous serez bien dans votre peau.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le mythe du Healthy American Businessman, moitié James Bond, moitié Henry Ford, sûr de lui, à l’aise dans sa peau, équilibré physiquement et psychiquement, s’est installé de plain-pied dans notre civilisation.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le mythe du Healthy American Businessman, moitié James Bond, moitié Henry Ford,

La société de consommation (Jean Baudrillard)

moitié James Bond, moitié Henry Ford,

La société de consommation (Jean Baudrillard)

jadis c était « l’âme qui enveloppait le corps »,

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Une propagande sans relâche nous rappelle, selon les termes du cantique, que nous n’avons qu’un corps et qu’il faut le sauver.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

le corps est devenu objet de salut.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Dans le jeu, l’amusement n’est pas réciproque : presque toujours l’un des joueurs s’impatiente et se fâche, ce qui diminue beaucoup le plaisir de son adversaire, ainsi que celui des spectateurs.

Le Decameron (Jean Boccace)

Voici une recette pour se faire aimer sans drogues, ni herbe, ni paroles magiques de sorcière. Aimez, on vous aimera22.

Lucilius (Sénèque)

(le japonais, dit-on, énonce des impressions, non des constats

L'empire des signes (Roland Barthes)

La logique de la consommation, nous avons vu, se définit comme une manipulation de signes. Les valeurs symboliques de création, la relation symbolique d’intériorité en sont absentes : elle est toute en extériorité. L’objet perd sa finalité objective, sa fonction, il devient le terme d’une combinatoire beaucoup plus vaste, d’ensembles d’objets où sa valeur est de relation.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

L’objet perd sa finalité objective, sa fonction, il devient le terme d’une combinatoire beaucoup plus vaste, d’ensembles d’objets où sa valeur est de relation.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Il faut observer pour s’en convaincre, dans un café, la foule recueillie qui entoure le réparateur dès qu’il ouvre la machine. Personne ne comprend ces connexions et ces réseaux, mais tout le monde accepte ce monde étrange comme une donnée première et indiscutable. Rien de commun avec le rapport du cavalier à son cheval, ou de l’ouvrier à son outil, ou de l’amateur à l’œuvre d’art : ici le rapport de l’homme à l’objet est proprement magique, c’est-à-dire fasciné et manipulatoire.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le gadget, lui, fait partie d’une logique systématique qui saisit toute la quotidienneté sur le mode spectaculaire et, par contrecoup, rend suspect d’artificialité, de truquage et d inutilité tout l’environnement d’objets, et, par extension, tout l’environnement de relations humaines et sociales.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

si l’on admet de définir l’objet de consommation par la disparition relative de sa fonction objective (ustensile) au profit de sa fonction de signe, si l’on admet que l’objet de consommation se caractérise par une espèce d’inutilité fonctionnelle (ce qu’on consomme, c’est précisément autre chose que de 1’ « utile »), alors le gadget est bien la vérité de l’objet en société de consommation.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

lire ce journal, c’est s’affilier aux lecteurs de ce journal, c’est jouer d’une activité « culturelle » comme emblème de classe).

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La femme n’est engagée à se gratifier elle-même que pour mieux entrer comme objet de compétition dans la concurrence masculine (se plaire pour mieux plaire). Elle n’entre jamais en compétition directe (sinon avec les autres femmes au regard des hommes).. Si elle est belle, c’est-à-dire si cette femme est femme, elle sera choisie. Si l’homme est homme, il choisira sa femme parmi d’autres objets/signes (sa voiture, sa femme, son eau de toilette). Sous couleur d’autogratification, la femme (le Modèle Féminin) est reléguée, dans un accomplissement « de service », par procuration. Sa détermination n’est pas autonome.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La femme n’est engagée à se gratifier elle-même que pour mieux entrer comme objet de compétition dans la concurrence masculine (se plaire pour mieux plaire). Elle n’entre jamais en compétition directe (sinon avec les autres femmes au regard des hommes).. Si elle est belle, c’est-à-dire si cette femme est femme, elle sera choisie. Si l’homme est homme, il choisira sa femme parmi d’autres objets/signes (sa voiture, sa femme, son eau de toilette).

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le modèle féminin enjoint beaucoup plus à la femme de se faire plaisir à elle-même. Ce n’est plus la sélectivité, l’exigence, mais la complaisance et la sollicitude narcissique qui sont de rigueur. Au fond, on continue d’inviter les hommes à jouer au soldat, les femmes à jouer à la poupée avec elles-mêmes.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Distinction ou conformité ?

La société de consommation (Jean Baudrillard)

la personnalisation consiste en un recyclage quotidien sur la P. P. D. M. (Plus Petite Différence Marginale) : rechercher les petites différences qualitatives par lesquelles se signalent le style et le statut.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

C’est ainsi que tout le processus de consommation est commandé par la production de modèles artificiellement démultipliés (comme les marques de lessive), où la tendance monopolistique est la même que dans les autres secteurs de production. Il y a concentration monopolistique de la production des différences.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

le truc qui illustrera notre idiosyncrasie profonde, la différence qui nous fera être nous-mêmes.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

le niveau de consommation est la juste mesure du mérite social

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Publicité pour le cinéma publicitaire : « Le cinéma vous permet, grâce à ses écrans géants, de présenter votre produit en situation : couleurs, formes, conditionnement. Dans les 2 500 salles en régie publicitaire, 3 500 000 spectateurs chaque semaine. 67 % d’entre eux ont plus de quinze ans et moins de trente-cinq ans. Ce sont des consommateurs au plein de leurs besoins, qui veulent et peuvent acheter… » Exactement : ce sont des êtres en pleine force (de travail).

La société de consommation (Jean Baudrillard)

des consommateurs au plein de leurs besoins, qui veulent et peuvent acheter… » Exactement : ce sont des êtres en pleine force (de travail).

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Sur la consommation comme contrainte civique – Eisenhower 1958 : « Dans une société libre, le gouvernement encourage le mieux la croissance économique lorsqu’il encourage l’effort des individus et des groupes privés. L’argent ne sera jamais dépensé aussi utilement par l’État qu’il l’aurait été par le contribuable, lui-même libéré du fardeau des impôts. » Tout se passe comme si la consommation, sans être une imposition directe, puisse succéder efficacement à l’impôt comme prestation sociale. « Avec leurs 9 milliards bonifiés par le fisc, ajoute le magazine Time, les consommateurs sont allés chercher la prospérité dans 2 millions de commerces de détail… Ils ont compris qu’il était en leur pouvoir de faire croître l’économie en remplaçant leur ventilateur par un climatiseur. Ils ont assuré le boom de 1954 en achetant 5 millions de téléviseurs miniaturisés, 1 million et demi de couteaux à découper la viande électriquement, etc. » Bref, ils ont accompli leur devoir civique. « Thrift is unamerican », disait Whyte : « Économiser est anti-américain.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

l’impératif de s’amuser, d’exploiter à fond toutes les possibilités de se faire vibrer, jouir, ou gratifier.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

contrainte de jouissance.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

l’homme-consom-mateur se considère comme devant-jouir, comme une entreprise de jouissance et de satisfaction. Comme devant-être-heureux, amoureux, adulant/adulé, séduisant/sé-duit, participant, euphorique et dynamique. C’est le principe de maximisation de l’existence par multiplication des contacts, des relations, par usage intensif de signes, d’objets, par l’exploitation systématique de toutes les virtualités de jouissance.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La circulation, l’achat, la vente, l’appropriation de biens et d’objets/signes différenciés constituent aujourd’hui notre langage, notre code, celui par où la société entière communique et se parle.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La jouissance de la T. V. ou d’une résidence secondaire est vécue comme liberté « vraie », personne ne vit cela comme une aliénation, seul l’intellectuel peut le dire du fond de son idéalisme moralisant mais ceci le désigne tout au plus, lui, comme moraliste aliéné.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Revenu, achat de prestige et surtravail forment un cercle vicieux et affolé, la ronde infernale de la consommation, fondée sur l’exaltation des besoins dits « psychologiques », qui se différencient des besoins « physiologiques » en ce qu’ils se fondent apparemment sur le « revenu discrétionnaire » et la liberté de choix, et deviennent ainsi manipulabl.es à merci. — La publicité joue ici évidemment un rôle capital (autre idée devenue conventionnelle).

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La Persuasion clandestine de Packard et La Stratégie du Désir de Dichter

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Depuis La Persuasion clandestine de Packard et La Stratégie du Désir de Dichter

La société de consommation (Jean Baudrillard)

c’est une pensée magique qui régit la consommation, c’est une mentalité miraculeuse qui régit la vie quotidienne, c’est une mentalité de primitifs, au sens où on l’a définie comme fondée sur la croyance en la toute-puissance des pensées : ici, c’est la croyance en la toute-puissance des signes. L’opulence, 1’ « affluence » n’est en effet que l’accumulation des signes du bonheur.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

colifichets,

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le centre culturel y devient partie intégrante du centre commercial. N’entendons pas que la culture y est « prostituée » : c’est trop simple. Elle y est culturalisée. Simultanément, la marchandise (vêtement, épicerie, restaurant, etc.) y est culturalisée elle aussi, car transformée en substance ludique et distinctive, en accessoire de luxe, en élément parmi d’autres de la panoplie générale des biens de consommation.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le centre culturel y devient partie intégrante du centre commercial. N’entendons pas que la culture y est « prostituée » : c’est trop simple. Elle y est culturalisée. Simultanément, la marchandise (vêtement, épicerie, restaurant, etc.) y est culturalisée elle aussi, car transformée en substance ludique et distinctive, en accessoire de luxe, en élément parmi d’autres de la panoplie

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le centre culturel y devient partie intégrante du centre commercial.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Cette faune et cette flore, que l’homme a produites et qui reviennent l’encercler et l’investir comme dans les mauvais romans de science-fiction, il faut tenter de les décrire rapidement, telles que nous les voyons et les vivons – en n’oubliant jamais, dans leur faste et leur profusion, qu’elles sont le produit d’une activité humaine, et qu’elles sont dominées, non par des lois écologiques naturelles, mais par la loi de la valeur d’échange.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Cette faune et cette flore, que l’homme a produites et qui reviennent l’encercler et l’investir comme dans les mauvais romans de science-fiction, il faut tenter de les décrire rapidement, telles que nous les voyons et les vivons – en n’oubliant jamais, dans leur faste et leur profusion, qu’elles sont le produit d’une activité humaine, et qu’elles sont dominées, non par des lois écologiques naturelles,

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Comme l’enfant* loup devient loup à force de vivre avec eux, ainsi nous devenons lentement fonctionnels nous aussi.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

la consommation est un mode actif de relation (non seulement aux objets, mais à la collectivité et au monde),

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Estranged from each other consumers are focusing on the body and the surfaces of things, thinking that their bodies, the commodities that surround them, will give them the desired and promised meaning. What we are trying without avail is to reach this idealised image of the body attempting to sell our selves as if it was a commodity

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

the consumption of a dream

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

to cheaper underwear - but it means the consumption of a dream

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

“The woman buying 7.50 Dollar panties doesn’t get much than she can’t find at 3 Dollar. The difference is that insecure people feel better wearing designer labels - and there are plenty of insecure people out there”

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

we are no longer surrounded by people but by objects

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

Clothing by A&F is not bought because of its design but because of the signs that surround the apparel.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

Ours is an age obsessed with youth, health and physical beauty. Television and motion pictures, the dominant visual media, churn out persistent reminders that the lithe and graceful body, the dimpled smile set in an attractive face, are the keys to happiness, perhaps even its essence

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

“Sex is everywhere, except in sexuality”

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

What advertising today is composed of is not a certain message behind the picture or slogan the brand seeks to convey. It is quite the opposite, namely the absence of any kind of message: “Thus, the whole of advertising and modern erotics are made up of signs, not of meaning”

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

the whole of advertising and modern erotics are made up of signs, not of meaning”

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

Showing off well-formed muscles is now also something which women are told to pursue turning the gym into a battleground where everyone is competing for the price of the most ‘perfect’ body.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

Unthinkable is the detachment from consumption, since it ensures one’s belonging to capitalist society.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

stimulate insecurity and thus increase the consumption of commodities.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

It is due to this accretion of symbols, of signs that brands have become paramount in capitalist society. What does a brand stand for (Holt 2003, 43) and what can it promise to its consumers? Companies who most outstandingly establish that kind of brand identity are most successful in attracting the attention of and convincing consumers to buy what they have on offer.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

The promise of a better life through a certain product can only be acted out through the accretion of value to products.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

Purchasing an object nowadays means to purchase its surface, the lifestyle that encompasses the product.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

Commodities are no longer so much bought for their original functions but as markers for success,

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

For a Critique of the Political Economy of the Sign (1981).

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

disappearance of meaning, depth and coherence in favour of superficiality and empty signs.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

The fact that the Mall of America has 40 Million visitors annually, more than all national monuments and parks in the USA combined, (De Kelver 2008, 66) is another indicator for the increasing importance given to consumption in our times.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

shopping serves everybody as a possibility to create meaning. It is an act of the assemblage of various objects to be put together in order to produce a coherent image.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

images relentlessly surround us and penetrate our eyes and our minds leaving little space for us to experience the world irrespective of images.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

the image has seemingly become the chief source from which to derive meaning.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

there is no more possibility of salvation through the soul - as in previous times - but only salvation through the body

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

Whereas in the past the body “was regarded as a transitory vehicle, a means to higher spiritual ends” (Featherstone 1982, 26), it is now a vehicle for the display of success represented through its very surface.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

greater emphasis on convertibles, the creation of the hard-top convertible as a compromise between the “mistress and the wife.”

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Defense of previous decision. Once we have made a decision in favor of a certain make of car, we feel responsible for that decision. Buying a new make is like admitting we were wrong the previous time. We want to be known as shrewd buyers, and buying the same make will help us keep that reputation.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

The feeling of having something better and newer than before is one of the chief gratifications of buying a new car.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

“Choice is not the emerging of a preference out of indifference; it is the emerging of a unified preference out of a number of competing inclinations.”

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Women influence the purchase of cars in every life period. Even the first car is bought to impress girls, and their influence continues throughout life, becoming more important after marriage. Women influence car buying directly or indirectly in about 95 per cent of all car purchases!

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

The psychological role of the woman, as shown in our survey, is a specific manifestation of the general part she plays in a man’s life. When he goes overboard, she pulls him back. When he slows down, she accelerates him.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Superficiality is also evidenced in woman’s attitude toward car names: “It sound nices to say, I’ll send my Packard down to the station.” We find that women have much more confidence in car names alone than do men.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Superficiality is also evidenced in woman’s attitude toward car names: “It sound nices to say, I’ll send my Packard down to the station.” We find that women have much more confidence in car names alone than do men. These two stories are significant evidence

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Every accident, therefore, is a psychological shock which tends to break the chain in repeat buying of the same make.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

After a failure in everyday life, many people get into their cars and drive off, usually at high speed. They are seeking a re-establishment of their shaken self-confidence. By driving, they develop their personalities, re-establish their self-confidence in much the same way that a young man builds self-confidence with his first car.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

After a failure in everyday life, many people get into their cars and drive off, usually at high speed. They are seeking a re-establishment of their shaken self-confidence.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

When we attempt to sell a new car the personality of the new car must compete with the strong personality of the old car. This important fact is frequently ignored both by salesmen and advertising copy writers.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

“I like driving very much. Could drive all day. I like handling a car, steering, avoiding obstacles and missing them.”

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

The Psychological Influence of Convertibles Although convertibles account for a small part of the car market, their psychological influence is very strong

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

My Pontiac’s nice, but there’s a lot of places we might be able to go but we can’t because it just isn’t a real good-looking car.”

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

A car is really a symbol, an expression of human desires. Its appearance, its mechanical functions, and its social functions help to build up that symbolic value.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

The detective reconstructs the history of the crime in order to find clues that will help him to understand the motivations of the murderer and to find the criminal. He gets his clues through interviews, but he would be a very poor detective if he believed everything the witnesses told him . . . what they do not tell him is often the clue to the crime. Our psychological technique operates in a manner very similar to that of the detective’s.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

The detective reconstructs the history of the crime in order to find clues that will help him to understand the motivations of the murderer and to find the criminal. He gets his clues through interviews, but he would be a very poor detective if he believed everything the witnesses told him . . .

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

many women have fights with girls att he checkout counter because they somehow want to project onto her their feeling of guilt at having spent too much.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

dealing with human beings and their foibles

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Rather than forbidding desire, which would be forbidding life itself, it is necessary to set a goal of growth, of dynamic security and constructive discontent; and then to learn and use the techniques implicit in the strategy of desire.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Rather than forbidding desire, which would be forbidding life itself, it is necessary to set a goal of growth, of dynamic security and constructive discontent; and then to learn and use the

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Nothing is more resented by others than condescension.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Are you paying attention to sounds, singling them out, and letting them penetrate your consciousness?

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

there are always mountains behind the mountains;

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

A knife has no morality of its own. Making it sharper thus does not make it more or less immoral. Persuasion techniques are like sharpened knives. They are tools.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Persuasion techniques are like sharpened knives. They are tools.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

the redesigned projectors were easy to operate, they didn’t look easy to operate. Solution: Further redesign aimed at making the projectors seem easy to operate as well as being easy to operate. Result: Increased sales in school systems—increased production-expanded economy.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

technological improvements are accepted only if they have a psychological benefit at the same time.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

What we are doing is progress engineering. We do not manipulate people. We find out what technological and psychological needs of people have not been satisfied up to now. By offering these satisfactions in the new products, we help competitive selling but we also help technological and economic progress. We are consumers’ representatives. We pass on this information to the advertiser and the industrialist, showing him how he can make more money by giving people what they truly want.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

To recognize that one way for a woman to take possession of an appliance is to be able to shine it would and should influence the designer to have enough shinable surface on this stove. The ease of cleaning an oven has a technological but also a psychological element.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

When Galbraith, in his book The Affluent Society, says that “it is all right to put furniture into an empty room, but it is silly to keep on cramming furniture into a room that is already filled with furniture,” he makes a mistake. He overlooks the basic psychological fact that human needs are plastic and expansive. Our answer to this is that if the room is filled with furniture one likely event is a desire to enlarge the room and thus make the need for new furniture again operative.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

“it is all right to put furniture into an empty room, but it is silly to keep on cramming furniture into a room that is already filled with furniture,” he makes a mistake. He overlooks the basic psychological fact that human needs are plastic and expansive. Our answer to this is that if the room is filled with furniture one likely event is a desire to enlarge the room and thus make the need for new furniture again operative.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

“it is all right to put furniture into an empty room, but it is silly to keep on cramming furniture into a room that is already filled with furniture,” he makes a mistake.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Our answer to this is that if the room is filled with furniture one likely event is a desire to enlarge the room and thus make the need for new furniture again operative.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

It is quite possible that juvenile delinquency has its real cause in this lack of a challenge, a cause for which a youngster can fight. He needs ideals. If he does not have them he constructs them, organizes gangs, defends the flag of the “Crusaders against the Sparrers.” What we need is a militant democracy which establishes goals worth fighting for. Youth is even more entangled in this dilemma. Psychologically, the role of the father and the role of the leader or president resemble each other. The youngster has to decide between growing out of his family’s protection, struggling against the pleasant security of the family household, and mastery of the world outside, standing maturely on his own.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

We make many more such routinized and emotional decisions in our daily lives. There are a number of products which apparently have a great deal of brand loyalty. This is true of razor blades, but interestingly enough also of sanitary napkins. The real reason for this we found to be that people tend to routinize unpleasant things. This permits them to forget about these tasks. They do not have to think about them consciously any longer. This is also true of highly emotional events in life. Marriages, funerals, births, all have been surrounded by a large number of rituals. We don’t have to make decisions, everything is organized and structured in a rigid fashion.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

“Which one of these candidates would you lend money to? Whom do you consider socially inferior, superior, or on the same level as yourself? Who is more or less or equally intelligent compared to yourself?, etc.”

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

people vote for the person who represents an emotional reality, rather than simply for a record of his qualifications. Even a crook is often preferred as a candidate to a colorless, though intelligent, politician.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

In a series of radio programs entitled “So You Think You Know People” on N.Y. City Station WNEW, I conducted the following experiment: The audience was asked to vote for one of three candidates. One described in detail all the technical qualifications of the politician, his training, how his mind worked, etc. The second one was described by his previous political record, the decisions he had made. The third one was simply pictured as a human being: his emotionalism, how he loved children, the fact that he smoked a pipe, had a dog, and took long walks. The audience was then asked to vote for the candidate among the three who would make the best public servant. Although there was literally nothing in the description of the third candidate which would tell them what he would do as a congressman or senator, he was the one who won. The decision was made on the basis of emotional factors rather than intelligent ones.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

The third one was simply pictured as a human being: his emotionalism, how he loved children, the fact that he smoked a pipe, had a dog, and took long walks. The audience was then asked to vote for the candidate among the three who would make the best public servant. Although there was literally nothing in the description of the third candidate which would tell them what he would do as a congressman or senator, he was the one who won. The decision was made on the basis of emotional factors rather than intelligent ones.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Man’s shame at his own nakedness to which the Bible refers is a shame arising from the awareness of being exposed in the fullest sense: exposed to the world as a creature of weakness. No force in man is more basic than his need to maintain his inner privacy—to prevent the exposure of his naked thought and his inner weaknesses.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

the orange evokes the association of friendliness and the grapefruit that of elegant reserve; that both of them are believed to be sunny; that the orange appeals to the emotions but the grapefruit to the intellect.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

the orange evokes the association of friendliness and the grapefruit that of elegant reserve;

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

C’est absolument merveilleux. Le fermier sait exactement quel est l’état et le rapport de chaque tête d’un bétail dont le pis est difforme mais produit 8000 litres de lait par an, et crève très vite.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

en 1940 aux États-Unis, une production de 150 kilocalories de maïs par hectare nécessitait 124 kilocalories d’énergie. En 1970, il fallait 526 kilocalories d’énergie pour produire 250 kilocalories de maïs par hectare (253)

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

il est remarquable que cette Europe, qui ne peut pas se décider à prendre les mesures drastiques raisonnables pour rendre enfin le monde vivable, subit une mauvaise conscience permanente.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

il y a un appauvrissement subjectif par comparaison entre l’élévation des niveaux de vie dans les pays riches (qui finit par être connue !)

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis. Mais nous ne prenons même pas garde au fait que nous la scions.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la pollution par le bruit, qui est un drame absolument central de l’homme occidental (240), mais aussi la pollution par la densité des relations humaines, par l’excès d’informations, etc.,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la pollution par le bruit, qui est un drame absolument central de l’homme occidental (240), mais aussi la pollution par la densité des relations humaines, par l’excès d’informations,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Après tout, il faut bien que nous laissions quelques problèmes à résoudre à nos enfants !

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

le tiers monde finira inévitablement par tourner ses armements contre les pays « développés ». Nous armons le tiers monde, jusqu’au point de basculement où nous en recevrons le véritable prix. Je n’ai en tout ceci porté aucun jugement moral, mais telle est bien la déraison. L’incapacité à penser le raisonnable sur une certaine durée.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

si jamais une fusée à tête atomique était lancée d’U.R.S.S. sur la France, nous serions avertis instantanément de son départ. Mais que la fusée serait en six minutes dans l’espace français. SIX MINUTES : pour les communications entre le centre de détection et l’État-Major, l’État-Major et le secrétariat de la Présidence, le secrétariat et le président. Puis descendre au sixième sous-sol pour atteindre le bouton rouge. En tout, le président avait une minute (si tout marchait bien) pour prendre la décision de déclencher la guerre atomique universelle. Cela est l’image de notre condition à tous, dans l’univers technicien. Il ne faut plus dire « aller vite » (comme L’Homme pressé, de P. Morand !) mais : « décider et réaliser de plus en plus vite ».

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

On a vu lors des expériences d’autogestion que le processus gestionnaire était très lent. Et ce fut toujours l’argument des dictateurs : la démocratie est lente. C’est pourquoi aujourd’hui nous avons à faire à une parodie de démocratie.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

notre monde n’est ni fini ni limité : il y a des milliers de galaxies, il suffit de les coloniser pour avoir toute la place que l’on veut. Je ne plaisante pas,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Il ne peut pas y avoir une croissance illimitée dans un monde limité.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

j’espère sincèrement pour le salut de la postérité, qu’elle se contentera d’être stationnaire, bien avant que la nécessité ne l’y oblige

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Il y eut de vifs débats par exemple pour les expériences de changement de mise en scène et de conception des opéras de Wagner et, en 1985, de Aida. Ici nous sommes en présence d’un phénomène intéressant : on ne peut pas changer la musique. On ne peut pas changer la trame de l’histoire racontée. Et pourtant il faut sortir du déjà vu, il faut faire du nouveau parce que sans cela, ces opéras n’ont aucun intérêt. Dès lors, on transforme ce qui n’est pas figé : la mise en scène. Et celle-ci devient la réalité la plus importante, elle efface la musique, les voix, etc. Ce qui est « intéressant », c’est ce qui a changé.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

On ne peut pas changer la trame de l’histoire racontée. Et pourtant il faut sortir du déjà vu, il faut faire du nouveau parce que sans cela, ces opéras n’ont aucun intérêt. Dès lors, on transforme ce qui n’est pas figé : la mise en scène. Et celle-ci devient la réalité la plus importante, elle efface la musique, les voix, etc. Ce qui est « intéressant », c’est ce qui a changé.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

On ne peut pas changer la trame de l’histoire racontée. Et pourtant il faut sortir du déjà vu, il faut faire du nouveau parce que sans cela, ces opéras n’ont aucun intérêt. Dès lors, on transforme ce qui n’est pas figé : la mise en scène. Et celle-ci devient la réalité la plus importante, elle efface la musique, les voix, etc. Ce qui est « intéressant », c’est ce qui a changé. D’où

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

On ne peut pas changer la trame de l’histoire racontée. Et pourtant il faut sortir du déjà vu, il faut faire du nouveau parce que sans cela, ces opéras n’ont aucun intérêt.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

on change de « partenaire » en amour, on change de télévision, de mobilier, d’auto,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le durable (y compris les relations interhumaines) fait partie d’un univers totalement dépassé.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

qui reste stationnaire, recule » (argument contre la théorie de la croissance zéro).

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La pseudo-diversité de moyens, de médias, de création par ordinateur, etc., joue en réalité à l’intérieur d’une normalisation plus globale

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

le mode de pensée est réducteur et unidimensionnel : nous ne voulons voir qu’un objet, réduire à une seule dimension ce qui est observable, et éliminer toutes les apories,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La matière, le réel, c’est ce que mes appareils permettent d’enregistrer.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Il n’y a pas de philosophie de la technique parce que celle-ci n’a rien à faire avec la sagesse

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’homme ne peut pas continuer à vivre sur le mode de la distanciation, de la médiation, de la réflexion, mais seulement sur le mode de l’immédiateté, de l’évidence et de l’action hypnotique. C’est-à-dire trois caractéristiques de l’absurde, au sens existentiel.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

cette mutation complexe de la relation au temps qui n’est pas encore ressentie produira des désordres psychiques s’inscrivant dans la désagrégation des sociétés.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’instantané devient hégémonique, au point de dissoudre presque littéralement le temps naturel accumulé depuis des siècles : la forêt se défait en papier journal jeté presque aussitôt

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’homme est saisi par un univers de possibles dérisoires et massivement imposés. Bien entendu je ne veux pas du tout dire que telle publicité conduit l’acheteur à acheter le produit.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la multiplicité de ces images envahissantes disperse, dilue l’homme dans un univers complètement factice

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la multiplicité de ces images envahissantes disperse, dilue l’homme

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’homme de notre société après avoir été un obsédé du travail devient un homme fasciné par la multiplication des images, l’intensité des bruits, la dispersion des informations.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’orientation d’une école aux États-Unis, celle dite des « high-tech democrats » qui croient que pour sortir de l’ « impasse économique », il faut miser sur la haute technologie.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La seule chance que tous les économistes voient, c’est courir de plus en plus vite en adoptant de plus en plus rapidement toutes les techniques (quelles qu’en soient la signification, l’utilisation, l’utilité) sitôt qu’elles paraissent pour être sûr dans ce domaine de dépasser le voisin !

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la production de biens exclusivement négatifs.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Mais je sais l’argument économique : pendant ce temps on aura fait tourner l’industrie et occupé la main-d’œuvre. Auquel cas les pharaons d’Égypte faisant construire des Pyramides étaient de grands économistes.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Nous fabriquons un superflu qui se greffe sur des biens qui sont déjà superflus. Et c’est dans ce domaine exclusivement qu’il y a création de biens nouveaux.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Nous fabriquons un superflu qui se greffe sur des biens qui sont déjà superflus.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Nous fabriquons un superflu qui se

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’appareil technique exige que ce nombre soit toujours plus grand.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La combinaison de l’appareil qui permet de faire entendre un homme sans qualité, et de l’appareil qui exige chaque heure un spectacle indéfiniment nouveau produit la bassesse de la presque totalité des émissions télévisées.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Si on va chercher un bon intellectuel, on le fait parler à un niveau déshonorant pour lui.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Et comme il est parfaitement impossible de trouver tous les jours quelque chose de vrai, de beau, d’intelligent, de nouveau, quelque chose qui vaille la peine d’être montré, retransmis, quelqu’un qui vaille la peine d’être entendu, rencontré, alors forcément on remplit les écrans avec des stupidités.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

on a des appareils extraordinaires (et qui lorsqu’il y aura la télévision par satellite le seront encore plus). Il faut donc les utiliser. Il faut émettre. C’est un impératif. Émettre dix-huit heures sur vingt-quatre de l’information, du spectacle, de la chanson, des entretiens, des interviews, des films, des actualités, des conseils de santé ou de cuisine… Mais il faut émettre tous les jours, et tous les jours quelque chose de nouveau. Alors on se trouve pris dans un terrible engrenage. Il faut. C’est-à-dire : n’importe quoi pourvu que l’écran ne soit pas vide !

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

impérative,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

(même si elle est moralement laxiste !),

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

nous vivons dans une société beaucoup trop ordonnée

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

nous vivons dans une société beaucoup trop ordonnée, coercitive (même si elle est moralement laxiste !), impérative, etc. Et il faut arriver à s’en dégager.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’occupation par les nazis, la terreur devant la Gestapo, l’impuissance ressentie par les résistants, et la fin de la guerre avec la découverte de l’atrocité épouvantable des camps de concentration. Dans ces conditions, dans cet « excès du mal », on comprend que des philosophes aient pu dire : la vie est absurde et il n’y a aucune issue

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

qu’il n’y a pas de sens, qu’il ne faut pas en chercher un, qu’il n’y a aucun récit, et à la limite qu’il n’y a pas d’auteur et que le lecteur lui-même n’existe pas en tant que sujet (je n’exagère en rien). Il y a seulement des structures et des jeux de structures.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la philosophie depuis longtemps ne correspondait plus au sens de son étymologie

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le bon sens m’apparaît comme une expression indispensable de la raison,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le bon sens m’apparaît comme une expression indispensable de la raison, et la raison comme la mesure qui devrait être constamment appliquée dans l’appréciation de ce que propose la technique et ce que déclare la technologie.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

sa science est le socle d’où il énoncera des orientations, reçues comme des vérités, et qui devront aboutir à former une opinion.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Cet homme de science doit parler de sa science à des politiques qui ne pourront pas tout comprendre, et l’expert fera forcément passer son opinion. Il doit, de l’autre côté, parler au grand public qui ne comprendra rien, et auprès de ce public il a en réalité une mission : lui faire accepter un projet, apaiser ses inquiétudes, l’intéresser à un nouveau projet, etc. C’est-à-dire que sa science est le socle d’où il énoncera des orientations, reçues comme des vérités, et qui devront aboutir à former une opinion.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

le ministre élabora un grand texte législatif qui ne reprenait aucune de nos conclusions,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

les sciences ont des questions, les spiritualités des réponses, qui ne se situent pas sur le même registre que les questions scientifiques.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

C’est bien en amont de la découverte qu’il faut opérer les choix éthiques.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

sotériologique,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’univers dans lequel nous vivons devient de plus en plus un univers rêvé, car la société du spectacle se change peu à peu en société du rêve.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

De toute façon, le public a un fantastique sentiment d’impuissance en présence de ces menaces gigantesques.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Les propositions positives des écologistes sont évidemment moins efficaces que ce que la science permet à la technique de réaliser,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Après la grande période d’inquiétude, naît une période de quiétude, non pas que l’on ignore la menace atomique, mais elle est oblitérée par le succès de tant de prodiges des techniques nouvelles et surtout des techniques de divertissement. C’est une des raisons qui expliquent le recul et l’échec du mouvement écologique.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Bien entendu, la contrepartie de cela, c’est le rejet des opinions « pessimistes », ou des faits inquiétants

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Dieu ne sert à rien dans la situation où nous sommes, par contre la Science, elle, est, grâce à l’idéologie, devenue divine comme jamais.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

C’est la science qui calme l’angoisse des anxieux,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La science est la seule porteuse d’avenir de notre société. À chaque problème de ce monde qui est soulevé, la réponse sera inévitablement : la Science y pourvoira.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la science devient non seulement la découverte de la nature, mais la réponse à tout ce qui nous inquiète et nous angoisse. Si bien que s’élabore maintenant ce que j’appellerai une idéologie de la science qui est une sotériologie. L’idéologie actuelle de la science est une idéologie du Salut.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

nous vivons une situation paradoxale, qui commande une certaine idéologie. L’engin finalement le plus facile à manipuler (je parle évidemment de ceux dont le public a l’usage) est celui qui a impliqué les plus gros investissements et une recherche de pointe très élaborée

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

ceci donne une légitimité concrète, dans la pensée moyenne, à la science.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Il n’est plus question de lutter contre l’irrationnel religieux, ni contre les excès de la nature : il a pour but de projeter la puissance de l’homme sur l’univers entier, sur toutes les cultures, sur la nature entière,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

(produire des innovations légères, accroître les possibilités et les moyens de choix).

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

(produire des innovations légères,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Pourquoi la Recherche ? parce qu’elle fabrique la puissance de demain.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le bon fonctionnement d’une usine automatisée implique l’intervention de six catégories distinctes de travailleurs, dissociées dans le temps, l’espace, les intérêts, entre lesquels aucune possibilité de communication n’existe plus

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La machine moderne est une « entité hiérarchique » qui requiert un plus exact conditionnement des hommes et des matériaux, une discipline des corps et des esprits. Le temps total de travail peut être réduit, mais les contraintes internes se sont alourdies : plus une technique est avancée, plus elle provoque l’éclatement du temps et impose un resserrement des délais.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

processus d’autojustification, une opération sur l’opinion publique

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Il faut apprendre à voir dans la technologie non pas le domaine réservé des techniciens, mais un processus social qui n’échappe pas plus que d’autres au contrôle de chacun.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

politique,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

ce que nous faisons avec les fruits de la technologie dépendra de ce à quoi nous attachons de la valeur

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Aujourd’hui l’accident automobile c’est 1000 tués par mois en France et 35 000 blessés graves

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

culture » et « technologie », sont radicalement séparés. Aucun pont n’est possible entre les deux.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la culture n’existe que si elle soulève la question du sens de la vie et de la recherche des valeurs

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Elle fonctionne parce qu’elle fonctionne. Elle est auto-reproductrice et chaque « progrès technique » sert d’abord à produire de nouvelles techniques. Elle est le centre des efforts et ne comporte aucune mise en question, autre que mécanique. Elle n’a aucun intérêt pour ce qui sert l’homme, puisque de toute façon elle présuppose que ce qui sert à l’homme, sert l’homme. La technique ne porte d’intérêt qu’à elle-même. Elle est auto-justifiée, elle est auto-satisfaisante. Elle ne peut pas s’occuper de l’humain, sinon pour se le subordonner et le soumettre à ses exigences

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Elle fonctionne parce qu’elle fonctionne. Elle est auto-reproductrice et chaque « progrès technique » sert d’abord à produire de nouvelles techniques. Elle est le centre des efforts et ne comporte aucune mise en question, autre que mécanique. Elle n’a aucun intérêt pour ce qui sert l’homme, puisque de toute façon elle présuppose que ce qui sert à l’homme, sert l’homme. La technique ne porte d’intérêt qu’à elle-même. Elle est auto-justifiée, elle est auto-satisfaisante. Elle ne peut pas s’occuper de l’humain, sinon pour se le subordonner et le soumettre à ses exigences de

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La culture est nécessairement humaniste ou bien elle n’existe pas. Humaniste en ce sens qu’elle a pour thème central, pour préoccupation unique l’humain, en ce sens encore qu’elle ne se préoccupe que de l’expression de l’humain, en ce sens enfin qu’elle a pour centre ce qui sert l’homme (Je ne dis pas ce qui sert à l’homme !).

