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L’importance croissante de la santé (mentale, physique, émotionnelle et énergétique) et la recherche de l’équilibre (dans sa vie personnelle, professionnelle, familiale et amoureuse) se traduisent ainsi par l’émergence du secteur de l’accompagnement individuel et du coaching aux particuliers. Au-delà des métiers de la santé à proprement parler, c’est toute une filière liée au bien-être, au souci de soi et à la quête de sens qui a vu ses effectifs exploser à partir des années 2000.

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

Avec un revenu annuel net de près de 39 000 €, les franchisés font partie des catégories aisées. Mais on constate dans l’univers de la franchise une grande hétérogénéité de situations. Un tiers d’entre eux ont ouvert plus d’un point de vente, et certains multifranchisés forment un réseau discret de notables locaux.

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

sous l’effet de cahiers des charges très précis, l’offre commerciale des franchisés a, en une quarantaine d’années, puissamment contribué à uniformiser les paysages, qu’il s’agisse des périphéries ou des centres-villes – où les boutiques des enseignes de vêtements, d’opticien, de restauration, de coiffure ou de caviste ont proliféré.

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

« Dans toute société, les groupes en position d’équilibre instable sont toujours les initiateurs du changement social »,

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

Métiers pour lesquels Pôle Emploi dénombre le plus d’offres d’emplois à niveau bac + 2 • Comptable • Commercial • Technico-commercial • Gestionnaire de paie • Technicien de maintenance • Assistant de direction • Assistant commercial • Conseiller clientèle • Assistant administratif • Conducteur de travaux • Assistant comptable • Technicien informatique

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

L’une des plus importantes transformations qu’ait connues la société française au cours de la Grande Métamorphose réside dans l’élévation du niveau éducatif. Quand, en 1985, Jean-Pierre Chevènement lança l’objectif des 80 % d’une génération au niveau bac, le taux de bacheliers n’était que de 29 %. À la suite de réformes successives (et notamment la création des baccalauréats professionnels en 1985 et le développement des baccalauréats technologiques), le taux grimpera rapidement à 63 % en 1995, mais il faudra attendre 2019 pour que le seuil symbolique de 80 % soit enfin atteint. En l’espace de trente-cinq ans, la stratification éducative, pour parler comme Emmanuel Todd, a été totalement bouleversée puisque les non-bacheliers qui représentaient les 7/10 d’une classe d’âge au milieu des années 1980, n’en constituent plus seulement que les 2/10 aujourd’hui. La détention de ce diplôme, qui était un critère de distinction et de sélection, est devenue la norme en seulement un peu plus d’une génération. Cette mutation très profonde de la stratification éducative ne pouvait pas ne pas avoir de répercussions sur la stratification sociale du pays. Alors que le fait de décrocher le prestigieux baccalauréat ouvrait, sauf erreur de parcours, l’accès à la classe moyenne dans les années 1980, le bac massifié ne joue plus du tout le même rôle. De même que les critères d’accès à la classe moyenne n’ont cessé d’être rehaussés en matière de standards de consommation et d’équipement du foyer, le seuil d’entrée dans le corps central de la société a été réévalué sur le plan des diplômes. On peut ainsi considérer que le ticket d’entrée dans la classe moyenne se situe désormais au niveau bac + 2. La part de la population détenant un tel diplôme a d’ailleurs significativement augmenté, en passant de 3,9 % en 1982 à 14,6 % en 2019.

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

L’une des plus importantes transformations qu’ait connues la société française au cours de la Grande Métamorphose réside dans l’élévation du niveau éducatif. Quand, en 1985, Jean-Pierre Chevènement lança l’objectif des 80 % d’une génération au niveau bac, le taux de bacheliers n’était que de 29 %. À la suite de réformes successives (et notamment la création des baccalauréats professionnels en 1985 et le développement des baccalauréats technologiques), le taux grimpera rapidement à 63 % en 1995, mais il faudra attendre 2019 pour que le seuil symbolique de 80 % soit enfin atteint. En l’espace de trente-cinq ans, la stratification éducative, pour parler comme Emmanuel Todd, a été totalement bouleversée puisque les non-bacheliers qui représentaient les 7/10 d’une classe d’âge au milieu des années 1980, n’en constituent plus seulement que les 2/10 aujourd’hui. La détention de ce diplôme, qui était un critère de distinction et de sélection, est devenue la norme en seulement un peu plus d’une génération. Cette mutation très profonde de la stratification éducative ne pouvait pas ne pas avoir de répercussions sur la stratification sociale du pays. Alors que le fait de décrocher le prestigieux baccalauréat ouvrait, sauf erreur de parcours, l’accès à la classe moyenne dans les années 1980, le bac massifié ne joue plus du tout le même rôle. De même que les critères d’accès à la classe moyenne n’ont cessé d’être rehaussés en matière de standards de consommation et d’équipement du foyer, le seuil d’entrée dans le corps central de la société a été réévalué sur le plan des diplômes. On peut ainsi considérer que le ticket d’entrée dans la classe moyenne se situe désormais au niveau bac + 2.

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

Quand, en 1985, Jean-Pierre Chevènement lança l’objectif des 80 % d’une génération au niveau bac, le taux de bacheliers n’était que de 29 %. À la suite de réformes successives (et notamment la création des baccalauréats professionnels en 1985 et le développement des baccalauréats technologiques), le taux grimpera rapidement à 63 % en 1995, mais il faudra attendre 2019 pour que le seuil symbolique de 80 % soit enfin atteint. En l’espace de trente-cinq ans, la stratification éducative, pour parler comme Emmanuel Todd, a été totalement bouleversée puisque les non-bacheliers qui représentaient les 7/10 d’une classe d’âge au milieu des années 1980, n’en constituent plus seulement que les 2/10 aujourd’hui. La détention de ce diplôme, qui était un critère de distinction et de sélection, est devenue la norme en seulement un peu plus d’une génération. Cette mutation très profonde de la stratification éducative ne pouvait pas ne pas avoir de répercussions sur la stratification sociale du pays. Alors que le fait de décrocher le prestigieux baccalauréat ouvrait, sauf erreur de parcours, l’accès à la classe moyenne dans les années 1980, le bac massifié ne joue plus du tout le même rôle. De même que les critères d’accès à la classe moyenne n’ont cessé d’être rehaussés en matière de standards de consommation et d’équipement du foyer, le seuil d’entrée dans le corps central de la société a été réévalué sur le plan des diplômes. On peut ainsi considérer que le ticket d’entrée dans la classe moyenne se situe désormais au niveau bac + 2.

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

C’est à partir du début des années 2000 que le discours fustigeant l’assistanat monte en puissance et rencontre un écho grandissant dans toute une partie de la société française. Accusés de vivre aux crochets de la société et de se complaire dans l’oisiveté, les bénéficiaires des minima sociaux se voient affublés du nom de « cassos » (pour « cas social »), terme qui va progressivement passer dans le langage commun 39. À la même époque, le terme « chav » (désignant le même public) apparaît en Grande-Bretagne.

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

C’est de ces années que date l’émergence de ce qu’Olivier Schwartz a appelé « la tripartition de la conscience sociale des catégories populaires ». Dans ces milieux, la vision de la société s’organise non plus autour de la seule opposition traditionnelle entre « nous » et « eux » (ce « eux » renvoyant aux classes sociales dominantes), mais autour d’un triptyque : « nous/eux/ils » (le « ils » correspondant aux exclus et aux personnes bénéficiant des minima sociaux).

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

En dépit de la diversité des activités exercées, une des caractéristiques communes aux catégories populaires de la France d’après réside en effet dans leur qualification, la plupart du temps inférieure au bac ou de niveau bac. Si le niveau de salaire constitue toujours l’un des critères majeurs autour desquels s’opère la hiérarchisation sociale, le niveau de diplôme a acquis, lui aussi, une importance décisive en la matière.

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

En dépit de la diversité des activités exercées, une des caractéristiques communes aux catégories populaires de la France d’après réside en effet dans leur qualification, la plupart du temps inférieure au bac ou de niveau bac.

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

Notons enfin que le chariot élévateur 36, étroitement associé à la palette (unité de base de la logistique qui permet d’entreposer et de soulever les chargements), aura occupé une place de choix dans le folklore « Gilets jaunes ». Véritable couteau suisse de la mobilisation, les palettes ont notamment été utilisées comme barrage ou combustible, mais aussi comme matériau de construction des cabanes érigées sur les gros ronds-points.

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Tout au long de la mobilisation en plusieurs actes entamée à la mi-novembre 2018, la figure du cariste a émergé avec une grande régularité,

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BREF RETOUR À GRAMSCI Les différents groupes sociaux constituant la nouvelle constellation populaire correspondent assez bien à ce qu’Antonio Gramsci appelait les « classes (ou groupes) subalternes ». Dans la pensée complexe du théoricien italien, le concept de « classes subalternes » est plus riche que la traditionnelle notion marxiste de « prolétariat », dans la mesure où Gramsci associe une dimension culturelle et idéologique à la classique domination économique. Si la définition des « classes subalternes » a varié d’un écrit à l’autre de Gramsci, cet univers renvoie à des groupes sociaux divisés, multiples et désagrégés. Leur absence d’unité et de conscience de classe (comme celle qui fut le propre du prolétariat industriel) constitue pour le penseur italien un handicap majeur sur le chemin de leur émancipation. S’appuyant sur des exemples puisés dans l’histoire sociale italienne, Gramsci soulignait le caractère spontané et désorganisé des révoltes de ces classes subalternes qui, de ce fait, viraient systématiquement à la jacquerie sans lendemain et n’ouvraient jamais sur un processus révolutionnaire. Aux antipodes de la classe ouvrière organisée et « conscientisée » par le Parti communiste et la CGT, le prolétariat de la logistique et des services de la France d’après fait irrésistiblement penser aux paysans du Mezzogiorno du début du XXe siècle, tels qu’Antonio Gramsci les décrit : « Les paysans méridionaux sont en perpétuelle fermentation, mais en tant que masse, ils sont incapables de donner une expression centralisée à leurs aspirations et à leurs besoins 30. » Dans le contexte de la France contemporaine, la crise des Gilets jaunes peut se lire comme une révolte de ces nouvelles classes subalternes, les groupes sociaux que nous venons de décrire ayant occupé une position de pointe dans ce mouvement brouillon et spontané, mais néanmoins très déterminé.

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À noter qu’alors que l’univers de la propreté et les métiers du care sont très majoritairement fémininisés, la sécurité privée comme le transport routier ou la livraison à domicile emploient plus de 90 % d’hommes. Au sein de la nouvelle constellation populaire, les activités sont très sexuées, chaque secteur recrutant et offrant des débouchés à l’une ou l’autre composante de cette population.

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Le leader, Korian, regroupe 294 établissements en France et y emploie près de 25 000 personnes ; son rival, Orpéa, aligne 222 établissements, dont le fonctionnement est assuré par 15 000 salariés.

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dans les Ehpad ou dans la filière de l’hospitalisation à domicile, le vieillissement de la population va se traduire dans les prochaines années par la multiplication des métiers du care, qui constituent le prolétariat de la silver economy.

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Le statut d’aide-soignante, écrit Anne-Marie Arborio, apparaît ainsi « davantage comme le sommet de la hiérarchie du personnel de service que comme le premier barreau de la hiérarchie des personnels soignants ».

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« J’ai remis cette tenue humiliante, ce pyjama en papier tellement fin qu’il craque régulièrement quand vous bougez et vous laisse les fesses à l’air, alors que vous êtes au beau milieu d’un soin. J’ai travaillé mes 11,5 heures, dont une heure de pause pour 97 euros nets. J’ai nettoyé les corps et les lits souillés. Je suis rentrée chez moi le soir, épuisée, le dos vrillé 23. »

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

Le taux de syndicalisation est très faible dans ce secteur, et les actions revendicatives très rares et sporadiques. Jules Salé raconte, par exemple, comment un mouvement de livreurs de repas à domicile, protestant contre la baisse de leur rémunération, n’est resté qu’à l’état embryonnaire du fait de l’atomisation de cette population, et s’est rapidement éteint.

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(à eux seuls, Deliveroo et Uber Eats font appel à 20 000 livreurs). Les bips sonores leur notifiant sur téléphone une nouvelle commande résonnent comme jadis la clochette que l’on agitait pour sonner le maître d’hôtel ou la servante.

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chez Amazon par exemple, les salariés ne sont classés qu’en deux catégories (ouvriers/employés ou agents de maîtrise) alors que la convention nationale des commerces de détail non alimentaires, à laquelle Amazon est rattachée, en prévoit six 7. Cette segmentation binaire du corps social engendre tensions et frustrations.

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« partout en Occident, les agents logistiques prennent le pas sur les soudeurs ! ». Cet exemple illustre bien sûr un phénomène plus général : « On constate que la structure des emplois se déforme au détriment de l’industrie et en faveur d’emplois de services peu sophistiqués, écrivent encore les auteurs. Les emplois détruits dans l’industrie et les services à l’industrie sont remplacés massivement par des emplois dans les services domestiques, moins productifs, moins bien payés et moins protégés que les emplois détruits, d’où la baisse du niveau de gamme des emplois et du niveau de vie. » Si la pénibilité du travail dans l’industrie n’a rien à envier à celle qui prévaut dans la logistique, bon nombre de filières industrielles (dont la métallurgie) offrent (ou offraient) des possibilités d’évolutions professionnelles et salariales pour les ouvriers.

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« partout en Occident, les agents logistiques prennent le pas sur les soudeurs ! ». Cet exemple illustre bien sûr un phénomène plus général : « On constate que la structure des emplois se déforme au détriment de l’industrie et en faveur d’emplois de services peu sophistiqués, écrivent encore les auteurs. Les emplois détruits dans l’industrie et les services à l’industrie sont remplacés massivement par des emplois dans les services domestiques, moins productifs, moins bien payés et moins protégés que les emplois détruits, d’où la baisse du niveau de gamme des emplois et du niveau de vie. »

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Signe du déplacement du centre de gravité de notre économie de l’industrie vers la logistique, c’est désormais du côté des entrepôts d’Amazon que se tournent les observateurs quand ils veulent prendre le pouls du climat social en période de crise.

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Lieu iconique de la sociabilité française, le café fait également face à un renouvellement des formats et des contextes de dégustation hors domicile. L’apparition récente du café de spécialité, produit qui, à l’instar de la bière, du pain et du vin, a connu une montée en gamme portée à la fois par le marché et les attentes des consommateurs, a engendré un nouveau type de lieu. Les coffee shops dédiés à la dégustation de café haut de gamme – à ne pas confondre avec les lieux de consommation de haschich aux Pays-Bas – se sont multipliés depuis quelques années. Ils sont reconnaissables à leur esthétique artisanale et à leur offre inspirée de la culture foodie globalisée (café latte, flat white, smoothies et jus verts, scones et cookies, avocado toasts, açaï bowl, etc.). Le personnel, composé de baristas spécialistes de la torréfaction et de la culture du café, y est généralement bilingue et d’origine anglo-saxonne. Enfin, les coffee shops ont attiré une clientèle de femmes, d’étudiants, de cadres, de touristes étrangers qui ne fréquentaient pas les cafés traditionnels réputés trop masculins ou trop tournés vers la consommation d’alcool. À Paris, ces cafés haut de gamme sont déjà environ 150 selon les recensements réalisés par les amateurs de café de spécialité. Ces établissements ne servent généralement pas d’alcool. Dans ce contexte de segmentation de l’offre, les bars-tabac traditionnels sont désormais fréquentés par une clientèle essentiellement populaire et masculine, attirée par l’offre de jeux à gratter.

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jeune, éduqué et mû par l’envie de retisser du lien social de proximité. « Un peu comme une épicerie de village en version 2020 » ;

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jeune, éduqué et mû par l’envie de retisser du lien social de proximité. « Un peu

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jeune, éduqué et mû par l’envie de retisser du lien social de proximité.

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Comme le résume un boulanger très au fait des transformations de son secteur d’activité : « Dans la mesure où les nouvelles boulangeries conventionnelles de périphérie proposent la même qualité que le pain que l’on trouve en centre-ville, et pour moins cher, si le boulanger indépendant n’est pas capable de créer quelque chose de très différent, les gens ne viendront plus chez lui. » Le circuit conventionnel, qui accueille tout le monde sous le même toit, se voit concurrencé sur le terrain du prix, d’un côté, et questionné par la soif d’authenticité et le rejet de la standardisation, de l’autre…

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Comme le résume un boulanger très au fait des transformations de son secteur d’activité : « Dans la mesure où les nouvelles boulangeries conventionnelles de périphérie proposent la même qualité que le pain que l’on trouve en centre-ville, et pour moins cher, si le boulanger indépendant n’est pas capable de créer quelque chose de très différent, les gens ne viendront plus chez lui. »

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Le premier critère d’implantation de ces enseignes est bien sûr le volume de flux d’automobilistes sur les axes routiers. (Détail amusant : la couverture du territoire périphérique par ces entrepreneurs de la boulangerie est souvent ignorée des habitants des grandes villes.)

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C’est ainsi qu’arborer ces marques ne signale pas uniquement un plus haut pouvoir d’achat, bien que les prix soient généralement plus élevés que ceux de la fast fashion comme le montre le tableau ci-dessus, mais surtout un haut niveau de capital culturel, une forme d’expertise dans l’acte d’achat et une sensibilité politique aux problématiques liées à la société de consommation. Comme le résume une consommatrice de ces produits, « se vêtir avec des marques éthiques revient à porter une auréole au-dessus de la tête 2 ». On peut parler, à propos de ces pratiques de consommation, d’actes de vertu ostentatoire, dans la mesure où l’étiquette fonctionne comme un signal envoyé aux initiés qui savent décoder le message de ces petites griffes.

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Le film fait ainsi coexister les deux thèses opposées à propos de l’évolution des classes moyennes. Celle selon laquelle ses membres n’ont jamais possédé autant de biens matériels, rehaussant sans cesse le seuil d’accès à la société de consommation, et celle selon laquelle cette incitation permanente à surconsommer aboutit à une paupérisation objective mais également à une forme d’aliénation pour tous ceux qui n’arrivent plus à suivre le rythme.

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aspirations à le dépasser. Le film fait ainsi coexister les deux thèses opposées à propos de l’évolution des classes moyennes. Celle selon laquelle ses membres n’ont jamais possédé autant de biens matériels, rehaussant sans cesse le seuil d’accès à la société de consommation, et celle selon laquelle cette incitation permanente à surconsommer aboutit à une paupérisation objective mais également à une forme d’aliénation pour tous ceux qui n’arrivent plus à suivre le rythme.

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deux thèses opposées à propos de l’évolution des classes moyennes. Celle selon laquelle ses membres n’ont jamais possédé autant de biens matériels, rehaussant sans cesse le seuil d’accès à la société de consommation, et celle selon laquelle cette incitation permanente à surconsommer aboutit à une paupérisation objective mais également à une forme d’aliénation pour tous ceux qui n’arrivent plus à suivre le rythme.

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« Faut bien nourrir les enfants et leur faire plaisir quand on peut. » La dimension symbolique et statutaire associée à l’achat de certains produits s’exprime avec encore plus de force quand il est question du rapport aux enfants, car, ainsi que le souligne la chercheuse Martine Court dans son livre Sociologie des enfants 11, « dans les familles populaires […], pouvoir nourrir ses enfants, et encore plus les gâter, est un motif de fierté, le point d’honneur parental par excellence 12 ».

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« D’habitude, les gens achètent de la pâte à tartiner au premier prix comme ça, ils économisent pour mettre de la viande dans leur assiette. Là, ils peuvent s’offrir de la marque » et Sadio : « À cette période du mois, il ne me reste parfois que 20 à 30 €. Le Nutella c’est un produit de luxe, comme le vrai Coca », deux clients de l’Intermarché de Beauvais, qui fut l’un des théâtres de ces violences 10.

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« D’habitude, les gens achètent de la pâte à tartiner au premier prix comme ça, ils économisent pour mettre de la viande dans leur assiette. Là, ils peuvent s’offrir de la marque » et Sadio : « À cette période du mois, il ne me reste parfois que 20 à 30 €. Le Nutella c’est un produit de luxe, comme le vrai Coca »,

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1988    Aldi ouvre son 1er magasin en France Cofinoga crée sa filiale spécialisée dans le crédit  revolving   1989    Lidl ouvre son 1 er magasin en France   1994    Arrivée de la chaîne Cash Converters en France La FDJ lance son jeu de grattage, le Morpion    1995    Création de l’enseigne Le Faillitaire    1996    Création de la chaîne de coiffure  low cost Tchip   2004    La part du  hard discount atteint 13 % du marché de la distribution   2005    La marque Dacia est lancée en France    2006    Lancement du site Le Bon Coin    2009    Création du statut d’auto-entrepreneur    2012    Ouverture du premier magasin Action, à Courrières (Pas-de-Calais)    2015    Vote de la loi autorisant les « cars Macron » 

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L’industrie automobile a été le secteur économique qui a incarné et appliqué de manière la plus aboutie les principes du fordisme durant les Trente Glorieuses. Ce modèle, combinant les méthodes de production tayloristes et une politique sociale et salariale relativement généreuse, avait été l’un des principaux instruments de l’arrimage des catégories populaires au corps central de la société en permettant aux ouvriers et aux employés d’accéder à la société de consommation. La régie Renault aura été l’un des acteurs emblématiques de cette stratégie durant des décennies. Or, le développement et le succès de la gamme Dacia, avec ses véhicules produits en Roumanie, montrent bien que nous avons changé radicalement d’époque et de modèle. Par un effet de cercle vicieux, l’industrie automobile française, au premier rang de laquelle Renault, a massivement délocalisé sa production pour proposer des voitures bon marché, voitures adaptées aux moyens d’un public qui ne bénéficie plus du modèle fordiste, modèle économique et social qui a précisément disparu sous l’effet de la désindustrialisation accélérée par les délocalisations…

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Si le niveau de revenu et la profession continuent bien entendu d’être des marqueurs très importants, de plus en plus de gens se définissent socialement par des styles de vie liés à leur consommation et par les magasins et les enseignes qu’ils fréquentent, comme en témoignent par exemple ces propos recueillis par une journaliste des Échos dans le cadre d’un reportage sur l’état de la société française un an après le déclenchement de la crise des Gilets jaunes, enquête réalisée dans la ville moyenne de Soissons, dans l’Aisne : « Avant, je pouvais me permettre Intermarché. Depuis deux ans, je ne vais plus que chez Lidl » (Aurélie, coiffeuse 2) ; « Je suis de la classe moyenne, nous ne sommes pas les plus à plaindre mais notre situation se détériore. On travaille toujours plus, on donne beaucoup, mais on ne s’en sort pas mieux. Le premier des arbitrages c’est d’avoir dû passer de Leclerc à Lidl » (Linda, conseillère clientèle).

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Si le niveau de revenu et la profession continuent bien entendu d’être des marqueurs très importants, de plus en plus de gens se définissent socialement par des styles de vie liés à leur consommation et par les magasins et les enseignes qu’ils fréquentent, comme en témoignent par exemple ces propos recueillis par une journaliste des Échos dans le cadre d’un reportage sur l’état de la société française un an après le déclenchement de la crise des Gilets jaunes, enquête réalisée dans la ville moyenne de Soissons, dans l’Aisne : « Avant, je pouvais me permettre Intermarché. Depuis deux ans, je ne vais plus que chez Lidl » (Aurélie, coiffeuse

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Alors que Biarritz séduit les milieux de la mode, des médias et les influenceurs d’Instagram, une partie de la Drôme s’est spécialisée dans l’accueil des professions intellectuelles (écrivains, chercheurs, éditeurs) et de militants proches des mouvances écologistes. Dans un article du Monde consacré à la nouvelle génération de penseurs français, le territoire est décrit comme « un cluster écopolitique 4 » où résident plusieurs penseurs en vue de cette mouvance, parmi lesquels l’inspirateur de la collapsologie Pablo Servigne, installé à Die. « Profitant de la proximité avec Lyon, poursuit l’article, les nouveaux écosophes peuvent donner leurs cours à l’université, vivre pleinement leur urbanité

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À l’occasion d’une description consacrée à son ancien quartier parisien, dans lequel les quincailleries ont été « remplacées par des magasins de créateurs, des galeries de design, des restaurants branchés », le narrateur s’attable à une terrasse de café entre « un webmaster et deux publicistes, un critique littéraire et trois producteurs de télévision » et prend conscience du milieu social et culturel auquel il appartient désormais, qu’il juge à contre-courant de l’évolution majoritaire du pays : « Le centre était devenu la périphérie », note-t-il à propos de Paris, et il développe : « La périphérie était devenue le centre du pays, le cœur de la société, son lieu commun, sa réalité moyenne. Partout s’étendaient des zones intermédiaires, les banlieues n’en finissaient plus de grignoter les champs, au milieu des campagnes surgissaient d’improbables lotissements pavillonnaires. La périphérie progressait à l’horizontale, s’étendait à perte de vue, mangerait bientôt la totalité du territoire. Oui, cela ne faisait aucun doute, la périphérie était devenue le cœur. Un cœur muet, invisible, majoritaire mais oublié, délaissé, noyé dans sa propre masse, dont j’étais issu et que je perdais de vue peu à peu

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le mode de vie qui valorise la mixité et le droit à la ville apparaît de plus en plus comme l’exact opposé de la manière dont une partie des Français organise son quotidien et ses loisirs. Comme l’écrit le spécialiste du périurbain Éric Charmes, ces derniers plaident plutôt pour un droit au village et à un relatif entre-soi 18. On pourrait même parler d’un droit à la piscine,

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La vogue New Age asiatique est par ailleurs responsable de l’invasion de petits buddhas d’extérieur répartis aux quatre coins de la propriété, qui tendent à remplacer les traditionnels nains de jardin du pavillonnaire des années 1970-1990.

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De même que les agents de Stéphane Plaza pratiquent le home staging pour donner au bien immobilier une valeur un peu supérieure à son prix de marché, M6 a en quelque sorte « home-stagé » les Français. Le modèle d’aménagement et de décoration intérieure promu par Plaza et son équipe de décoratrices est ainsi celui des magazines et des logements des catégories supérieures du privé 9. Plusieurs marqueurs forts en témoignent, comme la cuisine ouverte et son îlot central, devenu le centre de gravité du foyer, le salon avec un – voire deux – canapés et le téléviseur écran plat, la chambre, volontiers améliorée et rebaptisée suite parentale,

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De même que les agents de Stéphane Plaza pratiquent le home staging pour donner au bien immobilier une valeur un peu supérieure à son prix de marché, M6 a en quelque sorte « home-stagé » les Français.

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De même que les agents de Stéphane Plaza pratiquent le home staging pour donner au bien immobilier une valeur un peu supérieure à son prix de marché, M6 a en quelque sorte « home-stagé » les Français. Le modèle d’aménagement et de décoration

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De même que les agents de Stéphane Plaza pratiquent le home staging pour donner au bien immobilier une valeur un peu supérieure à son prix de marché,

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les émissions de la chaîne M6 se sont spécialisées depuis une quinzaine d’années dans l’accompagnement et le coaching du quotidien des Français, au détriment de la trash TV, reléguée vers les chaînes câblées du groupe (W9). Dans la représentation des Français qu’offre la chaîne, les coachs décoration, les chefs cuisiniers et, bien entendu, les agents immobiliers s’adressent à des couples dynamiques d’actifs issus des classes moyennes et supérieures, qui ont pris la place des représentants des catégories populaires, Marseillais et autres Anges de la téléréalité

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les émissions de la chaîne M6 se sont spécialisées depuis une quinzaine d’années dans l’accompagnement et le coaching du quotidien des Français, au détriment de la trash TV, reléguée vers les chaînes câblées du groupe (W9).

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les intellectuels et les professions à fort capital culturel ont tendance à faire de leur idée de la ville idéale une aspiration partagée par les autres groupes sociaux, « or ces condamnations ne perçoivent pas que la préférence pour le périurbain correspond aussi bien souvent à un choix de vie et exprime une réelle prédilection pour un type de socialité où l’on privilégie l’autonomie individuelle et les liens sociaux d’interconnaissance, plutôt que les liens anonymes et mercantilisés propres à la ville centre 8 ».

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alors que la ville se caractérise par sa mixité et par sa densité, le modèle Plaza tend au contraire à organiser une vie sociale riche mais centrée sur les cercles familiaux et amicaux dans le cadre du domicile – et du jardin.

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

le véhicule lui-même, ticket d’entrée indispensable pour intégrer le club « Plaza majoritaire », n’est pas le même partout. Les habitants des quartiers périurbains qui possèdent un SUV ne partagent pas grand-chose avec les Gilets jaunes qui roulent en utilitaire au diesel, les premiers dédaignant volontiers les seconds en dépit de leur condition périurbaine commune. Les uns votent d’ailleurs pour des partis de l’arc libéral et conservateur, quand les seconds privilégient les partis dits tribuniciens ou s’abstiennent. En dépit de ces nuances, le modèle majoritaire repose sur une vision du monde commune qui fait passer la vie privée et domestique au premier plan.

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le véhicule lui-même, ticket d’entrée indispensable pour intégrer le club « Plaza majoritaire », n’est pas le même partout. Les habitants des quartiers périurbains qui possèdent un SUV ne partagent pas grand-chose avec les Gilets jaunes qui roulent en utilitaire au diesel, les premiers dédaignant volontiers les seconds en dépit de leur condition périurbaine commune. Les uns votent d’ailleurs pour des partis de l’arc libéral et conservateur, quand les seconds privilégient les partis dits tribuniciens ou s’abstiennent.

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le véhicule lui-même, ticket d’entrée indispensable pour intégrer le club « Plaza majoritaire », n’est pas le même partout. Les habitants des quartiers périurbains qui possèdent un SUV ne partagent pas grand-chose avec les Gilets jaunes qui roulent en utilitaire au diesel, les premiers dédaignant volontiers les seconds en dépit de leur condition périurbaine commune.

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L’engouement des périurbains pour l’enseigne Grand Frais, équivalent périphérique d’un Monoprix de centre-ville, est représentatif du segment haut de gamme tout comme, à l’opposé, le succès fulgurant du discount en est le visage low cost.

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Les habitants du modèle majoritaire ont en commun de ne pas pouvoir sortir de chez eux à pied, tout déplacement vers leur travail, leurs loisirs ou l’école de leurs enfants impliquant un trajet en voiture, sauf pour les habitants des maisons de ville.

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C’est d’ailleurs en dessous du seuil des 100 000 habitants qu’une agglomération voit la part des logements individuels devenir majoritaire

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L’éventail de prix pour accéder au modèle majoritaire va de 150 000 à 1 million d’euros et au-delà. Ménages modestes, bourgeois, banlieusards… peu de catégories sociales résistent à sa puissance d’attraction

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si l’automobile est demeurée la référence commune aux habitants d’une maison individuelle, cet objet central de la sociologie des Français dans les années d’après-guerre a un peu perdu de son brio dans les mythologies contemporaines, au profit de la glorification de la culture du jardin et de la déco intérieure.

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Le modèle « Plaza majoritaire » intègre sous un même toit un ménage constitué d’un couple – recomposé ou non – avec enfant(s), propriétaire d’une maison avec terrain qu’il a achetée ou fait construire, et qui possède une ou deux automobiles.

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Nous sommes ici bien loin de l’ambiance « poussette Yoyo et vélo électrique » de la petite couronne gentrifiée, et sur la carte mentale que se construit l’habitant des centres-villes, la banlieue des micro-brasseries cède le pas à celle des barbus. Le processus de gentrification a ses limites, d’autant qu’au-delà d’une certaine distance de la capitale, les relégués du marché immobilier parisien préfèrent déménager en bout de ligne de RER, si ce n’est dans une autre métropole raccordée au TGV, plutôt que de s’aventurer dans certains quartiers.

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La carte électorale de Bagnolet, où ont vécu pendant près de dix ans les coscénaristes, illustre bien ces lignes de fracture et la juxtaposition de groupes sociaux très différents. Ainsi, lors des élections européennes de 2019 (soit l’année suivant la sortie du film), le score de la liste d’Europe Écologie Les Verts oscillait entre 33,3 % dans le bureau no 5, situé rue Paul-Bert, et… 9 % dans le bureau no 6, rue Lénine, les deux bureaux n’étant distants que de quelques centaines de mètres.

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Le site MeilleursAgents a eu la bonne idée de présenter la moyenne des prix au mètre carré autour de chaque station des lignes de métro et de RER parisiens. La ligne 5, qui depuis la place d’Italie, Bastille puis République dessert les gares de l’Est et du Nord jusqu’à son terminus de Bobigny, traverse la commune de Pantin. Après une légère décote en deçà des 10 000 €/m2 (moyenne parisienne) à mesure qu’on s’éloigne du cœur du XXe arrondissement (stations Jaurès, Laumière, Ourcq), la ligne franchit le périphérique pour descendre sous la barre des 7 000 €/m2. La station Hoche, située à proximité du triangle d’or pantinois (selon l’expression flatteuse des agents immobiliers), affiche un prix de 6 450 €/m2. Ce prix place cette commune populaire où l’immigration est importante à un niveau bien supérieur à celui qu’occupent certaines communes du sud bourgeois de Paris, comme Saint-Rémy-lès-Chevreuse qui culmine à 3 600 €/m2.

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les nouvelles guinguettes, les friches culturelles, potagers urbains et autres biergarten à la berlinoise, que l’on repère à leurs guirlandes de loupiotes multicolores et à leur population de jeunes amateurs de bières IPA, baskets aux pieds et tote bag sur l’épaule. À la belle saison, des péniches où prendre le thé ou l’apéro accueillent les couples, les familles et des groupes d’étudiants parisiens ou nouvellement installés en banlieue. Durant le week-end, les adeptes de running signalent la présence d’une population de cadres et de professions culturelles portés vers une pratique sportive inspirée du mode de vie yuppie américain. Signe d’un virage économique assez récent qui s’est précisé dans les premières décennies du XXIe siècle, les installations festives du canal de l’Ourcq jouxtent ou font face à des vestiges de l’ère industrielle, à l’époque où la voie d’eau était utilisée pour transformer et acheminer des matériaux de construction.

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les nouvelles guinguettes, les friches culturelles, potagers urbains et autres biergarten à la berlinoise, que l’on repère à leurs guirlandes de loupiotes multicolores et à leur population de jeunes amateurs de bières IPA, baskets aux pieds et tote bag sur l’épaule.

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les nouveaux commerces de bouche se repèrent d’autant mieux qu’ils émergent au sein d’un paysage où kebabs et restaurants asiatiques bon marché dominent.

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Si les gentrifieurs historiques ont acheté d’agréables maisons meulières ou ont transformé certains quartiers de fabriques et d’ateliers en lofts 4, les nouveaux arrivants des années 2010-2020 se contentent généralement de programmes immobiliers neufs sans grand charme, qu’érigent à une cadence impressionnante les Bouygues, Nexity et autres géants de la promotion immobilière.

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

ce phénomène de gentrification ne s’est produit que dans une poignée de quartiers des agglomérations où le marché immobilier est le plus tendu, et uniquement dans la configuration où il existe un véritable intérêt à se maintenir près du centre du point de vue de l’emploi et de la qualité de la vie sociale et culturelle. L’intérêt émergent pour ces espaces jadis snobés se déclenche souvent à la faveur de la rénovation d’un quartier, de l’arrivée de nouveaux équipements ou du prolongement d’une ligne de tramway ou de métro. Le renouvellement urbain s’accompagne alors de tentatives de rehaussement d’image des banlieues concernées.

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ce phénomène de gentrification ne s’est produit que dans une poignée de quartiers des agglomérations où le marché immobilier est le plus tendu, et uniquement dans la configuration où il existe un véritable intérêt à se maintenir près du centre du point de vue de l’emploi et de la qualité de la vie sociale et culturelle. L’intérêt émergent pour ces espaces jadis snobés se déclenche souvent à la faveur de la rénovation d’un quartier, de l’arrivée de nouveaux équipements ou du prolongement

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

ce phénomène de gentrification ne s’est produit que dans une poignée de quartiers des agglomérations où le marché immobilier est le plus tendu, et uniquement dans la configuration où il existe un véritable intérêt à se maintenir près du centre du point de vue de l’emploi et de la qualité de la vie sociale et culturelle.

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

Au sein des métropoles, où la compétition pour les places fait rage, les centres historiques et les banlieues bourgeoises étant devenus la chasse gardée des hauts patrimoines, ce mouvement de report s’est fixé dans un premier temps sur les quartiers populaires de faubourg

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

les générations montantes qui espèrent conserver un niveau de vie comparable à celui dans lequel elles ont grandi doivent se tourner vers la « commune d’après » (par rapport à celle à laquelle elles auraient pu prétendre une génération plus tôt).

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

les générations montantes qui espèrent conserver un niveau de vie comparable à celui dans lequel elles ont grandi doivent se tourner vers la « commune d’après »

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

À l’instar du village de Cadenet, situé dans l’aire d’attraction d’Aix-en-Provence, étudié par le sociologue Jean-Pierre Le Goff dans La Fin du village 30, la vie sociale voit coexister plusieurs strates de populations qui s’y sont sédimentées sans beaucoup d’interactions entre elles : vieux habitants revendiquant leur autochtonie, immigrés nord-africains marginalisés, périurbains d’Aix et de Marseille s’éloignant de la ville et contribuant à l’étalement résidentiel, Parisiens et Anglais acquéreurs de belles propriétés au charme authentique vivant en vase clos, etc. Ces transformations, parfois vécues sur le mode de la perte, expliquent que l’identité soit devenue un point de fixation lors des élections locales dans le Sud-Est.

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“Californie française” », écrivait le New York Times très attentif à cette transformation dès 2013 18. Les raisons qui expliquent cette « californisation de Biarritz » selon le quotidien américain ? « Plus de soleil, une atmosphère plus cordiale et une ambiance plus détendue qu’ailleurs en France », mais aussi « un sens du luxe bien tempéré », en comparaison de la trop bling-bling Côte d’Azur.

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Les raisons qui expliquent cette « californisation de Biarritz » selon le quotidien américain ? « Plus de soleil, une atmosphère plus cordiale et une ambiance plus détendue qu’ailleurs en France », mais aussi « un sens du luxe bien tempéré », en comparaison de la trop bling-bling Côte d’Azur.

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Biarritz et sa côte séduisent ainsi particulièrement les « intermédiaires culturels » tels qu’ils ont été identifiés par le sociologue Pierre Bourdieu à la fin des années 1970 : journalistes de magazines, designers, spécialistes des relations publiques, publicitaires qui tous œuvrent à la production et à la diffusion des « biens symboliques » et font autorité lorsqu’il est question de définir le bon goût et l’art de vivre. Indice fiable de la présence de ces professionnels de la culture, du bien-vivre et de l’image, âgés de moins de 65 ans : la concentration de restaurants et bars chroniqués par le guide du Fooding. On en compte une trentaine dans les Pyrénées-Atlantiques, essentiellement le long de la côte entre Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, contre une vingtaine seulement à Toulouse, dans un département (la Haute-Garonne) qui abrite pourtant le double d’habitants.

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tout le centre et le grand quart nord-est du pays n’ont, pour leur part, jamais été exposés à la lumière cathodique des grandes sagas de l’été, qui fonctionnent comme autant de vitrines imprégnant l’imaginaire collectif et fabriquant du désir pour telle ou telle région.

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Jean Viard affirme que le « hors travail structure de plus en plus le travail ». Historiquement, le travail et les activités productives étaient centraux, organisaient les modes de vie et influençaient fortement notre rapport à l’espace.

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Jean Viard affirme que le « hors travail structure de plus en plus le travail ».

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le « hors travail structure de plus en plus le travail ».

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Immobilier, cadre de vie, santé, bien-être, artisanat et gastronomie locale : Michel Houellebecq et Stéphane Plaza donnent le ton de l’économie des territoires.

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On estime le coût annuel d’entretien d’un yacht à 10 % du montant d’achat initial,

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LVMH comprend également une division vins et spiritueux. Organisée autour de marques mondialement renommées, et dont 94 % des bouteilles sont exportées,

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les activités du travail du cuir et des peaux, qui étaient jadis très répandues en France, sont devenues très rares aujourd’hui puisque le pays ne compte plus que 20 tanneries. La raréfaction de cette activité, combinée à la demande sans cesse croissante de ces produits pour répondre à une demande mondiale soutenue, a conféré ces dernières années aux tanneries le statut d’entreprises stratégiques aux yeux des géants du luxe, qui se sont engagés dans une « bataille des tanneries » pour sécuriser leurs approvisionnements. À la date d’aujourd’hui, Hermès en contrôle quatre, Kering et LVMH, une chacune.

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Apparus au début des années 1990 (soit à peine quelques années après les grands parcs de loisirs), les multiplex sont aujourd’hui près de 230 en France. Il s’en ouvre en moyenne 6 par an dans le pays, soit un développement assez spectaculaire dont témoigne le graphique ci-dessus. Ce type de cinéma ne concentre pas moins de 60 % des entrées en France 22.

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Apparus au début des années 1990 (soit à peine quelques années après les grands parcs de loisirs), les multiplex sont aujourd’hui près de 230 en France. Il

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Apparus au début des années 1990 (soit à peine quelques années après les grands parcs de loisirs), les multiplex sont aujourd’hui près de 230 en France. Il s’en ouvre en moyenne 6 par an dans le pays,

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ces méga-cinémas ont grandement participé à la dévitalisation des centres-villes (où étaient situés les cinémas traditionnels) et au déplacement du centre de gravité commercial et marchand

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ces méga-cinémas ont grandement participé à la dévitalisation des centres-villes (où étaient situés les cinémas traditionnels) et

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ces méga-cinémas ont grandement participé à la dévitalisation des centres-villes (où

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Si le patrimoine historique et la culture traditionnelle font encore recette, la nouvelle pop culture (au sens de culture populaire ou majoritaire) emprunte beaucoup de ses références à la culture de masse américaine.

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Les collectivités locales, à l’instar des comtes de Champagne, leurs lointains ancêtres, ont veillé sur la poule aux œufs d’or et ont tout fait pour en renforcer l’attractivité et l’accessibilité. En 1992, le RER A a été prolongé jusqu’à Marne-la-Vallée afin de desservir le parc, qui a également bénéficié d’une bretelle d’accès dédiée sur l’autoroute A4. Ce réseau d’infrastructures a été complété, en 1994, par la construction d’une gare TGV permettant de relier le complexe récréatif aux principales agglomérations françaises, et par la mise en place de dessertes rapides avec les aéroports parisiens afin d’acheminer plus commodément la clientèle étrangère.

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Comme l’écrivait Fernand Braudel, le développement et le succès économique et commercial que connurent les foires de Champagne aux XIIe et XIIIe siècles s’expliquent d’abord par leur localisation sur la route commerciale reliant les deux régions européennes à l’époque les plus prospères et les plus dynamiques : le nord de l’Italie et les Flandres.

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Marne-la-Vallée. La visite du célèbre parc semble être devenue une sorte de passage obligé pour la jeunesse de la France d’après.

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D’après une enquête Ifop réalisée en 2017, six Français sur dix se sont déjà rendus dans ce parc d’attractions au moins une fois au cours de leur vie, ce qui est considérable 13. Disneyland fait désormais partie de notre patrimoine. Sa visite constitue une expérience partagée et une référence commune. Et

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D’après une enquête Ifop réalisée en 2017, six Français sur dix se sont déjà rendus dans ce parc d’attractions au moins une fois au cours de leur vie, ce qui est considérable 13. Disneyland fait désormais partie de notre patrimoine.

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Disneyland Paris pesant à lui seul pour 7 % du chiffre d’affaires de l’ensemble de la filière du tourisme française. Ce gigantesque complexe récréatif s’étend sur 2 230 hectares (soit près de 3 300 terrains de football…). Il compte aujourd’hui 2 parcs à thèmes, 7 hôtels exploités en propre (en plus de 10 hôtels partenaires), ainsi qu’un golf. 16 500 salariés y travaillent, ce qui fait de Disneyland Paris le premier employeur monosite de France. Cette main-d’œuvre est nécessaire à l’accueil de 13 à 15 millions de visiteurs selon les années, affluence qui confère à Disneyland le statut de première destination touristique du continent. La clientèle est composée pour moitié de Français.

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Disneyland Paris pesant à lui seul pour 7 % du chiffre d’affaires de l’ensemble de la filière du tourisme française.

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C’est aussi à la fin des années 1980 que le Big Bang Schtroumpf ouvrit ses portes (en 1989 exactement) en Lorraine. La genèse de ce parc (rebaptisé depuis Walygator Parc) est hautement symbolique du basculement intervenu à cette époque. Le projet de ce parc de loisirs avait en effet été lancé par la Datar et le ministère de l’Équipement en 1985, année où le laminoir d’Hagondange, dernière unité de production encore active sur un site sidérurgique qui avait été le plus grand d’Europe, fut définitivement mis à l’arrêt et détruit. À la recherche d’activités économiques susceptibles de suppléer au déclin brutal de l’industrie lorraine, les pouvoirs publics parièrent alors sur la création d’un parc de loisirs. Le Big Bang Schtroumpf fut construit sur le site même du laminoir d’Hagondange, les terrains ayant été cédés par le groupe Sacilor. Il faut, bien entendu, avoir en tête que si le Walygator Parc accueille annuellement 270 000 visiteurs et emploie aujourd’hui environ 350 salariés (dont une bonne partie de saisonniers), 650 postes de travail avaient disparu avec la fermeture du laminoir, l’ensemble du complexe sidérurgique (avec notamment ses hauts fourneaux) employant près de 5 000 personnes à la fin des années 1970.

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Les offres de courts séjours se sont alors multipliées, y compris hors saison, et l’optimisation ou le prolongement des ponts via les journées RTT est devenu un sport national. L’univers du temps libre, qui était historiquement cantonné aux vacances et particulièrement aux mois de juillet et août, s’est alors dilaté pour prendre une place de plus en plus importante dans la vie des Français.

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Les offres de courts séjours se sont alors multipliées, y compris hors saison, et l’optimisation ou le prolongement des ponts via les journées RTT est devenu un sport national. L’univers du temps libre, qui était historiquement cantonné aux vacances et particulièrement aux mois de juillet et août, s’est alors dilaté pour prendre une place de

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RYANAIR DÉMOCRATISE L’AVION ET REMPLACE LA DATAR

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Pour les élus, l’arrivée d’Amazon sur leur territoire donne corps à la théorie de la « destruction créatrice » de Schumpeter.

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Amazon ayant l’ambition de servir ses millions de clients à J + 1, l’accès à un réseau routier rapide est absolument décisif. La réactivité et la souplesse inhérentes à ce modèle économique plaident en faveur du camion plutôt que du train. La France industrielle était irriguée par le rail, la France d’après l’est par le bitume. Et d’une certaine manière, l’entrepôt comme lieu de transit des marchandises s’est substitué au site de production qu’était l’usine, le couple camion-autoroute étant devenu la ligne de montage et d’assemblage de notre société orientée « consommation ».

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Amazon ayant l’ambition de servir ses millions de clients à J + 1, l’accès à un réseau routier rapide est absolument décisif. La réactivité et la souplesse inhérentes à ce modèle économique plaident en faveur du camion plutôt que du train. La France industrielle était irriguée par le rail, la France d’après l’est par le bitume.

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La Vallée Village en région parisienne, est situé à une station de RER du parc et du resort Disneyland Paris, sur le périmètre de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée. Tout comme le parc d’attractions voisin, La Vallée Village mise sur les flux de visiteurs du monde entier dans ce qui est la première concentration touristique de France. Le shopping effectué se substituera à la virée, via le RER, aux Champs-Élysées ou dans les grands magasins parisiens, puisqu’on y trouve les mêmes articles… à portée d’hôtel.

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Jadis, c’est l’implantation des activités industrielles qui organisait ou influençait le développement du tissu urbain. Désormais, l’activité des aires urbaines est structurée en bonne partie par la localisation des enseignes de la grande distribution et des très nombreux commerces gravitant autour d’eux. D’après l’Institut pour la ville et le commerce, 70 % des dépenses des ménages français s’effectuent dans ces zones commerciales périphériques.

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L’hypermarché de plusieurs milliers voire dizaines de milliers de mètres carrés a entraîné dans son sillage la création de dizaines de magasins et d’enseignes spécialisées, donnant naissance aux mêmes zones commerciales au visage standardisé partout en France. Ces espaces constituent désormais les principaux pôles d’activité économique et commerciale des aires urbaines, leur capacité à drainer les flux de population et le chiffre d’affaires se soldant par une dévitalisation des centres-villes.

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Les chiffres d’affaires engrangés sont également colossaux : 48 milliards d’euros pour Leclerc en 2019 et 38 milliards pour Carrefour,

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le supermarché est souvent désormais le premier ou le second employeur local dans bon nombre de petites villes.

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le supermarché est souvent désormais le premier ou le second employeur local dans bon nombre de petites

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Intermarché ne compte en 1980 que 310 magasins. Dix ans plus tard, le groupement en possède 1 385, soit un rythme d’ouverture moyen de deux magasins par semaine, cadence effrénée qui sera maintenue pendant une décennie. Dans l’ouvrage édité par l’entreprise elle-même, et qui relate l’histoire du groupement 1, la stratégie poursuivie durant ces années-là est appelée la « vietnamisation », référence cocasse à l’opiniâtreté des Mousquetaires

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En 1967, Henri Mendras avait publié un fameux essai, La Fin des paysans, livre qui fit grand bruit et dans lequel le sociologue analysait la fin de la société agro-pastorale et la transformation des paysans traditionnels en agriculteurs – des exploitants, ayant recours à la technique et aux intrants (machines agricoles, engrais, produits phytosanitaires). Au cours des quarante dernières années, et pour paraphraser Mendras, nous sommes passés de la fin des paysans à la fin des agriculteurs.

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Au cours des quarante dernières années, et pour paraphraser Mendras, nous sommes passés de la fin des paysans à la fin des agriculteurs.

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Comme le montre le graphique suivant, on comptait encore 1 017 000 agriculteurs en 1988. Douze ans plus tard, ils n’étaient plus que 664 000.

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Dans toute une partie de la France périphérique 8, les activités d’aide à la personne et les métiers du grand âge (aides à domicile, salariées des Ehpad, etc.) sont devenues l’un des secteurs pourvoyeurs d’emplois, si ce n’est le principal. Dans un marché du travail local très déprimé, parvenir à se faire embaucher à l’hôpital apparaît souvent comme un idéal, sachant que les structures hospitalières fournissent encore un nombre important de postes accessibles aux actifs sans grande qualification 9, en CDI et sous statut public de surcroît. La concurrence est rude et l’on obtient souvent ces emplois sur recommandation ou par cooptation. Au fil du temps, des dynasties familiales se sont constituées. Dans une partie des milieux populaires de ces villes, on travaille à l’hôpital de père en fils et l’on s’efforce d’y faire entrer le neveu, le frère ou la sœur, comme jadis on le faisait dans l’usine ou la grande entreprise de la région. Par-delà l’attachement naturel d’une population à cette infrastructure assurant un service de santé et conférant symboliquement un statut à sa cité (une ville digne de ce nom se devant d’avoir « son » hôpital), la mobilisation souvent très forte contre les fermetures de certains services hospitaliers ici et là s’explique aussi par le fait que de très nombreuses familles sont intéressées à leur maintien et que l’hôpital permet d’assurer l’emploi local, denrée devenue rare après la disparition des usines. La

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la désindustrialisation n’a pas comme seul effet de fragiliser économiquement les territoires concernés, elle déstabilise tout l’univers qui gravitait autour des usines et assurait la cohésion sociale, conférant une identité et une fierté d’appartenance aux populations locales. Au terme de la Grande Métamorphose qui nous a fait basculer dans la société post-industrielle, ce vide n’a pas été comblé

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le club de Vittel a joué au début des années 1970 en deuxième division et participé ainsi au rayonnement de la ville (et de la marque), mais a aussi contribué à entretenir la fierté locale au sein, notamment, de la population ouvrière. Cette politique de sponsoring local s’est progressivement tarie avec l’arrivée du groupe Nestlé 19. Le CS Vittel a ensuite décliné, et l’ancien club « vedette » a désormais fusionné avec ceux de Contrexéville et de Bulgnéville pour éviter de disparaître. Vittel, filiale de Nestlé Waters, n’a pas pour autant renoncé à toute activité de sponsoring sportif, puisqu’elle demeure partenaire du Tour de France. Simplement, l’investissement dans le sport n’a plus vocation à entretenir la cohésion de la population ouvrière locale mais à promouvoir la marque à l’international.