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Tout bien pesé, l’informatique est bien un gadget, dont l’utilité vraie est infiniment moindre que le bluff du discours technologique ne le laisse entendre. Mais qui peut parfaitement, en n’étant qu’un gadget, bouleverser le monde et l’homme, dans la direction du non-sens.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Que seront l’univers et la psychologie de gens qui travailleront, communiqueront, consommeront, se distrairont et s’éduqueront de la naissance à la mort par le moyen d’un écran ? »

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Que seront l’univers et la psychologie de gens qui travailleront, communiqueront, consommeront, se distrairont et s’éduqueront de la naissance à la mort par le moyen d’un écran

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

plus les terminaux d’ordinateurs se répandront, et plus les gens voudront communiquer. Et plus ils voudront communiquer, plus on mettra en place des systèmes pour qu’ils communiquent. Et moins ils pourront se passer de la communication. Il y aura accoutumance, comme pour une drogue.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Faute d’abondance de nourriture, on aura la surabondance de la nourriture creuse de l’information.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

d’illusion technique, venant combler les attentes insatisfaites par les promesses de la société d’abondance.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le temps dit réel est un temps bouclé à l’avance, écrasé dans l’instantané

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’informatique est un domaine où l’erreur est la règle, où les erreurs de programme occupent l’essentiel du temps des programmeurs.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

un aspect fondamental de l’informatique, elle est infantile.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Sans automobiles, sans avions et sans haut-parleurs, déclare Hitler en octobre 1935, nous n’aurions pu nous emparer de l’Allemagne.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Teletel ouvre les cœurs et les esprits. Avec Teletel, la puissance moderne descend sur la terre, éclaire tout de sa lumière.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’excellent chapitre de J. Neyrinck : « La troisième révolution industrielle ou l’invention de l’inutile », où en effet, il montre clairement que plus on avance (en particulier en informatique), plus on invente et crée de l’inutile.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’excellent chapitre de J. Neyrinck : « La troisième révolution industrielle ou l’invention de l’inutile », où en effet, il montre clairement que plus on avance (en particulier en informatique), plus on invente et crée de l’inutile. Mais

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’excellent chapitre de J. Neyrinck : « La troisième révolution industrielle ou l’invention de l’inutile », où en effet, il montre clairement que plus on avance (en particulier en informatique),

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

arrêtons-nous un instant pour réfléchir : tous ces objets ne servent à rien. Et pourtant ils se vendent avec enthousiasme.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Vite, plus vite, mais jusqu’où et pourquoi ?

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Vite, plus vite, mais jusqu’où et pourquoi

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’auto est le gadget des gadgets,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la contradiction entre la richesse communicationnelle du média, et la pauvreté misérable des messages et des conversations !

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

À l'époque des Lumières, les philosophes et les juristes s'accordent pour voir dans la guerre une relation interétatique où, dans la mesure du possible, le recours à la violence doit être limité. C'est l'époque où l'on envisage aussi la disparition de la guerre dans un avenir plus ou moins proche : comme la guerre et son cortège de calamités sont contraires à la raison2, on suppose que le calcul des avantages de la paix et de l'enrichissement par le commerce l'emporteront sur la violence et la destruction.

De la guerre (Carl von Clausewitz)

À l'époque des Lumières, les philosophes et les juristes s'accordent pour voir dans la guerre une relation interétatique où, dans la mesure du possible, le recours à la violence doit être limité. C'est l'époque où l'on envisage aussi la disparition de la guerre dans un avenir plus ou moins proche : comme la guerre et son cortège de calamités sont contraires à la raison2, on suppose que le calcul des avantages de la paix et de l'enrichissement par le commerce l'emporteront

De la guerre (Carl von Clausewitz)

C'est l'époque où l'on envisage aussi la disparition de la guerre dans un avenir plus ou moins proche : comme la guerre et son cortège de calamités sont contraires à la raison2, on suppose que le calcul des avantages de la paix et de l'enrichissement par le commerce l'emporteront

De la guerre (Carl von Clausewitz)

celui qui emploie cette violence avec brutalité, sans épargner le sang, acquiert la prépondérance sur un adversaire qui n'en agit pas de même, et lui dicte la loi.

De la guerre (Carl von Clausewitz)

L'emploi de la violence physique dans toute son étendue n'exclut aucunement la coopération de l'intelligence

De la guerre (Carl von Clausewitz)

La guerre n'est qu'une continuation de la politique avec d'autres moyens1.

De la guerre (Carl von Clausewitz)

La guerre n'est qu'une continuation de la politique avec d'autres

De la guerre (Carl von Clausewitz)

la guerre est un acte de violence ayant pour but de contraindre un adversaire à accomplir notre volonté

De la guerre (Carl von Clausewitz)

l'ouverture d'une symphonie inachevée, laissant à d'autres le soin d'en proposer des « achèvements ». Telle aura peut-être été l'ultime ruse de Clausewitz, fervent théoricien de la guerre défensive, que de déjouer les offensives dont son texte va devenir l'objet.

De la guerre (Carl von Clausewitz)

l'ouverture d'une symphonie inachevée, laissant à d'autres le soin d'en proposer des « achèvements ». Telle aura peut-être été l'ultime ruse de Clausewitz, fervent théoricien de la guerre défensive, que de déjouer les

De la guerre (Carl von Clausewitz)

L'emploi de la violence physique dans toute son étendue n'exclut aucunement la coopération de l'intelligence.

De la guerre (Carl von Clausewitz)

dans une chose aussi dangereuse que l'est la guerre, ce sont précisément les erreurs résultant de la bonté d'âme qui sont les plus pernicieuses.

De la guerre (Carl von Clausewitz)

Nous disons donc que la guerre n'appartient pas au domaine des arts et des sciences, mais à celui de l'existence sociale. Elle est un conflit de grands intérêts réglés par le sang, et c'est seulement en cela qu'elle diffère des autres conflits. Il vaudrait mieux la comparer, plutôt qu'à un art quelconque, au commerce qui est aussi un conflit d'intérêts et d'activités humaines ;

De la guerre (Carl von Clausewitz)

Par la guerre, l'individu est absorbé dans cette « totalité éthique » qu'est l'État-nation.

De la guerre (Carl von Clausewitz)

chaque progrès de la guerre réelle, passionnée, implacable et sanglante coïncide avec une poussée de la démocratie et se traduit par l'importance accrue de l'infanterie et de la puissance meurtrière des armes à feu

De la guerre (Carl von Clausewitz)

l'Église (qui féminise les mâles vertus)

De la guerre (Carl von Clausewitz)

la cité ne peut vivre qu'en canalisant vers le dehors les passions de ses membres, la guerre deviendra la condition de l'État,

De la guerre (Carl von Clausewitz)

« La guerre est un acte de violence à l’emploi de laquelle il n’existe pas de limites. »

De la guerre (Carl von Clausewitz)

la meilleure politique guerrière est de prendre un État intact ; une politique inférieure à celle-ci consisterait à le ruiner.

L'art de la Guerre (Sun Tzu)

L'essentiel est dans la victoire et non dans les opérations prolongées.

L'art de la Guerre (Sun Tzu)

Traitez bien les prisonniers, nourrissez-les comme vos propres soldats ;

L'art de la Guerre (Sun Tzu)

un savant exposé des vertus diaboliques du cinabre,

Cent ans de solitude (Gabriel García Márquez)

que dire du célèbre congélateur, dont maintenant un Français sur trois est équipé ! Il permet de faire (en voiture bien sûr, et dans une grande surface évidemment !) le marché une fois par semaine, quelle simplification, quel allégement. Mais comment oser soutenir que c’est une véritable amélioration, enfermant la ménagère chez soi et rompant un certain nombre de réseaux sociaux favorisés par les « courses » ?

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

que dire du célèbre congélateur, dont maintenant un Français sur trois est équipé ! Il permet de faire (en voiture bien sûr, et dans une grande surface évidemment !) le marché une fois par semaine, quelle simplification, quel allégement. Mais comment oser soutenir que c’est une véritable amélioration, enfermant la ménagère chez soi et rompant un certain nombre de réseaux sociaux favorisés par les « courses » ? J’entends

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Et nous avons eu droit à sa présentation sur T.F.1. (le 21 mars 1986) par un crétin, qui délirait d’enthousiasme pour la beauté, le grandiose, du progrès technique qui permet de réduire la dimension du disque et le « bruit ». Et qui a mis le comble à sa bêtise en cassant un disque microsillon : « Finie la vieille musique ! Jetez vos microsillons dépassés… » Publicité, bien sûr. Il faut que les gens achètent.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La machine est antisociale, dit M. Mumford. Elle tend, en raison de son caractère progressif, aux formes les plus aiguës de l’exploitation humaine.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

Il est vain de déblatérer contre le capitalisme : ce n’est pas lui qui crée ce monde, c’est la machine.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

L’homme a vécu dans une atmosphère antihumaine. Concentration des grandes villes, maisons sales, manque d’espace, manque d’air, manque de temps, trottoirs mornes et lumière blafarde qui fait disparaître le temps, usines déshumanisées, insatisfaction des sens, travail des femmes, éloignement de la nature. La vie n’a plus de sens. Transports en commun où l’homme est moins qu’un paquet, hôpitaux où il n’est qu’un numéro, les trois-huit, et encore c’est un progrès… Et le bruit, le monstre vrillant à toute heure de la nuit sans accorder la misère d’un répit. Prolétaires et aliénés, c’est la condition humaine devant la machine.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

je donnerais l’exemple antique du capitaine du navire : si par suite d’une erreur de manœuvre, un navire coulait, on assurait le sauvetage du maximum de personnes, mais le capitaine, qu’il soit ou non à l’origine de l’erreur de manœuvre, qu’il soit ou non la cause du naufrage, le capitaine devait se porter responsable, et il se laissait couler avec le navire. Même chose lorsque au XIXe siècle, un homme d’affaires, un banquier aboutissait à une faillite, qu’il soit ou non l’auteur de spéculations malheureuses, ou victime d’accidents involontaires, il se portait responsable en tous cas, il se suicidait. C’était absurde ? Comme tout ce qui relève de la dignité humaine. Cela n’arrangeait rien, et ne relevait pas ses affaires ? Et l’irresponsabilité générale arrange-t-elle nos affaires économiques et politiques ? Cette attitude s’appelait l’honneur, le contraire de l’irresponsabilité. Et que personne aujourd’hui ne connaît plus.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

lorsque au XIXe siècle, un homme d’affaires, un banquier aboutissait à une faillite, qu’il soit ou non l’auteur de spéculations malheureuses, ou victime d’accidents involontaires, il se portait responsable en tous cas, il se suicidait. C’était absurde ? Comme tout ce qui relève de la dignité humaine. Cela n’arrangeait rien, et ne relevait pas ses affaires ? Et l’irresponsabilité générale arrange-t-elle nos affaires économiques et politiques ? Cette attitude s’appelait l’honneur, le contraire de l’irresponsabilité. Et que personne aujourd’hui ne connaît plus.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Nous avons dans nos sociétés deux grandes catégories d’intouchables ; les scientifiques, dont la toute-puissance de la science sacro-sainte assure l’absolue autonomie. Qui oserait mettre en accusation un scientifique ? Puis il y a la classe politique (423) dont les membres divisés en partis qui se font la guerre sont essentiellement solidaires entre eux pour défendre leur statut de classe. Et tant qu’il existera une classe politique dans les pays dits démocratiques, il ne pourra jamais y avoir de véritable politique et de véritable démocratie.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Les décideurs, selon leurs trois branches, hommes politiques, administrateurs et techniciens sont fondamentalement irresponsables. Il y a à cela deux raisons principales : les événements qui devraient engager leur responsabilité sont habituellement beaucoup trop complexes, et réciproquement les procédures de décision sont elles-mêmes beaucoup trop complexes.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

on constate à quel point les hommes de l’Occident se passionnent pour de faux conflits (par exemple électoraux

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Vous ne pourrez pas en même temps avoir un homme rigoureusement rationnel et d’une haute élévation spirituelle.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

peur de ne pas être modernes, de ne pas être « dans le vent » ou « branchées ».

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

nous accédons grâce à « R. et D. » à l’économie d’abondance. Plus vous vous enrichissez, plus vous aidez les autres à s’enrichir. La recherche de la richesse est un bien. C’est le développement économique qui nous donne un nouvel Évangile.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la télévision a remplacé à l’intérieur des maisons et dans l’imaginaire des familles le crucifix.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Alors les enseignants, renforcés, équipés grâce à leur journal quotidien qui leur fournit ample moisson d’innovations techniques, vont adopter ce qu’ils pensent être la meilleure adaptation préalable (il y eut la mode de la lecture globale ou des mathématiques des ensembles, de même que l’histoire devenait dès la sixième une histoire des techniques et de l’économie, et la géographie une géographie des ressources naturelles et des flux économiques… inimitables sottises de la mode !) des enfants à cette société de demain. Et si l’enseignement de Racine ou de l’histoire romaine était, en 1968, un affreux terrorisme, que dire de cet enseignement-là ? Car le premier avait l’immense mérite de situer l’enfant hors de la réalité concrète de sa société, et lui donnait par conséquent la possibilité de prendre un point de vue critique. Le second lui plonge la tête sous l’eau, il n’entend et ne veut plus rien que « science et techniques, partout et avant tout ». Enseignement doublement terroriste.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

chantage à l’intelligence : seul est intelligent dans notre société celui qui connaît les manipulations informatiques.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le niveau culturel du Français cultivé se situe au niveau des bandes dessinées destinées aux enfants de huit ans. Disneyland n’est pas un scandale, c’est seulement le crétinisme social poussé à son extrême limite, c’est la face la plus explosive de ce long travail de déculturation et de détournement des Français hors du fondamental et du sérieux quotidien, c’est l’avilissement justifié par l’emploi et l’économie, de ce qui pouvait subsister d’esprit critique et de distanciation.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

nous baignons dans le vacarme urbain (autos, sirènes, engins, bétonneuses, bulldozers, avions, hélicoptères, motocyclettes, marteaux-piqueurs…) et le drame, c’est que sous prétexte de « musique », d’art et de distraction, on vienne y ajouter !

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

nous baignons dans le vacarme urbain (autos, sirènes, engins, bétonneuses, bulldozers, avions, hélicoptères, motocyclettes, marteaux-piqueurs…) et le drame, c’est que sous prétexte de « musique », d’art et de distraction, on vienne y ajouter

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Il y a eu, en 1984, 130 millions de disques de rock vendus. Dans l’ensemble, il y a donc perte de contrôle des capacités de réflexion, diminution permanente de l’intelligence, surexcitation neuro-sensorielle, état hypnotique et secondairement dépressif, enfin troubles sérieux de la mémoire et de la coordination neuro-musculaire.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

refus d’écouter le silence, refus de se rencontrer soi-même, refus de rencontrer les autres. Brouillage du monde et brouillard intellectuel, voilà ce qu’est le fond sonore.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Cet appareil est un nouveau destructeur de la relation humaine, un créateur de solitude qui ne peut conduire qu’à des attitudes suicidaires. Déjà l’habitude qui avait été prise depuis longtemps par les jeunes de vivre dans un fond sonore permanent, avec les cassettes incessamment renouvelées, était un avertissement sérieux

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Cet appareil est un nouveau destructeur de la relation humaine, un créateur de solitude qui ne peut conduire qu’à des attitudes suicidaires. Déjà l’habitude qui avait été prise depuis longtemps par les jeunes de vivre dans un fond sonore permanent, avec les cassettes incessamment renouvelées, était un avertissement sérieux : refus d’écouter le silence, refus de se rencontrer soi-même, refus de rencontrer les autres.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Cet appareil est un nouveau destructeur de la relation humaine, un créateur de solitude qui ne peut conduire qu’à des attitudes suicidaires.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’air concentré, inhibé, l’attention tournée vers l’intérieur, l’auditeur permanent de musique est parfaitement abstrait du réel, étranger aux gens qui l’entourent, dans une île solitaire et refusant toute communication.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

commencer à contester les fondements mêmes de notre société, ce serait hâter le passage à un autre modèle de vie sociale.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

contester les fondements mêmes de notre société, ce serait hâter le passage à un autre modèle de vie sociale.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Divertissement, refus de se voir soi-même, refus de se rencontrer avec ses proches et de rester en vis-à-vis, refus de meubler de sa personnalité le cadre quotidien, refus d’être le responsable au centre de son voisinage, refus, le dimanche, d’une éventuelle rencontre avec Dieu,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

On s’est moqué de ces calculs, et de ceux d’Ivan Illich, suivi par J.-P. Dupuy et P. d’Iribarne prouvant, en recherchant la vraie vitesse des autos, en rapportant les kilomètres parcourus à l’ensemble des temps qu’ils exigent, que l’on va finalement plus vite en vélo qu’en Porsche. On a tort de se moquer : car telle est bien la réalité.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Chaque Français travaille une heure sur sept uniquement pour payer ses transports.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La circulation interdit la rencontre.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le grand mot dans tous les cas pour justifier tout cela c’est « Liberté ». Ce qui une fois de plus montre le « divertissement » : on a diverti (et perverti) le sens, l’expérience, la profondeur de la liberté pour en faire cette énorme sottise de pouvoir prendre la route « librement » en auto et rouler à la vitesse qu’on veut ! Liberté qui se ramène donc à l’évasion (du voisinage, de la routine, des soucis quotidiens) et à la mobilité (confondre liberté avec aller n’importe où

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le discours technologique a transformé le sport en énorme spectacle, et fabriqué les champions, les stars, les dieux du stade.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la plus grande menace de notre société occidentale n’est pas celle du communisme ou de l’américanisme, ce n’est pas la crise économique, ce n’est pas la drogue et l’alcool, ce n’est pas le racisme renaissant, c’est l’explosion du jeu, l’absorption des Occidentaux dans le jeu, leur aveulissement, avilissement, désengagement, évasion et perte du sens dans et par le jeu.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Même les jeux non violents comme le PAC-MAN maintiennent le joueur dans une tension paranoïaque, un véritable stress névrotique

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Au bout du compte, les jeunes n’auront plus de la société qu’une vision négative,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La machine devient le seul ami de l’enfant, elle envahit sa personnalité et l’enferme dans un univers sans contact avec la réalité

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

tout se passe comme si l’on suivait la politique de la Rome impériale et de Byzance : distraire le peuple pour l’empêcher de penser. Avec des moyens mille fois plus efficaces et généralisés. Tout se passe comme si le mot d’ordre politique était, implicitement : « Jouez, jouez, nous nous occupons du reste. » Négation habile et fondamentale de toute démocratie, décentralisation, participation. Vous voulez de la démocratie ? Commencez par supprimer tous les jeux télévisés et informatisés

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

un irréel fantasmatique d’où il n’y a plus de raison de jamais sortir, comparable à la passion du drogué, à la fascination du « joueur » obsédé. C’est-à-dire que les jeux produits par ces techniques correspondent bien à ce que Pascal appelle le divertissement : non seulement ce qui détourne radicalement l’homme de toute préoccupation du Sens, de la Vérité, des Valeurs (et qui le plonge de ce fait dans l’absurde), mais en outre qui capte l’homme aussi loin de la réalité, le faisant vivre dans un monde totalement falsifié. Tel est pour moi le plus grand danger qui actuellement nous menace du fait du développement de ces techniques.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Je suis fermement convaincu que tout ce système de jeux, de loisirs, de distractions techniques, est un des facteurs les plus dangereux pour l’homme et la société de demain.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

le magnétoscope, où en apparence l’individu peut faire une collection d’émissions qui lui plaisent, ou revoir des films qu’il loue, est en réalité le signe d’une fausse indépendance, car il contribue à enfermer un peu plus l’individu dans un univers d’images d’évasion.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

On connaît depuis longtemps la destruction familiale par le fait que, trop souvent, la table du dîner est disposée de telle façon que, pendant le repas, tout le monde regarde ensemble le spectacle de télévision

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Mais alors on doit se demander quel temps libre se maintient pour celui qui est de cette façon obsédé, quel temps pour chercher et comprendre les informations nécessaires pour vivre dans notre monde, pour exercer sa fonction de citoyen, quel temps pour les relations sociales et amicales (à condition de songer à de véritables relations : il est évident que si les relations humaines se réduisent à être plusieurs fascinés par le petit écran, à regarder ensemble ce spectacle ou le déroulement de ce jeu, il n’y a aucune relation).

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le jeu cesse d’être le ciment social pour devenir un facteur de dispersion et d’enfermement dans des solitudes captées par la fascination de l’engin.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

un des sens principaux du jeu : un lien de socialité. Maintenant vous allez être seul, une fois de plus. Et c’est le vice essentiel de tous ces jeux électroniques (même pour les Wargames), on est seul avec l’engin, la machine. Les jeux proposés sont des jeux de la solitude. Ce n’est pas la même chose, de jouer aux échecs avec un ami ou un passionné d’échecs comme vous, et puis avec un ordinateur. Celui-ci ne sera jamais votre prochain. Il n’y aura jamais une socialité avec l’ordinateur : en même temps effet essentiel sur les individus, et conséquences globales pour la société. La multiplication de ces jeux stériles va accaparer le peu de temps laissé disponible par la télévision et les spectacles multiples.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

un des sens principaux du jeu : un lien de socialité. Maintenant vous allez être seul, une fois de plus. Et c’est le vice essentiel de tous ces jeux électroniques (même pour les Wargames), on est seul avec l’engin, la machine. Les jeux proposés sont des jeux de la solitude. Ce n’est pas la même chose, de jouer aux échecs avec un ami ou un passionné d’échecs comme vous, et puis avec un ordinateur.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

un des sens principaux du jeu : un lien de socialité. Maintenant vous allez être seul, une fois de plus. Et c’est le vice essentiel de tous ces jeux électroniques (même pour les Wargames), on est seul avec l’engin, la machine.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

un des sens principaux du jeu : un lien de socialité. Maintenant vous allez être seul, une fois de plus.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Vrai caprice collectif des adultes français, comparables à un enfant de quatre ans qui trépigne à la devanture du marchand de jouets). Aspect culturel : vous allez pouvoir vous choisir vos films, formation cinématographique évidente. Malheureusement le choix se porte massivement sur les films porno et d’« anticipation » ! Ce qui révèle encore la mentalité infantile de tout ce public.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

si l’État organise tous ces miroirs aux alouettes, c’est qu’il gagne de l’argent, d’abord. Je pense toutefois qu’il y a une motivation plus profonde des pouvoirs fût-elle inconsciente. Il s’agit de fixer l’attention du public sur cet objectif : gagner, 10 000, 100 000 francs, comme ça, sur un coup de chance, ou bien grâce à notre évaluation des qualités d’un cheval, ou d’une équipe. Et pendant que l’on se passionne là-dessus, on ne pense à rien d’autre. Et l’on garnit l’espace de tous les jours grâce à la multiplicité de ces jeux. Chaque jour, il y a un pari à faire, chaque jour, des résultats à attendre, à connaître par la télévision. Que voulez-vous qui m’intéresse à côté du fait que je puis être millionnaire ce soir

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

s’agit de fixer l’attention du public sur cet objectif : gagner, 10 000, 100 000 francs, comme ça, sur un coup de chance, ou bien grâce à notre évaluation des qualités d’un cheval, ou d’une équipe. Et pendant que l’on se passionne là-dessus, on ne pense à rien d’autre. Et l’on garnit l’espace de tous les jours grâce à la multiplicité de ces jeux. Chaque jour, il y a un pari à faire, chaque jour, des résultats à attendre, à connaître par la télévision. Que voulez-vous qui m’intéresse à côté du fait que je puis être millionnaire ce soir

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Qu’auraient été Pascal, Mozart, Beethoven, Lautréamont, Baudelaire… sans leurs maladies ? Ce n’est là qu’une allusion.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La maladie n’est surtout pas occasion de réflexion, de changement de sa propre existence. Il faut s’en débarrasser au plus vite. On ne peut tolérer de souffrir et d’éprouver son être par la résistance à la souffrance.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Liberté de marcher sur la lune, liberté de pouvoir choisir entre quinze chaînes de télévision, liberté de gagner sans cesse du temps par l’avion et le train, liberté de pouvoir communiquer à l’autre bout du monde, liberté de faire du 250 kilomètres heure sur route (un motocycliste a été arrêté en août 1986, il faisait effectivement cette vitesse-là sur une route de grande circulation), liberté de ne pas concevoir, ou bien de fabriquer les bébés éprouvettes… Ne voyons-nous pas que nous sommes submergés de liberté ? Mais réciproquement qu’il faut avoir de la liberté une idée vile, sotte et médiocre, pour appeler tous ces « exploits », liberté

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Alors que le divertissement est rigoureusement partout l’anti-liberté, puisque c’est l’anti-conscience et l’anti-réflexion.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés pour se rendre heureux de n’y point penser

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’homme quelque plein de tristesse qu’il soit, si on peut gagner sur lui de le faire entrer en quelque divertissement, le voilà heureux.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Il nous faut prendre divertissement non pas au sens d’amusement, mais au sens pascalien : l’homme est diverti, c’est-à-dire, d’une part détourné de penser à soi-même, à sa condition humaine, et aussi détourné des plus hautes aspirations, du sens de la vie, des objectifs supérieurs. « Ils ont un instinct secret qui les porte à chercher le divertissement » (la guerre, l’algèbre sont pour Pascal des divertissements, on voit que nous sommes loin de l’amusement), « et l’occupation au-dehors qui vient du ressentiment de leurs misères continuelles » (Pensées, édition Brunschwig, n° 139).

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

J’ai tenu à détailler ces diverses formes de publicité parce que celle-là est donc, vraiment, le grand agent, non pas de vente d’un produit, mais d’intégration de l’homme dans l’univers de ce produit.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Avec l’Arbre (ordinateur), je suis 100 % chirurgien, ou bien 100 % assureur, ou bien 100 % banquier. Autrement dit, auparavant, je n’étais qu’un demi-chirurgien ou un demi-banquier. Je le suis maintenant à 100 %. Mais là aussi on ne calcule pas exactement le sens des formules : je suis 100 % banquier. C’est-à-dire que je ne suis rien d’autre. Tout mon être est inclus dans mon métier, grâce à cette technique.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le pire c’est que je crois que c’est exact. Mais en sens inverse.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La publicité est l’un des domaines favoris de la télévision, non seulement pour des raisons d’argent, mais bien plus dans la mesure où la publicité est le seul type d’émission qui permet vraiment l’action, incite le spectateur à l’action, et de ce fait réconcilie le spectateur voyeur avec le spectateur acteur.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

qu’une publicité ne peut pas être une argumentation.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

cette explication ne doit pas être ennuyeuse ! Elle ne doit pas encombrer le cerveau du client ni lasser son attention. Il est certain qu’une publicité trop explicative n’atteint pas.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

il s’agit bien moins de trouver les motivations qui pourraient amener l’homme à acheter tel produit, ou de lui « créer » de nouveaux besoins, ou de le faire « consommateur ». Certes, ici encore, ces objectifs n’ont pas disparu. Mais ce n’est pas tellement par ces voies que la publicité agit : en réalité, si l’on considère la technique comme un système, un milieu, une « nature », il convient pour que l’individu achète ce qu’on lui propose qu’il soit intégré dans le système et fasse partie de l’ensemble ! Il ne doit plus y avoir d’un côté le monde technique, et de l’autre des individus qui peuvent en acheter les produits. L’homme fait déjà partie de ce système technicien en tant qu’acteur et producteur, il faut maintenant qu’il y soit intégré en tant que consommateur.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

introduire dans la marchandise des qualités libidinales non intrinsèques au départ

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

déifier l’engin technique. Puisqu’il est universel et spectaculaire, hors de mes atteintes et de ma maîtrise, qu’il accomplit ce que l’on aurait normalement considéré comme des miracles, qu’il est en grande partie incompréhensible, il est donc Dieu

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’audace de dire que la téléconférence est l’équivalent des clubs, des associations, des bistrots ou des salons… C’est la vision parfaitement inhumaine qui abstrait ce qu’il y a de spécifique dans un club ou un bistrot pour ne garder que le fait qu’on peut « communiquer » ! « Convivialité certes, mais aussi sélection et même exclusion des membres qui contreviennent aux règles du groupe

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La télévision a mutilé notre capacité de solitude, a violé notre dimension la plus intime, la plus privée, la plus secrète. Enchaînés par un rituel envahissant, nous fixons un cadre lumineux qui vomit des milliards de choses qui s’annulent les unes les autres, dans une spirale vertigineuse. La paix ne revient que lorsqu’on éteint. À onze heures, â minuit, pèse sur nos épaules une grande fatigue obligatoire. Nous allons vers notre lit chargés d’une vague mauvaise conscience, et, dans le noir, les yeux fermés, nous tentons de renouer, comme un fil cassé, le silence intérieur qui nous appartenait…

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

« Sans la télé, je n’existe pas.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

C’est ce vide existentiel qui avait été, au cours de l’histoire humaine, le moteur de toute la création culturelle et sociétale.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Brusquement on est en présence de son propre vide intérieur

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Un peu moins de temps à vivre par soi-même, un peu plus à vivre par procuration, tel est le résultat du magnétoscope.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la proclamation du « besoin d’image » est un mensonge, mais qu’il s’agit de plonger l’homme dans un univers factice, ce qui est destiné à lui faire perdre le sens à la fois de la réalité et de la recherche d’une vérité.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Je sais bien que l’on opposera à cela toutes les émissions « culturelles » (sur des livres !) et scientifiques. En réalité ces émissions obéissent aussi à l’essentiel de la télévision : faire vite, ne pas expliquer longtemps, rebondir en coups de théâtre, dramatiser, et l’important reste la mise en scène, et les affrontements.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Kierkegaard avait admirablement analysée sous la « catégorie de l’intéressant ». Mais cette attitude dans la vie qui était acquise par un exercice intellectuel devient maintenant un automatisme produit de l’extérieur, qui exprime le désengagement envers le réel, compensé bien évidemment par l’engagement pour l’irréel, qu’induit évidemment la télévision. Ce n’est pas par hasard que la théorie de l’« engagement dans le politique » est née en même temps que la télévision. Elle en était directement le produit : le politique recevant le statut de réel, cependant que la vie quotidienne et les relations effectives interhumaines étaient méprisées, ridiculisées (le ridicule de la « charité », la « libération » sexuelle, l’évacuation de toute morale… signes de déréalisation). Je sais bien que l’on opposera à cela toutes les émissions « culturelles » (sur des livres !) et scientifiques. En réalité ces émissions obéissent aussi à l’essentiel de la télévision : faire vite, ne pas expliquer longtemps, rebondir en coups de théâtre, dramatiser, et l’important reste la mise en scène, et les affrontements.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’important reste la mise en scène, et les affrontements.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Je vois, et forcément puisqu’il y a l’écran, je reste à distance. Et cela devient une attitude construite : tout ce que je rencontre dans la rue est de la même réalité que ce que j’ai vu sur l’écran. Lorsque je rencontre un mendiant ou un chômeur, je porte le même regard superficiel et désincarné que sur les squelettes vivants du tiers monde que la télévision me montre périodiquement. C’est exactement l’extrême de la déréalisation : confusion du monde vivant avec le monde montré.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Je vois, et forcément puisqu’il y a l’écran, je reste à distance. Et cela devient une attitude construite : tout ce que je rencontre dans la rue est de la même réalité que ce que j’ai vu sur l’écran. Lorsque je rencontre un mendiant ou un chômeur, je porte le même regard superficiel et désincarné que sur les squelettes vivants du tiers monde que la télévision me montre périodiquement.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

là où il n’y a pas de relations humaines, il n’y a non plus aucune participation

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La danse est plus télévisuelle que le yoga. Le voyage du pape, plus que la méditation. La guerre passe mieux que la paix. La violence que la non-violence, les cris d’un leader charismatique plus que la réflexion exprimant des idées, le conflit et la compétition plus que la coopération. L’écologie ne peut pas « passer » à la télévision. C’est-à-dire que ce qui « passe » ce sont des « non-messages », ce qui reste est une brume générale, dont seul émerge l’écran lui-même de l’appareil. Il n’y a aucune information sur le réel.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

The medium is the message, et encore : « Massage-Message. » Ce qui signifie en réalité, tout d’abord qu’il n’y a pas de message à la télévision, qui elle-même « est », un point c’est tout, elle ne transmet rien, ni information, ni pensée, ni création artistique : c’est la télévision en elle-même qui est le message, c’est elle qui s’implante dans la personne en tant que message. Les images qu’elle présente n’ont pas de sens. C’est pourquoi elles doivent être brèves et comporter une apparence qui saisisse le spectateur.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

le sentiment confus de l’impuissance. Que voulez-vous que je fasse en présence des catastrophes présentées sans cesse par les informations ?

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

C’est l’information insignifiante diffusée en masse qui produit l’attitude passive de l’homme

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’homme devient avant tout consommateur parce que ce qui aurait pu produire son initiative est inhibé par l’excès d’information.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Il est d’ailleurs intéressant de constater que lorsque, dans l’analyse de l’information traitée par informatique, on retrouve l’idée d’information connaissance et de l’information « services », mais que les mots ont changé de sens : la « connaissance » se borne à des connaissances comparables à celles d’une encyclopédie reconstruite, prédigérée, qui transmet une certaine représentation du monde, n’ayant plus de référence au réel.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

des informations peuvent, au sens étymologique, « mettre en forme », « in-formare ». Elles dictent une certaine conduite.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

des informations peuvent, au sens étymologique, « mettre en forme », « in-formare

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le téléphone a détruit l’habitude de rendre visite, de prendre un vrai contact humain, il a ruiné l’art épistolaire, il a supprimé le souvenir, les amoureux se téléphonent et ne s’écrivent plus…

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La télématique accélérera ce processus d’éloignement des individus (par le fait même de la rapidité de la communication). Elle va redessiner des villes en fonction de ses réseaux uniformes, rendant plus rare encore la rencontre physique : on se verra mais par machine interposée

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La liberté provoque la concentration.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Plus les chronomètres sont exacts et moins on connaît la valeur du temps.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

pourquoi gagner du temps si ce temps libéré est vide, et sans signification.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

tout le monde s’oppose sur tous les plans pour faire en définitive la même chose.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la chasse (la vraie, respectueuse du gibier et non pas les massacres organisés actuels…)

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la désinformation par excès d’information, mais il faut tenir compte, dans cette inondation, de l’aplatissement de toutes les informations ! C’est-à-dire qu’il est matériellement impossible de discerner dans le flot ce qui est une information importante et ce qui est fait divers sans lendemain. Il est impossible de discerner le fait porteur d’avenir et rendant à peu près sûre telle évolution, et le fait spectaculaire qui n’a en réalité aucune importance (par exemple le fait que l’homme a marché sur la lune).

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

le progrès des médias produisant un réseau d’information extraordinaire qui a provoqué le progrès de la désinformation et de l’ignorance

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’incertitude d’être livré, pieds et poings liés, à une sorte de destin qui nous dépasse et qui peut se déchaîner n’importe quand.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La providence, faite de l’État et de la science, veille sur nous. Mais cette providence est-elle aussi sûre que celle que l’on attribuait à Dieu ?

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

plus l’équipement industriel est produit par des techniques à caractère scientifique, plus le système économique devient rigide et difficile à rectifier s’il y a mauvaise orientation. En particulier les mécanismes du marché sont freinés par les inerties techniciennes.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Chacun s’accommode de son statut économique et social parce qu’il existe un espoir d’amélioration.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Malheureusement, ce sont des lieux de pacage

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

En face de la technique et de notre impuissance à la regarder en face, je dirais, avec Tite-Live, « Nous ne pouvons plus supporter ni nos vices ni leurs remèdes » et, avec Tacite, « la faiblesse de la nature humaine fait que les remèdes viennent toujours plus tard que les maux ».

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

nous refusons de voir ce qu’est réellement le progrès technique. Nous refusons de voir ses conséquences réelles et la remise en question de tout ce que nous sommes. Nous refusons de payer le prix exigé par la technique, et lorsqu’on le montre, on parle de pessimisme.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Nous refusons de payer le prix exigé par la technique, et lorsqu’on le montre, on parle de pessimisme.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la pensée technocratique ne conçoit ce qui est vivant, anthropologique et social, que selon la logique simplifiante des machines artificielles. La compétence technocratique est celle de l’expert dont l’aveuglement général enveloppe la lucidité spécialisée. L’action technocrate ne peut être, socialement et politiquement, que mutilée et mutilante.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Je sais très bien par exemple que, en ce qui concerne les pesticides, il y a déjà des recherches très avancées pour les remplacer par des virus spécifiques ou par des parasites de l’espèce que l’on veut éliminer. Ceci serait, a priori, sans effets nocifs pour les autres êtres vivants. Mais le fait d’enrayer ces désastres nous révèle d’abord que chaque fois le problème posé est plus difficile, que, de plus, la parade ou la compensation devient de plus en plus coûteuse.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Tout, tout de suite » est un caractère important de mentalité technicienne. Mais ceci implique que l’on ne regarde et considère en effet que ce qui a lieu tout de suite. Les effets à longue échéance, qu’importe. « Mangeons et buvons, et demain… mourons.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

pour les pesticides, on ne peut pas en arrêter l’emploi, parce que, paraît-il, les insectes attaqués sont par compensation dotés d’une fécondité et d’une résistance croissantes, si bien que si on cessait de les détruire, on en aurait une prolifération gigantesque. Si le fait est exact, il serait typique de l’orientation dans laquelle nous sommes obligés d’avancer.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

pas question de porter des jugements éthiques, mais je serais très près de m’associer au critère posé par Mme Ferhat Delassert (Analyse et Prévision, 1970) : « Les solutions technologiques nous dispensent des bienfaits ou des méfaits selon qu’elles sauvegardent ou perturbent les équilibres écologiques fondamentaux. » Ceci est en effet un bon principe d’appréciation.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La formule « le pire n’est pas toujours sûr » est le meilleur oreiller de paresse.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

dans toute opération technique, il faudrait être aussi clairvoyant que ce chirurgien et reconnaître les effets non recherchés mais prévisibles

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Nous détériorons notre environnement non seulement comme individus, lorsque nous nous conduisons comme des brutes ignorantes, mais aussi en tant qu’agents au service d’une fonction sociale utile quand nous conduisons les opérations d’une manière qui est rationnelle relativement à notre objectif, mais irréfléchie (et dommageable) du point de vue de l’ensemble.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’idée que la technique est au service des besoins des individus pour accroître leur bien-être est illusoire : il s’est effectué un décrochage entre la croissance économique et le mieux-être.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Hommes et femmes épuisés, nerveusement surtendus, aptes à faire un travail à mi-temps (on sait que la question du travail à mi-temps est largement posée, pas seulement pour les femmes mariées), mais incapables de l’attention soutenue, de la précision de gestes, pendant une trop longue durée. Déséquilibrés légers, capables de faire des travaux simples et lents, (qui n’existent plus dans notre monde)

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

C’est une des faiblesses les plus grandes de ceux qui estiment que l’on peut séparer les effets bons et mauvais de la technique ; on suppose toujours une collectivité d’hommes sages, raisonnables, maîtrisant leurs désirs et leurs instincts, sérieux et moraux. Jusqu’ici l’expérience a plutôt montré que la croissance des pouvoirs techniques n’a pas conduit l’homme à plus de vertu. Dire à ce moment « Il suffit de faire un bon usage… » c’est ne rien dire du tout.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Les techniques d’exploitation des richesses sont bonnes pour l’homme ? Sans doute. Mais lorsqu’elles conduisent à l’épuisement de ces richesses, à une exploitation sans frein de ces richesses ? Les techniques de production sont bonnes, sans doute. Mais production de quoi ?

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Les techniques d’exploitation des richesses sont bonnes pour l’homme ? Sans doute. Mais lorsqu’elles conduisent à l’épuisement de ces richesses, à une exploitation sans frein de ces richesses ? Les techniques de production sont bonnes, sans doute. Mais production de quoi ? Comme

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Les techniques d’exploitation des richesses sont bonnes pour l’homme ? Sans doute. Mais lorsqu’elles conduisent à l’épuisement de ces richesses, à une exploitation sans frein de ces richesses

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

choc spirituel produit sur des populations que de fortes convictions religieuses, toujours vivantes, poussent à la procréation et font de l’enfant un don de Dieu (judaïsme, catholicisme, islam) ou la condition de la transmigration des âmes (hindouisme).

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

désastres psychologiques et sociologiques que pourrait engendrer un brusque stoppage de la croissance démographique.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

on arrivera à nourrir matériellement les gens au prix de leur destruction interne, psychique, et sociale…

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la destruction du paysage humain,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

mais avant tout le résultat de la mécanisation et de la division du travail.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la transformation des ouvriers en prolétariat est non seulement le fait de capitalistes qui veulent absolument augmenter leur profit

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

en face d’un danger, d’une difficulté précis, limités, on trouve forcément la réponse technique adéquate. Ceci provient de ce que c’est le mouvement même de la technique, mais répond aussi à notre conviction profonde, générale dans les pays développés, que tout peut être ramené à des problèmes techniques.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le progrès technique soulève des problèmes plus difficiles que ceux qu’il résout.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

prix à payer : un régime absolu, avec les « bavures » que cela présente, c’est-à-dire l’État policier, les emprisonnements, les tortures… c’était le même dilemme qui se posait à Staline. Toute croissance technique rapide se paie de cette façon.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Sans cesse on est obligé de compenser de nouvelles déficiences par des procédés artificiels qui créent à leur tour de nouvelles déficiences.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Quant à la rupture des rythmes saisonniers, elle est bien connue : tout organisme vivant trouve sa pleine force et sa puissance au printemps et en été. À l’automne et en hiver, sans aller jusqu’à l’hibernation, tout organisme perd ses forces vitales, se réduit, devient moins résistant et plus fragile (on suivait exactement le rythme naturel à la campagne : l’hiver peu de travail) : or, notre organisation (dictée par la technique qui permet et maintenant exige les vacances) inverse ce rythme : on place les vacances et le repos pendant la « belle saison », et on accumule le maximum de travail pendant l’hiver. Ce qui entraîne la perturbation des rythmes de vie. Des fonctions comme celle de l’attention, ne s’exercent plus comme jadis

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

multiplicité des contacts humains superficiels,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

le problème essentiel du travailleur moderne est l’insomnie.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’usure nerveuse compense le repos musculaire

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’économie totale d’effort physique est-elle un bien ? Ce qui semblerait prouver le contraire c’est l’obligation où l’on se trouve de remplacer cette absence de dépense musculaire par la même dépense dans le sport… Ce n’est pas grave. Ce qui l’est, c’est que cette économie d’effort musculaire se paie de tout un ensemble d’inconvénients, physiologiques, psychologiques et même sociologiques.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le progrès technique ne sait pas où il va. Et c’est pourquoi il est imprévisible, et provoque dans la société une imprévisibilité générale.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la technique porte ses effets en elle-même, indépendamment des usages

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

y aura-t-il encore une politique autre que la politique spectacle

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

allons-nous nous adapter physiquement, socialement, intellectuellement, à l’informatique

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’informatique par exemple. Elle est un défi parce qu’elle remet en cause, non seulement notre rythme de gestion, mais aussi notre façon de penser, elle bouleverse nos cheminements aussi bien bureaucratiques que cérébraux. Elle met à notre disposition des milliers d’informations sur chaque point qui nous débordent et nous accoutument à compter par millions et milliards comme si c’étaient des unités ! Elle change la dimension et la rapidité de notre vie. Elle tisse, que nous le voulions ou non, des réseaux dans la société qui n’ont plus rien à faire avec les anciens réseaux et surtout les structures traditionnelles.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

change la dimension et la rapidité de notre vie. Elle tisse, que nous le voulions ou non, des réseaux dans la société qui n’ont plus rien à faire avec les anciens réseaux et surtout les structures traditionnelles.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

change la dimension et la rapidité de notre vie.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’ordinateur est un des grands responsables du chômage

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

dans la société féodale, le caractère mouvant, instable des centres politiques, le caractère peu intellectuel de la vie politique sont également défavorables à l’usage de la propagande. Celle-ci reparaîtra sur le plan politique lorsqu’un pouvoir royal assez vigoureux se manifestera

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

est peut être un des premiers à lancer le thème de la Pax Romana en soutenant que l’idéal de Tibère est la paix intérieure et extérieure.

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

genius principis

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

On développe au moment du principat un système probablement inventé par César, celui des Acta Diurna.

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

Le contenu du mythe est celui de l’origine divine de Rome de son caractère invincible (à l’égard des vaincus, Rome offre justement ce mythe justificateur : s’ils ont été vaincus, ce n’est pas qu’ils aient démérité, c’est que Rome était invincible),

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

le parti. Celui-ci a commencé par être une bande aux ordres d’un chef, pour des tâches diverses, y compris l’assassinat politique

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

provoquer l’émulation, la fidélité, le dévouement, l’orgueil d’être dans un système si grandiose. Autrement dit, c’est bien de l’ordre de la propagande puisque le lien recherché est d’abord psychologique, mais obtenu par des moyens institutionnels.

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

un système d’émulation

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

la colonie n’est pas en effet seulement un moyen de surveillance militaire, de peuplement, ou de solution de la crise sociale à Rome il s’agit par cette création d’une sorte de cité romaine au milieu d’un peuple étranger de montrer clairement aux peuples intégrés, la supériorité de l’organisation, de l’administration romaine de façon à tenter les peuples pour qu’ils demandent l’obtention des mêmes avantages.

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

you can understand someone of your sex only

Truisms (Jenny Holzer)

we must make sacrifices to maintain our quality of life

Truisms (Jenny Holzer)

the most profound things are inexpressible

Truisms (Jenny Holzer)

solitude is enriching

Truisms (Jenny Holzer)

selflessness is the highest achievement

Truisms (Jenny Holzer)

romantic love was invented to manipulate women

Truisms (Jenny Holzer)

revolution begins with changes in the individual

Truisms (Jenny Holzer)

push yourself to the limit as often as possible

Truisms (Jenny Holzer)

people are boring unless they are extremists

Truisms (Jenny Holzer)

often you should act like you are sexless

Truisms (Jenny Holzer)

monomania is a prerequisite of success

Truisms (Jenny Holzer)

men are not monogamous by nature

Truisms (Jenny Holzer)

knowing yourself lets you understand others

Truisms (Jenny Holzer)

just believing something can make it happen

Truisms (Jenny Holzer)

it's good to give extra money to charity

Truisms (Jenny Holzer)

it's better to be a good person than a famous person

Truisms (Jenny Holzer)

it is man's fate to outsmart himself

Truisms (Jenny Holzer)

if you live simply there is nothing to worry about

Truisms (Jenny Holzer)

you live simply there is nothing to worry about

Truisms (Jenny Holzer)

ideals are replaced by conventional goals at a certain age

Truisms (Jenny Holzer)

fear is the greatest incapacitator

Truisms (Jenny Holzer)

extreme self-consciousness leads to perversion

Truisms (Jenny Holzer)

eating too much is criminal

Truisms (Jenny Holzer)

deviants are sacrificed to increase group solidarity

Truisms (Jenny Holzer)

When engrossed in work, reading a book, or playing with children, we may as well be stealing by the attention merchants’ lights.

The Attention Merchants (Tim Wu)

the attention industry, like any other, demands constant growth,

The Attention Merchants (Tim Wu)

The idealists had hoped the web would be different, and it certainly was for a time, but over the long term it would become something of a 99-cent store, if not an outright cesspool.

The Attention Merchants (Tim Wu)

of a 99-cent store, if not an outright cesspool.

The Attention Merchants (Tim Wu)

If I get two likes, I feel like, what’s wrong with me?”

The Attention Merchants (Tim Wu)

The desire of men and women to dress up and parade may be as deeply rooted as the peacock’s impulse to strut.

The Attention Merchants (Tim Wu)

the self as its own object of worship.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Calling it a business model as opposed to mere narcissism at least provides an excuse, insofar as many careers excuse what would otherwise be considered unhealthy or insane behavior.

The Attention Merchants (Tim Wu)

James Franco, a C-list actor under the old metrics, and himself a self-confessed “Instagram addict,” would speak to its broad acceptance: “It’s what the movie studios want for their products, it’s what professional writers want for their work, it’s what newspapers want—hell, it’s what everyone wants: attention. Attention is power.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Where the human gaze goes, business soon follows,

The Attention Merchants (Tim Wu)

By 2015, the fourth screen would be in the hands of virtually everyone, seizing nearly three of the average American’s waking hours.

The Attention Merchants (Tim Wu)

THE FOURTH SCREEN AND THE MIRROR OF NARCISSUS

The Attention Merchants (Tim Wu)

And so just as American democracy promised that any child could grow up to become president, and American capitalism promised that through hard work anyone could become rich, the attention economy threw up its own mirage for the discontented masses: fame for everyone.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Facebook had supposedly replaced cyberspace with something more “real,” but what it created in fact was just another realm of unreality, one that, on account of looking real, was more misleading. Here was a place where friends always congratulated and celebrated; where couples did little but eat at nice restaurants, go on vacation, or announce engagements or newborns; and where children never cried or needed diaper changes or hit each other. On Facebook, all happy families were alike; the others may have each been unhappy in their own way, but they were not on Facebook. Of course, all human communication is slightly inauthentic, but in person or even on the telephone there are limits to our dissimulations. The sugared-cookie-cutter self-styling enabled by Facebook made America seem a Lake Wobegon online. In retrospect, the 1950s looked dark and angst-ridden by comparison.

The Attention Merchants (Tim Wu)

it invested heavily in developing metrics to convince advertisers that its advertisements were valuable even though people weren’t clicking on them.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Chris Dixon wrote in 2012, “Facebook makes about 1⁄10th of Google’s revenues even though they have twice the pageviews. Some estimates put Google’s search revenues per pageviews at 100–200x Facebook’s.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

real names and real personal information,

The Attention Merchants (Tim Wu)

One academic study found that trolling “correlated positively with sadism, psychopathy, and Machiavellianism….[of] all personality measures, sadism showed the most robust associations with trolling and, importantly, the relationship was specific to trolling behavior.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

In business, invention is often said to be overrated as compared with execution. Perhaps the best proof of this idea yet to be offered by the twenty-first century is the success of Facebook, a business with an exceedingly low ratio of invention to success

The Attention Merchants (Tim Wu)

He did a dual concentration in psychology and computer science, later claiming, “I was always interested in how those two things combined.” When people asked if psychology had been a waste of time, Zuckerberg would answer, “Understanding people is not a waste of time.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Wikipedia reached its peak of 51,000 active editors in 2007, and from that point onward began to shed contributors; by 2013 it would lose more than 20,000,

The Attention Merchants (Tim Wu)

Wikipedia reached its peak of 51,000 active editors in 2007, and from that point onward began to shed contributors;

The Attention Merchants (Tim Wu)

Like the New York Sun in the 1830s or People magazine in the 1970s, HuffPo forced the competition to become more like it. Relatively sober sites like Slate and Salon grew more gossipy, superficial, and click-driven;

The Attention Merchants (Tim Wu)

“parasites living off journalism produced by others.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

When properly calibrated, such content seemed to take control of the mind, causing the hand almost involuntarily to click on whatever was there.

The Attention Merchants (Tim Wu)

the goose that lays the golden egg gets old and dies.

The Attention Merchants (Tim Wu)

a remote desert island, staged an ongoing physical competition under constant surveillance. The sixteen contestants were divided into two “tribes,” who would live on the island for about a month; at the end of each episode, one player would be voted off the island by the others.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Each of the cast members was paid a mere $1,400 for living several months of their lives on camera and creating enough raw footage for thirteen episodes.13 While it was never expressed this way, it became clear, over time, that the “talent” was actually being paid in attention, as opposed to cash;

The Attention Merchants (Tim Wu)

MTV got nearly all of its content for free,

The Attention Merchants (Tim Wu)

“The energy you put into the world—both good and bad—is exactly what comes back to you. This means you create the circumstances of your life with the choices you make every day.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

But in one major respect Winfrey’s teaching tended to differ considerably from both Christianity and other traditional religions, which steadfastly warn of the spiritual dangers of materialism.* The show’s prescriptions for personal growth always included consumption as a means of self-actualization and self-reward. “For her, transformation is about self-esteem and about buying stuff,” says Susan Mackey-Kallis.13 Viewers were encouraged to treat themselves well with their purchases (“show yourself love”).

The Attention Merchants (Tim Wu)

Winfrey also offered something unique in daytime television: food for the hungers traditionally fed by organized religion and spirituality. Her shows were a daily dose of redemptive confession or suffering, a vision of justice, and the promise of salvation in this life.

The Attention Merchants (Tim Wu)

But this only lends to their illusion of accessibility, and at least for commercial purposes makes them more compelling to follow.

The Attention Merchants (Tim Wu)

rejoinder to the decline of religion and magic,” for in the “absence of saints or a God to look up to, for many people in western societies the void is being filled by celebrity culture.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Karen Armstrong describes it as an “essential craving” of all humanity to be connected with the “extraordinary”: “It touches us within, lifts us momentarily beyond ourselves, so that we seem to inhabit our humanity more fully than usual and feel in touch with the deeper currents of life.” Such transcendence of the mundane condition has since ancient times been identified with heroes, demigods, and saints, humans who occupy a somewhat exalted position yet also remain accessible, allowing us some taste of another realm. At one time, this was also true of royalty (and in a few places it still is).

The Attention Merchants (Tim Wu)

You don’t have to be a fan to identify Matt Damon, Angelina Jolie, or Leonardo DiCaprio as famous actors, known to you the same way you might know the names of major cities you’ve never visited. And that would be to describe an ordinary participant in our attention economy. There are many who take a more active interest, who know by name and sight many thousands of strangers, and hold in their minds veritable memory palaces of personal facts and relationship histories, enough synaptic investment to put a medieval Jesuit to shame.

The Attention Merchants (Tim Wu)

for years, Time would faithfully detail what the president had done that week, no matter how trivial or insignificant. The relentless focus on personalities was a different way to do news, but Luce played down his innovation: “TIME didn’t start this emphasis on stories about people,” he insisted. “The Bible did.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

The impulse to idolize has not faded in our secular age, only gone seeking after strange gods.

The Attention Merchants (Tim Wu)

as AOL finally turned to the reselling of attention, it brought the commercial model of the attention merchant to one of the last spaces thought sacred—our personal relationships.

The Attention Merchants (Tim Wu)

AOL had, over the 1990s, decisively proven that the surest allure of the new computer networks was social—the prospect of interacting with other people.

The Attention Merchants (Tim Wu)

using people to gain the attention of other people

The Attention Merchants (Tim Wu)

By the mid- to late 1990s, “50% of the CD’s produced worldwide had an AOL logo on them,”

The Attention Merchants (Tim Wu)

It may be hard for some to imagine a moment when receiving email was considered a big deal. At the time, however, it seemed exciting enough for Nora Ephron to base a Warner Bros. romantic comedy on the story of two strangers (played by Tom Hanks and Meg Ryan) meeting through AOL email.

The Attention Merchants (Tim Wu)

“You’ve got mail.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Like virtual sex, of course. There’s a popular folk theory, apparently of Freudian inspiration, that the driver of any technological advance is either sex or warfare.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Like virtual sex, of course. There’s a popular folk theory, apparently of Freudian inspiration, that the driver of any technological advance is either sex or warfare. However exaggerated, like a broken clock, this theory is occasionally right. It was in the case of AOL, where users flocked for, if not sex exactly, then potential titillation, and who knows what might follow—much the same proffer that draws college students to frat parties.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Just as television had initially presented itself as bringing family together, AOL would allow those living in modernity’s increasing isolation to reach out.

The Attention Merchants (Tim Wu)

“queasy spivs, living out a teen-dream movie with faggot overtones.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

As in any real game—be it tennis, pinball, or blackjack—the fast-flowing stimuli constantly engage the visual cortex, which reacts automatically to movement. No intentional focus is required, which explains why children and adults with Attention Deficit Disorder find the action of video games as engrossing as anyone else.

The Attention Merchants (Tim Wu)

As in any real game—be it tennis, pinball, or blackjack—the fast-flowing stimuli constantly engage the visual cortex, which reacts automatically to movement. No intentional focus is required, which explains why children and adults with Attention Deficit Disorder find the action of video games as engrossing as anyone else. Unlike

The Attention Merchants (Tim Wu)

As in any real game—be it tennis, pinball, or blackjack—the fast-flowing stimuli constantly engage the visual cortex, which reacts automatically to movement

The Attention Merchants (Tim Wu)

federal policy. Thuerk got a call from a testy

The Attention Merchants (Tim Wu)

behavior consistently rewarded is in fact more prone to “extinction” than behavior inconsistently rewarded.

The Attention Merchants (Tim Wu)

All this leads to a highly counterintuitive point: technologies designed to increase our control over our attention will sometimes have the very opposite effect. They open us up to a stream of instinctive selections, and tiny rewards, the sum of which may be no reward at all.

The Attention Merchants (Tim Wu)

The channel surfer is then in a mental state not unlike that of a newborn or a reptile. Having thus surrendered, the mind is simply jumping about and following whatever grabs it.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Of course, people have always wanted accurate information about products, but that’s not advertising. The goal was something both persuasive but also entertaining, something that, somehow, would keep the channel surfer’s finger still. Or as New York explained, the 1980s called for “zap-proof” advertisements, which were, in Madison Avenue’s thinking: “animation, sixties-type-musical takeoffs, soft-sell patriotism, [and] MTV-style rock videos.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

nor did Get a Life, about a thirty-year-old paperboy

The Attention Merchants (Tim Wu)

Technology always embodies ideology, and the ideology in question was one of difference, recognition, and individuality.

The Attention Merchants (Tim Wu)

The Hyannis Affair, which was described as “a sort of topless Dynasty” following “the idle rich, with time on their hands and sex on their minds.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

ESPN, the Entertainment and Sports Programming Network for sports junkies who have to have a fix every time they touch the dial.’

The Attention Merchants (Tim Wu)

Who could turn the world on with its guile?

The Attention Merchants (Tim Wu)

counterculture’s call for the revitalization of spirituality and social consciousness inspired very few to make a permanent break even from television,

The Attention Merchants (Tim Wu)

anti-commercialism could yield great commercial success;

The Attention Merchants (Tim Wu)

“free election of masters does not abolish the masters or the slaves”

The Attention Merchants (Tim Wu)

The most confident among the advertisers knew that the 1960s would not extinguish consumerism, for a simple reason: desire’s most natural endpoint is consumption, and advertisers, after honing their art for half a century, knew how to convert all manner of desire into demand for products. And young people’s desires were no exception. In fact, as one advertising executive, John Adams, put it in 1971, “They [the hippies] are in the peak acquisitive years, and their relative affluence enables them to consume goods and services at a rate unheard of for their age level.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

“We made a decision,” he later recalled, “to stop talking about the product, and start talking about the user.”10 He thus conceived of marketing Pepsi without reference to its inherent qualities, focusing instead on an image of the people who bought it, or who should be buying it. They were the people of the moment: the young, the rebellious, those who (to borrow a later slogan) “think different.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

selling Pepsi as a cheaper alternative was not, in the long run, a winning strategy.

The Attention Merchants (Tim Wu)

selling Pepsi as a cheaper alternative was not, in the long

The Attention Merchants (Tim Wu)

drawing on the deep American self-regard and desire to belong—and somehow making it feel that to drink something else might be vaguely treasonous.

The Attention Merchants (Tim Wu)

ultimate form of freedom—‘to live without anxiety.’

The Attention Merchants (Tim Wu)

“Turn On, Tune In, Drop Out.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

On, Tune In, Drop Out.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

For as Ellul wrote of propaganda, those most susceptible to it are often those most confident in their skills of detecting it and therefore think themselves immune to its effects.

The Attention Merchants (Tim Wu)

no one ever bought a TV merely to keep up with the latest shampoos or tobacco products, much less to be persuaded to buy them.

The Attention Merchants (Tim Wu)

anything too downbeat, dark, or challenging was being systematically suppressed, for fear of contradicting the upbeat and optimistic commercial messages of television’s sponsors.

The Attention Merchants (Tim Wu)

“Tell me how a man drives, and I will tell you what kind of man he is.” The Plymouth was available as both a convertible and a sedan. After interviewing car buyers, he theorized that men regarded a convertible as a symbolic mistress, offering adventure, excitement, and romance, even if they were more likely to buy a sedan, which “reminded them of the comfort and familiarity of their wives.” He therefore recommended both more advertising for convertibles and prominent showroom placement. This, he advised, would fire the male imagination, drawing in the male car buyer, so that he might yet marry the sedan.

The Attention Merchants (Tim Wu)

“the wedding cake [is]…the symbol of the feminine organ”;

The Attention Merchants (Tim Wu)

“The customer is not a moron, she’s your wife,”

The Attention Merchants (Tim Wu)

“We ate our suppers in silence, spilling food, gaping in awe,” said one woman in 1950. “We thought nothing of sitting in the darkness for hours at a stretch without exchanging a word except ‘who’s going to answer that confounded telephone?’

The Attention Merchants (Tim Wu)

five hours a day by the end of the decade—

The Attention Merchants (Tim Wu)

motion picture theaters, had a seemingly magical power to capture attention.

The Attention Merchants (Tim Wu)

“as soon as by one’s own propaganda even a glimpse of right on the other side is admitted, the cause for doubting one’s own right is laid.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Over the next few years, Hitler would give hundreds of similar speeches, perfecting his performance method. Over time, he developed a winning and invariant structure

The Attention Merchants (Tim Wu)

“The psyche of the great masses is not receptive to anything that is half-hearted and weak. Like the woman, whose psychic state is determined less by grounds of abstract reason than by an indefinable emotional longing for a force which will complement her nature, and who, consequently, would rather bow to a strong man than dominate a weakling, likewise the masses love a commander more than a petitioner and feel inwardly more satisfied by a doctrine, tolerating no other beside itself.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

“the task of propaganda lies not in a scientific training of the individual, but rather in directing the masses towards certain facts, events, necessities, etc., the purpose being to move their importance into the masses’ field of vision.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

The strong leader, by “understanding the great masses’ world of ideas and feelings, finds, by a correct psychological form, the way to the attention, and further to the heart, of the great masses.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Propaganda must “be popular and has to adapt its spiritual level to the perception of the least intelligent….Therefore its spiritual level has to be screwed the lower, the greater the mass of people which one wants to attract.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

“To whom has propaganda to appeal? To the scientific intelligentsia, or to the less educated masses? It has to appeal forever and only to the masses!”

The Attention Merchants (Tim Wu)

jumping into the complex merits of an issue before having engaged the listener.

The Attention Merchants (Tim Wu)

With their reductive messages and vivid imagery, the British and Americans handily avoided that blunder.

The Attention Merchants (Tim Wu)

He faulted the German Empire, with its “mania for objectivity,” for failing to capture the necessary attention.

The Attention Merchants (Tim Wu)

the Volksempfänger, or “people’s receiver,” a low-priced product designed for the masses.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Knowing how to keep the pot simmering without boiling over in public protest, Paley proactively set limits on CBS’s advertising; among them, he cut its share of airtime to 10 percent and banned commercials considered offensive. At the risk of giving him too much credit, one could say that such policies not only kept critics at bay but also showed a shrewd awareness of the attention merchant’s eternal dilemma: too little advertising and the business can’t grow; too much and the listener grows resentful and tunes out.

The Attention Merchants (Tim Wu)

The race between the penny papers in the 1830s may have given the impression that, among attention merchants, the race always goes to the most lurid and shocking. That does tend to be true over the short term, but over longer spans of time, the matter is more complex. The most successful know how to bear downwind, to get moving, but also the delicate art of bearing back upwind to sustain the audience; a continual diet of the purely sensational wears audiences out, makes them seek some repose. The New York Times and The Wall Street Journal, for example, both beat out their rivals in the late nineteenth century not by being more sensational, but less, while steering shy of being tedious most of the time. Similarly, the Tiffany strategy was aimed for the network to sustain itself by entering the ranks of respectability.

The Attention Merchants (Tim Wu)

CBS produced a series of pamphlets emphasizing the power of broadcasting to reach into the minds of its listeners. One entitled You Do What You’re Told argued that since people tended to obey human voices, radio advertising would be more compelling than existing print forms. Radio, according to the pamphlet, “presents the living voice of authority,” giving it the “supple power to move people and mold them, to enlist them and command them.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

William S. Paley, president and chairman of the Columbia Broadcasting System, was of a type lost to our times, when vice has ceased to pay virtue its natural tribute, hypocrisy. He was simultaneously well mannered and insatiably hedonistic, cultivating the finest things and the fanciest of friends while maintaining a quiet, understated demeanor.

The Attention Merchants (Tim Wu)

To allay the disaffection of the young we must provide a sense of purpose and reduce feelings of alienation or hopelessness. Realizing that we have no effective means of doing any of this, we ourselves may experience a crisis of belief or a loss of confidence, which can be corrected only by returning to a faith in mans inner capacities.

Beyond Freedom and Dignity (B. F. Skinner)

we must remember that wars begin in the minds of men, that there is something suicidal in man—a death instinct perhaps—which leads to war, and that man is aggressive by nature.

Beyond Freedom and Dignity (B. F. Skinner)

Aristotle argued that a falling body accelerated because it grew more jubilant as it found itself nearer home,

Beyond Freedom and Dignity (B. F. Skinner)

Overcrowding can be corrected only by inducing people not to crowd,

Beyond Freedom and Dignity (B. F. Skinner)

Think for a minute about activities that entrance their practitioners, like gambling, shopping, or fishing. They all, in fact, have variable and unknowable reward schedules. A slot machine that rewarded every pull or even every third would offer no thrill; and no one hunts cows for sport.

The Attention Merchants (Tim Wu)

“My experience is what I agree to attend to.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

“sincerity, honesty, genuineness—true values.

The Attention Merchants (Tim Wu)

the epic battle for the attention of America’s white Protestant majority would be waged and won thanks to the chance discovery of its fascination with the perceived hilariousness of blacks and Jews.

The Attention Merchants (Tim Wu)

epic battle for the attention of America’s white Protestant majority would be waged and won thanks to the chance discovery of its fascination with the perceived hilariousness of blacks and Jews.

The Attention Merchants (Tim Wu)

the days when the network existed to sell the hardware!

The Attention Merchants (Tim Wu)

As we have told you repeatedly, Pepsodent Tooth Paste today contains a new and different cleansing and polishing material. We want to emphasize the fact that this cleansing and polishing material used in Pepsodent Tooth Paste is contained in no other tooth paste. That is very important. It is important to us, because Pepsodent laboratories spent eleven years in developing this remarkable material. It is important to the public, because no other cleansing and polishing material removes film from teeth as effectively as does this new discovery. What’s more, this new material is twice as soft as that commonly used in tooth pastes. Therefore it gives great safety, greater protection to lovely teeth. Use Pepsodent Tooth Paste twice a day—See your dentist at least twice a year.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Radio, he rightly concluded, could not only capture attention, it could do so inside the customer’s home. It could cause a whole family to ignore one another

The Attention Merchants (Tim Wu)

inside the customer’s home. It could cause a whole family to ignore one another

The Attention Merchants (Tim Wu)

Colgate, “the ribbon dental cream,” which promised a “safe” dentifrice with a “delicious flavor.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

By means of new technologies, advertising and its master, commerce, would enter what had been for millennia our attention’s main sanctuary—the home.

The Attention Merchants (Tim Wu)

what turned out to be human attention’s mother lode.

The Attention Merchants (Tim Wu)

branded cigarettes—Camels, Lucky Strike, and so on—

The Attention Merchants (Tim Wu)

True brand advertising is therefore an effort not so much to persuade as to convert. At its most successful, it creates a product cult, whose loyalists cannot be influenced by mere information: companies like Apple, Hermès, and Porsche are among those that have achieved this kind of immunity to competition, at least among their true believers.

The Attention Merchants (Tim Wu)

the creation of strong brand loyalties, having little to do with intrinsic value, was a calculated effort to foster irrational attachments by which a brand might survive competition from other brands that were as good or better.

The Attention Merchants (Tim Wu)

“The achievements of American mass production would fall of their own weight,” Stanley Resor observed, “without the mass marketing machinery which advertising supplies.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Information cannot be acted upon without attention and thus attention capture and information are essential to a functioning market economy, or indeed any competitive process, like an election (unknown candidates do not win). So as a technology for gaining access to the human mind, advertising can therefore serve a vital function, making markets, elections, and everything that depends on informed choice operate better, by telling us what we need to know about our choices, ideally in an objective fashion.

The Attention Merchants (Tim Wu)

if a price falls in the market and no one hears it, it doesn’t make a sound.

The Attention Merchants (Tim Wu)

“Nadir of Nothingness” in which people worshipped consumer goods as “brightly packaged gifts of the gods.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

“as old as the world…‘Let there be light’ constitutes its charter. All Nature vibrates with its impulse. The brilliant plumage of the bird is color advertising addressed to the emotions.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

The brilliant plumage of the bird is color advertising addressed to the emotions.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

“the meek shall inherit the earth.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

The agencies were educating the masses, doing a sort of missionary work on behalf of the great new companies fulfilling the broadest needs and deepest desires of the nation. President Coolidge captured the new image in a 1926 speech: “Advertising ministers to the spiritual side of trade. It is a great power that has been entrusted to your keeping which charges you with the high responsibility of inspiring and ennobling the commercial world. It is all part of the greater work of regeneration and redemption of mankind.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

advertising’s most tried and true premise, borrowed from patent medicine: cigarettes needed to be a cure for something—if not sore throats, then what?