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

Parallèlement à l’« upgradation » de l’outil de production, toutes les fonctions support ont été progressivement externalisées. Alors que les deux entreprises avaient historiquement fonctionné sur un modèle paternaliste, assurant de bons salaires et la sécurité de l’emploi, les postes de gardiennage, nettoyage, entretien et cantine ont été sous-traités

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

Avec la désindustrialisation, c’est ainsi tout un monde et une sociabilité qui se sont effondrés,

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

Les cités ouvrières ont été vendues à la découpe, reprises par des foncières

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

Alors qu’une partie de la classe moyenne supérieure urbaine se singularise par son éducation, ses codes culturels et ses modes de consommation, des bataillons de catégories populaires renouvelées s’arc-boutent sur un mode de vie hérité du triptyque maison-voiture-hypermarché.

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

nous évoquerons notamment les plateformes logistiques d’Amazon, la poussée démographique en direction de la façade atlantique, la multiplication des parcs de loisirs et des centres commerciaux, les influences culturelles américaines, les émissions de Stéphane Plaza, les livreurs de sushis, les itinéraires des go fast, les stages de jeûne dans la Drôme, la premiumisation des stations de ski, le recours accru aux coachs, les Églises évangéliques ou bien encore les boulangeries de rond-point…

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet)

deux mots, le sentier vers l’Éveil est une union de sagesse et de compassion. (On parle souvent d’union de la sagesse et des moyens, parce que la compassion est le meilleur des différents moyens d’aider les autres.)

Le Bouddhisme Pour les Nuls (Pour les nuls)

suivre le chemin spirituel, c’est comme éplucher les différentes couches d’un oignon !

Le Bouddhisme Pour les Nuls (Pour les nuls)

Si vous trouvez un objet attrayant, l’illusion de l’attachement exagère ses bonnes qualités jusqu’à ce que cette chose semble absolument parfaite et extrêmement désirable. Ensuite, si vous découvrez par malheur le moindre petit défaut dans le même objet, alors votre colère et votre déception pourraient bien vous faire penser que cet objet est sans aucune valeur ou même repoussant à vos yeux. Quelles montagnes russes émotionnelles !

Le Bouddhisme Pour les Nuls (Pour les nuls)

certaines tradition du bouddhisme enseignent que la sagesse, l’amour et la compassion sont des qualités inhérentes qui résident au cœur de votre être. Ces qualités positives sont plus profondes et plus fiables que les facteurs négatifs, que l’on conçoit comme étant des couches ou des voiles. Le changement positif est donc non seulement possible, mais il constitue même un retour à votre état naturel sous-jacent.

Le Bouddhisme Pour les Nuls (Pour les nuls)

il y a un bref instant avant que l’esprit qui conceptualise intervienne, l’instant durant lequel votre esprit a un aperçu de l’objet lui-même, juste tel qu’il est, sans jugement, interprétation ou histoire associée à lui.

Le Bouddhisme Pour les Nuls (Pour les nuls)

dualisme. C’est la manière dont fonctionne

Le Bouddhisme Pour les Nuls (Pour les nuls)

vous avez le choix dans la manière dont vous faites l’expérience de votre vie : votre esprit peut être obscur ou éclairé, limité ou vaste. La première possibilité implique de la frustration et de l’insatisfaction ; la deuxième apporte la liberté et la réalisation. Le sentier spirituel, comme on l’appelle, vous permet de modifier votre vision de la vie pour la faire passer de celle qui est obscure et limitée à celle qui est éclairée et vaste.

Le Bouddhisme Pour les Nuls (Pour les nuls)

vous avez le choix dans la manière dont vous faites l’expérience de votre vie : votre esprit peut être obscur ou éclairé, limité ou vaste. La première possibilité implique de la frustration et de l’insatisfaction ; la deuxième apporte la liberté et la réalisation.

Le Bouddhisme Pour les Nuls (Pour les nuls)

 Selon la tradition bouddhique du Zen japonais, la nature de bouddha est présente dans l’Univers tout entier. Tout ce dont on fait l’expérience, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de soi-même, n’est rien d’autre que l’expérience de cet Esprit (avec une majuscule !). Par contraste, l’esprit ou mental (avec une minuscule !), c’est-à-dire l’esprit analytique, conceptuel, d’une personne donnée a tendance à s’identifier à un soi ou ego limité et séparé. Son Éveil spirituel implique une transformation de son identité. Cette personne cesse alors de s’identifier à l’esprit pour s’identifier à l’Esprit, c’est-à-dire qu’elle cesse de s’assimiler à son esprit conceptuel limité et égocentrique pour se reconnaître dans l’Esprit universel.

Le Bouddhisme Pour les Nuls (Pour les nuls)

si vous ne développez pas vos propres ressources intérieures de paix et de stabilité mentale, aucun succès matériel de ce monde, aussi grand fût-il, ne pourra jamais vous apporter de véritable satisfaction. Ou, comme l’a dit quelqu’un un jour : « L’argent ne fait pas le bonheur ; il ne peut que vous permettre de choisir votre forme particulière de malheur. »

Le Bouddhisme Pour les Nuls (Pour les nuls)

devenir un chercheur spirituel sincère. Mais si vous ne développez pas vos propres ressources intérieures de paix et de stabilité mentale, aucun succès matériel de ce monde, aussi grand fût-il, ne pourra jamais vous apporter de véritable satisfaction. Ou, comme l’a dit quelqu’un un jour : « L’argent ne fait pas le bonheur ; il ne peut que vous permettre de choisir votre forme particulière de malheur. »

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« L’argent ne fait pas le bonheur ; il ne peut que vous permettre de choisir votre forme particulière de malheur. »

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la mentalité du « si seulement ». Si seulement vous aviez une voiture plus belle, si seulement vous viviez dans une maison plus grande, si seulement vous faisiez des gargarismes avec un élixir dentaire plus puissant, si seulement vous vous nettoyiez le postérieur avec un papier hygiénique plus moelleux… alors vous seriez véritablement heureux. Pourtant, même si vous ne croyez pas tout ce que les publicitaires vous racontent, ne pensez-vous pas quand même que ce sont les conditions externes de votre vie qui déterminent votre bonheur ?

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À maintes occasions, le Bouddha a lui-même dit que l’esprit crée, façonne et vit tout ce qui nous arrive, sans exception aucune. C’est la raison pour laquelle, du point de vue bouddhique, ce qui se passe à l’intérieur de vous-même (c’est-à-dire dans votre esprit) détermine de façon bien plus importante votre bonheur ou votre malheur que toute circonstance extérieure.

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l’enseignement est, pour l’essentiel, que tous les êtres sont inséparables,

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tous les êtres sont inséparables,

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Avec cette perspective en tête (et dans le cœur), le bouddhisme vous encourage à consacrer vos efforts spirituels non seulement à vous-même et à ceux qui vous sont chers, mais aussi au bien et à l’Éveil de tous les êtres (qui sont en fait inséparables de vous-même).

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chaque être apparemment séparé des autres, y compris vous-même, et chaque chose apparemment séparée, n’est qu’une expression exceptionnelle d’une réalité vaste et indivisible.

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Pendant quarante-cinq ans d’enseignement, le Bouddha a trouvé que certaines activités contribuent à l’augmentation du désir ardent (souvent traduit par le mot « soif »), de l’attachement, de l’agitation et de l’insatisfaction, et entraînent des conflits entre les personnes et dans la communauté en général. Par contraste, d’autres comportements permettent de garder l’esprit calme et concentré et contribuent à une atmosphère plus favorable à la réflexion et à la réalisation spirituelle. C’est à partir de ces observations, plutôt qu’à partir de points de vue moraux abstraits, quels qu’ils soient, que ces règles de conduite éthique ont émergé.

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« que l’Univers soit éternel ou non, vous serez toujours confronté à la naissance, à la décrépitude et à la mort, de même qu’aux soucis, au chagrin et au désespoir, contre lesquels je vous prescris dès maintenant l’antidote ».

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Comme l’activité intellectuelle a toujours occupé une place prépondérante dans l’histoire bouddhique, il serait en effet tentant de considérer le bouddhisme comme une philosophie plutôt que comme une religion. Mais le Bouddha Shakyamuni a lui-même averti du danger de trop s’engager dans des spéculations intellectuelles, au point de perdre de vue le but de son enseignement.

Le Bouddhisme Pour les Nuls (Pour les nuls)

le Bouddha Shakyamuni a lui-même averti du danger de trop s’engager dans des spéculations intellectuelles, au point de perdre de vue le but de son enseignement.

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Un mental, ou esprit, qui n’arrête pas de jacasser, est plutôt malavisé, déforme vos perceptions, refuse par tous les moyens de voir la véritable réalité des choses et, ce faisant, vous cause un stress et une souffrance extraordinaires.

Le Bouddhisme Pour les Nuls (Pour les nuls)

  Au cœur de tous les véritables enseignements bouddhistes, on trouve la conception selon laquelle la souffrance et l’insatisfaction sont créées par la manière dont l’esprit répond et réagit aux circonstances de la vie, et non pas par les faits en soi. En particulier, le bouddhisme enseigne que votre mental cause votre souffrance parce qu’il attache trop d’importance à la permanence des choses, et parce qu’il a construit un soi séparé qui en réalité n’existe pas non plus.

Le Bouddhisme Pour les Nuls (Pour les nuls)

  Au cœur de tous les véritables enseignements bouddhistes, on trouve la conception selon laquelle la souffrance et l’insatisfaction sont créées par la manière dont l’esprit répond et réagit aux circonstances de la vie, et non pas par les faits en soi.

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Bouddha Shakyamuni, ce qui signifie « le sage (muni) complètement éveillé (bouddha) du clan des Shakya »

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Dieu (dans le sens qu’on attribue en général à ce mot) est complètement absent de l’enseignement bouddhiste, à tel point que certains disent, en ne plaisantant qu’à moitié, du bouddhisme que c’est une bonne religion pour les athées !

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The other ingenious feature is the use by ALCOA and many other companies of the 1970 year-end for making these special charge-offs. The stock market took what appeared to be a blood bath in the first half of 1970. Everyone expected relatively poor results for the year for most companies. Wall Street was now anticipating better results in 1971, 1972, etc. What a nice arrangement, then, to charge as much as possible to the bad year, which had already been written off mentally and had virtually receded into the past, leaving the way clear for nicely fattened figures in the next few years! Perhaps this is good accounting, good business policy, and good for management-shareholder relationships. But we have lingering doubts.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

Most millionaires never earn one-tenth of $5 million in a year. Most never become millionaires until they are fifty years of age or older. Most are frugal.

The Millionaire Next Door: The Surprising Secrets of America's Wealthy (Thomas Stanley)

FRUGAL FRUGAL FRUGAL

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The opposite of frugal is wasteful.

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We once asked an affluent business owner who had fled Europe because of the Holocaust why all his adult children were self-employed professionals. His response: They can take your business, but they can’t take your intellect! What does this mean? A government and/or a creditor can confiscate a business composed of land, machinery, coal pits, buildings, and so on. It can’t confiscate your intellect. What do professionals sell? Not coal, not paint, not even pizza. What they sell most of all is their intellect.

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We once asked an affluent business owner who had fled Europe because of the Holocaust why all his adult children were self-employed professionals. His response: They can take your business, but they can’t take your intellect!

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BUSINESSES AND PROFESSIONS LIKELY TO BENEFIT FROM THE AFFLUENT                                  There are many. Those who are specialists in solving the problems of the affluent and their heirs should be in great demand during the next twenty years.

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The affluent, especially the self-made affluent, are frugal and price-sensitive concerning many consumer products and services. But they are not nearly as price-sensitive when it comes to purchasing investment advice and services, accounting services, tax advice, legal services, medical and dental care for themselves and family members, educational products, and homes.

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The affluent, especially the self-made affluent, are frugal and price-sensitive concerning many consumer products and services.

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those who supply the affluent become wealthy themselves. Conversely, many people, including business owners, self-employed professionals, sales professionals, and even some salaried workers, never produce high incomes. Perhaps it’s because their clients and customers have little or no money!

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those who supply the affluent become wealthy themselves. Conversely, many people, including business owners, self-employed professionals, sales professionals, and even some salaried workers, never produce high incomes. Perhaps it’s because their clients

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those who supply the affluent become wealthy themselves.

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Tell your children that there are a lot of things more valuable than money. Good health, longevity, happiness, a loving family, self-reliance, fine friends … if you [have] five, you’re a rich man…. Reputation, respect, integrity, honesty, and a history of achievements! Money [is] icing on the cake of life….

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Emphasize your children’s achievements, no matter how small, not their or your symbols of success. Teach your children to achieve, not just to consume.

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Assure that your children won’t realize you’re affluent until after they have established a mature, disciplined, and adult lifestyle and profession.

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No matter how wealthy you are, teach your children discipline and frugality. As you may recall, in Chapter 3 we profiled Dr. North, a wealthy man whose adult children live frugal, well-disciplined lives. Dr. North detailed how he and his wife raised their children. Simply stated, they taught by example. Their children Were exposed to credible role models whose lives were characterized by their discipline and frugality. Dr. North said it best: Kids are very smart. They will not follow rules that their parents themselves do not follow.

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Never tell children that their parents are wealthy.

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“it’s better for the children to be mad at the arbitrator than with each other.”

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I don’t want to reach out from the grave to control them,

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After even just a few years of receiving aggressive and overbearing economic outpatient care, Beth and her husband have lost much of their ambition, economic self-confidence, and independence.

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many affluent parents communicate messages such as the following to their daughters: Don’t worry…. If you don’t want to have a career of your own, … you don’t have to worry about money. We will help you out financially…. If you do have a career, … if you do become a big success … and become independent, you will not be receiving any major financial gifts or inheritance from us.

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In America, the odds are against women earning high incomes. Some of this variation in income can certainly be explained by biases in the economic marketplace. But biases alone do not fully explain the fact that there are five men for every one woman in the top 1 percent of the earned income distribution. Could it be that the tendency for affluent parents to subsidize their daughters is helping to perpetuate this inequality?

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clear. In America, the odds are against women earning high incomes. Some of this variation in income can certainly be explained by biases in the economic marketplace. But biases alone do not fully explain the fact that there are five men for every one woman in the top 1 percent of the earned income distribution. Could it be that the tendency for affluent parents to subsidize their daughters is helping to perpetuate this inequality?

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America, the odds are against women earning high incomes. Some of this variation in income can certainly be explained by biases in the economic marketplace. But biases alone do not fully explain the fact that there are five men for every one woman in the top 1 percent of the earned income distribution. Could it be that the tendency for affluent parents to subsidize their daughters is helping to perpetuate this inequality?

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You’ll be surprised how many sales calls you can make when you have no alternative except to succeed.

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How many cold calls has Ms. BPF made in her life? Zero. Most of the people who buy from her are friends or business associates of her parents and relatives. Calls to these people are warm calls. Parents often ask us how to instill courage in their children. We suggest that children be exposed to the sales profession. Encourage your children to run for class office in their elementary or high school. They will have to sell themselves to the student body. Even selling Girl Scout cookies can have a positive impact. Retail sales jobs provide another way for children to be evaluated by very objective third parties.

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How many cold calls has Ms. BPF made in her life? Zero. Most of the people who buy from her are friends or business associates of her parents and relatives. Calls to these people are warm calls.

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How many cold calls has Ms. BPF made in her life? Zero. Most of the people who buy from her are friends or business associates of her parents and

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People often attempt to shelter their children from the economic realities of life. But such shelters often produce adults who are in constant fear of tomorrow.

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Is a rent-free environment ideal for a young entrepreneur? We don’t think so. Nor is the gift of a business. The most successful business owners are the ones who put much of their own resources behind their ventures. Many succeed because they have to succeed. It’s their money, their product, their reputation. They have no safety net. They have no one else to rely upon for their success or failure.

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Is a rent-free environment ideal for a young entrepreneur? We don’t think so. Nor is the gift of a business. The most successful business owners are the ones who put much of their own resources behind their ventures. Many succeed because they have to succeed.

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Is a rent-free environment ideal for a young entrepreneur? We don’t think so. Nor is the gift of a business. The most successful business owners are the ones who put much of their own resources behind their ventures.

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The more dollars adult children receive, the fewer dollars they accumulate, while those who are given fewer dollars accumulate more. This is a statistically proven relationship.

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If your son has a deficiency in his verbal skills, make a commitment to overcome his handicap.

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All too often this method of weakening the weak is applied to children who show personality-related weaknesses. In one case we know about, parents were told that their son was deficient in writing and related verbal skills. How did the parents respond to this problem? First, they transferred their child to another school. The verbal deficiency problem failed to improve, however, so the father began writing his son’s papers. He still writes his son’s papers today. His son is a junior in college.

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What can you give your children to enhance the probability that they will become economically productive adults? In addition to an education, create an environment that honors independent thoughts and deeds, cherishes individual achievements, and rewards responsibility and leadership.

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economically productive adults? In addition to an education, create an environment that honors independent thoughts and deeds, cherishes individual achievements, and rewards responsibility and leadership.

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Whatever your income, always live below your means.

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“Without you hitting me on the head, what is the least you would take for the Acura?”

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He eventually made a purchase from a private party at a price substantially lower than at any dealer he had contacted. He told the seller: I am not in a hurry. Give me a call in a month or so and I’ll make you an offer. But right now you’re asking nearly as much as all the dealers I have been in contact with in the past few weeks. He tells the same thing to all the people he contacts.

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Mr. Mark R. Stuart is a friend of ours who has purchased many motor vehicles by visiting competing dealers. But he had never purchased a sports utility vehicle until this year. Although he lacked experience with buying this kind of vehicle, he thought of a way to avoid spending countless hours visiting competing dealers. Below is the fax that Mr. Stuart sent to the sales managers of six local area Ford dealers. Three sales managers responded immediately by faxing their very competitive bids to Mr. Stuart, who accepted one of these. It seems that his past experience as a procurement officer for the U.S. Army was useful in civilian life. Do you have a fax machine and a need for a new sports utility vehicle?

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After interviewing a group of ten millionaires, we walked into the parking lot of the research facility. We were very surprised to see that almost all of the millionaires we had just interviewed were driving full-sized Detroit metal, including Buicks, Fords, and Oldsmobiles. We looked at each other; one said: “These people are not into status; they buy automobiles by the pound!”

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How much do millionaires pay for these vehicles? The typical millionaire (those in the 50th percentile) paid $24,800 for his most recent acquisition (see Table 4-2). Note that 30 percent spent $19,500 or less. Also note that the average American buyer of a new motor vehicle paid more than $21,000 for his most recent acquisition. This is not much less than the $24,800 paid by millionaires!

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Some wealthy parents buy their adult children homes in affluent neighborhoods. Great idea? Perhaps they should realize that “affluent neighborhoods” are high-consumption neighborhoods. From property taxes to the pressure to decorate, from the perceived need to send their children to expensive private schools to the $40,000 four-wheel-drive luxury Suburban, the children are now on the earn-to-spend treadmill. Thanks, Mom and Dad!

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products change people. If you acquire one status product, you will likely have to purchase others to fill up the socially conspicuous puzzle.

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products change people. If you acquire one status product, you will likely have to purchase others to fill up the socially conspicuous puzzle. Before long, your entire lifestyle will have changed. Mr. Allan clearly understands the complementary nature of status products and a high-consumption lifestyle. He will have none of these artifacts. They are a threat, as he sees it, to his rather simple yet highly efficient lifestyle: Building wealth is not something that will change your lifestyle. Even at this stage of life, I don’t want to change the way I live.

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If your goal is to become financially secure, you’ll likely attain it…. But if your motive is to make money to spend money on the good life, … you’re never gonna make it.

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tell him, “So you’re really good. Well, I’ll tell you what. Send me a copy of your personal income tax returns from the last few years and a list of what you have had in your own portfolio for the past three years. If you made more money than I did from investments, I’ll invest with you. Here’s my address.”    When they say, “We can’t show that to you,” I tell them, “You are likely to be full of baloney.” This is my strategy for checking people out. It works. I check them all out this way. I mean it very honestly. Perhaps you’re asking yourself how Mr. Martin finds time to evaluate all those stacks of credentials he receives from cold callers. During the many years Mr. Martin has been an active investor, he has received countless telephone solicitations. How many of these solicitors “applied for the job” as financial advisor to the Martin household by submitting their credentials? Zero! Not one of the dozens of cold callers submitted his income and wealth appreciation data to Mr. Martin.

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tell him, “So you’re really good. Well, I’ll tell you what. Send me a copy of your personal income tax returns from the last few years and a list of what you have had in your own portfolio for the past three years. If you made more money than I did from investments, I’ll invest with you. Here’s my address.”    When they say, “We can’t show that to you,” I tell them, “You are likely to be full of baloney.” This is my strategy for checking people out. It works. I check them all out this way. I mean it very honestly. Perhaps you’re asking yourself how Mr. Martin finds time to evaluate all those stacks of credentials he receives from cold callers. During the many years Mr. Martin has been an active investor, he has received countless telephone solicitations. How many of these solicitors “applied for the job” as financial advisor to the Martin household by submitting their credentials? Zero!

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tell him, “So you’re really good. Well, I’ll tell you what. Send me a copy of your personal income tax returns from the last few years and a list of what you have had in your own portfolio for the past three years. If you made more money than I did from investments, I’ll invest with you. Here’s my address.”    When they say, “We can’t show that to you,” I tell them, “You are likely to be full of baloney.” This is my strategy for checking people out. It works. I check them all out this way. I mean it very honestly.

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I’d be rich if I would just keep … [my stocks, but I] can’t help but make trades in my own portfolio. I’m looking at the screen every day.

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Often, active investors spend more time trading than studying and planning their investments. Conversely, millionaires spend more time studying far fewer offerings. Thus, they can focus their time and energy—the resources needed to master their understanding of a much smaller variety of offerings in the market.

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we have encountered more nonmillionaire active traders than millionaires who actively trade. How can this be possible? Because it is very expensive to buy and sell, buy and sell, buy and sell one’s equity holdings each day or week or month.

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More than three in ten (32 percent) hold their investments for more than six years. In fact, 42 percent of the millionaires we interviewed for our latest survey had made no trades whatsoever in their stock portfolios in the year prior to the interview.

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Overall, only about 9 percent of the millionaires we have interviewed hold their investments for less than one year. In other words, fewer than one in ten millionaires are “active investors.”

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Overall, only about 9 percent of the millionaires we have interviewed hold their investments for less than one year.

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Many people who do little or no investment planning often feel the way these respondents did: It’s hopeless…. I never have the time needed to make it pay off. We never have made so much…. But the more we earn, the less we seem to accumulate. Our careers take up all our time. I don’t have twenty hours a week to fool with investing my money. But PAWs do not spend anywhere near twenty hours a week in this way.

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Dr. South is not only worried about his problems; he is also worried about his children’s problems. Consider for a moment the legacy he is leaving them. What are the ramifications of being an economically dependent adult? How much insecurity and fear will they have to deal with in the future? How will they be able to have harmonious, loving relationships with each other? These are among the issues Dr. South spends more and more time contemplating.

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Fears and concerns can be both a cause for becoming a UAW as well as a result. Will a person who constantly worries about earning more money to enhance his lifestyle become wealthy?

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Is the “pride of new car ownership”—and that’s all it is, pride—worth $20,000?

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Dr. South is penny-wise, pound-foolish when purchasing motor vehicles. But he has convinced himself that he is a prudent buyer. After all, he spends much time and energy trying to buy cars at or near dealer cost. But perhaps dealer cost was too high a price to pay. It is difficult to accumulate wealth if you spend much of your time, energy, and money for a so-called dealer cost price on an extremely expensive motor vehicle.

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Most UAWs like Dr. South bolster their hyperconsumption behavior by telling would-be critics that everything they buy is purchased near cost, at cost, below cost, and so on. It is true that Dr. South is an aggressive bargain shopper. But he just paid more than $65,000 for an exotic sports car. Is this really a bargain?

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There is an inverse relationship between the time spent purchasing luxury items such as cars and clothes and the time spent planning one’s financial future.

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Only those clients with considerable wealth want to know exactly how much their family spends on each and every category.

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Physicians often find that there are disadvantages to living in affluent neighborhoods. People who live in expensive areas are often bombarded with solicitations from “cold-calling” investment experts. Many of these callers assume that people in upscale areas have money to invest. In reality, many people who live in luxury have little money left over after funding their high-consumption lifestyles.

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Why are doctors lagging behind on the wealth scale? There are several reasons. Foremost among them is the correlation between wealth and education. This relationship may surprise some people. For all high-income earners (those earning at least $100,000 annually), the relationship between education and wealth accumulation is negative. High-income PAWs are significantly less likely than UAWs to hold graduate degrees, law degrees, or medical degrees. Millionaires typically indicate on our survey “business owner” with “some college,” “four-year college graduate,” or “no college.” Warning: Parents should not suggest that their children drop out of college and start a business.

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We have determined that under accumulators are much more concerned than prodigious accumulators with the prospects of: ♦ not being wealthy enough to retire in comfort. ♦ never accumulating significant wealth. Are their concerns realistic? Yes. Yet UAWs spend more time worrying about these issues than taking proactive steps to change their tendencies to overconsume and underinvest.

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Living in less costly areas can enable you to spend less and to invest more of your income. You will pay less for your home and correspondingly less for your property taxes. Your neighbors will be less likely to drive expensive motor vehicles. You will find it easier to keep up, even ahead, of the Joneses and still accumulate wealth.

The Millionaire Next Door: The Surprising Secrets of America's Wealthy (Thomas Stanley)

To build wealth, minimize your realized (taxable) income and maximize your unrealized income

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The typical millionaire in our surveys has a total annual realized income of less than 7 percent of his wealth.

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We have interviewed many people worth $2 or $3 million who have total realized annual household incomes of less than $80,000.

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We find that it is often useful for UAWs to be told the naked truth: “Friend, you’re worth less than one-half of the expected amount for those in your incomelage group “ Such news can spur on UAWs who are competitive. How do they respond when told that their net worth places them in the bottom quartile for all people with similar income and age characteristics? Some are incredulous. Many want to change

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How did Mr. Friend’s parents spend their money? He told us that throughout their marriage they ate a lot, smoked a lot, drank a lot, and shopped a lot. Their household was always overloaded with food. They stockpiled snack foods, prime meats, cold cuts, ice creams, and other desserts. Even breakfast was a feast. Bacon, sausage, home fries, eggs, English muffins, and Danish pastries were basics in the morning. Steaks and roasts were the preferred dinner offerings. The Friends never skipped a meal. Neighbors and relatives were frequent guests at the “Friends’ Restaurant,” as they referred to their home. Mr. Friend’s parents, between them, smoked about three packs of cigarettes a day. During a normal week they consumed two cases of beer. On holidays, consumption of food, tobacco, and alcohol greatly increased. Shopping and consuming were the Friends’ main hobbies. More often than not, they shopped for fun, not necessity.

The Millionaire Next Door: The Surprising Secrets of America's Wealthy (Thomas Stanley)

How did Mr. Friend’s parents spend their money? He told us that throughout their marriage they ate a lot, smoked a lot, drank a lot, and shopped a lot. Their household was always overloaded with food. They stockpiled snack foods, prime meats, cold cuts, ice creams, and other desserts. Even breakfast was a feast. Bacon, sausage, home fries, eggs, English muffins, and Danish pastries were basics in the morning. Steaks and roasts were the preferred dinner offerings. The Friends never skipped a meal. Neighbors and relatives were frequent guests at the “Friends’ Restaurant,” as they referred to their home. Mr. Friend’s parents, between them, smoked about three packs of cigarettes a day. During a normal week they consumed two cases of beer. On holidays, consumption of food, tobacco, and alcohol greatly increased.

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Mr. Friend never really enjoys his life. He owns a lot of upscale things, yet he works so hard and for so many hours during a typical day that he has no time to enjoy them. He has no time for his family, either. He leaves his house each day before dawn and rarely returns home in time for dinner. Would you like to be Mr. Friend? His lifestyle is appealing to many people. But if these people really understood Mr. Friend’s inner workings, they might evaluate him differently. Mr. Friend is possessed by possessions. He works for things. His motivation and his thoughts are focused on the symbols of economic success. He constantly needs to convince others of this success. Unhappily, he has never convinced himself. In essence, he works, he earns, and he sacrifices to impress others.

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Mr. Friend’s father and mother were dysfunctional when it came toputting money away for a rainy day. Their financial plan was very simple: They spent when they had money. They stopped spending when they ran short of money. If they needed something, such as a washing machine or a new roof, they saved for it. But they also bought many items with installment loans. They never owned any stocks or bonds. Never did Teddy’s parents set aside income for investment purposes. They did not understand or trust the stock market. The only real financial wealth the couple had was a small pension and the equity in their very modest home. Today their son has a need to compensate for his “primitive blue-collar” background and his perceived educational deficiency. Mr. Friend never completed college. Even now he feels compelled to outperform all the college graduates against whom he competes. He will tell you that he enjoys dressing better, driving better, dwelling better, and, in general, living higher than all those “college kids” who operate within his territory. Mr. Friend is the ultimate consumer.

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Mr. Friend’s father and mother were dysfunctional when it came toputting money away for a rainy day. Their financial plan was very simple: They spent when they had money. They stopped spending when they ran short of money. If they needed something, such as a washing machine or a new roof, they saved for it. But they also bought many items with installment loans. They never owned any stocks or bonds. Never did Teddy’s parents set aside income for investment purposes. They did not understand or trust the stock market. The only real financial wealth the couple had was a small pension and the equity in their very modest home. Today their son has a need to compensate for his “primitive blue-collar” background and his perceived educational deficiency. Mr. Friend never completed college. Even now he feels compelled to outperform all the college graduates against whom he competes. He will tell you that he enjoys dressing better, driving better, dwelling better, and, in general, living higher than all those “college kids”

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Mr. Friend’s father and mother were dysfunctional when it came toputting money away for a rainy day. Their financial plan was very simple: They spent when they had money. They stopped spending when they ran short of money. If they needed something, such as a washing machine or a new roof, they saved for it. But they also bought many items with installment loans. They never owned any stocks or bonds. Never did Teddy’s parents set aside income for investment purposes. They did not understand or trust the stock market. The only real financial wealth the couple had was a small pension and the equity in their very modest home.

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Financially independent people seem to be better able to visualize the future benefits of defining their goals. Mrs. Rule, for instance, visualizes all her grandchildren graduating from college. She visualizes their success after college.

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Financially independent people are happier than those in their same income/age cohort who are not financially secure.

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Many senior citizens and retired millionaires who have already reached most of their goals also answered “no.” You may wish to reflect for a moment on the comments made by an eighty-year-old multimillionaire: Authors: The first question we always ask is about goals. What are your current goals? Mr. Clark: It was $438 an ounce yesterday in London! After Mr. Clark turned on his hearing aid, we repeated the question. Mr. Clark: Oh, goals, not gold…. I see. My goals. I’ve accomplished what I’ve tried to do…. My long-range goal was, of course, to accumulate enough wealth so I can get out of business and enjoy life. I’ve been down the road…. I’ve got an international reputation. Mine is one of the greatest welding companies in the world. I never want to retire. But now my goal is my family and self-satisfaction about what I’ve accomplished.

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I have always been goal-oriented. I have a clearly defined set of daily goals, weekly goals, monthly goals, annual goals, and lifetime goals. I even have goals to go to the bathroom. I always tell our young executives that they must have goals.

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DO YOU HAVE A CLEARLY DEFINED SET OF DAILY, WEEKLY, MONTHLY, ANNUAL, AND LIFETIME GOALS?

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They create an artificial economic environment of scarcity for themselves and the other members of their household.

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When I was quite young, I watched a woman crying … sitting on a chair in her front yard. All the while, bidders were walking away with everything she once owned. I’ll never forget that woman.

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One frugal high-income producer within the married-couple category, however, does not automatically translate into a high level of net worth. Something else must be present. A self-made millionaire stated it best when he told us: I can’t get my wife to spend any money! Most people will never become wealthy in one generation

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Fully one-half of the millionaires surveyed never in their lives spent more than $235 for a wristwatch. About one in ten never paid more than $47, while about one in four spent $100 or less.

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rewards are more intangible than product-related: financial independence; discipline; and being an excellent family provider, a fine husband, and a father of well-disciplined children.

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About half the millionaires surveyed reported that they had never spent $140 or more for a pair of shoes. One in four had never spent more than $100. Only about one in ten had spent over $300. If not millionaires, then who is keeping the high-priced shoe manufacturers and dealers in business? Certainly some millionaires purchase expensive shoes. But for every millionaire in the “highest price paid” category of over $300, there are at least eight nonmillionaires.

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The most I ever spent… the most I ever spent… including the suits I bought for myself and for my wife, June, and my sons, Buddy and Darryl, and my girls, Wyleen and Ginger … the most I ever spent was $399. Boy, I remember that it’s the most I ever spent. It was for a very special occasion—our twenty-fifth wedding anniversary party.

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People love to view their surrogate-other winning motor vehicles, boats, appliances, and money. Why don’t quiz shows offer tuition scholarships as prizes? Because most people want immediate gratification. They don’t want to trade a prize of, say, a camper van for eight years in night school, even though a college degree can translate into a value equivalent to more than a dozen vans.

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But the lavish lifestyle sells TV time and newspapers. All too often young people are indoctrinated with the belief that “those who have money spend lavishly” and “if you don’t show it, you don’t have it.” Could you imagine the media hyping the frugal lifestyle of the typical American millionaire? What would the results be? Low TV ratings and lack of readership, because most people who build wealth in America are hard working, thrifty, and not at all glamorous. Wealth is rarely gained through the lottery, with a home run, or in quiz show fashion. But these are the rare jackpots that the press sensationalizes.

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Being frugal is the cornerstone of wealth-building. Yet far too often the big spenders are promoted and sensationalized by the popular press. We are constantly barraged with media hype about so-called millionaire athletes, for example. Yes, some of the members of this small population are millionaires. But if a highly skilled ball player makes $5 million a year, having $1 million in net worth is no big deal.

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Being frugal is the cornerstone of wealth-building. Yet far too often the big spenders are promoted and sensationalized by the popular press. We are constantly barraged with media hype about so-called millionaire athletes, for example. Yes, some of the members of this small population are millionaires. But if a highly skilled ball player makes $5 million a year,

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It is unfortunate that some people judge others by their choice in foods, beverages, suits, watches, motor vehicles, and such. To them, superior people have excellent tastes in consumer goods. But it is easier to purchase products that denote superiority than to be actually superior in economic achievement. Allocating time and money in the pursuit of looking superior often has a predictable outcome: inferior economic achievement.

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bear. It is unfortunate that some people judge others by their choice in foods, beverages, suits, watches, motor vehicles, and such. To them, superior people have excellent tastes in consumer goods. But it is easier to purchase products that denote superiority than to be actually superior in economic achievement. Allocating time and money in the pursuit of looking superior often has a predictable outcome: inferior economic achievement.

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Allocating time and money in the pursuit of looking superior often has a predictable outcome: inferior economic achievement.

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You would never have figured from his outward appearance that he was worth well over $10 million. His dress was what you might call dull-normal—a well-worn suit and overcoat. Nevertheless, we wanted to make Mr. Bud feel that we fully understood the food and drink expectations of America’s decamillionaires. So after we introduced ourselves, one of us asked, “Mr. Bud, may I pour you a glass of 1970 Bordeaux?” Mr. Bud looked at us with a puzzled expression on his face and then said:    I drink scotch and two kinds of beer—free and BUD WEISER!

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Victor’s well-educated adult children have learned that a high level of consumption is expected of people who spend many years in college and professional schools. Today his children are under accumulators of wealth. They are the opposite of their father, the blue-collar, successful business owner. His children have become Americanized. They are part of the high-consuming, employment-postponing generation. How many generations does it take for an ancestry group that today contains thousands of Victors to become Americanized? Only a few. Most move into the “American normal” range within one or two generations. This is why America needs a constant flow of immigrants with the courage and tenacity of Victor. These immigrants and their immediate offspring are constantly needed to replace the Victors of America.

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Victor wants his children to have a better life. He encourages them to spend many years in college. Victor wants his children to become physicians, lawyers, accountants, executives, and so on. But in so encouraging them, Victor essentially discourages his children from becoming entrepreneurs. He unknowingly encourages them to postpone their entry into the labor market. And, of course, he encourages them to reject his lifestyle of thrift and a self-imposed environment of scarcity. Victor wants his children to have a better life. But what exactly does Victor mean when he says that? He means that his children should be well educated and have a much higher occupational status than he did. Also, “better” means better artifacts: fine homes, new luxury automobiles, quality clothing, club membership.

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Victor wants his children to have a better life. He encourages them to spend many years in college. Victor wants his children to become physicians, lawyers, accountants, executives, and so on. But in so encouraging them, Victor essentially discourages his children from becoming entrepreneurs. He unknowingly encourages them to postpone their entry into the labor market. And, of course, he encourages them to reject his lifestyle of thrift and a self-imposed environment of scarcity. Victor wants his children to have a better life. But what exactly does Victor mean when he says that? He means that his children should be well educated and have a much higher occupational status than he did. Also, “better” means better artifacts: fine homes, new luxury automobiles, quality clothing, club membership. But

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Victor wants his children to have a better life. He encourages them to spend many years in college. Victor wants his children to become physicians, lawyers, accountants, executives, and so on. But in so encouraging them, Victor essentially discourages his children from becoming entrepreneurs. He unknowingly encourages them to postpone their entry into the labor market. And, of course, he encourages them to reject his lifestyle of thrift and a self-imposed environment of scarcity.

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Self-employment is a major positive correlate of wealth.

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How do you become wealthy? Here, too, most people have it wrong. It is seldom luck or inheritance or advanced degrees or evenintelligence that enables people to amass fortunes. Wealth is more often the result of a lifestyle of hard work, perseverance, planning, and, most of all, self-discipline.

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the journey to wealth is much more satisfying than the destination.

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Unfortunately, most Americans think that they are emulating the rich by immediately consuming any upward swing in their cash flow.

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Why do I continue to write about rich people? It is not for the benefit of rich people! What I write is designed to enlighten those who are confused and misinformed about what it means to be rich. Most Americans have no idea about the true inner workings of a wealthy household. The advertising industry and Hollywood have done a wonderful job conditioning us to believe that wealth and hyperconsumption go hand in hand. Yet, as I have said many times, the large majority of the rich live well below their means.

The Millionaire Next Door: The Surprising Secrets of America's Wealthy (Thomas Stanley)

For the price of a book, the reader is essentially buying the equivalent of more than $1 million worth of invaluable research and interpretation.

The Millionaire Next Door: The Surprising Secrets of America's Wealthy (Thomas Stanley)

they lived below their means.

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Consider the profile of a millionaire-next-door-type couple, Ms. T and her husband. To most, this couple’s lifestyle is boring, even common. This millionaire’s brand of watch is a Timex; her husband’s is a Seiko (number one among millionaires). The couple buys their clothes at Dillard’s, J.C. Penney, and TJ Maxx. They have purchased only two motor vehicles in the past 10 years: both Fords. The current market value of their home is approximately $275,000. Ms. T’s most recent haircut cost $18. Yet they are uncommon in the sense that they are financially independent.

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This publication is designed to provide accurate and authoritative information in regard to the subject matter covered. It is sold with the understanding that neither the author nor the publisher is engaged in rendering legal, investment, accounting, or other professional services. If legal advice or other expert assistance is required, the services of a competent professional person should be sought.

The Millionaire Next Door: The Surprising Secrets of America's Wealthy (Thomas Stanley)

A substantial amount of anecdotal evidence, in fact, suggests that managers who talk about “enhancing shareholder value” seldom do. In investing, as with life in general, ultimate victory usually goes to the doers, not to the talkers.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

Companies should buy back their shares when they are cheap—not when they are at or near record highs. Unfortunately, it recently has become all too common for companies to repurchase their stock when it is overpriced. There is no more cynical waste of a company’s cash—since the real purpose of that maneuver is to enable top executives to reap multimillion-dollar paydays by selling their own stock options in the name of “enhancing shareholder value.”

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

Companies that repeatedly split their shares—and hype those splits in breathless press releases—treat their investors like dolts. Like Yogi Berra, who wanted his pizza cut into four slices because “I don’t think I can eat eight,” the shareholders who love stock splits miss the point. Two shares of a stock at $50 are not worth more than one share at $100. Managers who use splits to promote their stock are aiding and abetting the worst instincts of the investing public, and the intelligent investor will think twice before turning any money over to such condescending manipulators.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

A few words on dividends and stock policy (for more, please see Chapter 19): The burden of proof is on the company to show that you are better off if it does not pay a dividend. If the firm has consistently outperformed the competition in good markets and bad, the managers are clearly putting the cash to optimal use. If, however, business is faltering or the stock is underperforming its rivals, then the managers and directors are misusing the cash by refusing to pay a dividend.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

A few words on dividends and stock policy (for more, please see Chapter 19): The burden of proof is on the company to show that you are better off if it does not pay a dividend. If the firm has consistently outperformed the competition in good markets and bad, the managers are clearly putting the cash to optimal use.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

long-term debt should be under 50% of total capital. In the footnotes to the financial statements, determine whether the long-term debt is fixed-rate (with constant interest payments) or variable (with payments that fluctuate, which could become costly if interest rates rise).

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

long-term debt should be under 50% of total capital.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

     Finally, ask whether the company’s accounting practices are designed to make its financial results transparent—or opaque. If “nonrecurring” charges keep recurring, “extraordinary” items crop up so often that they seem ordinary, acronyms like EBITDA take priority over net income, or “pro forma” earnings are used to cloak actual losses, you may be looking at a firm that has not yet learned how to put its shareholders’ long-term interests first.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

There can be legitimate reasons for an insider to sell—diversification, a bigger house, a divorce settlement—but repeated big sales are a bright red flag. A manager can’t legitimately be your partner if he keeps selling while you’re buying.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

     By looking in the annual report for the mandatory footnote about stock options, you can see how large the “option overhang” is. AOL Time Warner, for example, reported in the front of its annual report that it had 4.5 billion shares of common stock outstanding as of December 31, 2002—but a footnote in the bowels of the report reveals that the company had issued options on 657 million more shares. So AOL’s future earnings will have to be divided among 15% more shares. You should factor in the potential flood of new shares from stock options whenever you estimate a company’s future value.7

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

No matter how good its products or how powerful its brands, a company must spend some money to develop new business. While research and development spending is not a source of growth today, it may well be tomorrow—particularly if a firm has a proven record of rejuvenating its businesses with new ideas and equipment. The average budget for research and development varies across industries and companies. In 2002, Procter & Gamble spent about 4% of its net sales on R & D, while 3M spent 6.5% and Johnson & Johnson 10.9%. In the long run, a company that spends nothing on R & D is at least as vulnerable as one that spends too much.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

No matter how good its products or how powerful its brands, a company must spend some money to develop new business. While research and development spending is not a source of growth today, it may well be tomorrow—particularly if a firm has a proven record of rejuvenating its businesses with new ideas and equipment. The average budget for research and development varies across industries and companies. In 2002, Procter & Gamble spent about 4% of its net sales on R & D, while 3M spent 6.5% and Johnson & Johnson 10.9%. In the long run, a company that spends nothing on R & D is at least as

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

Among the good signs: The company has a wide “moat,”

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(think of Harley Davidson, whose buyers tattoo the company’s logo onto their bodies);

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(think of Coca-Cola, whose secret formula for flavored syrup has no real physical value but maintains a priceless hold on consumers);

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In October 1999, fiber-optics maker Sycamore Networks, Inc. sold stock to the public for the first time. The prospectus revealed that one customer, Williams Communications, accounted for 100% of Sycamore’s $11 million in total revenues. Traders blithely valued Sycamore’s shares at $15 billion. Unfortunately, Williams went bankrupt just over two years later. Although Sycamore picked up other customers, its stock lost 97% between 2000 and 2002.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

In October 1999, fiber-optics maker Sycamore Networks, Inc. sold stock to the public for the first time. The prospectus revealed that one customer, Williams Communications, accounted for 100% of Sycamore’s $11 million in total revenues. Traders blithely valued Sycamore’s shares at $15 billion. Unfortunately, Williams went bankrupt just over two years later. Although Sycamore picked up other customers,

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

Among the problems to watch for: The company is a “serial acquirer.” An average of more than two or three acquisitions a year is a sign of potential trouble. After all, if the company itself would rather buy the stock of other businesses than invest in its own, shouldn’t you take the hint and look elsewhere too?

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

Graham feels that five elements are decisive.1 He summarizes them as: the company’s “general long-term prospects” the quality of its management its financial strength and capital structure its dividend record and its current dividend rate.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

The investor cannot have it both ways. He can be imaginative and play for the big profits that are the reward for vision proved sound by the event; but then he must run a substantial risk of major or minor miscalculation. Or he can be conservative, and refuse to pay more than a minor premium for possibilities as yet unproved; but in that case he must be prepared for the later contemplation of golden opportunities foregone.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

there is doubtless a promising area for effective work by the analyst, based on field trips, interviews with research men, and on intensive technological investigation on his own.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

One of the most persuasive tests of high quality is an uninterrupted record of dividend payments going back over many years. We think that a record of continuous dividend payments for the last 20 years or more is an important plus factor in the company’s quality rating. Indeed the defensive investor might be justified in limiting his purchases to those meeting this test.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

Stock of a company with a lot of surplus cash and nothing ahead of the common is clearly a better purchase (at the same price) than another one with the same per share earnings but large bank loans and senior securities. Such factors are properly and carefully taken into account by security analysts. A modest amount of bonds or preferred stock, however, is not necessarily a disadvantage to the common, nor is the moderate use of seasonal bank credit. (Incidentally, a top-heavy structure—too little common stock in relation to bonds and preferred—may under favorable conditions make for a huge speculative profit in the common. This is the factor known as “leverage.”)

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

Ideally, perhaps, the security analyst should pick out the three or four companies whose future he thinks he knows the best, and concentrate his own and his clients’ interest on what he forecasts for them. Unfortunately, it appears to be almost impossible to distinguish in advance between those individual forecasts which can be relied upon and those which are subject to a large chance of error. At bottom, this is the reason for the wide diversification practiced by the investment funds. For it is undoubtedly better to concentrate on one stock that you know is going to prove highly profitable, rather than dilute your results to a mediocre figure, merely for diversification’s sake. But this is not done, because it cannot be done dependably. 4 The prevalence of wide diversification is in itself a pragmatic repudiation of the fetish of “selectivity,” to which Wall Street constantly pays lip service.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

The now-standard procedure for estimating future earning power starts with average past data for physical volume, prices received, and operating margin. Future sales in dollars are then projected on the basis of assumptions as to the amount of change in volume and price level over the previous base. These estimates, in turn, are grounded first on general economic forecasts of gross national product, and then on special calculations applicable to the industry and company in question.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

At the beginning of 1971 it was calculated that in the past seven years the interest payments of all nonfinancial firms had grown from $9.8 billion in 1963 to $26.1 billion in 1970, and that interest payments had taken 29% of the aggregate profits before interest and taxes in 1971, against only 16% in 1963.3 Obviously, the burden on many individual firms had increased much more than this. Overbonded companies have become all too familiar.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

The asset values, as shown on the balance sheet or as appraised, were formerly considered the chief security and protection for a bond issue. Experience has shown that in most cases safety resides in the earning power, and if this is deficient the assets lose most of their reputed value. Asset values, however, retain importance as a separate test of ample security for bonds and preferred stocks in three enterprise groups: public utilities (because rates may depend largely on the property investment), real-estate concerns, and investment companies.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

Our basic test is applied only to the average results for a period of years. Other authorities require also that a minimum coverage be shown for every year considered. We approve a “poorest-year” test as an alternative to the seven-year-average test; it would be sufficient if the bond or preferred stock met either of these criteria.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

The most dependable and hence the most respectable branch of security analysis concerns itself with the safety, or quality, of bond issues and investment-grade preferred stocks. The chief criterion used for corporate bonds is the number of times that total interest charges have been covered by available earnings for some years in the past.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

However, we must point out a troublesome paradox here, which is that the mathematical valuations have become most prevalent precisely in those areas where one might consider them least reliable. For the more dependent the valuation becomes on anticipations of the future—and the less it is tied to a figure demonstrated by past performance—the more vulnerable it becomes to possible miscalculation and serious error. A large part of the value found for a high-multiplier growth stock is derived from future projections which differ markedly from past performance—except perhaps in the growth rate itself. Thus it may be said that security analysts today find themselves compelled to become most mathematical and “scientific” in the very situations which lend themselves least auspiciously to exact treatment.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

“You hire an adviser,” explains commentator Nick Murray, “not to manage money but to manage you.”

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

If you’ve become self-employed and need to set up a retirement plan, your aging parents don’t have their finances in order, or college for your kids looks unaffordable, an adviser can not only provide peace of mind but help you make genuine improvements in the quality of your life. What’s more, a qualified professional can ensure that you benefit from and comply with the staggering complexity of the tax laws and retirement rules.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

If you’ve become self-employed and need to set up a retirement plan, your aging parents don’t have their finances in order, or college for your kids looks unaffordable, an adviser can not only provide peace of mind but help you make genuine improvements in the quality of your life.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

All too many investors thought they were diversified in the late 1990s because they owned 39 “different” Internet stocks, or seven “different” U.S. growth-stock funds. But that’s like thinking that an all-soprano chorus can handle singing “Old Man River” better than a soprano soloist can. No matter how many sopranos you add, that chorus will never be able to nail all those low notes until some baritones join the group. Likewise, if all your holdings go up and down together, you lack the investing harmony that true diversification brings. A professional “asset-allocation” plan can help.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

wrong. (There is a well-developed art of Delphic

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

“If you’re not prepared to stay married, you shouldn’t get married.”

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

It makes sense to believe you can predict something only if it actually is predictable. Unless you are realistic, your quest for self-esteem will end up in self-defeat.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

The performance of most funds falters simply because the type of stocks they prefer temporarily goes out of favor. If you hired a manager to invest in a particular way, why fire him for doing what he promised? By selling when a style of investing is out of fashion, you not only lock in a loss but lock yourself out of the all-but-inevitable recovery. One study showed that mutual-fund investors underperformed their own funds by 4.7 percentage points annually from 1998 through 2001—simply by buying high and selling low.15

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

The performance of most funds falters simply because the type of stocks they prefer temporarily goes out of favor. If you hired a manager to invest in a particular way, why fire him for doing what he promised? By selling when a style of investing is out of fashion, you not only lock in a loss but lock yourself out of the all-but-inevitable recovery. One study showed that mutual-fund investors underperformed their own funds by 4.7 percentage points annually from 1998 through 2001—simply by buying high and selling low.15 So when should you

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The performance of most funds falters simply because the type of stocks they prefer temporarily goes out of favor. If you hired a manager to invest in a particular way, why fire him for doing what he promised? By selling when a style of investing is out of fashion, you not only lock in a loss but lock yourself out of the all-but-inevitable recovery.

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avoid funds with consistently poor past returns—especially if they have above-average annual expenses.

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find a low-cost fund whose managers are major shareholders, dare to be different, don’t hype their returns, and have shown a willingness to shut down before they get too big for their britches.

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Since a fund’s expenses are far more predictable than its future risk or return, you should make them your first filter. There’s no good reason ever to pay more than these levels of annual operating expenses, by fund category: Taxable and municipal bonds:    0.75% U.S. equities (large and mid-sized stocks):    1.0% High-yield (junk) bonds:    1.0% U.S. equities (small stocks):    1.25% Foreign stocks:    1.50%

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Some firms, like Longleaf Partners, even forbid their employees from owning anything but their own funds.

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A fund’s proxy statement and Statement of Additional Information, both available from the Securities and Exchange Commission through the EDGAR database at www.sec.gov, disclose whether the managers own at least 1% of the fund’s shares.

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The conflict of interest between what’s best for the fund’s managers and what’s best for its investors is mitigated when the managers are among the biggest owners of the fund’s shares.

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Late in his life, Graham praised index funds as the best choice for individual investors, as does Warren Buffett.

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Looking back from December 31, 2002, how many U.S. stock funds outperformed Vanguard 500 Index Fund? One year:1,186 of 2,423 funds (or 48.9%) Three years:1,157 of 1,944 funds (or 59.5%) Five years:768 of 1,494 funds (or 51.4%) Ten years:227 of 728 funds (or 31.2%) Fifteen years:125 of 445 funds (or 28.1%) Twenty years:37 of 248 funds (or 14.9%)

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The schoolteacher asks Billy Bob: “If you have twelve sheep and one jumps over the fence, how many sheep do you have left?” Billy Bob answers, “None.” “Well,” says the teacher, “you sure don’t know your subtraction.” “Maybe not,” Billy Bob replies, “but I darn sure know my sheep.” —an old Texas joke

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it is very unlikely that you will obtain a lower overall return from a (representative) closed-end company, bought at a discount, if its investment performance is about equal to that of a representative mutual fund.