The Attention Merchants (Tim Wu)

advertising’s most tried and true premise, borrowed from patent medicine: cigarettes needed to be a cure for something—if

The Attention Merchants (Tim Wu)

advertising’s most tried and true premise, borrowed

The Attention Merchants (Tim Wu)

create demand at an even more fundamental level, by changing customs and norms.

The Attention Merchants (Tim Wu)

demand engineering, branding, or targeting,

The Attention Merchants (Tim Wu)

“The desire to emulate is stronger in women than in men,”

The Attention Merchants (Tim Wu)

And so, over the 1920s, they took a rarely used practice—the paid endorsement—and turned it into a mainstay for women’s products,

The Attention Merchants (Tim Wu)

And so, over the 1920s, they took a rarely used practice—the paid endorsement—and turned it into a mainstay for women’s products, from which it later spread to all products.

The Attention Merchants (Tim Wu)

women were in particular likely to notice and imitate the behavior of the rich, high-born, and famous.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Going far beyond the question of usefulness or even quality as a matter of brand development, advertisers began to imbue products with traits and associations that consumers could identify with.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Going far beyond the question of usefulness or even quality as a matter of brand development,

The Attention Merchants (Tim Wu)

other such promises of fantasies fulfilled began to be made by Woodbury and other purveyors of various crèmes and unguents, for instance, that using them would vault one into the glamorous purlieus of high society.

The Attention Merchants (Tim Wu)

It sells the reader on herself, a new self, better than the old. Here was an innovatively oblique way of pushing the product by connecting it to the consumer’s deepest yearning to be beautiful and desired.

The Attention Merchants (Tim Wu)

sells the reader on herself, a new self, better than the old. Here was an innovatively oblique way of pushing the product by connecting it to the consumer’s deepest yearning to be beautiful and desired.

The Attention Merchants (Tim Wu)

advertisement holds out the promise of a better life.

The Attention Merchants (Tim Wu)

“Women as a whole are more suggestible than men,”

The Attention Merchants (Tim Wu)

“women are more responsive to appeals made by illustration and by use of color than men are.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

“we have found a hothouse in which a good reputation can be generated, as it were, over night. In other words, the thing for which men in the past have been willing to slave and toil for a lifetime, they can now set out to achieve with semi-scientific accuracy and assurance of success, in periods of months instead of years.” Perhaps the most impressive proof of his theory is that, to this day, “Cadillac” is a general superlative

The Attention Merchants (Tim Wu)

MacManus’s “suggestive” style was an advertising that “implants thoughts not by force but by infiltration.” He aimed to create the impression that “the man manufacturing the product is an honest man, and that the product is an honest product, to be preferred above all others.” The projection of a “substantial and more or less virtuous character” did depend on some blandishments, such as beautiful illustrations; but otherwise he saw himself as simply delivering the unvarnished Truth. To that, the honorable advertising executive could add the newly discovered powers of propaganda, an accelerant to the natural process by which that Truth is duly recognized.

The Attention Merchants (Tim Wu)

MacManus’s “suggestive” style was an advertising that “implants thoughts not by force but by infiltration.” He aimed to create the impression that “the man manufacturing the product is an honest man, and that the product is an honest product, to be preferred above all others.” The projection of a “substantial and more or less virtuous character” did depend on some blandishments, such as beautiful illustrations; but otherwise he saw himself as simply delivering the unvarnished Truth.

The Attention Merchants (Tim Wu)

American and European firms invested millions to create associations with names that previously had no broad connotations, names like “Cadillac,” “Kraft,” “Lucky Strike,” “Heinz,” “Coca-Cola,” and so on. The fact that all of these remain familiar and enjoy enviable sales nearly a hundred years on shows how that initial investment, if properly husbanded, can pay dividends indefinitely.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Brands hardly existed before mass production; in a prior age, it was the reputation of the individual merchant that did the work, much as it still does today for doctors, accountants, and other professionals.

The Attention Merchants (Tim Wu)

As consumerism grew, it also became possible to sell products solving problems that were hardly recognized as such, let alone matters of life and death. Demand was engineered by showing not so much that the product would solve the problem but that the problem existed at all.

The Attention Merchants (Tim Wu)

method that had worked for patent medicine. Also known as “reason-why” advertising, this approach presented the product as the miraculous cure to some existing problem.

The Attention Merchants (Tim Wu)

The first was creating the desire for products that otherwise might not exist—then known as “demand engineering.” The second was the relatively new discipline of “branding”—creating loyalty for some maker, like Cadillac or Coca-Cola, by creating the impression, valid or not, that something truly set it apart from others

The Attention Merchants (Tim Wu)

Our very names are unknown. But there is scarcely a home, in city or hamlet, where some human being is not doing what we demand.

The Attention Merchants (Tim Wu)

entire industry. “From our desks we sway millions,”

The Attention Merchants (Tim Wu)

All around you people are judging you silently.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Jacques Ellul argued that it is only the disconnected—rural dwellers or the urban poor—who are truly immune to propaganda, while intellectuals, who read everything, insist on having opinions, and think themselves immune to propaganda are, in fact, easy to manipulate.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Supreme Court upheld Debs’s conviction without dissent.

The Attention Merchants (Tim Wu)

effort would be suppressed. After some prodding,

The Attention Merchants (Tim Wu)

would never seem to be afflicted by any qualms

The Attention Merchants (Tim Wu)

Just as the patent medicine advertisements had demonstrated that attention could be converted into cash, the first propaganda drives showed it was also convertible into other forms of value, like compliant service even unto death.

The Attention Merchants (Tim Wu)

to succeed, propaganda must be total.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Your King and Country Need You A CALL TO ARMS An addition of 100,000 men to His Majesty’s Regular Army is immediately necessary in the present grave National Emergency. Lord Kitchener is confident that this appeal will be at once responded to by all those who have the safety of our Empire at heart.

The Attention Merchants (Tim Wu)

the complicity of a press dependent on advertising revenue,

The Attention Merchants (Tim Wu)

The lotions and potions of our times inevitably promise youthfulness, health, or weight loss, thanks to exotic ingredients like antioxidants, amino acids, miracle fruits like the pomegranate and açaí berry, extracted ketones, or biofactors. There is scarcely a shampoo or lotion for sale that does not promise an extraordinary result owing to essence of coconut, or rosemary extracts, or another botanical.

The Attention Merchants (Tim Wu)

patent medicine are still routinely used today. The lotions and potions of our times inevitably promise youthfulness, health, or weight loss, thanks to exotic ingredients like antioxidants, amino acids, miracle fruits like the pomegranate and açaí berry, extracted ketones, or biofactors. There is scarcely a shampoo or lotion for sale that does not promise an extraordinary result owing to essence of coconut, or rosemary extracts, or another botanical.

The Attention Merchants (Tim Wu)

“air” in Nike’s sports shoes, triple reverse osmosis in some brands of water, or the gold-plating of audio component cables.

The Attention Merchants (Tim Wu)

There is scarcely a shampoo or lotion for sale that does not promise an extraordinary result owing to essence of coconut, or rosemary extracts, or another botanical.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Despite the promise of eternal life, faith in the West declined and has continued to do so, never faster than in the twenty-first century.8 Offering new consolations and strange gods of their own, the commercial rivals for human attention must surely figure into this decline. Attention, after all, is ultimately a zero-sum game.

The Attention Merchants (Tim Wu)

keeping the mind attuned to God, such as the practice of thinking of him immediately upon waking, right before falling asleep, for at least an hour during the day, and before taking any important action.

The Attention Merchants (Tim Wu)

James accorde une place importante à la croyance, c'est-à-dire à des hypothèses qu'on va chercher à tester pour vérifier leur vérité. Pour lui, les croyances ont un effet d'entraînement.

William James (Wikipédia)

Les vérités sont bonnes car elles nous permettent d'affronter le futur sans mauvaise surprise[62].

William James (Wikipédia)

la pluralité « nous commande de tolérer, respecter, et de nous montrer indulgent envers ceux que nous voyons innocemment intéressés et heureux dans la poursuite de leur propre chemin, aussi inintelligible qu'il nous paraisse[58] ».

William James (Wikipédia)

Dieu serait « le centre de gravité de toute tentative pour résoudre l'énigme de la vie[60] ».

William James (Wikipédia)

comme dans le cas du pont, on décide éventuellement de croire avant d'avoir une preuve que Dieu existe[60].

William James (Wikipédia)

l'expérience religieuse se reconnait à quatre marques : 1) l'ineffabilité de ce qui est ressenti, 2) sa qualité noétique, 2) la capacité à reconnaître son caractère transitoire et 4) la passivité du sujet face à ce qu'il lui arrive.

William James (Wikipédia)

l'expérience religieuse est « parmi les plus importantes fonctions de l'espèce humaine », celle qui connecte à une réalité plus grande qui n'est pas accessible autrement[57].

William James (Wikipédia)

les mutations de la société sont déterminées directement ou indirectement par les actes ou les exemples donnés par des individus dont le génie est adapté à l'air du temps.

William James (Wikipédia)

Pour James, il existe cinq sortes de prise de décision

William James (Wikipédia)

La prise de décision, rare, où nous suivons notre propre volonté.

William James (Wikipédia)

« James suggère même que Dieu peut tirer sa force et son énergie de notre collaboration[31]. »

William James (Wikipédia)

James propose une croyance théiste dans un Dieu personnel qui possède un plus grand pouvoir sans être tout puissant et un esprit plus profond sans être omniscient[31].

William James (Wikipédia)

le sentiment religieux donne une impression de sécurité, d'amour et de paix[36].

William James (Wikipédia)

« c'est la croyance qui donne des couleurs à la vie et qui fait la différence ».

William James (Wikipédia)

D'une façon générale, pour James, le monisme tend à pousser les êtres humains vers le quiétisme alors que, dans le pluralisme, l'homme se prend en main, est actif[30].

William James (Wikipédia)

le monisme, auquel il s'oppose, voit, dans ses versions extrêmes, l'univers comme déterminé par des lois inexorables[30]. James, au contraire, plaide pour la possibilité du nouveau, de l'inédit, du différent dans le monde. Le pluralisme jamesien est marqué par la croyance en un monde meilleur que nous pouvons atteindre par la coopération avec les hommes dans le monde entier[30].

William James (Wikipédia)

le futur est ouvert et peut être amélioré si les hommes font librement les bons choix.

William James (Wikipédia)

« notre bonheur semble requérir que nous ayons des idéaux, que nous nous efforcions de les atteindre et que nous pensions que nous faisons quelques progrès dans leur direction[10]. »

William James (Wikipédia)

la liberté est un postulat qu'on ne peut pas démontrer.

William James (Wikipédia)

Pretend that you have free will.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

les vérités ne sont pas absolues comme chez les rationalistes, elles dépendent des faits et de notre expérience de l'environnement, toutes choses qui évoluent[19].

William James (Wikipédia)

on ne peut pas prouver l'existence de Dieu, du moins est-il possible d'étudier les effets de la croyance[15].

William James (Wikipédia)

car elles relèvent de la croyance pure. Mais la croyance pure peut avoir des conséquences qui peuvent être testées.

William James (Wikipédia)

comprendre la signification d'une chose c'est étudier ses conséquences pratiques.

William James (Wikipédia)

“I love work as other men love play. It is both my occupation and my recreation.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Acheter un lit à une place c'est avouer publiquement qu'on n'a pas de vie sexuelle, et qu'on n'envisage pas d'en avoir dans un avenir rapproché ni même lointain

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Elle avait sans doute depuis toujours, comme toutes les dépressives, des dispositions à l'égoïsme et à l'absence de cœur;

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Dans un système économique où le licenciement est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver sa place. Dans un système sexuel où l'adultère est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver son compagnon de lit. En système économique parfaitement libéral, certains accumulent des fortunes considérables; d'autres croupissent dans le chômage et la misère. En système sexuel parfaitement libéral, certains ont une vie érotique variée et excitante; d'autres sont réduits à la masturbation et la solitude. Le libéralisme économique, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. De même, le libéralisme sexuel, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. Sur le plan économique, Raphaël Tisserand appartient au camp des vainqueurs; sur le plan sexuel, à celui des vaincus. Certains gagnent sur les deux tableaux; d'autres perdent sur les deux. Les entreprises se disputent certains jeunes diplômés; les femmes se disputent certains jeunes hommes; les hommes se disputent certaines jeunes femmes; le trouble et l'agitation sont considérables.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Dans un système économique où le licenciement est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver sa place. Dans un système sexuel où l'adultère est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver son compagnon de lit. En système économique parfaitement libéral, certains accumulent des fortunes considérables; d'autres croupissent dans le chômage et la misère. En système sexuel parfaitement libéral, certains ont une vie érotique variée et excitante; d'autres sont réduits à la masturbation et la solitude. Le libéralisme économique, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. De même, le libéralisme sexuel, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. Sur le plan économique, Raphaël Tisserand appartient au camp des vainqueurs; sur le plan sexuel, à celui des vaincus.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Le libéralisme économique, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. De même, le libéralisme sexuel, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. Sur le plan économique, Raphaël Tisserand appartient au camp des vainqueurs; sur le plan sexuel, à celui des vaincus.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

s'entrecroisent,

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

centripète

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

gelée translucide,

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

linéaments

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

"La sexualité est un système de hiérarchie sociale."

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

"Vous choisissez tous vos exemples dans l'adolescence, qui est certes une période importante de la vie, mais n'en occupe malgré tout qu'une fraction assez brève. Ne craignez-vous donc pas que vos conclusions, dont nous admirons la finesse et la rigueur, ne s'avèrent finalement partielles et limitées?"

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Dans les blessures qu'elle nous inflige, la vie alterne entre le brutal et l'insidieux. Connaissez ces deux formes. Pratiquez-les.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

C'est un slow magnifique, d'une beauté surréelle.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

Michel n'oubliera jamais le contraste entre son cœur figé par la souffrance et la bouleversante beauté de la musique. Sa sensibilité est en train de se former.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

“Search engine bias is particularly insidious,” they wrote. “It is very difficult even for experts to evaluate search engines.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Before Google had come to its fork in the road, he had strenuously insisted in a piece coauthored with Brin that “advertising funded search engines will be inherently biased towards the advertisers and away from the needs of the consumers.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

we must act, individually and collectively, to make our attention our own again, and so reclaim ownership of the very experience of living.

The Attention Merchants (Tim Wu)

our life experience would ultimately amount to whatever we had paid attention to.

The Attention Merchants (Tim Wu)

It would no doubt be shocking to reckon the macroeconomic price of all our time spent with the attention merchants, if only to alert us to the drag on our own productivity quotient, the economist’s measure of all our efforts.

The Attention Merchants (Tim Wu)

In this respect our lives have become the very opposite of those cultivated by the monastics, whether in the East or the West, whose aim was precisely to reap the fruits of deep and concentrated attention.

The Attention Merchants (Tim Wu)

And what are the costs to a society of an entire population conditioned to spend so much of their waking lives not in concentration and focus but rather in fragmentary awareness and subject to constant interruption?

The Attention Merchants (Tim Wu)

How often have you sat down with a plan, say, to write an email or buy one thing online, only to find yourself, hours later, wondering what happened?

The Attention Merchants (Tim Wu)

If any practical motivation were needed to work through the discomfort of reclaiming the attention that is one’s own, it is useful to consider the accruing costs of our failure to do so.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Over the coming century, the most vital human resource in need of conservation and protection is likely to be our own consciousness and mental space.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Even with the necessary technology, it was not always so easy to reach people in their homes, let alone while walking or in a taxi. For the majority, religious practice used to define certain inviolable spaces and moments. Less formal norms, like the time reserved for family meals, exerted considerable force as well. In this world, privacy was the default, commercial intrusions the exception.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Certainly among its most desired target demographics, the young and the affluent, advertising seemed to become one more avoidable toxin in the healthy lifestyle, another twentieth-century invention mistakenly assumed to be harmless, like sugary soft drinks, processed foods, and tanning beds.

The Attention Merchants (Tim Wu)

In 1998, Larry Page and Sergey Brin had written that reliance on advertising would inevitably make it difficult to create the best possible product;

The Attention Merchants (Tim Wu)

“They’re gobbling up everything they can learn about you and trying to monetize it. We think that’s wrong.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

jumping the shark.

The Attention Merchants (Tim Wu)

The intuition was, in retrospect, informed by a deeper insight than most anyone knew at the time. In business, there is always potential to gain something by zigging while everyone else is zagging. With everyone else—including its closest rival, Hulu, a joint venture of other media companies—reliant on advertising, Netflix could distinguish itself by offering a different kind of experience.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Netflix was thus something of a town scrap dealer, at the bottom of the content food chain.

The Attention Merchants (Tim Wu)

For in its totality the web seemed to be bobbing in the crosscurrents of an aggressive egotism and neurasthenic passivity.

The Attention Merchants (Tim Wu)

the culture of the web had resulted in a suppression of individual creativity and innovation.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Consider “The 14 Coolest Hybrid Animals,” a series for Toyota’s Prius, or “11 Things You Didn’t Know About [the Sony] PlayStation” joined with “10 Awesome Downloadable Games You May Have Missed.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

That priceless impression of getting great stuff for free, the attention merchant’s most essential magic trick,

The Attention Merchants (Tim Wu)

Your goals are things like “spend more time with the kids,” “learn to play the zither,” “lose twenty pounds by summer,” “finish my degree,” etc. Your time is scarce, and you know it. Your technologies, on the other hand, are trying to maximize goals like “Time on Site,” “Number of Video Views,” “Number of Pageviews,” and so on. Hence clickbait, hence auto-playing videos, hence avalanches of notifications. Your time is scarce, and your technologies know it.11

The Attention Merchants (Tim Wu)

Your goals are things like “spend more time with the kids,” “learn to play the zither,” “lose twenty pounds by summer,” “finish my degree,” etc. Your time is scarce, and you know it. Your technologies, on the other hand, are trying to maximize goals like “Time on Site,” “Number of Video Views,” “Number of Pageviews,” and so on. Hence clickbait, hence auto-playing videos, hence avalanches of notifications. Your time is scarce, and your technologies know

The Attention Merchants (Tim Wu)

“The best minds of my generation are thinking about how to make people click ads,” commented scientist Jeff Hammerbacher. “That sucks.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Eric Schmidt had once said that the ideal was to “get right up to the creepy line and not cross it.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

This is life now: one constant, never-ending stream of non sequiturs and self-referential garbage that passes in through our eyes and out of our brains at the speed of a touchscreen.

The Attention Merchants (Tim Wu)

the commodity in question is access to people’s minds, the perpetual quest for growth ensures that forms of backlash,

The Attention Merchants (Tim Wu)

famous adman David Ogilvy once put it, “I have a passion for landscape, and I have never seen one improved by a billboard. Where every prospect pleases, man is at his vilest when he erects a billboard.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Motion, color, critters of every kind, sexualized men and women, babies and monsters seem to work best on us.

The Attention Merchants (Tim Wu)

The attention-grabbing effect of bright colors was, at the time, understood only intuitively, but it has since been described by brain scientists. The depiction of exuberant women in some state of undress perhaps requires less comment, but that they appear to be moving is significant.

The Attention Merchants (Tim Wu)

despite being static, the Parisian posters evoked a sense of frantic energy in their bright, contrasting colors, and beautiful, half-dressed women—elements that made them nearly impossible to ignore.

The Attention Merchants (Tim Wu)

There might have been good reason to doubt the circulation claims of a newspaper that had just reported the discovery of life on the moon. But it cannot be denied that the Sun succeeded or that the model Day conceived would spawn generations of imitators, from radio networks and broadcast television to Google and Facebook.

The Attention Merchants (Tim Wu)

But Herschel’s greatest discovery was life on the moon, or more precisely: large, winged creatures, which when not borne aloft could pass for humans:

The Attention Merchants (Tim Wu)

large, winged creatures, which when not borne aloft could pass for humans:

The Attention Merchants (Tim Wu)

large, winged creatures, which when not borne

The Attention Merchants (Tim Wu)

As politicians, professional wrestlers, and rappers know well, trash-talking remains an effective way of getting attention, and it worked well for Bennett.

The Attention Merchants (Tim Wu)

The boy, did you say? Indeed, sir, divil a bit o’boy is here about the baste, nor man neither, barring he drinks brandy like a fish.

The Attention Merchants (Tim Wu)

As William James observed, we must reflect that, when we reach the end of our days, our life experience will equal what we have paid attention to, whether by choice or default. We are at risk, without quite fully realizing it, of living lives that are less our own than we imagine. The goal of what follows is to help us understand more clearly how the deal went down and what it means for all of us.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Within living memory it was thought that families would never tolerate the intrusion of broadcasting in the home. An earlier generation would find it astonishing that, without payment or even much outcry, our networks of family, friends, and associates have been recruited via social media to help sell us things. Now, however, most of us carry devices on our bodies that constantly find ways to commercialize the smallest particles of our time and attention.

The Attention Merchants (Tim Wu)

has asked and gained more and more of our waking moments, albeit always, in exchange for new conveniences and diversions,

The Attention Merchants (Tim Wu)

‘that great rope, with a Philistine at each end of it talking inutilities!’ Often, when I start to tap out my inutile 140 characters on Twitter, this phrase comes uneasily to mind.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

That’s the crucial thing about Facebook, the main thing which isn’t understood about its motivation: it does things because it can. Zuckerberg knows how to do something, and other people don’t, so he does it.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Growth can only come from connecting new areas of the planet. An early experiment came in the form of Free Basics, a program offering internet connectivity to remote villages in India, with the proviso that the range of sites on offer should be controlled by Facebook. ‘Who could possibly be against this?’ Zuckerberg wrote in the Times of India. The answer: lots and lots of angry Indians. The government ruled that Facebook shouldn’t be able to ‘shape users’ internet experience’ by restricting access to the broader internet. A Facebook board member tweeted that ‘anti-colonialism has been economically catastrophic for the Indian people for decades. Why stop now?’ As Taplin points out, that remark ‘unwittingly revealed a previously unspoken truth: Facebook and Google are the new colonial powers.’

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

compares Zuckerberg to Alexander the Great, weeping because he has no more worlds to conquer. Perhaps this is one reason for the early signals Zuck has sent about running for president

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

compares Zuckerberg to Alexander the Great, weeping because he has no more worlds to conquer.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

‘Association of Facebook Use with Compromised Well-Being: A Longitudinal Study’.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

the more people use Facebook, the more unhappy they are.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Bork’s most influential legal stance came in the area of competition law. He promulgated the doctrine that the only form of anti-competitive action which matters concerns the prices paid by consumers. His idea was that if the price is falling that means the market is working, and no questions of monopoly need be addressed.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

history of attention merchants shows that there is a suggestive pattern here: that a boom is more often than not followed by a backlash, that a period of explosive growth triggers a public and sometimes legislative reaction.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

The Attention Merchants: From the Daily Newspaper to Social Media, How Our Time and Attention Is Harvested and Sold        by Tim Wu.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

capturing and reselling attention has been the basic model for a large number of modern businesses, from posters in late 19th-century Paris, through the invention of mass-market newspapers that made their money not through circulation but through ad sales, to the modern industries of advertising and ad-funded TV.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

class and status differences in Silicon Valley, in particular the never publicly discussed issue of the huge gulf between early employees in a company, who have often been made unfathomably rich, and the wage slaves who join the firm later in its story.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Facebook is an advertising company.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

A version of Gresham’s law is at work, in which fake news, which gets more clicks and is free to produce, drives out real news, which often tells people things they don’t want to hear, and is expensive to produce.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

In 2014, the New York Times did the arithmetic and found that humanity was spending 39,757 collective years on the site, every single day. Jonathan Taplin points out that this is ‘almost fifteen million years of free labour per year’. That was back when it had a mere 1.23 billion users.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

published a report saying that the Russians had waged

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

We are keen to be seen as we want to be seen, and Facebook is the most popular tool humanity has ever had with which to do that.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

‘Facebook first spread by word of mouth, and it’s about word of mouth, so it’s doubly mimetic,’ Thiel said.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Girard was a Christian, and his view of human nature is that it is fallen. We don’t know what we want or who we are; we don’t really have values and beliefs of our own; what we have instead is an instinct to copy and compare. We are homo mimeticus. ‘Man is the creature who does not know what to desire, and who turns to others in order to make up his mind. We desire what others desire because we imitate their desires.’ Look around, ye petty, and compare. The reason Thiel latched onto Facebook with such alacrity was that he saw in it for the first time a business that was Girardian to its core: built on people’s deep need to copy.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Thiel became interested in the ideas of the US-based French philosopher René Girard, as advocated in his most influential book, Things Hidden since the Foundation of the World. Girard’s big idea was something he called ‘mimetic desire’.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

noses pressed against the sweet-shop window of others’ lives.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Then it was extended to other elite campuses in the US. When it launched in the UK, it was limited to Oxbridge and the LSE.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

The initial launch of Facebook was limited to people with a Harvard email address; the intention was to make access to the site seem exclusive and aspirational.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

He is very well aware of how people’s minds work and in particular of the social dynamics of popularity and status.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Zuckerberg was studying for a degree with a double concentration in computer science and – this is the part people tend to forget – psychology.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Internet companies are working in a field that is poorly understood (if understood at all) by customers and regulators. The stuff they’re doing, if they’re any good at all, is by definition new. In that overlapping area of novelty and ignorance and unregulation, it’s well worth reminding employees not to be evil, because if the company succeeds and grows, plenty of chances to be evil are going to come along.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Flaubert was sceptical about trains because he thought (in Julian Barnes’s paraphrase) that ‘the railway would merely permit more people to move about, meet and be stupid.’

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Plongez l'adversaire dans d'inextricables épreuves et prolongez son épuisement en vous tenant à distance ;

L'art de la Guerre (Sun Tzu)

Si vos ennemis sont plus puissants et plus forts que vous, vous ne les attaquerez point, vous éviterez avec un grand soin ce qui peut conduire à un engagement général ; vous cacherez toujours avec une extrême attention l'état où vous vous trouverez.

L'art de la Guerre (Sun Tzu)

vous ne formerez aucune entreprise qui ne puisse être menée à bonne fin.

L'art de la Guerre (Sun Tzu)

d’une nouvelle ère d’obscurité. Les théosophes

L'appel de Cthulhu (Howard Phillips Lovecraft)

se nourrissant trop souvent d’une boîte de haricots et de glaces à la vanille puisque ses moyens ne lui permettent guère plus,

L'appel de Cthulhu (Howard Phillips Lovecraft)

THE THIRTY-DAY PLAN

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

et au Permien ; elles ont connu les vagissements

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

l’homme a bâti des métropoles gigantesques et laides, où chacun, isolé dans un appartement anonyme au milieu d’un immeuble exactement semblable aux autres, croit absolument être le centre du monde et la mesure de toutes choses.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

transcrire mon rêve pour un public de porcs.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

pour qui veut connaître l’état des mentalités par un coup de sonde rapide et précis, le succès de Lovecraft est déjà à soi seul un symptôme.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

mieux vaut se rappeler la manière dont nous traitons ces « intelligences inférieures » que sont les lapins et les grenouilles. Dans le meilleur des cas, elles nous servent nourriture ; parfois aussi, souvent, nous les tuons par simple plaisir de tuer.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

Ses convictions matérialistes et athées ne varieront pas. Il y revient lettre après lettre, avec une délectation nettement masochiste.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

Ses convictions matérialistes et athées ne varieront pas.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

tout rationalisme tend à minimiser la valeur et l’importance de la vie, et à diminuer la quantité totale de bonheur humain.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

L’univers n’est qu’un furtif arrangement de particules élémentaires. Une figure de transition vers le chaos. Qui finira par l’emporter. La race humaine disparaîtra. D’autres races apparaîtront, et disparaîtront à leur tour. Les cieux seront glaciaux et vides, traversés par la faible lumière d’étoiles à demi-mortes. Qui, elles aussi, disparaîtront. Tout disparaîtra. Et les actions humaines sont aussi libres et dénuées de sens que les libres mouvements des particules élémentaires. Le bien, le mal, la morale, les sentiments ? Pures « fictions victoriennes ». Seul l’égoïsme existe. Froid, inentamé et rayonnant.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

Quand on aime la vie, on ne lit pas. On ne va guère au cinéma non plus, d’ailleurs. Quoi qu’on en dise, l’accès à l’univers artistique est plus ou moins réservé à ceux qui en ont un peu marre.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

Je suis si las de l’humanité et du monde que rien ne peut m’intéresser à moins de comporter au moins deux meurtres par page, ou de traiter d’horreurs innommables provenant d’espaces extérieurs.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

Nous sommes là à un moment où l’extrême acuité de la perception sensorielle est tout près de provoquer un basculement dans la perception philosophique du monde ; autrement dit, nous sommes là dans la poésie.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

l’extrême acuité de la perception sensorielle est tout près de provoquer un basculement dans la perception philosophique du monde ; autrement dit, nous sommes là dans la poésie.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

il ramène brutalement le racisme à sa source essentielle, sa source la plus profonde : la peur.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

Resist the temptation to explain the world so cheaply. You’re holding yourself back from real, serious reflection – and robbing yourself of your only chance to understand the world at least fractionally better.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

quality of political discourse in the last thirty years has gone noticeably downhill. This period corresponds precisely with the rising tide of news.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

In Ancient Greece, two and a half thousand years ago, democracy (albeit a democracy of the elites that excluded women, slaves and men under thirty) functioned without newspapers, TV or the internet. How did people stay informed? They thought, and they debated.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

The news industry is society’s appendix – permanently inflamed and completely pointless. You’re better off simply having it removed.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

‘When a person spends all his time in foreign travel,’ noted Seneca, ‘he ends by having many acquaintances, but no friends.’

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

You can influence what happens in your life, your family, your neighbourhood, your city, your job, but the rest you simply have to accept.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Nintey-nine point nine per cent of all world events are outside your control.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Think of a wise man or a wise woman – your personal ideal, a beacon of humanity. Someone like Socrates, Confucius, the Buddha, Jesus, Marcus Aurelius, Hildegard of Bingen, Mother Teresa, Martin Luther King, Gandhi or any of the ‘wise women’ in the biblical texts. Now imagine this person alive today. Your image of them would be completely ruined if they were constantly checking the news on their smartphone.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

News and comments about the news bring out the worst in humanity.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

If we survey the last 2,500 years – since philosophers first began to write their ideas down – we find a remarkable degree of overlap between philosophers. ‘Inner peace’ was nearly always considered a key component of a successful life, though in the old days this concept was often expressed in terms of ‘tranquillity’, ‘equanimity’, an ‘inner stronghold’, ‘serenity’ or ‘peace of mind’. Peace of mind arises in part through the absence of toxic emotions. The faster you can eliminate toxic emotions like envy, anger and self-pity from your emotional repertoire, the better.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

NEWS DESTROYS OUR PEACE OF MIND What constitutes a good life? To put it another way: how should you live your life so that you can one day look back on it as ‘successful’ and ‘good’? Until you can answer this fundamental question, your life will be a non-stop crisis-coping machine. Without a clear philosophy here, you risk life passing you by.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

It takes far more discipline to avoid the news than to procure it.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Today’s algorithms use morsels of news (‘clickbait’, to use the jargon) in an altogether more targeted way. The upshot? It’s getting increasingly difficult to distance ourselves from the stream of news. Imagine if cigarettes, alcohol and cocaine were not only free but actually offered to you on all sides, round the clock, by invisible hands.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

bathroom mirrors that will play you the news as you’re brushing your teeth in the morning.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

And if the conversation does judder to a halt, there’s no better way to jump-start it than with the following question: ‘So, what do you think are the most important headlines this week?’ You’ll see – most people will love explaining things to you. And they’ll love you for giving them an opportunity to share their immense but pointless store of trivia. Accept it with a knowing smile.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

For hundreds of years, the king sat unquestioned on his throne – then he was beheaded, and suddenly everybody realised: we don’t need one. It’s exactly the same with the news.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

NEWS ENCOURAGES TERRORISM

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

‘Terrorists are masters of mind control. They kill very few people but nevertheless manage to terrify billions and rattle huge political structures such as the European Union or the United States.’

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

By following, say, the fate of earthquake victims on a news website, you’re actually giving your attention to the people running the platform, not the victims themselves.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

NEWS GIVES US THE ILLUSION OF EMPATHY The news lulls us into a warm, all-inclusive sense of common humanity. We’re all citizens of the world. We’re all subject to the same troubles. We’re all connected. The planet is a global village. We sing ‘We Are the World’ while swaying back and forth in harmony with thousands of others, holding our tiny lighters. This sense of empathy, magnified a thousand-fold, feels wonderfully soft and cosy – yet it achieves absolutely nothing.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

I don’t know a single creative person who is also a news junkie

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Adverts are trying to flog us products we don’t need or can’t afford – otherwise we’d buy them without advertising.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Our own behaviour as consumers has led to a race to the bottom. The only way to avoid losing the race is not to take part. This is my recommendation to you as a reader – and especially to my journalist friends. All self-respecting journalists should steer clear of news journalism, just as no chef who takes pride in his work would start a career at McDonald’s.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Nearly everything we hear on the news is outside our sphere of influence.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Epictetus began his Enchiridion with the following sentence: ‘Some things are in our control and others not.’ The gist? It’s idiotic to dwell on things that we cannot control.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Once the news has made us passive, we tend to behave passively towards our family and our jobs as well – precisely where we do have room for manoeuvre.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Once the news has made us passive, we tend to behave passively towards our family and our jobs as well –

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

When our brains encounter information without us having the possibility of acting on it, we gradually assume the role of a victim. Our impulse to take action fades. We become passive.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Apple has removed the headphone jack from its new models,

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

NEWS MAKES US PASSIVE

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

We compare ourselves to people who have absolutely nothing whatsoever to do with us. As a result we feel smaller than we really are.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

It’s virtually impossible to name someone who became famous before the advent of the news media whose fame wasn’t based on competence or power. At most, you could come up with a few criminals.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

If you watch a news junkie, you’ll see this in action: their concentration span shrinks

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

If you watch a news junkie, you’ll see this in action: their concentration span shrinks and they have trouble controlling their emotions.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

The news is mental pollution. Keep your brain clean. It’s your most important organ.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

our comprehension of a text decreases concomitantly with the number of hyperlinks it contains.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

‘What information consumes is rather obvious: it consumes the attention of its recipients. Hence a wealth of information creates a poverty of attention.’

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

what were the ten most important items in the news last month (that aren’t still in the news today and are not sports-related news)? Most people can’t even think of five. So why would you consume something that contributes nothing to your base of knowledge?

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

what were the ten most important items in the news last month (that aren’t still in the news today and are not sports-related news)? Most people can’t even think of five.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

You wouldn’t watch the latest blockbuster film in a three-minute compressed version of the best scenes.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

‘You are at liberty not to form opinions about all and sundry, thereby sparing your soul unrest. For the things themselves demand no judgements from you.’