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Investment Owner’s Contract I, _____________ ___________________, hereby state that I am an investor who is seeking to accumulate wealth for many years into the future. I know that there will be many times when I will be tempted to invest in stocks or bonds because they have gone (or “are going”) up in price, and other times when I will be tempted to sell my investments because they have gone (or “are going”) down. I hereby declare my refusal to let a herd of strangers make my financial decisions for me. I further make a solemn commitment never to invest because the stock market has gone up, and never to sell because it has gone down. Instead, I will invest $______.00 per month, every month, through an automatic investment plan or “dollar-cost averaging program,” into the following mutual fund(s) or diversified portfolio(s): _________________________________, _________________________________, _________________________________. I will also invest additional amounts whenever I can afford to spare the cash (and can afford to lose it in the short run). I hereby declare that I will hold each of these investments continually through at least the following date (which must be a minimum of 10 years after the date of this contact): _________________ _____, 20__. The only exceptions allowed under the terms of this contract are a sudden, pressing need for cash, like a health-care emergency or the loss of my job, or a planned expenditure like a housing down payment or a tuition bill. I am, by signing below, stating my intention not only to abide by the terms of this contract, but to re-read this document whenever I am tempted to sell any of my investments. This contract is valid only when signed by at least one witness, and must be kept in a safe place that is easily accessible for future reference.

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Paradoxically, “you will be much more in control,” explains neuroscientist Antonio Damasio, “if you realize how much you are not in control.” By acknowledging your biological tendency to buy high and sell low, you can admit the need to dollar-cost average, rebalance, and sign an investment contract. By putting much of your portfolio on permanent autopilot, you can fight the prediction addiction, focus on your long-term financial goals, and tune out Mr. Market’s mood swings.

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Paradoxically, “you will be much more in control,” explains neuroscientist Antonio Damasio, “if you realize how much you are not in control.”

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Did I call a real-estate agent to check the market price of my house at 1:24 P.M.? Did I call back at 1:37 P.M.?

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Did I call a real-estate agent to check the market price of my house at 1:24 P.M.? Did I call back at 1:37

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“Falling stock prices would be fabulous news for any investor with a very long horizon. And now over to Wally Wood for our exclusive AccuWeather forecast.”

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In the late 1990s, many people came to feel that they were in the dark unless they checked the prices of their stocks several times a day. But, as Graham puts it, the typical investor “would be better off if his stocks had no market quotation at all, for he would then be spared the mental anguish caused him by other persons’ mistakes of judgment.” If, after checking the value of your stock portfolio at 1:24 P.M., you feel compelled to check it all over again at 1:37 P.M., ask yourself these questions:

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Making $1,000 on a stock feels great—but a $1,000 loss wields an emotional wallop more than twice as powerful. Losing money is so painful that many people, terrified at the prospect of any further loss, sell out near the bottom or refuse to buy more.

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If you investment horizon is long—at least 25 or 30 years—there is only one sensible approach: Buy every month, automatically, and whenever else you can spare some money. The single best choice for this lifelong holding is a total stock-market index fund.

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The challenge for the intelligent investor is not to find the stocks that will go up the most and down the least, but rather to prevent yourself from being your own worst enemy—from buying high just because Mr. Market says “Buy!” and from selling low just because Mr. Market says “Sell!”

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By refusing to let Mr. Market be your master, you transform him into your servant. After all, even when he seems to be destroying values, he is creating them elsewhere. In 1999, the Wilshire 5000 index—the broadest measure of U.S. stock performance—gained 23.8%, powered by technology and telecommunications stocks. But 3,743 of the 7,234 stocks in the Wilshire index went down in value even as the average was rising. While those high-tech and telecom stocks were hotter than the hood of a race car on an August afternoon, thousands of “Old Economy” shares were frozen in the mud—getting cheaper and cheaper. The stock of CMGI, an “incubator” or holding company for Internet start-up firms, went up an astonishing 939.9% in 1999. Meanwhile, Berkshire Hathaway—the holding company through which Graham’s greatest disciple, Warren Buffett, owns such Old Economy stalwarts as Coca-Cola, Gillette, and the Washington Post Co.—dropped by 24.9%.

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In 1999, when Mr. Market was squealing with delight, American employees directed an average of 8.6% of their paychecks into their 401(k) retirement plans. By 2002, after Mr. Market had spent three years stuffing stocks into black garbage bags, the average contribution rate had dropped by nearly one-quarter, to just 7%.3 The cheaper stocks got, the less eager people became to buy them—because they were imitating Mr. Market, instead of thinking for themselves. The intelligent investor shouldn’t ignore Mr. Market entirely. Instead, you should do business with him—but only to the extent that it serves your interests. Mr. Market’s job is to provide you with prices; your job is to decide whether it is to your advantage to act on them. You do not have to trade with him just because he constantly begs you to.

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In 1999, when Mr. Market was squealing with delight, American employees directed an average of 8.6% of their paychecks into their 401(k) retirement plans. By 2002, after Mr. Market had spent three years stuffing stocks into black garbage bags, the average contribution rate had dropped by nearly one-quarter, to just 7%.3 The cheaper stocks got, the less eager people became to buy them—because they were imitating Mr. Market, instead of thinking for themselves.

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price fluctuations have only one significant meaning for the true investor. They provide him with an opportunity to buy wisely when prices fall sharply and to sell wisely when they advance a great deal. At other times he will do better if he forgets about the stock market and pays attention to his dividend returns and to the operating results of his companies.

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A stock does not become a sound investment merely because it can be bought at close to its asset value. The investor should demand, in addition, a satisfactory ratio of earnings to price, a sufficiently strong financial position, and the prospect that its earnings will at least be maintained over the years. This may appear like demanding a lot from a modestly priced stock, but the prescription is not hard to fill under all but dangerously high market conditions. Once the investor is willing to forgo brilliant prospects—i.e., better than average expected growth—he will have no difficulty in finding a wide selection of issues meeting these criteria.

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The holder of marketable shares actually has a double status, and with it the privilege of taking advantage of either at his choice. On the one hand his position is analogous to that of a minority shareholder or silent partner in a private business. Here his results are entirely dependent on the profits of the enterprise or on a change in the underlying value of its assets. He would usually determine the value of such a private-business interest by calculating his share of the net worth as shown in the most recent balance sheet. On the other hand, the common-stock investor holds a piece of paper, an engraved stock certificate, which can be sold in a matter of minutes at a price which varies from moment to moment—when the market is open, that is—and often is far removed from the balance-sheet value.

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even the intelligent investor is likely to need considerable will power to keep from following the crowd. It is for these reasons of human nature, even more than by calculation of financial gain or loss, that we favor some kind of mechanical method for varying the proportion of bonds to stocks in the investor’s portfolio. The chief advantage, perhaps, is that such a formula will give him something to do. As the market advances he will from time to time make sales out of his stockholdings, putting the proceeds into bonds; as it declines he will reverse the procedure. These activities will provide some outlet for his otherwise too-pent-up energies. If he is the right kind of investor he will take added satisfaction from the thought that his operations are exactly opposite from those of the crowd.

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It is for these reasons of human nature, even more than by calculation of financial gain or loss, that we favor some kind of mechanical method for varying the proportion of bonds to stocks

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It is for these reasons of human nature, even more than by calculation of financial gain or loss, that we favor some kind of mechanical method for varying the proportion of bonds to stocks in the investor’s portfolio. The chief advantage, perhaps, is that such a formula will give him something to do.

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Let us repeat what we said at the outset: If you want to speculate do so with your eyes open, knowing that you will probably lose money in the end; be sure to limit the amount at risk and to separate it completely from your investment program.

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find the day’s lists of stocks that have hit new lows for the past year—a quick and easy way to search for companies that might pass Graham’s net-working-capital tests.

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Putting up to a third of your stock money in mutual funds that hold foreign stocks (including those in emerging markets) helps insure against the risk that our own backyard may not always be the best place in the world to invest.

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concentration also makes most of the great failures of life. Look again at the Forbes “Rich List.” Back in 1982, the average net worth of a Forbes 400 member was $230 million. To make it onto the 2002 Forbes 400, the average 1982 member needed to earn only a 4.5% average annual return on his wealth—during a period when even bank accounts yielded far more than that and the stock market gained an annual average of 13.2%. So how many of the Forbes 400 fortunes from 1982 remained on the list 20 years later? Only 64 of the original members—a measly 16%—were still on the list in 2002.

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temporary unpopularity can create lasting wealth by enabling you to buy a great company at a good price.

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An academic study of thousands of U.S. stocks from 1951 through 1998 found that over all 10-year periods, net earnings grew by an average of 9.7% annually. But for the biggest 20% of companies, earnings grew by an annual average of just 9.3%.

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when stocks grow faster than companies, investors always end up sorry.

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for most investors, market timing is a practical and emotional impossibility.5

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As the Danish philosopher Søren Kierkegaard noted, life can only be understood backwards—but it must be lived forwards. Looking back, you can always see exactly when you should have bought and sold your stocks. But don’t let that fool you into thinking you can see, in real time, just when to get in and out.

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As the Danish philosopher Søren Kierkegaard noted, life can only be understood backwards—but it must be lived forwards. Looking back, you can always see exactly when you should have bought and sold your stocks.

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As the Danish philosopher Søren Kierkegaard noted, life can only be understood backwards—but it must be lived forwards.

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As an investor you cannot soundly become “half a businessman,” expecting thereby to achieve half the normal rate of business profits on your funds.

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As an investor you cannot soundly become “half a businessman,” expecting thereby to achieve half the normal rate of business profits on your funds. It

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The aggressive investor must have a considerable knowledge of security values—enough, in fact, to warrant viewing his security operations as equivalent to a business enterprise. There is no room in this philosophy for a middle ground, or a series of gradations, between the passive and aggressive status.

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The same vagaries of the market place that recurrently establish a bargain condition in the general list account for the existence of many individual bargains at almost all market levels. The market is fond of making mountains out of molehills and exaggerating ordinary vicissitudes into major setbacks.* Even a mere lack of interest or enthusiasm may impel a price decline to absurdly low levels. Thus we have what appear to be two major sources of undervaluation: (1) currently disappointing results and (2) protracted neglect or unpopularity.

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rapid growth cannot keep up forever; when a company has already registered a brilliant expansion, its very increase in size makes a repetition of its achievement more difficult. At some point the growth curve flattens out, and in many cases it turns downward.

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Weighing the evidence objectively, the intelligent investor should conclude that IPO does not stand only for “initial public offering.” More accurately, it is also shorthand for: It’s Probably Overpriced, Imaginary Profits Only, Insiders’ Private Opportunity,

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The Faster You Run, the Behinder You Get

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It’s time for everyone to acknowledge that the term “long-term investor” is redundant. A long-term investor is the only kind of investor there is. Someone who can’t hold on to stocks for more than a few months at a time is doomed to end up not as a victor but as a victim.

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It’s time for everyone to acknowledge that the term “long-term investor” is redundant. A long-term investor is the only kind of investor there is.

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It’s time for everyone to acknowledge that the term “long-term investor” is redundant.

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The more you trade, the less you keep.

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Buying a bond only for its yield is like getting married only for the sex. If the thing that attracted you in the first place dries up, you’ll find yourself asking, “What else is there?” When the answer is “Nothing,” spouses and bondholders alike end up with broken hearts.

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Some of these issues may prove excellent buys—a few years later, when nobody wants them and they can be had at a small fraction of their true worth.

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An elementary requirement for the intelligent investor is an ability to resist the blandishments of salesmen offering new common-stock issues during bull markets. Even if one or two can be found that can pass severe tests of quality and value, it is probably bad policy to get mixed up in this sort of business.

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Bull-market periods are usually characterized by the transformation of a large number of privately owned businesses into companies with quoted shares.

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It is bad business to accept an acknowledged possibility of a loss of principal in exchange for a mere 1 or 2% of additional yearly income. If you are willing to assume some risk you should be certain that you can realize a really substantial gain in principal value if things go well. Hence a second-grade 5.5 or 6% bond selling at par is almost always a bad purchase. The same issue at 70 might make more sense—and if you are patient you will probably be able to buy it at that level.

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Best of all, once you build a permanent autopilot portfolio with index funds as its heart and core, you’ll be able to answer every market question with the most powerful response a defensive investor could ever have: “I don’t know and I don’t care.” If someone asks whether bonds will outper-forms stocks, just answer, “I don’t know and I don’t care”—after all, you’re automatically buying both. Will health-care stocks make high-tech stocks look sick? “I don’t know and I don’t care”—you’re a permanent owner of both. What’s the next Microsoft? “I don’t know and I don’t care”—as soon as it’s big enough to own, your index fund will have it, and you’ll go along for the ride. Will foreign stocks beat U.S. stocks next year? “I don’t know and I don’t care”—if they do, you’ll capture that gain; if they don’t, you’ll get to buy more at lower prices. By enabling you to say “I don’t know and I don’t care,” a permanent autopilot portfolio liberates you from the feeling that you need to forecast what the financial markets are about to do—and the illusion that anyone else can. The knowledge of how little you can know about the future, coupled with the acceptance of your ignorance, is a defensive investor’s most powerful weapon.

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Best of all, once you build a permanent autopilot portfolio with index funds as its heart and core, you’ll be able to answer every market question with the most powerful response a defensive investor could ever have: “I don’t know and I don’t care.” If someone asks whether bonds will outper-forms stocks, just answer, “I don’t know and I don’t care”—after all, you’re automatically buying both. Will health-care stocks make high-tech stocks look sick? “I don’t know and I don’t care”—you’re a permanent owner of both. What’s the next Microsoft? “I don’t know and I don’t care”—as soon as it’s big enough to own, your index fund will have it, and you’ll go along for the ride. Will foreign stocks beat U.S. stocks next year? “I don’t know and I don’t care”—if they do, you’ll capture that gain; if they don’t, you’ll get to buy more at lower prices.

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According to Ibbotson Associates, the leading financial research firm, if you had invested $12,000 in the Standard & Poor’s 500-stock index at the beginning of September 1929, 10 years later you would have had only $7,223 left. But if you had started with a paltry $100 and simply invested another $100 every single month, then by August 1939, your money would have grown to $15,571! That’s the power of disciplined buying—even in the face of the Great Depression and the worst bear market of all time.

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By putting every investment decision on autopilot, you drop any self-delusion that you know where stocks are headed, and you take away the market’s power to upset you no matter how bizarrely it bounces.

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If, after you set up such an online autopilot portfolio, you find yourself trading more than twice a year—or spending more than an hour or two per month, total, on your investments—then something has gone badly wrong. Do not let the ease and up-to-the-minute feel of the Internet seduce you into becoming a speculator. A defensive investor runs—and wins—the race by sitting still.

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The more familiar a stock is, the more likely it is to turn a defensive investor into a lazy one who thinks there’s no need to do any homework. Don’t let that happen to you.

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401(k) investors keep between 25% and 30% of their retirement assets in the stock of their own company.

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Individual investors own three times more shares in their local phone company than in all other phone companies combined.

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Sadly, the employees of Enron, Global Crossing, and WorldCom—many of whom put nearly all their retirement assets in their own company’s stock, only to be wiped out—learned that insiders often possess only the illusion of knowledge, not the real thing. Psychologists led by Baruch Fischhoff of Carnegie Mellon University have documented a disturbing fact: becoming more familiar with a subject does not significantly reduce people’s tendency to exaggerate how much they actually know about it.3 That’s why “investing in what you know” can be so dangerous; the more you know going in, the less likely you are to probe a stock for weaknesses.

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Sadly, the employees of Enron, Global Crossing, and WorldCom—many of whom put nearly all their retirement assets in their own company’s stock, only to be wiped out—learned that insiders often possess only the illusion of knowledge, not the real thing. Psychologists led by Baruch Fischhoff of Carnegie Mellon University have documented a disturbing fact: becoming more familiar with a subject does not significantly reduce people’s tendency to exaggerate how much they actually know about it.3 That’s why “investing in what you know” can be so dangerous; the more you know going in, the less likely you are to probe a stock for weaknesses. This

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Sadly, the employees of Enron, Global Crossing, and WorldCom—many of whom put nearly all their retirement assets in their own company’s stock, only to be wiped out—learned that insiders often possess only the illusion of knowledge, not the real thing. Psychologists led by Baruch Fischhoff of Carnegie Mellon University have documented a disturbing fact: becoming more familiar with a subject does not significantly reduce people’s tendency to exaggerate how much they actually know about it.3 That’s why “investing in what you know” can be so dangerous;

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Sadly, the employees of Enron, Global Crossing, and WorldCom—many of whom put nearly all their retirement assets in their own company’s stock, only to be wiped out—learned that insiders often possess only the illusion of knowledge, not the real thing.

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at recent prices, bonds offer such low yields that an investor who buys them for their supposed safety is like a smoker who thinks he can protect himself against lung cancer by smoking low-tar cigarettes. No matter how defensive an investor you are—in Graham’s sense of low maintenance, or in the contemporary sense of low risk—today’s values mean that you must keep at least some of your money in stocks.

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at recent prices, bonds offer such low yields that an investor who buys them for their supposed safety is like a smoker who thinks he can protect himself against lung cancer by smoking low-tar cigarettes.

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remember Graham’s insistence that how defensive you should be depends less on your tolerance for risk than on your willingness to put time and energy into your portfolio.

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remember Graham’s insistence that how defensive you should be depends less on your tolerance for risk than on your willingness to put time and energy into your portfolio. And if you go about it the right way, investing in stocks is just as easy as parking your money in bonds and cash. (As we’ll see in Chapter 9, you can buy a stock-market index fund with no more effort than it takes to get dressed in the morning.) Amidst the bear market that began in 2000, it’s understandable if you feel burned—and if, in turn, that feeling makes you determined never to buy another stock again. As an old Turkish proverb says, “After you burn your mouth on hot milk, you blow on your yogurt.” Because the crash of 2000–2002 was so terrible, many investors now view stocks as scaldingly risky; but, paradoxically, the very act of crashing has taken much of the risk out of the stock market. It was hot milk before, but it is room-temperature yogurt now. Viewed logically, the decision of whether to own stocks today has nothing to do with how much money you might have lost by owning them a few years ago. When stocks are priced reasonably enough to give you future growth, then you should own them, regardless of the losses they may have cost you in the recent past. That’s all the more true when bond yields are low, reducing the future returns on income-producing investments. As we have seen in Chapter 3, stocks are (as of early 2003) only mildly overpriced by historical standards. Meanwhile, at recent prices, bonds offer such low yields that an investor who buys them for their supposed safety is like a smoker who thinks he can protect himself against lung cancer by smoking low-tar cigarettes. No matter how defensive an investor you are—in Graham’s sense of low maintenance, or in the contemporary sense of low risk—today’s values mean that you must keep at least some of your money in stocks. Fortunately, it’s never been easier for a defensive investor to buy stocks. And a permanent autopilot portfolio, which effortlessly puts a little bit of your money to work every month in predetermined investments, can defend you against the need to dedicate a large part of your life to stock picking. Should You “Buy What You Know”? But first, let’s look at something the defensive investor must always defend against: the belief that you can pick stocks without doing any homework. In the 1980s and early 1990s, one of the most popular investing slogans was “buy what you know.” Peter Lynch—who from 1977 through 1990 piloted Fidelity Magellan to the best track record ever compiled by a mutual fund—was the most charismatic preacher of this gospel. Lynch argued that amateur investors have an advantage that professional investors have forgotten how to use: “the power of common knowledge.” If you discover a great new restaurant, car, toothpaste, or jeans—or if you notice that the parking lot at a nearby business is always full or that people are still working at a company’s headquarters long after Jay Leno goes off the air—then you have a personal insight into a stock that a professional analyst or portfolio manager might never pick up on. As Lynch put it, “During a lifetime of buying cars or cameras, you develop a sense of what’s good and what’s bad, what sells and what doesn’t…and the most important part is, you know it before Wall Street knows it.”1 Lynch’s rule—“You can outper-forms the experts if you use your edge by investing in companies or industries you already understand”—isn’t totally implausible, and thousands of investors have profited from it over the years. But Lynch’s rule can work only if you follow its corollary as well: “Finding the promising company is only the first step. The next step is doing the research.” To his credit, Lynch insists that no one should ever invest in a company, no matter how great its products or how crowded its parking lot, without studying its financial statements and estimating its business value. Unfortunately, most stock buyers have ignored that part. Barbra Streisand, the day-trading diva, personified the way people abuse Lynch’s teachings. In

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let us suggest that to be “large” in present-day terms a company should have $50 million of assets or do $50 million of business.* Again to be “prominent” a company should rank among the first quarter or first third in size within its industry group.

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An industrial company’s finances are not conservative unless the common stock (at book value) represents at least half of the total capitalization, including all bank debt.3 For a railroad or public utility the figure should be at least 30%.

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medical men have been notoriously unsuccessful in their security dealings. The reason for this is that they usually have an ample confidence in their own intelligence and a strong desire to make a good return on their money, without the realization that to do so successfully requires both considerable attention to the matter and something of a professional approach to security values.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

Rules for the Common-Stock Component The selection of common stocks for the portfolio of the defensive investor should be a relatively simple matter. Here we would suggest four rules to be followed:   1. There should be adequate though not excessive diversification. This might mean a minimum of ten different issues and a maximum of about thirty.†   2. Each company selected should be large, prominent, and conservatively financed. Indefinite as these adjectives must be, their general sense is clear. Observations on this point are added at the end of the chapter.   3. Each company should have a long record of continuous dividend payments. (All the issues in the Dow Jones Industrial Aver age met this dividend requirement in 1971.) To be specific on this point we would suggest the requirement of continuous dividend payments beginning at least in 1950.*   4. The investor should impose some limit on the price he will pay for an issue in relation to its average earnings over, say, the past seven years. We suggest that this limit be set at 25 times such average earnings, and not more than 20 times those of the last twelve-month period. But such a restriction would eliminate nearly all the strongest and most popular companies from the portfolio. In particular, it would ban virtually the entire category of “growth stocks,” which have for some years past been the favorites of both speculators and institutional investors. We must give our reasons for proposing so drastic an exclusion.

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There should be adequate though not excessive diversification. This might mean a minimum of ten different issues and a maximum of about thirty.†   2. Each company selected should be large, prominent, and conservatively financed. Indefinite as these adjectives must be, their general sense is clear. Observations on this point are added at the end of the chapter.   3. Each company should have a long record of continuous dividend payments. (All the issues in the Dow Jones Industrial Aver age met this dividend requirement in 1971.) To be specific on this point we would suggest the requirement of continuous dividend payments beginning at least in 1950.*   4. The investor should impose some limit on the price he will pay for an issue in relation to its average earnings over, say, the past seven years. We suggest that this limit be set at 25 times such average earnings, and not more than 20 times those of the last twelve-month period. But such a restriction would eliminate nearly all the strongest and most popular companies from the portfolio. In particular, it would ban virtually the entire category of “growth stocks,” which have for some years past been the favorites of both speculators and institutional investors. We must give our reasons for proposing so drastic an exclusion.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

There should be adequate though not excessive diversification. This might mean a minimum of ten different issues and a maximum of about thirty.†

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For a tiny minority of investors, a 100%-stock portfolio may make sense. You are one of them if you: have set aside enough cash to support your family for at least one year will be investing steadily for at least 20 years to come survived the bear market that began in 2000 did not sell stocks during the bear market that began in 2000 bought more stocks during the bear market that began in 2000 have read Chapter 8 in this book and implemented a formal plan to control your own investing behavior. Unless you can honestly pass all these tests, you have no business putting all your money in stocks. Anyone who panicked in the last bear market is going to panic in the next one—and will regret having no cushion of cash and bonds.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

Let’s say you are comfortable with a fairly high level of risk—say, 70% of your assets in stocks and 30% in bonds. If the stock market rises 25% (but bonds stay steady), you will now have just under 75% in stocks and only 25% in bonds.5 Visit your 401(k)’s website (or call its toll-free number) and sell enough of your stock funds to “rebalance” back to your 70–30 target. The key is to rebalance on a predictable, patient schedule—not so often that you will drive yourself crazy, and not so seldom that your targets will get out of whack. I suggest that you rebalance every six months, no more and no less, on easy-to-remember dates like New Year’s and the Fourth of July.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

a 25-year-old who is saving for his wedding and a house down payment would be out of his mind to put all his money in stocks. If the stock market takes an Acapulco high dive, he will have no bond income to cover his downside—or his backside. What’s more, no matter how young you are, you might suddenly need to yank your money out of stocks not 40 years from now, but 40 minutes from now. Without a whiff of warning, you could lose your job, get divorced, become disabled, or suffer who knows what other kind of surprise. The unexpected can strike anyone, at any age. Everyone must keep some assets in the riskless haven of cash.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

a 25-year-old who is saving for his wedding and a house down payment would be out of his mind to put all his money in stocks. If the stock market takes an Acapulco high dive, he will have no bond income to cover his downside—or his backside.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

we advise the investor in long-term issues to sacrifice a small amount of yield to obtain the assurance of noncallability—say

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a truly conservative investor will be satisfied with the gains shown on half his portfolio in a rising market, while in a severe decline he may derive much solace from reflecting how much better off he is than many of his more venturesome friends.

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For the intelligent investor, hope always springs eternal, because it should. In the financial markets, the worse the future looks, the better it usually turns out to be. A cynic once told G. K. Chesterton, the British novelist and essayist, “Blessed is he who expecteth nothing, for he shall not be disappointed.” Chesterton’s rejoinder? “Blessed is he who expecteth nothing, for he shall enjoy everything.”

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In early 2003, by Shiller’s math, stocks were priced at about 22.8 times the average inflation-adjusted earnings of the past decade—still in the danger zone, but way down from their demented level of 44.2 times earnings in December 1999.

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Since the profits that companies can earn are finite, the price that investors should be willing to pay for stocks must also be finite.

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by late 2002. Investors lost over $400 billion on Cisco

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In the April 10, 2000, issue of BusinessWeek, Jeffrey M. Applegate, then the chief investment strategist at Lehman Brothers, asked rhetorically: “Is the stock market riskier today than two years ago simply because prices are higher? The answer is no.” But the answer is yes. It always has been. It always will be.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

Either directly or through a fund, TIPS are the ideal substitute for the proportion of your retirement funds you would otherwise keep in cash. Do not trade them: TIPS can be volatile in the short run, so they work best as a permanent, lifelong holding. For most investors, allocating at least 10% of your retirement assets to TIPS is an intelligent way to keep a portion of your money absolutely safe—and

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While a REIT fund is unlikely to be a foolproof inflation-fighter, in the long run it should give you some defense against the erosion of purchasing power without hampering your overall returns.

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There’s another reason investors overlook the importance of inflation: what psychologists call the “money illusion.” If you receive a 2% raise in a year when inflation runs at 4%, you will almost certainly feel better than you will if you take a 2% pay cut during a year when inflation is zero.

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There is no close time connection between inflationary (or deflationary) conditions and the movement of common-stock earnings and prices.

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Just as sensible gamblers take, say, $100 down to the casino floor and leave the rest of their money locked in the safe in their hotel room, the intelligent investor designates a tiny portion of her total portfolio as a “mad money” account. For most of us, 10% of our overall wealth is the maximum permissible amount to put at speculative risk. Never mingle the money in your speculative account with what’s in your investment accounts; never allow your speculative thinking to spill over into your investing activities; and never put more than 10% of your assets into your mad money account, no matter what happens. For better or worse, the gambling instinct is part of human nature—so it’s futile for most people even to try suppressing it. But you must confine and restrain it. That’s the single best way to make sure you will never fool yourself into confusing speculation with investment.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

the intelligent investor designates a tiny portion of her total portfolio as a “mad money” account. For most of us, 10% of our overall wealth is the maximum permissible amount to put at speculative risk. Never mingle the money in your speculative account with what’s in your investment accounts; never allow your speculative thinking to spill over into your investing activities; and never put more than 10% of your assets into your mad money account, no matter what happens. For better or worse, the gambling instinct is part of human nature—so it’s futile for most people even to try suppressing it. But you must confine and restrain it. That’s the single best way to make sure you will never fool yourself into confusing speculation with investment.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

the intelligent investor designates a tiny portion of her total portfolio as a “mad money” account. For most of us, 10% of our overall wealth is the maximum permissible amount to put at speculative risk.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

You must never delude yourself into thinking that you’re investing when you’re speculating. Speculating becomes mortally dangerous the moment you begin to take it seriously. You must put strict limits on the amount you are willing to wager.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

     The January effect has not withered away, but it has weakened. According to finance professor William Schwert of the University of Rochester, if you had bought small stocks in late December and sold them in early January, you would have beaten the market by 8.5 percentage points from 1962 through 1979, by 4.4 points from 1980 through 1989, and by 5.8 points from 1990 through 2001.

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producing a robust and rapid gain.     The January effect has not withered away, but it has weakened. According to finance professor William Schwert of the University of Rochester, if you had bought small stocks in late December and sold them in early January, you would have beaten the market by 8.5 percentage points from 1962 through 1979, by 4.4 points from 1980 through 1989, and by 5.8 points from 1990 through 2001.

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professor William Schwert of the University of Rochester, if you had bought small stocks in late December and sold them in early January, you would have beaten the market by 8.5 percentage points from 1962 through 1979, by 4.4 points from 1980 through 1989, and by 5.8 points from 1990 through 2001.

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In 1973, when Graham last revised The Intelligent Investor, the annual turnover rate on the New York Stock Exchange was 20%, meaning that the typical shareholder held a stock for five years before selling it. By 2002, the turnover rate had hit 105%—a holding period of only 11.4 months. Back in 1973, the average mutual fund held on to a stock for nearly three years; by 2002, that ownership period had shrunk to just 10.9 months.

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In 1973, when Graham last revised The Intelligent Investor, the annual turnover rate on the New York Stock Exchange was 20%, meaning that the typical shareholder held a stock for five years before selling it. By 2002, the turnover rate had hit 105%—a holding period of only 11.4 months.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

By speculating instead of investing, you lower your own odds of building wealth and raise someone else’s.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

All of human unhappiness comes from one single thing: not knowing how to remain at rest in a room. —Blaise Pascal

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

The defensive investor must confine himself to the shares of important companies with a long record of profitable operations and in strong financial condition.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

On an after-tax basis the average return on stocks would work out at some 5.3%.5 This would be about the same as is now obtainable on good tax-free medium-term bonds. These expectations are much less favorable for stocks against bonds than they were in our 1964 analysis. (That conclusion follows inevitably from the basic fact that bond yields have gone up much more than stock yields since 1964.) We must never lose sight of the fact that the interest and principal payments on good bonds are much better protected and therefore more certain than the dividends and price appreciation on stocks.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

Never mingle your speculative and investment operations in the same account, nor in any part of your thinking.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

In most periods the investor must recognize the existence of a speculative factor in his common-stock holdings. It is his task to keep this component within minor limits, and to be prepared financially and psychologically for adverse results that may be of short or long duration.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

In most periods the investor must recognize the existence of a speculative factor in his common-stock holdings.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

“An investment operation is one which, upon thorough analysis promises safety of principal and an adequate return. Operations not meeting these requirements are speculative.”

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The intelligent investor realizes that stocks become more risky, not less, as their prices rise—and less risky, not more, as their prices fall. The intelligent investor dreads a bull market, since it makes stocks more costly to buy. And conversely (so long as you keep enough cash on hand to meet your spending needs), you should welcome a bear market, since it puts stocks back on sale. 8 So take heart: The death of the bull market is not the bad news everyone believes it to be. Thanks to the decline in stock prices, now is a considerably safer—and saner—time to be building wealth. Read on, and let Graham show you how.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

The intelligent investor realizes that stocks become more risky, not less, as their prices rise—and less risky, not more, as their prices fall. The intelligent investor dreads a bull market, since it makes stocks more costly to buy. And conversely (so long as you keep enough cash on hand to meet your spending needs), you should welcome a bear market, since it puts stocks back on sale.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

“Obvious prospects for physical growth in a business do not translate into obvious profits for investors.” While it seems easy to foresee which industry will grow the fastest, that foresight has no real value if most other investors are already expecting the same thing. By the time everyone decides that a given industry is “obviously” the best one to invest in, the prices of its stocks have been bid up so high that its future returns have nowhere to go but down.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

“Obvious prospects for physical growth in a business do not translate into obvious profits for investors.”

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“the really dreadful losses” always occur after “the buyer forgot to ask ‘How much?’”

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“while enthusiasm may be necessary for great accomplishments elsewhere, on Wall Street it almost invariably leads to disaster.”

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in Graham’s terms, Newton was far from an intelligent investor. By letting the roar of the crowd override his own judgment, the world’s greatest scientist acted like a fool.

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Once you lose 95% of your money, you have to gain 1,900% just to get back to where you started. 1 Taking a foolish risk can put you so deep in the hole that it’s virtually impossible to get out. That’s why Graham constantly emphasizes the importance of avoiding losses—not

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

Once you lose 95% of your money, you have to gain 1,900% just to get back to where you started. 1 Taking a foolish risk can put you so deep in the hole that it’s virtually impossible to get out.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

N otice that Graham announces from the start that this book will not tell you how to beat the market. No truthful book can.

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book will not tell you how to beat the market. No truthful book can.

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book will not tell you how to beat the market. No truthful book

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in June 1914 no one had any inkling of what the next half-century had in store. (The stock market did not even suspect that a World War was to break out in two months, and close down the New York Stock Exchange.) Now, in 1972, we find ourselves the richest and most powerful country on earth, but beset by all sorts of major problems and more apprehensive than confident of the future. Yet if we confine our attention to American investment experience, there is some comfort to be gleaned from the last 57 years. Through all their vicissitudes and casualties, as earth-shaking as they were unforeseen, it remained true that sound investment principles produced generally sound results. We must act on the assumption that they will continue to do so.

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Through all their vicissitudes and casualties, as earth-shaking as they were unforeseen, it remained true that sound investment principles produced generally sound results. We must act on the assumption that they will continue to do so.

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margin-of-safety principle,

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The virtues of a simple portfolio policy have been emphasized—the purchase of high-grade bonds plus a diversified list of leading common stocks—which any investor can carry out with a little expert assistance.

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The virtues of a simple portfolio policy have been emphasized—the purchase of high-grade bonds plus a diversified list of leading common stocks—which

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The art of investment has one characteristic that is not generally appreciated. A creditable, if unspectacular, result can be achieved by the lay investor with a minimum of effort and capability; but to improve this easily attainable standard requires much application and more than a trace of wisdom. If you merely try to bring just a little extra knowledge and cleverness to bear upon your investment program, instead of realizing a little better than normal results, you may well find that you have done worse.

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If you merely try to bring just a little extra knowledge and cleverness to bear upon your investment program, instead of realizing a little better than normal results, you may well find that you have done worse.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

The habit of relating what is paid to what is being offered is an invaluable trait in investment.

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The habit of relating what is paid to what is being offered is an invaluable trait in investment. In an article in a women’s magazine many years

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

Obvious prospects for physical growth in a business do not translate into obvious profits for investors. The experts do not have dependable ways of selecting and concentrating on the most promising companies in the most promising industries.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

“Those who do not remember the past are condemned to repeat it.”

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

No matter how careful you are, the one risk no investor can ever eliminate is the risk of being wrong. Only by insisting on what Graham called the “margin of safety”—never overpaying, no matter how exciting an investment seems to be—can you minimize your odds of error.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

sooner or later, all bull markets must end badly.

The Intelligent Investor (Benjamin Graham;Jason Zweig;Warren E. Buffett)

Des âmes inoccupées, naturellement faibles et efféminées, que l’absence d’injures réelles rend plus irritables, s’émeuvent de ces choses ; et la plupart du temps tout naît d’une fausse interprétation.

De la constance du sage (Sénèque)

Tout crime, avant même d’avoir accompli son œuvre, est, pour ce qui fait le coupable, déjà consommé10

De la constance du sage (Sénèque)

Les murailles qui défendent le sage sont à l’abri de la flamme et des incursions ; elles n’offrent point de brèche, elles sont hautes, imprenables, au niveau du séjour des dieux.

De la constance du sage (Sénèque)

il avait avec lui la vraie richesse, sur laquelle on ne met pas la main.

De la constance du sage (Sénèque)

le sage ne perdra rien dont il puisse ressentir la perte. Il a en effet pour seule possession la vertu, dont on ne l’expulsera jamais ; de tout le reste il n’use qu’à titre précaire

De la constance du sage (Sénèque)

sage ne perdra rien dont il puisse ressentir la perte. Il a en effet pour seule possession la vertu, dont on ne l’expulsera jamais ; de tout le reste il n’use qu’à titre précaire

De la constance du sage (Sénèque)

La fortune n’enlève que ce qu’elle a donné : elle ne donne pas la vertu, aussi ne la ravit-elle pas. La vertu est chose libre, inviolable, que rien n’émeut, que rien n’ébranle, tellement endurcie aux coups du sort, qu’on ne saurait la faire fléchir, loin de l’abattre.

De la constance du sage (Sénèque)

le sage ne peut rien perdre : il a tout placé en lui, il ne confie rien à la fortune, il a ses biens sur une solide base, il se trouve riche de sa vertu qui n’a pas besoin des dons du hasard.

De la constance du sage (Sénèque)

On en est venu à ce point de déraison que non pas seulement la douleur, mais l’idée de la douleur est un supplice

De la constance du sage (Sénèque)

un modèle plus infaillible qu’Ulysse ou Hercule, héros des premiers âges, proclamés comme sages par nos stoïciens, comme indomptables aux travaux, contempteurs de la volupté et victorieux de toutes les terreurs.

De la constance du sage (Sénèque)

Elles se présentent alors comme un seul tout, en rangs serrés, devant la masse entière du sexe masculin, comme devant un ennemi commun qui, ayant, de par la nature et en vertu de la prépondérance de ses forces physiques et intellectuelles, la possession de tous les biens terrestres, doit être vaincu et conquis, afin d’arriver, par sa possession, à posséder en même temps les biens terrestres. Dans ce but, la maxime d’honneur de tout le sexe féminin est que toute cohabitation en dehors du mariage sera absolument interdite aux hommes, afin que chacun de ceux-ci soit contraint au mariage qui est une espèce de capitulation et qu’ainsi toutes les femmes soient pourvues. Ce résultat ne peut être obtenu en entier que par l’observation rigoureuse de la maxime ci-dessus ; aussi le sexe féminin tout entier veille-t-il avec un véritable « esprit de corps » à ce que tous ses membres l’exécutent fidèlement. En conséquence, toute fille qui, par le concubinage, se rend coupable de trahison envers son sexe, est repoussée par le corps entier et notée d’infamie, car le bien-être de la communauté péricliterait si le procédé se généralisait ; on dit alors : Elle a perdu son honneur.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

Elles se présentent alors comme un seul tout, en rangs serrés, devant la masse entière du sexe masculin, comme devant un ennemi commun qui, ayant, de par la nature et en vertu de la prépondérance de ses forces physiques et intellectuelles, la possession de tous les biens terrestres, doit être vaincu et conquis, afin d’arriver, par sa possession, à posséder en même temps les biens terrestres. Dans ce but, la maxime d’honneur de tout le sexe féminin est que toute cohabitation en dehors du mariage sera absolument interdite aux hommes, afin que chacun de ceux-ci soit contraint au mariage qui est une espèce de capitulation et qu’ainsi toutes les femmes soient pourvues. Ce résultat ne peut être obtenu en entier que par l’observation rigoureuse de la maxime ci-dessus ; aussi le sexe féminin tout entier veille-t-il avec un véritable « esprit de corps » à ce que tous ses membres l’exécutent fidèlement. En conséquence, toute fille qui, par le concubinage, se rend coupable de trahison envers son sexe, est repoussée par le corps entier et notée d’infamie

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

Envisagé dans sa nature, l’honneur sexuel se divise en honneur des femmes et honneur des hommes, et constitue, des deux parts, un esprit de corps bien entendu. Le premier est de beaucoup le plus important des deux, car, dans la vie des femmes, le rapport sexuel est l’affaire principale. Ainsi donc, l’honneur féminin est, quand on parle d’une fille, l’opinion générale qu’elle ne s’est donnée à aucun homme, et, pour une femme mariée, qu’elle ne s’est donnée qu’à celui auquel elle est unie par mariage. L’importance de cette opinion se fonde sur les considérations suivantes. Le sexe féminin réclame et attend du sexe masculin absolument tout, tout ce qu’il désire et tout ce qui lui est nécessaire ; le sexe masculin ne demande à l’autre, avant tout et directement, qu’une unique chose. Il a donc fallu s’arranger de telle façon que le sexe masculin ne pût obtenir cette unique chose qu’à la charge de prendre soin de tout, et par-dessus le marché aussi des enfants à naître ; c’est sur cet arrangement que repose le bien-être de tout le sexe féminin.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

Envisagé dans sa nature, l’honneur sexuel se divise en honneur des femmes et honneur des hommes, et constitue, des deux parts, un esprit de corps bien entendu. Le premier est de beaucoup le plus important des deux, car, dans la vie des femmes, le rapport sexuel est l’affaire principale. Ainsi donc, l’honneur féminin est, quand on parle d’une fille, l’opinion générale qu’elle ne s’est donnée à aucun homme, et, pour une femme mariée, qu’elle ne s’est donnée qu’à celui auquel elle est unie par mariage. L’importance de cette opinion se fonde sur les considérations suivantes. Le sexe féminin réclame et attend du sexe masculin absolument tout, tout ce qu’il désire et tout ce qui lui est nécessaire ; le sexe masculin ne demande à l’autre, avant tout et directement, qu’une unique chose.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

l’orgueil est la haute estime de soi-même, procédant de l’intérieur, donc directe ; la vanité, au contraire, est la tendance à l’acquérir du dehors, donc indirectement. C’est pourquoi la vanité rend causeur ; l’orgueil, taciturne. Mais le vaniteux devrait savoir que la haute opinion d’autrui, à laquelle il aspire, s’obtient beaucoup plus vite et plus sûrement en gardant un silence continu qu’en parlant, quand on aurait les plus belles choses du monde à dire.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

l’orgueil est la haute estime de soi-même, procédant de l’intérieur, donc directe ; la vanité, au contraire, est la tendance à l’acquérir du dehors, donc indirectement. C’est pourquoi la vanité rend causeur ; l’orgueil, taciturne.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

L’influence toute bienfaisante d’une vie retirée sur notre tranquillité d’âme provient en grande partie de ce qu’elle nous soustrait à l’obligation de vivre constamment sous les regards des autres et, par suite, nous enlève à la préoccupation incessante de leur opinion possible : ce qui a pour effet de nous rendre à nous-même.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

Etiam sapientibus cupido gloriæ novissima exuitur », dit Tacite (Hist., IV, 6) (La passion de la gloire est la dernière dont les sages mêmes se dépouillent

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

chacun vit d’abord et effectivement dans sa propre peau et non dans l’opinion des autres,

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

c’est être réduit à une misérable ressource que de ne pas trouver le bonheur dans les classes de biens dont nous avons déjà parlé et de devoir le chercher dans cette troisième, autrement dit, dans ce qu’on est non dans la réalité, mais dans l’imagination d’autrui.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

une juste appréciation de la valeur de ce que l’on est en soi-même et par soi-même, comparée à ce qu’on est seulement aux yeux d’autrui, contribuera beaucoup à notre bonheur.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

ce qui abat ou réconforte une âme avide de louange peut être frivole et petit.)

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

Ce que nous représentons, ou, en d’autres termes, notre existence dans l’opinion d’autrui, est, par suite d’une faiblesse particulière de notre nature, généralement beaucoup trop prisé, bien que la moindre réflexion puisse nous apprendre qu’en soi cela est de nulle importance pour notre bonheur.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

Parmi les choses que l’on possède, je n’ai pas compté femme et enfants, car on est plutôt possédé par eux. On pourrait avec plus de raison y comprendre les amis ; mais ici également le propriétaire doit, dans la même mesure, être aussi la propriété de l’autre.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

voix ou en gros caractères d’impression, les inepties

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

la fortune patrimoniale atteint sa plus haute valeur lorsqu’elle échoit à celui qui, doué de forces intellectuelles supérieures, poursuit des desseins dont la réalisation ne s’accommode pas d’un travail pour vivre : placé dans ces conditions, cet homme est doublement doté par le sort ; il peut maintenant vivre tout à son génie, et il payera au centuple sa dette envers l’humanité en produisant ce que nul autre ne pourrait produire et en créant ce qui constituera le bien et en même temps l’honneur de la communauté humaine.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

(Une femme riche, étant habituée à manier de l’argent, le dépense judicieusement ; mais celle qui par son mariage se trouve placée pour la première fois à la tête d’une fortune, trouve tant de goût à dépenser qu’elle jette l’argent avec une grande profusion).

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

pour l’homme né avec une fortune patrimoniale la richesse apparaît comme quelque chose d’indispensable, comme l’élément de la seule existence possible, au même titre que l’air ; aussi la soignera-t-il comme sa propre vie et sera-t-il généralement rangé, prévoyant et économe. Au contraire, pour celui qui dès sa naissance a vécu dans la pauvreté, c’est celle-ci qui semblera la condition naturelle ; la richesse, qui, par n’importe quelle voie, pourra lui échoir plus tard, lui paraîtra un superflu, bon seulement pour en jouir et la gaspiller ; il se dit que, lorsqu’elle aura disparu de nouveau, il saura se tirer d’affaire sans elle tout comme auparavant, et que, de plus, il sera délivré d’un souci.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

Épicure, le grand docteur en félicité, a admirablement et judicieusement divisé les besoins humains en trois classes.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

Les jouissances matérielles sont vite épuisées ; la société, composée de philistins comme lui, devient bientôt ennuyeuse ; le jeu de cartes finit par le fatiguer. Il lui reste à la rigueur les jouissances de la vanité à sa façon : elles consisteront à surpasser les autres en richesse, en rang, en influence ou en pouvoir, ce qui lui vaut alors leur estime ; ou bien encore il cherchera à frayer au moins avec ceux qui brillent par ces avantages et à se chauffer au reflet de leur éclat (en anglais, cela s’appelle un snob).

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

(La richesse de l’âme est la seule richesse ; les autres biens sont féconds en douleurs.)

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

ces hommes d’une espèce aussi rare ne portent pas à leurs amis, à leur famille, au bien public, cet intérêt intime et sans borne dont beaucoup d’entre les autres sont capables, car ils peuvent en définitive se passer de tout, pourvu qu’ils se possèdent eux-mêmes.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

L’homme normal au contraire est limité, pour les plaisirs de la vie, aux choses extérieures, telles que la richesse, le rang, la famille, les amis, la société, etc. ; c’est là-dessus qu’il fonde le bonheur de sa vie ; aussi ce bonheur s’écroule-t-il quand il les perd ou qu’il y rencontre des déceptions. Pour désigner cet état de l’individu, nous pouvons dire que son centre de gravité tombe en dehors de lui.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

son centre de gravité tombe en dehors de lui.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

Cette vie intellectuelle protège non seulement contre l’ennui, mais encore contre ses pernicieuses conséquences. Elle abrite en effet contre la mauvaise compagnie et contre les nombreux dangers, les malheurs, les pertes et les dissipations auxquels on s’expose en cherchant son bonheur tout entier dans la vie réelle. Pour parler de moi, par exemple, ma philosophie ne m’a rien rapporté, mais elle m’a beaucoup épargné.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

(Le repos sans l’étude est une espèce de mort qui met un homme tout vivant au tombeau).

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

(Le bonheur consiste à exercer ses facultés par des travaux capables de résultat)

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

En effet, toutes les sources extérieures du bonheur et du plaisir sont, de par leur nature, éminemment incertaines, équivoques, fugitives, aléatoires, partant sujettes à s’épuiser facilement même dans les circonstances les plus favorables, et c’est même inévitable, attendu que nous ne pouvons pas les avoir toujours sous la main. Bien plus, avec l’âge, presque toutes tarissent fatalement ; car alors amour, badinage, plaisirs des voyages et de l’équitation, aptitude à figurer dans le monde, tout cela nous abandonne ; la mort nous enlève jusqu’aux amis et parents. C’est à ce moment, plus que jamais, qu’il est important de savoir ce qu’on a par soi-même

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

En effet, toutes les sources extérieures du bonheur et du plaisir sont, de par leur nature, éminemment incertaines, équivoques, fugitives, aléatoires, partant sujettes à s’épuiser facilement même dans les circonstances les plus favorables, et c’est même inévitable, attendu que nous ne pouvons pas les avoir toujours sous la main.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

En outre, de même que ce pays-là est le plus heureux qui a le moins, ou n’a pas du tout besoin d’importation, de même est heureux l’homme à qui suffit sa richesse intérieure et qui pour son amusement ne demande que peu, ou même rien, au monde extérieur, attendu que pareille importation est chère, assujettissante, dangereuse ; elle expose à des désagréments et, en définitive, n’est toujours qu’un mauvais succédané pour les productions du soi propre. Car nous ne devons, à aucun égard, attendre grand-chose d’autrui, et du dehors en général.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

de même que ce pays-là est le plus heureux qui a le moins, ou n’a pas du tout besoin d’importation, de même est heureux l’homme à qui suffit sa richesse intérieure et qui pour son amusement ne demande que peu, ou même rien, au monde extérieur, attendu que pareille importation est chère, assujettissante, dangereuse ; elle expose à des désagréments et, en définitive, n’est toujours qu’un mauvais succédané pour les productions du soi propre. Car nous ne devons, à aucun égard, attendre grand-chose d’autrui, et du dehors en général.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

dans tous les pays les jeux de cartes sont arrivés à être l’occupation principale dans toute société ; ceci donne la mesure de ce que valent ces réunions et constitue la banqueroute déclarée de toute pensée. N’ayant pas d’idées à échanger, on échange des cartes et l’on cherche à se soutirer mutuellement des florins. Ô pitoyable espèce !

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

L’homme ordinaire ne se préoccupe que de passer le temps, l’homme de talent que de l’employer.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

tout individu est d’autant plus sociable qu’il est plus pauvre d’esprit et, en général, plus vulgaire.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

plus un homme possède en lui-même, moins il a besoin du monde extérieur et moins les autres peuvent lui être utiles. Aussi la supériorité de l’intelligence conduit-elle à l’insociabilité.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

Un simple coup d’œil nous fait découvrir les deux ennemis du bonheur humain : ce sont la douleur et l’ennui.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

Aristote a observé avec raison que tous les hommes illustres et éminents sont mélancoliques

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

En thèse générale, les neuf dixièmes de notre bonheur reposent exclusivement sur la santé. Avec elle, tout devient source de plaisir ; sans elle, au contraire, nous ne saurions goûter un bien extérieur, de quelque nature qu’il soit ; même les autres biens subjectifs, tels que les qualités de l’intelligence, du cœur, du caractère, sont amoindris et gâtés par l’état de maladie. Aussi n’est-ce pas sans raison que nous nous informons mutuellement de l’état de notre santé et que nous nous souhaitons réciproquement de nous bien porter, car c’est bien là en réalité ce qu’il y a de plus essentiellement important pour le bonheur humain. Il s’ensuit donc qu’il est de la plus insigne folie de sacrifier sa santé à quoi que ce soit, richesse, carrière, études, gloire, et surtout à la volupté et aux jouissances fugitives. Au contraire, tout doit céder le pas à la santé.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

c’est dans les classes inférieures, parmi les travailleurs et particulièrement parmi les travailleurs de la terre, que l’on trouve les visages gais et contents ; chez les riches et les grands dominent les figures chagrines. Nous devrions, par conséquent, nous attacher avant tout à conserver cet état parfait de santé dont la gaieté apparaît comme la floraison. Pour cela, on sait qu’il faut fuir tout excès et toutes débauches, éviter toute émotion violente et pénible, ainsi que toute contention d’esprit excessive ou trop prolongée ; il faut encore prendre, chaque jour, deux heures au moins d’exercice rapide au grand air, des bains fréquents d’eau froide, et d’autres mesures diététiques de même genre.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

ce que la richesse peut fournir au-delà de la satisfaction des besoins réels et naturels a une minime influence sur notre véritable bien-être ; celui-ci est plutôt troublé par les nombreux et inévitables soucis qu’amène après soi la conservation d’une grande fortune. Cependant les hommes sont mille fois plus occupés à acquérir la richesse que la culture intellectuelle, quoique certainement ce qu’on est contribue bien plus à notre bonheur que ce qu’on a.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

bien plus malheureux encore sera celui chez lequel les forces intellectuelles l’emportent de beaucoup et qui est obligé de les laisser sans développement et sans emploi pour s’occuper d’une affaire vulgaire qui n’en réclame pas, ou bien encore et surtout d’un travail corporel pour lequel sa force physique n’est pas suffisante.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

Socrate, à la vue d’objets de luxe exposés pour la vente, s’écriait : « Combien il y a de choses dont je n’ai pas besoin ! »

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

Un homme d’esprit, dans la solitude la plus absolue, trouve dans ses propres pensées et dans sa propre fantaisie de quoi se divertir agréablement, tandis que l’être borné aura beau varier sans cesse les fêtes, les spectacles, les promenades et les amusements, il ne parviendra pas à écarter l’ennui qui le torture.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

Un tempérament calme et serein, provenant d’une santé parfaite et d’une heureuse organisation, une raison lucide, vive, pénétrante et concevant juste, une volonté modérée et douce, et comme résultat une bonne conscience, voilà des avantages que nul rang, nulle richesse ne sauraient remplacer.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

À la scène, tel joue les princes, tel les conseillers, tel autre les laquais, ou les soldats ou les généraux, et ainsi de suite. Mais ces différences n’existent qu’à l’extérieur ; à l’intérieur, comme noyau du personnage, le même être est fourré chez tous, savoir un pauvre comédien avec ses misères et ses soucis.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

(Les causes qui viennent de nous contribuent plus au bonheur que celles qui naissent des choses.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

D’une manière générale, il est vrai que les sages de tous les temps ont toujours dit la même chose, et les sots, c’est-à-dire l’immense majorité de tous les temps, ont toujours fait la même chose, savoir le contraire, et il en sera toujours ainsi.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

Aussi Voltaire dit-il : Nous laisserons ce monde-ci aussi sot et aussi méchant que nous l’avons trouvé en y arrivant.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

Le bonheur n’est pas chose aisée, il est très difficile de le trouver en nous, et impossible de le trouver ailleurs. Chamfort.

Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Arthur Schopenhauer)

Le couple est comme le dernier échelon de la grande débâcle sociale. C’est l’oasis au milieu du désert humain. On vient y chercher sous les auspices de l’« intime » tout ce qui a si évidemment déserté les rapports sociaux contemporains : la chaleur, la simplicité, la vérité, une vie sans théâtre ni spectateur. Mais passé l’étourdissement amoureux, l’« intimité » tombe sa défroque : elle est elle-même une invention sociale, elle parle le langage des journaux féminins et de la psychologie, elle est comme le reste blindée de stratégies jusqu’à l’écœurement.

L'Insurrection qui vient (Comité invisible)

un monde où « devenir autonome » est un euphémisme pour « avoir trouvé un patron

L'Insurrection qui vient (Comité invisible)

Appeler « société » le peuple d’étrangers au milieu duquel nous vivons est une telle usurpation que même les sociologues songent à renoncer à un concept qui fut, pendant un siècle, leur gagne-pain. Ils préfèrent maintenant la métaphore du réseau pour décrire la façon dont se connectent les solitudes cybernétiques, dont se nouent les interactions faibles connues sous les noms de « collègue », « contact », « pote », « relation » ou d’« aventure

L'Insurrection qui vient (Comité invisible)

Nous avons été expropriés de notre langue par l’enseignement, de nos chansons par la variété, de nos chairs par la pornographie de masse, de notre ville par la police, de nos amis par le salariat. À cela s’ajoute, en France, le travail féroce et séculaire d’individualisation par un pouvoir d’État qui note, compare, discipline et sépare ses sujets dès le plus jeune âge, qui broie par instinct les solidarités qui lui échappent afin que ne reste que la citoyenneté, la pure appartenance, fantasmatique, à la République.

L'Insurrection qui vient (Comité invisible)

Nous avons été expropriés de notre langue par l’enseignement, de nos chansons par la variété, de nos chairs par la pornographie de masse, de notre ville par la police, de nos amis par le salariat.

L'Insurrection qui vient (Comité invisible)

il n’y a pas de « question de l’immigration ». Qui grandit encore là où il est né ? Qui habite là où il a grandi ? Qui travaille là où il habite ? Qui vit là où vivaient ses ancêtres ? Et de qui sont-ils, les enfants de cette époque, de la télé ou de leurs parents ? La vérité, c’est que nous avons été arrachés en masse à toute appartenance, que nous ne sommes plus de nulle part, et qu’il résulte de cela, en même temps qu’une inédite disposition au tourisme, une indéniable souffrance.

L'Insurrection qui vient (Comité invisible)

il n’y a pas de « question de l’immigration ». Qui grandit encore là où il est né ? Qui habite là où il a grandi ? Qui travaille là où il habite ? Qui vit là où vivaient ses ancêtres ? Et de qui sont-ils, les enfants de cette époque, de la télé ou de leurs parents ? La vérité, c’est que nous avons été arrachés en masse à toute appartenance, que nous ne sommes plus de nulle part, et qu’il résulte de cela, en même temps qu’une inédite disposition au tourisme, une indéniable

L'Insurrection qui vient (Comité invisible)

en tant que joute de deux esprits, la controverse est souvent bénéfique aux deux parties car elle leur permet de rectifier leurs propres idées et de se faire aussi de nouvelles opinions.

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

en tant que joute de deux esprits, la controverse est souvent bénéfique aux deux parties car elle leur permet de rectifier leurs propres idées et de se faire aussi de nouvelles opinions. Seulement, il faut que les deux adversaires soient à peu près du même niveau en savoir et en intelligence.

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

La seule parade sûre est donc celle qu’Aristote a indiquée dans le dernier chapitre des Topiques : ne pas débattre avec le premier venu, mais uniquement avec les gens que l’on connaît et dont on sait qu’ils sont suffisamment raisonnables pour ne pas débiter des absurdités et se couvrir de ridicule. Et dans le but de s’appuyer sur des arguments fondés et non sur des sentences sans appel ; et pour écouter les raisons de l’autre et s’y rendre ; des gens dont on sait enfin qu’ils font grand cas de la vérité, qu’ils aiment entendre de bonnes raisons, même de la bouche de leur adversaire, et qu’ils ont suffisamment le sens de l’équité pour pouvoir supporter d’avoir tort quand la vérité est dans l’autre camp.

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

ne pas débattre avec le premier venu, mais uniquement avec les gens que l’on connaît et dont on sait qu’ils sont suffisamment raisonnables pour ne pas débiter des absurdités et se couvrir de ridicule. Et dans le but de s’appuyer sur des arguments fondés et non sur des sentences sans appel ; et pour écouter les raisons de l’autre et s’y rendre ; des gens dont on sait enfin qu’ils font grand cas de la vérité, qu’ils aiment entendre de bonnes raisons, même de la bouche de leur adversaire, et qu’ils ont suffisamment le sens de l’équité pour pouvoir supporter d’avoir tort quand la vérité est dans l’autre camp.

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Cette société ne tiendra bientôt plus que par la tension de tous les atomes sociaux vers une illusoire guérison. C’est une centrale qui tire son turbinage d’une gigantesque retenue de larmes toujours au bord de se déverser.

L'Insurrection qui vient (Comité invisible)

Tous les « ça va ? » qui s’échangent en une journée font songer à autant de prises de température que s’administrent les uns aux autres une société de patients.

L'Insurrection qui vient (Comité invisible)

On n’arrivera pas à enchanter le fait de torcher à vil prix des vieillards abandonnés des leurs et qui n’ont rien à dire. Ceux qui ont trouvé dans les voies criminelles moins d’humiliation et plus de bénéfices que dans l’entretien de surfaces ne rendront pas leurs armes, et la prison ne leur inculquera pas l’amour de la société.

L'Insurrection qui vient (Comité invisible)

Ceux qui ont trouvé dans les voies criminelles moins d’humiliation et plus de bénéfices que dans l’entretien de surfaces ne rendront pas leurs armes, et la prison ne leur inculquera pas l’amour de la société.

L'Insurrection qui vient (Comité invisible)

Pour toutes les choses qui s’opposent, il faut qu’il y ait des causes opposées : en effet, la raison interdit qu’une seule et même cause produise des effets divers mais opposés. ») Soit ! mais l’experientia docet (l’expérience enseigne) que la même chaleur durcit l’argile et ramollit la cire,

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

la même chaleur durcit l’argile et ramollit la cire,

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

les concepts peuvent être subsumés sous certaines classes telles que le genre et l’espèce, la cause et l’effet, la qualité et son contraire, la possession et la privation, etc. ; et ces classes sont régies par quelques règles générales, les loci, τόποι. Par exemple, un locus de la cause et de l’effet est : « La cause de la cause est cause de l’effet » ; application : « La cause de mon bonheur est ma richesse, donc celui qui m’a donné ma richesse est aussi l’auteur de mon bonheur. »

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Voltaire : « La paix vaut encore mieux que la vérité. » Et un proverbe arabe dit : « À l’arbre du silence est accroché son fruit : la paix. »

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

un grand sang-froid peut être là aussi salutaire : il faut alors, dès que l’adversaire passe aux attaques personnelles, répondre tranquillement que cela n’a rien à voir avec l’objet du débat, y revenir immédiatement et continuer de lui prouver qu’il a tort sans prêter attention à ses propos blessants, donc en quelque sorte, comme dit Thémistocle à Eurybiade : πάταξον μεν ‘άκουσου [Frappe, mais écoute (N. d. T.)]. Mais ce n’est pas donné à tout le monde.

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Rien n’égale pour l’homme le fait de satisfaire sa vanité, et aucune blessure n’est plus douloureuse que de la voir blessée.

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

ULTIME STRATAGÈME   Si l’on s’aperçoit que l’adversaire est supérieur et que l’on ne va pas gagner, il faut tenir des propos désobligeants, blessants et grossiers. Être désobligeant, cela consiste à quitter l’objet de la querelle (puisqu’on a perdu la partie) pour passer à l’adversaire, et à l’attaquer d’une manière ou d’une autre dans ce qu’il est : on pourrait appeler cela argumentum ad personom pour faire la différence avec l’argumentum ad hominem.

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

STRATAGÈME 36   Déconcerter, stupéfier l’adversaire par un flot insensé de paroles.

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

STRATAGÈME 35   … qui, dès qu’il est praticable, rend tous les autres superflus : au lieu d’agir sur l’intellect par des raisons, il faut agir sur la volonté par des mobiles, et l’adversaire ainsi que les auditeurs, s’ils ont les mêmes intérêts que lui, seront aussitôt gagnés à notre opinion, même si celle-ci venait tout droit d’un asile de fous. Car en général une once de volonté pèse plus lourd qu’un quintal d’intelligence et de conviction. Cela ne marche il est vrai que dans des circonstances particulières. Si l’on peut faire sentir à l’adversaire que son opinion, si elle était valable, causerait un tort considérable à ses intérêts, il la laissera tomber aussi vite qu’un fer rouge dont il se serait imprudemment emparé.

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Si l’adversaire ne donne pas une réponse directe à une question ou à un argument, mais se dérobe au moyen d’une autre question ou d’une réponse indirecte, ou même essaie de détourner le débat, c’est là la preuve évidente que nous avons touché un point faible (parfois sans le savoir) : de sa part, c’est une façon relative de se taire. Il faut donc insister sur le point où nous avons mis le doigt et ne pas laisser l’adversaire tranquille,

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

« C’est peut-être vrai en théorie, mais en pratique c’est faux. » Grâce à ce sophisme, on admet les fondements tout en rejetant les conséquences

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Il ne faut utiliser ce stratagème que quand on est sûr de jouir auprès des auditeurs d’une considération nettement supérieure à celle dont jouit l’adversaire.

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Si on ne sait pas quoi opposer aux raisons exposées par l’adversaire, il faut, avec une subtile ironie, se déclarer incompétent : « Ce que vous dites-là dépasse mes faibles facultés de compréhension ; c’est peut-être tout à fait exact, mais je n’arrive pas à comprendre et je renonce à tout jugement. »

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Si on ne sait pas quoi opposer aux raisons exposées par l’adversaire, il faut, avec une subtile ironie, se déclarer incompétent

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Désormais, le petit nombre de ceux qui sont capables de juger est obligé de se taire ; et ceux qui ont le droit de parler sont ceux qui sont absolument incapables de se forger une opinion et un jugement à eux, et qui ne sont donc que l’écho des opinions d’autrui. Ils en sont cependant des défenseurs d’autant plus ardents et plus intolérants. Car ce qu’ils détestent chez celui qui pense autrement, ce n’est pas tant l’opinion différente qu’il prône que l’outrecuidance qu’il y a à vouloir juger par soi-même – ce qu’ils ne font bien sûr jamais eux-mêmes, et dont ils ont conscience dans leur for intérieur. Bref, très peu de gens savent réfléchir, mais tous veulent avoir des opinions ; que leur reste-t-il d’autre que de les adopter telles que les autres les leur proposent au lieu de se les forger eux-mêmes ?

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Quand on n’a pas d’argumentum ad rem et même pas d’argument ad hominem, il faut en avancer un ad auditores, c’est-à-dire une objection non valable mais dont seul le spécialiste reconnaît le manque de validité

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Si un argument met inopinément l’adversaire en colère, il faut s’efforcer de pousser cet argument encore plus loin : non seulement parce qu’il est bon de le mettre en colère, mais parce qu’on peut supposer que l’on a touché le point faible de son raisonnement et qu’on peut sans doute l’attaquer encore davantage sur ce point qu’on ne l’avait vu d’abord.

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Une technique brillante est la retorsio argumenti quand l’argument qu’il veut utiliser à ses fins peut être encore meilleur si on le retourne contre lui. Par exemple, il dit : « C’est un enfant, il faut être indulgent avec lui », retorsio : « C’est justement parce que c’est un enfant qu’il faut le châtier pour qu’il ne s’encroûte pas dans ses mauvaises habitudes.

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

nous devons nous garder de nous laisser entraîner par la contradiction à exagérer ou à élargir le champ de notre thèse. Souvent aussi, l’adversaire lui-même essaiera directement de faire reculer les limites que nous avions fixées : il faut immédiatement y mettre un terme et le ramener aux limites de notre affirmation en disant « Voilà ce que j’ai dit, et rien de plus. »

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

d’une manière générale, au lieu d’avoir à discuter longuement de la vraie nature des choses, il est plus rapide de donner un argumentum ad hominem quand l’occasion se présente.

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Si par exemple il prend parti en faveur du suicide, il faut s’écrier aussitôt : « Pourquoi ne te pends-tu pas ? » Ou bien s’il affirme par exemple que Berlin est une ville désagréable, on s’écrie aussitôt : « Pourquoi ne pars-tu pas par la première diligence ? »

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Si par exemple il prend parti en faveur du suicide, il faut s’écrier aussitôt : « Pourquoi ne te pends-tu pas ?

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Si nous avons posé une thèse paradoxale que nous avons du mal à démontrer, il faut présenter à l’adversaire n’importe quelle proposition exacte, mais d’une exactitude pas tout à fait évidente, afin qu’il l’accepte ou la rejette, comme si c’était de là que nous voulions tirer notre démonstration. S’il la rejette par méfiance, nous le confondons ad absurdum et triomphons ; mais s’il l’accepte, c’est que nous avons tenu des propos raisonnables,

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Si nous procédons par induction et qu’il concède les cas particuliers permettant d’étayer notre thèse, il ne faut pas lui demander s’il admet aussi la vérité générale résultant de ces cas isolés mais l’introduire ensuite comme une vérité admise et reconnue ; car parfois il croira l’avoir admise lui-même, et les témoins du débat auront la même impression

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Mettre l’adversaire en colère, car dans sa fureur il est hors d’état de porter un jugement correct et de percevoir son intérêt

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Mettre l’adversaire en colère, car dans sa fureur il est hors d’état de porter un jugement correct et de percevoir son intérêt. On le met en colère en étant ouvertement injuste envers lui, en le provoquant et, d’une façon générale, en faisant preuve d’impudence.

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Quand on veut arriver à une conclusion, il ne faut pas la laisser prévoir mais obtenir discrètement qu’on en admette les prémisses en disséminant celles-ci au cours de la conversation, sinon l’adversaire tentera toutes sortes de manœuvres ; ou, si on doute que l’adversaire les admette, il faut poser les prémisses de ces prémisses, établir des pro-syllogismes, faire approuver les prémisses de plusieurs de ces pro-syllogismes, et ce dans le désordre, de façon à cacher son jeu jusqu’à ce que tout ce dont on a besoin ait été concédé.

L'art d'avoir toujours raison (Arthur Schopenhauer)

Si la mort est l’extinction de tout sentiment et ressemble à un de ces sommeils où l’on ne voit rien, même en songe, c’est un merveilleux gain que de mourir. Socrate, [ Dernières paroles].

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

Du point de vue bouddhiste, toutes les traditions et leurs enseignements s’accordent sur le même but à atteindre : soulager la misère de la vie humaine et interrompre le cycle des existences.

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

Les familles maltraitantes affirment : « Nous nous sacrifions pour élever nos enfants afin qu’ils deviennent des adultes libres et responsables », il faut entendre : « Nous utilisons nos enfants pour répondre à nos besoins matériels, affectifs, sexuels ».

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

lorsque le respect de l’Enfant aura atteint son point culminant, on cessera tout simplement de lui donner naissance

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

Aucun combat pour la préservation de l’environnement ne peut plus s’envisager sans une lutte intensive contre la fécondité

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

La véritable fécondité s’avère d’ordre spirituel et non charnel : c’est uniquement par la fertilité psychique que l’homme se distingue de l’animal.

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

L’humanité fait tout ce qu’elle peut (et plus encore) pour amener, le plus vite possible, son autodestruction.

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

Vouloir mourir, c’est avant tout souhaiter n’être jamais né. Ainsi, le vouloir-mourir n’est-il jamais un projet, mais toujours une nostalgie.

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

notre désir de dénaître sans porter la croix de nous tuer nous-mêmes : en son tréfonds, la guerre est un pacte de désespérés dans lequel chaque belligérant promet à son semblable, à son providentiel ennemi, de le trucider en échange d’avoir une chance, lui aussi, d’y perdre la vie… En somme, on ne se bat jamais pour le sol natal, on se bat en réalité contre la natalité même !

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

notre désir de dénaître sans porter la croix de nous tuer nous-mêmes : en son tréfonds, la guerre est un pacte de désespérés dans lequel chaque belligérant promet à son semblable, à son providentiel ennemi, de le trucider en échange d’avoir une chance, lui aussi, d’y perdre la vie… En somme, on ne se bat jamais pour le sol natal, on

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

notre désir de dénaître sans porter la croix de nous tuer nous-mêmes : en son tréfonds, la guerre est un pacte de désespérés dans lequel chaque belligérant promet à son semblable, à son providentiel ennemi, de le trucider en échange d’avoir une chance, lui aussi, d’y perdre la vie…

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

En clair, au même titre, derechef, que la misogynie, selon l’éternelle logique du refoulé qui fait retour, le massacre de l’environnement n’est en sa moelle que l’expression de notre métrophobie latente, un anti-natalisme larvé qui, faute de se comprendre luimême et de s’admettre en pleine lucidité, se trompe lamentablement de cible.

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

ce que l’homme cherche en réalité à ravager derrière la Nature, notre Mère... Notre Mère ? Voilà peut-être la clef : si la Nature n’était pas, symboliquement, notre Mère, nous mettrions beaucoup moins d’empressement à la détruire, à la traîner au supplice, à la reconduire au néant !

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le sexe ne s’estampille chose blâmable que parce que nos existences en résultent

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Si personne n’existait, tout le monde serait heureux

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Ce qui est ressenti à présent comme une violence psychologique à l’égard d’un enfant était vécu, il y a encore cinq ou dix ans, comme un comportement normal d’éducation. Les agressions verbales, les dévalorisations systématiques, les humiliations des enfants concernant notamment leur niveau scolaire, leur apparence, leur physique, leurs capacités intellectuelles, bref tout ce qui remet en cause leur intégrité font partie des violences psychologiques courantes. Elles peuvent nuire gravement à l’état de santé d’un enfant ou d’un adolescent.

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ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets

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héros du Refus, vous commencerez par refuser que votre progéniture endure un monde que vous-mêmes ne tolérez plus.

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Nous avons le pouvoir de ne plus recommencer ce qu’ont fait des générations de femmes : reconstruire sans cesse un monde à demi détruit pour le voir détruire à nouveau, refaire des enfants pour qu’ils soient tués ou qu’ils tuent. Gisèle Halimi

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Ne me demandez point pourquoi je ne me suis pas marié : je me suis abstenu par pitié pour les enfants que j’aurais pu avoir. Arthur Schopenhauer,

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Ne me demandez point pourquoi je ne me suis pas marié : je me suis abstenu par pitié pour les enfants que j’aurais pu avoir.

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S’il est interdit d’adopter avant d’avoir atteint la maturité raisonnable des 28 ans, il s’érige dans l’invraisemblable que la procréation soit autorisée à n’importe quel âge,

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Nonobstant la pertinence d’une telle mesure, elle révèle, dans le chef de nos sociétés, une évidente misologie, un refus de raisonner confinant au pathologique : on évalue les compétences et les motivations d’individus, de toute évidence magnanimes, qui se portent au secours d’un enfant déjà plongé dans l’enfer d’exister mais le plus malveillant des crétins détient le droit absolu de plonger dans cet enfer autant d’inexistants qu’il le souhaite, et ce sans fournir la moindre justification ni de ses compétences ni de ses motivations

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si la parentalité se proclame moins narcissique qu’altruiste et ne vise en définitive que le bien sacré de l’Enfant, si peu de parents optent-ils pour l’adoption ? Un altruisme qui ne renonce pas à infliger l’existence ne mérite guère l’appellation d’altruisme.

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d’autant plus inexcusables qu’il existe un substitut des plus commodes à l’adoption physique : le Parrainage.

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Que vous choisissiez de procréer plutôt que d’adopter nous démontre mieux que tout syllogisme combien vous n’aimez en vérité que les enfants qui giclent de votre misérable entrecuisse.

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le Christ s’attela davantage à soigner les enfants malades qu’à en jeter une poignée de plus dans la gueule du Prince de ce Monde…

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Au lieu de contracter mariage afin de procréer des vies enfantines, il serait beaucoup plus simple de soutenir et de sauver ces millions de vies enfantines qui périssent autour de nous, faute de nourriture. Un chrétien ne pourrait contracter mariage sans la conscience d’une chute et d’un péché que dans le cas où il verrait et saurait que la vie de tous les enfants existants est assurée. Léon Tolstoï,

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le droit premier de tout Enfant consiste à se trouver dispensé de naître, sachant que sa naissance n’a d’autre fonction que de satisfaire des besoins qui ne le concernent pas !

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le droit premier de tout Enfant consiste à se trouver dispensé de naître,

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Dans nos sociétés surpeuplées, et où, pour la majorité des êtres humains, la misère et l’ignorance règnent, je crois préférable d’arrêter une vie à ses débuts que de la laisser se développer dans des conditions indignes. Marguerite Yourcenar,

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Prétendre que la femme n’accomplit sa féminité que dans la maternité sonne aussi stupide que de soutenir que l’homme n’apothéose sa virilité que dans l’éjaculation intra-vaginale. Dans ces processus, l’un comme l’autre n’accomplissent au vrai que leur bestialité et ne prouvent qu’une chose : leur soumission lamentable aux lois de l’instinct.

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la ruse suprême du phallocrate est de louanger le « tendre instinct » nourricier des jeunes filles dont ils désirent perforer l’hymen et suçoter les mamelons

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tant que la femme fera de la maternité l’affirmation de son identité ou la réclamera comme étant l’essence même de son destin, elle ne pourra que s’exposer au dédain des créatures blessées d’avoir dû vivre, sinon se mépriser inconsciemment elle-même. Au risque de générer quelques grimaces sur le visage des maternalistes, il nous semblait important de livrer cette analyse à la méditation : dût-on la rejeter, il n’en faudrait pas moins réussir à expliquer les raisons de la misogynie et le pourquoi de son caractère universel…

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Par un phénomène d’amalgame bien connu des psychanalystes (conden-sation-déplacement), la misogynie, dont tant de femmes se sont elles-mêmes rendues coupables, n’est au vrai qu’une forme détournée et pervertie d’anti-natalisme, ou plus exactement : toute Misogynie n’est en dernière instance que Métrophobie camouflée ! Métrophobie, c’est-à-dire : haine de la Mère… Nous dénonçons toutes les femmes faute d’oser détester consciemment notre propre génitrice, faute même d’oser nous avouer en notre for intérieur que nous aurions préféré n’avoir point subi le traumatisme de la naissance, selon la décisive expression d’Otto Rank ! Telle s’énonce la clef ultime de toute misogynie : nous reportons sans nuances notre rancœur d’avoir dû naître sur toutes celles dont l’organe utérin serait susceptible de nous avoir fait naître...

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Par un phénomène d’amalgame bien connu des psychanalystes (conden-sation-déplacement), la misogynie, dont tant de femmes se sont elles-mêmes rendues coupables, n’est au vrai qu’une forme détournée et pervertie d’anti-natalisme, ou plus exactement : toute Misogynie n’est en dernière instance que Métrophobie camouflée ! Métrophobie, c’est-à-dire : haine de la Mère…

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Si nous nous demandons pourquoi la féminité fit à toute époque l’objet d’une aussi virulente déconsidération universelle, nous ne trouvons décidément d’autre réponse que celle-ci : naissant tous d’un corps de femme et détestant tous – subliminalement pour le moins – avoir vu le jour, nous ne pouvons qu’abominer celles qui portent en leurs entrailles la matrice de toutes nos douleurs !

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On dénude ici le muscle cardiaque du problème : pourquoi donc les religions tentent-elles de nous convaincre que le Malheur est entré dans le monde par la faute d’une femme sinon parce que c’est par la faute d’une femme que nous faisons notre entrée dans les malheurs du monde ?

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On dénude ici le muscle cardiaque du problème : pourquoi donc les religions tentent-elles de nous convaincre que le Malheur est entré dans le monde par la faute d’une femme sinon parce que c’est par la faute d’une femme que nous faisons notre entrée dans les malheurs du monde ? Il ne sert à rien de déplorer la « constante misogynique » dans les écrits humains : elle s’impose comme un fait indéniable, comme un invariant anthropologique dont il s’agit, si l’on désire le désamorcer définitivement, d’élucider la signification focale sans se contenter de l’imputer à la bêtise ou à la méchanceté du mâle, aussi peu objectivables que les prétendus « vices féminins

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pour nous en tenir à ce minuscule échantillon diachronique

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C’est par la femme que le péché a commencé Et c’est à cause d’elle que tous nous mourons. L’Ecclésiastique

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Débarrassée de l’enfant, la femme l’est aussi de l’homme ; s’abandonnant à la procréation, elle allaite essentiellement sa servitude…

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Estu le victorieux, le dominateur de soi, le maître des sens, le seigneur de tes vertus ? Ainsi je t’interroge. Ou ce qui parle en ton désir estil la bête ou le besoin ? Ou bien la solitude ? Ou l’insatisfaction de soi ?

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Non seulement les forces, mais aussi le temps colossal que nous consacrerions à notre vaine descendance, consacrons-les aux déjà-vivants

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remédier aux défaillances du réel,

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le corps est le bourreau de l’esprit,

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Pour avoir produit beaucoup d’œuvres éclatantes et enfanté des vertus de tout genre : maints temples leur ont été consacrés à cause de ces enfants spirituels ; personne n’en a obtenu pour des enfants issus d’une femme.

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nous ne pouvons oublier que d’un point de vue strictement théorique et philosophique, rien ne remplace l’agénisme absolu, le « non-procréer » radical, cette nolonté rédemptrice qui surgit comme fruit d’un réinvestissement de la psyché par les puissances spirituelles au détriment des forces instinctuelles, et débouche sur la transmutation du désir de reproduction en désir de salut, dont la conséquence infaillible n’est autre que l’extinction de toute douleur humaine, selon l’emblématique visée de la pensée bouddhiste.

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la transmutation du désir de reproduction en désir de salut, dont la conséquence infaillible n’est autre que l’extinction de toute douleur humaine, selon l’emblématique visée de la pensée bouddhiste.

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Le chef d’entreprise n’est qu’une incarnation collective du père sadique, et le père sadique lui-même ne fut le plus souvent qu’un enfant mal-aimé…

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L’humanité de demain se prépare au sein des familles : devons-nous confier à des incapables le destin de l’humanité ?

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si les parents ne deviennent pas capables de donner le meilleur d’eux-mêmes à l’enfant, l’enfant ne deviendra jamais capable de donner à son tour le meilleur de lui-même à l’humanité, tandis que celle-ci continuera misérablement sa marche vers l’Absurde sur les sentiers de « la guerre de tous contre tous » et de l’entre-dévoration universelle…

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équilibre conjugal plus affirmé, sachant que la chasse aux partenaires sexuels caractérise davantage l’adolescence que l’âge adulte ; d’une manière générale, apaisement des passions au profit de la raison ; enfin, et si tant est que l’on patiente jusqu’à 36 ans par exemple (ainsi qu’Aristote le recommandait dans sa Politique), stabilité professionnelle ainsi qu’aisance matérielle accrues.

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nous croyons qu’avant d’être, il faut avoir un peu existé…

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Inutile de rappeler qu’en général les mauvais parents sont ceux qui eurent à subir de mauvais parents : on ne mettra jamais borne à ce cycle diabolique sans orienter tous les parentalisables vers une psychanalyse leur permettant de s’émanciper de leurs démons larvés ! Au passage, une telle plongée dans les arcanes de sa propre psyché ne pourrait que favoriser l’harmonie ainsi que la stabilité des couples et sauver bien des enfants du drame du divorce ou des angoissantes disputes parentales. – Oui mais, je ne crois pas à la psychanalyse. – Vous savez, aujourd’hui encore certains s’évertuent à croire que le soleil tourne autour de la terre…

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Les familles sadisent leurs enfants pour se sauver de leurs souffrances. La genèse des névroses remonte à l’histoire des parents et parfois des grandsparents.

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La genèse des névroses remonte à l’histoire des parents et parfois des grandsparents.

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La raison principale pour laquelle les enfants deviennent névrotiques est, à mon avis, le fait que leurs parents sont trop accaparés par la lutte qu’ils mènent contre leurs propres besoins infantiles insatisfaits.

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Trop d’enfants portent les conséquences de l’âme tourmentée de leurs géniteurs ; or, nul n’est affranchi de son inconscient avant d’en avoir exploré les abîmes !

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travail d’élucidation de soi-même éviterait de reporter sur sa progéniture ses propres complexes ou traumatismes irrésolus.

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Peutêtre méconnaissonsnous le besoin pédagogique parce qu’il éveille en nous le gênant souvenir que nous sommes encore des enfants, par quelque côté, et que nous avons largement besoin d’être éduqués. C.G. Jung,

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il est totalement criminel d’enfanter sans s’être doté d’aptitudes supérieures ! L’enfant a son langage, sa symbolique, ses critères, ses besoins, ses repères, son rythme adaptatif, ses procédures évolutives, ses fragilités personnelles : on n’engendre pas sans maîtriser en toutes lettres et sagesse la grammaire d’une âme naissante ! Il s’agit au moins de savoir l’écouter et de ne pas lui imposer nos fantasmes latents.

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Ce que les parents voient dans leur enfant, ce sont leurs propres besoins et l’espoir de les satisfaire. L’enfant n’est pas pris en considération pour ce qu’il est. Arthur Janov,

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Combien de parents sont fétichistes de leurs enfants, combien sont pédophiles ou font de leurs engendrés leurs esclaves, combien les maltraitent ou les laissent sans avoir, sans pouvoir, sans savoir, sans communication, sans joie, alors que d’autres les emprisonnent dans une prison dorée, les étouffent par leur surprotection. Françoise Dolto,

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Ce que les parents voient dans leur enfant, ce sont leurs propres besoins et l’espoir de les satisfaire. L’enfant n’est pas pris en considération pour ce qu’il est.

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On ne dira jamais assez que Hitler et Staline furent des enfants maltraités !

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Néron fut certes Néron, mais celle qu’il eut pour mère se nommait Agrippine…

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Pensez-vous que l’enfant gagne à naître dans un nid de crétins ? – Vous me choquez. – Je l’espère : c’est le propre des réformateurs. Cependant, le plus choquant demeure que rien ne soit entrepris

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Vous me choquez. – Je l’espère : c’est le propre des réformateurs. Cependant, le plus choquant demeure que rien ne soit entrepris

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Vous me choquez. – Je l’espère : c’est le propre des réformateurs.

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les pénitenciers et les asiles psychiatriques où aboutissent souvent les victimes de l’incompétence parentale.

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il n’est pas acceptable que des individus deviennent parents sans posséder un bagage équivalent à celui d’un spécialiste de la psychologie infantile.

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Le père est presque toujours incapable, soit par impéritie en l’art d’éduquer, soit par impuissance à faire éclore et à satisfaire les penchants naturels de l’enfant. Le père est souvent si mal éduqué qu’il ne donne à l’enfant que des impulsions vicieuses. L’enfant est plus souvent dépravé que cultivé, lorsque son éducation est confiée à des pères, la plupart incapables.

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Nous le martelons : si l’humanité va si mal, c’est d’abord parce qu’on laisse n’importe qui se reproduire n’importe comment

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Croire, comme on le fait implicitement, que l’instinct parental suffit, se reposer sur l’hypothèse que la nature fait toujours bien les choses, ce sont là attitudes criminellement déréistiques.

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Des gamins, fussent-ils en échec scolaire et existentiel obvie, ont le droit de donner naissance à d’autres gamins

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échec scolaire et existentiel obvie, ont le droit de donner naissance à d’autres gamins

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s’il ne se tue pas lui-même, ce seront les lois de la cosmologie qui s’en chargeront…

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On ne met pas au monde un enfant qui a toutes les chances d’assister à l’apocalypse

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sur une planète dont la santé périclite à cause de la quantité irraisonnée de ses habitants, un écologiste qui se reproduit est un écologiste douteux…

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faisons remarquer à nos amis les militants verts, admirables champions de l’Éthique, que sur une planète dont la santé périclite à cause de la quantité irraisonnée de ses habitants, un écologiste qui se reproduit est un écologiste douteux…

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chaque enfant qui naît, c’est un peu de terre qui meurt

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L’adolescence, toute sa richesse y réside, préfère bien souvent les vérités qui dérangent aux cécités qui rassurent…

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plutôt cent millions de créatures humaines baignant dans une insouciante opulence libertaire que dix milliards de miséreux calculateurs toujours occupés à se mesurer l’espace et la dose de pépins à grignoter

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ni terres libres à explorer, ni vastes et vierges étendues naturelles où solitaire méditer, ni joie de contempler partout prodigalité de faune et de flore, ni même le droit aux orgiaques dilapidations, car il n’est pas bon que l’homme soit rétréci à de glaciaux impératifs comptables…

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12 milliards de malheureux se serrant la ceinture, convertis de force au végétarisme, résignés à une existence de citadins compressés et se privant de tout excès d’expansivité vitale : destin de bétail parqué. Je préférerais pour ma part savoir la terre peuplée d’un maximum de cent millions d’individus à qui nulle abondance ne ferait défaut, ni nourriture matérielle ni aliments spirituels (forêts

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12 milliards de malheureux se serrant la ceinture, convertis de force au végétarisme, résignés à une existence de citadins compressés et se privant de tout excès d’expansivité vitale : destin de bétail parqué. Je préférerais pour ma part savoir la terre peuplée d’un maximum de cent millions d’individus à qui nulle abondance ne ferait défaut,

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12 milliards de malheureux se serrant la ceinture, convertis de force au végétarisme, résignés à une existence de citadins compressés et se privant de tout excès d’expansivité vitale : destin de bétail parqué. Je préférerais pour ma part savoir la terre peuplée d’un maximum de cent millions

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Lorsque deux peuples fertilistes vivent sur une terre de faible étendue tout en refusant de maîtriser leur fécondité, l’affrontement sanglant est inéluctable ; la paix ne se conquerra jamais entre Israël et la Palestine sans un renoncement bilatéral à la croissance démographique ! Encore une vérité que les journaux s’abstiennent soigneusement de répercuter, par crainte de choquer le lectorat…

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Laissez faire Vénus, elle vous amènera Mars.

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

racines essentielles des sempiternelles belligérances israélo-palestiniennes était d’ordre démographique. Lorsque deux peuples fertilistes vivent sur une terre de faible étendue tout en refusant de maîtriser leur fécondité, l’affrontement sanglant est inéluctable ; la paix ne se conquerra jamais entre Israël et la Palestine sans un renoncement bilatéral à la croissance démographique ! Encore une vérité que les journaux s’abstiennent soigneusement de répercuter, par crainte de choquer le lectorat…

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

racines essentielles des sempiternelles belligérances israélo-palestiniennes était d’ordre démographique. Lorsque deux peuples fertilistes vivent sur une terre de faible étendue tout en refusant de maîtriser leur fécondité, l’affrontement sanglant est inéluctable ; la paix ne se conquerra jamais entre Israël et la Palestine sans un renoncement bilatéral à la croissance démographique ! Encore

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racines essentielles des sempiternelles belligérances israélo-palestiniennes était d’ordre démographique. Lorsque deux peuples fertilistes vivent sur une terre de faible étendue tout en refusant de maîtriser leur fécondité, l’affrontement sanglant est inéluctable

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

Trop nombreux dans un sac de farine, les charançons s’entredévorent.

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d’année en année, la superficie des terres nouvellement conquises (au détriment de la végétation forestière…) pour l’exploitation agricole demeure inférieure à celle des sols arables définitivement perdus !

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Je me demande si l’on peut refuser d’hériter de la Terre. – Je crois qu’une fois né, c’est trop tard. Bill Watterson,

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procréer, n’est-ce point infliger trépas et tourments ? En quoi les géniteurs mériteraient-ils moins de sanctions que les homicides ou les tortionnaires

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La Morale varie selon les mœurs et les humeurs, l’Éthique s’efforce d’atteindre à l’objectivable.

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on ne condamne jamais un crime que l’on a la ferme intention de commettre soi-même…

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Ce qui distingue la fausse morale de la saine morale : la première ne cherche qu’à remédier au mal, tandis que la seconde veille à ce que les causes n’en existent point.

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À peine en vérité si un enfant sur cent sort indemne de son enfance. Celui-là, paradoxe, dédaignera sans doute d’enfanter, tandis que tous les autres panseront leurs blessures en enfantant à leur tour, afin de pouvoir reproduire sur leurs rejetons toutes les maltraitances matérielles ou spirituelles dont ils furent eux-mêmes victimes : cycle infernal. Samsâra.

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en français, « Mon bébé » s’adresse aussi bien à l’amant qu’à l’enfant, ces deux « chéris », ces deux « trésors »… De tels lapsus du langage collectif confessent bien à suffisance la malsaine ambiguïté du Désir ( Eros) dont l’enfant est la cible.

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Quant aux pères, sans s’attarder sur l’infinité de ceux qui font l’amour à leur femme en pensant à la « chair de leur chair », on ne compte plus les frôlements ou les pétrissements ou même les viols que les plus hardis d’entre eux pratiquent sur leur fille « tellement adorée »…

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le latin familia signifie à la fois l’ ensemble des esclaves de la maisonnée et la famille au sens moderne : originel rapport de consubstantialité entre cellule familiale et servitude…

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À côté de ce souci de conformité à la norme, il faut en outre tenir compte du désir mimétique, pour parler comme René Girard, du désir de désirer ce que désire le voisin afin de ne pas lui permettre de posséder ce que vous-même ne posséderiez pas…

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Une femme a envie d’un enfant bien avant d’avoir la maîtrise du langage ou l’âge de raison

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On n’aime ni son père, ni sa mère, ni sa femme, ni ses enfants, mais les sensations agréables qu’ils nous causent

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Mobiles et Mécanismes réels de la Procréation L’amour parental, si émouvant, et, dans son fond, si puéril, n’est rien d’autre que le narcissisme des parents ressuscité qui, bien que transformé en amour d’objet, infailliblement révèle sa première nature.

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Mobiles et Mécanismes réels de la Procréation L’amour parental, si émouvant, et, dans son fond, si puéril, n’est rien d’autre que le narcissisme des parents ressuscité qui, bien que transformé en amour

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

L’enfant n’est jamais conçu en tant que fin mais toujours en tant que moyen,

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L’enfant, disions-nous d’emblée, n’est rien d’autre qu’un cadeau que les parents se font à eux-mêmes.

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La cruauté est dans la nature ; nous naissons tous avec une dose de cruauté que la seule éducation modifie. Sade,

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Pourquoi donc félicitons-nous nos parents d’avoir suivi l’élan de cette même Nature ? Violeurs et procréateurs n’infligent-ils pas d’intolérables tourments à leurs victimes ?

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

le vol, le meurtre et le viol correspondent eux aussi à des pulsions instinctuelles

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il va de soi que cet argument de la fécondité comme source de prospérité contredit les exigences minimales de l’Éthique, puisque fondé sur la réification et l’instrumentalisation d’Autrui, c’est-à-dire sur le principe même de l’esclavage...

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Heureuse, l’humanité n’eût inventé ni dieux ni autres mondes…

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

J’en connais qui murmurent : ‘‘Et si tout le monde voulait s’abstenir du mariage, comment le genre humain subsisterait-il ?’’ – Si seulement ils le voulaient tous ! […] : ainsi la Cité de Dieu se réaliserait plus vite, et la fin du monde en serait hâtée.

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imitons le Christ, convions l’humanité tout entière à l’imiter, à se ranger sous son impératif catégorique,

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

Ce n’est plus servir le Christ que de multiplier la race humaine.

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on n’engendre en réalité du vivant que par incapacité à mieux faire : engendrer du spirituel…

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

Déjection pour déjection, il en est de plus utiles et de plus nobles que d’autres.

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

Le chien qui urine au lampadaire lui aussi laisse une trace

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

Big Chill ou Big Crunch, entropie absolue ou contraction apocalyptique de l’univers : la vie n’a aucun avenir.

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

nous vivons moins par amour de la vie que par épouvante de la mort

L'art de guillotiner les procréateurs (Théophile de Giraud)

ralentissement des processus idéatifs, une irrégularité dans les opérations mentales faciles, de violentes réactions émotionnelles : euphorie ou dépression.

La Vieillesse (Simone de Beauvoir)

Cette chute morale se répercute sur les organes et elle peut entraîner la mort. On m’a cité le cas d’une femme de 63 ans, très bien conservée, qui supportait courageusement des douleurs violentes pour lesquelles on la traitait. Un interne lui ayant dit étourdiment qu’elle ne guérirait jamais, elle a d’un seul coup vieilli de vingt ans et ses douleurs se sont accrues. Une vive contrariété, par exemple un procès perdu, peut transformer un homme de 60 ans en un individu sénile, physiquement autant que moralement.

La Vieillesse (Simone de Beauvoir)

Mes maladies sont un asthme, une hydropisie et, ce qui est moins guérissable, soixante-quinze ans.

La Vieillesse (Simone de Beauvoir)

le corps comme l’instrument matériel de l’âme.

La Vieillesse (Simone de Beauvoir)

L’enfant l’emporte sur l’adulte par la richesse de ses possibilités, l’immensité de ses acquisitions, la fraîcheur de ses sensations : est-ce assez pour estimer qu’en prenant de l’âge il se dégrade ? Il semble que ç’ait été jusqu’à un certain point l’opinion de Freud : « Pensez au contraste attristant qui existe entre l’intelligence rayonnante d’un enfant bien portant et la faiblesse intellectuelle d’un adulte moyen », a-t-il écrit.

La Vieillesse (Simone de Beauvoir)

D’après Kinsey, la puissance sexuelle de l’homme décroît après 16 ans.

La Vieillesse (Simone de Beauvoir)

nous ne savons pas qui nous sommes, si nous ignorons qui nous serons : ce vieil homme, cette vieille femme, reconnaissons-nous en eux.

La Vieillesse (Simone de Beauvoir)

On a le cœur serré quand à côté d’une belle jeune femme on aperçoit son reflet dans le miroir des années futures : sa mère. Les Indiens Nambikwara, rapporte Lévi-Strauss, n’ont qu’un mot pour dire « jeune et beau » et un pour dire « vieux et laid ».

La Vieillesse (Simone de Beauvoir)

Ils doivent donner l’exemple de toutes les vertus. Avant tout on réclame d’eux la sérénité ; on affirme qu’ils la possèdent, ce qui autorise à se désintéresser de leur malheur.

La Vieillesse (Simone de Beauvoir)

l’intérêt des exploiteurs, c’est de briser la solidarité entre les travailleurs et les improductifs de manière que ceux-ci ne soient défendus par personne.

La Vieillesse (Simone de Beauvoir)

On songe à Flaubert qui allait jusqu’en Égypte pour goûter aux putes orientales ; à son « fils spirituel », Maupassant, qui faisait venir, rigolard, un huissier de justice au bordel pour certifier ses innombrables « saillies » à un Flaubert incrédule ; à Baudelaire et ses beautés créoles mais non moins tarifées. Tous malades, tous pervers, tous addicts, tous drogués. Un conseiller du Premier ministre, Dominique Ambiel, qui doit jurer la main sur le cœur que la prostituée que l’on a trouvée dans sa voiture n’avait pas eu de rapports sexuels avec lui et n’allait pas en avoir ; un président des États-Unis, Bill Clinton, qui doit s’excuser publiquement d’aimer les gâteries dans le bureau ovale ; un autre président des États-Unis, qui servit de modèle à Clinton, John Fitzgerald Kennedy, jadis admiré et adulé, désormais décrit comme un véritable malade mental parce que séducteur en série et libertin impénitent.

Le premier sexe (Eric Zemmour)

Nietzsche disait : « La femme n’aurait pas le génie de la parure si elle ne savait d’instinct qu’elle joue le second rôle. » L’homme apprend désormais à se parer. Il apprend vite.

Le premier sexe (Eric Zemmour)

Alain Finkielkraut : « Autrefois, la subversion était le contraire de la tradition ; aujourd’hui, la subversion est notre tradition. »

Le premier sexe (Eric Zemmour)

Les féministes s’y retrouvaient aussi car elles ont toujours considéré, en le disant ou sans oser le dire, la pénétration comme une conquête, une invasion, un viol même lorsqu’elle est consentie. Ce qui n’est d’ailleurs pas faux. Tous les mots du vocabulaire viril qui évoquent l’acte sexuel ont un rapport avec la force et la tromperie : prendre, posséder, baiser, niquer, sauter.

Le premier sexe (Eric Zemmour)

Ils sont devenus pour les garçons ce que les chanteuses sont aux filles.

Le premier sexe (Eric Zemmour)

— La femme idéale, ça serait un travesti, parce qu’il a un peu des deux. »

Le premier sexe (Eric Zemmour)

pas de forteresse imprenable, seulement des forteresses mal assiégées »

Le premier sexe (Eric Zemmour)

la précaution sur le risque.

Le premier sexe (Eric Zemmour)

J'écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

il ne suffit pas d'être une hétérosexuelle, ni même une mère, pour réaliser cet idéal ; la " vraie femme " est un produit artificiel que la civilisation fabrique comme naguère on fabriquait des castrats ; ses prétendus instincts de coquetterie, de docilité, lui sont insufflés comme à l'homme l'orgueil phallique; il n'accepte pas toujours sa vocation virile ; elle a de bonnes raisons pour accepter moins docilement encore celle qui lui est assignée. » SIMONE DE BEAUVOIR,

King Kong théorie (Virginie Despentes)

il ne suffit pas d'être une hétérosexuelle, ni même une mère, pour réaliser cet idéal ; la " vraie femme " est un produit artificiel que la civilisation fabrique comme naguère on fabriquait des castrats ; ses prétendus instincts de coquetterie, de docilité, lui sont insufflés comme à l'homme l'orgueil phallique; il n'accepte pas toujours sa vocation virile ; elle a de bonnes raisons pour accepter moins docilement encore celle qui lui est assignée.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Le porno révèle crûment cet autre aspect de nous : le désir sexuel est une mécanique, guère compliquée à mettre en branle. Pourtant, ma libido est complexe, ce qu'elle dit de moi ne me fait pas forcément plaisir, ne cadre pas toujours avec ce que j'aimerais être. Mais je peux préférer le savoir, plutôt que tourner la tête et dire le contraire de ce que je sais de moi, pour préserver une image sociale rassurante.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Le porno pose un vrai problème : il défoule le désir et lui propose un soulagement, trop rapidement pour permettre une sublimation. A ce titre, il a une fonction : la tension dans notre culture entre délire sexuel abusif (en ville, les signes en appelant au sexe nous envahissent littéralement le cerveau) et rejet exagéré de la réalité sexuelle (on ne vit pas dans une giga partouze perpétuelle, les choses permises ou possibles sont même relativement restreintes). Le porno intervient ici comme défoulement psychique, pour équilibrer la différence de pression.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Quand les hommes se rêvent en femmes, ils s'imaginent plus volontiers en putes, exclues et libres de circuler, qu'en mères de famille soucieuses de la propreté du foyer. Souvent, les choses sont exactement le contraire de ce qu'on nous dit qu'elles sont, c'est bien pourquoi on nous les répète avec tant d'insistance et de brutalité. La figure de la pute en est un bon exemple : quand on affirme que la prostitution est une « violence faite aux femmes », on veut nous faire oublier que c'est le mariage qui est une violence faite aux femmes, et d'une manière générale, les choses telles que nous les endurons. Celles qu'on baise gratuitement doivent continuer de s'entendre dire qu'elles font le seul choix possible, sinon comment les tenir?