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Third, an example of a question that’s too complex for our brains. Will there be a world war in the next twenty years? It’s impossible to say. As a consumer of the news, however, you’re confronted almost daily with some story or other about the escalating tensions between China and the USA.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Third, an example of a question that’s too complex for our brains. Will there be a world war in the next twenty years? It’s impossible to say. As a consumer of the news, however, you’re confronted almost daily with some story or other about the escalating

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

What do you think about genetically modified wheat? In your opinion, do we need to legislate against artificial intelligence? What’s your stance on self-driving cars? Are you in favour of legalising soft drugs? As soon as we hear these or similar questions, our brains start generating opinions, even if we’re no experts on the topic.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Or the absence of a statistically likely worldwide pandemic.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

News journalists also labour under a second grave misconception: they confuse ‘prevented’ with ‘non-existent’. Heroic acts that prevented accidents – that pre-empted disaster – are largely invisible to them.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Nassim Taleb uses a different example: let’s imagine someone had convinced the American aviation authorities to install bulletproof cockpit doors and locks into planes, thereby avoiding an attack like that of 11 September 2001.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Instead of reporting that the stock market has fallen by one per cent, the reporter tells us: ‘The market has fallen by one per cent because of X.’

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Actively search for counterarguments.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

there is nothing I can do about my past or about a Trump tweet. So why let it make me anxious?

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

‘The man who never looks into a newspaper is better informed than he who reads them.’

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

shockingly few journalists are able to explain these causal relationships, because the processes that shape cultural, intellectual, economic, military, political and environmental events are mostly invisible. They are complex, non-linear and hard for our brains to digest.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

there is no easier and more productive method of reclaiming time than giving up the news.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

the news organisations became the terrorists’ unwitting accomplices.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Take the terrorist attacks in Mumbai in 2008. In their bid for attention, terrorists killed one hundred and sixty-six people. Imagine that a billion people focused their attention on the tragedy in Mumbai for an hour on average:

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Do you understand the world better? Have you expanded your circle of competence? Do you make better decisions? Has your concentration improved? Do you have more peace of mind?

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

a car drives over a bridge and the bridge collapses. What does the news media focus on? The car.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

ninety-nine per cent of what you read, see and hear in the media is irrelevant to you.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

you have a choice: nerd or loser.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Organise your professional life rigorously around your circle of competence. This radical focus will bear more than monetary fruits. Above all you’ll save time, because you won’t keep having to decide where to direct your attention.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Warren Buffett uses the wonderful term circle of competence.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

The first internet browser appeared on 11 November 1993 – probably the most significant invention of the twentieth century, after the atomic bomb and the discovery of antibiotics. Do you know what that browser was called? Mosaic. If you didn’t know the answer, you have a good excuse: it didn’t make the news.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Over the years I’ve come to the conclusion that the items journalists don’t report on are usually the very things you actually want to know!

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

can you think of a single one that helped you make a better decision about your life, your family, your career, your well-being or your business?

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

When you meet up with friends, ask them if anything important has happened in the world. The question is an ideal conversation-starter. The usual answer? ‘Not really, no.’

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

When you read something a second time, it’s not twice as effective as the first read-through – in my experience, it’s more like ten times as powerful.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Try to read a book a week. If after twenty pages it hasn’t expanded or altered your world view, or otherwise managed to capture your attention, put it aside.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Sell your TV.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

We can gobble down as many articles as we like, but we will never be doing more than gorging on sweets.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

News is to the mind what sugar is to the body: appetising, easily digestible and extremely damaging. The media is feeding us titbits that taste palatable but do nothing to satisfy our hunger for knowledge.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

I personally don’t want to agonise whether to read a long-form article every single time something piques my interest, so I’ve simply instituted a blanket ban on reading anything in newspapers (print and online) as well as listening to the radio and watching the TV.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

I asked myself two questions: do you understand the world better now? And: do you make better decisions? The answer in both cases was no.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

the news is every bit as dangerous as alcohol.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

I was ardent, intoxicated, drunk. It was like alcohol. Only, I thought, it didn’t dull your mind – it sharpened it.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

These gentlemen struck me as infinitely clever, and I hoped one day I’d look as wise and well-read as them. And when I read the newspapers, that’s exactly how I felt. I fancied myself an informed young man, unimpressed by the banalities of everyday life – a high-flying intellectual. Presidents shaking hands, natural disasters, attempted coups: this was the wide world, the world that really mattered – and I felt a part of it.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

when I read the newspapers, that’s exactly how I felt. I fancied myself an informed young man, unimpressed by the banalities of everyday life – a high-flying intellectual.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

These gentlemen struck me as infinitely clever,

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

‘Hello, my name is Rolf, and I’m a news-aholic.’

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

omitting only the sports section. As my friends whiled

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

It baffled me that the newspaper arrived in the same thickness and format every single day.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

One thing is crucial to note here: restricting your consumption of the news doesn’t have to be a sacrifice. You’ll be richly rewarded – with more time and fresh eyes for what truly matters, what truly makes you happy.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

money is a symptom of poverty,

Accelerando (Charles Stross)

Transformer un peuple en nation présuppose la création d’un milieu social sain, plateforme nécessaire pour l’éducation de l’individu. Seul, celui qui aura appris, dans sa famille et à l’école, à apprécier la grandeur intellectuelle, économique et surtout politique de son pays, pourra ressentir – et ressentira – l’orgueil de lui appartenir. On ne combat que pour ce que l’on aime ; on n’aime que ce qu’on estime ;

**** ***** (***** ******)

plateforme nécessaire pour l’éducation de l’individu. Seul, celui qui aura appris, dans sa famille et à l’école, à apprécier la grandeur intellectuelle, économique et surtout politique de son pays, pourra ressentir – et ressentira – l’orgueil de lui appartenir. On ne combat que pour ce que l’on aime ; on n’aime que ce qu’on estime ;

**** ***** (***** ******)

L’étroitesse et l’encombrement du logement sont une gêne de tous les instants : des querelles en résultent. Ces gens ne vivent pas ensemble, mais sont tassés les uns sur les autres. Les minimes désaccords qui se résolvent d’eux-mêmes dans une maison spacieuse, occasionnent ici d’incessantes disputes. Passe encore entre enfants : un instant après ils n’y pensent plus. Mais quand il s’agit des parents, les conflits quotidiens deviennent souvent grossiers et brutaux à un point inimaginable. Et les résultats de ces leçons de choses se font sentir chez les enfants. Il faut connaître ces milieux pour savoir jusqu’où peuvent aller l’ivresse, les mauvais traitements. Un malheureux gamin de six ans n’ignore pas des détails qui feraient frémir un adulte. Empoisonné moralement, et physiquement sous-alimenté, ce petit citoyen s’en va à l’école publique et y apprend tout juste à lire et à écrire. Il n’est pas question de travail à la maison, où on lui parle de sa classe et de ses professeurs avec la pire grossièreté. Aucune institution humaine n’y est d’ailleurs respectée, depuis l’école jusqu’aux plus hauts corps de l’État ; religion, morale, nation et société, tout est traîné dans la boue.

**** ***** (***** ******)

Celui qui se refuse à lutter dans ce monde où la loi est une lutte incessante ne mérite pas de vivre.

**** ***** (***** ******)

C’est juste, à preuve qu’ils ont laissé leur camoufle

L'Île au trésor (Robert Louis Stevenson)

dès que je le vis mort, j’éclatai en sanglots. C’était

L'Île au trésor (Robert Louis Stevenson)

père était déjà gravement atteint de la phtisie

L'Île au trésor (Robert Louis Stevenson)

Elle fournit les matériaux et les plans d’avenir où puisera l’âge mûr, dans la mesure où la prétendue sagesse des années n’aura pas étouffé le génie de la jeunesse.

**** ***** (***** ******)

droit à une activité politique coloniale

**** ***** (***** ******)

qu’une doctrine ne peut sauvegarder son unité et son uniformité que si elle a été fixée par écrit, une fois pour toutes.

**** ***** (***** ******)

il faut remarquer que les hommes doivent être ou caressés ou écrasés : ils se vengent des injures légères ; ils ne le peuvent quand elles sont très grandes ; d'où il suit que, quand il s'agit d'offenser un homme, il faut le faire de telle manière qu'on ne puisse redouter sa vengeance.

Le Prince (Nicolas Machiavel)

L’homme, aveugle volontaire, continue à rechercher son bonheur dans l’asservissement.

L'homme subjugué (Esther Vilar)

Tout système doit impressionner ses croyants par la supériorité de ses connaissances ou les confondre par son incompréhensibilité. Comme il n’est pas question pour la femme de la première éventualité, elle tire profit de la seconde. Grâce à sa mascarade, l’homme voit en elle un être qui lui est étranger et plein de mystère, et toutes ses tentatives de contrôle échoueront devant une sottise telle qu’elle en est imprévisible.

L'homme subjugué (Esther Vilar)

Tout système doit impressionner ses croyants par la supériorité de ses connaissances ou les confondre par son incompréhensibilité. Comme il n’est pas question pour la femme de la première éventualité, elle tire profit de la seconde.

L'homme subjugué (Esther Vilar)

La beauté est une promesse de bonheur.

La tour de Babylone (Ted Chiang)

Je m’attends à ce que le concept de beauté physique dure aussi longtemps que l’on possédera un corps et des yeux.

La tour de Babylone (Ted Chiang)

“Soyez patients. Votre futur arrivera et se couchera à vos pieds tel le chien qui vous connaît et qui vous aime en dépit de tout.”

La tour de Babylone (Ted Chiang)

Tout est sale, crasseux, mal entretenu, gâché par la présence permanente des voitures, le bruit, la pollution. Je ne sais pas qui est le maire, mais il suffit de dix minutes de marche dans les rues de la vieille ville pour s'apercevoir qu'il est complètement incompétent, ou corrompu.    Pour ne rien arranger il y a des dizaines de loubards qui sillonnent les rues en moto ou en mobylette, échappement libre. Ils descendent de la banlieue rouennaise, qui est en voie d'effondrement industriel complet. Leur objectif est d'émettre un bruit strident, le plus désagréable possible, un bruit qui soit vraiment difficile à supporter pour les riverains. Ils y réussissent parfaitement.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Tout est sale, crasseux, mal entretenu, gâché par la présence permanente des voitures, le bruit, la pollution. Je ne sais pas qui est le maire, mais il suffit de dix minutes de marche dans les rues de la vieille ville pour s'apercevoir qu'il est complètement incompétent, ou corrompu.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Ils ont beaucoup de mal à se faire des amis, au moins parmi les hommes. Ils sont obligés de faire des efforts constants pour essayer de faire oublier leur supériorité, ne serait-ce qu'un peu.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

les gens d'une beauté exceptionnelle sont souvent modestes, gentils, affables, prévenants.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

il a revêtu une espèce de jogging de soirée, noir et or, qui lui donne un peu l'allure d'un scarabée.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

if you think I’ve been less than honest, tell me. I want to know.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

some of the core assumptions on which your self-image is built are actually lies.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

I’ve found the real benefit of digital memory. The point is not to prove you were right; the point is to admit you were wrong.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

The idea that accounts of the past shouldn’t change is a product of literate cultures’ reverence for the written word.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

writing is a technology,

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

We don’t normally think of it as such, but writing is a technology,

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

We became cognitive cyborgs as soon as we became fluent readers, and the consequences of that were profound.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

“I can’t change the things I did, but at least I can stop pretending I didn’t do them.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

I had indeed fabricated a narrative that bore little resemblance to reality. Nicole had done all the work, and I had done none.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

if I’d grown up with access to all the video footage, there’d have been no way for me to assign more emotional weight to any particular day, no nucleus around which nostalgia could accrete.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

Writing let you look at your thoughts in a way you couldn’t if you were just talking, and having seen them, you could improve them, make them stronger and more elaborate.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

If we’d had Remem, would we still be speaking to each other?

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

we have to forget a little bit before we can forgive; when we no longer experience the pain as fresh, the insult is easier to forgive,

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

hide of a goat’s leg, but the words were like

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

Anyone who has wasted hours surfing the Internet knows that technology can encourage bad habits.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

new technology doesn’t always bring out the best in people.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

thickly strewn with evidence for use in domestic squabbles.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

appalled to see his daughter lose her ability to spell,

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

our myths are being lost as my species dies out. I doubt the humans will have deciphered our language before we’re gone. So the extinction of my species doesn’t just mean the loss of a group of birds. It’s also the disappearance of our language, our rituals, our traditions. It’s the silencing of our voice.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

When Arecibo is not listening to anything else, it hears the voice of creation.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

parrots are more similar to humans than any extraterrestrial species will be, and humans can observe us up close; they can look us in the eye. How do they expect to recognize an alien intelligence if all they can do is eavesdrop from a hundred light-years away?

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

“Playtime’s over, Jax,” she says. “Time to do your homework.”

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

she knows the difference that affection can make in the training process, how it enables patience when patience is needed most.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

Sex without kissing was woefully incomplete,

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

Some people get saddled with sexual proclivities that cause them a lifetime of grief.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

“My life might be simpler if I didn’t have you to take care of, but it wouldn’t be as happy. I love you, Jax.” “Love you too.”

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

The economy goes into a recession after the latest flu pandemic,

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

some parents don’t want to push their kids too much, because they’re afraid of exposing them to the possibility of failure. The parents mean well, but they’re keeping their kids from reaching their full potential when they coddle them.”

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

Low expectations are a self-fulfilling prophecy.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

The problem is that they’re so charmless that few people want to engage in even the limited amounts of interaction that the digients require.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

“Why you want us stay angry forever?” demands Marco. “I don’t want you to stay angry forever; I want you to forgive each other.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

For a mind to even approach its full potential, it needs cultivation by other minds

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

The researchers devise various incentives—all automated, so no real-time interaction is required—to keep the digients motivated. They impose hardships so that indolence has a cost.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

“It’s hard to find someone who understands,” Ana says. “It was the same when I worked at the zoo; every guy I dated felt like he was coming in second.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

Women who work with animals hear this all the time: that their love for animals must arise out of a sublimated child-rearing urge.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

Il n’estimait nullement abusive l’utilisation que les nazis avaient fait de la pensée de Nietzsche : niant la compassion, se situant au-delà de la loi morale, établissant le désir et le règne du désir, la pensée de Nietzsche conduisai selon lui naturellement au nazisme.

Les particules élémentaires (Michel Houellebecq)

l’animal le plus faible est en général en mesure d’éviter le combat par l’adoption d’une posture de soumission (accroupissement, présentation de l’anus).

Les particules élémentaires (Michel Houellebecq)

Au début de l’adolescence, en particulier, leur sauvagerie atteint des proportions inouïes. Il ne nourrissait aucune illusion sur le comportement de l’être humain lorsqu’il n’est plus soumis au contrôle la loi.

Les particules élémentaires (Michel Houellebecq)

La voix pompeuse et stupide de Claude Darget commentait ces images atroces avec une expression d’admiration injustifiable. Michel frémissait d’indignation, et là aussi sentait se former en lui une conviction inébranlable : pris dans son ensemble la nature sauvage n’était rien d’autre qu’une répugnante saloperie ; prise dans son enseblé la nature sauvage justifiait une destruction totale, un holocauste universel – et la mission de l’homme sut la Terre était probablement d’accomplir cet holocauste.

Les particules élémentaires (Michel Houellebecq)

Les gazelles et les daims, mammifères graciles, passaient leurs journées dans la terreur. Les lions et les panthères vivaient dans un abrutissement apathique traversé de brèves explosions de cruauté. Ils tuaient, déchiquetaient, dévoraient les animaux les plus faibles, vieillis ou malades ; puis ils replongeaient dans un sommeil stupide, uniquement animé par les attaques des parasites qui les dévoraient de l’intérieur.

Les particules élémentaires (Michel Houellebecq)

La pure morale est unique et universelle. Elle ne subit aucune altération au cours du temps, non plus qu’aucune adjonction. Elle ne dépend d’aucun facteur historique, économique, sociologique ou culturel ; elle ne dépend absolument de rien du tout. Non déterminée, elle détermine. Non conditionnée, elle conditionne. En d’autres ternies, c’est un absolu.

Les particules élémentaires (Michel Houellebecq)

Les quelques heures que dura la retransmission furent probablement le point culminant de la première période du rêve technologique occidental.

Les particules élémentaires (Michel Houellebecq)

L’éternité de l’enfance est uni éternité brève, mais il ne le sait pas encore

Les particules élémentaires (Michel Houellebecq)

En somme, il n’était pas beau du tout ; mais il se dégageait de sa personne une virilité puissante et sans complications qui devait séduire la jeune interne. En outre, il avait des projets. Un voyage aux Etats-Unis l’avait convaincu que la chirurgie esthétique offrait des possibilités d’avenir considérables à un praticien ambitieux. L’extension progressive du marché de la séduction, l’éclatement concomitant du couple traditionnel, le probable décollage économique de l’Europe occidentale : tout concordait en effet pour promettre au secteur d’excellentes possibilités d’expansion, et Serge Clément eut le mérite d’être un des premiers en Europe – et certainement le premier en France – à le comprendre

Les particules élémentaires (Michel Houellebecq)

Il s’agit d’une vie depuis longtemps disparue de nos contrées, dont l’analyse exhaustive n’offre donc qu’un intérêt limité ; certains écologistes radicaux en manifestant par périodes une nostalgie incompréhensble,

Les particules élémentaires (Michel Houellebecq)

En outre, cette fameuse « crise de la quarantaine » est souvent associée à des phénomènes sexuels, à la recherche subite et frénétique du corps des très jeunes filles. Dans le cas de Djerzinski, ces considérations étaient hors de propos : sa bite lui servait à pisser, et c’est tout.

Les particules élémentaires (Michel Houellebecq)

Il n’arrivait plus à se souvenir de sa dernière érection ; il attendait l’orage.

Les particules élémentaires (Michel Houellebecq)

tour. À la question : « Estimez-vous, vivant à Palaiseau,

Les particules élémentaires (Michel Houellebecq)

Freud a été victime du dressage par auto-dépréciation que sa mère, puis sa femme et ses filles, lui ont fait subir. Il a confondu la cause et l’effet : une femme ne croit pas que l’homme a plus de valeur qu’elle, elle se contente de le dire. C’est la puissance de la femme que l’homme devrait plutôt envier, mais il se complaît dans les délices de sa servitude.

L'homme subjugué (Esther Vilar)

Le destin d’une femme est son anatomie »

L'homme subjugué (Esther Vilar)

Seuls les hommes dont la puissance sexuelle est faible parviennent à espacer la satisfaction de leurs besoins et à renoncer à la régularité de la récompense pour ne la goûter que sporadiquement. Celui que la nature a doté d’une forte libido est encore plus soumis que les autres : « le jeune homme dynamique, actif, enthousiaste, décidé » que recherchent avec tant de convoitises les entreprises de tous genres, n’est rien d’autre qu’un psychopathe totalement esclave de son sexe

L'homme subjugué (Esther Vilar)

Au point de vue économique, il serait dans tous les cas plus profitable à l’homme de satisfaire ses désirs sexuels avec des prostituées plutôt que de se précipiter dans le mariage

L'homme subjugué (Esther Vilar)

tout cela sans autre but que d’éveiller la concupiscence de l’homme et de la tenir sans cesse en éveil. Elle lui offre sa marchandise aussi ouvertement qu’en vitrine, comme s’il n’avait qu’à faire un geste infime pour l’avoir. Comment s’étonnerait-on que l’homme, mis en état d’excitation permanente par ces avances non déguisées, n’ait bientôt plus d’autre pensée en tête que de gagner assez d’argent pour entrer en possession de l’article avec lequel on le tente à tous les moments ?

L'homme subjugué (Esther Vilar)

l’homme pourrait lui aussi conditionner son instinct sexuel. Preuve en sont les moines

L'homme subjugué (Esther Vilar)

Alors qu’un homme s’habille de sorte qu’en aucun cas son aspect ne puisse éveiller chez l’autre sexe une excitation physique, la femme, dès l’âge de douze ans, commence à s’attifer pour amorcer sa future clientèle.

L'homme subjugué (Esther Vilar)

la jeune fille qui n’a eu que peu d’amants est considérée comme ayant plus de valeur que celle qui en compte beaucoup. La chasteté de l’homme, elle, n’a jamais rien valu du fait que

L'homme subjugué (Esther Vilar)

comme la féminité est devenue un phénomène surtout sociologique où la partie biologique ne joue plus qu'un rôle modeste, même les homosexuels n'échappent pas à l'exploitation. Le partenaire dont le désir sexuel est le plus faible découvre rapidement la manière de manipuler celui qui est mû par un désir plus fort. Assumant le rôle de l'exploiteur — de la femme — il se comporte en conséquence : la faiblesse du désir sexuel est donc une caractéristique « féminine ».

L'homme subjugué (Esther Vilar)

il se trouve que les hommes accordent un prix insensé à l'usage exclusif d'un vagin de femme.

L'homme subjugué (Esther Vilar)

Petit lexique à l’usage des hommes

L'homme subjugué (Esther Vilar)

Code : Texte mis au clair

L'homme subjugué (Esther Vilar)

Mais, dans leur très grande majorité, les hommes préfèrent consciemment se soumettre à cette divinité exclusive que sont les femmes (ils donnent à cet asservissement le nom d'amour), car elle présente toutes les conditions requises pour satisfaire leur besoin de religion. Toujours à leurs côtés, elle n’éprouve aucune inquiétude métaphysique, et en cela elle est réellement « divine »... Du fait qu’elle a sans cesse des exigences nouvelles, l’homme ne se sent jamais abandonné (comme Dieu, elle est omniprésente ). Elle le délivre de sa dépendance des dieux collectifs qu’il doit partager avec ses concurrents. Elle lui semble digne de confiance puisqu’elle ressemble au Dieu de son enfance, à sa mère, et elle confère à son existence un sens artificiel puisque tout ce qu’il fait a pour objectif son confort à elle (et plus tard le confort de ses enfants), et non le sien. Déesse, elle peut non seulement châtier (en retirant sa protection), mais récompenser (en lui accordant des satisfactions sexuelles).

L'homme subjugué (Esther Vilar)

Comment est-il possible que les hommes, qui dans tous les autres domaines veulent tout savoir, se bouchent les yeux pour ignorer précisément ce simple fait ? Comment ne remarquent-ils pas qu’en dehors d’un vagin, de deux seins, et d’une paire de cartes perforées qui débitent toujours la même série d’insanités stéréotypées, il n’y a rien, absolument rien, dans une femme ; qu’elle ne se compose que de matière, qu’elle n’est, sous de la peau humaine, qu’un rembourrage qui se donne pour un être pensant

L'homme subjugué (Esther Vilar)

Un monde, où au lieu de toujours recommencer à explorer la « psyché énigmatique » de la femme (elle ne leur semble telle que parce qu’il n’y a en elle aucune énigme à résoudre), ils s’intéresseraient à leur psyché ou à celle des créatures éventuelles vivant sur d’autres planètes, avec lesquelles ils trouveraient le moyen de communiquer.

L'homme subjugué (Esther Vilar)

Et pourtant, l’homme qui réunit en lui toutes les conditions préalables pour jouir d’une vie riche, libre, digne d’un être humain, y renonce pour mener au contraire l’existence d’un esclave. Toutes ses facultés merveilleuses, il les met au service d’êtres qui en sont totalement démunis,

L'homme subjugué (Esther Vilar)

Que peut-il faire d’une dame dont les rondeurs fermes et lisses sont devenues des amas de graisse tremblotants recouverts d’une peau blafarde et flasque ? Dont la voix criarde a perdu son charme enfantin ? Dont le rire spontané et joyeux s’est mué en un hennissement saccadé ? Comment pourrait-il supporter cet épouvantail vieilli dont le verbiage sot et rebutant, maintenant qu’il ne sort plus d’une bouche d’enfant, lui déchire les nerfs, ce visage où les « Ah ! » et les « Oh ! » de surprise amènent de moins en moins l’expression d’un étonnement naïf, et de plus en plus celle de la faiblesse d’esprit ? Comment cette momie d’enfant éveillerait-elle chez lui des rêves de désir, de l’érotisme ? On pourrait donc croire que c’en est fait de son pouvoir.

L'homme subjugué (Esther Vilar)

Ce calcul, comme tout ce qu’entreprend la femme, est si bête et si mesquin que sa réussite tient presque au prodige. En effet, en vulgarisant partout, comme idéal de la beauté féminine, le « baby-look », elle se retrouve, au plus tard à vingt-cinq ans, au fond de l’impasse qu’elle a elle-même créée.

L'homme subjugué (Esther Vilar)

En général, son intelligence se bloque au plus tard à douze ans, c’est-à-dire à l’âge où elle décide de se livrer un jour à la prostitution en trouvant un homme qui travaille pour elle contre le prêt, à intervalles réguliers, de son vagin.

L'homme subjugué (Esther Vilar)

Théoriquement, une jolie femme qui n’aurait que l’intelligence d un chimpanzé réussirait parfaitement dans une société humaine.

L'homme subjugué (Esther Vilar)

l’homme recherche sans cesse un maître, quelqu’un ou quelque chose, parce qu’il ne se sent pas en sécurité dès qu’il n’est plus asservi.

L'homme subjugué (Esther Vilar)

comme la femme ne tient qu’à l’argent de l’homme et l’homme à l’aspect de la femme, les femmes les plus désirables disparaissent aussitôt de ce milieu, enlevées par ceux qui gagnent davantage.

L'homme subjugué (Esther Vilar)

Contemplate the marvel that is existence, and rejoice that you are able to do so.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

It cheers me to imagine that the air that once powered me could power others, to believe that the breath that enables me to engrave these words could one day flow through someone else’s body.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

Au moment où mon père prenait ma mère par-derrière elle avait eu l'idée malencontreuse de tendre la main pour lui caresser les testicules, si bien que l'éjaculation s'était produite. Elle avait éprouvé du plaisir, mais pas de véritable orgasme. Peu après, ils avaient mangé du poulet froid. Il y avait de cela trente-deux ans, maintenant; à l'époque, on trouvait encore de vrais poulets.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

La nature ne connaît pas l’extinction ; tout ce qu’elle connaît, c’est la transformation. Tout ce que la science m’a enseigné, tout ce qu’elle continue à m’enseigner, renforce ma foi dans la continuité de notre existence spirituelle après la mort. »   Wernher von Braun.

L'arc-en-ciel de la gravité (Pynchon Thomas)

éviter l’usage de matière plastique et de papier, réduire la consommation d’eau, trier les déchets, cuisiner seulement ce que l’on pourra raisonnablement manger, traiter avec attention les autres êtres vivants, utiliser les transports publics ou partager le même véhicule entre plusieurs personnes, planter des arbres, éteindre les lumières inutiles. Tout cela fait partie d’une créativité généreuse et digne, qui révèle le meilleur de l’être humain. Le fait de réutiliser quelque chose au lieu de le jeter rapidement, parce qu’on est animé par de profondes motivations, peut être un acte d’amour exprimant notre dignité.

Loué sois-tu (Pape François)

Il est toujours possible de développer à nouveau la capacité de sortir de soi vers l’autre. Sans elle, on ne reconnaît pas la valeur propre des autres créatures, on ne se préoccupe pas de protéger quelque chose pour les autres, on n’a pas la capacité de se fixer des limites pour éviter la souffrance ou la détérioration de ce qui nous entoure. L’attitude fondamentale de se transcender, en rompant avec l’isolement de la conscience et l’autoréférentialité, est la racine qui permet toute attention aux autres et à l’environnement, et qui fait naître la réaction morale de prendre en compte l’impact que chaque action et chaque décision personnelle provoquent hors de soi-même. Quand nous sommes capables de dépasser l’individualisme, un autre style de vie peut réellement se développer et un changement important devient possible dans la société.

Loué sois-tu (Pape François)

Acheter est non seulement un acte économique mais toujours aussi un acte moral

Loué sois-tu (Pape François)

Je demande à chaque personne de ce monde de ne pas oublier sa dignité que nul n’a le droit de lui enlever.

Loué sois-tu (Pape François)

La situation actuelle du monde « engendre un sentiment de précarité et d’insécurité qui, à son tour, nourrit des formes d’égoïsme collectif ».[145] Quand les personnes deviennent autoréférentielles et s’isolent dans leur propre conscience, elles accroissent leur voracité. En effet, plus le cœur de la personne est vide, plus elle a besoin d’objets à acheter, à posséder et à consommer. Dans ce contexte, il ne semble pas possible qu’une personne accepte que la réalité lui fixe des limites. À cet horizon, un vrai bien commun n’existe pas non plus. Si c’est ce genre de sujet qui tend à prédominer dans une société, les normes seront seulement respectées dans la mesure où elles ne contredisent pas des besoins personnels. C’est pourquoi nous ne pensons pas seulement à l’éventualité de terribles phénomènes climatiques ou à de grands désastres naturels, mais aussi aux catastrophes dérivant de crises sociales, parce que l’obsession d’un style de vie consumériste ne pourra que provoquer violence et destruction réciproque, surtout quand seul un petit nombre peut se le permettre.

Loué sois-tu (Pape François)

La conscience d’une origine commune, d’une appartenance mutuelle et d’un avenir partagé par tous, est nécessaire.

Loué sois-tu (Pape François)

La gravité de la crise écologique exige que tous nous pensions au bien commun et avancions sur un chemin de dialogue qui demande patience, ascèse et générosité, nous souvenant toujours que « la réalité est supérieure à l’idée ».

Loué sois-tu (Pape François)

Est-il réaliste d’espérer que celui qui a l’obsession du bénéfice maximum s’attarde à penser aux effets environnementaux qu’il laissera aux prochaines générations ? Dans le schéma du gain il n’y a pas de place pour penser aux rythmes de la nature, à ses périodes de dégradation et de régénération, ni à la complexité des écosystèmes qui peuvent être gravement altérés par l’intervention humaine. De plus, quand on parle de biodiversité, on la conçoit au mieux comme une réserve de ressources économiques qui pourrait être exploitée, mais on ne prend pas en compte sérieusement, entre autres, la valeur réelle des choses, leur signification pour les personnes et les cultures, les intérêts et les nécessités des pauvres.

Loué sois-tu (Pape François)

Le drame de l’“immédiateté” politique, soutenue aussi par des populations consuméristes, conduit à la nécessité de produire de la croissance à court terme. Répondant à des intérêts électoraux, les gouvernements ne prennent pas facilement le risque de mécontenter la population avec des mesures qui peuvent affecter le niveau de consommation ou mettre en péril des investissements étrangers. La myopie de la logique du pouvoir ralentit l’intégration de l’agenda environnemental aux vues larges, dans l’agenda public des gouvernements. On oublie ainsi que « le temps est supérieur à l’espace»,[130] que nous sommes toujours plus féconds quand nous nous préoccupons plus d’élaborer des processus que de nous emparer des espaces de pouvoir. La grandeur politique se révèle quand, dans les moments difficiles, on œuvre pour les grands principes et en pensant au bien commun à long terme. Il est très difficile pour le pouvoir politique d’assumer ce devoir dans un projet de Nation.

Loué sois-tu (Pape François)

“That would never work in the real world.” You hear it all the time when you tell people about a fresh idea. This real world sounds like an awfully depressing place to live. It’s a place where new ideas, unfamiliar approaches, and foreign concepts always lose.

Rework (Jason Fried)

If you’re inspired on a Friday, swear off the weekend and dive into the project. When you’re high on inspiration, you can get two weeks of work done in twenty-four hours. Inspiration is a time machine in that way.

Rework (Jason Fried)

Don’t shy away from the fact that your product or service does less. Highlight it. Be proud of it. Sell it as aggressively as competitors sell their extensive feature lists.

Rework (Jason Fried)

Do less than your competitors to beat them.

Rework (Jason Fried)

Having an enemy gives you a great story to tell customers, too. Taking a stand always stands out. People get stoked by conflict. They take sides. Passions are ignited. And that’s a good way to get people to take notice.

Rework (Jason Fried)

Having an enemy gives you a great story to tell customers, too. Taking a stand always stands out. People get stoked by conflict. They take sides. Passions are ignited. And that’s a good way to get people to take notice. Underdo your competition

Rework (Jason Fried)

Having an enemy gives you a great story to tell customers, too.

Rework (Jason Fried)

Go to sleep Forgoing sleep is a bad idea. Sure, you get those extra hours right now, but you pay in spades later: You destroy your creativity, morale, and attitude.

Rework (Jason Fried)

The longer something takes, the less likely it is that you’re going to finish it.

Rework (Jason Fried)

Problems can usually be solved with simple, mundane solutions. That means there’s no glamorous work. You don’t get to show off your amazing skills. You just build something that gets the job done and then move on. This approach may not earn you oohs and aahs, but it lets you get on with it.

Rework (Jason Fried)

Problems are usually pretty simple. We just imagine that they require hard solutions. What could you be doing instead?

Rework (Jason Fried)

It’s so easy to say yes. Yes to another feature, yes to an overly optimistic deadline, yes to a mediocre design. Soon, the stack of things you’ve said yes to grows so tall you can’t even see the things you should really be doing.

Rework (Jason Fried)

It’s so easy to say yes. Yes to another feature, yes to an overly optimistic deadline, yes to a mediocre design.

Rework (Jason Fried)

Long projects zap morale. The longer it takes to develop, the less likely it is to launch. Make the call, make progress, and get something out now—while you’ve got the motivation and momentum to do so.

Rework (Jason Fried)

You want to get into the rhythm of making choices. When you get in that flow of making decision after decision, you build momentum and boost morale. Decisions are progress.

Rework (Jason Fried)

So sacrifice some of your darlings for the greater good. Cut your ambition in half. You’re better off with a kick-ass half than a half-assed whole.

Rework (Jason Fried)

Build half a product, not a half-assed product

Rework (Jason Fried)

Southwest—unlike most other airlines, which fly multiple aircraft models—flies only Boeing 737s. As a result, every Southwest pilot, flight attendant, and ground-crew member can work any flight.

Rework (Jason Fried)

Would you go into a relationship planning the breakup?

Rework (Jason Fried)

What is it with people who can’t even start building something without knowing how they’re going to leave it?

Rework (Jason Fried)

Building to flip is building to flop

Rework (Jason Fried)

most software is too complex: too many features, too many buttons, too much confusion.

Rework (Jason Fried)

You have to believe in something. You need to have a backbone. You need to know what you’re willing to fight for.

Rework (Jason Fried)

why you’re doing what you’re doing.

Rework (Jason Fried)

Besides, the perfect time never arrives. You’re always too young or old or busy or broke or something else. If you constantly fret about timing things perfectly, they’ll never happen.

Rework (Jason Fried)

When you want something bad enough, you make the time—regardless of your other obligations. The truth is most people just don’t want it bad enough. Then they protect their ego with the excuse of time. Don’t let yourself off the hook with excuses. It’s entirely your responsibility to make your dreams come true.

Rework (Jason Fried)

Instead of watching TV or playing World of Warcraft, work on your idea. Instead of going to bed at ten, go to bed at eleven. We’re not talking about all-nighters or sixteen-hour days—we’re talking about squeezing out a few extra hours a week. That’s enough time to get something going.

Rework (Jason Fried)

The easiest, most straightforward way to create a great product or service is to make something you want to use.

Rework (Jason Fried)

If you’re going to do something, do something that matters.

Rework (Jason Fried)

To do great work, you need to feel that you’re making a difference. That you’re putting a meaningful dent in the universe. That you’re part of something important.

Rework (Jason Fried)

Anyone who creates a new business is a starter. You don’t need an MBA, a certificate, a fancy suit, a briefcase, or an above-average tolerance for risk. You just need an idea, a touch of confidence, and a push to get started.

Rework (Jason Fried)

Workaholics aren’t heroes. They don’t save the day, they just use it up. The real hero is already home because she figured out a faster way to get things done.