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Quand les hommes se rêvent en femmes, ils s'imaginent plus volontiers en putes, exclues et libres de circuler, qu'en mères de famille soucieuses de la propreté du foyer. Souvent, les choses sont exactement le contraire de ce qu'on nous dit qu'elles sont, c'est bien pourquoi on nous les répète avec tant d'insistance et de brutalité. La figure de la pute en est un bon exemple : quand on affirme que la prostitution est une « violence faite aux femmes », on veut nous faire oublier que c'est le mariage qui est une violence faite aux femmes, et d'une manière générale, les choses telles que nous les endurons. Celles qu'on baise gratuitement doivent continuer de s'entendre dire qu'elles font le seul choix possible, sinon comment les tenir? La

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Quand les hommes se rêvent en femmes, ils s'imaginent plus volontiers en putes, exclues et libres de circuler, qu'en mères de famille soucieuses de la propreté du foyer. Souvent, les choses sont exactement le contraire de ce qu'on nous dit qu'elles sont, c'est bien pourquoi on nous les répète avec tant d'insistance et de brutalité. La figure de la pute en est un bon exemple : quand on affirme que la prostitution est une « violence faite aux femmes », on veut nous faire oublier que c'est le mariage qui est une violence faite aux femmes, et d'une manière générale, les choses telles que nous les endurons.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Quand les hommes se rêvent en femmes, ils s'imaginent plus volontiers en putes, exclues et libres de circuler, qu'en mères de famille soucieuses de la propreté du foyer. Souvent, les choses sont exactement le contraire de ce qu'on nous dit qu'elles sont, c'est bien pourquoi on nous les répète avec tant d'insistance et de brutalité. La figure de la pute en est un bon exemple : quand on affirme que la prostitution est une « violence faite aux femmes », on veut nous faire oublier que c'est le mariage qui est une violence faite aux femmes, et d'une manière générale, les

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Quand les hommes se rêvent en femmes, ils s'imaginent plus volontiers en putes, exclues et libres de circuler, qu'en mères de famille soucieuses de la propreté du foyer.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Je ne pense pas que j'aurais un souvenir aussi positif de ces années de tapin occasionnel, sans la lecture des féministes américaines pro-sexe, Norma Jane Almodovar, Carole Queen, Scarlot Harlot, Margot St. James,

King Kong théorie (Virginie Despentes)

interdire l'exercice de la prostitution dans un cadre légal adéquat, c'est interdire spécifiquement à la classe féminine de s'enrichir, de tirer profit de sa propre stigmatisation.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Dans les médias français, articles documentaires et reportages radio, la prostitution sur laquelle on focalise est toujours la plus sordide, la prostitution de rue qui exploite des filles sans papiers.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Comme le travail domestique, l'éducation des enfants, le service sexuel féminin doit être bénévole.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Nous ne sommes pas toutes issues des classes sociales supérieures, nous ne sommes pas toutes entraînées pour tirer des hommes un maximum d'argent. Et, là encore, certaines d'entre nous préfèrent l'argent qu'elles gagnent directement. Contrairement à l'idée que beaucoup d'hommes se font, toutes les femmes n'ont pas une âme de courtisane.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

N'empêche que si je devais donner conseil à une gosse, je lui dirais plutôt de faire les choses clairement, et de garder son indépendance, si elle veut tirer profit de ses charmes, plutôt que de se faire épouser, maquer, engrosser et coincer par un type qu'elle ne supporterait pas s'il ne l'emmenait pas en voyage.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Entre la féminité telle que vendue dans les magazines et celle de la pute, la nuance m'échappe toujours. Et, bien qu'elles ne donnent pas clairement leurs tarifs, j'ai l'impression d'avoir connu beaucoup de putes, depuis. Beaucoup de femmes que le sexe n'intéresse pas mais qui savent en tirer profit. Qui couchent avec des hommes vieux, laids, chiants, déprimants de connerie, mais puissants socialement. Qui les épousent et se battent pour obtenir le maximum d'argent au moment du divorce. Qui trouvent normal d'être entretenues, emmenées en voyage, gâtées. Qui voient même ça comme une réussite. C'est triste d'entendre des femmes parler d'amour comme d'un contrat économique implicite.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Entre la féminité telle que vendue dans les magazines et celle de la pute, la nuance m'échappe toujours. Et, bien qu'elles ne donnent pas clairement leurs tarifs, j'ai l'impression d'avoir connu beaucoup de putes, depuis. Beaucoup de femmes que le sexe n'intéresse pas mais qui savent en tirer profit.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Entre la féminité telle que vendue dans les magazines et celle de la pute, la nuance m'échappe toujours. Et, bien qu'elles ne donnent pas clairement leurs tarifs, j'ai l'impression d'avoir connu beaucoup de putes, depuis.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Et en me les présentant sous un jour enfantin, plus fragiles, vulnérables, l'expérience m'a rendu les hommes sympathiques, moins impressionnants, plus attachants. Et accessibles, finalement. J'avais découvert une recette pour attirer plus d'attentions que je ne pouvais en gérer. Plus que ce que j'aurais cru, ça a diminué mon agressivité à leur endroit, qui, contrairement à ce qu'on croit, n'est pas très élevée.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

La prostitution a été une étape cruciale, dans mon cas, de reconstruction après le viol. Une entreprise de dédommagement, billet après billet, de ce qui m'avait été pris par la brutalité. Ce que je pouvais vendre, à chaque client, je l'avais donc gardé intact. Si je le vendais dix fois de suite, c'est que ça ne se brisait pas à l'usage. Ce sexe n'appartenait qu'à moi, ne perdait pas en valeur au fur et à mesure qu'il servait, et il pouvait être rentable. De nouveau, j'étais dans une situation d'ultraféminité, mais cette fois j'en tirais un bénéfice net.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

La prostitution a été une étape cruciale, dans mon cas, de reconstruction après le viol. Une entreprise de dédommagement, billet après billet, de ce qui m'avait été pris par la brutalité. Ce que je pouvais vendre, à chaque client, je l'avais donc gardé intact. Si je le vendais dix fois de suite, c'est que ça ne se brisait pas à l'usage.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Quand on ne s'y attend pas, l'effet produit par les objets fétiches - porte-jarretelles, talons aiguilles, soutiens-gorge pigeonnants ou rouge à lèvres - ressemble à une vaste blague. On fait semblant de l'ignorer quand on plaint les femmes-objets, les bimbos à seins remodelés, toutes les chiennasses anorexiques et retapées de la télé. Mais la fragilité est surtout du côté des hommes.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

On fait semblant de l'ignorer quand on plaint les femmes-objets, les bimbos à seins remodelés, toutes les chiennasses anorexiques et retapées de la télé. Mais la fragilité est surtout du côté des hommes.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Une fille qui se féminise, ça occasionne plein de ravissements. C'est comme ça.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

on a peur qu'elles viennent dire que ça n'est pas si terrifiant, comme boulot. Et pas seulement parce que tout travail est dégradant, difficile et exigeant. Mais aussi parce que beaucoup d'hommes ne sont jamais aussi aimables que quand ils sont avec une pute.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

dans ma petite expérience, les clients étaient lourds d'humanité, de fragilité, de détresse. Et ça restait, ensuite, collé comme un remords.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

si le contrat prostitutionnel se banalise, le contrat marital apparaît plus clairement comme ce qu'il est : un marché où la femme s'engage à effectuer un certain nombre de corvées assurant le confort de l'homme à des tarifs défiant toute concurrence. Notamment les tâches sexuelles.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Pour moi, le viol, avant tout, a cette particularité : il est obsédant. J'y reviens, tout le temps. Depuis vingt ans, chaque fois que je crois en avoir fini avec ça, j'y reviens. Pour en dire des choses différentes, contradictoires. Romans, nouvelles, chansons, films. J'imagine toujours pouvoir un jour en finir avec ça. Liquider l'événement, le vider, l'épuiser.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Dans la morale judéo-chrétienne, mieux vaut être prise de force que prise pour une chienne, on nous l'a assez répété. Il y a une prédisposition féminine au masochisme, elle ne vient pas de nos hormones, ni du temps des cavernes, mais d'un système culturel précis,

King Kong théorie (Virginie Despentes)

On entend encore souvent dire « grâce aux putes, il y a moins de viols », comme si les mâles ne pouvaient pas se retenir, qu'ils doivent se décharger quelque part.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Post-viol, la seule attitude tolérée consiste à retourner la violence contre soi. Prendre vingt kilos, par exemple. Sortir du marché sexuel, puisqu'on a été abîmée, se soustraire de soi-même au désir. En France, on ne tue pas les femmes à qui c'est arrivé mais on attend d'elles qu'elles aient la décence de se signaler en tant que marchandise endommagée, polluée. Putes ou enlaidies, qu'elles sortent spontanément du vivier des épousables.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

le jour où les hommes auront peur de se faire lacérer la bite à coups de cutter quand ils serrent une fille de force, ils sauront brusquement mieux contrôler leurs pulsions « masculines », et comprendre ce que « non » veut dire.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

C'est un risque inévitable, c'est un risque que les femmes doivent prendre en compte et accepter de courir si elles veulent sortir de chez elles et circuler librement. Si ça t'arrive, remets-toi debout, dust yourself et passe à autre chose. Et si ça te fait trop peur, il faut rester chez maman et t'occuper de faire ta manucure.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

pourquoi elles ne diraient pas ce mot, et qu'est-ce qu'elle en sait, celle qui parle? Elle croit qu'on se ressemble toutes, peut-être? Soudain je me freine toute seule dans mon élan : qu'est-ce que j'ai fait, moi, jusque-là? Les rares fois — le plus souvent bien bourrée — où j'ai voulu en parler, est-ce que j'ai dit le mot? Jamais. Les rares fois où j'ai cherché à raconter ce truc, j'ai contourné le mot « viol » : « agressée », « embrouillée », « se faire serrer », « une galère », whatever... C'est que tant qu'elle ne porte pas son nom, l'agression perd sa spécificité, peut se confondre avec d'autres agressions, comme se faire braquer, embarquer par les flics, garder à vue, ou tabasser. Cette stratégie de la myopie a son utilité. Car, du moment qu'on appelle son viol un viol, c'est tout l'appareil de surveillance des femmes qui se met en branle : tu veux que ça se sache, ce qui t'est arrivé? Tu veux que tout le monde te voie comme une femme à qui c'est arrivé? Et, de toutes façons, comment peux-tu en être sortie vivante, sans être une salope patentée ?

King Kong théorie (Virginie Despentes)

comment peux-tu en être sortie vivante, sans être une salope patentée ?

King Kong théorie (Virginie Despentes)

comment peux-tu en être sortie vivante, sans être une salope patentée ? Une

King Kong théorie (Virginie Despentes)

les hommes condamnent le viol. Ce qu'ils pratiquent, c'est toujours autre chose.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Savoir se défendre, même si on est doux. Etre coupé de sa féminité, symétriquement aux femmes qui renoncent à leur virilité, non pas en fonction des besoins d'une situation ou d'un caractère, mais en fonction de ce que le corps collectif exige. Afin que, toujours, les femmes donnent les enfants pour la guerre, et que les hommes acceptent d'aller se faire tuer pour sauver les intérêts de trois ou quatre crétins à vue courte.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Savoir se défendre, même si on est doux. Etre coupé de sa féminité, symétriquement aux femmes qui renoncent à leur virilité, non pas en fonction des besoins d'une situation ou d'un caractère, mais en fonction de ce que le corps collectif exige. Afin que, toujours, les femmes donnent les enfants pour la guerre, et que les hommes acceptent d'aller se faire tuer pour sauver les

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Pourquoi personne n'a inventé l'équivalent de Ikéa pour la garde des enfants, l'équivalent de Macintosh pour le ménage à la maison? Le collectif est resté un mode masculin. Nous manquons d'assurance quant à notre légitimité à investir le politique

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Pourquoi personne n'a inventé l'équivalent de Ikéa pour la garde des enfants, l'équivalent de Macintosh pour le ménage à la maison?

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Pourquoi personne n'a inventé l'équivalent de Ikéa pour la garde des enfants, l'équivalent de Macintosh pour le ménage à la maison? Le

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Prétendre que les hommes et les femmes s'entendaient mieux avant les années 70 est une contrevérité historique. On se côtoyait moins, c'est tout.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Cette analyse offre une clef de lecture de la déferlante de « chaudasserie » dans l'entreprise pop actuelle. Qu'on se promène en ville, qu'on regarde MTV, une émission de variétés sur la première chaîne ou qu'on feuillette un magazine féminin, on est frappés par l'explosion du look chienne de l'extrême, par ailleurs très seyant, adopté par beaucoup de jeunes filles. C'est en fait une façon de s'excuser, de rassurer les hommes : « regarde comme je suis bonne, malgré mon autonomie, ma culture, mon intelligence, je ne vise encore qu'à te plaire » semblent clamer les gosses en string. J'ai les moyens de vivre autre chose, mais je décide de vivre l'aliénation

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Il y a une fierté de domestique à devoir avancer entravées, comme si c'était utile, agréable ou sexy. Une jouissance servile à l'idée de servir de marchepieds.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

D'accord, la France actuelle, c'est loin d'être l'Arcadie pour tous. On n'est ni heureuses, ni heureux, ici. Ça n'a aucun rapport avec le respect de la tradition des genres. On pourrait toutes rester en tablier à la cuisine à faire des gosses chaque fois qu'on baise, ça ne changerait rien à la faillite du travail, du libéralisme, du christianisme ou de l'équilibre écologique.

King Kong théorie (Virginie Despentes)

cette phrase de Lacan: " Plus vous serez ignoble, mieux ça ira. " J'avais souri; j'avais bien tort. Cette phrase n'était encore, à ce stade, qu'un programme; mais elle allait le mettre en application, point par point.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

cette phrase de Lacan: " Plus vous serez ignoble, mieux ça ira.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Elle avait sans doute depuis toujours, comme toutes les dépressives, des dispositions à l'égoïsme et à l'absence de cœur; mais sa psychanalyse l'a transformée de manière irréversible en une véritable ordure, sans tripes et sans conscience –

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

« Tu enfanteras dans la douleur » ;

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Qu’il soit ambitieux, étourdi ou timide, c’est vers un avenir ouvert que s’élance le jeune garçon ; il sera marin ou ingénieur, il restera aux champs ou il partira pour la ville, il verra le monde, il deviendra riche ; il se sent libre en face d’un avenir où l’attendent des chances imprévues. La fillette sera épouse, mère, grand-mère ; elle tiendra sa maison exactement comme le fait sa mère, elle soignera ses enfants comme elle a été soignée : elle a douze ans et déjà son histoire est inscrite

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

il sait que parce qu’il est noir le ciel lui est défendu. Parce qu’elle est femme, la fillette sait que la mer et les pôles, que mille aventures, mille joies lui sont défendues : elle est née du mauvais côté. La grande différence, c’est que les Noirs subissent leur sort dans la révolte : aucun privilège n’en compense la dureté ; tandis que la femme est invitée à la complicité.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

En elles l’exubérance de la vie est barrée, leur vigueur inemployée retombe en nervosité ; leurs occupations trop sages n’épuisent pas leur trop-plein d’énergie ; elles s’ennuient : par ennui et pour compenser l’infériorité dont elles souffrent, elles s’abandonnent à des rêveries moroses et romanesques ; elles prennent le goût de ces évasions faciles et perdent le sens du réel ; elles se livrent à leurs émotions avec une exaltation désordonnée ; faute d’agir elles parlent, entremêlant volontiers des propos sérieux avec des paroles sans queue ni tête ; délaissées, « incomprises », elles cherchent une consolation dans des sentiments narcissistes : elles se regardent comme une héroïne de roman, s’admirent et se plaignent ; il est naturel qu’elles deviennent coquettes et comédiennes : ces défauts s’accentueront au moment de la puberté. Leur malaise se traduit par des impatiences, des crises de colère, des larmes ; elles ont le goût des larmes – goût que gardent par la suite beaucoup de femmes – en grande partie parce qu’elles aiment à jouer aux victimes : c’est à la fois une protestation contre la dureté du destin et une manière de se rendre soi-même touchante. « Les petites filles aiment tant à pleurer que j’en ai connu qui allaient pleurer devant un miroir pour jouir doublement de cet état », raconte Mgr Dupanloup.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

D’après les statistiques rapportées par Havelock Ellis, un garçon sur cent souhaitait être une fille ; plus de 75 % des filles eussent préféré changer de sexe. D’après une enquête de Karl Pipal (rapportée par Baudouin dans son ouvrage sur l’Âme enfantine) sur 20 garçons de douze à quatorze ans, 18 ont dit qu’ils aimeraient mieux tout au monde que d’être des filles ; sur 22 filles, 10 souhaitaient être des garçons ; elles en donnaient les raisons suivantes : « Les garçons sont mieux : ils n’ont pas à souffrir comme les femmes… Ma mère m’aimerait plus… Un garçon fait du travail plus intéressant… Un garçon a plus de capacités pour les études… Je m’amuserais à faire peur aux filles… Je n’aurais plus peur des garçons… Ils sont plus libres… Les jeux des garçons sont plus amusants… Ils ne sont pas gênés par leurs vêtements… »

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

D’après les statistiques rapportées par Havelock Ellis, un garçon sur cent souhaitait être une fille ; plus de 75 % des filles eussent préféré changer de sexe. D’après une enquête de Karl Pipal (rapportée par Baudouin dans son ouvrage sur l’Âme enfantine) sur 20 garçons de douze à quatorze ans, 18 ont dit qu’ils aimeraient mieux tout au monde que d’être des filles ; sur 22 filles, 10 souhaitaient être des garçons ; elles en donnaient les raisons suivantes : « Les garçons sont mieux : ils n’ont pas à souffrir comme les femmes… Ma mère m’aimerait plus… Un garçon fait du travail plus intéressant… Un garçon a plus de capacités pour les études… Je m’amuserais à faire peur aux filles… Je n’aurais plus peur des garçons… Ils sont plus libres… Les jeux des garçons sont plus amusants… Ils

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

D’après les statistiques rapportées par Havelock Ellis, un garçon sur cent souhaitait être une fille ; plus de 75 % des filles eussent préféré changer de sexe.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

La rébellion est d’autant plus violente que souvent la mère a perdu son prestige. Elle apparaît comme celle qui attend, qui subit, qui se plaint, qui pleure, qui fait des scènes : et dans la réalité quotidienne ce rôle ingrat ne conduit à aucune apothéose ; victime elle est méprisée, mégère, détestée ; son destin apparaît comme le prototype de la fade répétition : par elle la vie ne fait que stupidement se répéter sans aller nulle part ; butée dans son rôle de ménagère, elle arrête l’expansion de l’existence, elle est obstacle et négation. Sa fille veut ne pas lui ressembler.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Son élan spontané vers la vie, son goût du jeu, du rire, de l’aventure, amènent la fillette à trouver le cercle maternel étroit, étouffant. Elle voudrait échapper à l’autorité de sa mère. C’est une autorité qui s’exerce de manière beaucoup plus quotidienne et intime que celle que doivent accepter les garçons.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

fuir. Son élan spontané vers la vie, son goût du jeu, du rire, de l’aventure, amènent la fillette à trouver le cercle maternel étroit, étouffant. Elle voudrait échapper à l’autorité de sa mère. C’est une autorité qui s’exerce de manière beaucoup plus quotidienne et intime que celle que doivent accepter les garçons.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Elle voudrait échapper à l’autorité de sa mère. C’est une autorité qui s’exerce de manière beaucoup plus quotidienne et intime que celle que doivent accepter les garçons.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Jeux et rêves orientent la fillette vers la passivité ;

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Ève n’a pas été créée pour elle-même mais comme compagne d’Adam et tirée de son flanc ; dans la Bible il y a peu de femmes dont les actions soient notoires : Ruth n’a fait que se trouver un mari. Esther a obtenu la grâce des Juifs en s’agenouillant devant Assuérus, encore n’était-elle qu’un instrument docile entre les mains de Mardochée ; Judith a eu plus d’audace mais elle aussi obéissait aux prêtres et son exploit a un arrière-goût louche : on ne saurait le comparer au pur et éclatant triomphe du jeune David. Les déesses de la mythologie sont frivoles ou capricieuses et toutes tremblent devant Jupiter ; tandis que Prométhée dérobe superbement le feu du ciel, Pandore ouvre la boîte à malheur.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Sa culture historique, littéraire, les chansons, les légendes dont on la berce sont une exaltation de l’homme. Ce sont les hommes qui ont fait la Grèce, l’Empire romain, la France et toutes les nations, qui ont découvert la terre et inventé les instruments permettant de l’exploiter, qui l’ont gouvernée, qui l’ont peuplée de statues, de tableaux, de livres. La littérature enfantine, mythologie, contes, récits, reflète les mythes créés par l’orgueil et les désirs des hommes : c’est à travers les yeux des hommes que la fillette explore le monde et y déchiffre son destin.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Sa culture historique, littéraire, les chansons, les légendes dont on la berce sont une exaltation de l’homme. Ce sont les hommes qui ont fait la Grèce, l’Empire romain, la France et toutes les nations, qui ont découvert la terre et inventé les instruments permettant de l’exploiter, qui l’ont gouvernée, qui l’ont peuplée de statues, de tableaux, de livres. La littérature enfantine, mythologie, contes, récits, reflète les mythes créés par l’orgueil et les désirs des hommes : c’est à travers les yeux des hommes que la fillette explore le monde et y déchiffre son destin. La

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Sa culture historique, littéraire, les chansons, les légendes dont on la berce sont une exaltation de l’homme. Ce sont les hommes qui ont fait la Grèce, l’Empire romain, la France et toutes les nations, qui ont découvert la terre et inventé les instruments permettant de l’exploiter, qui l’ont gouvernée, qui l’ont peuplée de statues, de tableaux, de livres. La littérature enfantine, mythologie, contes, récits, reflète les mythes créés par l’orgueil et les désirs des hommes : c’est à travers les yeux des hommes que la

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Ce sont les hommes qui ont fait la Grèce, l’Empire romain, la France et toutes les nations, qui ont découvert la terre et inventé les instruments permettant de l’exploiter, qui l’ont gouvernée, qui l’ont peuplée de statues, de tableaux, de livres. La littérature enfantine, mythologie, contes, récits, reflète les mythes créés par l’orgueil et les désirs des hommes : c’est à travers les yeux des hommes que la

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Le garçon saisit la supériorité paternelle à travers un sentiment de rivalité, tandis que la fillette la subit avec une admiration impuissante. J’ai dit déjà que ce que Freud appelle « complexe d’Électre » n’est pas, comme il le prétend, un désir sexuel ; c’est une abdication profonde du sujet qui consent à se faire objet dans la soumission et l’adoration. Si le père manifeste de la tendresse pour sa fille, celle-ci sent son existence magnifiquement justifiée ; elle est dotée de tous les mérites que les autres ont à acquérir difficilement ; elle est comblée et divinisée.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Le garçon saisit la supériorité paternelle à travers un sentiment de rivalité, tandis que la fillette la subit avec une admiration impuissante.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

les activités de la mère sont accessibles à la fillette ; « C’est déjà une petite femme », disent ses parents ; et on estime parfois qu’elle est plus précoce que le garçon : en vérité si elle est plus proche du stade adulte c’est que ce stade demeure traditionnellement chez la majorité des femmes plus infantile.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Faire sortir un enfant de son ventre, c’est beau comme un tour de prestidigitation. La mère apparaît douée de la puissance mirifique des fées. Beaucoup de garçons se désolent qu’un tel privilège leur soit refusé ; si, plus tard, ils dénichent les œufs, piétinent les jeunes plantes, s’ils détruisent autour d’eux la vie avec une espèce de rage, c’est qu’ils se vengent de n’être pas capables de la faire éclore ; tandis que la petite fille s’enchante de la créer un jour.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Une des malédictions qui pèsent sur la femme – Michelet l’a justement signalée – c’est que, dans son enfance, elle est abandonnée aux mains des femmes. Le garçon aussi est d’abord élevé par sa mère ; mais elle a du respect pour sa virilité et il lui échappe très vite(22) ; tandis qu’elle entend intégrer la fille au monde féminin.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Tous les enfants essaient de compenser la séparation du sevrage par des conduites de séduction et de parade ; on oblige le garçon à dépasser ce stade, on le délivre de son narcissisme en le fixant sur son pénis ; tandis que la fillette est confirmée dans cette tendance à se faire objet qui est commune à tous les enfants.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Du fait qu’il a un alter ego dans lequel il se reconnaît, le petit garçon peut hardiment assumer sa subjectivité ; l’objet même dans lequel il s’aliène devient un symbole d’autonomie, de transcendance, de puissance : il mesure la longueur de son pénis ; il compare avec ses camarades celle du jet urinaire ; plus tard, l’érection, l’éjaculation seront sources de satisfaction et de défi. La petite fille cependant ne peut s’incarner dans aucune partie d’elle-même. En compensation on lui met entre les mains, afin qu’il remplisse auprès d’elle le rôle d’alter ego, un objet étranger : une poupée.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

c’est la valorisation effectuée par les parents et l’entourage qui donne au garçon le prestige dont le pénis devient l’explication et le symbole aux yeux de la petite fille.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

(19). » Et Adler a insisté justement sur le fait que c’est la valorisation effectuée par les parents et l’entourage qui donne au garçon le prestige dont le pénis devient l’explication et le symbole aux yeux de la petite fille.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Le sort de la fillette est très différent. Mères et nourrices n’ont pas pour ses parties génitales de révérence ni de tendresse ; elles n’attirent pas son attention sur cet organe secret, dont on ne voit que l’enveloppe et qui ne se laisse pas empoigner ; en un sens, elle n’a pas de sexe.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Le sort de la fillette est très différent. Mères et nourrices n’ont pas pour ses parties génitales de révérence ni de tendresse ; elles n’attirent pas son attention sur cet organe secret, dont on ne voit que l’enveloppe et qui ne se laisse pas empoigner ;

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

On persuade l’enfant que c’est à cause de la supériorité des garçons qu’il leur est demandé davantage ; pour l’encourager dans le chemin difficile qui est le sien, on lui insuffle l’orgueil de sa virilité ; cette notion abstraite revêt pour lui une figure concrète : elle s’incarne dans le pénis ;

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

On persuade l’enfant que c’est à cause de la supériorité des garçons qu’il leur est demandé davantage ;

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

« Je souhaitai passionnément d’être fille et je poussai l’inconscience de la grandeur d’être homme jusqu’à prétendre pisser assis »,

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

délaissement dont l’être humain ne prend jamais conscience qu’avec angoisse.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

parents cessent de les prendre sur leurs genoux,

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

Il n’y a pas pendant les trois ou quatre premières années de différence entre l’attitude des filles et celle des garçons ; ils tentent tous de perpétuer l’heureux état qui a précédé le sevrage ; chez ceux-ci autant que celles-là on rencontre des conduites de séduction et de parade : ils sont aussi désireux que leurs sœurs de plaire, de provoquer des sourires, de se faire admirer.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

c’est là le merveilleux espoir que souvent l’homme a mis dans la femme : il espère s’accomplir comme être en possédant charnellement un être, tout en se faisant confirmer dans sa liberté par une liberté docile. Aucun homme ne consentirait à être une femme, mais tous souhaitent qu’il y ait des femmes.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

là le merveilleux espoir que souvent l’homme a mis dans la femme : il espère s’accomplir comme être en possédant charnellement un être, tout en se faisant confirmer dans sa liberté par une liberté docile. Aucun homme ne consentirait à être une femme, mais tous souhaitent qu’il y ait des femmes.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

là le merveilleux espoir que souvent l’homme a mis dans la femme : il espère s’accomplir comme être en possédant charnellement un être, tout en se faisant confirmer dans sa liberté par une liberté docile.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

ce n’est pas l’infériorité des femmes qui a déterminé leur insignifiance historique : c’est leur insignifiance historique qui les a vouées à l’infériorité

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Aspasie, Mme de Maintenon, la princesse des Ursins furent des conseillères écoutées : encore a-t-il fallu qu’on consentît à les écouter. Les hommes exagèrent volontiers l’étendue de ces influences quand ils veulent convaincre la femme qu’elle a la plus belle part ; mais en fait les voix féminines se taisent là où commence l’action concrète ; elles ont pu susciter des guerres, non suggérer la tactique d’une bataille ; elles n’ont guère orienté la politique que dans la mesure où la politique se réduisait à l’intrigue : les vraies commandes du monde n’ont jamais été aux mains des femmes ; elles n’ont pas agi sur les techniques ni sur l’économie, elles n’ont pas fait ni défait des États, elles n’ont pas découvert des mondes. C’est par elles que certains événements ont été déclenchés : mais elles ont été prétextes beaucoup plus qu’agents.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Elles n’ont guère pu intervenir que d’une manière négative ou oblique. Judith, Charlotte Corday, Véra Zassoulich assassinent ; les Frondeuses conspirent ; pendant la Révolution, pendant la Commune, des femmes luttent aux côtés des hommes contre l’ordre établi ; à une liberté sans droit, sans pouvoir, il est permis de se raidir dans le refus et la révolte tandis qu’il lui est interdit de participer à une construction positive ; tout au plus réussira-t-elle à s’immiscer par un chemin détourné dans les entreprises masculines.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Isabelle la Catholique, Élisabeth d’Angleterre, Catherine de Russie n’étaient ni mâle ni femelle : des souverains.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

en cessant d’être vassale de l’homme, elle perd son fief ; elle n’a qu’une liberté négative qui ne trouve à se traduire que par la licence et la dissipation : ainsi pendant la décadence romaine, la Renaissance, le XVIIIe siècle, le Directoire.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Comme le nazisme était anticatholique et antibourgeois, il a donné à la mère une place privilégiée ; la protection accordée aux filles mères et aux enfants naturels affranchit en grande partie la femme du mariage ; comme à Sparte, elle dépendait de l’État beaucoup plus que d’aucun individu, ce qui lui donnait à la fois plus ou moins d’autonomie qu’à une bourgeoise vivant en régime capitaliste.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Rosa Luxemburg lutte dans le groupe Spartacus aux côtés de Liebknecht et meurt assassinée en 1919. La majorité des Allemandes s’est prononcée pour le parti de l’ordre ; plusieurs d’entre elles siègent au Reichstag. C’est donc à des femmes émancipées qu’Hitler a imposé à nouveau l’idéal de Napoléon : « Küche, Kirche, Kinder. » « La présence d’une femme déshonorerait le Reichstag », a-t-il déclaré.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Quand éclate la guerre de Sécession les femmes y participent ardemment ; mais en vain réclament-elles que l’amendement qui donne aux Noirs le droit de voter soit ainsi rédigé : « Ni couleur ni sexe… ne font obstacle au droit électoral. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

ces changements ont pour la femme une immense importance ; elle peut réduire le nombre de ses grossesses, les intégrer rationnellement à sa vie au lieu d’en être l’esclave.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Le droit romain n’accordait pas de protection spéciale à la vie embryonnaire ; il ne considérait pas le nasciturus comme un être humain mais comme une partie du corps maternel. Partus antequam edatur mulieris portio est vel viscerum(61). Au temps de la décadence l’avortement apparaît comme une pratique normale et le législateur quand il voulut encourager les naissances n’osa pas l’interdire. Si la femme avait refusé l’enfant contre la volonté de son mari, celui-ci pouvait la faire punir : mais c’était sa désobéissance qui constituait un délit. Dans l’ensemble de la civilisation orientale et gréco-romaine, l’avortement est admis par la loi. C’est le christianisme qui a bouleversé sur ce point les idées morales en douant l’embryon d’une âme ; alors l’avortement devint un crime contre le fœtus lui-même. « Toute femme qui fait en sorte qu’elle ne puisse engendrer autant d’enfants qu’elle pourrait se rend coupable d’autant d’homicides, de même que la femme qui cherche à se blesser après la conception », dit saint Augustin.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Le droit romain n’accordait pas de protection spéciale à la vie embryonnaire ; il ne considérait pas le nasciturus comme un être humain mais comme une partie du corps maternel. Partus antequam edatur mulieris portio est vel viscerum(61). Au temps de la décadence l’avortement apparaît comme une pratique normale et le législateur quand il voulut encourager les naissances n’osa pas l’interdire. Si la femme avait refusé l’enfant contre la volonté de son mari, celui-ci pouvait la faire punir : mais c’était sa désobéissance qui constituait un délit. Dans l’ensemble de la civilisation orientale et gréco-romaine, l’avortement est admis par la loi. C’est le christianisme qui a bouleversé sur ce point les idées morales en douant l’embryon d’une âme ; alors l’avortement devint un crime contre le fœtus lui-même. « Toute femme qui fait en sorte qu’elle ne puisse engendrer autant d’enfants qu’elle pourrait se rend coupable d’autant d’homicides, de même que la femme qui cherche à se blesser après la conception », dit saint Augustin. À

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Le droit romain n’accordait pas de protection spéciale à la vie embryonnaire ; il ne considérait pas le nasciturus comme un être humain mais comme une partie du corps maternel. Partus antequam edatur mulieris portio est vel viscerum(61). Au temps de la décadence l’avortement apparaît comme une pratique normale et le législateur quand il voulut encourager les naissances n’osa pas l’interdire. Si la femme avait refusé l’enfant contre la volonté de son mari, celui-ci pouvait la faire punir : mais c’était sa désobéissance qui constituait un délit. Dans l’ensemble de la civilisation orientale et gréco-romaine, l’avortement est admis par la loi. C’est le christianisme qui a bouleversé sur ce point les idées morales en douant l’embryon d’une âme ; alors l’avortement devint un crime contre le fœtus lui-même.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Dans l’ensemble de la civilisation orientale et gréco-romaine, l’avortement est admis par la loi. C’est le christianisme qui a bouleversé sur ce point les idées morales en douant l’embryon d’une âme ; alors l’avortement devint un crime contre le fœtus lui-même.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Un des problèmes essentiels qui se posent à propos de la femme, c’est, avons-nous vu, la conciliation de son rôle reproducteur et de son travail producteur. La raison profonde qui à l’origine de l’histoire voue la femme au travail domestique et lui interdit de prendre part à la construction du monde, c’est son asservissement à la fonction génératrice.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

La femme reconquiert une importance économique qu’elle avait perdue depuis les époques préhistoriques parce qu’elle s’échappe du foyer et prend à l’usine une nouvelle part à la production. C’est la machine qui permet ce bouleversement car la différence de force physique entre travailleurs mâles et femelles se trouve en un grand nombre de cas annulée.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« La femme mariée est une esclave qu’il faut savoir mettre sur un trône », dit Balzac ; il est convenu qu’en toutes circonstances insignifiantes l’homme doit s’effacer devant elles, leur céder la première place ; au lieu de leur faire porter les fardeaux comme dans les sociétés primitives, on s’empresse de les décharger de toute tâche pénible et de tout souci : c’est les délivrer du même coup de toute responsabilité. On espère qu’ainsi dupées, séduites par la facilité de leur condition, elles accepteront le rôle de mère et de ménagère dans lequel on veut les confiner.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Balzac exprime le même idéal. « La destinée de la femme et sa seule gloire sont de faire battre le cœur des hommes, écrit-il dans la Physiologie du Mariage… La femme est une propriété que l’on acquiert par contrat ; elle est mobilière car la possession vaut titre ; enfin la femme n’est à proprement parler qu’une annexe de l’homme. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Balzac exprime le même idéal. « La destinée de la femme et sa seule gloire sont de faire battre le cœur des hommes, écrit-il dans la Physiologie du Mariage…

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

En 1826 la Restauration abolit le divorce ; l’Assemblée constituante de 1848 refuse de le rétablir ; il ne réapparaît qu’en 1884 : encore est-il très difficile à obtenir.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

1826 la Restauration abolit le divorce ; l’Assemblée constituante de 1848 refuse de le rétablir ; il ne réapparaît qu’en 1884 : encore est-il très difficile à obtenir.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« Déclaration des droits de la Femme »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Voltaire dénonce l’injustice de leur sort. Diderot considère que leur infériorité a été en grande partie faite par la société. « Femmes, je vous plains ! » écrit-il. Il pense que : « Dans toutes les coutumes la cruauté des lois civiles s’est réunie contre les femmes à la cruauté de la nature. Elles ont été traitées comme des êtres imbéciles. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Poulain de la Barre qui publie en 1673 un ouvrage d’inspiration cartésienne, De l’égalité des deux sexes. Il estime que les hommes étant les plus forts ont partout favorisé leur sexe et que les femmes acceptent par coutume cette dépendance. Elles n’ont jamais eu leurs chances : ni liberté, ni instruction. On ne saurait donc les juger d’après ce qu’elles ont fait dans le passé. Rien n’indique qu’elles soient inférieures à l’homme. L’anatomie révèle des différences, mais dont aucune ne constitue pour le mâle un privilège. Et Poulain de la Barre conclut en réclamant pour les femmes une solide instruction.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

L’antiféminisme prend une virulence nouvelle en 1617, avec l’Alphabet de l’imperfection et malice des femmes de Jacques Olivier : on voyait sur la couverture une gravure représentant une femme aux mains de harpie, couverte des plumes de la luxure, juchée sur des pattes de poule, parce qu’elle est comme la poule mauvaise ménagère : sous chaque lettre de l’alphabet s’inscrivait un de ses défauts.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Mais l’écrivain qui servit le mieux la cause de son sexe, ce fut Marguerite de Navarre qui proposa contre la licence des mœurs un idéal de mysticisme sentimental et de chasteté sans pruderie, s’essayant à concilier mariage et amour pour l’honneur et le bonheur des femmes.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

En Angleterre, remarque V. Woolf, les femmes écrivains ont toujours suscité l’hostilité. Le docteur Johnson les comparait à « un chien marchant sur ses jambes de derrière : ce n’est pas bien fait mais c’est étonnant ».

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Dans son petit livre A room of one’s own Virginia Woolf s’est amusée à inventer le destin d’une sœur supposée de Shakespeare ; tandis qu’il apprenait au collège un peu de latin, de grammaire, de logique, elle fût demeurée au foyer dans une complète ignorance ; pendant qu’il braconnait, courait les campagnes, couchait avec les femmes du voisinage, elle eût raccommodé des torchons sous l’œil de ses parents ; si elle était partie comme lui hardiment chercher fortune à Londres, elle ne fût pas devenue une actrice gagnant librement sa vie : ou elle eût été reconduite à sa famille qui l’eût mariée de force ; ou séduite, abandonnée, déshonorée elle se serait tuée de désespoir. On peut aussi l’imaginer devenant une joyeuse prostituée, une Moll Flanders telle que la campa Daniel de Foe : mais en aucun cas elle n’eût dirigé une troupe et écrit des drames.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Aucune cependant n’a atteint aux sommets d’un Dante ou d’un Shakespeare ; ce fait s’explique par la médiocrité générale de leur condition. La culture n’a jamais été l’apanage que d’une élite féminine, et non de la masse ; et c’est de la masse que sont souvent issus les génies masculins ;

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Mme de Pompadour, Mme du Barry gouvernent Louis XV ; il n’est guère de ministre qui n’ait son égérie ; c’est au point que Montesquieu estime qu’en France tout se fait par les femmes ; elles constituent, dit-il, « un nouvel État dans l’État » ;

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Montesquieu estime qu’en France tout se fait par les femmes ; elles constituent, dit-il, « un nouvel État dans l’État » ;

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Beaucoup de prostituées étaient libres ; quelques-unes gagnaient largement leur vie. Comme au temps des hétaïres la haute galanterie ouvrait plus de possibilités à l’individualisme féminin que la vie de « l’honnête femme ».

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On a rapproché justement leur situation de celle des Juifs auxquels elles étaient souvent assimilées(54) : l’usure, le trafic de l’argent sont interdits par l’Église exactement comme l’acte sexuel extra-conjugal ; mais la société ne peut se passer de spéculateurs financiers ni d’amour libre ; ces fonctions sont donc dévolues à des castes maudites : on les parque dans des ghettos ou dans des quartiers réservés.

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« Les prostituées, dira pompeusement Schopenhauer, sont les sacrifices humains sur l’autel de la monogamie. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

saint Thomas – ou du moins le théologien qui a signé sous son nom le livre IV du De regimine principium – déclare : « Retranchez les femmes publiques du sein de la société, la débauche la troublera par des désordres de tout genre. Les prostituées sont dans une cité ce qu’est le cloaque dans un palais : supprimez le cloaque, le palais deviendra un lieu malpropre et infect. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Les prostituées sont dans une cité ce qu’est le cloaque dans un palais : supprimez le cloaque, le palais deviendra un lieu malpropre et infect. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

un argument qu’utilisera Napoléon, déclarant que, de même qu’un poirier appartient au propriétaire des poires, de même la femme est propriété de l’homme à qui elle fournit des enfants.

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c’est dans les petites communautés rurales et chez les artisans qu’on voit les époux vivre sur un pied d’égalité ; la femme n’est ni une chose ni une servante : ce sont là luxe d’homme riche ; le pauvre éprouve la réciprocité du lien qui l’attache à sa moitié ; dans le travail libre, la femme conquiert une autonomie concrète parce qu’elle retrouve un rôle économique et social.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

De la féodalité à nos jours la femme mariée est délibérément sacrifiée à la propriété privée. Il est important de noter que cette servitude est d’autant plus rigoureuse que les biens détenus par le mari sont plus considérables : c’est dans les classes possédantes que la dépendance de la femme a toujours été la plus concrète ; encore aujourd’hui c’est chez les riches propriétaires fonciers que se survit la famille patriarcale ; plus l’homme se sent socialement et économiquement puissant, plus il joue avec autorité les pater familias.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

c’est chez les riches propriétaires fonciers que se survit la famille patriarcale ; plus l’homme se sent socialement et économiquement puissant, plus il joue avec autorité les pater familias.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

dans les chansons de geste ce sont toujours les jeunes filles qui font des avances aux jeunes gens ;

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Saint Ambroise : « Adam a été conduit au péché par Ève et non Ève par Adam. Celui que la femme a conduit au péché, il est juste qu’elle le reçoive comme souverain. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« Comme l’Église est soumise au Christ, ainsi soient soumises en toutes choses les femmes à leur mari. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

La Romaine de l’ancienne République a une place sur terre, mais elle y est enchaînée faute de droits abstraits, et d’indépendance économique ; la Romaine de la décadence est le type de la fausse émancipée qui ne possède, dans un monde dont les hommes demeurent concrètement les seuls maîtres, qu’une liberté vide : elle est libre « pour rien ».

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

La Romaine de l’ancienne République a une place sur terre, mais elle y est enchaînée faute de droits abstraits, et d’indépendance économique ; la Romaine de la décadence est le type de la fausse émancipée qui ne possède, dans un monde dont les hommes demeurent concrètement les seuls maîtres,

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

dès l’époque de la loi des XII Tables, du fait que la Romaine appartenait à la fois à la gens paternelle et à la gens conjugale il naissait des conflits qui sont à l’origine de son émancipation légale. En effet le mariage avec « manu » dépouille les tuteurs agnats. Pour défendre l’intérêt des parents paternels, on voit apparaître le mariage sine manu ; en ce cas, les biens de la femme restent sous la dépendance des tuteurs, le mari n’a de droits que sur sa personne ; ce pouvoir même il le partage avec le pater familias qui garde sur sa fille une autorité absolue.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

père plébéien « mancipait » sa fille au mari ; et l’usus, résultant d’une cohabitation d’une année ; toutes trois sont avec « manu » c’est-à-dire que l’époux se substitue au père ou aux tuteurs agnats ; sa femme est assimilée à une de ses filles, c’est lui qui a désormais tout pouvoir sur sa personne et sur ses biens.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

malgré la rigueur de sa condition, bien que presque aucun droit ne lui fût reconnu, elle devait tenir au foyer une place importante et jouir de quelque autonomie ; vouée à l’obéissance, elle pouvait désobéir ; elle pouvait accabler son époux de scènes, de larmes, de bavardages, d’injures, le mariage destiné à asservir la femme était aussi pour le mari une chaîne.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Ménandre. « La femme est une souffrance qui ne vous lâche pas. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Hipponax : « Il n’y a que deux jours dans la vie où votre femme vous réjouit : le jour de ses noces et le jour de son enterrement. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Selon Xénophon, la femme et son époux sont profondément étrangers l’un à l’autre : « Existe-t-il des gens avec qui tu t’entretiens moins qu’avec ta femme ? – Il y en a bien peu… » ;

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Quand j’assiste à une course de taureaux, j’ai tendance à m’identifier soit au taureau à l’instant où l’épée est plongée dans son corps, soit au matador qui risque de se faire tuer (peut-être émasculer ?) d’un coup de corne, au moment où il affirme le plus nettement sa virilité.

L'âge d'homme (Michel Leiris)

pour qu’elle soit émouvante, il importe relativement peu qu’une course soit techniquement bonne ou mauvaise ; l’essentiel est qu’il y ait meurtre d’un animal selon des lois précises et danger de mort pour celui qui le tue.

L'âge d'homme (Michel Leiris)

consommation des génitoires de la bête immolée, coutume, paraît-il, récente que pratiquent certains amateurs convaincus, se les faisant apporter à leur place et les mangeant en regardant les autres courses, se livrant ainsi sur la dépouille du taureau mort à une espèce de festin rituel, comme s’ils se proposaient d’assimiler sa vertu. Le caractère prestigieux de la course est lié intimement à cette allure de cérémonie religieuse

L'âge d'homme (Michel Leiris)

consommation des génitoires de la bête immolée, coutume, paraît-il, récente que pratiquent certains amateurs convaincus, se les faisant apporter à leur place et les mangeant en regardant les autres courses, se livrant ainsi sur la dépouille du taureau mort à une espèce de festin rituel, comme s’ils se proposaient d’assimiler sa vertu.

L'âge d'homme (Michel Leiris)

Parfois, je formulerais volontiers mon désir en disant que je veux « une croupe froide et dure comme un édifice romain ». La solennité de l’antique me séduit et aussi son côté salle de bains. Je pense au genre Messaline, aux matrones dévergondées. L’idée de Rome, avec ses festins, ses combats de gladiateurs et les autres atrocités du cirque m’exalte charnellement.

L'âge d'homme (Michel Leiris)

Parfois, je formulerais volontiers mon désir en disant que je veux « une croupe froide et dure comme un édifice romain ».

L'âge d'homme (Michel Leiris)

je ne dormais pas la nuit d’avant, je bouillais d’impatience pendant toute la journée, mais peu à peu, à mesure que l’heure approchait, je sentais une pointe d’amertume se mêler à ma joie et, sitôt le rideau levé, une grande partie de mon plaisir tombait, car je prévoyais que dans peu de temps la pièce serait terminée et la considérais en somme comme virtuellement finie du fait qu’elle avait commencé. Il en est de même aujourd’hui pour toutes mes joies car je pense aussitôt à la mort,

L'âge d'homme (Michel Leiris)

Calquant ma représentation de la vie sur ce que je voyais à l’Opéra et me préoccupant avant tout de l’amour (auquel je croyais qu’il n’était pas même besoin d’être adulte pour avoir accès) il m’était impossible de concevoir une vraie passion autrement que comme quelque chose qui engage pour la vie et la mort, et qui finit forcément mal, car si cela finissait bien cela ne serait plus l’Amour,

L'âge d'homme (Michel Leiris)

Paillasse, dont le double drame me plongeait dans un abîme de perplexité : le pitre tue sa femme, me racontait ma sœur, et la tue véritablement, devant les spectateurs qui crient bravo, enthousiasmés par le réalisme

L'âge d'homme (Michel Leiris)

j’entendais dire qu’il fallait être non seulement adulte mais particulièrement doué pour en saisir la signification profonde ; cela devenait pour moi comme le mystère de Noël et le mystère de la naissance, quelque chose dont je ne pouvais pour le moment que pressentir vaguement le sens sans être à même, vu mon impuberté, de le pénétrer réellement.

L'âge d'homme (Michel Leiris)

ma mère m’eût bien recommandé de ne pas écouter ce que pourraient me dire pour essayer de m’entraîner les « mauvaises gens » qui hantaient, selon elle, les abords des fortifications et du champ de courses d’Auteuil, individus mal définis que je pressentais vaguement n’être autres que des satyres. Ils durent jouer le même rôle pour moi que les Bohémiens pour les enfants de la campagne : lutins, faunes, démons de la nature, côté inquiétant des fourmilières et des huttes de charbonniers. Plus tard, je les conçus comme des sortes d’anthropophages,

L'âge d'homme (Michel Leiris)

Lorsque j’appris que les enfants se formaient dans le ventre et que le mystère de Noël me fut révélé, il me sembla que j’accédais à une sorte de majorité ; cela se confondit pour moi avec la notion d’âge de raison, époque qui – en principe – est celle où l’on reçoit le premier degré d’initiation. Dès que je sus ce qu’était la grossesse, le problème de l’accouchement se posa pour moi d’une manière analogue à celle dont s’était posé le problème de la venue des jouets dans la cheminée : comment peuvent passer les jouets ? comment peuvent sortir les enfants

L'âge d'homme (Michel Leiris)

puisque Dieu est tout-puissant il crée les jouets à l’endroit même où je les trouve, sans qu’ils aient à passer à travers la cheminée.

L'âge d'homme (Michel Leiris)

Je n’aspirais pas aux stades les plus élevés ; à proprement parler ils se fondaient avec la nuit des temps et je n’avais même aucune idée que l’un d’entre eux (si ce n’est, peut-être, l’âge du mariage) pût figurer une apogée.

L'âge d'homme (Michel Leiris)

Il me serait impossible de faire l’amour si, accomplissant cet acte, je le considérais autrement que comme stérile et sans rien de commun avec l’instinct humain de féconder.

L'âge d'homme (Michel Leiris)

Adulte, je n’ai jamais pu supporter l’idée d’avoir un enfant, de mettre au monde un être qui, par définition, ne l’a pas demandé et qui finira fatalement par mourir, après avoir peut-être, à son tour, procréé.

L'âge d'homme (Michel Leiris)

je dois, à bien des égards, me ranger parmi ceux qu’il est convenu de nommer les « heureux de la vie ». Pourtant, il y a peu d’événements dans mon existence que je puisse me rappeler avec quelque satisfaction, j’éprouve de plus en plus nettement la sensation de me débattre dans un piège et – sans aucune exagération littéraire – il me semble que je suis rongé.

L'âge d'homme (Michel Leiris)

cacher mes yeux derrière ma main quand je suis obligé de répondre oui ou non sur quelque chose qui me gêne ou de prendre une décision ; quand je suis seul me gratter la région anale

L'âge d'homme (Michel Leiris)

mes moyens qui, sans que je puisse me dire pauvre, sont plutôt limités,

L'âge d'homme (Michel Leiris)

Je viens d’avoir trente-quatre ans, la moitié de la vie. Au physique, je suis de taille moyenne, plutôt petit

L'âge d'homme (Michel Leiris)

œuvre de ce genre peut être tenue pour littérairement « authentique ». Cela par définition, dès le moment qu’on admet que l’activité littéraire, dans ce qu’elle a de spécifique en tant que discipline de l’esprit, ne peut avoir d’autre justification que de mettre en lumière certaines choses pour soi en même temps qu’on les rend communicables à autrui et que l’un des buts les plus hauts qui puissent être assignés à sa forme pure, j’entends : la poésie, est de restituer au moyen des mots certains états intenses, concrètement éprouvés et devenus signifiants, d’être ainsi mis en mots.

L'âge d'homme (Michel Leiris)

Il s’agissait moins là de ce qu’il est convenu d’appeler « littérature engagée » que d’une littérature dans laquelle j’essayais de m’engager tout entier.

L'âge d'homme (Michel Leiris)

Me regarder sans complaisance, c’était encore me regarder, maintenir mes yeux fixés sur moi au lieu de les porter au-delà pour me dépasser vers quelque chose de plus largement humain. Me dévoiler devant les autres mais le faire dans un écrit dont je souhaitais qu’il fût bien rédigé et architecturé, riche, d’aperçus et émouvant, c’était tenter de les séduire pour qu’ils me soient indulgents, limiter – de toute façon – le scandale en lui donnant forme esthétique. Je crois donc, que, si enjeu il y a eu et corne de taureau, ce n’est pas sans un peu de duplicité que je m’y suis aventuré : cédant, d’une part, encore une fois à ma tendance narcissique ; essayant, d’autre part, de trouver en autrui moins un juge qu’un complice.

L'âge d'homme (Michel Leiris)

Ce que je méconnaissais, c’est qu’à la base de toute introspection il y a goût de se contempler et qu’au fond de toute confession il y a désir d’être absous.

L'âge d'homme (Michel Leiris)

que viendrait faire, dans l’énorme vacarme torturé du monde, ce mince gémissement sur des difficultés étroitement limitées et individuelles ?

L'âge d'homme (Michel Leiris)

l’ultime propos : recherche d’une plénitude vitale, qui ne saurait s’obtenir avant une catharsis, une liquidation, dont l’activité littéraire – et particulièrement la littérature dite « de confession » – apparaît l’un des plus commodes instruments.

L'âge d'homme (Michel Leiris)

Ton père et moi ne dormons ensemble comme mari et femme qu'une seule fois par an dans le but d'avoir des enfants.

Autobiographie d'un yogi (Parahamsa Yogananda)

Pourquoi se réjouir du profit matériel ? répliqua mon père. Celui dont le but est la sérénité intérieure ne se sent pas plus exalté par le gain que déprimé par la perte. Il sait que l'homme arrive dans ce monde sans un sou et qu'il le quitte sans un sou.

Autobiographie d'un yogi (Parahamsa Yogananda)

Pourquoi se réjouir du profit matériel ? répliqua mon père. Celui dont le but est la sérénité intérieure ne se sent pas plus exalté par le gain que déprimé par la perte.

Autobiographie d'un yogi (Parahamsa Yogananda)

notre mère était une reine des cœurs et l'amour était sa seule manière d'éduquer. Lorsqu'elle mourut, notre père extériorisa davantage sa propre tendresse et je remarquais alors que souvent son regard rappelait étrangement celui de notre mère.

Autobiographie d'un yogi (Parahamsa Yogananda)

Quel malheur que d’être femme ! et pourtant le pire malheur quand on est femme est au fond de ne pas comprendre que c’en est un. KIERKEGAARD. À moitié victimes, à moitié complices, comme tout le monde. J.-P. SARTRE.