Rework (Jason Fried)

No one makes sharp decisions when tired.

Rework (Jason Fried)

Yet these topical applications of epistemic modesty are not enough; they must be supplemented here by a systemic admission of uncertainty and fallibility. This is not false modesty:

Superintelligence: Paths, Dangers, Strategies (Nick Bostrom)

If our lives are tales that Allah tells, then we are the audience as well as the players, and it is by living these tales that we receive their lessons.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

Nothing erases the past. There is repentance, there is atonement, and there is forgiveness. That is all, but that is enough.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

Nothing erases the past. There is repentance, there is atonement, and there is forgiveness. That is all, but that is enough. It has long been said that air (which others call argon) is the source of life.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

Nothing erases the past. There is repentance, there is atonement, and there is forgiveness. That is all, but that is enough.

Exhalation (Chiang, Ted)

I count myself fortunate beyond measure, for I was given the opportunity to revisit my past mistakes, and I have learned what remedies Allah allows.

Exhalation (Chiang, Ted)

My journey to the past had changed nothing, but what I had learned had changed everything, and I understood that it could not have been otherwise. If our lives are tales that Allah tells, then we are the audience as well as the players, and it is by living these tales that we receive their lessons.

Exhalation (Chiang, Ted)

“She wished me to tell you that her last thoughts were of you. She wished me to tell you that while her life was short, it was made happy by the time she spent with you.”

Exhalation (Chiang, Ted)

I remembered that my goal was to play a hidden role in my own tale.

Exhalation (Chiang, Ted)

“Four things do not come back: the spoken word, the sped arrow, the past life, and the neglected opportunity,”

Exhalation (Chiang, Ted)

I spoke to a mullah about what I had done, and it was he who told me that repentance and atonement erase the past. I repented and atoned as best I knew how; for twenty years I lived as an upright man, I offered prayers and fasted and gave alms to those less fortunate and made a pilgrimage to Mecca, and yet I was still haunted by guilt. Allah is all-merciful, so I knew the failing to be mine.

Exhalation (Chiang, Ted)

Whenever I imagined myself marrying another woman, I remembered the look of hurt in Najya’s eyes when I last saw her, and my heart was closed to others.

Exhalation (Chiang, Ted)

you forget the pain you caused another.

Exhalation (Chiang, Ted)

Eventually my period of lamentation ended, and I was left a hollow man, a bag of skin with no innards.

Exhalation (Chiang, Ted)

grief burns but does not consume; instead, it makes the heart vulnerable to further suffering.

Exhalation (Chiang, Ted)

I began to ask him if he had met his older self, but then I bit back my words. If the answer was no, it was surely because his older self was dead, and I would be asking him if he knew the date of his death. Who was I to make such an inquiry, when this man was granting me a boon without asking my intentions? I saw from his expression that he knew what I had meant to ask, and I bowed my head in humble apology.

Exhalation (Chiang, Ted)

“I will not ask your intentions, being content to wait until you are ready to tell me. But I would remind you that what is made cannot be unmade.” “I know,” I said. “And that you cannot avoid the ordeals that are assigned to you. What Allah gives you, you must accept.”

Exhalation (Chiang, Ted)

She knew Hassan’s first meeting with the young Raniya was not far away, and for a moment did not understand how this fumbling boy could change so quickly. And then of course the answer was clear. So every afternoon for many days, Raniya met Hassan at her rented house and instructed him in the art of love,

Exhalation (Chiang, Ted)

“He must live with the consequences of his actions, just as I must live with mine.”

Exhalation (Chiang, Ted)

“It is said that repentance and atonement erase the past.”

Exhalation (Chiang, Ted)

When next he saw his older self, Hassan asked him, “Why did you not warn me about the pickpocket?” “Did you not enjoy the experience?” asked his older self. Hassan was about to deny it, but stopped himself. “I did enjoy it,” he admitted. In pursuing the boy, with no hint of whether he’d succeed or fail, he had felt his blood surge in a way it had not for many weeks. And seeing the boy’s tears had reminded him of the Prophet’s teachings on the value of mercy,

Exhalation (Chiang, Ted)

peut-être, mais cette négligence ne lui messied

Les Hauts de Hurlevent (Emily Brontë)

un expédient qui permet de soutenir la sur-consommation de certains pays et secteurs.

Loué sois-tu (Pape François)

Le Créateur ne nous abandonne pas, jamais il ne fait marche arrière dans son projet d’amour, il ne se repent pas de nous avoir créés.

Loué sois-tu (Pape François)

La diminution des postes de travail « a aussi un impact négatif sur le plan économique à travers l’érosion progressive du “capital social”, c’est-à-dire de cet ensemble de relations de confiance, de fiabilité, de respect des règles indispensables à toute coexistence civile

Loué sois-tu (Pape François)

V. LA JUSTICE ENTRE GÉNÉRATIONS

Loué sois-tu (Pape François)

dans un monde sans travail, serons-nous occupés à gaver notre striatum de nourriture bon marché, de sexe en ligne, d’information continue et d’estime de soi virtuelle, ou consacrerons-nous de plus en plus de temps à développer notre degré de conscience de nous-même et des autres, et à enrichir notre existence par l’échange de connaissances de plus en plus vastes ?

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

dans un monde sans travail, serons-nous occupés à gaver notre striatum de nourriture bon marché, de sexe en ligne, d’information continue et d’estime de soi virtuelle, ou consacrerons-nous de plus en plus de temps à développer notre degré de conscience de nous-même et des autres, et à enrichir notre existence par l’échange de connaissances de plus en plus vastes

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Notre striatum est avide de connaissances et il s’agit là probablement d’un gisement prometteur pour l’économie du futur, ainsi que d’un substitut intéressant à la croissance matérielle qui est actuellement le seul objectif des appareils industriels de nouvelle génération, dont le numérique.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

récompenses cognitives

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

En plaçant les sujets dans une IRM, les expérimentateurs ont alors observé que ces récompenses cognitives activaient précisément les neurones dopaminergiques du striatum, révélant l’existence d’une prime à l’agilité mentale et à la capacité de résolution de problèmes,

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

La mise en œuvre industrielle de ce programme humain ne peut faire que brûler de plus en plus de ressources naturelles, en isolant les habitants de la planète dans des espaces virtuels coupés d’une nature désormais dévastée.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

à quel moment demande-t-on à un ingénieur réseau, un développeur de ligne de cosmétiques, ou un dirigeant d’entreprise automobile : « Avez-vous conscience de ce que vous faites ? »

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

nous nous comportons comme des êtres dotés d’un haut niveau d’intelligence mais d’un faible niveau de conscience.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

prendre du plaisir à conduire sa vieille voiture démodée et à chercher également du plaisir dans des relations avec ses amies dans lesquelles n’entrerait pas de notion de comparaison sociale.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Plutôt que de chercher à augmenter sans cesse le nombre de nos amis sur Facebook, nous pouvons investir dans la qualité de ces relations.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

qu’en développant notre caisse de résonance sensorielle, nous pouvons faire croire à notre striatum qu’il obtient davantage de plaisir, alors que nous lui en donnons moins quantitativement.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

C’est pourquoi il est particulièrement néfaste, en termes d’équilibre et de poids corporel, d’avoir pour habitude de manger devant sa télévision. Les études sur ce sujet ont montré que nous ingérons entre 36 % et 71 % de calories en plus, car la prise alimentaire se fait alors sous contrôle automatique, sous le plein commandement du striatum, qui est dépourvu de conscience3 4 5.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

C’est pourquoi il est particulièrement néfaste, en termes d’équilibre et de poids corporel, d’avoir pour habitude de manger devant sa télévision.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Prenez un grain de raisin sec dans un de ces sachets que l’on peut trouver sur les étagères d’un supermarché,

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Tout le bonheur du monde dans un grain de raisin

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

tant pis si nos choix sont influencés, du moment que nous avons accès à des stimulateurs de notre striatum à titre gratuit et illimité.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Nous avons complètement dévoyé l’idéal libéral issu de l’humanisme des Lumières en réduisant la liberté à la possibilité pour chacun de satisfaire ses besoins pulsionnels

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Au point que, laissés un quart d’heure sur une chaise sans rien faire, la plupart d’entre nous préfèrent encore s’envoyer des chocs électriques, plutôt que d’être confrontés à ce silence, comme l’a récemment montré une expérience devenue célèbre publiée dans la revue Science

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

L’écran entraîne constamment notre pensée à distance de cette préoccupation angoissante.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

La deuxième réaction du psychisme humain confronté à sa propre liberté et à sa finitude est le déni. L’important est ici de ne pas penser que l’on est seul face à son destin auquel il s’agit de donner un sens tout en le sachant condamné. La possibilité du déni est offerte à un échelon industriel par la société du divertissement. Le symbole de cette fuite est aujourd’hui l’écran

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Une fois acquis le droit de l’individu à l’autonomie de ses choix et de ses croyances, c’est-à-dire le droit de donner à sa vie la direction qu’il souhaite, définir cette direction est devenu une tâche bien ardue. La direction n’étant plus fixée par la religion, ni par un régime politique totalitaire, chacun de nous doit créer son propre sens. Nous sommes confrontés à un travail considérable qui consiste à trouver une justification à notre existence et à nos actes, en dehors des grands systèmes de valeurs qui ont prévalu par le passé.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Aujourd’hui, les seules valeurs acceptées en commun par une majorité de citoyens du monde occidental sont la liberté individuelle et les droits de l’homme. Mais ce sont précisément les mêmes valeurs qui ont conduit à notre situation présente.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

La société se morcèle ainsi en petits cercles d’appartenance qui n’ont plus rien de commun les uns avec les autres. Au milieu de tout cela, quelle analyse cohérente peut remporter l’adhésion du plus grand nombre et déboucher sur une action collective sensée ?

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Paradoxalement, si nous voulons aujourd’hui trouver un tel espace public, une fois éteints notre téléviseur ou notre poste de radio, il ne reste que les espaces religieux.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Nous sommes encore incapables d’imaginer une scène publique dont la mission soit de nous proposer du sens et de la foi. Non pas de la foi en une entité surnaturelle, mais en un principe d’action qui trace un futur.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Nous sommes encore incapables d’imaginer une scène publique dont la mission soit de nous proposer du sens et de la foi.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Un jour, peut-être, le nec plus ultra du snobisme sera d’être sobre et respectueux de l’environnement, et non de posséder un 4 × 4 suréquipé. Dans cette hypothèse, dès l’instant où le statut social sera associé aux comportements respectueux de la planète, la partie sera gagnée. Le striatum sera devenu le moteur de la préservation, et non de la destruction.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

L’apprentissage social est sans doute ce qui explique que les femmes soient plus enclines à partager,

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

les hommes voyant leur succès reproductif augmenter lorsqu’ils se montrent compétitifs vis-à-vis de leurs potentiels concurrents (souvenons-nous du lien entre statut social et descendance),

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Mère Teresa avait aussi un striatum. Elle ne l’utilisait ni pour se gaver de chicken wings, ni pour surfer sur des sites pornographiques, ni pour jouer à Call of Duty pendant des nuits entières, ni pour augmenter son nombre de likes sur Facebook.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Depuis 1968, il est interdit d’interdire, et il est de bon ton de jouir sans entraves.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Ce phénomène porte le nom de « déplétion de l’ego » et se constate par exemple à travers des expériences amusantes où l’on observe que des personnes venant de résister à l’envie de manger des chocolats éprouvent ensuite de grosses difficultés à résoudre des problèmes mentaux, ce qui indique que leur énergie mentale s’est épuisée à lutter contre la tentation du renforceur primaire

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Une grande partie du travail d’un chrétien du Moyen Âge consistait à lutter par la volonté contre ses grands renforceurs primaires. Ceux-ci correspondent d’ailleurs en partie aux péchés capitaux : la gourmandise (on reconnaît le renforceur de la nourriture), la luxure (deuxième renforceur, le sexe), l’orgueil (troisième renforceur, le statut social), la paresse (quatrième renforceur, le moindre effort), le péché d’envie étant probablement à rattacher au renforceur de statut social, et le péché de colère étant associé, d’un point de vue neurologique, à d’autres circuits cérébraux. Les religions, en tout état de cause, ont vu dans le striatum la face sombre de l’humain et ont tenté de le réprimer à grands coups d’interdits moraux.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

au service d’un nain ivre de pouvoir, de sexe, de nourriture, de paresse et d’ego.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Bons mots, aphorismes, petits faits quotidiens, éruptions émotionnelles, voilà ce qui en résulte. Une information se répand plus facilement si elle est courte et percutante.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

se gaver de hamburgers même si cela doit se faire au prix de chocs électriques

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Les prestataires trop lents disparaissent et il ne reste finalement que l’offre la plus rapide. On glisse ainsi de la 2G à la 3G puis à la 4G et on ne sait pas encore très bien où cela s’arrêtera.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

plus la technologie numérique nous propose des outils performants pour obtenir rapidement ce que nous désirons, moins nous développons nos capacités d’attente.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

le Britannique moyen était prêt à attendre dix secondes pour obtenir le chargement d’une page Web et seize secondes pour le chargement d’une vidéo, délai au-delà duquel il commence à perdre ses nerfs.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

le Britannique moyen était prêt à attendre dix secondes pour obtenir le chargement d’une page Web

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Si on nous dit : dans quarante ans, 30 % des terres habitables seront submergées, nous trouvons cela moins gênant que de renoncer à nos vacances annuelles aux Seychelles, et surtout à une bonne côte de bœuf dans notre assiette.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

lorsque vous vous habituez à avoir tout instantanément, vous perdez la fonction physiologique qui permet de renoncer à quelque chose maintenant au profit d’autre chose plus tard.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

vous l’avez dans la journée, parfois même dans l’heure.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Avec le néolithique, ce n’est guère plus brillant. Quand le cortex invente l’agriculture, il se met en tête de planifier les récoltes, de garder assez de nourriture pour passer l’hiver et de semailles pour ensemencer les champs l’année suivante. Le striatum s’impatiente : « Pourquoi n’avales-tu pas ces réserves tout de suite ! Regarde comme elles sont appétissantes ! » Certes, mais on vit alors dans des sociétés où les parents apprennent aux enfants à compter sur l’avenir.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Sans créer de la frustration chez les plus jeunes, il est donc conseillé de les amener à se représenter l’avenir pour « tenir » face aux appels brûlants du présent immédiat.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

quand l’avenir est incertain, mieux vaut se saisir de ce qui se présente à nous, tant que nous en avons l’opportunité.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Fin du mois ou fin du monde

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

la capacité à résister à l’appel brûlant du présent dépendait aussi de la confiance en l’avenir

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Le taux de dévalorisation temporelle varie selon les individus : les valeurs les plus fortes sont observées chez les personnes les plus impulsives, qui sont très sensibles à l’attrait d’une récompense immédiate, vulnérables aux achats impulsifs, aux drogues, au tabac ou à l’alcool. Un fort taux de dévalorisation temporelle est globalement associé à des problèmes sociaux ou professionnels, des démêlés plus fréquents avec la police (des problèmes de violence, difficulté à résister aux provocations par l’anticipation des conséquences) alors que les taux les plus faibles prédisent un bon succès professionnel et social.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

dévalorisation temporelle.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

des millions de personnes obèses sont exposées à un choix du même ordre : manger une barre chocolatée ou une portion de frites maintenant, et s’exposer pour des années à une faible estime de soi,

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

chacun de ces fumeurs est quotidiennement confronté à un choix simple : soit obtenir un plaisir instantanément tout en s’exposant à d’intenses souffrances pour lui et son entourage dans plusieurs années, soit renoncer au plaisir immédiat, et réduire le risque d’issue fatale dans vingt ou trente ans. Et chaque année, des dizaines de millions de personnes choisissent d’obtenir du plaisir instantanément et de prendre le risque de s’exposer à d’intenses souffrances dans plusieurs années.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Sans doute pensera-t-il : « Mes enfants trouveront des solutions. Mes enfants seront riches de la fortune que j’aurai amassée et vivront à l’abri des agitations démographiques, dans des palaces climatisés.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Sans doute pensera-t-il : « Mes enfants trouveront des solutions. Mes enfants seront riches de la fortune que j’aurai amassée et vivront à l’abri des agitations démographiques,

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Vous, moi, nous nous soucions peu de ce qui va se passer dans vingt ou trente ans. Ce qui compte, c’est ce qui se passe maintenant. Nous avons la possibilité de vivre sans restrictions, entourés de gadgets, libres de sillonner la terre à bord d’avions long-courriers, d’acheter de nouvelles voitures, de nouveaux téléphones et de nouveaux ordinateurs à chaque fois qu’une nouvelle version voit le jour, extrayant le pétrole du sous-sol et faisant tourner des serveurs numériques à plein régime. Et nous devrions renoncer à cela ? Au nom de quoi ? Sous prétexte que le futur serait plus important ? »

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Alors, si nous pensons bien de temps en temps que nos petits-enfants trouveront un monde en proie aux sécheresses et aux mouvements de population, privé de 80 % de sa faune sauvage, nous nous rassurons en songeant que nous aurons toujours le temps de voir venir.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Renoncer à des vacances à Bali pour espérer un effet dans quarante ans sur le niveau des mers, et encore, à condition que tout le monde fasse pareil ? Quand on habite à Paris, on n’est pas menacé par la submersion, et à quoi serviraient les climatiseurs, si ce n’était à nous protéger des canicules ? Il faut bien vivre.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Renoncer à des vacances à Bali pour espérer un effet dans quarante ans sur le niveau des mers, et encore, à condition que tout le monde fasse pareil ? Quand

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Quelles conséquences cela a-t-il pour notre avenir ? Aujourd’hui, une part importante des décisions qui sont prises à haut niveau relèvent de deux grandes forces : d’une part, les entreprises multinationales qui cherchent, de la même façon, à maximiser leur profit et qui, pour cette raison, n’ont aucunement intérêt à refréner ce penchant de l’humanité pour le « toujours plus » ; d’autre part, les États gouvernés par des striatums isolés (des dirigeants politiques en quête de pouvoir personnel) qui cherchent eux aussi à maximiser leur pouvoir et relaient à cette fin la doctrine la plus largement répandue du toujours plus, à savoir le consumérisme de masse.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Il faut absolument briguer un autre mandat, si possible les cumuler, pour continuer à faire fonctionner l’aire tegmentale ventrale et le noyau accumbens

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Dans le cas du sexe, cela prend la forme de nouvelles conquêtes. La lassitude dans le couple est en partie redevable de ce mécanisme qui émousse le plaisir par la prédictibilité

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

L’accroissement de richesse, de nourriture ou de sexe n’engendre un bien-être que très fugitif, qui doit aussitôt être suivi d’un nouvel accroissement.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

une telle occasion. Le problème, c’est que le même processus d’habituation ne tarde pas à s’installer, et qu’il n’a virtuellement pas de fin.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

le striatum est un régulateur de Watt dont le réglage serait susceptible d’augmenter en permanence.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

La découverte de ce mécanisme a confirmé une prédiction brillante réalisée dès 1976 par le biologiste et généticien Richard Dawkins. Dans son livre qui fait probablement partie des dix ouvrages de sciences qu’il faut absolument avoir lus dans sa vie, Le Gène égoïste, Dawkins décrit les organismes vivants comme des machines à survie.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Le striatum des animaux fonctionne selon le même principe. Les résultats à atteindre sont les renforceurs primaires (nourriture, sexe, statut, information, moindre effort) et les neurones à dopamine réalisent, dans chacune des situations que nous rencontrons, des prédictions sur notre capacité à atteindre ces objectifs. L’écart entre ce que nous atteignons réellement et cette prédiction est converti en décharge de dopamine – positive si nous atteignons un but supérieur à la prédiction, négative dans le cas contraire.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

C’est en fonction de l’écart entre la prédiction et le résultat que le cerveau décide ou non de conserver un comportement. Si l’écart est positif (le résultat dépasse la prédiction), le comportement est fortement stabilisé. Si l’écart est négatif (le résultat est inférieur à la prédiction), le comportement est éliminé. Si l’écart est nul (résultat conforme à la prédiction), une sensation de lassitude s’ensuit et l’on est prêt à prendre toute mesure aboutissant à un résultat supérieur

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Si nous voulions agir pour autre chose que la satisfaction de nos cinq grands renforceurs primaires, il faudrait inventer un moyen de museler l’activité de notre striatum au moyen des efforts conscients de notre volonté et de notre raison, logées dans notre cortex. Certains s’y sont essayés. Bien des philosophes, de Socrate à Lucrèce ou Descartes, des religions et des courants spirituels, s’y sont efforcés, en prônant la tempérance, voire la contrition, parfois même la pénitence – sans effet. Ce n’est pas un livre sacré ou une doctrine qui peut lutter contre un système neuronal forgé à coups de centaines de millions d’années de survie, de douleur et de plaisir.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Nourriture, sexe, effort minimal, statut social et information-distraction : ces cinq grands piliers de l’activité animale sont les pôles qui aimantent toutes les actions individuelles et collectives.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

individu en surpoids, se déplaçant peu, travaillant de moins en moins, se distrayant par des jeux vidéo sans se lever de son siège, se gavant d’informations sur des écrans, faisant une forte consommation de pornographie virtuelle et vérifiant toutes les dix minutes si l’image qu’il envoie au monde entier par les moyens de télécommunications numériques est aussi avantageuse qu’il le souhaiterait.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Personne n’a oublié cette réponse de Steve Jobs à un journaliste qui lui demandait quel usage ses enfants faisaient de l’iPad : « Ils ne l’ont jamais eu entre les mains

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

La notion de récompense imprévisible est centrale à l’addiction

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

C’est lorsque la gratification est difficile à anticiper que les neurones à dopamine déchargent le plus.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Pour inciter les visiteurs à jouer intensément et longtemps, il faut leur fournir des récompenses distribuées à un rythme variable, mais fréquent, et également les punir s’ils cessent de jouer ou ne jouent pas assez

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

La captation des cerveaux est un des piliers de l’économie du futur, et elle est indissociable de la réduction du travail. De plus en plus, il s’agira d’occuper des personnes sans emploi et dont l’utilité sociale se réduira à leur aptitude à consommer. Pourra-t-on se contenter d’exploiter leur soif d’information ?

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Pour la plupart des personnes accros à l’info en boucle, être informé de ce qui s’est passé au gouvernement, de la météo qu’il fait à Rennes ou du déraillement d’un train en Inde ne changera pas leurs décisions ni leur comportement pendant les jours et les semaines qui vont suivre. Il est probable qu’elles se sentiraient mieux en ciblant leur besoin d’information, et en s’occupant à d’autres activités créatives. Mais notre comportement est principalement déterminé par le striatum, et non par la raison.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Nous sommes victimes d’un piège : nos systèmes cérébraux de recherche d’information ont été soumis pendant des millions d’années à un régime très pauvre, dans un milieu où les données exploitables étaient rares et où il fallait des détecteurs très affûtés. Comme pour ceux de l’alimentation, aucun frein n’a été conçu pour ce système.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

une perte de temps de 28 % sur une journée en moyenne

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

se tailler la plus belle part de ce marché, en attirant vers leurs services ou leurs produits quelques millions d’âmes de plus que leurs concurrents.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Chamath Palihapitiya, s’est fendu d’une confession publique dans laquelle il regrettait d’avoir conçu un système qui détruisait le psychisme des adolescents en suscitant une incertitude continuelle quant à leur propre valeur, et en les incitant à se connecter en permanence dans l’espoir de se rassurer, produisant l’effet contraire. Le tout grâce à la puissance de « boucles de rétroaction à court terme basées sur la dopamine », qui « déchirent le lien social30 ».

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

boucles de rétroaction à court terme basées sur la dopamine », qui « déchirent le lien social30 ».

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

lorsqu’un jeune possède un ordinateur ou un smartphone dans sa chambre, il dort en moyenne quarante-sept minutes de moins.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Fear Of Missing Out,

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

impossible d’entendre tout ce qui se dit, d’où le sentiment de rater une multitude de conversations et autant d’opportunités

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

L’humanité se transforme en sorte de tablée où l’on converserait à bâtons rompus, en bombant le torse et en essayant de parler plus fort que tout le monde.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Dans cette grande « bourse du Moi », pour reprendre l’expression du philosophe Carlo Strenger22, chacun s’offre au regard de la multitude en espérant être apprécié et en craignant par-dessus tout d’y être dénigré. Tout le monde veut s’y trouver parce qu’il est difficile de résister à l’attrait du statut social, même virtuel. Nulle surprise si certaines personnes y passent alors une part importante de leur vie.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Notre système nerveux a été façonné pour tenir compte d’un environnement humain restreint, riche d’environ une centaine d’individus, où les relations sont fondées sur des rencontres réelles et riches de sens, combinant plusieurs modalités sensorielles ainsi que des émotions.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Facebook, Twitter ou Instagram sont des machines à fabriquer du statut social virtuel.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

La télévision hypnotise, en provoquant un réflexe d’immobilité et de passivité appelé réflexe d’orientation13, mais elle ne confère pas de statut social et génère donc de la frustration pour les humains modernes peu à peu privés de travail. Une nouvelle invention, beaucoup plus intelligente de ce point de vue, a trouvé le moyen d’assouvir ce besoin : il s’agit des réseaux sociaux.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

La télévision hypnotise, en provoquant un réflexe d’immobilité et de passivité appelé réflexe d’orientation

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

L’enquête démontre de façon sûre ce qu’on avait longtemps tenu pour vrai en théorie, à savoir que les désirs sont insatiables ; qu’un désir satisfait ouvre la voie à un autre. Pour conclure, nous dirons qu’au plan économique un champ sans limites s’offre à nous ; de nouveaux besoins ouvriront sans cesse la voie à d’autres plus nouveaux encore, dès que les premiers seront satisfaits. […] La publicité et autres moyens promotionnels […] ont attelé la production à une puissance motrice quantifiable. […] Il semble que nous pouvons continuer à augmenter l’activité. […] Notre situation est heureuse, notre élan extraordinaire.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

L’enquête démontre de façon sûre ce qu’on avait longtemps tenu pour vrai en théorie, à savoir que les désirs sont insatiables ; qu’un désir satisfait ouvre la voie à un autre. Pour conclure, nous dirons qu’au plan économique un champ sans limites s’offre à nous ; de nouveaux besoins ouvriront sans cesse la voie à d’autres plus nouveaux encore, dès que les premiers seront satisfaits. […] La publicité et autres moyens promotionnels […] ont attelé la production à une puissance motrice quantifiable. […] Il semble que nous pouvons continuer à augmenter l’activité.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

En 1929, Herbert Hoover, alors président des États-Unis, commanda un rapport sur les changements dans l’économie,

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Les chercheurs ont donc voulu savoir si des singes comme les macaques pouvaient être sensibles à la publicité. À cette fin, ils leur ont fait visionner des logos

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

La plupart du temps, ces mêmes personnes se présentent comme dotées d’une conscience écologique et ont renoncé à l’usage personnel d’un véhicule essence ou diesel. Elles omettent cependant de dire que la fabrication des smartphones ainsi que l’usage récréatif quotidien des moteurs de recherche et le visionnage de vidéos sur Internet sont générateurs de plus de gaz à effet de serre que le trafic aérien de la planète, avec plus de 800 millions de tonnes de dioxyde de carbone émis annuellement, un chiffre appelé à doubler d’ici 2020

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Vous partagez tout sur les réseaux sociaux, mais il y a une chose que vous ne partagerez pas, c’est l’annonce sur la réduction spéciale offerte jusqu’au 31 janvier sur le modèle avec boîte automatique. Quand vous comprendrez qu’à ce prix vous pourrez vous offrir la Mercedes de vos rêves, on verra si vous partagerez cette information sur les réseaux sociaux.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

La clé de la prospérité économique, c’est la création d’une insatisfaction organisée

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

les cabinets de publicitaires avaient libéré la force profonde de nos cerveaux, une énergie primate ancienne,

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

à partir des années 1920, le discours publicitaire insista justement sur la comparaison sociale. Pour amener chaque foyer américain à se procurer une automobile puissante et luxueuse alors que la sienne était amplement suffisante et que de toute façon les limitations de vitesse rendaient totalement abscons un moteur de 180 chevaux, les slogans firent vibrer la corde de l’envie et du statut : « Savez-vous que votre voisin possède déjà la Buick 8.64 sport roadster ? »

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Finalement, c’est ce que nous observons autour de nous : chez Homo sapiens, l’envie de statut social se manifeste par l’acquisition de signes extérieurs artificiels, comme des chaussures, des voitures, des téléphones ou le fait de dîner dans les meilleurs restaurants ou d’assister aux concerts les plus prestigieux. Un teint hâlé acquis sous de lointaines latitudes, au cœur de l’hiver, permet de rehausser son image auprès de ses collègues ou amis, à plus forte raison s’il a fallu parcourir 15 000 kilomètres en quelques heures pour trouver un peu de chaleur à l’autre bout du monde.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Ou peut-être avez-vous aussi connu ce sentiment en vous offrant un des attributs habituellement associés au standing social, comme une belle montre, ou une jolie auto, un sac à main Versace ou le dernier iPhone.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Songez à la dernière fois que vous avez connu une importante promotion, ou un succès professionnel qui a changé votre rayonnement ou votre statut parmi vos cercles de pairs.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

toute notre société repose sur une foule d’indices révélant le statut social : marque des chaussures que vous portez à l’école dès le plus jeune âge, restaurants que fréquentent vos parents, destinations de vacances prisées, quartier où vous habitez, statut de cadre ou d’employé…

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

les jeunes en décrochage scolaire s’accrochent encore à ce dernier viatique : la paire de chaussures Nike ou le sac Louis Vuitton qui permettent, tant bien que mal, d’afficher un semblant de statut social.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Il faut toutefois reconnaître que, sans ce moteur dont le carburant est le sexe et le pouvoir, aucun empire n’aurait vu le jour et peut-être aucune symphonie n’aurait été composée. Car l’envie de se hisser au-dessus des autres constitue à elle seule un aiguillon fantastique.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Et il se jouait dans quelques centimètres cubes de matière neuronale dans le cerveau d’un homme. Il faut toutefois reconnaître que, sans ce moteur dont le carburant est le sexe et le pouvoir, aucun empire n’aurait vu le jour et peut-être aucune symphonie n’aurait été composée. Car l’envie de se hisser au-dessus des autres constitue à elle seule un aiguillon fantastique.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

l’envie de se hisser au-dessus des autres constitue à elle seule un aiguillon fantastique.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

si le modèle libéral réussit si bien, c’est peut-être en partie parce qu’il caresse le penchant naturel dans le sens du poil.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Aujourd’hui, une personne sur 200 à la surface de la terre est probablement un descendant direct de Gengis Khan. Cela fait tout de même environ 35 millions de personnes dans le monde.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

L’espèce présentait déjà un dimorphisme sexuel, les femelles étant plus petites et moins fortes physiquement que les mâles

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Les personnes aiguillonnées par une forte comparaison sociale sont certes toujours sur le qui-vive, jamais contentes, angoissées à l’idée de ne pas être au faîte de la hiérarchie, et peuvent passer leur vie à vouloir s’élever dans la société. Mais de fait, elles auront accès à plus de biens matériels, de pouvoir et de sexe que les autres.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Les êtres humains recherchent la victoire car elle les met au cœur d’une hiérarchie qui va leur apporter de multiples avantages : revenus matériels, ressources alimentaires, soins, accès à des partenaires sexuels, possibilité de se reproduire.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

La fascination pour les célébrités est donc un trait caractéristique des primates, qui se manifeste déjà bien avant l’émergence de l’humanité. Elle révèle une affinité puissante du cerveau pour tout ce qui se passe en termes de hiérarchie et de comparaison sociale au sein d’un groupe.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Les chatons semblent activer notre cerveau de la même façon que les bébés car ils présentent des caractéristiques similaires, que les psychologues appellent néoténiques.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

le striatum qui veut le plus de sexe répandra davantage ses gènes que celui qui n’éprouve qu’un désir modéré.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

le système de récompense le plus puissant remporte le jackpot : le striatum qui veut le plus de sexe répandra davantage ses gènes que celui qui n’éprouve qu’un désir modéré.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Le scientifique vit alors se développer un comportement compulsif : l’animal retournait sans arrêt près du pédalier et l’activait de plus en plus souvent, jusqu’à atteindre des fréquences frénétiques. La plupart des animaux testés actionnèrent le levier 200 fois par heure, et certains allèrent jusqu’à 100 fois par minute pendant vingt-quatre heures, totalement accros à cette stimulation

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

on meurt plus sur Terre aujourd’hui de suralimentation que de dénutrition

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

l’Organisation mondiale de la santé livrait un rapport selon lequel on meurt plus sur Terre aujourd’hui de suralimentation que de dénutrition

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

d’automobiles véhiculant un statut social,

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Va, mange autant que tu peux car la nourriture n’est pas donnée dans ce monde. Va, copule autant que tu peux car plus ta descendance sera nombreuse, plus tu auras de chances de transmettre tes gènes à la postérité. Va, montre-toi plus important que les autres, car c’est ainsi que tu t’assureras une situation qui te garantira des ressources matérielles et des partenaires sexuels. Va, avale autant d’informations que tu pourras sur le monde qui t’entoure car cela augmentera tes chances de t’en sortir. Et fais cela plus que les autres, car sinon ce sont tes gènes qui seront submergés par ceux de tes concurrents. En conséquence, ne te modère surtout pas, ne te limite pour rien au monde.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

des chercheurs ont observé ce qui se passe si l’on fait disparaître les neurones à dopamine du striatum qui produisent ces incitations. Ils ont délibérément inactivé ces neurones chez des souris, par génie génétique. Le résultat est que les animaux ont cessé de chercher de la nourriture et d’explorer de nouveaux endroits où ils auraient pu en trouver. Ils se laissaient mourir en quelques semaines1,2. La raison était simple : cela leur était égal. La faim avait beau les tenailler, il leur manquait l’envie. L’envie de vivre avait disparu.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Le cerveau humain est programmé pour poursuivre quelques objectifs essentiels, basiques, liés à sa survie à brève échéance : manger, se reproduire, acquérir du pouvoir, le faire avec un minimum d’efforts et glaner un maximum d’informations sur son environnement.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Entre le tube à essai du laboratoire de l’Institut Pasteur et le macro-laboratoire de la Mésopotamie du IIIe millénaire, l’île de Pâques constituerait une sorte de tube de taille intermédiaire.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

la conscience, une capacité de réfléchir à soi-même et au sens qu’on souhaite donner à sa vie.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

organe hors du commun, capable d’abstraction et de planification.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

Seul problème, il s’agit ici de se connaître soi-même.

Le bug humain - Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher (Sébastien Bohler)

l’humanité de l’époque post-industrielle sera peut-être considérée comme l’une des plus irresponsables de l’histoire,

Loué sois-tu (Pape François)

En outre, notre incapacité à penser sérieusement aux générations futures est liée à notre incapacité à élargir notre conception des intérêts actuels et à penser à ceux qui demeurent exclus du développement. Ne pensons pas seulement aux pauvres de l’avenir, souvenons-nous déjà des pauvres d’aujourd’hui, qui ont peu d’années de vie sur cette terre et ne peuvent pas continuer d’attendre.

Loué sois-tu (Pape François)

L’homme et la femme du monde post-moderne courent le risque permanent de devenir profondément individualistes, et beaucoup de problèmes sociaux sont liés à la vision égoïste actuelle axée sur l’immédiateté, aux crises des liens familiaux et sociaux, aux difficultés de la reconnaissance de l’autre.

Loué sois-tu (Pape François)

Il est nécessaire de réaliser que ce qui est en jeu, c’est notre propre dignité. Nous sommes, nous-mêmes, les premiers à avoir intérêt à laisser une planète habitable à l’humanité qui nous succédera. C’est un drame pour nous-mêmes, parce que cela met en crise le sens de notre propre passage sur cette terre.

Loué sois-tu (Pape François)

Mais si cette question est posée avec courage, elle nous conduit inexorablement à d’autres interrogations très directes : pour quoi passons-nous en ce monde, pour quoi venons-nous à cette vie, pour quoi travaillons-nous et luttons-nous, pour quoi cette terre a-t-elle besoin de nous ? C’est pourquoi, il ne suffit plus de dire que nous devons nous préoccuper des générations futures.

Loué sois-tu (Pape François)

Mais si cette question est posée avec courage, elle nous conduit inexorablement à d’autres interrogations très directes : pour quoi passons-nous en ce monde, pour quoi venons-nous à cette vie, pour quoi travaillons-nous et luttons-nous, pour quoi cette terre a-t-elle besoin de nous ? C’est pourquoi, il ne suffit plus de dire que nous devons nous préoccuper des générations futures. Il est nécessaire de réaliser que ce qui est en jeu, c’est notre propre dignité. Nous sommes, nous-mêmes, les premiers à avoir intérêt à laisser une planète habitable à l’humanité qui nous succédera. C’est un drame pour nous-mêmes, parce que cela met en crise le sens de notre propre passage sur cette terre.

Loué sois-tu (Pape François)

Si cette question de fond n’est pas prise en compte, je ne crois pas que nos préoccupations écologiques puissent obtenir des effets significatifs.

Loué sois-tu (Pape François)

Quel genre de monde voulons-nous laisser à ceux qui nous succèdent, aux enfants qui grandissent ?

Loué sois-tu (Pape François)

« L’environnement se situe dans la logique de la réception. C’est un prêt que chaque génération reçoit et doit transmettre à la génération suivante».

Loué sois-tu (Pape François)

L’environnement se situe dans la logique de la réception. C’est un prêt que chaque génération reçoit et doit transmettre à la génération suivante».

Loué sois-tu (Pape François)

L’environnement se situe dans la logique de la réception. C’est un prêt que chaque génération reçoit

Loué sois-tu (Pape François)

le passage quotidien de l’entassement à l’anonymat social, qui se vit dans les grandes villes, peut provoquer une sensation de déracinement qui favorise les conduites antisociales et la violence.

Loué sois-tu (Pape François)

La vie sociale positive et bénéfique des habitants répand une lumière sur un environnement apparemment défavorable.

Loué sois-tu (Pape François)

Nous nous efforçons de nous adapter au milieu, et quand un environnement est désordonné, chaotique ou chargé de pollution visuelle et auditive, l’excès de stimulations nous met au défi d’essayer de construire une identité intégrée et heureuse.

Loué sois-tu (Pape François)

La disparition d’une culture peut être aussi grave ou plus grave que la disparition d’une espèce animale ou végétale. L’imposition d’un style de vie hégémonique lié à un mode de production peut être autant nuisible que l’altération des écosystèmes.

Loué sois-tu (Pape François)

La disparition d’une culture peut être aussi grave ou plus grave que la disparition d’une espèce animale ou végétale.

Loué sois-tu (Pape François)

La plupart des gens s'arrangent avec la vie, ou bien ils meurent. Vous êtes des suicidés vivants.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

une originalité se dégagera forcément de la somme de vos défauts.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

L'émotion abolit la chaîne causale ; elle est seule capable de faire percevoir les choses en soi ; la transmission de cette perception est l'objet de la poésie.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

Ne recherchez pas la connaissance pour elle-même. Tout ce qui ne procède pas directement de l'émotion est, en poésie, de valeur nulle.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

N'ayez pas peur du bonheur ; il n'existe pas.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

Essayez simplement d'éviter les voisins trop bruyants, capables à eux seuls de provoquer une mort intellectuelle définitive.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

Vous devrez au moins une fois par jour vous répéter que l'essentiel est de faire son possible.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

Un poète mort n'écrit plus. D'où l'importance de rester vivant.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

Il en va autrement de l'effort général, permanent, consistant à échapper à l'apathie. Il est, lui, indispensable.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

Ne travaillez jamais. Écrire des poèmes n'est pas un travail ; c'est une charge.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

Vous émettrez d'abord des cris inarticulés. Et vous serez souvent tenté d'y revenir. C'est normal. La poésie, en réalité, précède de peu le langage articulé.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

La versification est un puissant outil de libération de la vie intérieure.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

Compte tenu des caractéristiques de l'époque moderne, l'amour ne peut plus guère se manifester ; mais l'idéal de l'amour n'a pas diminué. Étant, comme tout idéal, fondamentalement situé hors du temps, il ne saurait ni diminuer ni disparaître.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

Henri a un an. Il gît à terre, ses couches sont souillées ; il hurle. Sa mère passe et repasse en claquant des talons dans la pièce dallée, cherchant son soutien-gorge et sa jupe. Elle est pressée d'aller à son rendez-vous du soir. Cette petite chose couverte de merde, qui s'agite sur le carrelage, l'exaspère. Elle se met à crier, elle aussi. Henri hurle de plus belle. Puis elle sort.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

Les êtres se diversifient et se complexifient, sans rien perdre de leur nature première. À partir d'un certain niveau de conscience, se produit le cri. La poésie en dérive. Le langage articulé, également.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

Sa propre vie, je devais l'apprendre par la suite, était extrêmement fonctionnelle. Il habitait un studio dans le 15e arrondissement. Le chauffage était compris dans les charges. Il ne faisait guère qu'y dormir, car il travaillait en fait beaucoup – et souvent, en dehors des heures de travail, il lisait Micro-Systèmes. Les fameux degrés de liberté se résumaient, en ce qui le concerne, à choisir son dîner par Minitel (il était abonné à ce service, nouveau à l'époque, qui assurait une livraison de plats chauds à une heure extrêmement précise, et dans un délai relativement bref).

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Les fameux degrés de liberté se résumaient, en ce qui le concerne, à choisir son dîner par Minitel (il était abonné à ce service, nouveau à l'époque, qui assurait une livraison de plats chauds à une heure extrêmement précise, et dans un délai relativement bref).

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

D’une manière plus directe, elle exige qu’on fasse attention aux cultures locales,

Loué sois-tu (Pape François)

nouvelles villes soi-disant plus écologiques, où il ne fait pas toujours bon vivre.

Loué sois-tu (Pape François)

Toute atteinte à la solidarité et à l’amitié civique provoque des dommages à l’environnement

Loué sois-tu (Pape François)

Il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale.

Loué sois-tu (Pape François)

CRISE ET CONSÉQUENCES DE L’ANTHROPOCENTRISME MODERNE

Loué sois-tu (Pape François)

L’anthropocentrisme moderne, paradoxalement, a fini par mettre la raison technique au-dessus de la réalité, parce que l’être humain « n’a plus le sentiment ni que la nature soit une norme valable, ni qu’elle lui offre un refuge vivant. Il la voit sans suppositions préalables, objectivement, sous la forme d’un espace et d’une matière pour une œuvre où l’on jette tout, peu importe ce qui en résultera ».[92] De cette manière, la valeur que possède le monde en lui-même s’affaiblit. Mais si l’être humain ne redécouvre pas sa véritable place, il ne se comprend pas bien lui-même et finit par contredire sa propre réalité : « Non seulement la terre a été donnée par Dieu à l’homme, qui doit en faire usage dans le respect de l’intention primitive, bonne, dans laquelle elle a été donnée, mais l’homme, lui aussi, est donné par Dieu à lui-même et il doit donc respecter la structure naturelle et morale dont il a été doté».

Loué sois-tu (Pape François)

les connaissances fragmentaires et isolées peuvent devenir une forme d’ignorance si elles refusent de s’intégrer dans une plus ample vision de la réalité.

Loué sois-tu (Pape François)

L’ÉCOLOGIE ENVIRONNEMENTALE, ÉCONOMIQUE ET SOCIALE

Loué sois-tu (Pape François)

aider les pauvres avec de l’argent doit toujours être une solution provisoire pour affronter des urgences. Le grand objectif devrait toujours être de leur permettre d’avoir une vie digne par le travail.

Loué sois-tu (Pape François)

Le travail est une nécessité, il fait partie du sens de la vie sur cette terre, chemin de maturation, de développement humain et de réalisation personnelle.

Loué sois-tu (Pape François)

Le travail devrait être le lieu de ce développement personnel multiple où plusieurs dimensions de la vie sont en jeu : la créativité, la projection vers l’avenir, le développement des capacités, la mise en pratique de valeurs, la communication avec les autres, une attitude d’adoration.

Loué sois-tu (Pape François)

Il faut toujours se rappeler que l’être humain est « capable d’être lui-même l’agent responsable de son mieux-être matériel, de son progrès moral, et de son épanouissement spirituel».

Loué sois-tu (Pape François)

La nécessité de préserver le travail

Loué sois-tu (Pape François)

nous ne pouvons pas penser que les projets politiques et la force de la loi seront suffisants pour que soient évités les comportements qui affectent l’environnement, car, lorsque la culture se corrompt et qu’on ne reconnaît plus aucune vérité objective ni de principes universellement valables, les lois sont comprises uniquement comme des impositions arbitraires et comme des obstacles à contourner.

Loué sois-tu (Pape François)

Si la sensibilité personnelle et sociale à l’accueil d’une nouvelle vie se perd, alors d’autres formes d’accueil utiles à la vie sociale se dessèchent

Loué sois-tu (Pape François)

Si la crise écologique est l’éclosion ou une manifestation extérieure de la crise éthique, culturelle et spirituelle de la modernité, nous ne pouvons pas prétendre soigner notre relation à la nature et à l’environnement sans assainir toutes les relations fondamentales de l’être humain. Quand la pensée chrétienne revendique une valeur particulière pour l’être humain supérieure à celle des autres créatures, cela donne lieu à une valorisation de chaque personne humaine, et entraîne la reconnaissance de l’autre. L’ouverture à un “tu” capable de connaître, d’aimer, et de dialoguer continue d’être la grande noblesse de la personne humaine.

Loué sois-tu (Pape François)

Il n’y a pas d’écologie sans anthropologie adéquate. Quand la personne humaine est considérée seulement comme un être parmi d’autres, qui procéderait des jeux du hasard ou d’un déterminisme physique, « la conscience de sa responsabilité risque de s’atténuer dans les esprits

Loué sois-tu (Pape François)

Quand on ne reconnaît pas, dans la réalité même, la valeur d’un pauvre, d’un embryon humain, d’une personne vivant une situation de handicap – pour prendre seulement quelques exemples – on écoutera difficilement les cris de la nature elle-même

Loué sois-tu (Pape François)

Non seulement la terre a été donnée par Dieu à l’homme, qui doit en faire usage dans le respect de l’intention primitive, bonne, dans laquelle elle a été donnée, mais l’homme, lui aussi, est donné par Dieu à lui-même et il doit donc respecter la structure naturelle et morale dont il a été doté».

Loué sois-tu (Pape François)

retourner à l’époque des cavernes, cependant il est indispensable de ralentir la marche pour regarder la réalité d’une autre manière, recueillir les avancées positives et durables, et en même temps récupérer les valeurs et les grandes finalités qui ont été détruites par une frénésie mégalomane.

Loué sois-tu (Pape François)

succédanés pour supporter le vide.

Loué sois-tu (Pape François)

besoin de toujours plus de succédanés pour supporter le vide.

Loué sois-tu (Pape François)

L’humanité s’est profondément transformée, et l’accumulation des nouveautés continuelles consacre une fugacité qui nous mène dans une seule direction, à la surface des choses.

Loué sois-tu (Pape François)

quand la technique est orientée prioritaire- ment pour résoudre les problèmes concrets des autres, avec la passion de les aider à vivre avec plus de dignité et moins de souffrances

Loué sois-tu (Pape François)

La libération par rapport au paradigme technocratique régnant a lieu, de fait, en certaines occasions, par exemple,

Loué sois-tu (Pape François)

Dans la réalité concrète qui nous interpelle, divers symptômes apparaissent qui montrent cette erreur, comme la dégradation de l’environnement, l’angoisse, la perte du sens de la vie et de la cohabitation.

Loué sois-tu (Pape François)

La spécialisation de la technologie elle‑même implique une grande difficulté pour regarder l’ensemble. La fragmentation des savoirs sert dans la réalisation d’applications concrètes, mais elle amène en général à perdre le sens de la totalité, des relations qui existent entre les choses, d’un horizon large qui devient sans importance

Loué sois-tu (Pape François)

l’homme qui possède la technique « sait que, en dernière analyse, ce qui est en jeu dans la technique, ce n’est ni l’utilité, ni le bien-être, mais la domination : une domination au sens le plus extrême de ce terme ».

Loué sois-tu (Pape François)

Il est terriblement risqué qu’il réside en une petite partie de l’humanité.

Loué sois-tu (Pape François)

Peut-on nier la beauté d’un avion, ou de certains gratte-ciels ?

Loué sois-tu (Pape François)

Peut-on nier la beauté d’un avion, ou de certains gratte-ciels

Loué sois-tu (Pape François)

la science et la technologie sont un produit merveilleux de la créativité humaine, ce don de Dieu

Loué sois-tu (Pape François)

L’environnement est un bien collectif, patrimoine de toute l’humanité, sous la responsabilité de tous. Celui qui s’approprie quelque chose, c’est seulement pour l’administrer pour le bien de tous. Si nous ne le faisons pas, nous chargeons notre conscience du poids de nier l’existence des autres. Pour cette raison, les Évêques de Nouvelle Zélande se sont demandés ce que le commandement « tu ne tueras pas » signifie quand « vingt pour cent de la population mondiale consomment les ressources de telle manière qu’ils volent aux nations pauvres, et aux futures générations, ce dont elles ont besoin pour survivre ».[78]

Loué sois-tu (Pape François)

l’Église défend, certes, le droit à la propriété privée, mais elle enseigne avec non moins de clarté que sur toute propriété pèse toujours une hypothèque sociale, pour que les biens servent à la destination générale que Dieu leur a donnée

Loué sois-tu (Pape François)

Le cœur est unique, et la même misère qui nous porte à maltraiter un animal ne tarde pas à se manifester dans la relation avec les autres personnes. Toute cruauté sur une quelconque créature « est contraire à la dignité humaine».[69]

Loué sois-tu (Pape François)

L’incohérence est évidente de la part de celui qui lutte contre le trafic d’animaux en voie d’extinction mais qui reste complètement indifférent face à la traite des personnes, se désintéresse des pauvres, ou s’emploie à détruire un autre être humain qui lui déplaît

Loué sois-tu (Pape François)

Nous continuons à admettre en pratique que les uns se sentent plus humains que les autres, comme s’ils étaient nés avec de plus grands droits.

Loué sois-tu (Pape François)

L’interdépendance des créatures est voulue par Dieu. Le soleil et la lune, le cèdre et la petite fleur, l’aigle et le moineau : le spectacle de leurs innombrables diversités et inégalités signifie qu’aucune des créatures ne se suffit à elle-même. Elles n’existent qu’en dépendance les unes des autres, pour se compléter mutuellement, au service les unes des autres

Loué sois-tu (Pape François)

Entendre chaque créature chanter l’hymne de son existence, c’est vivre joyeusement dans l’amour de Dieu et dans l’espérance

Loué sois-tu (Pape François)

Il a voulu se limiter lui-même de quelque manière, en créant un monde qui a besoin de développement, où beaucoup de choses que nous considérons mauvaises, dangereuses ou sources de souffrances, font en réalité partie des douleurs de l’enfantement qui nous stimulent à collaborer avec le Créateur.

Loué sois-tu (Pape François)

L’amour de Dieu est la raison fondamentale de toute la création : « Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n’as de dégout pour rien de ce que tu as fait ; car si tu avais haï quelque chose, tu ne l’aurais pas formé »

Loué sois-tu (Pape François)

Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n’as de dégout pour rien de ce que tu as fait ; car si tu avais haï quelque chose, tu ne l’aurais pas formé

Loué sois-tu (Pape François)

La meilleure manière de mettre l’être humain à sa place, et de mettre fin à ses prétentions d’être un dominateur absolu de la terre, c’est de proposer la figure d’un Père créateur et unique maître du monde, parce qu’autrement l’être humain aura toujours tendance à vouloir imposer à la réalité ses propres lois et intérêts.

Loué sois-tu (Pape François)

Il ordonna à Israël que chaque septième jour soit un jour de repos, un Sabbat (cf. Gn 2, 2-3 ; Ex 16, 23 ; 20, 10). Par ailleurs, une année sabbatique fut également instituée pour Israël et sa terre, tous les sept ans (cf. Lv 25, 1-4), pendant laquelle un repos complet était accordé à la terre ; on ne semait pas, on moissonnait seulement ce qui était indispensable pour subsister et offrir l’hospitalité (cf. Lv 25, 4-6). Enfin, passées sept semaines d’années, c’est-à-dire quarante-neuf ans, le Jubilé était célébré, année de pardon universel et d’« affranchissement de tous les habitants » (Lv 25, 10).

Loué sois-tu (Pape François)

La négligence dans la charge de cultiver et de garder une relation adéquate avec le voisin, envers lequel j’ai le devoir d’attention et de protection, détruit ma relation intérieure avec moi-même, avec les autres, avec Dieu et avec la terre

Loué sois-tu (Pape François)

Chaque créature possède sa bonté et sa perfection propres [...] Les différentes créatures, voulues en leur être propre, reflètent, chacune à sa façon, un rayon de la sagesse et de la bonté infinies de Dieu. C’est pour cela que l’homme doit respecter la bonté propre de chaque créature pour éviter un usage désordonné des choses

Loué sois-tu (Pape François)

Il est important de lire les textes bibliques dans leur contexte, avec une herméneutique adéquate, et de se souvenir qu’ils nous invitent à “cultiver et garder” le jardin du monde (cf. Gn 2, 15). Alors que “cultiver” signifie labourer, défricher ou travailler, “garder” signifie protéger, sauvegarder, préserver, soigner, surveiller. Cela implique une relation de réciprocité responsable entre l’être humain et la nature.

Loué sois-tu (Pape François)

Il est important de lire les textes bibliques dans leur contexte, avec une herméneutique adéquate, et de se souvenir qu’ils nous invitent à “cultiver et garder” le jardin du monde (cf. Gn 2, 15). Alors que “cultiver” signifie labourer, défricher ou travailler, “garder” signifie protéger, sauvegarder, préserver, soigner, surveiller.

Loué sois-tu (Pape François)

l’existence humaine repose sur trois relations fondamentales intimement liées : la relation avec Dieu, avec le prochain, et avec la terre.

Loué sois-tu (Pape François)

Après la création de l’être humain, il est dit que « Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon » (Gn 1, 31). La Bible enseigne que chaque être humain est créé par amour, à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26). Cette affirmation nous montre la très grande dignité de toute personne humaine, qui « n’est pas seulement quelque chose, mais quelqu’un. Elle est capable de se connaître, de se posséder, et de librement se donner et entrer en communion avec d’autres personnes ».[37] Saint Jean-Paul II a rappelé que l’amour très particulier que le Créateur a pour chaque être humain lui confère une dignité infinie.[38] Ceux qui s’engagent dans la défense de la dignité des personnes peuvent trouver dans la foi chrétienne les arguments les plus profonds pour cet engagement. Quelle merveilleuse certitude de savoir que la vie de toute personne ne se perd pas dans un chaos désespérant, dans un monde gouverné par le pur hasard ou par des cycles qui se répètent de manière absurde ! Le Créateur peut dire à chacun de nous : « Avant même de te former au ventre maternel, je t’ai connu » (Jr 1, 5). Nous avons été conçus dans le cœur de Dieu, et donc, « chacun de nous est le fruit d’une pensée de Dieu. Chacun de nous est voulu, chacun est aimé, chacun est nécessaire ».[39]

Loué sois-tu (Pape François)

Quelle merveilleuse certitude de savoir que la vie de toute personne ne se perd pas dans un chaos désespérant, dans un monde gouverné par le pur hasard ou par des cycles qui se répètent de manière absurde

Loué sois-tu (Pape François)

Après la création de l’être humain, il est dit que « Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon » (Gn 1, 31). La Bible enseigne que chaque être humain est créé par amour, à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26). Cette affirmation nous montre la très grande dignité de toute personne humaine, qui « n’est pas seulement quelque chose, mais quelqu’un. Elle est capable de se connaître, de se posséder, et de librement se donner et entrer en communion avec d’autres personnes ».[37] Saint Jean-Paul II a rappelé que l’amour très particulier que le Créateur a pour chaque être humain lui confère une dignité infinie.[38] Ceux qui s’engagent dans la défense de la dignité des personnes peuvent trouver dans la foi chrétienne les arguments les plus profonds pour cet engagement.

Loué sois-tu (Pape François)

chacun de nous est le fruit d’une pensée de Dieu. Chacun de nous est voulu, chacun est aimé, chacun est nécessaire

Loué sois-tu (Pape François)

Si le regard parcourt les régions de notre planète, il s’aperçoit immédiatement que l’humanité a déçu l’attente divine

Loué sois-tu (Pape François)

une écologie superficielle ou apparente se développe, qui consolide un certain assoupissement et une joyeuse irresponsabilité. Comme cela arrive ordinairement aux époques de crises profondes, qui requièrent des décisions courageuses, nous sommes tentés de penser que ce qui est en train de se passer n’est pas certain. Si nous regardons les choses en surface, au-delà de quelques signes visibles de pollution et de dégradation, il semble qu’elles ne soient pas si graves et que la planète pourrait subsister longtemps dans les conditions actuelles. Ce comportement évasif nous permet de continuer à maintenir nos styles de vie, de production et de consommation. C’est la manière dont l’être humain s’arrange pour alimenter tous les vices autodestructifs : en essayant de ne pas les voir, en luttant pour ne pas les reconnaître, en retardant les décisions importantes, en agissant comme si de rien n’était.

Loué sois-tu (Pape François)

face à l’épuisement de certaines ressources, se crée progressivement un scénario favorable à de nouvelles guerres, déguisées en revendications nobles.

Loué sois-tu (Pape François)

Beaucoup diront qu’ils n’ont pas conscience de réaliser des actions immorales, parce que la distraction constante nous ôte le courage de nous rendre compte de la réalité d’un monde limité et fini. Voilà pourquoi aujourd’hui « tout ce qui est fragile, comme l’environnement, reste sans défense par rapport aux intérêts du marché divinisé, transformés en règle absolue ».[33]

Loué sois-tu (Pape François)

Beaucoup diront qu’ils n’ont pas conscience de réaliser des actions immorales, parce que la distraction constante nous ôte le courage de nous rendre compte de la réalité d’un monde limité et fini. Voilà pourquoi aujourd’hui « tout ce qui est fragile, comme l’environnement, reste sans défense par rapport aux intérêts du marché divinisé, transformés en règle absolue ».[33] 57.

Loué sois-tu (Pape François)

Si quelqu’un observait de l’extérieur la société planétaire, il s’étonnerait face à un tel comportement qui semble parfois suicidaire.

Loué sois-tu (Pape François)

lorsque l’on jette de la nourriture, c’est comme si l’on volait la nourriture à la table du pauvre

Loué sois-tu (Pape François)

produits

Loué sois-tu (Pape François)

Les moyens actuels nous permettent de communiquer et de partager des connaissances et des sentiments. Cependant, ils nous empêchent aussi parfois d’entrer en contact direct avec la détresse, l’inquiétude, la joie de l’autre et avec la complexité de son expérience personnelle.

Loué sois-tu (Pape François)

La vraie sagesse, fruit de la réflexion, du dialogue et de la rencontre généreuse entre les personnes, ne s’obtient pas par une pure accumulation de données qui finissent par saturer et obnubiler, comme une espèce de pollution mentale.

Loué sois-tu (Pape François)

À cela s’ajoutent les dynamiques des moyens de communication sociale et du monde digital, qui, en devenant omniprésentes, ne favorisent pas le développement d’une capacité de vivre avec sagesse, de penser en profondeur, d’aimer avec générosité. Les grands sages du passé, dans ce contexte, auraient couru le risque de voir s’éteindre leur sagesse au milieu du bruit de l’information qui devient divertissement.

Loué sois-tu (Pape François)

Les habitants de cette planète ne sont pas faits pour vivre en étant toujours plus envahis par le ciment, l’asphalte, le verre et les métaux, privés du contact physique avec la nature.

Loué sois-tu (Pape François)

heureux, et qui de plus a une dignité éminente,

Loué sois-tu (Pape François)

toutes les créatures sont liées, chacune doit être valorisée avec affection et admiration, et tous en tant qu’êtres, nous avons besoin les uns des autres.

Loué sois-tu (Pape François)

Le remplacement de la flore sauvage par des aires reboisées, qui généralement sont des monocultures, ne fait pas ordinairement l’objet d’une analyse adéquate.

Loué sois-tu (Pape François)

Les efforts des scientifiques et des techniciens, qui essaient d’apporter des solutions aux problèmes créés par l’être humain, sont louables et parfois admirables. Mais en regardant le monde, nous remarquons que ce niveau d’intervention humaine, fréquemment au service des finances et du consumérisme, fait que la terre où nous vivons devient en réalité moins riche et moins belle, toujours plus limitée et plus grise, tandis qu’en même temps le développement de la technologie et des offres de consommation continue de progresser sans limite. Il semble ainsi que nous prétendions substituer à une beauté, irremplaçable et irrécupérable, une autre créée par nous.

Loué sois-tu (Pape François)

Chaque année, disparaissent des milliers d’espèces végétales et animales que nous ne pourrons plus connaître, que nos enfants ne pourront pas voir, perdues pour toujours. L’immense majorité disparaît pour des raisons qui tiennent à une action humaine. À cause de nous, des milliers d’espèces ne rendront plus gloire à Dieu par leur existence et ne pourront plus nous communiquer leur propre message. Nous n’en avons pas le droit.

Loué sois-tu (Pape François)

il est prévisible que le contrôle de l’eau par de grandes entreprises mondiales deviendra l’une des principales sources de conflits de ce siècle.

Loué sois-tu (Pape François)

L’augmentation du nombre de migrants fuyant la misère, accrue par la dégradation environnementale, est tragique ; ces migrants ne sont pas reconnus comme réfugiés par les conventions internationales et ils portent le poids de leurs vies à la dérive, sans aucune protection légale. Malheureusement, il y a une indifférence générale face à ces tragédies qui se produisent en ce moment dans diverses parties du monde.

Loué sois-tu (Pape François)

À moins d’une règle, les penchants vicieux ne se redressent point.

Lucilius (Sénèque)

Il nous faut choisir un homme vertueux et l’avoir constamment devant nos yeux, afin de vivre comme en sa présence et d’agir en tout comme s’il nous voyait.

Lucilius (Sénèque)

L’objectif n’est pas de recueillir des informations ni de satisfaire notre curiosité, mais de prendre une douloureuse conscience, d’oser transformer en souffrance personnelle ce qui se passe dans le monde, et ainsi de reconnaître la contribution que chacun peut apporter.

Loué sois-tu (Pape François)

d’oser transformer en souffrance personnelle ce qui se passe dans le monde, et ainsi de reconnaître la contribution que chacun peut apporter.

Loué sois-tu (Pape François)

18. L’accélération continuelle des changements de l’humanité et de la planète s’associe aujourd’hui à l’intensification des rythmes de vie et de travail, dans ce que certains appellent “rapidación”. Bien que le changement fasse partie de la dynamique des systèmes complexes, la rapidité que les actions humaines lui imposent aujourd’hui contraste avec la lenteur naturelle de l’évolution biologique. À cela, s’ajoute le fait que les objectifs de ce changement rapide et constant ne sont pas nécessairement orientés vers le bien commun, ni vers le développement humain, durable et intégral. Le changement est quelque chose de désirable, mais il devient préoccupant quand il en vient à détériorer le monde et la qualité de vie d’une grande partie de l’humanité.

Loué sois-tu (Pape François)

Les attitudes qui obstruent les chemins de solutions, même parmi les croyants, vont de la négation du problème jusqu’à l’indifférence, la résignation facile, ou la confiance aveugle dans les solutions techniques.

Loué sois-tu (Pape François)

Les attitudes qui obstruent les chemins de solutions, même parmi les croyants, vont de la négation du problème jusqu’à l’indifférence, la résignation facile, ou la confiance

Loué sois-tu (Pape François)

La pauvreté et l’austérité de saint François n’étaient pas un ascétisme purement extérieur, mais quelque chose de plus radical : un renoncement à transformer la réalité en pur objet d'usage et de domination.

Loué sois-tu (Pape François)

Il nous a proposé de passer de la consommation au sacrifice, de l’avidité à la générosité, du gaspillage à la capacité de partager, dans une ascèse qui « signifie apprendre à donner, et non simplement à renoncer. C’est une manière d’aimer, de passer progressivement de ce que je veux à ce dont le monde de Dieu a besoin. C’est la libération de la peur, de l’avidité, de la dépendance

Loué sois-tu (Pape François)

Que les hommes dégradent l’intégrité de la terre en provoquant le changement climatique, en dépouillant la terre de ses forêts naturelles ou en détruisant ses zones humides ; que les hommes portent préjudice à leurs semblables par des maladies en contaminant les eaux, le sol, l’air et l’environnement par des substances polluantes, tout cela, ce sont des péchés »[15] ; car « un crime contre la nature est un crime contre nous-mêmes et un péché contre Dieu

Loué sois-tu (Pape François)

Par conséquent, la capacité propre à l’être humain de transformer la réalité doit se développer sur la base du don des choses fait par Dieu à l'origine.

Loué sois-tu (Pape François)

Le développement humain authentique a un caractère moral et suppose le plein respect de la personne humaine, mais il doit aussi prêter attention au monde naturel et « tenir compte de la nature de chaque être et de ses liens mutuels dans un système ordonné ».

Loué sois-tu (Pape François)

Notre civilisation, dit-il, souffre d'épuisement vital. Au siècle de Louis XIV, où l'appétit de vivre était grand, la culture officielle mettait l'accent sur la négation des plaisirs et de la chair; rappelait avec insistance que la vie mondaine n'offre que des joies imparfaites, que la seule vraie source de félicité est en Dieu. Un tel discours, assure-t-il, ne serait plus toléré aujourd'hui. Nous avons besoin d'aventure et d'érotisme, car nous avons besoin de nous entendre répéter que la vie est merveilleuse et excitante; et c'est bien entendu que nous en doutons un peu.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Dieu a voulu des inégalités, pas des injustices

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Je crois qu'il s'appelle Bernard. Sa médiocrité est éprouvante. Il n'arrête pas de parler de fric et de placements: les SICAV, les obligations françaises, les plans d'épargne-logement… tout y passe. Il compte sur un taux d'augmentation légèrement supérieur à l'inflation. Il me fatigue un peu; je n'arrive pas vraiment à lui répondre. Sa moustache bouge.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Les relations humaines deviennent progressivement impossibles, ce qui réduit d'autant la quantité d'anecdotes dont se compose une vie.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Dépourvu de beauté comme de charme personnel, sujet à de fréquents accès dépressifs, je ne corresponds nullement à ce que les femmes recherchent en priorité. Aussi ai-je toujours senti, chez les femmes qui m'ouvraient leurs organes, comme une légère réticence; au fond je ne représentais guère, pour elles, qu'un pis-aller. Ce qui n'est pas, on en conviendra, le point de départ idéal pour une relation durable.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Puisque la nature nous admet en la communauté du temps tout entier, pourquoi ne pas sortir de l’étroit et périlleux passage de la vie pour nous donner de toute notre âme à ces méditations immenses, éternelles, partagées par les meilleurs esprits

La Vie heureuse (Sénèque)

Nous pouvons discuter avec Socrate,

La Vie heureuse (Sénèque)

Aucun siècle ne nous est interdit ; dans tous, nous sommes admis.

La Vie heureuse (Sénèque)

J’ai entendu dire qu’un de ces délicats (si l’on peut appeler délices le fait de désapprendre la vie et l’habitude humaines), au moment où plusieurs bras l’enlevaient du bain et le plaçaient sur une chaise, demanda : « Suis-je assis, maintenant ? » Un homme qui ignore s’il est assis, penses-tu qu’il sache s’il vit, s’il voit, s’il a du loisir ?

La Vie heureuse (Sénèque)

Pour les malheureux mortels, le meilleur jour de tous s’enfuit le premier

La Vie heureuse (Sénèque)

Je m’étonne toujours quand je vois certaines personnes demander aux autres leur temps et ceux que l’on sollicite, l’accorder si facilement. De part et d’autre, chacun considère ce pourquoi on demande ce temps, mais le temps même, personne ! Comme si l’on ne demandait, comme si l’on n’accordait rien ! On se joue de la chose la plus précieuse au monde. Ce qui trompe, c’est que le temps est chose incorporelle34 et qu’il ne tombe pas sous les yeux : on l’estime donc très bas ; et même, il n’a quasiment aucun prix. 2. Les hommes paient très cher de leur personne pour bénéficier de pensions, de dons. Ils y consacrent leur travail, leur activité, leurs soins. Nul ne met un prix à son temps ; on en use largement, comme s’il ne coûtait rien. Mais ces mêmes hommes, vois-les malades, en danger de mort.

La Vie heureuse (Sénèque)

Enfin, tout le monde convient qu’un homme occupé ne peut rien mener à bien, ni l’éloquence, ni les arts libéraux, puisqu’un esprit distrait ne reçoit rien en profondeur, mais rejette tout, comme si on voulait le gaver.

La Vie heureuse (Sénèque)

Je dis que les richesses ne sont pas un bien, car, si elles en étaient un, elles feraient des gens de bien.

La Vie heureuse (Sénèque)

personne n’a condamné la sagesse à la pauvreté.

La Vie heureuse (Sénèque)

en fin de compte les richesses m’appartiennent, tu appartiens aux richesses.

La Vie heureuse (Sénèque)

Or serait-il douteux que le sage ait une plus grande matière pour déployer son âme en étant riche qu’en étant pauvre, puisque dans la pauvreté il n’est qu’un seul genre de vertu, à savoir ne pas fléchir ni se laisser dominer, alors que la richesse ouvre la voie à la tempérance, à la générosité, à la frugalité, à la prévoyance et à la magnificence ?

La Vie heureuse (Sénèque)

Le sage, en effet, ne s’estime pas indigne des dons de la Fortune : il n’aime pas les richesses, mais il les préfère117. Ce n’est pas dans son âme qu’il les accueille, mais dans sa maison ; il ne repousse pas celles qu’il possède mais les contrôle118 et veut qu’elles fournissent plus de matière à sa vertu.

La Vie heureuse (Sénèque)

Où la Fortune placera-t-elle plus sûrement sa richesse que chez celui qui la restituera sans plainte après l’avoir reçue ?