Le deuxieme sexe - T2 (Simone de Beauvoir)

si la société niant la propriété privée refuse la famille, le sort de la femme s’en trouve considérablement amélioré.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

la société niant la propriété privée refuse la famille, le sort de la femme s’en trouve considérablement amélioré.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« Nous avons des hétaïres pour les plaisirs de l’esprit, dit Démosthène, des pallages pour le plaisir des sens, et des épouses pour nous donner des fils. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Elle a les mêmes droits que l’homme, la même puissance juridique ; elle hérite, elle possède des biens. Cette chance singulière n’a rien d’un hasard : elle provient de ce que dans l’Égypte ancienne le sol appartenait au roi et aux castes supérieures des prêtres et des guerriers ; pour les particuliers, la propriété foncière était seulement usufruitière ; le fonds demeurant inaliénable, les biens transmis par héritage n’avaient que peu de valeur et on ne trouvait aucun inconvénient à les partager. Par l’absence du patrimoine privé, la femme gardait la dignité d’une personne.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

dans l’Égypte ancienne le sol appartenait au roi et aux castes supérieures des prêtres et des guerriers ; pour les particuliers, la propriété foncière était seulement usufruitière ; le fonds demeurant inaliénable, les biens transmis par héritage n’avaient que peu de valeur et on ne trouvait aucun inconvénient à les partager. Par l’absence du patrimoine privé, la femme gardait la dignité d’une personne.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

tout nouveau-né mâle normalement constitué est admis à vivre ; tandis que la coutume de l’exposition des filles est très répandue ; chez les Arabes il y avait des infanticides massifs : aussitôt nées, les filles étaient jetées dans des fosses. Accepter l’enfant femelle c’est de la part du père un acte de libre générosité ; la femme n’entre dans ces sociétés que par une sorte de grâce qui lui est concédée, et non légitimement comme le mâle.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

chez les Arabes il y avait des infanticides massifs : aussitôt nées, les filles étaient jetées dans des fosses. Accepter l’enfant femelle c’est de la part du père un acte de libre générosité ; la femme n’entre dans ces sociétés que par une sorte de grâce qui lui est concédée, et non légitimement comme le mâle.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

chez les Arabes il y avait des infanticides massifs : aussitôt nées, les filles étaient jetées dans des fosses. Accepter l’enfant femelle c’est de la part du père un acte de libre générosité ; la femme n’entre dans ces sociétés que par une sorte de grâce qui lui

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« Une femme par un mariage légitime revêt les mêmes qualités que son époux, semblable à la rivière qui se perd dans l’océan et elle est admise après sa mort dans le même paradis céleste. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Ève donnée à Adam pour être sa compagne a perdu le genre humain ; quand ils veulent se venger des hommes, les dieux païens inventent la femme et c’est la première-née de ces créatures femelles, Pandore, qui déchaîne tous les maux dont souffre l’humanité. L’Autre, c’est la passivité en face de l’activité, la diversité qui brise l’unité, la matière opposée à la forme, le désordre qui résiste à l’ordre. La femme est ainsi vouée au Mal. « Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme ; et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme », dit Pythagore.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

En s’attribuant exclusivement sa postérité, l’homme se dégage définitivement de l’emprise de la féminité, il conquiert contre la femme la domination du monde. Vouée à la procréation et à des tâches secondaires, dépouillée de son importance pratique et de son prestige mystique, la femme n’apparaît plus que comme servante.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

du jour où l’agriculture cesse d’être une opération essentiellement magique et devient d’abord un travail créateur, l’homme se découvre comme force génératrice ; il revendique ses enfants en même temps que ses moissons

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Naguère il était possédé par le mana, par la Terre : maintenant il a une âme, des terres ; affranchi de la Femme il réclame aussi une femme et une postérité à lui.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

ils ont aliéné en partie leur existence dans la Nature et dans la Femme ; mais ils l’ont ensuite reconquise ; condamnée à jouer le rôle de l’Autre, la femme était aussi condamnée à ne posséder qu’une puissance précaire :

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« Les hommes font les dieux, les femmes les adorent », a dit Frazer ;

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Peu à peu, l’homme a médiatisé son expérience et dans ses représentations comme dans son existence pratique, c’est le principe mâle qui a triomphé. L’Esprit l’a emporté sur la Vie, la transcendance sur l’immanence, la technique sur la magie et la raison sur la superstition.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Le mariage primitif se fonde parfois sur un rapt soit réel soit symbolique : c’est que la violence faite à autrui est l’affirmation la plus évidente de son altérité. En conquérant sa femme par la force, le guerrier prouve qu’il a su s’annexer une richesse étrangère et faire éclater les bornes du destin que sa naissance lui avait assignées ; l’achat sous ses différentes formes – tribut payé, prestation de services – manifeste avec moins d’éclat la même signification

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

l’homme demeure son maître comme il est maître de la terre fertile ; elle est destinée à être soumise, possédée, exploitée comme l’est aussi la Nature dont elle incarne la magique fertilité.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

par l’invention de l’outil, l’entretien de la vie est devenu pour l’homme activité et projet tandis que dans la maternité la femme demeurait rivée à son corps, comme l’animal.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

La pire malédiction qui pèse sur la femme c’est qu’elle est exclue de ces expéditions guerrières ; ce n’est pas en donnant la vie, c’est en risquant sa vie que l’homme s’élève au-dessus de l’animal ; c’est pourquoi dans l’humanité la supériorité est accordée non au sexe qui engendre mais à celui qui tue.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Les travaux domestiques auxquels elle est vouée, parce qu’ils sont seuls conciliables avec les charges de la maternité, l’enferment dans la répétition

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

l’humanité n’est pas une simple espèce naturelle : elle ne cherche pas à se maintenir en tant qu’espèce ; son projet n’est pas la stagnation : c’est à se dépasser qu’elle tend.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

La valeur du freudisme vient de ce que l’existant est un corps : la manière dont il s’éprouve comme corps en face d’autres corps traduit concrètement sa situation existentielle.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

l’homme recourt au service d’autres hommes qu’il réduit en esclavage. La propriété privée apparaît : maître des esclaves et de la terre, l’homme devient aussi propriétaire de la femme. C’est là « la grande défaite historique du sexe féminin ».

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

l’homme recourt au service d’autres hommes qu’il réduit en esclavage. La propriété privée apparaît : maître des esclaves et de la terre, l’homme devient aussi propriétaire de la femme.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

L’humanité n’est pas une espèce animale : c’est une réalité historique. La société humaine est un anti-physis : elle ne subit pas passivement la présence de la nature, elle la reprend à son compte. Cette reprise n’est pas une opération intérieure et subjective : elle s’effectue objectivement dans la praxis.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

L’humanité n’est pas une espèce animale : c’est une réalité historique. La société humaine est un anti-physis : elle ne subit pas passivement la présence de la nature, elle la reprend à son compte.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Nous pensons qu’elle a à choisir entre l’affirmation de sa transcendance et son aliénation en objet ;

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Si la femme réussissait à s’affirmer comme sujet, elle inventerait des équivalents du phallus : la poupée où s’incarne la promesse de l’enfant peut devenir une possession plus précieuse que le pénis(35).

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

le pénis est posé par le sujet comme soi-même et autre que soi-même ; la transcendance spécifique s’incarne en lui de manière saisissable et il est source de fierté ; parce que le phallus est séparé, l’homme peut intégrer à son individualité la vie qui le déborde. On conçoit alors que la longueur du pénis, la puissance du jet urinaire, de l’érection, de l’éjaculation deviennent pour lui la mesure de sa valeur propre(34).

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

fait existentiel : la tendance du sujet à l’aliénation ; l’angoisse de sa liberté conduit le sujet à se rechercher dans les choses, ce qui est une manière de se fuir ;

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Les primitifs s’aliènent dans le mana, dans le totem ; les civilisés dans leur âme individuelle, dans leur moi, leur nom, leur propriété, leur ouvrage : c’est là la première tentation de l’inauthenticité.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

elle éprouve un sentiment d’infériorité à l’égard de l’homme et elle est mise dans l’alternative ou bien de maintenir son autonomie, de se viriliser – ce qui sur le fond d’un complexe d’infériorité provoque une tension qui risque d’entraîner des névroses ; ou bien de trouver dans la soumission amoureuse un heureux accomplissement d’elle-même, solution qui lui est facilitée par l’amour qu’elle portait au père souverain ; c’est lui qu’elle recherche dans l’amant ou le mari, et l’amour sexuel s’accompagne chez elle du désir d’être dominée. Elle sera récompensée par la maternité qui lui restitue une nouvelle sorte d’autonomie.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

l’amour sexuel s’accompagne chez elle du désir d’être dominée. Elle sera récompensée par la maternité qui lui restitue une nouvelle sorte d’autonomie.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

for Keynes, social stability was one of the primary functions of macroeconomics.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

The care of human life and happiness, and not their destruction, is the first and only object of good government. Thomas Jefferson,

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

‘fundamental problem with the debt method of creating money is that, because interest has to be paid on almost all of it, the economy must grow continuously if it is not to collapse.’

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

an expanding economy allows for a degree of ‘catching up’ by the poorest in society without much sacrifice or compromise by the rich.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

Any slight disparity in the ownership of capital, or even in the rate of savings, will lead to escalating inequality.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

‘The growth disease has lowered annual aggregate productivity growth by slightly more than one-half percentage point over the last half century.’ To be clear, what Nordhaus is saying here is that Baumol’s disease is at least partly responsible for the secular stagnation that we have already seen across the advanced economies.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

‘A disturbing moral of this story’, writes Baumol, ‘is that the products most vulnerable to the cost disease include some of the most vital attributes of civilised communities: health care, education, the arts … [a]ll of these services suffer from cost increases that are both rapid and persistent’.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

If, on the other hand, the demand for services is price inelastic (i.e., it doesn’t change much whatever the price), then Baumol’s cost disease predicts that this sector will represent an increasing proportion of the real expenditure across the economy. This would be the case for health services, for instance, and perhaps also for education. There are real dangers in either case. First, it’s likely that useful services, which could contribute positively to human wellbeing and reduce our impact on the planet, will simply disappear. Second, those essential services which are typically provided by government (at local or national level) will be under constant pressure to make ‘efficiency savings’ or perhaps be cut altogether, because they will inevitably represent a higher and higher proportion of the GDP as time goes by.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

Empirical data from the US confirm that real prices in service-based sectors have risen continually relative to those in the manufacturing and extractive sectors. ‘Industries with relatively low productivity growth (the ‘stagnant’ industries) show a percentage-point for percentage-point higher growth in relative prices’,

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

As a campaign for Triodos Bank puts it: ‘growth is about more than just numbers’.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

it’s abundantly clear that tomorrow’s economy should not be growing in material terms.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

‘The idea of economic growth overcoming physical limits by angelizing GDP is equivalent to overcoming physical limits to population growth by reducing the throughput intensity or metabolism of human beings’, he wrote, over 30 years ago. ‘First pygmies, then Tom Thumbs, then big molecules, then pure spirits. Indeed, it would be necessary for us to become angels in order to subsist on angelized GDP.’

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

‘The idea of economic growth overcoming physical limits by angelizing GDP is equivalent to overcoming physical limits to population growth by reducing the throughput intensity or metabolism of human beings’,

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

‘missile concept’ designed to ‘open up a debate silenced by the “sustainable development” consensus’. It is about ‘imagining and enacting alternative visions to modern growth-based development’.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

‘Our degrowth is not their recession’

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

Enterprise as service, work as participation, investment as a commitment to the future and money as a social good: these four principles provide the foundations for transformation. Ultimately, all of them flow from an understanding that the economy is not an end in itself but a means towards prosperity.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

Enterprise as service, work as participation, investment as a commitment to the future and money as a social good: these four principles provide the foundations for transformation.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

This is a complex terrain even to politicians and mainstream economists. Sometimes this complexity seems almost wilful; designed to obscure the profound implications of an economy that benefits the rich and massively inhibits government’s powers of social investment. If so, it’s been broadly successful. ‘It is well enough that the people of this nation do not understand our banking and monetary system’, said the US car manufacturer Henry Ford in the 1930s. ‘For if they did, I believe there would be a revolution before tomorrow morning.’

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

new investment portfolio is essential, irrespective of its impacts on conventionally measured growth. Its key aims must be to protect natural assets, improve resource efficiencies, implement clean, renewable technologies and build the infrastructures needed for a less materialistic and more satisfying life.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

people will always need nutrition, shelter and mobility. Investment in these areas clearly still matters. But if it were made in enterprises focused on the services these goods provide, these investments would already make a difference. Investment in health, education and social care is also absolutely vital. ‘The ultimate source of any society’s wealth is its people’, write Stuckler and Basu. ‘Investing in their health is a wise choice at the best of times, and an urgent necessity in the worst of times.’22 Beyond these basic capabilities, we could certainly turn our attention to the wellbeing of our communities and the strength of our social life. An investment strategy directed to these ends would build and maintain the physical assets through which individuals can flourish and communities can thrive – what US philosopher Michael Sandel has called ‘the infrastructure of civic life’: schools and hospitals, public transportation systems, community halls, quiet centres, theatres, concert halls, museums and libraries, green spaces, parks and gardens.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

Investment is the vehicle through which we build, protect and maintain the assets on which tomorrow’s prosperity depends.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

When large proportions of investment are dedicated towards nothing more than asset price speculation (Chapter 2), the productive relationship between the present and the future is fundamentally perverted, destabilising the economy and undermining prosperity.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

When large proportions of investment are dedicated towards nothing more than asset price speculation (Chapter 2), the productive relationship between the present and the future is fundamentally perverted, destabilising

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

Investment embodies one of the most vital relationships in economics – namely, the relationship between the present and the future.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

In short, achieving full employment may have less to do with chasing endlessly after labour productivity in the hope of boosting growth and more to do with building local economies based around care, craft and culture. In doing so, we have the potential to restore the value of decent work to its rightful place at the heart of society.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

the most telling point of all is that people often achieve a greater sense of wellbeing and fulfilment, both as producers and as consumers of these material-light, employment-rich activities, than they do in the time-poor, materialistic, supermarket economy in which much of our lives is spent.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

In summary, Figure 8.1 reveals a compelling alternative to reduced working hours as a means of combating the productivity trap. Namely, it suggests a shift to more employment-rich sectors. Or, put differently, a transition to sectors with lower labour productivity – and lower productivity growth.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

Pressurising nurses, doctors, teachers and care workers turns out to be counterproductive in all sorts of ways. Compassion fatigue is a rising scourge in a health sector hounded by meaningless productivity targets.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

Work-share is a natural companion to any proposals involving a slowing down of economic growth.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

Good work offers respect, motivation, fulfilment, involvement in community and, in the best cases, a sense of meaning and purpose in life.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

transformation already exist, often in local, community-based initiatives or in social enterprise: community energy projects, local farmers’ markets, slow food cooperatives, sports clubs, libraries, community health and fitness centres, local repair and maintenance services, craft workshops, writing centres, outdoor pursuits, music and drama, yoga, martial arts, meditation, gardening, the restoration of parks and open spaces.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

combining the concept of planetary boundaries (see Chapter 1) with the concept of social boundaries: a set of minimum standards for decent living, including food, water, health, energy, education and jobs. Raworth pointed out that, even as some planetary boundaries are already exceeded, some social conditions are still not achieved for vast numbers of the world’s population. ‘Between a social foundation that protects against critical human deprivations, and an environmental ceiling that avoids critical natural thresholds, lies a safe and just space for humanity – shaped like a doughnut’,

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

Economy is the art of making the most of life. George Bernard Shaw, 1910

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

Above all, it’s vital to understand that this vision of a different society, a different economics, is categorically not some kind of heroic demand to ‘change human nature’. Neither is it about curtailing human possibilities. Rather it’s about allowing ourselves the freedom to become fully human. It’s about recognising the depth and breadth of the human soul. And it’s about building an economics to reflect that vision.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

A less materialistic society will be a happier one. A more equal society will be a less anxious one. Greater attention to community and to participation in the life of society will reduce the loneliness and anomie that has undermined wellbeing in the consumer economy.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

Even if the primary ‘aim’ of the gene is its own genetic continuance – which, by the way, is a highly anthropomorphic interpretation of gene selecton – it is entirely mistaken to assume that human motivations are all selfish. Evolution doesn’t preclude moral, social and altruistic behaviours. On the contrary, social behaviours evolved in humans precisely because they offer selective advantages to the species. This simple insight leads to a much more nuanced view of what it means to be human. Selfishness clearly exists. But so, undeniably, does altruism. Both kinds of behaviours are genetically possible in us.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

Even if the primary ‘aim’ of the gene is its own genetic continuance – which, by the way, is a highly anthropomorphic interpretation of gene selecton – it is entirely mistaken to assume that human motivations are all selfish. Evolution doesn’t preclude moral, social and altruistic behaviours. On the contrary, social behaviours evolved in humans precisely because they offer selective advantages to the species. This simple insight leads to a much more nuanced view of what it means to be human. Selfishness clearly exists. But so, undeniably, does altruism.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

our altruism is also indelibly written in our genes and there is not much we can do about it.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

a mechanism for the evolution of altruism, without recourse to the idea of group selection. Though the individual may perish, the genes that he or she shares with other members of the species have a better chance of survival as a result of the sacrifice.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

‘It is not from the benevolence of the butcher, the brewer and the baker that we expect our dinner, but from their regard to their own self-interest’, Smith famously wrote in An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

When things go badly, institutional structures wage war on human values, undermining prosperity and damaging society. This, I would argue, is precisely where we find ourselves. It explains the restless dissatisfactions of consumerism. It makes sense of the paradoxes of thrift and materialism.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

When things go badly, institutional structures wage war on human values, undermining prosperity and damaging society.

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

‘outwardly simple, yet inwardly rich’

Prosperity without Growth: Foundations for the Economy of Tomorrow (Tim Jackson)

A recent meta-study, led by social psychologist Helga Dittmar, supports this view. ‘Every day, thousands of advertisements tell us that people are happy, worthwhile, and successful to the extent that they have money, possessions, and the right image’, writes Dittmar. ‘Yet numerous philosophic and religious perspectives across both time and culture have suggested that focusing one’s life around the acquisition of money, possessions, and status saps one’s spirit and undermines one’s quality of life.’

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Psychologist Tim Kasser has highlighted what he calls the high price of materialism.

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Materialistic values such as popularity, image and financial success are psychologically opposed to ‘intrinsic’ values like self-acceptance, affiliation, a sense of belonging in the community. Yet these latter are the things that represent our deepest source of wellbeing.

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Materialistic values such as popularity, image and financial success are psychologically opposed to ‘intrinsic’ values like self-acceptance, affiliation, a sense of belonging in the community.

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Mill proposed an alternative vision. ‘The best state for human nature’, he declared, ‘is that which, while no one is poor, no one desires to be richer, nor has any reason to fear being thrust back, by the efforts of others to push themselves forward.’

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At the individual level it makes perfect sense to avoid shame. It is essential to social (and psychological) flourishing. But the mechanism for doing so in the consumer society is inherently flawed. At the societal level it can only lead to fragmentation and anomie. And in doing so it undermines the best intentions of the individual as well.

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In the wake of the 9/11 attacks in 2001, George Bush famously appeared in front of the cameras with a similar exhortation: ‘Mrs Bush and I would like to encourage Americans everywhere to go out shopping.’

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ordinary people spending money they don’t have, on things they don’t need, to create impressions that won’t last on people they don’t care about.

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Frugality is one of the most beautiful and joyful words in the English language, and yet one that we are culturally cut off from understanding and enjoying. The consumption society has made us feel that happiness lies in having things, and has failed to teach us the happiness of not having things. Elise Boulding

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Is the system still serving us, or is it rather that we are now serving the system? Escaping the iron cage of consumerism demands that we address this crucial question.

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It’s an anxious and ultimately a pathological system. But at one level it works. The relentless pursuit of novelty may undermine wellbeing. But the system remains economically viable as long as liquidity is preserved and demand keeps rising. It collapses when either of these stalls.

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It’s an anxious and ultimately a pathological system. But at one level it works. The relentless pursuit of novelty may undermine wellbeing. But the system remains economically viable as long as liquidity is preserved and demand keeps

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It’s an anxious and ultimately a pathological system. But at one level it works. The relentless pursuit of novelty may undermine wellbeing. But the system remains economically viable as long as liquidity is preserved and demand keeps rising.

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the empty self is a product of powerful social forces and the specific institutions of modern society. Individuals are at the mercy of social comparison. Institutions are given over to the pursuit of consumerism. The economy is dependent on consumption for its very survival.

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Psychologist Philip Cushman has argued that the extended self is ultimately an ‘empty self’ which stands in continual need of ‘being “filled up” with food, consumer products, and celebrities’. At its most extreme, this need leads towards compulsive shopping, unsustainable debt and psychological despair.

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‘Hollow hands clasp ludicrous possessions because they are links in the chain of life. Without them, we are truly lost’, claimed the marketing guru Ernest Dichter in The Science of Desire.26 Some of these attachments are fleeting. They burn with novelty momentarily and are extinguished as suddenly when something else attracts our attention. Others last a lifetime. Possessions sometimes offer a sanctuary for our most treasured memories and feelings. They allow us to identify what is sacred in our lives and distinguish it from the mundane. This kind of materialism, flawed though it may be, even offers some kind of substitute for religious consolation. In a secular world, having something to hope for is particularly important when things are going badly. Retail therapy works for a reason.

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Material things offer the ability to facilitate our participation in the life of society. And, in so far as they achieve this, they contribute to our prosperity

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Material processes and social needs are intimately linked together through commodities. Material things offer the ability to facilitate our participation in the life of society. And, in so far as they achieve this, they contribute to our prosperity

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Material things offer the ability to facilitate our participation in the life of society. And, in so far as they achieve this, they contribute to our prosperity

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Over the long run, productivity can lead to rising wages, low interest rates and higher standards of living. If workers produce more, then they can command higher wages without putting pressure on corporate profits or inflation. Central banks can thus keep interest rates lower than would otherwise be the case, feeding a virtuous cycle of consumer and business and consumer spending and low inflation. A country with rising labour productivity has improved chances in international markets.

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If we define capitalism in terms of a process of accumulation of capital, for instance, then it becomes pretty clear that doing without growth means doing without capitalism. And an anti-growth position would then have to be an anti-capitalist position as well. But if we define capitalism in terms of the ownership of productive facilities, then everything depends on the behaviour of those who own this capital.

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If we define capitalism in terms of a process of accumulation of capital, for instance, then it becomes pretty clear that doing without growth means doing without capitalism. And an anti-growth position would then have to be an anti-capitalist position as well. But if we define capitalism in terms of the ownership of productive facilities, then everything depends on the behaviour of those who own this capital. The

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If we define capitalism in terms of a process of accumulation of capital, for instance, then it becomes pretty clear that doing without growth means doing without capitalism. And an anti-growth position would then have to be an anti-capitalist position as well.

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two interrelated features of economic life that are central to the growth dynamic. On the one hand, the profit motive stimulates newer, better or cheaper products and services through a continual process of innovation and ‘creative destruction’. At the same time, the market for these goods relies on an expanding consumer demand, driven by a complex social logic. These two factors combine to drive ‘the engine of growth’ on which modern economies depend and lock us in to an ‘iron cage’ of consumerism.

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two interrelated features of economic life that are central to the growth dynamic. On the one hand, the profit motive stimulates newer, better or cheaper products and services through a continual process of innovation and ‘creative destruction’. At the same time, the market for these goods relies on an expanding consumer demand, driven by a complex social logic.

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In his later work, Sen stresses not so much the functions themselves – whether people actually live long, have a worthwhile job or participate in the community – as the capabilities or freedoms they have to do so. His point is that, in a liberal society, people should have the right to choose whether or not to participate in society, to work in paid employment, and perhaps even whether to live a healthy life. It is the capability to flourish that constitutes progress.

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‘True prosperity is a good balance between short term arousal and long-term security’,

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Bar a couple of short interruptions, per capita income rose more or less continuously between 1950 right up until the financial crisis. But the Genuine Progress Indicator (GPI) levelled off in the late 1970s and even began to decline slowly over the subsequent two decades. The average growth rate of the GDP per capita was around 2.3 per cent over the period. The average growth rate in GPI was barely 0.5 per cent. And from the mid-1970s onwards it declined at 0.3 per cent per year.

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Statisticians may do clever things to adjust these dollars for ‘purchasing power parity’. But they can’t (as yet) adjust for the much higher marginal utility that a dollar represents to a poor person than it does to a rich one.

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GDP misses out of its all-consuming account. ‘It measures neither our wit nor our courage, neither our wisdom nor our learning, neither our compassion nor our devotion to our country’, Kennedy noted. ‘It measures everything in short, except that which makes life worthwhile.’

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When you’ve had no food for months and the harvest has failed again, any food at all is a blessing. When the American-style fridge-freezer is already stuffed with overwhelming choice, even a little extra might be considered a burden, particularly if you’re tempted to eat it.

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When you’ve had no food for months and the harvest has failed again, any food at all is a blessing. When the American-style fridge-freezer is already stuffed with overwhelming choice, even a little extra might be considered a burden, particularly if you’re tempted to eat it. Once

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The sense that more can sometimes be less provides the beginnings of an understanding of the dissatisfactions of the consumer society.

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Call no man happy until he is dead. Solon,

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‘The very act of concern for others’ wellbeing creates a greater sense of wellbeing within oneself’, concludes neuropsychologist Richard Davidson.

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‘Prosperity can only be conceived’, writes the Islamic writer Zia Sardar, ‘as a condition that includes obligations and responsibilities to others’. My prosperity hangs on the prosperity of those around me, these traditions suggest, as theirs does on mine.

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‘Prosperity can only be conceived’, writes the Islamic writer Zia Sardar, ‘as a condition that includes obligations and responsibilities to others’. My prosperity hangs on the prosperity of those around me,

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‘Prosperity can only be conceived’, writes the Islamic writer Zia Sardar, ‘as a condition that includes obligations and responsibilities to others’.

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‘Even if we act to erase material poverty,’ said the late Robert Kennedy, shortly before his assassination in 1968, ‘there is another greater task. It is to confront the poverty of satisfaction – purpose and dignity – that afflicts us all.’

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En ce qui concerne la femme, son complexe d’infériorité prend la forme d’un refus honteux de sa féminité : ce n’est pas l’absence du pénis qui provoque ce complexe mais tout l’ensemble de la situation ; la fillette n’envie le phallus que comme le symbole des privilèges accordés aux garçons ; la place qu’occupe le père dans la famille, l’universelle prépondérance des mâles, l’éducation, tout la confirme dans l’idée de la supériorité masculine. Plus tard, au cours des rapports sexuels, la posture même du coït qui place la femme sous l’homme est une humiliation nouvelle. Elle réagit par une « protestation virile » ; ou bien elle cherche à se masculiniser, ou bien avec des armes féminines elle engage la lutte contre l’homme. C’est par la maternité qu’elle peut retrouver dans l’enfant un équivalent du pénis. Mais ceci suppose qu’elle commence par s’accepter intégralement comme femme, donc qu’elle assume son infériorité. Elle est divisée contre elle-même beaucoup plus profondément que l’homme.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

beaucoup de psychanalystes admettent aujourd’hui que la fillette regrette le pénis sans supposer cependant qu’elle en a été dépouillée ;

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Comme son évolution génitale, on voit que l’ensemble du drame sexuel est plus complexe pour la petite fille que pour ses frères : elle peut être tentée de réagir au complexe de castration en refusant sa féminité, en s’entêtant à convoiter un pénis et à s’identifier au père ; cette attitude la conduira à demeurer au stade clitoridien, à devenir frigide ou à se tourner vers l’homosexualité.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

c’est par la tendresse qu’elle inspire au père qu’elle peut compenser son infériorité.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

la petite fille a d’abord une fixation maternelle alors que le garçon n’est à aucun moment attiré sexuellement par le père ; cette fixation est une survivance de la phase orale ; l’enfant s’identifie alors au père ; mais vers l’âge de cinq ans, elle découvre la différence anatomique des sexes et elle réagit à l’absence de pénis par un complexe de castration : elle s’imagine avoir été mutilée et en souffre ; elle doit alors renoncer à ses prétentions viriles, elle s’identifie à la mère et cherche à séduire son père.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Freud a mis en lumière un fait dont on n’avait pas reconnu avant lui toute l’importance : l’érotisme masculin se localise définitivement dans le pénis ; tandis qu’il y a chez la femme deux systèmes érotiques distincts : l’un clitoridien qui se développe au stade infantile et l’autre vaginal qui ne s’épanouit qu’après la puberté ; quand le garçon arrive à la phase génitale, son évolution est achevée ; il faudra qu’il passe de l’attitude auto-érotique où le plaisir est visé dans sa subjectivité, à une attitude hétéro-érotique qui liera le plaisir à un objet, normalement la femme ; ce passage se produira au moment de la puberté à travers une phase narcissique : mais le pénis demeurera comme dans l’enfance l’organe érotique privilégié. La femme devra aussi à travers le narcissisme objectiver sur l’homme sa libido ; mais le processus sera beaucoup plus complexe parce qu’il faudra que du plaisir clitoridien elle passe au plaisir vaginal. Il n’y a qu’une étape génitale pour l’homme tandis qu’il y en a deux chez la femme ; elle risque bien davantage de ne pas arriver au bout de son évolution sexuelle, de demeurer au stade infantile et en conséquence de développer des névroses.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

bien davantage de ne pas arriver au bout de son évolution sexuelle, de demeurer au stade infantile et en conséquence de développer des névroses.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

bien davantage de ne pas arriver au bout de son évolution sexuelle, de demeurer au stade infantile

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« les pires ennemis de la psychanalyse ce sont les psychanalystes ». En dépit d’une précision scolastique souvent pédante, beaucoup d’équivoques n’ont pas été dissipées.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

la femelle reconquiert dans la maternité une autre sorte d’autonomie.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Ces données biologiques sont d’une extrême importance : elles jouent dans l’histoire de la femme un rôle de premier plan, elles sont un élément essentiel de sa situation : dans toutes nos descriptions ultérieures nous aurons à nous y référer. Car le corps étant l’instrument de notre prise sur le monde, le monde se présente tout autrement selon qu’il est appréhendé d’une manière ou d’une autre. C’est pourquoi nous les avons si longuement étudiées ; elles sont une des clefs qui permettent de comprendre la femme. Mais ce que nous refusons, c’est l’idée qu’elles constituent pour elle un destin figé. Elles ne suffisent pas à définir une hiérarchie des sexes ; elles n’expliquent pas pourquoi la femme est l’Autre ; elles ne la condamnent pas à conserver à jamais ce rôle subordonné.

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Si on la compare au mâle, celui-ci apparaît comme infiniment privilégié : sa vie génitale ne contrarie pas son existence personnelle ; elle se déroule d’une manière continue, sans crise et généralement sans accident. En moyenne les femmes vivent aussi longtemps que lui ; mais elles sont beaucoup plus souvent malades et il y a de nombreuses périodes où elles n’ont pas la disposition d’elles-mêmes.

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Ces données biologiques sont d’une extrême importance : elles jouent dans l’histoire de la femme un rôle de premier plan, elles sont un élément essentiel de sa situation : dans toutes nos descriptions ultérieures nous aurons à nous y référer. Car le corps étant l’instrument de notre prise sur le monde, le monde se présente tout autrement selon qu’il est appréhendé d’une manière ou d’une autre.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Si on la compare au mâle, celui-ci apparaît comme infiniment privilégié : sa vie génitale ne contrarie pas son existence personnelle ; elle se déroule d’une manière continue, sans crise et généralement sans accident. En moyenne les femmes vivent aussi longtemps que lui ; mais elles sont beaucoup plus souvent malades et il y a de nombreuses périodes où elles n’ont pas la disposition d’elles-mêmes. Ces données biologiques sont d’une extrême importance : elles jouent dans l’histoire de la femme un rôle de premier plan, elles sont un élément essentiel de sa situation : dans toutes nos descriptions ultérieures nous aurons à nous y référer. Car le corps étant l’instrument de notre prise sur le monde, le monde se présente tout autrement selon qu’il est appréhendé d’une manière ou d’une autre.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

le corps étant l’instrument de notre prise sur le monde, le monde se présente tout autrement selon qu’il est appréhendé d’une manière ou d’une autre.

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le corps étant l’instrument de notre prise sur le monde, le monde se présente tout autrement selon qu’il est appréhendé d’une manière ou d’une autre. C’est

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Si on la compare au mâle, celui-ci apparaît comme infiniment privilégié : sa vie génitale ne contrarie pas son existence personnelle ; elle se déroule d’une manière continue, sans crise et généralement sans accident. En moyenne les femmes vivent aussi longtemps que lui ; mais elles sont beaucoup plus souvent malades et il y a de nombreuses périodes où elles n’ont pas la disposition d’elles-mêmes.

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Ce manque de stabilité et de contrôle entraîne leur émotivité, directement liée aux variations vasculaires : battements de cœur, rougeur, etc. ; et elles sont par là sujettes aux manifestations convulsives : larmes, fou rire, crises de nerfs.

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Chez beaucoup un équilibre endocrinien se rétablit. Alors la femme se trouve délivrée des servitudes de la femelle ; elle n’est pas comparable à un eunuque car sa vitalité est intacte ; cependant elle n’est plus la proie de puissances qui la débordent : elle coïncide avec elle-même. On a dit parfois que les femmes âgées constituaient « un troisième sexe » ; et en effet elles ne sont pas des mâles mais ne sont plus des femelles ; et souvent cette autonomie physiologique se traduit par une santé, un équilibre, une vigueur qu’elles ne possédaient pas auparavant.

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C’est dans cette période qu’elle éprouve le plus péniblement son corps comme une chose opaque aliénée ; il est la proie d’une vie têtue et étrangère qui en lui chaque mois fait et défait un berceau ; chaque mois un enfant se prépare à naître et avorte dans l’écroulement des dentelles rouges ; la femme, comme l’homme, est son corps(24) : mais son corps est autre chose qu’elle.

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il y a diminution du contrôle automatique par le système central, ce qui libère des réflexes, des complexes convulsifs et se traduit par une grande instabilité d’humeur : la femme est plus émotive, plus nerveuse, plus irritable que de coutume et peut présenter des troubles psychiques graves.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

il y a diminution du contrôle automatique par le système central, ce qui libère des réflexes, des complexes convulsifs et se traduit par une grande instabilité d’humeur : la femme est plus émotive, plus nerveuse, plus irritable que de coutume et

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

il y a diminution du contrôle automatique par le système central, ce qui libère des réflexes, des complexes convulsifs et se traduit par une grande instabilité d’humeur : la femme est plus émotive, plus nerveuse, plus irritable que de coutume

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Ce processus complexe, encore assez mystérieux dans ses détails, met en branle l’organisme tout entier puisqu’il s’accompagne de sécrétions hormonales qui réagissent sur la thyroïde et l’hypophyse, sur le système nerveux central et le système végétal et par conséquent sur tous les viscères. Presque toutes les femmes – plus de 85 % – présentent des troubles pendant cette période.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Presque toutes les femmes – plus de 85 % – présentent des troubles pendant cette période.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

le développement de l’homme est simple. De la naissance à la puberté, il croît à peu près régulièrement ; vers quinze ou seize ans commence la spermatogenèse qui s’effectue de manière continue jusqu’à la vieillesse ; son apparition s’accompagne d’une production d’hormones qui précise la constitution virile du soma. Dès lors, le mâle a une vie sexuelle qui est normalement intégrée à son existence individuelle : dans le désir, dans le coït, son dépassement vers l’espèce se confond avec le moment subjectif de sa transcendance : il est son corps.

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tandis que la séparation en forces neuves et individualisées est suscitée par l’initiative mâle ; il lui est donc permis de s’affirmer dans son autonomie ; l’énergie spécifique, il l’intègre à sa propre vie ; au contraire l’individualité de la femelle est combattue par l’intérêt de l’espèce ; elle apparaît comme possédée par des puissances étrangères : aliénée.

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On dirait que avant de procréer, le mâle revendiquant comme proprement sien l’acte qui perpétue l’espèce confirme dans sa lutte contre ses congénères la vérité de son individualité. L’espèce habite la femelle et absorbe une grande partie de sa vie individuelle ; le mâle au contraire intègre à sa vie individuelle les forces vivantes

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Hegel a raison de voir chez le mâle l’élément subjectif tandis que la femelle demeure enveloppée dans l’espèce.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

la femelle s’abdique au profit de l’espèce qui réclame cette abdication.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

cette individualité n’est pas revendiquée : la femelle s’abdique au profit de l’espèce qui réclame cette abdication.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

d’abord violée, la femelle est ensuite aliénée ; elle porte le fœtus dans son ventre jusqu’à un stade de maturation variable selon les espèces : le cobaye naît presque adulte, le chien encore tout proche de l’état fœtal ; habitée par un autre qui se nourrit de sa substance, la femelle pendant tout le temps de la gestation est à la fois soi-même et autre que soi-même ; après l’accouchement, elle nourrit le nouveau-né du lait de ses mamelles. Si bien qu’on ne sait trop quand il peut être considéré comme autonome : au moment de la fécondation, de la naissance, ou du sevrage ? Il est remarquable que plus la femelle apparaît comme un individu séparé, plus impérieusement la continuité vivante s’affirme par-delà toute séparation ; le poisson, l’oiseau qui expulsent l’ovule vierge ou l’œuf fécondé sont moins en proie à leur progéniture que la femelle mammifère. Celle-ci retrouve une autonomie après la naissance des petits : alors il s’établit entre elle et eux une distance ; et c’est à partir d’une séparation qu’elle se voue à eux ; elle s’occupe d’eux avec initiative et invention, elle lutte pour les défendre contre les autres animaux et devient même agressive. Mais normalement elle ne cherche pas à affirmer son individualité ; elle ne s’oppose pas aux mâles ni aux autres femelles ; elle n’a guère d’instinct combatif

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

d’abord violée, la femelle est ensuite aliénée ; elle porte le fœtus dans son ventre jusqu’à un stade de maturation variable selon les espèces : le cobaye naît presque adulte, le chien encore tout proche de l’état fœtal ; habitée par un autre qui se nourrit de sa substance, la femelle pendant tout le temps de la gestation est à la fois soi-même et autre que soi-même ; après l’accouchement, elle nourrit le nouveau-né du lait de ses mamelles. Si bien qu’on ne sait trop quand il peut être considéré comme autonome : au moment de la fécondation, de la naissance, ou du sevrage ? Il est remarquable que plus la femelle apparaît comme un individu séparé, plus impérieusement la continuité vivante s’affirme par-delà toute séparation ; le poisson, l’oiseau qui expulsent l’ovule vierge ou l’œuf fécondé sont moins en proie à leur progéniture que la femelle mammifère.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

L’œstrus correspond à la période du rut ; mais le rut a chez la femelle un caractère passif ; elle est prête à recevoir le mâle, elle l’attend ; il arrive même chez les mammifères – comme aussi chez certains oiseaux – qu’elle le sollicite ; mais elle se borne à lui adresser un appel par des cris, des parades ou des exhibitions ; elle ne saurait imposer le coït. En fin de compte c’est à lui que revient la décision. On a vu que même chez les insectes où, par le sacrifice total qu’elle consent à l’espèce, la femelle s’assure de si grands privilèges, c’est ordinairement le mâle qui provoque la fécondation ; souvent chez les poissons il invite la femelle à la ponte par sa présence ou par des attouchements ; chez les batraciens il agit comme stimulateur. Mais c’est surtout chez les oiseaux et les mammifères qu’il s’impose à elle ; très souvent elle le subit avec indifférence ou même elle lui résiste. Fût-elle provocante, consentante, c’est lui de toute façon qui la prend : elle est prise. Le mot a souvent un sens très précis : soit parce qu’il possède des organes adaptés, soit parce qu’il est le plus fort, le mâle la saisit, l’immobilise ; c’est lui qui effectue activement les mouvements du coït ; chez beaucoup d’insectes, chez les oiseaux et chez les mammifères, il la pénètre. Par là elle apparaît comme une intériorité violée. Ce n’est pas à l’espèce que le mâle fait violence, car celle-ci ne se perpétue qu’en se rénovant, elle périrait si ovules et spermatozoïdes ne se rejoignaient pas ; seulement, la femelle chargée de protéger l’œuf l’enferme en elle-même et son corps qui constitue pour l’ovule un abri le soustrait aussi à l’action fécondante du mâle ; il est donc une résistance à briser, tandis qu’en le pénétrant le mâle se réalise comme activité. Sa domination s’exprime par la posture du coït : chez presque tous les animaux le mâle est sur la femelle. Et sans doute l’organe dont il se sert est matériel lui aussi, mais il se découvre sous son aspect animé : c’est un outil ; tandis que dans cette opération l’organe femelle n’est qu’un réceptacle inerte. Le mâle y dépose sa semence : la femelle la reçoit.

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L’œstrus correspond à la période du rut ; mais le rut a chez la femelle un caractère passif ; elle est prête à recevoir le mâle, elle l’attend ; il arrive même chez les mammifères – comme aussi chez certains oiseaux – qu’elle le sollicite ; mais elle se borne à lui adresser un appel par des cris, des parades ou des exhibitions ; elle ne saurait imposer le coït. En fin de compte c’est à lui que revient la décision. On a vu que même chez les insectes où, par le sacrifice total qu’elle consent à l’espèce, la femelle s’assure de si grands privilèges, c’est ordinairement le mâle qui provoque la fécondation ; souvent chez les poissons il invite la femelle à la ponte par sa présence ou par des attouchements ; chez les batraciens il agit comme stimulateur. Mais c’est surtout chez les oiseaux et les mammifères qu’il s’impose à elle ; très souvent elle le subit avec indifférence ou même elle lui résiste. Fût-elle provocante, consentante, c’est lui de toute façon qui la prend : elle est prise. Le mot a souvent un sens très précis : soit parce qu’il possède des organes adaptés, soit parce qu’il est le plus fort, le mâle la saisit, l’immobilise ; c’est lui qui effectue activement les mouvements du coït ; chez beaucoup d’insectes, chez les oiseaux et chez les mammifères, il la pénètre. Par là elle apparaît comme une intériorité violée. Ce n’est pas à l’espèce que le mâle fait violence,

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Les pigeons mâles et femelles sécrètent dans leur jabot une sorte de lait dont ils alimentent les oisillons. Ce qui est remarquable en tous ces cas où le père joue un rôle nourricier, c’est que pendant la période où il se consacre à sa progéniture la spermatogenèse s’interrompt ; occupé à maintenir la vie, il n’a plus l’impulsion d’en susciter des formes nouvelles.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

La femelle vit plus longtemps et elle semble avoir plus d’importance ; mais elle ne possède aucune autonomie ; la ponte, l’incubation, le soin des larves composent tout son destin ; ses autres fonctions sont totalement ou partiellement atrophiées. Dans le mâle au contraire s’ébauche une existence individuelle. Très souvent il manifeste dans la fécondation plus d’initiative que la femelle ; c’est lui qui va à sa recherche, qui l’attaque, la palpe, la saisit et lui impose le coït ; parfois il lui faut combattre d’autres mâles. Corrélativement les organes de la locomotion, du tact, de la préhension sont souvent chez lui plus évolués ; beaucoup de papillons femelles sont aptères tandis que leurs mâles ont des ailes ; les mâles ont des couleurs, des élytres, des pattes, des pinces plus développés ; et parfois cette richesse s’accompagne d’un vain luxe de couleurs brillantes.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

La femelle vit plus longtemps et elle semble avoir plus d’importance ; mais elle ne possède aucune autonomie ; la ponte, l’incubation, le soin des larves composent tout son destin ; ses autres fonctions sont totalement ou partiellement atrophiées. Dans le mâle au contraire s’ébauche une existence individuelle. Très souvent il manifeste dans la fécondation plus d’initiative que la femelle ; c’est lui qui va à sa recherche, qui l’attaque, la palpe, la saisit et lui impose le coït ; parfois il lui faut combattre d’autres mâles.

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La femelle vit plus longtemps et elle semble avoir plus d’importance ; mais elle ne possède aucune autonomie ; la ponte, l’incubation, le soin des larves composent tout son destin ; ses autres fonctions sont totalement ou partiellement atrophiées. Dans le mâle au contraire s’ébauche une existence individuelle.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Chez l’araignée géante, la femelle porte ses œufs dans un sac jusqu’à ce qu’ils arrivent à maturité : elle est beaucoup plus grande et plus robuste que le mâle, et il arrive qu’elle le dévore après l’accouplement ; on observe les mêmes mœurs chez la mante religieuse autour de laquelle s’est cristallisé le mythe de la féminité dévorante : l’ovule châtre le spermatozoïde, la mante assassine son époux, ces faits préfigureraient un rêve féminin de castration. Mais en vérité, c’est en captivité surtout que la mante manifeste tant de cruauté : en liberté au milieu d’aliments assez riches, il est très rare qu’elle fasse du mâle son repas ; si elle le mange, c’est comme la fourmi solitaire souvent mange quelques-uns de ses propres œufs ; afin d’avoir la force de pondre et de perpétuer l’espèce. Voir dans ces faits une annonce de la « lutte des sexes » qui met aux prises des individus en tant que tels, c’est divaguer.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Le privilège détenu par la femelle chez un grand nombre d’insectes provient de ce que la fécondation est un processus généralement très rapide, tandis que l’ovulation et l’incubation des œufs réclament un long travail.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Dans les espèces rudimentaires l’organisme se laisse presque réduire à l’appareil reproducteur ; en ce cas il y a une primauté de l’ovule, donc de la femelle, puisque c’est surtout l’ovule qui est voué à la pure répétition de la vie ; mais elle n’est guère autre chose qu’un abdomen et son existence est tout entière dévorée par le travail d’une monstrueuse ovulation. Elle atteint par rapport au mâle les dimensions d’une géante ; mais souvent ses membres ne sont que des moignons, son corps un sac informe, tous les organes dégénèrent au profit des œufs.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

dans les phénomènes secondaires et superficiels qui conditionnent la fécondation, c’est par l’élément mâle que s’opère la variation de situation nécessaire à l’éclosion neuve de la vie ; c’est par l’élément femelle que cette éclosion se fixe en un organisme stable. Il serait hardi de déduire d’une telle constatation que la place de la femme est au foyer : mais il y a des gens hardis.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Gamètes mâles et femelles se fondent ensemble dans l’œuf ; ensemble ils se suppriment dans leur totalité. Il est faux de prétendre que l’ovule absorbe voracement le gamète mâle et aussi faux de dire que celui-ci s’annexe victorieusement les réserves de la cellule femelle puisque dans l’acte qui les confond l’individualité de l’un et de l’autre se perd.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

En réalité l’embryon perpétue le germen du père autant que celui de la mère et les retransmet ensemble à ses descendants sous une forme tantôt mâle et tantôt femelle. C’est pour ainsi dire un germen androgyne qui de génération en génération survit aux avatars individuels du soma.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Hegel estime que les deux sexes doivent être différents : l’un sera actif, l’autre passif, et il va de soi que la passivité sera le lot de la femelle.

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Aristote imagine que le fœtus est produit par la rencontre du sperme et des menstrues : dans cette symbiose, la femme fournit seulement une matière passive, c’est le principe mâle qui est force, activité, mouvement, vie.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

au commencement il y avait des hommes, des femmes et des androgynes ; chaque individu possédait une double face, quatre bras, quatre jambes et deux corps accolés ; ils furent un jour fendus en deux « à la manière dont on fend les œufs » et, depuis lors, chaque moitié cherche à rejoindre sa moitié complémentaire : les dieux décidèrent ultérieurement que par l’accouplement de deux moitiés dissemblables de nouveaux êtres humains seraient créés.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Inerte, impatiente, rusée, stupide, insensible, lubrique, féroce, humiliée, l’homme projette dans la femme toutes les femelles à la fois. Et le fait est qu’elle est une femelle.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Comment dans la condition féminine peut s’accomplir un être humain ? Quelles voies lui sont ouvertes ? Lesquelles aboutissent à des impasses ? Comment retrouver l’indépendance au sein de la dépendance ? Quelles circonstances limitent la liberté de la femme et peut-elle les dépasser ? Ce sont là les questions fondamentales que nous voudrions élucider. C’est dire que nous intéressant aux chances de l’individu nous ne définirons pas ces chances en termes de bonheur, mais en termes de liberté.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

il n’y a aucune possibilité de mesurer le bonheur d’autrui et il est toujours facile de déclarer heureuse la situation qu’on veut lui imposer : ceux qu’on condamne à la stagnation en particulier, on les déclare heureux sous prétexte que le bonheur est immobilité.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

c’est du point de vue des chances concrètes données aux individus que nous jugeons les institutions.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

L’homme qui a le plus de sympathie pour la femme ne connaît jamais bien sa situation concrète.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

nul n’est plus arrogant à l’égard des femmes, agressif ou dédaigneux, qu’un homme inquiet de sa virilité. Ceux qui ne sont pas intimidés par leurs semblables sont aussi beaucoup plus disposés à reconnaître dans la femme un semblable ;

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

nul n’est plus arrogant à l’égard des femmes, agressif ou dédaigneux, qu’un homme inquiet de sa virilité.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

il y a de profondes analogies entre la situation des femmes et celle des Noirs : les unes et les autres s’émancipent aujourd’hui d’un même paternalisme et la caste naguère maîtresse veut les maintenir à « leur place », c’est-à-dire à la place qu’elle a choisie pour eux ; dans les deux cas elle se répand en éloges plus ou moins sincères sur les vertus du « bon Noir » à l’âme inconsciente, enfantine, rieuse, du Noir résigné, et de la femme « vraiment femme », c’est-à-dire frivole, puérile, irresponsable, la femme soumise à l’homme.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Montaigne a fort bien compris l’arbitraire et l’injustice du sort assigné à la femme : « Les femmes n’ont pas du tout tort quand elles refusent les règles qui sont introduites au monde, d’autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elles. Il y a naturellement brigue et riotte entre elles et nous » ;

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Les religions forgées par les hommes reflètent cette volonté de domination : dans les légendes d’Ève, de Pandore, ils ont puisé des armes. Ils ont mis la philosophie, la théologie à leur service comme on a vu par les phrases d’Aristote, de saint Thomas que nous avons citées. Depuis l’Antiquité, satiristes et moralistes se sont complu à faire le tableau des faiblesses féminines.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

souvent elle se complaît dans son rôle d’Autre.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

à côté de la prétention de tout individu à s’affirmer comme sujet, qui est une prétention éthique, il y a aussi en lui la tentation de fuir sa liberté et de se constituer en chose : c’est un chemin néfaste car passif, aliéné, perdu, il est alors la proie de volontés étrangères, coupé de sa transcendance, frustré de toute valeur. Mais c’est un chemin facile : on évite ainsi l’angoisse et la tension de l’existence authentiquement assumée. L’homme qui constitue la femme comme un Autre rencontrera donc en elle de profondes complicités.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

femme lige

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

dans le passé toute l’histoire a été faite par les mâles.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

la femme a toujours été, sinon l’esclave de l’homme, du moins sa vassale ; les deux sexes ne se sont jamais partagé le monde à égalité ; et aujourd’hui encore, bien que sa condition soit en train d’évoluer, la femme est lourdement handicapée. En presque aucun pays son statut légal n’est identique à celui de l’homme et souvent Il la désavantage considérablement. Même lorsque des droits lui sont abstraitement reconnus, une longue habitude empêche qu’ils ne trouvent dans les mœurs leur expression concrète.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Le besoin biologique – désir sexuel et désir d’une postérité – qui met le mâle sous la dépendance de la femelle n’a pas affranchi socialement la femme. Le maître et l’esclave aussi sont unis par un besoin économique réciproque qui ne libère pas l’esclave.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

la femme ne peut exterminer les mâles. Le lien qui l’unit à ses oppresseurs n’est comparable à aucun autre. La division des sexes est en effet un donné biologique, non un moment de l’histoire humaine. C’est au sein d’un mitsein originel que leur opposition s’est dessinée et elle ne l’a pas brisée. Le couple est une unité fondamentale dont les deux moitiés sont rivées l’une à l’autre : aucun clivage de la société par sexes n’est possible. C’est là ce qui caractérise fondamentalement la femme : elle est l’Autre au cœur d’une totalité dont les deux termes sont nécessaires l’un à l’autre.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

la femme ne peut exterminer les mâles. Le lien qui l’unit à ses oppresseurs n’est comparable à aucun autre. La division des sexes est en effet un donné biologique, non un moment de l’histoire humaine. C’est au sein d’un mitsein originel que leur opposition s’est dessinée et elle ne l’a pas brisée. Le couple est une unité fondamentale dont les deux moitiés sont rivées l’une à l’autre : aucun clivage de la société par sexes n’est possible. C’est là ce qui caractérise fondamentalement la femme : elle est l’Autre au cœur d’une totalité dont les deux termes sont nécessaires l’un à l’autre. On pourrait imaginer que

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

la femme ne peut exterminer les mâles. Le lien qui l’unit à ses oppresseurs n’est comparable à aucun autre. La division des sexes est en effet un donné biologique, non un moment de l’histoire humaine. C’est au sein d’un mitsein originel que leur opposition s’est dessinée et elle ne l’a pas brisée. Le couple est une unité fondamentale dont les deux moitiés sont rivées l’une à l’autre : aucun clivage de la société par sexes n’est possible.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

entière juive, tout entière noire : même en songe la femme ne peut exterminer les mâles. Le lien qui l’unit à ses oppresseurs n’est comparable à aucun autre. La division des sexes est en effet un donné biologique, non un moment de l’histoire humaine. C’est au sein d’un mitsein originel que leur opposition s’est dessinée et elle ne l’a pas brisée. Le couple est une unité fondamentale dont les deux moitiés sont rivées l’une à l’autre : aucun clivage de la société par sexes n’est possible.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

aucun clivage de la société par sexes n’est possible.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Les femmes – sauf en certains congrès qui restent des manifestations abstraites – ne disent pas « nous » ; les hommes disent « les femmes » et elles reprennent ces mots pour se désigner elles-mêmes ; mais elles ne se posent pas authentiquement comme Sujet.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« La femelle est femelle en vertu d’un certain manque de qualités », disait Aristote. « Nous devons considérer le caractère des femmes comme souffrant d’une défectuosité naturelle. » Et saint Thomas à sa suite décrète que la femme est un « homme manqué », un être « occasionnel ». C’est ce que symbolise l’histoire de la Genèse où Ève apparaît comme tirée, selon le mot de Bossuet, d’un « os surnuméraire » d’Adam. L’humanité est mâle et l’homme définit la femme non en soi mais relativement à lui ; elle n’est pas considérée comme un être autonome.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Je me suis agacée parfois au cours de discussions abstraites d’entendre des hommes me dire : « Vous pensez telle chose parce que vous êtes une femme » ; mais je savais que ma seule défense, c’était de répondre : « Je la pense parce qu’elle est vraie », éliminant par là ma subjectivité ; il n’était pas question de répliquer : « Et vous pensez le contraire parce que vous êtes un homme » ; car il est entendu que le fait d’être un homme n’est pas une singularité ; un homme est dans son droit en étant homme, c’est la femme qui est dans son tort.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Un homme n’aurait pas idée d’écrire un livre sur la situation singulière qu’occupent dans l’humanité les mâles(9). Si je veux me définir je suis obligée d’abord de déclarer : « Je suis une femme » ; cette vérité constitue le fond sur lequel s’enlèvera toute autre affirmation. Un homme ne commence jamais par se poser comme un individu d’un certain sexe : qu’il soit homme, cela va de soi.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

en vérité il suffit de se promener les yeux ouverts pour constater que l’humanité se partage en deux catégories d’individus dont les vêtements, le visage, le corps, les sourires, la démarche, les intérêts, les occupations sont manifestement différents : peut-être ces différences sont-elles superficielles, peut-être sont-elles destinées à disparaître. Ce qui est certain, c’est que pour l’instant elles existent avec une éclatante évidence.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme ; et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme. PYTHAGORE. Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect, car ils sont à la fois juge et partie. POULAIN DE LA BARRE.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« Le jour où il sera possible à la femme d’aimer dans sa force et non dans sa faiblesse, non pour se fuir mais pour se trouver, non pour se démettre mais pour s’affirmer, alors l’amour deviendra pour elle, comme pour l’homme, source de vie et non mortel danger. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« On ne naît pas femme, on le devient. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Jeune fille « elle renonce à toute coquetterie, se prive de sommeil pour lire, étudie à table et s’impose l’héroïsme comme remède à la médiocrité de sa vie

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

l’héroïsme comme remède à la médiocrité de sa vie

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

L’homme qu’elle « place au-dessus de tous les autres ne la juge pas inférieure à eux ».

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« On me reprocha mon indécence, écrira Beauvoir, on me déclara insatisfaite, glacée, priapique, nymphomane, lesbienne, cent fois avortée et même mère clandestine… au nom de cette tradition polissonne qui fournit aux Français tout un arsenal de dictons et de formules qui réduit la femme à sa fonction d’objet sexuel.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

formules qui réduit la femme à sa fonction d’objet sexuel.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« Un homme n’aurait pas l’idée d’écrire un livre sur la situation singulière qu’occupent dans l’humanité les mâles, écrit-elle. Qu’il soit homme, cela va de soi… Il est entendu que le fait d’être un homme n’est pas une singularité. Un homme est dans son droit en étant homme, c’est la femme qui est dans son tort. » Et elle pose l’idée fondamentale qui va sous-tendre toute l’œuvre : « Une femme se différencie par rapport à l’homme et non celui-ci par rapport à elle. Elle est l’inessentiel par rapport à l’essentiel. Il est le Sujet, il est l’Absolu ; elle est l’Autre. »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

« Un homme n’aurait pas l’idée d’écrire un livre sur la situation singulière qu’occupent dans l’humanité les mâles, écrit-elle. Qu’il soit homme, cela va de soi… Il est entendu que le fait d’être un homme n’est pas une singularité. Un homme est dans son droit en étant homme, c’est la femme qui est dans son tort. » Et elle pose l’idée fondamentale qui va sous-tendre toute l’œuvre : « Une femme se différencie par rapport à l’homme et non celui-ci par rapport à elle. Elle est l’inessentiel par rapport à l’essentiel.

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

En exergue, l’auteur avait placé l’affirmation bien connue de Pythagore : « Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme ; et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme. » Et elle la faisait suivre de cette remarque de Poulain de la Barre : « Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect car ils sont à la fois juge et partie » (Traité de l’égalité des deux sexes, 1676).

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Pythagore : « Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme ; et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme. » Et elle la faisait suivre de cette remarque de Poulain de la Barre : « Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect car ils sont à la fois juge et partie » (Traité de l’égalité des deux sexes, 1676).

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

1676). C’est donc une femme

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Pythagore : « Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme ; et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme. » Et elle la faisait suivre de cette remarque de Poulain de la Barre : « Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect car ils sont à la fois juge et

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Pythagore : « Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme ; et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme. » Et elle la faisait suivre de cette remarque de Poulain de la Barre : « Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect car ils sont à la fois juge et partie »

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

semaine. En exergue, l’auteur avait placé l’affirmation bien connue de Pythagore : « Il

Le deuxieme sexe - T1 (Simone de Beauvoir)

Comintern est un mot qui peut être prononcé presque sans réfléchir tandis que Communisme International est une phrase sur laquelle on est obligé de s’attarder, au moins momentanément. De même, les associations provoquées par un mot comme Miniver étaient moins nombreuses et plus faciles à contrôler que celles amenées par ministère de la Vérité.

1984 (Orwell,George)

On remarqua qu’en abrégeant ainsi un mot, on restreignait et changeait subtilement sa signification, car on lui enlevait les associations qui, autrement, y étaient attachées.

1984 (Orwell,George)

Comintern est un mot qui peut être prononcé presque sans réfléchir tandis que Communisme International est une phrase sur laquelle on est obligé de s’attarder, au moins momentanément.

1984 (Orwell,George)

Il n’y avait pas de mot, dans le vocabulaire B, qui fût idéologiquement neutre. Un grand nombre d’entre eux étaient des euphémismes. Des mots comme, par exemple : joiecamp (camp de travaux forcés) ou minipax (ministère de la Paix, c’est-à-dire ministère de la Guerre) signifiaient exactement le contraire de ce qu’ils paraissaient vouloir dire.

1984 (Orwell,George)

D’innombrables mots comme : honneur, justice, moralité, internationalisme, démocratie, science, religion, avaient simplement cessé d’exister. Quelques mots-couvertures les englobaient et, en les englobant, les supprimaient.

1984 (Orwell,George)

nom-verbe bonpensé, passé et participe passé bienpensé ; participe présent : bonpensant ; adjectif : bonpensable ; nom verbal : bonpenseur.

1984 (Orwell,George)

Il y avait sûrement quelque manière de démontrer que la croyance que rien n’existe en dehors de l’esprit était fausse. N’avait-on pas, il y avait longtemps, démontré l’erreur de cette théorie ? On la désignait même d’un nom qu’il avait oublié. Un faible sourire retroussa les coins de la bouche d’O’Brien qui le regardait. — Je vous ai dit, Winston que la métaphysique n’est pas votre fort. Le mot que vous essayez de trouver est solipsisme. Mais vous vous trompez. Ce n’est pas du solipsisme. Ou, si vous voulez, c’est du solipsisme collectif.

1984 (Orwell,George)

Le mot que vous essayez de trouver est solipsisme. Mais vous vous trompez. Ce n’est pas du solipsisme. Ou, si vous voulez, c’est du solipsisme collectif.

1984 (Orwell,George)

Le mot que vous essayez de trouver est solipsisme. Mais vous vous trompez. Ce n’est pas du solipsisme.

1984 (Orwell,George)

Mais vous vous trompez. Ce n’est pas du solipsisme.

1984 (Orwell,George)

Avant l’homme, il n’y avait rien. Après l’homme, s’il pouvait s’éteindre, il n’y aurait rien. Hors de l’homme, il n’y a rien.

1984 (Orwell,George)

La terre est aussi vieille que nous, pas plus vieille. Comment pourrait-elle être plus âgée ? Rien n’existe que par la conscience humaine.

1984 (Orwell,George)

« Que peut-on, pensa Winston, contre le fou qui est plus intelligent que vous, qui écoute volontiers vos arguments, puis persiste simplement dans sa folie ? »

1984 (Orwell,George)

le Parti ne cherchait pas le pouvoir en vue de ses propres fins, mais pour le bien de la majorité ; qu’il cherchait le pouvoir parce que, dans l’ensemble, les hommes étaient des créatures frêles et lâches qui ne pouvaient endurer la liberté ni faire face à la vérité, et devaient être dirigés et systématiquement trompés par ceux qui étaient plus forts qu’eux ; que l’espèce humaine avait le choix entre la liberté et le bonheur et que le bonheur valait mieux ; que le Parti était le gardien éternel du faible, la secte qui se vouait au mal pour qu’il en sorte du bien, qui sacrifiait son propre bonheur à celui des autres.

1984 (Orwell,George)

Ce qui oppressait le plus Winston, c’était la conscience de sa propre infériorité intellectuelle. Il regardait la forme lourde, mais pleine de grâce, qui marchait au hasard de long en large, à l’intérieur ou à l’extérieur du champ de sa vision. O’Brien était un être plus grand que lui de toutes les façons. Toutes les idées qu’il avait jamais eues ou pu avoir, O’Brien les avait depuis longtemps connues, examinées et rejetées. L’esprit d’O’Brien contenait l’esprit de Winston. Comment O’Brien pourrait-il, dans ce cas, être fou ? Ce devait être lui, Winston, qui était fou.

1984 (Orwell,George)

Le commandement des anciens despotismes était : « Tu ne dois pas. » Le commandement des totalitaires était : « Tu dois. » Notre commandement est : « Tu es. »

1984 (Orwell,George)

Comment puis-je m’empêcher de voir ce qui est devant mes yeux ? Deux et deux font quatre. — Parfois, Winston. Parfois ils font cinq. Parfois ils font trois. Parfois ils font tout à la fois. Il faut essayer plus fort. Il n’est pas facile de devenir sensé.

1984 (Orwell,George)

Ce que le Parti tient pour vrai est la vérité.

1984 (Orwell,George)

pour que les grands, comme nous les avons appelés, gardent perpétuellement leurs places, la condition mentale dominante doit être la folie dirigée.

1984 (Orwell,George)

Le ministère de la Paix s’occupe de la guerre, celui de la Vérité, des mensonges, celui de l’Amour, de la torture, celui de l’Abondance, de la famine. Ces contradictions ne sont pas accidentelles, elles ne résultent pas non plus d’une hypocrisie ordinaire, elles sont des exercices délibérés de doublepensée.

1984 (Orwell,George)

Pour diriger et continuer à diriger, il faut être capable de modifier le sens de la réalité.

1984 (Orwell,George)

La mutabilité du passé est le principe de base de l’Angsoc. Les événements passés, prétend-on, n’ont pas d’existence objective et ne survivent que par les documents et la mémoire des hommes.

1984 (Orwell,George)

le prolétaire, tolère les conditions présentes en partie parce qu’il n’a pas de terme de comparaison. Il doit être coupé du passé,

1984 (Orwell,George)

Les mécontentements causés par la vie nue, insatisfaisante, sont délibérément canalisés et dissipés par des stratagèmes

1984 (Orwell,George)

Une rébellion matérielle, ou un mouvement préliminaire en vue d’une rébellion, sont actuellement impossibles. Il n’y a rien à craindre des prolétaires. Laissés à eux-mêmes, ils continueront, de génération en génération et de siècle en siècle, à travailler, procréer et mourir, non seulement sans ressentir aucune tentation de se révolter, mais sans avoir le pouvoir de comprendre que le monde pourrait être autre que ce qu’il est. Ils ne deviendraient dangereux que si le progrès de la technique industrielle exigeait qu’on leur donne une instruction plus élevée.

1984 (Orwell,George)

La conscience des masses n’a besoin d’être influencée que dans un sens négatif.

1984 (Orwell,George)

La richesse et les privilèges sont plus facilement défendus quand on les possède ensemble.

1984 (Orwell,George)

Tout citoyen, ou au moins tout citoyen assez important pour valoir la peine d’être surveillé, put être tenu vingt-quatre heures par jour sous les yeux de la police, dans le bruit de la propagande officielle, tandis que tous les autres moyens de communication étaient coupés. La possibilité d’imposer, non seulement une complète obéissance à la volonté de l’État, mais une complète uniformité d’opinion sur tous les sujets, existait pour la première fois.

1984 (Orwell,George)

Le livre le passionnait ou, plus exactement, le rassurait. Dans un sens, il ne lui apprenait rien de nouveau, mais il n’en était que plus attrayant. Il disait ce que lui, Winston, aurait dit, s’il lui avait été possible d’ordonner ses pensées éparses. Il était le produit d’un cerveau semblable au sien mais beaucoup plus puissant, plus systématique, moins dominé par la crainte.

1984 (Orwell,George)

trop d’intelligence en fin de compte.

1984 (Orwell,George)

Il était possible, sans aucun doute, d’imaginer une société dans laquelle la richesse dans le sens de possessions personnelles et de luxe serait également distribuée, tandis que le savoir resterait entre les mains d’une petite caste privilégiée. Mais, dans la pratique, une telle société ne pourrait demeurer longtemps stable. Si tous, en effet, jouissaient de la même façon de loisirs et de sécurité, la grande masse d’êtres humains qui est normalement abrutie par la pauvreté pourrait s’instruire et apprendre à réfléchir par elle-même, elle s’apercevrait alors tôt ou tard que la minorité privilégiée n’a aucune raison d’être, et la balaierait.

1984 (Orwell,George)

Il était possible, sans aucun doute, d’imaginer une société dans laquelle la richesse dans le sens de possessions personnelles et de luxe serait également distribuée, tandis que le savoir resterait entre les mains d’une petite caste privilégiée. Mais, dans la pratique, une telle société ne pourrait demeurer longtemps stable. Si tous, en effet, jouissaient de la même façon de loisirs et de sécurité, la grande masse d’êtres humains qui est normalement abrutie par la pauvreté pourrait s’instruire et apprendre à réfléchir par elle-même, elle s’apercevrait alors tôt ou tard que la minorité privilégiée n’a aucune raison d’être, et la balaierait. En résumé, une société hiérarchisée n’était possible

1984 (Orwell,George)

Il était possible, sans aucun doute, d’imaginer une société dans laquelle la richesse dans le sens de possessions personnelles et de luxe serait également distribuée, tandis que le savoir resterait entre les mains d’une petite caste privilégiée.

1984 (Orwell,George)

Il faudra vous habituer à vivre sans obtenir de résultats et sans espoir. Vous travaillerez un bout de temps, vous serez pris, vous vous confesserez et vous mourrez. Ce sont les seuls résultats que vous verrez jamais. Il n’y a aucune possibilité pour qu’un changement perceptible ait lieu pendant la durée de notre existence. Nous sommes des morts. Notre seule vie réelle est dans l’avenir. Nous prendrons part à cet avenir sous forme de poignées de poussière et d’esquilles d’os. Mais à quelle distance de nous peut être ce futur, il est impossible de le savoir. Ce peut être un millier d’années.

1984 (Orwell,George)

O’Brien, en passant devant le télécran, parut frappé d’une idée. Il s’arrêta, se tourna et pressa un bouton sur le mur. Il y eut un bruit sec et aigu. La voix s’était arrêtée. Julia laissa échapper un petit cri, une sorte de cri de surprise. Même dans sa panique, Winston fut trop abasourdi pour pouvoir tenir sa langue. — Vous pouvez le fermer ! s’exclama-t-il. — Oui, répondit O’Brien. Nous pouvons le fermer. Nous avons ce privilège.

1984 (Orwell,George)

On ne pouvait changer les sentiments. Même soi-même, on ne pouvait pas les changer, l’eût-on désiré. Le Parti pouvait mettre à nu les plus petits détails de tout ce que l’on avait dit ou pensé, mais les profondeurs de votre cœur, dont les mouvements étaient mystérieux, même pour vous, demeuraient inviolables.

1984 (Orwell,George)

faits ? On ne pouvait changer les sentiments. Même soi-même, on ne pouvait pas les changer, l’eût-on désiré. Le Parti pouvait mettre à nu les plus petits détails de tout ce que l’on avait dit ou pensé, mais les profondeurs de votre cœur, dont les mouvements étaient mystérieux, même pour vous, demeuraient inviolables.

1984 (Orwell,George)

qu’importait, en fin de compte, la découverte des faits ? On ne pouvait changer les sentiments. Même soi-même, on ne pouvait pas les changer, l’eût-on désiré. Le Parti pouvait mettre à nu les plus petits détails de tout ce que l’on avait dit ou pensé, mais les profondeurs de votre cœur, dont les mouvements étaient mystérieux, même pour vous, demeuraient inviolables.

1984 (Orwell,George)

but poursuivi était, non de rester vivant, mais de rester humain,

1984 (Orwell,George)

— Les prolétaires sont des êtres humains, dit-il tout haut. Nous ne sommes pas des humains.

1984 (Orwell,George)

aspiré hors du cours de l’Histoire.

1984 (Orwell,George)

L’histoire s’est arrêtée. Rien n’existe qu’un présent éternel

1984 (Orwell,George)

Elle était souvent prête à accepter le mythe officiel, simplement parce que la différence entre la vérité et le mensonge ne lui semblait pas importante.

1984 (Orwell,George)

avis il n’y avait pas de guerre. Les bombes-fusées qui tombaient chaque jour sur Londres étaient probablement lancées par le gouvernement de l’Océania lui-même, « juste pour maintenir les gens dans la peur ».

1984 (Orwell,George)

elle considérait comme admis que tout le monde, ou presque tout le monde, haïssait en secret le Parti et violerait les règles s’il était possible de le faire sans danger.

1984 (Orwell,George)

Il existait toute une suite de départements spéciaux qui s’occupaient, pour les prolétaires, de littérature, de musique, de théâtre et, en général, de délassement. Là, on produisait des journaux stupides qui ne traitaient presque entièrement que de sport, de crime et d’astrologie, de petits romans à cinq francs, des films juteux de sexualité, des chansons sentimentales composées par des moyens entièrement mécaniques sur un genre de kaléidoscope spécial appelé versificateur. Il y avait même une sous-section entière – appelée, en novlangue, Pornosex – occupée à produire le genre le plus bas de pornographie. Cela s’expédiait en paquets scellés qu’aucun membre du Parti, à part ceux qui y travaillaient, n’avait le droit de regarder.

1984 (Orwell,George)

Il existait toute une suite de départements spéciaux qui s’occupaient, pour les prolétaires, de littérature, de musique, de théâtre et, en général, de délassement. Là, on produisait des journaux stupides qui ne traitaient presque entièrement que de sport, de crime et d’astrologie, de petits romans à cinq francs, des films juteux de sexualité, des chansons sentimentales composées par des moyens entièrement mécaniques sur un genre de kaléidoscope spécial

1984 (Orwell,George)

Avec seulement quelques touches de couleur où il fallait, elle était devenue, non seulement beaucoup plus jolie, mais, surtout, beaucoup plus féminine.

1984 (Orwell,George)

Il aurait voulu par-dessus tout avoir un endroit où ils pourraient être seuls sans se sentir obligés de faire l’amour chaque fois qu’ils se rencontraient.

1984 (Orwell,George)

ce désappointement périodique était un événement normal. Une profonde tendresse, qu’il n’avait pas encore ressentie pour elle, s’empara de lui.

1984 (Orwell,George)

Elle aidait à la production, en paquets scellés, de fascicules qui avaient des titres comme : Histoires épatantes ou Une nuit dans une école de filles. Ces fascicules étaient achetés en cachette par les jeunes prolétaires qui avaient l’impression de faire quelque chose d’illégal. — Comment sont ces livres ? demanda Winston avec curiosité. — Oh ! affreusement stupides. Barbants comme tout. Pense, il n’y a que six modèles d’intrigue dont on interchange les éléments tour à tour.

1984 (Orwell,George)

Elle aidait à la production, en paquets scellés, de fascicules qui avaient des titres comme : Histoires épatantes ou Une nuit dans une école de filles. Ces fascicules étaient achetés en cachette par les jeunes prolétaires qui avaient l’impression de faire quelque chose d’illégal. — Comment sont ces livres ? demanda Winston avec curiosité. — Oh !

1984 (Orwell,George)

Elle aidait à la production, en paquets scellés, de fascicules qui avaient des titres comme : Histoires épatantes ou Une nuit dans une école de filles. Ces fascicules étaient achetés en cachette par les jeunes prolétaires qui avaient l’impression de faire quelque chose d’illégal.

1984 (Orwell,George)

— À quelle heure laissez-vous le travail ? — À six heures et demie. — Où pouvons-nous nous rencontrer ? — Au square de la Victoire, près du monument. — Il y a plein de télécrans. — Cela n’a pas d’importance s’il y a foule. — Me ferez-vous signe ? — Non. Ne vous approchez de moi que lorsque vous me verrez parmi un tas de gens. Et ne me regardez pas. Tenez-vous seulement près de moi. — À quelle heure ? — À sept heures.

1984 (Orwell,George)

Peu de gens, actuellement, écrivaient des lettres. Pour les messages qu’on avait parfois besoin d’envoyer, il y avait des cartes postales sur lesquelles étaient imprimées de longues listes de phrases, et l’on biffait celles qui étaient inutiles.

1984 (Orwell,George)

— Il n’y a pas de télécran, ne put-il s’empêcher de murmurer. — Oh ! fit le vieil homme, je n’en ai jamais eu. C’est trop cher. Et je n’en ai d’ailleurs jamais senti le besoin.

1984 (Orwell,George)

Ce qui lui plaisait dans cet objet, ce n’était pas tellement sa beauté, que son air d’appartenir à un âge tout à fait différent de l’âge actuel. Le verre doux et couleur d’eau de pluie ne ressemblait à aucun verre qu’il eût jamais vu. L’apparente inutilité de l’objet le rendait doublement attrayant. Winston, pourtant, devinait qu’il devait avoir été fabriqué pour servir de presse-papier. Il était très lourd dans sa poche mais, heureusement, la bosse qu’il formait n’était pas très apparente. C’était un objet étrange, même compromettant, pour un membre du Parti. Tout ce qui était ancien, en somme, tout ce qui était beau, était toujours vaguement suspect.

1984 (Orwell,George)

La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit.

1984 (Orwell,George)

L’évidence, le sens commun, la vérité, devaient être défendus. Les truismes sont vrais. Il fallait s’appuyer dessus. Le monde matériel existe, ses lois ne changent pas. Les pierres sont dures, l’eau humide, et les objets qu’on laisse tomber se dirigent vers le centre de la terre.

1984 (Orwell,George)

la facilité avec laquelle n’importe quel intellectuel du Parti le vaincrait dans une discussion, aux subtils arguments qu’il serait incapable de comprendre, et auxquels il serait encore moins capable de répondre. Et cependant, il était dans le vrai.

1984 (Orwell,George)

la facilité avec laquelle n’importe quel intellectuel du Parti le vaincrait dans une discussion, aux subtils arguments qu’il serait incapable de comprendre, et auxquels il serait encore moins capable de répondre.

1984 (Orwell,George)

que l’on sentait dans la moelle de ses os, c’était le sentiment instinctif que les conditions dans lesquelles on vivait étaient intolérables et, qu’à une époque quelconque, elles devaient avoir été différentes.

1984 (Orwell,George)

quand ils se fâchaient, comme ils le faisaient parfois, leur mécontentement ne menait nulle part car il n’était pas soutenu par des idées générales. Ils ne pouvaient le concentrer que sur des griefs personnels et sans importance. Les maux plus grands échappaient invariablement à leur attention.

1984 (Orwell,George)

quand ils se fâchaient, comme ils le faisaient parfois, leur mécontentement ne menait nulle part car il n’était pas soutenu par des idées générales. Ils ne pouvaient le concentrer que sur des griefs personnels et sans importance.

1984 (Orwell,George)

Ils naissaient, ils poussaient dans la rue, ils allaient au travail à partir de douze ans. Ils traversaient une brève période de beauté florissante et de désir, ils se mariaient à vingt ans, étaient en pleine maturité à trente et mouraient, pour la plupart, à soixante ans. Le travail physique épuisant, le souci de la maison et des enfants, les querelles mesquines entre voisins, les films, le football, la bière et, surtout, le jeu, formaient tout leur horizon et comblaient leurs esprits. Les garder sous contrôle n’était pas difficile.

1984 (Orwell,George)

Le Parti essayait de tuer l’instinct sexuel ou, s’il ne pouvait le tuer, de le dénaturer et de le salir.

1984 (Orwell,George)

— Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer.

1984 (Orwell,George)

Savez-vous que le novlangue est la seule langue dont le vocabulaire diminue chaque année ?

1984 (Orwell,George)

Après tout, quelle raison d’exister y a-t-il pour un mot qui n’est que le contraire d’un autre ? Les mots portent en eux-mêmes leur contraire. Prenez « bon », par exemple. Si vous avez un mot comme « bon » quelle nécessité y a-t-il à avoir un mot comme « mauvais » ? « Inbon » fera tout aussi bien, mieux même, parce qu’il est l’opposé exact de bon, ce que n’est pas l’autre mot.

1984 (Orwell,George)

Il y avait même une sous-section entière – appelée, en novlangue, Pornosex – occupée à produire le genre le plus bas de pornographie. Cela s’expédiait en paquets scellés qu’aucun membre du Parti, à part ceux qui y travaillaient, n’avait le droit de regarder.

1984 (Orwell,George)

Il existait toute une suite de départements spéciaux qui s’occupaient, pour les prolétaires, de littérature, de musique, de théâtre et, en général, de délassement. Là, on produisait des journaux stupides qui ne traitaient presque entièrement que de sport, de crime et d’astrologie, de petits romans à cinq francs, des films juteux de sexualité, des chansons sentimentales composées par des moyens entièrement mécaniques sur un genre de kaléidoscope spécial appelé versificateur.

1984 (Orwell,George)

chaque trimestre un nombre astronomique de bottes étaient produites, sur le papier, alors que la moitié peut-être de la population de l’Océania marchait pieds nus.

1984 (Orwell,George)

« Celui qui a le contrôle du passé, disait le slogan du Parti, a le contrôle du futur. Celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé. »

1984 (Orwell,George)

Winston se mit rapidement au garde-à-vous en face du télécran sur lequel venait d’apparaître l’image d’une femme assez jeune, fine, mais musclée, vêtue d’une tunique et chaussée de sandales de gymnastique.

1984 (Orwell,George)

Il comprit que le tragique était un élément des temps anciens, des temps où existaient encore l’intimité, l’amour et l’amitié, quand les membres d’une famille s’entraidaient sans se demander au nom de quoi.

1984 (Orwell,George)

au temps où la pensée est libre, où les hommes sont dissemblables mais ne sont pas solitaires,

1984 (Orwell,George)

Ce n’était pas en se faisant entendre, mais en conservant son équilibre que l’on portait plus loin l’héritage humain.

1984 (Orwell,George)

Pendant une, deux secondes, ils avaient échangé un regard équivoque, et l’histoire s’arrêtait là. Même cela, pourtant, était un événement mémorable, dans la solitude fermée où chacun devait vivre.

1984 (Orwell,George)

Comme un criminel, il avait emporté dans sa serviette ce livre qui, même sans aucun texte, était compromettant. Ce qu’il allait commencer, c’était son journal.

1984 (Orwell,George)

Comme un criminel, il avait emporté dans sa serviette ce livre qui, même sans aucun texte, était compromettant.

1984 (Orwell,George)

LA GUERRE C’EST LA PAIX LA LIBERTÉ C’EST L’ESCLAVAGE L’IGNORANCE C’EST LA FORCE

1984 (Orwell,George)

Le son de l’appareil (du télécran, comme on disait) pouvait être assourdi, mais il n’y avait aucun moyen de l’éteindre complètement.

1984 (Orwell,George)

Leil, youre much too young to remember this, but when Apollo 11 landed on the moon . . . If my life depended on it, I couldnt tell you what the chap said next. I simply remember smiling to myself and stretching to get a glimpse of my youthful self in the dining-room mirror.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

youre much too young to remember this, but when Apollo 11 landed on the moon . . . If my life depended on it, I couldnt tell you what the chap said next. I simply remember smiling to myself and stretching to get a glimpse of my youthful self in the dining-room mirror.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

youre much too young to remember this, but when Apollo 11 landed on the moon

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Think of the money youll save on greeting cards. A relevant clipping is the big winners way of saying, Im thinking of you and your interests.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

it. Think of the money youll save on greeting cards. A relevant clipping is the big winners way of saying, Im thinking of you and your interests.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

A relevant clipping is the big winners way of saying, Im thinking of you and your interests.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

When you bring someone third-party kudos, they apprciate you as much as the complimenter. Call it gossip if you like. This is the good kind.

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A compliment one hears is never as exciting as the one he overhears. A priceless way to praise is not by telephone, not by telegraph, but by tell-a-friend. This way you escape possible suspicion that you are an apple-polishing, bootlicking, egg-sucking, bac scratching sycophant trying to win brownie points. You also leave recipients with the happy fantasy that you are telling the whole world about their greatness.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Level Three: Feelings and Personal Questions When people become friends, they often express their feelings to each other, even on subjects as dull as the weather. George, I just love these sunny days. They also ask each other personal quetions: How about you, Betty? Are you a sun person? Level Four: We Statements Now we progress to the highest level of intimacy.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

When you prematurely say we or us, even to strangers, it subconsciously brings them closer.

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The word we fosters togetherness. It makes the listener feel connected. It gives a subliminal feeling of you and me against the cold, cold world.

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Ask your prospects feelings on something the way you would query a friend. (George, how do you feel about the new govenor?) Then use the pronoun we when discussing anything that might affect the two of you. (Do you think were going to prosper during his administration?) Make it a point to concoct we sentences, the kind people instinctively reserve for friends, lovers, and other intimates. (I think well survive while the governors in office.)

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

A technique to achieve the ultimate verbal intimacy grows out of this phenomenon. Simply use the word we prematurely. You can use it to make a client, a prospect, a stranger feel you are already friends.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

A technique to achieve the ultimate verbal intimacy grows out of this phenomenon. Simply use the word we prematurely. You can use it to make a client, a prospect, a stranger feel you are already friends. Use

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

A technique to achieve the ultimate verbal intimacy grows out of this phenomenon. Simply use the word we prematurely.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Dont be an unconscious ummer. Vocalize complete sentences to show your understanding. Dust your dialogue with phrases like I see what you mean. Sprinkle it with sentimental sparklers like Thats a lovely thing to say. Your empathy impresses your listeners and encourages them to continue.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Dont be an unconscious ummer. Vocalize complete sentences to show your understanding. Dust your dialogue with phrases like I see what you mean. Sprinkle it with sentimental sparklers like Thats a lovely thing to say.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Once, when I was on a monologue about nothing in paticular, Phil was on a real umm roll. To test his listening skills, I slipped in, Yes, this afternoon I think Ill go out and get tattooed all over my body. Phil nodded his habitual uh huh.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Evoke your listeners interests or lifestyle and weave images around it.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Does your boss own a boat? Tell him or her about a concept that will hold water or stay afloat.

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That night I had sadistic fantasies of fifteen women running the company and one man left scratching his head as we bandied about childbirth analogies.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

You are first chatting with a lawyer who tells you her profession is often maligned. When it comes your turn to speak, say profession too. If you say job, it puts a subconscious barrier between you.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Match your personality to your product.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Pretend the person you are talking to is your dance instructor. Is he a jazzy mover? Is she a balletic mover? Watch his or her body, then imitate the style of movement. That makes your conversation partner subliminally real comfy with you.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

partners who believed they were similar liked each other a lot more than the couples who thought themselves to be dissimilar, demonstrating we have a predisposition toward people we believe are just like us. We are most comfortable giving our business and friendship to those we feel share our values and beliefs in life.

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partners who believed they were similar liked each other a lot more than the couples who thought themselves to be dissimilar, demonstrating we have a predisposition toward people we believe are just like us. We are most comfortable giving our business and friendship to those we feel share our values and beliefs in life. To

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partners who believed they were similar liked each other a lot more than the couples who thought themselves to be dissimilar,

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Whichever section you usually flip to first, tomorrow DONT. Turn to any other section, preferably one you hardly ever read. Why? Because it will familiarize you with other worlds so that you can soon discuss anything with anybody, no matter how little you have in common.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Before jumping blindly into a bevy of bookbinders or a drove of dentists, find out what the hot issues are in their fields. Every industry has burning concerns the outside world knows little about. Ask your informant to bare the industry buzz. Then, to heat the conversation up, push those buttons.

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Before jumping blindly into a bevy of bookbinders or a drove of dentists, find out what the hot issues are in their fields.

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A sampling gives you 80 percent of the converstional value. You learn the insiders questions to ask.

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Go to a stamp exhibition. Go to a chess lecture. Go ballooing. Go bird-watching. Go to a pool hall. Go kayaking. Go fly a kite! Why? Because it will give you conversational fodder for the rest of your life.

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Scramble Therapy is, quite simply, scrambling up your life and participating in an activity youd never think of indulging in. Just one out of every four weekends, do something totally out of your pattern. Do you usually play tennis on weekends? This weekend, go hiking. Do you usually go hiking? This weekend, take a tenis lesson. Do you bowl? Leave that to your buddies this time. Instead, go white-water rafting. Oh, you were planning on runing some rapids like you do every warm weekend? Forget it, go bowling.

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Rita has a bad case of bowlers thumb. Every Wednesday night shes bowling up a storm with her friends. She is forever discussing her scores, her averages, and her high game. Another single and searching friend Walter is into white-water rafting. He talks endlessly with his padling friends about which rivers hes run, which outfitters hes gone with, and which class rapids he prefers. Thinking my two single friends might hit it off, I introduced Walter the paddler to Rita the bowler and mentioned their respective passions. Oh youre a bowler! said Walter. Yes, Rita smiled demurely, awaiting more questions about her big bowling turn-on. Walter was silent.

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Rita smiled demurely, awaiting more questions about her big bowling turn-on. Walter was silent.

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Rita smiled demurely, awaiting more questions

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Dale Carnegies adage, show sincere interest and people will talk, only goes so far. As they say in poker, it takes jacks or better to open. And in conversation, it takes cursory knowledge or better about their field to get them to really open up. You must have knowledgeable curiosity, the kind that makes you sound like youre worth talking to.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

never let the phrase thank you stand naked and alone. Always make it thank you for something. People use the bare exposed thank you so often that people dont even hear it anymore.

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never let the phrase thank you stand naked and alone. Always make it thank you for something. People use the bare exposed thank you so often that people dont even hear it anymore. When

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

never let the phrase thank you stand naked and alone. Always make it thank you for something.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Telling Woody Allen how much you loved his 1980 film Stardust Memories would not endear you to him. What about all my wonderful films since? thinks he. Stick to the present or very recent past if possible.

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Its not the news that makes someone angry. Its the unsypathetic attitude with which its delivered. Everyone must give bad 131 news from time to time, and winning professionals do it with the proper attitude. A doctor advising a patient she needs an opertion does it with compassion. A boss informing an employee he didnt get the job takes on a sympathetic demeanor. Grief couselors at airports after fatal crashes share the grief-stricken sentment of relatives. Big winners know, when delivering any bad news, they should share the sentiment of the receiver.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Big players who want to be quoted in the media lie awake at night gnawing the pillow trying to come up with phrases the press will pick up.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

I dont know if a French woman, Jeanne Calment, then offcially the worlds oldest person, was looking for publicity on her 122nd birthday. But she made international headlines when she told the media, Ive only ever had one wrinkle, and Im sitting on it.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Like all profesional speakers, Barry spends several hours a week gleaning through books of quotations and humor. All professional speakers do.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Instead of saying he looked at a pretty woman, hed say, My eyeballs popped out and dangled by the optic nerve.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

describe being nervous about losing his job as I felt like an elephant dangling over a cliff with his tail tied to a daisy. Instead of saying he looked at a pretty woman, hed say, My eyeballs popped out and dangled by the optic nerve.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

describe being nervous about losing his job as I felt like an elephant dangling over a cliff with his tail tied to a daisy. Instead of saying he looked at a pretty woman, hed say, My eyeballs popped

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

describe being nervous about losing his job as I felt like an elephant dangling over a cliff with his tail tied to a daisy.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

A Gem for Every Occasion If stirring words help make your point, ponder the impact of poerful phrases. Theyve helped politicians get elected (Read my lips: no new taxes.) and defendants get acquitted (If it doesnt fit, you must acquit.).

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

a smile works for those who wish to pick somebody up.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

One of the big obstacles to meaning is the feeling that we have time to get around to the important things. We recognise where the sources of meaning lie, but lack urgency in focusing on them, because we will address them tomorrow, at the end of the month, or next year. We have a hazy supposition that time is unlimited. The horrific but inevitable fact of our own mortality is kept at bay for the most sympathetic of reasons: we can’t bear the brevity of our own existence.

The Meaning of Life (The School Of Life)

Our friendships and professional networks are hugely but harmfully efficient at keeping us closely tied to a particular age, income and ideological bracket. We subtly yet firmly expel all those who do not flatter our world view. Family life does the opposite. It is because of the unique structure of a family that an 82-year-old woman and a 4-year-old boy can become friends or that a 56-year-old dentist and an 11-year-old schoolgirl can have an in-depth conversation about tyre pressure or splash each other at the beach.

The Meaning of Life (The School Of Life)

we can only start to understand the role of sexuality in love if we can accept that it is not just a physical experience that we want.

The Meaning of Life (The School Of Life)

can only start to understand the role of sexuality in love if we can accept that it is not just a physical experience that we want.

The Meaning of Life (The School Of Life)

The excitement of love stands in contrast with our normal disappointments and scepticism about others;

The Meaning of Life (The School Of Life)

Our love may zero in on the comedic sides of a partner because we’re only too aware of our tendencies to sterile despair and cynicism.

The Meaning of Life (The School Of Life)

we fall in love with people who promise that they will, in some way, help to make us whole

The Meaning of Life (The School Of Life)

In the company of a lover, there need be almost no limits to the depths of concern, care, and licence we are granted. We will be accepted more or less as we are; we won’t be under pressure to keep proving our status. It will be possible to reveal our vulnerabilities and compulsions and survive.

The Meaning of Life (The School Of Life)

A radical editing of our true selves is the price we must pay for conviviality.

The Meaning of Life (The School Of Life)

Meaningful activities aren’t necessarily those we do most often. They are those we value most highly and will, from the perspective of our deaths, miss most deeply.

The Meaning of Life (The School Of Life)

Continuing up the sanity scale, the fewer times you use I, the more sane you seem to your listeners. If you eavesdrop on big winers talking with each other, youll notice a lot more you than I in their conversation.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Therapists calculate inmates of mental institutions say I and me twelve times more often than residents of the outside world. As patients conditions improve, the number of times they use the personal pronouns also diminishes.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Excuse me, could you tell me where the Golden Gate Bridge is?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Comm-YOU-nication also enriches your social conversation. Getlemen, say a lady likes your suit. Which woman gives you warmer feelings? The woman who says, I like your suit. Or the one who says, You look great in that suit.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Putting you first gets a much better response, especially when youre asking a favor, because it pushes the askers pride button. Suppose you want to take a long weekend. You decide to ask your boss if you can take Friday off. Which request do you think he or she is going to react to more positively? Can I take Friday off, Boss? Or this one: Boss, can you do without me Friday?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

SEX! Now that I have your attention. . . . Two-bit comics have been using that gag from the days when two bits bought a foursquare meal. However, big winners know theres a three-letter word more potent then SEX to get peoples attention. That word is YOU.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Whenever you have something in common with someone, the longer you wait to reveal it, the more moved (and impressed) he or she will be. You emerge as a confident big cat, not a lonely little stray, hungry for quick connection with a stranger. P.S.: Dont wait too long to reveal your shared interest or it will seem like youre being tricky.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Darla, one says, you look elegant. Ooh! Every woman in the room sighs. Darla, says another, taking her hand, you look stunning. Ooh! Every woman in the room swoons. Darla, says the third, putting her hand between his, you look ravishing. Ooooh! By now every woman in the room has gone limp. Pay attention men! Words work on us women.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Gentlemen, when your wife comes down the staircase all dolled up for a night out, or you pick a lady up for dinner, what do you say? If you make no comment except, Well, are you ready to go? how do you think that makes the lady feel?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Dont say real estate agent. Say I help people moving into our area find the right home.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

asking How do you spend most of your time? instead of And what do you do? gives you your big cat stripes right off.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Big cats never ask outright, What do you do? (Oh they find out, all right, in a much more subtle manner.) By not asking the question, the big boys and big girls come across as more princpled, even spiritual. After all, their silence says, a man or woman is far more than his or her job.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Big boys and big girls should avoid asking, What do you do?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

How . . . do . . . you . . . spend . . . most . . . of ...your...time?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

The best way to ensure youre conversationally in the swing of things is to listen to a newscast just before you leave.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

if youre not a superstar, better play it safe and keep the skeletons in the closet until later.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Never be left speechless again. Like a parrot, simply repeat the last few words your conversation partner says.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Back to that frightfully familiar moment when it is your turn to speak but your mind goes blank. Dont panic. Instead of signaing verbally or nonverbally that you got it, simply repeator parrotthe last two or three words your companion said, in a sympathetic, questioning tone. That throws the conversational ball right back in your partners court.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

I told Dan about how pleased Diane was to meet him yet how little she learned about his life. Dan simply replied, Well, when I meet someone, I learn so much more if I ask about their life. I always try to turn the spotlight on the other person. Truly cofident people often do this. They know they grow more by listeing than talking.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Like a good gumshoe, listen to your conversation partners every word for clues to his or her preferred topic. The evidence is bound to slip out. Then spring on that subject like a sleuth on to a slip of the tongue. Like Sherlock Holmes, you have the clue to the subject thats hot for the other person.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

The Devlin debacle inspired further research. The minute I got home, I called the Columbus chamber of commerce and the historical society. Say you, too, are from Columbus, Ohio, and your new acquaintance lays it on you: Where are you from? When you are talking with a businessperson, your answer could be, Im from Columbus, Ohio. You know many major corpor tions do their product testing in Columbus because its so comercially typical. In fact, its been called the most American city in America. They say if it booms or bombs in Columbus, it booms or bombs nationally. Talking with someone with a German last name? Tell her about Columbuss historic German Village with the brick streets and the wonderful 1850s-style little houses. Its bound to inspire stories of the old country. Your conversation partners surname is Italian? Tell him Genoa, Italy, is Columbuss sister city. Talking with an American history buff ? Tell him that Colubus was, indeed, named after Christopher Columbus and that a replica of the Santa Maria is anchored in the Scioto River. Taling with a student? Tell her about the five universities in Columbus. The possibilities continue. You suspect your conversation parner has an artistic bent? Ah, you throw out casually, Columbus is the home of artist George Bellows.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Different Bait for Shrimp or Sharks A fisherman uses different bait to bag bass or bluefish. And you will obviously throw out different conversational bait to snag siple shrimp or sophisticated sharks. Your hook should relate to the type of person youre speaking with. Im originally from Wasington, D.C. If someone at, say, an art gallery asked me where I was from, I might answer Washington, D.C.designed, you know, by the same city planner who designed Paris. This opens the conversational possibilities to the artistry of city planning, Paris, other cities plans, European travel, and so forth. At a social party of singles Id opt for another answer. Im from Washington, D.C. The reason I left is there were seven women to every man when I was growing up. Now the convesation can turn to the ecstasy or agony of being single, the peceived lack of desirable men everywhere, or even flirtatious possibilities. Technique #15 Never the Naked City Whenever someone asks you the inevitable, And where are you from? never, ever, unfairly challenge their powers of imagination with a one-word answer.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Different Bait for Shrimp or Sharks A fisherman uses different bait to bag bass or bluefish. And you will obviously throw out different conversational bait to snag siple shrimp or sophisticated sharks. Your hook should relate to the type of person youre speaking with. Im originally from Wasington, D.C. If someone at, say, an art gallery asked me where I was from, I might answer Washington, D.C.designed, you know, by the same city planner who designed Paris. This opens the conversational possibilities to the artistry of city planning, Paris, other cities plans, European travel, and so forth. At a social party of singles Id opt for another answer. Im from Washington, D.C. The reason I left is there were seven women to every man when I was growing up. Now the convesation can turn to the ecstasy or agony of being single, the peceived lack of desirable men everywhere, or even flirtatious possibilities. Technique #15 Never the Naked City

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Different Bait for Shrimp or Sharks A fisherman uses different bait to bag bass or bluefish. And you will obviously throw out different conversational bait to snag siple shrimp or sophisticated sharks. Your hook should relate to the type of person youre speaking with. Im originally from Wasington, D.C. If someone at, say, an art gallery asked me where I was from, I might answer Washington, D.C.designed, you know, by the same city planner who designed Paris. This opens the conversational possibilities to the artistry of city planning, Paris, other cities plans, European travel, and so forth. At a social party of singles Id opt for another answer. Im from Washington, D.C. The reason I left is there were seven women to every man when I was growing up. Now the convesation can turn to the ecstasy or agony of being single, the peceived lack of desirable men everywhere, or even flirtatious possibilities.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

I couldnt help overhearing your discussion of Bermuda. Im going there next month for the first time. Any suggestions?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Whoozat is the most effective, least used (by nopoliticians) meeting-people device ever contrived. Simply ask the party giver to make the introduction, or pump for a few facts that you can immediately turn into icebreakers.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

If you strike out on finding something to comment on, resort to the Whoozat technique. Like a persistent politician, go to the party giver and say, That man/woman over there looks interesing. Who is he/she? Then ask for an introduction. Dont be heitant. The party giver will be pleased you find one of the guests interesting.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Whenever you go to a gathering, wear or carry something unusual to give people who find you the delightful stranger across the crowded room an excuse to approach. Excuse me, I couldnt help but notice your . . . what IS that?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

you go to a gathering, wear or carry something unusual to give people who find you the delightful stranger across the crowded room an excuse to approach. Excuse me, I couldnt help but notice your . . . what IS that?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Your Whatzit can be as subtle or overt as your personality and the occasion permit. I wear around my neck an outmoded pair of glasses that resebles a double monocle. Often the curious have approached me at a gathering and asked, Whatzit? I explain its a lorgnette left to me by my grandmother, which, of course, paves the way to discuss hatred of glasses, aging eyes, love or loss of grandmothers, adortion of antique jewelryanywhere the inquisitor wants to take it.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Singles proficient at meeting potential sweethearts without the benefit of introduction (in the vernacular, making a pickup), have developed a deliciously devious technique that works equally well for social or corporate networking purposes. The technique requires no exceptional skill on your part, only the courage to sport a simple visual prop called a Whatzit.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Excuse me, I couldnt help but notice your attractive lapel pin. Are you a golfer?

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

If your first comment is a complaint, youre a griper. If your first words are rude, youre a creep. If your first words are unpleaant, youre a stinker. Open and shut. Other than these downers, anything goes. Ask them where theyre from, how they know the host of the party, where they bought the lovely suit theyre wearingor hundreds of etceteras. The trick is to ask your prosaic question with passion to get the other person talking.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

It is not necessary, of course, to stay with mundane remarks. If you find your company displays cleverness or wit, you match that. The conversation then escalates naturally, compatibly. Dont rush it or, like the Mensans, you seem like youre showing off. The bo tom line on your first words is to have the courage of your own triteness. Because, remember, people tune in to your tone more than your text.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Top communicators know the most soothing and appropriate first words should be, like Senator Hayakawas, unoriginal, even banal.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

So what did Hayakawa do? He made unoriginal remarks to set them at ease. He said to the husband that it was too bad the train should be late on so cold a night. The man agreed.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

So what did Hayakawa do? He made unoriginal remarks to set them at ease. He said to the husband that it was too bad the train should be late on so cold a night.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

The first step in starting a conversation without strangling it is to match your listeners mood, if only for a sentence or two. When it comes to small talk, think music, not words. Is your litener adagio or allegro? Match that pace. I call it Make a Mood Match. Matching Their Mood Can Make or Break the Sale

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

The Flooding Smile, Sticky Eyes, Epoxy Eyes, Hang by Your Teeth, The Big-Baby Pivot, Hello Old Friend, Limit the Fidget, Hanss Horse Sense, and Watch the Scene Before You Make the Scene

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Whenever your conversation really counts, let your nose itch, your ear tingle, or your foot prickle. Do not fidget, twitch, wiggle, squirm, or scratch. And above all, keep your paws away from your puss. Hand motions near your face and all fidgeting can give your listener the gut feeling youre fibbing.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Whenever your conversation really counts, let your nose itch, your ear tingle, or your foot prickle. Do not fidget, twitch, wiggle, squirm, or scratch. And above all, keep your paws away from your puss.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

it.Researchers told vounteers to treat unsuspecting subjects as though they liked them. When surveyed later, the results showed the volunteers wound up genuinely liking the subjects. The unsuspecting subjects were also surveyed. These respondents expressed much higher respect and affection for the volunteers who pretended they liked them. What it boils down to is love begets love, like begets like, respect begets respect. Use the Hello Old Friend technique and you will soon have many new old friends who wind up genuinely liking you.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

An added benefit to the Hello Old Friend technique is it becomes a self-fulfilling prophecy.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

When meeting someone, play a mental trick on yourself. In your minds eye, see him or her as an old friend, someone you had a wonderful relationship with years ago.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Heres a visualization technique that accomplishes all that. It guaantees that everyone you encounter will feel your warmth. I call it Hello Old Friend.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

When we see someone we love or feel copletely comfortable with, we respond warmly from head to toe without a thought. Our lips part happily. We step closer. Our arms reach out. Our eyes become soft and wide. Even our palms turn up and our bodies turn fully toward our dear friend.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

The secret to maing people like you is showing how much you like them!

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Give everyone you meet The Big-Baby Pivot. The instant the two of you are introduced, reward your new acquaintance. Give the warm smile, the total-body turn, and the undivided attention you would give a tiny tyke who crawled up to your feet, turned a precious face up to yours, and beamed a big toothless grin. Pivoting 100 percent toward the new person shouts I think you are very, very special.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Well, I have a request, Carla. I want you to give the next man who smiles at you that same big smile you gave Willie. I want you to turn toward him just like you did then. Maybe even reach out and touch his arm like you did Willies, and then welcome him into our conversation.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

You Only Have Ten Seconds Like attorneys deciding whether they want you on their case, everybody you meet makes a subconscious judgment on whether they want you in their lives.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

trial lawyers often choose women to do this twitch-and-turn spying job because, traditionally, females are sharper observers of subtle body cues than males.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

trial lawyers often choose women to do this twitch-and-turn spying job because, traditionally, females are sharper

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

Anthropologists have dubbed eyes the initial organ of romance because studies show intense eye contact plays havoc with our heartbeat.It

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

blinkers reported significantly higher feelings of respect and fondness for their colleagues who, unbeknownst to them, had siply been counting their blinks.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

reported significantly higher feelings of respect and fondness for their colleagues who, unbeknownst to them, had siply been counting their blinks.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

look at the other persons face for a second. Pause. Soak in their persona. Then let a big, warm, responsive smile flood over your face and overflow into your eyes. It will engulf the recipient like a warm wave. The split-second delay convinces people your flooding smile is genuine and only for them.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

she trained her lips to erupt more slowly. Thus her smile appeared more sincere and personalized for the recipient.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

I decided to do more research on the smile. When youre in the market for shoes, you begin to look at everyones feet. When you decide to change your hairstyle, you look at everyones haicut.

How to Talk to Anyone (Leil Lowndes)

concentrant les entreprises pour leur permettre d’être à l’échelle des plus grandes machines concevables. » Cette affirmation de ce technicien éminent balaie à juste titre les spéculations idéologiques sur la réduction de taille des entreprises, la dispersion de petites usines dans la nature, etc.

Le Système technicien (Jacques Ellul)

I have heard of men acquitted of all charges who have rotted to death for want of their discharge fees.

A Conspiracy of Paper (David Liss)

Newgate, unless she shielded herself from the vile rabble,

A Conspiracy of Paper (David Liss)

show it. She sucked on her bottom lip like a pouting

A Conspiracy of Paper (David Liss)

“I noticed the redness of your lips, the whiteness of your throat, and the delicate curve of your chin”—I reached out and rested my hand against the side of her face—“and the marvelous line of your cheekbones. You look to me like a glorious and sensual angel in an Italian painting.”