La Vie heureuse (Sénèque)

Celui qui s’est donné l’objectif suivant : « Moi je regarderai la mort avec le même visage qu’en en entendant parler. Moi j’accepterai tous les efforts, quelque grands qu’ils soient, l’âme soutenant le corps. Moi je mépriserai les richesses, présentes ou absentes, n’étant ni plus triste si elles se trouvent ailleurs, ni plus fier si elles étincellent autour de moi. Moi je serai insensible à la Fortune, qu’elle me vienne ou qu’elle me quitte. Moi je considérerai toutes les terres comme miennes, et les miennes comme celles de tous. Moi je vivrai comme si je savais que je suis né pour les autres et je rendrai grâce à la nature universelle d’un tel titre : de quelle manière, en effet, aurait-elle pu mieux mener mes affaires ? Elle m’a donné seul à tous et tout à moi seul. 4. Tout ce que j’aurai, je ne le garderai pas comme un avare ni ne le répandrai comme un prodigue. Je ne croirai jamais posséder davantage que lorsque j’aurai donné à bon escient. J’évaluerai mes bienfaits non d’après leur nombre ou leur importance, mais d’après rien d’autre que l’estime que je porte à celui qui les reçoit ; jamais il ne me semblera trop donner à celui qui est digne de recevoir. Je ne ferai rien pour l’opinion, tout pour ma conscience ; je croirai agir sous le regard de tout le monde chaque fois que je le ferai devant ma seule conscience. 5. J’aurai comme but en mangeant et en buvant de satisfaire les besoins de la nature112, non de me remplir et de me vidanger le ventre. Moi, je serai agréable à mes amis, doux et indulgent à l’égard de mes ennemis, je me laisserai fléchir avant qu’on m’en prie et j’irai au-devant des demandes honnêtes. Je saurai que ma patrie est l’univers et que les dieux la gouvernent, qu’ils se tiennent au-dessus de moi et autour de moi et jugent mes actes et mes paroles. Quand la nature me réclamera ma vie ou que la raison la fera me quitter113, je partirai en attestant que j’aurai aimé une conscience noble, des études nobles, que la liberté de personne n’aura été écornée de mon fait, la mienne encore moins » – celui donc qui se proposera, voudra et essaiera de faire cela, et tracera son chemin vers les dieux, même s’il n’y atteint pas, « tombera néanmoins après avoir osé de grandes choses114 ».

La Vie heureuse (Sénèque)

indifférent.

La Vie heureuse (Sénèque)

P. Veyne a certainement raison de voir ici une « ironie cinglante » : Sénèque veut dire, ironiquement, que comparé à ses détracteurs, qui se donnent pour des parangons de vertu, il est le pire des hommes.

La Vie heureuse (Sénèque)

je ne suis pas un sage et, que ta malveillance soit satisfaite, je ne le serai même pas96. Exige donc de moi non pas que je sois l’égal des meilleurs, mais que je sois meilleur que les méchants97 : cela est assez pour moi de retrancher chaque jour quelque chose de mes vices et de blâmer mes erreurs.

La Vie heureuse (Sénèque)

Je t’aiderai plus tard dans tes invectives et je me ferai plus de reproches que tu ne penses

La Vie heureuse (Sénèque)

celui qui s’est avancé vers des régions supérieures, c’est-à-dire s’est élevé plus haut, traîne une chaîne plus lâche : il n’est pas encore libre, mais il est comme libre.

La Vie heureuse (Sénèque)

ne pas considérer comme un bien ou un mal ce qui n’est pas le résultat de la vertu ou du vice.

La Vie heureuse (Sénèque)

Conclusion de la première partie : le bonheur se fonde sur la vertu

La Vie heureuse (Sénèque)

Quoi que nous devions supporter du fait de la constitution de l’univers, acceptons-le avec grandeur d’âme : nous sommes contraints par notre serment84 de supporter notre condition mortelle et de ne pas être troublés par ce qu’il n’est pas en notre puissance d’éviter. Nous sommes nés dans un royaume85 : la liberté, c’est d’obéir au dieu.

La Vie heureuse (Sénèque)

celui qui poursuit le plaisir77 lui subordonne tout et ne fait aucun cas de sa liberté, le premier des biens, et il paie ce prix pour son ventre : il n’achète pas les plaisirs, il se vend aux plaisirs.

La Vie heureuse (Sénèque)

Plus ils sont nombreux et importants, plus est diminué et esclave d’un plus grand nombre de maîtres celui que la foule appelle un homme heureux.

La Vie heureuse (Sénèque)

De même que c’est difficilement et dangereusement que nous chassons les bêtes sauvages et que la possession de celles que nous avons capturées elle non plus n’est pas de tout repos (car souvent elles déchirent leurs maîtres), de même ceux qui ont de grands plaisirs aboutissent à un grand mal et, les ayant capturés, ils en sont captifs.

La Vie heureuse (Sénèque)

D’ailleurs un plaisir excessif est nuisible : dans la vertu, on n’a pas à craindre quelque excès que ce soit parce qu’elle est en elle-même mesure ; ce qui souffre de son propre excès ne peut pas être un bien73

La Vie heureuse (Sénèque)

Celui qui appelle bonheur un loisir oisif et les alternances des plaisirs du gosier et du sexe

La Vie heureuse (Sénèque)

Celui qui appelle bonheur un loisir oisif et les alternances des plaisirs du gosier et du sexe cherche un garant qui soit bon pour une chose mauvaise, et, alors qu’il vient69 attiré par un nom flatteur, il poursuit non pas le plaisir dont il entend parler70, mais celui qu’il a apporté avec lui, et dès qu’il se met à penser que ses vices ressemblent aux préceptes épicuriens, il y cède sans crainte et sans se cacher, et au contraire, pour cette raison, s’adonne à l’intempérance à visage découvert.

La Vie heureuse (Sénèque)

Je suis personnellement d’avis (et je soutiendrai cela malgré mes compagnons68) qu’Épicure a des préceptes purs, droits et, pour peu qu’on les considère d’assez près, austères. Le fameux plaisir, en effet, est ramené à quelque chose de petit et restreint et ce que nous, nous donnons comme loi à la vertu, lui le donne au plaisir : il lui ordonne d’obéir à la nature.

La Vie heureuse (Sénèque)

Et ils ne mesurent pas combien ce fameux plaisir selon Épicure (c’est ainsi, par Hercule, que je vois les choses) a de sobriété et de sécheresse, mais c’est vers le mot lui-même de plaisir qu’ils accourent recherchant quelque excuse pour leurs désirs et un voile pour les cacher.

La Vie heureuse (Sénèque)

l’inactivité et le manque d’énergie d’une âme indolente qui s’endort sur elle-même.

La Vie heureuse (Sénèque)

Toute ta vie, répliqua Sarah avec un regard réprobateur, les autres essaieront de s’approprier tes succès. Ne te les refuse pas.

Le monde perdu (Michael Crichton)

Nous amplifons les ressemblances avec nos amis, les diffé- rences avec les étrangers et les contrastes avec nos ennemis.

Procruste - Nassim Taleb

Le Moyen Âge de la richesse informative : en 2010 des 600 000 livres publiés, rien qu’en langue anglaise, dont quelques rares lignes sont mémorables. Aux alentours de l’an 0, une poignée de livres ont été écrits. Dans les rares à avoir survécu jusqu’à nous, les citations sont innombrables

Procruste - Nassim Taleb

La plupart des gens écrivent pour se souvenir, j’écris pour oublier.

Procruste - Nassim Taleb

Écrire, c’est l’art de se répéter sans que les autres s’en aperçoivent.

Procruste - Nassim Taleb

Toute interaction sociale qui ne se produit pas les yeux dans les yeux est une atteinte à votre santé

Procruste - Nassim Taleb

En toutes choses, utiliser en guise d’horloge l’ennui, sorte de montre biologique, mais dans les limites de la politesse

Procruste - Nassim Taleb

Ce n’est que récemment que « beaucoup de travail » est devenu un sujet d’orgueil et non plus de honte, une marque de manque de talent, de fnesse et, surtout, de sprezzatura.

Procruste - Nassim Taleb

prisonniers d’une forme de tapis roulant mental.

Procruste - Nassim Taleb

ne jamais fréquenter un homme ordinaire de plus de quarante ans : sans propension à l’héroïsme, l’homme commence à mourir le jour de ses trente ans

Procruste - Nassim Taleb

Le vrai riche est celui qui a plus de plaisir à refuser de l’argent qu’à en accepter.

Procruste - Nassim Taleb

Pour qui a soif d’attention Internet est un endroit malsain.

Procruste - Nassim Taleb

Différence entre la technologie et l’esclavage : les esclaves ont pleinement conscience qu’ils ne sont pas libres

Procruste - Nassim Taleb

Le succès se mesure au temps libre.

Procruste - Nassim Taleb

Internet crée une forme particulière de promiscuité qui fait qu’on se sent propre après en avoir fait un jeûne

Procruste - Nassim Taleb

Le XXe siècle a été marqué par la banqueroute de l’utopie sociale, le XXIe le sera par celle de l’utopie technologique.

Procruste - Nassim Taleb

Jadis on avait coutume de porter des vêtements ordinaires la semaine et l’habit le dimanche. Aujourd’hui, c’est l’inverse

Procruste - Nassim Taleb

-ondes et fit chauffer une boîte de bœuf en daube.

Le monde perdu (Michael Crichton)

Quand je te dirai : « le souverain bien c’est l’inflexibilité d’une âme inébranlable, sa prévoyance, son élévation46, sa santé, son indépendance, son harmonie, sa beauté », exigeras-tu encore quelque chose de plus à quoi rapporter tout cela47 ? Pourquoi invoques-tu le plaisir ? C’est le bien de l’homme que je cherche, non celui du ventre, qui est plus large chez les bestiaux et les bêtes sauvages.

La Vie heureuse (Sénèque)

le plaisir n’est ni le salaire ni la cause de la vertu, mais son annexe, et ce n’est pas parce qu’elle procure du plaisir qu’on se décide en sa faveur, mais si on se décide en sa faveur, elle donne aussi du plaisir.

La Vie heureuse (Sénèque)

Les anciens ont prescrit de vivre la vie la meilleure et non la plus agréable, de telle sorte que le plaisir soit non pas le guide d’une volonté droite et morale, mais son compagnon de route33

La Vie heureuse (Sénèque)

La vertu est quelque chose d’élevé, de noble et même de royal28, d’invincible, d’infatigable, le plaisir quelque chose de bas, de servile, de faible, de fragile qui séjourne comme chez lui dans les bordels et les tavernes. La vertu tu la rencontreras dans un temple, sur le forum, au sénat, debout devant les remparts, couverte de poussière, hâlée, les mains calleuses, le plaisir est le plus souvent en fuite29, à la recherche de l’obscurité autour des bains, des étuves et des lieux où l’on craint la police, mou, sans nerf, imbibé de vin et de parfum, pâle ou fardé, cadavre embaumé d’onguents.

La Vie heureuse (Sénèque)

Car, en ce qui concerne le plaisir24, il peut se répandre partout et se couler par toutes les voies, amollir l’âme par ses caresses et mettre en mouvement un plaisir après l’autre, par lesquels il trouble la totalité de notre moi ou ses parties

La Vie heureuse (Sénèque)

Le jour où l’on sera vaincu par le plaisir, on sera aussi vaincu par la douleur. Vois donc dans quelle servitude mauvaise et nuisible sera esclave celui que les plaisirs et les douleurs, les maîtres les plus changeants et les plus arbitraires, posséderont tour à tour.

La Vie heureuse (Sénèque)

une vie heureuse c’est une âme libre, élevée, intrépide, constante, établie en dehors de la crainte et du désir, pour qui le seul bien est le bien moral et le seul mal, la laideur morale, toutes les autres choses étant un ensemble sans valeur qui ne retire ni n’ajoute rien à la vie heureuse, venant et s’en allant sans augmenter ni diminuer le souverain bien21 »

La Vie heureuse (Sénèque)

le vrai plaisir est le mépris des plaisirs20

La Vie heureuse (Sénèque)

Ces choses exposées aux yeux et devant lesquelles on s’arrête, que l’on se montre l’un à l’autre en s’ébahissant, paraissent brillantes à l’extérieur, mais sont misérables à l’intérieur11.

La Vie heureuse (Sénèque)

C’est à l’âme de trouver le bien de l’âme. Si jamais celle-ci avait le loisir de respirer et de rentrer en elle-même, oh ! comment, en s’infligeant à elle-même la torture, elle avouerait le vrai et dirait : 3. « Ce que j’ai fait, je préférerais que cela n’eût pas encore été fait ; quand je repense à tout ce que j’ai dit, j’envie les muets ; tout ce que j’ai souhaité, je le tiens pour une malédiction de mes ennemis ; tout ce que j’ai redouté, bonté divine, combien cela a été plus supportable que ce que j’ai désiré !

La Vie heureuse (Sénèque)

nous projetons de réunir cinq milliards d’individus dans le cyberespace. C’est l’humanité tout entière qui se sclérosera

Le monde perdu (Michael Crichton)

Si on met un millier d’oiseaux sur une île, au milieu de l’océan, ils évolueront très vite. Si on en met dix mille sur un continent, l’évolution est plus lente. Pour ce qui est de notre espèce, l’évolution s’opère en majeure partie par le comportement. Pour nous adapter, nous innovons dans notre comportement. Tout le monde sait que l’innovation n’a lieu que dans un groupe restreint. Trois personnes formant une commission peuvent faire avancer les choses. Si elles sont dix, cela devient plus difficile. À trente, il ne se passe plus rien. À trente millions, cela devient absolument impossible.

Le monde perdu (Michael Crichton)

Certains s’inquiètent de voir se réduire la diversité des essences dans la forêt pluviale, mais qu’en est-il de la diversité intellectuelle, notre ressource la plus précieuse ? Elle disparaît plus vite que les arbres.

Le monde perdu (Michael Crichton)

les mêmes questions. Devant un spath

Le monde perdu (Michael Crichton)

Et même cette région n’est pas si abrupte que quelques-uns se la figurent. À l’entrée seulement sont des pierres et des rocs inabordables au premier aspect : ainsi mainte fois on croit voir de loin des masses taillées à pic et liées entre elles, tant que la distance abuse les yeux. Puis à mesure qu’on approche, ces mêmes lieux, dont une erreur de perspective avait fait un seul bloc, insensiblement se dégagent ; et ce qui, dans l’éloignement, semblait tout escarpé, se trouve être une pente assez douce.

De la Constance du Sage (Sénèque)

prions.

Le monde perdu (Michael Crichton)

La théorie de la complexité nous montre que la sagesse populaire voit juste. Tout fout le camp en même temps.

Le monde perdu (Michael Crichton)

Les gens intelligents ne savent jamais ce qu’ils veulent faire avant vingt-cinq ou trente ans.

Le monde perdu (Michael Crichton)

Y a-t-il du liquide vaisselle ? Kelly regarda autour d’elle ; elle vit une bouteille en plastique vert près de l’évier. — Oui, docteur Harding, mais... — Passe-le-moi, c’est fait pareil.

Le monde perdu (Michael Crichton)

Le cerveau d’un bébé humain double de volume pendant la première année. C’est une excellente solution au problème de la naissance, mais qui en engendre d’autres. Le petit de l’homme sera sans défenses longtemps après sa venue au monde. Chez de nombreux mammifères, le petit marche quelques minutes après la naissance.

Le monde perdu (Michael Crichton)

L’animal a besoin d’un appareil spécialisé pour produire les sons, d’oreilles spécialisées pour capter les échos, d’un cerveau spécialisé pour les interpréter et d’un corps spécialisé pour plonger sur les insectes et les attraper.

Le monde perdu (Michael Crichton)

L’animal a besoin d’un appareil spécialisé pour produire les sons, d’oreilles spécialisées pour capter les échos, d’un cerveau spécialisé pour les interpréter et d’un corps spécialisé pour

Le monde perdu (Michael Crichton)

On commence à tout expliquer à partir de ce que montre l’album, en oubliant la réalité sous-jacente

Le monde perdu (Michael Crichton)

En se rapprochant du bord chaotique, les éléments montrent un conflit interne. Une région instable, potentiellement fatale.

Le monde perdu (Michael Crichton)

L’obsession n’est qu’une variété de la dépendance.

Le monde perdu (Michael Crichton)

Pour entretenir cette arrogance, ils refusaient résolument de prendre en considération l’histoire de la science en tant que manière de penser. Les scientifiques faisaient comme si l’histoire importait peu, les erreurs du passé étant corrigées par les découvertes modernes.

Le monde perdu (Michael Crichton)

La pièce avait un aspect austère, spartiate. Le lit, un futon noir, était impeccablement fait. Thorne ouvrit les portes de la penderie, vit des rangées de vêtements suspendus, bien repassés, bien espacés, une partie sous des housses. Il ouvrit le tiroir du haut de la commode, vit des chaussettes pliées, disposées par couleurs.

Le monde perdu (Michael Crichton)

Comment voulez-vous concevoir quelque chose pour autrui, si vous ne connaissez ni l’histoire ni la psychologie ? se plaisait-il à dire. C’est impossible. Vos formules mathématiques seront peut-être justes, mais les gens bousilleront tout. Si cela se produit, cela signifiera que vous avez saboté le travail.

Le monde perdu (Michael Crichton)

il commença à assembler le gros fusil Lindstradt.

Le monde perdu (Michael Crichton)

symposium held two decades ago at the Benjamin

The Essays of Warren Buffett: Lessons for Corporate America (Warren Buffett;Lawrence A. Cunningham)

Istanbul un dessin du Xe siècle montre la Terre vue de l’espace.

Le monde perdu (Michael Crichton)

découvert une incroyable source d’énergie, mais

Le monde perdu (Michael Crichton)

d’un gros sauropode, peut-être un apatosaure.

Le monde perdu (Michael Crichton)

À une époque où notre comportement risque de provoquer l’extinction de notre espèce, je ne vois aucune raison de présupposer que nous sommes doués de conscience. Nous sommes des esprits conformistes, bornés, autodestructeurs.

Le monde perdu (Michael Crichton)

Le trait caractéristique de l’humanité n’est pas la conscience, mais la conformité,

Le monde perdu (Michael Crichton)

Plus important encore, poursuivit-il, la manière dont les systèmes complexes semblent trouver le juste milieu entre la nécessité de l’ordre et l’exigence du changement. Ils tendent à se situer à un endroit que nous appelons « le bord du chaos ». Nous imaginons le bord du chaos comme un endroit où il y a assez d’innovation pour garder un système vivant en mouvement et assez de stabilité pour l’empêcher de basculer dans l’anarchie. C’est une zone de conflits et de perturbations, où l’ancien et le nouveau sont constamment en guerre. Trouver le point d’équilibre ne peut qu’être délicat. Si un système vivant se rapproche trop près du bord, il risque de tomber dans l’incohérence et la dissolution ; s’il s’en écarte trop, il se pétrifie, devient rigide, totalitaire. Les deux états conduisent à l’extinction. L’excès est aussi destructeur que le défaut de changement. Ce n’est qu’au bord du chaos que les systèmes complexes peuvent prospérer...

Le monde perdu (Michael Crichton)

Ce n’est qu’au bord du chaos que les systèmes complexes peuvent prospérer...

Le monde perdu (Michael Crichton)

Ce qui m’intéresse, au fond, c’est de savoir si Dieu a eu le choix dans la création du monde.   ALBERT EINSTEIN

Le monde perdu (Michael Crichton)

Il faut que ce soit bien clair, dit-il. Ce n’est pas la planète qui est menacée, mais nous. Nous n’avons pas le pouvoir de détruire la planète... pas plus que de la sauver. Mais il se peut que nous ayons le pouvoir de nous sauver nous-mêmes.

Jurassic Park (Michael Crichton)

De plus en plus, les mathématiques exigeront que l’un ait le courage d’assumer leurs conséquences.

Jurassic Park (Michael Crichton)

Ne bouge pas, Lex ! Je t’en prie, ne bouge pas ! Surtout ne bouge bas !...

Jurassic Park (Michael Crichton)

La science, comme tous les systèmes périmés, s’autodétruit. A mesure qu’elle accumule le pouvoir, elle se montre impuissante à le maîtriser. Car tout va de plus en plus vite.

Jurassic Park (Michael Crichton)

Vous savez en quoi le pouvoir scientifique est dangereux ? reprit Malcolm après quelques instants. C’est une forme de richesse transmise en héritage. Et vous n’ignorez pas que les riches héritiers sont des crétins congénitaux. Ça ne rate jamais...

Jurassic Park (Michael Crichton)

Quand, il y a treize mille ans, nos ancêtres réalisaient les peintures rupestres de Lascaux, ils consacraient vingt heures par semaine à se nourrir, se loger et se vêtir. Le reste du temps, ils s’amusaient, ils dormaient, ils faisaient ce qu’ils avaient envie de faire.

Jurassic Park (Michael Crichton)

Elle avait l’air dérouté et inquiet.

Jurassic Park (Michael Crichton)

Nous avons affaire à des systèmes vivants. C’est de la vie qu’il s’agit, pas de modèles informatiques.

Jurassic Park (Michael Crichton)

La théorie du chaos assimile le comportement de l’ensemble d’un système à celui d’une goutte d’eau se déplaçant à la surface d’une hélice tarabiscotée. La goutte peut tomber en suivant les spires de l’hélice ou bien passer par-dessus le bord. Elle peut faire beaucoup de choses, mais elle se déplacera toujours sur la surface de l’hélice. — D’accord. — Les modèles de Malcolm, poursuivit Arnold, ont une saillie ou bien une brusque déclivité à partir de laquelle la goutte d’eau prendra rapidement de la vitesse. Il a modestement baptisé ce mouvement d’accélération l’effet Malcolm. C’est tout le système qui peut s’effondrer d’un seul coup. Et c’est ce qu’il a prévu pour le parc Jurassique ; il affirme qu’il renferme une instabilité structurelle.

Jurassic Park (Michael Crichton)

Songez maintenant à quel point tout est différent quand on travaille dans les loisirs. Personne n’en a besoin et il n’y a pas d’intervention de l’administration. Si je décide de faire payer cinq mille dollars par jour pour la visite de mon parc, qui m’en empêchera ? Après tout, personne n’est obligé de venir et, loin d’être dissuasif, un prix d’entrée élevé sera un atout supplémentaire. Une visite du parc Jurassique deviendra une marque de standing, ce dont les Américains raffolent. Les japonais aussi, et ils ont beaucoup plus d’argent.

Jurassic Park (Michael Crichton)

D’un point de vue purement commercial, soulager l’humanité souffrante est une entreprise extrêmement hasardeuse dans laquelle, personnellement, je ne me risquerai jamais.

Jurassic Park (Michael Crichton)

Imaginons que l’on veuille lancer ce produit sur le marché au prix de mille ou deux mille dollars la dose. On pourrait croire que l’on est en droit de le faire ; après avoir découvert ce remède et investi des sommes considérables pour le développement et l’expérimentation, on devrait être en mesure d’en fixer librement le prix. Mais croyez-vous que le gouvernement le permettra ? Eh bien, non, Henry. Jamais les malades n’accepteront de débourser mille dollars pour se procurer une dose d’un médicament indispensable. Non seulement ils n’auront aucune gratitude, mais ils seront révoltés. Et la Sécurité sociale ne remboursera pas ; elle criera au scandale.

Jurassic Park (Michael Crichton)

flairer la roue de secours et pousser le pneu du mufle.

Jurassic Park (Michael Crichton)

Paris est un parc thématique, annonça-t-il un jour, à un retour de vacances. Mais tout y est trop cher et les employés sont tristes et grincheux.

Jurassic Park (Michael Crichton)

Il s’était interrogé sur la signification profonde de cette fascination et avait conclu que les enfants aimaient les dinosaures parce que les géants disparus personnifiaient les forces de l’autorité devant lesquelles ils étaient impuissants. Les dinosaures représentaient symboliquement les parents. Ils étaient à la fois fascinants et effrayants, comme les parents. Et les enfants les aimaient comme ils aimaient leurs parents.

Jurassic Park (Michael Crichton)

bien, allons voir les nouveau-nés dans la nursery.

Jurassic Park (Michael Crichton)

végétaux s’étaient dotés. Il y avait des terpènes

Jurassic Park (Michael Crichton)

Dans la société de l’information, personne ne pense. Nous avions cru éliminer le papier, mais c’est la réflexion que nous avons bannie.

Jurassic Park (Michael Crichton)

cœlacanthe,

Jurassic Park (Michael Crichton)

un homme qui vit au milieu de biens impérissables ne ressemble en rien à un être mortel.

Lettre à Ménécée (Épicure)

raisonnement vigilant, capable de trouver en toute circonstance les motifs de ce qu’il faut choisir et de ce qu’il faut éviter, et de rejeter les vaines opinions d’où provient le plus grand trouble des âmes. Or, le principe de tout cela et par conséquent le plus grand des biens, c’est la prudence.

Lettre à Ménécée (Épicure)

Le plaisir dont nous parlons est celui qui consiste, pour le corps, à ne pas souffrir et, pour l’âme, à être sans trouble.

Lettre à Ménécée (Épicure)

Quand donc nous disons que le plaisir est le but de la vie, nous ne parlons pas des plaisirs des voluptueux inquiets, ni de ceux qui consistent dans les jouissances déréglées,

Lettre à Ménécée (Épicure)

que se dirent les habitants de l’île de Pâques au moment même où ils abattirent le dernier arbre de leur île ?

Effondrement (Jared Diamond)

Les effondrements des sociétés impliquant un facteur environnemental, et dans certains cas les effets des changements climatiques, des relations hostiles de voisinage et des relations d’échange, et les questions soulevées par les réponses apportées à ces problèmes par les sociétés.

Effondrement (Jared Diamond)

C’est pourquoi, vers la fin d’une série de décennies humides, la plupart des individus pouvaient très bien n’avoir eu aucune expérience personnelle de la période sèche précédente. Aujourd’hui encore, on constate une tendance chez l’homme à augmenter la production et le nombre des naissances dans les bonnes décennies, oubliant (ou, dans le passé, sans jamais s’apercevoir) que ces périodes fastes ne dureront sans doute pas toujours.

Effondrement (Jared Diamond)

Sans envisager un scénario de fin du monde impliquant l’extinction de l’espèce humaine ou un effondrement apocalyptique de la société industrielle, il nous faut « seulement » prévoir un avenir caractérisé par une baisse significative du niveau de vie, de plus grands risques chroniques et la disparition de valeurs que nous considérons actuellement comme fondamentales.

Effondrement (Jared Diamond)

Par effondrement, j’entends une réduction drastique de la population humaine et/ou de la complexité politique,économique, sociale, sur une zone étendue et une durée importante.

Effondrement (Jared Diamond)

surlignement sur la page 30 | emplacement 446-446

Presse-papier

in petto,

Le futur selon Asimov 13 - Prélude à Fondation (Isaac Asimov)

There are plenty of people in the world who are no fun to be around; don’t be one of them.

On a Dollar a Day: One Couple's Unlikely Adventures in Eating in America (Christopher Greenslate;Kerri Leonard)

how you live is more important than what you say.

On a Dollar a Day: One Couple's Unlikely Adventures in Eating in America (Christopher Greenslate;Kerri Leonard)

concerns about their children. They lingered.

On a Dollar a Day: One Couple's Unlikely Adventures in Eating in America (Christopher Greenslate;Kerri Leonard)

We, the audience, zero in on and project onto the "who" whether it's an epic motion picture or a commercial for Tide detergent. The "who" gives us someone to identify with — and that someone doesn't even have to be human. Why do mascots and spokespeople like the Jack character in all those Jack-in-the-Box commercials — or any talking corporate icon for that matter — draw us into the "story" of the product being sold? It's because it's easier to communicate an idea when someone is standing there experiencing it for us. And whether we're watching Lawrence of Arabia as Lawrence tries to figure out how to attack Aqaba " ...from the land!" or a Tylenol commercial in which a busy Soccer Mom wonders when her headache will go away, the principle of involving us in the story is the same.

Save the Cat! (Blake Snyder)

The "Superhero" genre is the exact opposite of Dude with a Problem and can best be defined by its opposite definition: An extraordinary person finds himself in an ordinary world.

Save the Cat! (Blake Snyder)

Kevin Spacey's last-minute discovery in American Beauty and mirrors, almost exactly, Jack Nicholson's blank post-operative expression in Cuckoo's Nest. Why? Because it's the same movie, with the same message, told in extremely different and moving ways.

Save the Cat! (Blake Snyder)

The rules, to me, are simple. The "house" must be a confined space: a beach town, a spaceship, a futuristic Disneyland with dinosaurs, a family unit. There must be sin committed — usually greed (monetary or carnal) — prompting the creation of a supernatural monster that comes like an avenging angel to kill those who have committed that sin and spare those who realize what that sin is. The rest is "run and hide." And putting a new twist on both the monster, the monster's powers, and the way we say "Boo!" is the job of the screenwriter who wants to add to the illustrious limb of this family tree of movies.

Save the Cat! (Blake Snyder)

And it's clear from such movies as Arachnophobia, Lake Placid, and Deep Blue Sea, if you don't know the rules of Monster in the House — you fail. The

Save the Cat! (Blake Snyder)

1. Irony. It must be in some way ironic and emotionally involving — a dramatic situation that is like an itch you have to scratch. 2. A compelling mental picture. It must bloom in your mind when you hear it. A whole movie must be implied, often including a time frame. 3. Audience and cost. It must demarcate the tone, the target audience, and the sense of cost, so buyers will know if it can make a profit. 4. A killer title. The one-two punch of a good logline must include a great title, one that "says what it is" and does so in a clever way.

Save the Cat! (Blake Snyder)

Irony. It must be in some way ironic and emotionally involving — a dramatic situation that is like an itch you have to scratch. 2. A compelling mental picture. It must bloom in your mind when you hear it. A whole movie must be implied, often including a time frame. 3. Audience and cost. It must demarcate the tone, the target audience, and the sense of cost, so buyers will know if it can make a profit. 4. A killer title. The one-two punch of a good logline must include a great title, one that "says what it is" and does so in a clever way.

Save the Cat! (Blake Snyder)

filmmakers to come up with a better title than Legally Blonde.

Save the Cat! (Blake Snyder)

No matter who is encouraging you on the friend side of your life, it's the strangers you really need to impress.

Save the Cat! (Blake Snyder)

There are just too many choices. So the studios try to make it easy to choose. That's why they produce so many sequels and remakes. They call them "pre-sold franchises" — and get ready to see a lot more of them.

Save the Cat! (Blake Snyder)

"She drives a cool car." That's someone's idea of how to create a winning hero. Well, folks, I don't care about how "cool" it is, this isn't going to work. Why? Because liking the person we go on a journey with is the single most important element in drawing us into the story. Which brings us to the title of this book: Save the Cat! Save the what? I call it the "Save the Gat" scene. They don't put it into movies anymore. And it's basic. It's the scene where we meet the hero and the hero does something — like saving a cat — that defines who he is and makes us, the audience, like him.

Save the Cat! (Blake Snyder)

Hero With A Thousand Faces

Save the Cat! (Blake Snyder)

tous nos actes sont provoqués par deux désirs fondamentaux: le désir sexuel et le désir d'être reconnu.

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

Ne critiquez pas, ne condamnez pas, ne vous plaignez pas.

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

condamnez pas, ne vous plaignez pas.

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

critiquez pas, ne condamnez pas, ne vous plaignez pas.

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

»Dieu lui-même ne veut pas juger l’homme avant la fin de ses jours. De quel droit le ferions-nous?

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

Quand vous vous adressez à un homme, rappelez vous que vous ne parlez pas à un être logique; vous parlez à un être d’émotion, à une créature tout hérissée de préventions, mue par son orgueil et par son amour-propre.

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

Quand vous vous adressez à un homme, rappelez vous que vous ne parlez pas à un être logique; vous parlez à un être d’émotion, à une créature tout hérissée de préventions,

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

Votre grossièreté n’a d’égale que votre stupidité.

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

Dicté mais non relu.

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

Connaissez-vous une personne que vous voudriez corriger? Oui ?Parfait C’est une excellente idée. Mais pourquoi ne pas commencer par vous-même? Ce serait beaucoup plus profitable que d'essayer de corriger les autres, et... beaucoup moins dangereux.

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

les reproches et les accusations sévères demeurent presque toujours vains.

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

Ne les condamnez point; dans les mêmes circonstances, nous aurions agi exactement comme eux.

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

Ne juge point si tu ne veux point être jugé.

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

Ne juge point si tu ne veux point être jugé. »Et

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

rappelons-nous Al Capone,«Two-Gun» Crowley et Albert Fail.

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

La critique est vaine parce qu’elle met l’individu sur la défensive et le pousse à se justifier. La critique est dangereuse parce qu'elle blesse l’amour-propre et qu’elle provoque la rancune.

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

«Depuis trente ans, j’ai compris que la critique est inutile. J’ai bien assez de mal à corriger mes propres défauts sans me tourmenter parce que les hommes sont imparfaits et parce que Dieu n’a pas jugé bon de distribuer également à tous les dons de l’intelligence.

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

Revoir le livre tous les mois.

Comment se faire des amis (Dale Carnegie)

Talk to any cavemen about what tale they’d like to hear around the ol’ campfire and three out of five Neanderthals agree: More road stories!

Save the Cat! Goes to the Movies: The Screenwriter's Guide to Every Story Ever Told (Blake Snyder)

As lights come up, we are in the monster’s “house” — the basement prison that will be our setting. Lawrence Gordon (Cary Elwes) and another man, Adam (screenwriter Leigh Whannell), are in a bad situation. Each is chained by the leg in an opposite corner. Lying between them — a body. Great start!

Save the Cat! Goes to the Movies: The Screenwriter's Guide to Every Story Ever Told (Blake Snyder)

As lights come up, we are in the monster’s “house” — the basement prison that will be our setting. Lawrence Gordon (Cary Elwes) and another man, Adam (screenwriter Leigh Whannell), are in a bad situation. Each is chained by the leg in an opposite corner. Lying between them

Save the Cat! Goes to the Movies: The Screenwriter's Guide to Every Story Ever Told (Blake Snyder)

Lesser Monsters = Lesser Movies.

Save the Cat! Goes to the Movies: The Screenwriter's Guide to Every Story Ever Told (Blake Snyder)

MITH genre have three main components: (1) a “monster,” (2) a “house,” and (3) a “sin.”

Save the Cat! Goes to the Movies: The Screenwriter's Guide to Every Story Ever Told (Blake Snyder)

a story type that went all the way back to the Minotaur and the maze,

Save the Cat! Goes to the Movies: The Screenwriter's Guide to Every Story Ever Told (Blake Snyder)

standing around the parking lot outside my Dad’s office in Santa Barbara when Jim, smoking a Lucky Strike,

Save the Cat! Goes to the Movies: The Screenwriter's Guide to Every Story Ever Told (Blake Snyder)

Would a caveman understand?

Save the Cat! Goes to the Movies: The Screenwriter's Guide to Every Story Ever Told (Blake Snyder)

All Stories Are About Transformation,

Save the Cat! Goes to the Movies: The Screenwriter's Guide to Every Story Ever Told (Blake Snyder)

son envie me valut même nombre de sympathies.

Lettres d’Abélard et d’Héloïse (Abélard;Héloïse)

science. Mon père, avant de ceindre le baudrier

Lettres d’Abélard et d’Héloïse (Abélard;Héloïse)

« Ce n’est pas dans les moments perdus qu’il convient de se livrer à la philosophie : il faut tout négliger pour s’y livrer sans partage ; on ne lui donnera jamais assez de temps. La laisser de côté pour un moment, c’est presque même chose que d’y renoncer.Toute interruption en fait perdre le fruit. Il faut donc résister aux occupations, et, bien loin d’en accroître l’étendue, les écarter de soi. »

Lettres d’Abélard et d’Héloïse (Abélard;Héloïse)