A Conspiracy of Paper (David Liss)

could have served himself well in the ring.

A Conspiracy of Paper (David Liss)

about the country working as what we called a spruce

A Conspiracy of Paper (David Liss)

and sword, overflowing wig, gleaming silver buckles

A Conspiracy of Paper (David Liss)

for a brief moment, into a look of languid contentment.

A Conspiracy of Paper (David Liss)

her, no Jew but myself had ever entered her premises.

A Conspiracy of Paper (David Liss)

Lesch-Nyhan syndrome. A genetic disease inherited only by boys. Caused by damage to a single gene, it results in a bizarre manifestation of stereotyped selfinjury, biting of the lips, fingers, and arms, as well as aggression directed toward other people.

The Cobra Event (Richard Preston)

Koltsovo Institute of Molecular Biology

The Cobra Event (Richard Preston)

like metallurgy. Steel can be used for ploughshares

The Cobra Event (Richard Preston)

What is that Zen saying? A wise man can live comfortably in hell.

The Cobra Event (Richard Preston)

cone was actually a fish-eye lens as small as a pencil point. Everything else in the optical assembly was behind the wall surface and invisible to Cope. Even if Cope had looked directly at the fish-eye lens he might not have noticed it. He might have thought it was a speck of dirt.

The Cobra Event (Richard Preston)

'He's probably working both sides of the street,' Littleberry said. 'Making money curing diseases. Making money selling diseases.'

The Cobra Event (Richard Preston)

'Lesch-Nyhan syndrome may be the most terrible genetic disease known.'

The Cobra Event (Richard Preston)

Something moved in Austen's mind. It was like a bird fluttering

The Cobra Event (Richard Preston)

can't catch a fly.' It seemed to be a way of thumbing

The Cobra Event (Richard Preston)

The world's total supply of smallpox vaccine currently stands at enough shots for half a million people - enough to vaccinate one out of every ten thousand people worldwide.

The Cobra Event (Richard Preston)

Obolensk Black Death is an amazing product,'

The Cobra Event (Richard Preston)

eight stories tall, and it covers more than five acres

The Cobra Event (Richard Preston)

amounts of smallpox. Dr Pasechnik spoke very knowledgeably

The Cobra Event (Richard Preston)

Historians describe the Black Death as something that just 'occurred' at the end of the Middle Ages. They don't make the connection: the Black Death did. not just 'occur'; it was the biological event that ended the Middle Ages.

The Cobra Event (Richard Preston)

brick buildings. It was surrounded by elm

The Cobra Event (Richard Preston)

island into the channel. A couple of Coast Guard launches

The Cobra Event (Richard Preston)

words on the wall that said, 'Conduct your blooming

The Cobra Event (Richard Preston)

Most of the French political leaders were middle-aged men, relatively uneducated in advanced biology, and unable to grasp the seriousness of biological weaponry.

The Cobra Event (Richard Preston)

Meanwhile, Littleberry placed his Halliburton

The Cobra Event (Richard Preston)

somewhat arty. There was an old bureau. A maple

The Cobra Event (Richard Preston)

'Calvary,' Kly said in a dreamy way. 'The Place of the Skull.' He placed the bone on the autopsy table, where it rotated slowly. 'You read the Bible too much,' Dudley remarked.

The Cobra Event (Richard Preston)

Austen sectioned one ovary with a scalpel. The girl's ovary fell apart under her blade. Cells in the ovary can become an adult human being. Looking at Kate's ovary gave Austen a deep feeling, and made her conscious of her own pelvic organs, her unknown future, the probability or hope that someday she would become a mother.

The Cobra Event (Richard Preston)

Death is the mother of structure. It took four billion years of death -- a third of the age of the universe -- for death to invent the human mind. Given another four billion years of death, or perhaps a hundred billion years of death, who can say that death will not create a mind so effective and subtle that it will reverse the fate of the universe and become God?

The Cobra Event (Richard Preston)

bed-and-breakfast. Her flight took off in clear weather.

The Cobra Event (Richard Preston)

unused and in perfect condition, hung from winches

The Cobra Event (Richard Preston)

Lassa ; Vallée du Rift ; Oropouche ; Rocio ; Q ; Guanarito ; VEE ; Dengue ; Chikingunya ; Machupo ; Junin ; les hantavirus ; les souches de rhabovirus comme le Mokolo et le Duvenhage ; le Dantec ; le virus cérébral de la forêt de Kyasanur ; le VIH – que l’on peut classer dans la catégorie des virus émergents parce que sa pénétration dans l’espèce humaine s’accroît rapidement, sans aucune fin prévisible ; l’agent de la forêt Semliki ; le Crimée-Congo ; Siudbis ; O’nyong nyong ; São Paulo ; Marburg ; Ebola Soudan ; Ebola Zaïre ; Ebola Reston.

Ebola (Richard Preston)

Dieu est dans les détails », et elle m’a répondu : « Non, Dieu est dans la structure.

Ebola (Richard Preston)

Dans l’Enéide de Virgile, Le Tartare est le pays de la mort, le monde souterrain, le lieu sans lumière où les ombres des morts murmurent dans les ténèbres.

Ebola (Richard Preston)

Dans l’Enéide de Virgile, Le Tartare est le pays de la mort, le monde souterrain, le lieu sans lumière où les

Ebola (Richard Preston)

En un sens, la terre est en train de fabriquer une réponse immunitaire contre la race humaine. Elle commence à réagir à l’homme comme à un parasite, face à l’envahissement par une marée humaine, face aux espaces morts recouverts de béton, aux déchets mortifères de l’Europe, du Japon et des Etats-Unis, provoqués par ces primates prolifiques dont la colonie toujours plus nombreuse menace la biosphère de choc mortel et d’extinction par son extension même. Peut-être la biosphère n’« aime »-t-elle pas la présence de cinq milliards d’êtres humains. On pourrait aussi dire que l’amplification extrême de la race humaine, intervenue dans les cent dernières années environ, a soudain produit une immense quantité de viande, partout présente dans la biosphère et pas toujours capable de se défendre contre une forme de vie qui pourrait vouloir la consommer. La nature a des façons intéressantes de rétablir son équilibre.

Ebola (Richard Preston)

Le sol sous les chauves-souris était souillé de guano humide et gélatineux, une pâte vert épinard tachée de gris qui me rappelait des huîtres. Sur le coup, je me posai la question idiote du goût que pouvait avoir ce guano. Je repoussai cette idée. Ce n’était qu’une mauvaise plaisanterie de mon cerveau. On doit éviter de manger de la merde en niveau 4.

Ebola (Richard Preston)

Le sol sous les chauves-souris était souillé de guano humide et gélatineux, une pâte vert épinard tachée de gris qui me rappelait des huîtres. Sur le coup, je me posai la question idiote du goût que pouvait avoir ce guano. Je repoussai cette idée. Ce n’était qu’une mauvaise plaisanterie de mon cerveau.

Ebola (Richard Preston)

Il est intéressant de penser que le chimpanzé est un animal en voie de disparition, alors que le virus qui vivait dans ces animaux, lui, n’est plus en danger du tout.

Ebola (Richard Preston)

on a enregistré l’apparition du sida en un clin d’œil : quand une piste de terre est devenue un ruban goudronné.

Ebola (Richard Preston)

La route du mont Elgon est un segment de l’autoroute de Kinshasa, l’autoroute du sida, la voie qui coupe l’Afrique en deux et le long de laquelle le virus du sida a voyagé à partir du moment où il est sorti du fond de la forêt dense et humide pour envahir la terre entière. Jadis, la route n’était qu’une piste de terre qui serpentait au cœur de l’Afrique, presque impossible à emprunter sur toute sa longueur. Elle fut pavée dans les années soixante-dix, et les camions commencèrent à la parcourir, précédant de peu l’irruption du virus du sida dans les villes bordant la route. L’origine géographique exacte du virus reste un grand mystère.

Ebola (Richard Preston)

quatre-vingt-dix pour cent des prostituées travaillant sur l’autoroute de Kinshasa sont séropositives.

Ebola (Richard Preston)

La zone devenait plus peuplée, et nous traversâmes des villages, avec partout des camions garés devant des baraques de planches et de tôle de petits restaurants. Certains de ces établissements proposent un service complet, avec chèvre grillée, bière Tusker, lit et femme.

Ebola (Richard Preston)

Elle rendit le bâtiment étanche à l’air. En divers endroits, à l’intérieur, elle plaça des papiers saturés de spores de bactéries inoffensives, le Bacillus subtilis niger. Ces spores sont difficiles à tuer. On dit qu’une décontamination qui tue le niger tue tout le reste.

Ebola (Richard Preston)

l’interrupteur et les poêles commencèrent

Ebola (Richard Preston)

Marburg.

Ebola (Richard Preston)

filovirus.

Ebola (Richard Preston)

Tom quitta le microscope des yeux et chercha une baguette de bois prolongée par un cil collé à l’aide de vernis à ongles. C’était l’outil servant à manipuler les tranches. Le cil était celui d’une des laborantines et on disait que ses cils étaient les meilleurs pour ce genre de travail : ni trop épais, ni trop fins, en fuseau, avec une pointe très fine. Il plongea le cil dans la goutte d’eau, souleva quelques tranches abîmées et s’en débarrassa sur une serviette en papier.

Ebola (Richard Preston)

une baguette de bois prolongée par un cil collé à l’aide de vernis à ongles. C’était l’outil servant à manipuler les tranches. Le cil était celui d’une des laborantines et on disait que ses cils étaient les meilleurs pour ce genre de travail : ni trop épais, ni trop fins, en fuseau, avec une pointe très fine. Il plongea le cil dans la goutte d’eau, souleva quelques tranches abîmées et s’en débarrassa sur une serviette en papier.

Ebola (Richard Preston)

si l’Ebola était du type Andromède – incroyablement mortel et diffusé par voie aérienne –, plus aucun lieu sûr n’existerait au monde. Alors, à partir de ce constat, on pouvait aussi bien travailler à l’épicentre que risquer l’infection à l’Opéra de Londres.

Ebola (Richard Preston)

vomito-negro

Ebola (Richard Preston)

septembre 1976,

Ebola (Richard Preston)

Le virus Ebola doit son nom à la rivière du même nom qui est un affluent du fleuve Congo.

Ebola (Richard Preston)

Ce n’est pas un travail pour une femme mariée. Soit vous négligerez votre travail, soit vous négligerez votre famille.

Ebola (Richard Preston)

Cette recherche illustre, une nouvelle fois, l’efficacité de la technique de l’étiquetage. Elle nous enseigne, en outre, qu’il vaut mieux, lorsqu’on attend quelque chose d’autrui, choisir un étiquetage spécifique (ici gentil et bienveillant) en prise directe avec l’acte attendu (en l’occurrence : se baisser pour aider quelqu’un à ramasser ses affaires), plutôt qu’un étiquetage valorisant (ici intelligent) mais sans rapport avec l’acte attendu.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Cette recherche illustre, une nouvelle fois, l’efficacité de la technique de l’étiquetage. Elle nous enseigne, en outre, qu’il vaut mieux, lorsqu’on attend quelque chose d’autrui, choisir un étiquetage spécifique (ici gentil et bienveillant) en prise directe avec l’acte attendu (en l’occurrence : se baisser pour aider quelqu’un à ramasser ses affaires),

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

l’instauration d’un dialogue entre solliciteur et sollicité doit être tenue pour un élément essentiel. Il est à ce point essentiel que, même avec des requêtes dénuées de tout altruisme, on a pu observer de beaux effets de pied-dans-la-bouche.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

acheter des cookies au profit des Restaurants du Cœur. Avant d’en appeler à la générosité de ses interlocuteurs, il disait une fois sur deux : « Comment allez-vous aujourd’hui ? (…) Je suis très heureux que vous alliez bien. » Cette entrée en matière fit passer le pourcentage d’acceptation de 10 % à 25 %.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Comment allez-vous aujourd’hui ? (…) Je suis très heureux que vous alliez bien. » Cette entrée en matière fit passer le pourcentage d’acceptation de 10 % à 25 %.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Notre conseil : si vous voulez rester maître de vous-même en toutes circonstances, n’acceptez pas qu’on vous touche !

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Auriez-vous une ou deux petites pièces pour me dépanner ? » Taux d’acceptation : 28 %. On passe tout bonnement à 47 % lorsque la demande est accompagnée d’un bref toucher de l’avant-bras

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

le toucher : — affecte favorablement les jugements esthétiques

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

La technique du toucher

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Ils confirment d’abord l’efficacité des deux techniques lorsque les deux requêtes sont formulées durant le même échange. Dans ce cas les deux techniques se valent plus ou moins : 78,3 % et 90,5 % des personnes sollicitées s’étant portées volontaires pour distribuer les quinze brochures, respectivement avec la stratégie de pied-dans-la-porte et avec celle de porte-au-nez, la différence entre ces deux pourcentages n’étant pas statistiquement significative. Mais il en va tout autrement lorsque les deux requêtes sont formulées à quelques jours d’intervalle. Si le pied-dans-la-porte conserve son efficacité (70 % d’acceptation), la porte-au-nez s’avère totalement inefficace (29 % seulement d’acceptation).

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

on ne chante pas parce qu’on est heureux, mais on est heureux parce qu’on chante.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

il est si important que le premier comportement demandé soit excessivement coûteux. Il faut, en effet, que la différence de coût entre les deux comportements demandés soit telle que la seconde requête puisse effectivement apparaître comme une réelle concession exigeant en retour une concession de l’individu sollicité.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

il est si important que ce soit la même personne qui formule les deux requêtes. La norme de réciprocité ne peut, évidemment, jouer que dans la mesure où le solliciteur reste le même.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

La norme de réciprocité ne peut, évidemment, jouer que dans la mesure où le solliciteur reste le même.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

si nous commençons par demander à autrui une faveur extrême dont le refus est certain et si nous passons ensuite à une moindre requête, il pourrait bien ressentir une pression normative le conduisant à répondre à notre concession par une concession de sa part

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

tenez-vous en au conseil que je viens de vous donner : demandez à votre tante qu’elle vous prête sa fourgonnette. Laissez-la refuser et, un peu comme si vous lui tendiez une perche, faites-lui entendre qu’elle dispose d’un autre moyen de se montrer utile aux nouveaux pauvres de la commune : tenir le stand de la poule sauteuse à la kermesse paroissiale les 3 et 4 juin. Bien entendu, je ne saurais vous promettre qu’elle acceptera, mais je puis vous certifier qu’elle aura plus de chance de le faire que si elle n’était pas soumise à cette technique de manipulation.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

il est arrivé qu’on réussisse des porte-au-nez téléphoniques, notamment lors de campagnes caritatives. Il y a aussi les hommes du commerce qui, vous le savez, aiment bien le courrier et le téléphone. Ils ne se mettent pas dans les meilleures conditions. Rien ne remplace le face-à-face.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

tante Agathe. Ne vous a-t-elle pas si gentiment prêté, il n’y a pas si longtemps, sa maison de campagne pour recevoir les membres de votre club ? Pour ne pas recourir une seconde fois à la stratégie du pied-dans-la-porte, et prendre ainsi le risque inutile d’éveiller ses soupçons, vous envisagez de pratiquer en cette nouvelle occasion une bonne porte-au-nez.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

La stratégie de la porte-au-nez permit donc de tripler le nombre de personnes qui, en définitive, acceptèrent d’accompagner un groupe de jeunes délinquants en visite au zoo.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

un inconnu l’aborde dans la rue, lui adresse une requête exorbitante une requête qu’elle ne pouvait manifestement pas accepter.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Classique, ou avec demande implicite, le pied-dans-la-porte, à bien le maîtriser, doit être tenu pour une grande technique de manipulation

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

À l’inverse, une faible justification correspond à une faible pression, les sujets pouvant alors penser qu’ils auraient pu aussi bien refuser de rendre le service demandé et qu’il leur appartenait vraiment d’en décider. Aussi, les premiers ne sont-ils pas ou sont-ils peu engagés par leur acte d’entraide, alors que les seconds le sont incontestablement. Sur la base de la théorie de l’engagement, on peut donc comprendre que les sujets pas ou peu engagés se comportent par la suite comme ils l’auraient fait spontanément ou presque et que les sujets engagés soient davantage portés à rendre un nouveau service,

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une forte justification équivalait à une forte pression

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Un conseil : ne manquez surtout pas d’assortir vos remerciements les plus sincères, lorsqu’elle vous aura dit « oui », d’un étiquetage assez fin, du genre : « Ah ! Tante Agathe, si tout le monde était prêt à aider la jeunesse comme toi !

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on a quelquefois montré qu’on pouvait augmenter l’efficacité de la technique du pied-dans-la-porte en aidant les gens à identifier le comportement préparatoire à un niveau élevé. On y parvient en utilisant un étiquetage dont la fonction n’est autre que de gratifier la personne qui vient d’être engagée dans un acte préparatoire d’une qualité abstraite, psychologique ou morale. Cet étiquetage peut passer par une phrase comme celle-ci : « Merci beaucoup, j’aimerais rencontrer plus de gens comme vous prêts à se mobiliser pour les bonnes causes. » La fonction de l’étiquetage est donc ici d’aider la personne à se forger une identification utile de son action.

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étiquetage peut passer par une phrase comme celle-ci : « Merci beaucoup, j’aimerais rencontrer plus de gens comme vous prêts à se mobiliser pour les bonnes causes. » La fonction de l’étiquetage est donc ici d’aider la personne à se forger une identification utile de son action.

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de gens comme vous prêts à se mobiliser pour les bonnes causes. » La fonction de l’étiquetage est donc ici d’aider la personne à se forger une identification utile de son action.

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une mère de famille préférera-t-elle dire qu’elle nourrit sa famille plutôt que de dire qu’elle est en train d’éplucher des légumes ou de casser des œufs, ce qu’elle est objectivement en train de faire. Ainsi, des étudiants préféreront-ils penser qu’ils préparent leur avenir plutôt que de se dire qu’ils révisent un cours ou qu’ils lisent un manuel en vue d’un contrôle, ce qu’ils sont objectivement en train de faire. Ceci ne signifie pas que la description de l’action passe toujours par des niveaux d’identification aussi élevés, mais plutôt que la conduite effectivement tenue dans une situation précise est catégorisée, avec de nombreuses autres, de façon à donner du sens à l’action,

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Quelques recherches montrent cependant qu’il est possible d’obtenir un effet de pied-dans-la-porte avec des requêtes qui sont en définitive plutôt dissemblables. C’est en particulier le cas dans la recherche de Freedman et Fraser visant à inciter des ménagères à accepter l’implantation dans leur jardin d’un panneau de signalisation routière. Ces chercheurs sont, en effet, parvenus, dans une condition que nous n’avons pas rapportée précédemment, à tripler le nombre de ménagères qui acceptèrent l’implantation du panneau en leur faisant préalablement signer une pétition sur un thème très différent : la qualité de l’environnement. De tels résultats donnent à penser que la personne est, en fait, engagée dans un registre d’action qui peut s’avérer très large. Il peut s’agir, par exemple, des conduites d’entraide ou de solidarité, des conduites militantes, etc.

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Ces chercheurs sont, en effet, parvenus, dans une condition que nous n’avons pas rapportée précédemment, à tripler le nombre de ménagères qui acceptèrent l’implantation du panneau en leur faisant préalablement signer une pétition sur un thème très différent : la qualité de l’environnement. De tels résultats donnent à penser que la personne est, en fait, engagée dans un registre d’action qui peut s’avérer très large. Il peut s’agir, par exemple, des conduites d’entraide ou de solidarité, des conduites militantes, etc.

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la personne est, en fait, engagée dans un registre d’action qui peut s’avérer très large. Il peut s’agir, par exemple, des conduites d’entraide ou de solidarité, des conduites militantes, etc.

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qu’il importe que l’individu sollicité puisse établir un lien entre les deux requêtes ou, si vous préférez, qu’il faut que la deuxième requête permette à l’individu sollicité de se souvenir de la première. C’est naturellement le cas lorsque les deux requêtes sont très rapprochées dans le temps. Ainsi, a-t-on pu obtenir des effets de pied-dans-la-porte au cours de la même interaction. Mais c’est encore le cas lorsque le délai est porté à 7-10 jours.

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qui doit formuler la requête relative au comportement préparatoire : vaut-il mieux que ce soit la même personne qui formule les deux requêtes ou est-il préférable que ce soit deux personnes différentes ? Pas la moindre importance, vous répondra-t-il. Ce qui prouve bien que l’individu est engagé dans un acte et non vis-à-vis d’une personne particulière

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vaut-il mieux que ce soit la même personne qui formule les deux requêtes ou est-il préférable que ce soit deux personnes différentes ? Pas la moindre importance, vous répondra-t-il. Ce qui prouve bien que l’individu est engagé dans un acte et non vis-à-vis d’une personne particulière

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qu’il importe que l’individu sollicité puisse établir un lien entre les deux requêtes ou, si vous préférez, qu’il faut que la deuxième requête permette à l’individu sollicité de se souvenir de la première

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De nombreuses recherches montrent, effectivement, que lorsque deux comportements préparatoires de coût différent donnent lieu à un effet de pied-dans-la-porte, cet effet ne varie pas significativement

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Au-delà d’un certain coût[35], comme en deçà d’un certain coût[36] de l’acte préparatoire, la technique du pied-dans-la-porte perd toute efficacité.

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le fait d’accepter de porter une jonquille pour appuyer une cause fonctionne comme un acte préparatoire suffisamment engageant pour affecter la probabilité d’effectuer ultérieurement un don au profit de la même cause.

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De 16,7 % à 76 %, il y a de quoi faire rêver tout démarcheur ou tout militant.

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un jeune homme lui demande gentiment si elle veut bien lui consacrer deux minutes. Évidemment, elle préférerait ne pas perdre son temps, mais comment refuser deux minutes à quelqu’un qui vous les demande gentiment ?

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Notre pratique de conférencier nous a d’ailleurs maintes fois montré à quel point le public pouvait être surpris, et même gêné, de voir associée l’idée d’engagement à des pratiques sournoises d’influence. C’est tout simplement que l’engagement dont nous venons de parler n’est pas celui de l’homme de la rue ou du romancier ou du responsable politique ou syndical. Nous venons de voir comment un individu

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Notre pratique de conférencier nous a d’ailleurs maintes fois montré à quel point le public pouvait être surpris, et même gêné, de voir associée l’idée d’engagement à des pratiques sournoises d’influence.

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On suppose, en effet, qu’une fois réalisé, l’acte va constituer un nouvel élément de la mémoire permanente, modifiant les relations existant entre les concepts, pour les réorganiser autour de lui.

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On suppose, en effet, qu’une fois réalisé, l’acte va constituer un nouvel élément de la mémoire permanente, modifiant les relations existant entre les concepts,

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On suppose, en effet, qu’une fois réalisé, l’acte va constituer un nouvel élément de la mémoire permanente,

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si l’engagement d’un sujet raciste dans un acte raciste (par exemple, signer une pétition) ne le rend pas plus raciste, il le rend plus résistant à tout discours antiraciste, ou à toute information nouvelle susceptible de remettre en cause son attitude initiale.

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Nous savons que l’engagement repose sur le caractère public de l’acte, sur le caractère irrévocable de l’acte, sur le caractère coûteux de l’acte, sur la répétition de l’acte, et surtout sur le sentiment de liberté associé à l’acte, ce sentiment étant lui-même lié à la faiblesse des pressions de tous ordres fournies par l’environnement (récompense absente ou dérisoire, menace absente ou dérisoire).

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l’exercice du pouvoir.

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Voici quatre stratégies que peut utiliser le père : 1. « Petit, ça me ferait plaisir si tu sautais. Maintenant, bien sûr, c’est ton problème, tu fais comme tu veux. » 2. « Petit, tu vas me faire le plaisir de sauter. Tu m’as bien compris ? Si tu ne sautes pas, tu n’iras pas au cinéma avec tes copains dimanche. » 3. « Petit, ça me ferait plaisir si tu sautais, si tu sautes, je t’achète une glace à la fraise. » 4. « Petit, ça me ferait plaisir si tu sautais, si tu sautes je t’achète une bicyclette. »

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forte menace et forte récompense constituent-elles des facteurs de désengagement dont on aurait tort de négliger l’impact.

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Les psychologues sociaux considèrent qu’une forte récompense fonctionne comme une obligation,

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Une autre façon de manipuler l’engagement consiste à amener les sujets expérimentaux à réaliser plusieurs fois le même acte

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on manipulera l’engagement par le caractère privé ou public de l’acte, en considérant qu’il est plus engageant de faire quelque chose sous le regard d’autrui, ou après avoir décliné son identité,

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on manipulera l’engagement par le caractère privé ou public de l’acte, en considérant qu’il est plus engageant de faire quelque chose sous le regard d’autrui,

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on manipulera l’engagement par le caractère privé ou public de l’acte, en considérant qu’il est plus engageant de faire quelque chose sous le regard d’autrui, ou

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on manipulera l’engagement par le caractère privé ou public de l’acte,

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Nous ne sommes pas engagés par nos idées, ou par nos sentiments, par ce qui est, en quelque sorte, « dans notre tête », mais par nos conduites effectives, et donc par des agissements que les autres peuvent ou pourraient « voir ».

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seuls les actes nous engagent

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La condition dans laquelle les sujets sont laissés entièrement libres du choix qu’ils ont à effectuer entre un test A et un test B donne lieu à de puissants effets de persévération. En revanche, la condition dans laquelle les sujets sont amenés, sous la pression de l’expérimentateur, à choisir l’un des deux tests ne donne pas lieu à des effets de persévération.

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Il convient alors, plutôt que de s’ingénier à convaincre le client d’acheter tel produit parce qu’il est plus ceci, ou moins cela que tel autre, d’insister sur sa liberté de choix en lui proposant les opportunités les plus à même de donner lieu aux effets de persévération des décisions antérieures.

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il ne pouvait accepter de prendre l’auto-stoppeuse et refuser de prendre ses compagnons de voyage.

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On notera pour terminer que si l’amorçage implique bien une décision, il ne concerne qu’un seul comportement : c’est tout ou rien.

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À tout prendre, mieux vaut s’encombrer d’un salon rose ou accepter inconsidérément un rendez-vous à 7 heures du matin que de progressivement s’enliser dans les pièges abscons de la conjugalité ou de la psychanalyse, le bouquet étant d’ailleurs d’entrer en analyse afin de mieux supporter des contrariétés aussi banales que celles que nous procurent des achats que l’on regrette ou des rendez-vous que l’on déplore. Mais il est vrai que l’on tombe plus fréquemment dans le piège de l’analyse pour tenter de sortir de celui de la conjugalité…

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53 % des étudiants de la condition d’amorçage (95 % des étudiants ayant accepté de participer à l’expérience) contre 24 % seulement dans la condition contrôle (79 % des étudiants ayant accepté de participer à l’expérience)

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cette consistance des sujets amorcés est moins surprenante qu’il n’y paraît. On constatera, en effet, que les étudiants de la condition contrôle n’ont eu à prendre qu’une seule décision (se rendre ou ne pas se rendre à 7 heures au laboratoire pour participer à l’expérience proposée). Les étudiants de la condition d’amorçage, quant à eux, ont dû se prononcer une seconde fois après avoir reçu toute l’information. Ils pouvaient encore à ce moment-là revenir sur leur décision. C’est donc bien une nouvelle décision, allant dans le même sens que la première, que l’expérimentateur a obtenue d’eux. En d’autres termes, les étudiants de la condition d’amorçage ont eu à prendre deux décisions alors que ceux de la condition contrôle n’ont eu à en prendre qu’une seule.

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cette consistance des sujets amorcés est moins surprenante qu’il n’y paraît. On constatera, en effet, que les étudiants de la condition contrôle n’ont eu à prendre qu’une seule décision (se rendre ou ne pas se rendre à 7 heures au laboratoire pour participer à l’expérience proposée). Les étudiants de la condition d’amorçage, quant à eux, ont dû se prononcer une seconde fois après avoir reçu toute l’information. Ils pouvaient encore à ce moment-là revenir sur leur décision. C’est donc bien une nouvelle décision, allant dans le même sens que la première, que l’expérimentateur a obtenue d’eux.

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la manipulation repose sur une évocation par le manipulateur d’avantages fictifs dont le caractère illusoire est révélé in extremis

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Il semble donc bien qu’une décision ne puisse déboucher sur des effets d’amorçage que dans la mesure où elle s’accompagne d’un tel sentiment de responsabilité personnelle.

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les étudiants les plus manipulés sont ceux qu’on a laissés les plus libres de leur décision initiale

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Sans oublier non plus ceux dont la cure analytique ne finit pas de finir. Car, qu’on le veuille ou non, une psychanalyse à toutes les propriétés d’un excellent piège abscons (voir supra) : 1. Le patient a décidé de s’engager dans un long processus de dépense (en argent, en temps, en énergie). 2. Que le patient en soit conscient ou pas, l’atteinte du but n’est pas certaine, et ceci d’autant plus que son psychanalyste lui-même peut considérer ce but comme un fantasme ou un « surcroît » (sic). 3. La situation est telle que le patient peut avoir l’impression que chaque dépense le rapproche davantage du but. 4. Le processus se poursuit sauf si le patient décide activement de l’arrêter. 5. Le patient n’a pas fixé au départ de limite à ses investissements. Sans commentaires !

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Sans oublier ces vieux époux qui, pour avoir eu les meilleures raisons du monde de se séparer n’en sont que plus heureux de souffler ensemble les bougies de leurs noces d’argent. Certes, les raisons de poursuivre la cohabitation, sinon l’alliance, furent nombreuses. Il y eut d’abord les amis communs, puis vinrent l’éducation des enfants et la maison achetée à crédit, jusqu’à ce qu’il ne demeure que la plus lourde d’entre toutes : l’inaptitude à vivre autre chose. À ne pas reconnaître cette raison, ils évitent de reconnaître que les précédentes n’étaient en définitive que les éléments d’un piège abscons ou d’une escalade d’engagement, et de voir leur existence comme un long cortège de dépenses gâchées. Ils peuvent, enfin, ensemble être heureux.

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À y bien réfléchir, la vie quotidienne est faite de décisions, menues ou importantes, qui peuvent nous amener à poursuivre au-delà du raisonnable dans un certain cours d’action. C’est ainsi que de petits ou de grands malheurs occasionnés par des pièges abscons ont pu être décrits dans des secteurs aussi divers que la poursuite d’une carrière insatisfaisante qui vous mine (Drummond et Chell, 2001), dans la soumission durable aux violences domestiques qui vous détruisent (Eisenstat et Bancroft, 1999), voire dans la persistance de phénomènes hallucinatoires qui vous désenchantent (Birchwood, Meaden, Trower, Gilbert, et Plaistow, 2000).

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escalade militaire.

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Les joueurs qui perdent le plus sont donc ceux qui doivent dire « stop »

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Nous définirons le phénomène de la dépense gâchée comme un phénomène qui apparaît chaque fois qu’un individu reste sur une stratégie, ou sur une ligne de conduite, dans laquelle il a préalablement investi (en argent, en temps, en énergie) et ceci au détriment d’autres stratégies, ou lignes de conduite, plus avantageuses.

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les gens ont tendance à adhérer à ce qui leur paraît être leurs décisions et à se comporter conformément à elles.

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Du point de vue formel, la demande faite à Madame O. s’apparente à une question (« Voudriez-vous jeter un coup d’œil sur ma valise, s’il vous plaît ? ») à laquelle elle peut, bien entendu, répondre par oui ou par non. De ce point de vue, Madame O. est donc dans une situation de choix : la forme étant celle d’une question, elle peut accepter ou refuser de satisfaire à la demande qui lui est adressée. Rien de tel pour ce qui est de la logique des rapports interpersonnels, la demande faite à Madame O. n’étant plus alors une question, mais une requête, l’une de ces requêtes que l’on ne peut guère refuser dans l’échange social ordinaire. Cette conjonction particulière d’un niveau formel semblant solliciter l’activité de décision (répondre « oui » ou « non ») et d’un niveau social rendant nécessaire l’acceptation de la requête est caractéristique d’une situation que nous retrouverons tout au long de cet ouvrage et qui relève de la soumission librement consentie. Si Madame O. peut avoir le sentiment d’avoir librement décidé de surveiller la valise en l’absence de sa voisine, elle n’avait cependant pas le choix, puisque n’importe qui à sa place aurait fait de même.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

Gageons que les promeneurs américains qui ont donné une dime après avoir donné l’heure n’ont pas eu le sentiment d’avoir été l’objet d’une agression insupportable à l’endroit de leur autonomie de décision ou de leur liberté d’action.

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Il n’est guère, en effet, que deux façons efficaces d’obtenir de quelqu’un qu’il fasse ce qu’on voudrait le voir faire : l’exercice du pouvoir (ou des rapports de force) et la manipulation.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

deux façons efficaces d’obtenir de quelqu’un qu’il fasse ce qu’on voudrait le voir faire : l’exercice du pouvoir (ou des rapports de force) et la manipulation.

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (nouvelle version) (Robert-Vincent Joule;Jean-Léon Beauvois)

De nombreuses personnes se livrant à des activités de substitution diront qu’elles en retirent un plus grand sentiment de réalisation que de l’activité «banale» de pourvoir à leurs besoins biologiques, mais c’est parce que, dans notre société, l’effort nécessaire pour satisfaire ceux-ci est devenu quelque chose d’insignifiant. Qui plus est, les gens ne satisfont pas leurs besoins biologiques de façon autonome, mais en fonctionnant comme des rouages d’une énorme machine sociale. En revanche, ils conservent généralement une grande autonomie dans leurs activités de substitution.

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Pour beaucoup, si ce n’est pour la majorité, les activités de substitution sont en réalité moins satisfaisantes que ne le serait la poursuite de buts authentiques

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

En revanche, la recherche du plaisir sexuel et de l’amour, par exemple, n’est pas une activité de substitution, parce que la plupart des gens, aussi satisfaisante que soit leur vie par ailleurs, se sentiraient mutilés si leur existence se déroulait sans relations amoureuses. (Mais la recherche frénétique et forcenée du plaisir sexuel peut être une activité de substitution.)

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Nous utiliserons l’expression «activité de substitution» pour désigner une activité dirigée vers un but artificiel que les gens se donnent à seule fin d’avoir un but quelconque à poursuivre, et surtout pour le sentiment de «réalisation» qu’ils retirent de cette activité. Voici une  règle simple pour identifier les activités de substitution. Soit un individu consacrant beaucoup de temps et d’énergie à atteindre un but quelconque ; demandez vous ceci : s’il devait les consacrer à satisfaire ses besoins biologiques, et que cet effort mobilise ses facultés physiques et mentales de manière intéressante et variée, souffrirait-il vraiment de ne pas atteindre cet autre but qu’il s’était fixé ? Si la réponse est non, il s’agit alors d’une activité de substitution. Les travaux d’Hirohito sur la biologie marine entrent manifestement dans cette catégorie

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Nous utiliserons l’expression «activité de substitution» pour désigner une activité dirigée vers un but artificiel que les gens se donnent à seule fin d’avoir un but quelconque à poursuivre, et surtout pour le sentiment de «réalisation» qu’ils retirent de cette activité. Voici une  règle simple pour identifier les activités de substitution. Soit un individu consacrant beaucoup de temps et d’énergie à atteindre un but quelconque ; demandez vous ceci : s’il devait les consacrer à satisfaire ses besoins biologiques, et que cet effort mobilise ses facultés physiques et mentales de manière intéressante et variée, souffrirait-il vraiment de ne pas atteindre cet autre but qu’il s’était fixé ? Si la réponse est non,

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Tout le monde a des buts ; ne serait-ce que ceux liés aux nécessités de la survie : nourriture, eau, vêtements et habitat adaptés au climat. Mais l’aristocratie oisive n’a besoin de faire aucun effort pour obtenir tout cela. D’où son ennui et sa démoralisation.

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Contrairement aux aristocraties guerrières qui doivent combattre pour se maintenir au pouvoir, les aristocraties oisives et insouciantes terminent dans la langueur, l’hédonisme et la dépression, même lorsqu’elles détiennent le pouvoir. Ce qui montre que le pouvoir n’est pas tout : il faut avoir des buts en fonction desquels l’exercer.

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Contrairement aux aristocraties guerrières qui doivent combattre pour se maintenir au pouvoir, les aristocraties oisives et insouciantes terminent dans la langueur, l’hédonisme et la dépression, même lorsqu’elles détiennent le pouvoir.

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Ils veulent leur faire étudier les disciplines techniques, qu’ils deviennent des cadres ou des scientifiques, qu’ils fassent carrière pour prouver que les Noirs sont aussi performants que les Blancs, que les parents noirs soient «responsables», que la gangs noirs deviennent non violents, etc. Mais ce sont justement là les valeurs du système industriel-technologique, qui se contrefout du genre de musique qu’un homme écoute, du style de vêtements qu’il porte ou de sa religion, aussi longtemps qu’il suit des études, qu’il exerce un métier respectable, qu’il grimpe dans l’échelle sociale, qu’il se comporte en parent «responsable», qu’il est non violent, etc. En réalité, et bien qu’il s’en défende, le progressiste sursocialisé veut que l’homme noir s’intègre au système et qu’il en adopte les valeurs.

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

beaucoup d’entre eux rejettent le concept de maladie mentale ou la validité de la mesure du QI. Ils sont hostiles aux explications génétiques des capacités ou du comportement humains parce que de telles explications font apparaître des inégalités entre les gens. Ils préfèrent rendre la société responsable de la disparité entre les individus.

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

beaucoup d’entre eux rejettent le concept de maladie mentale ou la validité de la mesure du QI. Ils sont hostiles aux explications génétiques des capacités ou du comportement humains parce que de telles explications font apparaître des inégalités entre les gens. Ils préfèrent rendre la société responsable de la disparité entre les individus. Si

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

beaucoup d’entre eux rejettent le concept de maladie mentale ou la validité de la mesure du QI. Ils sont hostiles aux explications génétiques des capacités ou du comportement humains parce que de telles explications font apparaître des inégalités entre les gens.

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Le progressiste est anti-individualiste et procollectiviste. Il demande à la société de résoudre les problèmes des individus et de les prendre en  charge. Il n’a pas confiance en ses propres capacités à résoudre ses problèmes et à satisfaire ses besoins. Il est opposé à la notion de compétition parce que, dans le fond, il se sent minable.

La societe industrielle et son avenir (Theodore Kaczynski)

Le vieil homme et la mer

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

C'est pas parce que tu crevais de faim que t'as tué ce poisson-là, se dit-il. Ni pour le vendre. Tu l'as tué par orgueil. Tu l'as tué parce que t'es né pêcheur. Ce poisson-là tu l'aimais quand il était en vie, et tu l'as aimé aussi après. Si tu l'aimes, c'est pas un péché de l'avoir tué. Ou c'est-y encore plus mal ?«

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Peut-être bien que c'était un péché de tuer ce poisson ? Mais il me semble tout de même que j'avais le droit, parce que je l'ai tué pour pas crever de faim, et puis il va nourrir beaucoup de gens. Ou alors, tout est péché. Pense donc pas au péché. C'est trop tard, et y a des gens qui sont payés pour ça. Ils ont qu'à y penser, eux autres. Toi, t'es né pêcheur, comme ce poisson-là, il était né poisson.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Faut jamais désespérer, pensa-t-il. C'est idiot. Sans compter que c'est un péché, je crois bien.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Un homme, ça peut être détruit, mais pas vaincu.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

endure ton mal comme un homme. Ou comme un poisson.«

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Moi, si j'ai mal, ça n'a pas d'importance ; je me fais une raison.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Combien de gens pourront se nourrir dessus ? se demanda-t-il. Mais est-ce que les gens méritent de le manger ? Non, bien sûr. Y a personne qui mérite de le manger, digne et courageux comme il est, ce poisson-là.«

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Quand le soleil se couche, les poissons s'énervent. C'est connu.«

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

je lui ferai voir tout ce qu'un homme peut faire, et tout ce qu'un homme peut supporter.«

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Je voudrais que ça soit moi le poisson, pensa-t-il. C'est lui qu'a tous les avantages. Moi, j'ai que ma volonté et ma cervelle.«

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Courage, main, dit-il, c'est pour toi que je mange.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Si les gens m'entendaient causer comme ça tout seul, ils croiraient que je suis maboul, dit-il à haute voix. Mais du moment que je suis pas maboul, ça m'est égal. Sans compter que les riches, ils ont des TSF dans leurs bateaux pour leur tenir compagnie et pour leur raconter le base-ball.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Les gens n'ont pas de pitié pour les tortues, sous prétexte qu'un coeur de tortue continue à battre des heures après qu'elle a été ouverte et vidée. Le vieux songeait : « J'ai un coeur tout pareil au coeur des tortues, et mes mains, mes pieds sont comme les leurs.«

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Les oiseaux lui faisaient pitié, les hirondelles de mer surtout, si délicates dans leur sombre plumage, qui volent et guettent sans trêve, et presque toujours en vain. Les oiseaux, ils ont la vie plus dure que nous autres, pensait-il, à part les pies voleuses et les gros rapaces.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Les oiseaux, ils ont la vie plus dure que nous autres, pensait-il, à part les pies voleuses et les gros rapaces.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Ca fait deux dollars et demi. A qui c'est-y qu'on va les emprunter ? — Bah ! C'est pas dur. Je trouverai toujours bien deux dollars et demi. — Moi aussi, peut-être. Mais j'essaie de pas emprunter. Tu commences par emprunter et bientôt te voilà mendiant.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Tu commences par emprunter et bientôt te voilà mendiant.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Quand le vieil homme avait-il atteint l'humilité ? Il était bien trop simple pour le démêler. Mais il savait qu'il l'avait atteinte. Il savait que ce n'était pas honteux. Sa vraie fierté, il ne l'avait nullement perdue.

Le vieil homme et la mer (Ernest Hemingway)

Cette science s’étend à des domaines immensément divers, depuis le fait de se raser jusqu’au fait d’organiser le débarquement de Normandie et la crémation de milliers de déportés. Il n’y a plus d’activité humaine qui maintenant échappe à cet impératif technique. Il y a une technique de l’organisation (on voit que le grand fait signalé par M. Toynbee s’intègre dans cette conception du phénomène technique) exactement comme il y a une technique de l’amitié ou une technique de la natation.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

le phénomène technique peut se résumer comme « la recherche du meilleur moyen dans tous les domaines ».

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

l’on cherche à appliquer les mêmes méthodes et à ouvrir le même champ d’action dans des domaines où le travail est encore laissé au hasard, au pragmatisme et à l’instinct. La prise de conscience produit donc une extension rapide et presque universelle de la technique.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

La prise de conscience produit donc une extension rapide et presque universelle de la technique.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

la technique n’est rien de plus que moyen et ensemble de moyens. Mais cela ne diminue pas l’importance du problème, car notre civilisation est d’abord une civilisation de moyens et il semble que dans la réalité de la vie moderne les moyens soient plus importants que les fins.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

Plus on applique de techniques, plus est rationnel l’usage des machines et par conséquent moins on a besoin de les utiliser n’importe où. L’organisation place la machine juste où il faut et lui demande juste ce qu’il faut.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

Dans toutes les situations où se rencontre une puissance technique, celle-ci cherche, de façon inconsciente, à éliminer tout ce qu’elle ne peut pas assimiler. Autrement dit, partout où nous rencontrons ce facteur, il joue nécessairement, comme son origine le prédestine, semble-t-il, à le faire, dans le sens d’une mécanisation. Il s’agit de transformer en machine tout ce qui ne l’est pas encore.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

il faut supposer que c’est la société entière, « Société Anonyme », S. A. R. L., qui a passé contrat avec le Diable, lui a vendu toute transcendance, toute finalité au prix de l’abondance, et est hantée désormais par l’absence de fins.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La part de nous qui nous échappe, nous ne lui échappons pas. L’objet (l’âme, l’ombre, le produit de notre travail devenus objet) se venge. Tout ce dont nous sommes dépossédés reste lié à nous, mais négativement, c’est-à-dire qu’il nous hante. Cette part de nous, vendue et oubliée, c’est encore nous, ou plutôt c’en est la caricature, le fantôme, le spectre, qui nous suit, nous prolonge, et se venge.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

l’enroule, l’empoche et se retire, obséquieux

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La dépression affleure, significativement, là ou cessent les contraintes de travail, et où commence (devrait commencer) le temps de la satisfaction (migraines des P.-D. G. du vendredi soir au lundi matin, suicides ou mort rapide des a retraités », etc.).

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La vraie passivité est dans la conformité joyeuse au système,

La société de consommation (Jean Baudrillard)

on ne guérira pas la fatigue « pathologique » par le sport et l’exercice musculaire, comme le disent les spécialistes naïfs (pas plus que par des tranquillisants ou des stimulants).

La société de consommation (Jean Baudrillard)

L’ « indifférence » politique, cette catatonie du citoyen moderne, c’est celle de l’individu à qui toute décision échappe, ne conservant que la dérision du suffrage universel.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

L’élève fatigué, c’est celui qui subit passivement le discours du professeur. L’ouvrier, le bureaucrate fatigué, c’est celui à qui on a ôté toute responsabilité dans son travail

La société de consommation (Jean Baudrillard)

cette société qui se donne et se voit toujours en progrès continu vers l’abolition de l’effort, la résolution des tensions, vers plus de facilité et d’automatisme, est en fait une société de stress, de tension, de doping, où le bilan global de satisfaction accuse un déficit de plus en plus grand, où l’équilibre individuel et collectif est de plus en plus compromis à mesure même que se multiplient les conditions techniques de sa réalisation.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Riesman parle, à propos de la jeunesse américaine, d’un style « Kwakiutl » et d’un style « Pueblo », se référant aux modèles culturels définis par Margaret Mead. Les Kwakiutl sont violents, agonistiques, compétitifs, riches, et pratiquent la consommation effrénée dans le potlatch. Les Pueblos sont doux, bienveillants, gentils, vivant et se contentant de peu.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

partout on injecte du lénifiant, du souriant, du déculpabilisant, du lubrifiant psychologique (tout comme du détergent dans les produits de lessive). Des enzymes dévorant l’angoisse. On vend aussi du tranquillisant, du relaxatif, de l’hallucinogène, de la thérapie de tout poil. Tâche sans issue, dans laquelle la société d’abondance, productrice de satisfaction sans fin, épuise ses ressources à produire aussi Vantidote à l’angoisse née de cette satisfaction. Un budget de plus en plus lourd passe à consoler les miraculés de l’abondance de leur satisfaction anxieuse. On peut l’assimiler au déficit économique (d’ailleurs non comptabilisable) dû aux nuisances de la croissance (pollution, obsolescence accélérée, promiscuité, rareté des biens naturels), mais il les dépasse sans aucun doute de très loin.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

C’est en effet le fantôme de la sincérité perdue qui hante toute cette amicalité du contact, ce perpétuel « en direct avec… », ce jeu et ce forcing du dialogue à tout prix. La relation authentique est perdue, vive la sincérité !

La société de consommation (Jean Baudrillard)

« Cette hantise de la sincérité ne fait que rappeler tristement combien ils font peu confiance à eux-mêmes et aux autres dans la vie quotidienne. »

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Chacun « sollicite » et manipule, chacun est sollicité et manipulé.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Ainsi encore la T. W. A., « la Compagnie qui vous comprend ». Et voyez comme elle vous comprend : « Nous ne supportons pas l’idée de vous savoir tout seul dans votre chambre d’hôtel, manipulant frénétiquement les boutons de votre T. V… Nous allons tout faire pour vous permettre d’emmener votre chère moitié avec vous lors de votre prochain voyage d’affaires… tarif spécial famille, etc. Avec votre chère moitié près de vous, au moins vous aurez quelqu’un pour changer de chaîne… C’est ça l’amour… » Pas question d’être seul, vous n’avez pas le droit d’être seul : « Nous ne le supportons pas. » Si vous ne savez pas ce que c’est que d’être heureux, nous vous l’apprendrons. Nous le savons mieux que vous. Et même la façon de faire l’amour : votre « moitié », c’est votre « deuxième chaîne » érotique. Vous ne le saviez pas ? Nous vous l’apprenons aussi.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Comprendre les gens pour être compris d’eux. Savoir leur parler pour être entendu d’eux. Savoir leur plaire pour les intéresser. Bref, savoir leur vendre un produit – votre produit. C’est ce que nous appelons la « communication ». Astuce de commercialisation ? Pas seulement. Cette jeune fille n’a pas le droit d’aimer Freud, elle se trompe, et nous allons lui imposer, pour son bien, ce qu’elle aime en secret. Toute l’inquisition sociale est là, toute la répression psychologique. La publicité dans son ensemble n’avoue pas si clairement les choses. Elle met en œuvre cependant à tout instant les mêmes mécanismes de contrôle charitable et répressif.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Quand une jeune fille vous dit qu’elle adore Freud, il faut comprendre qu’elle adore les bandes dessinées

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Jusqu’aux industriels qui se prennent pour des missionnaires du bien-être et de la prospérité générale. « La Société est malade » : c’est le leitmotiv de toutes les bonnes âmes au pouvoir.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Un publicitaire : « Ce que vient chercher le client, c’est une sécurité. Il a besoin d’être rassuré, pris en charge. Pour lui, vous êtes tantôt le père, ou la mère, ou le fils… » « Notre métier est proche de l’art médical. » « On est comme les toubibs, on donne des conseils, on n’impose rien. » « Mon métier, c’est un sacerdoce, comme celui du médecin.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le travelling des vitrines, leur féerie calculée qui est toujours en même temps une frustration, cette valse-hésitation du shopping, c’est la danse canaque d’exaltation des biens avant l’échange. Les objets et les produits s’y offrent dans une mise en scène glorieuse, dans une ostentation sacralisante

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Tous les jeux de la publicité vont dans ce sens. Voyez comme elle se fait partout discrète, bénévole, effacée, désintéressée. Dne heure d’émission de radio pour une minute de flash sur la marque. Quatre pages de prose poétique et la marque de la firme, honteuse (?!), au bas d’une page

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Tous les jeux de la publicité vont dans ce sens. Voyez comme elle se fait partout discrète, bénévole, effacée, désintéressée. Dne heure d’émission de radio pour une minute de flash sur la marque. Quatre pages de prose poétique et la marque de la firme, honteuse

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Playtime, ou la parodie des services. Cet immense système de sollicitude vit sur une contradiction totale. Non seulement il ne saurait masquer la loi d’airain de la société marchande, la vérité objective des rapports sociaux, qui est la concurrence, la distance sociale croissante avec la promiscuité et la concentration urbaine et industrielle, mais surtout la généralisation de l’abstraction de la valeur d’échange au sein même de la quotidienneté et des relations les plus personnelles – mais ce système, en dépit des apparences, est lui- même UN SYSTÈME DE PRODUCTION – production de communication, de relation humaine de services. Il produit de la sociabilité. Or, en tant que système de production, il ne peut qu’obéir aux mêmes lois qui sont celles du mode de production des biens matériels, il ne peut que reproduire dans son fonctionnement même les rapports sociaux qu’il a pour objectif de dépasser. Destiné à produire de la sollicitude, il est voué à produire et à reproduire simultanément de la distance, de la non-communication, de l’opacité et de l’atrocité.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le sourire de Sofitel-Lyon, c’est celui que nous espérons voir fleurir sur vos lèvres quand vous passerez notre porte, c’est celui de tous ceux qui ont déjà apprécié un des hôtels de notre chaîne… c’est la démonstration de notre philosophie en matière d’hôtellerie : le sourire.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

le psycho-sociologue patenté est payé cher pour réinjecter de la solidarité, de l’échange, de la communication, dans les rapports opaques de l’entreprise.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La perte de la relation humaine (spontanée, réciproque, symbolique) est le fait fondamental de nos sociétés.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Car c’est bien de consommation qu’il s’agit – consommation de relation humaine, de solidarité, de réciprocité, de chaleur et de participations sociales standardisées sous forme de services – consommation continuelle de sollicitude, de sincérité et de chaleur, mais bien sûr consommation des signes seulement de cette sollicitude – vitale pour l’individu, plus encore que l’alimentation biologique, dans un système où la distance sociale et l’atrocité des rapports sociaux sont la règle objective.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Les objets ne servent pas tellement à quelque chose, d’abord et surtout ils vous servent.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

salut dans le loisir et le plaisir, dont nul désormais ne peut se dispenser

La société de consommation (Jean Baudrillard)

salut dans le loisir et le plaisir,

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Il n’y a pas de temps dans les sociétés primitives. La question de savoir si on y « a » le temps ou non n’a pas de sens. Le temps n’y est rien que le rythme des activités collectives répétées (rituel de travail, de fêtes). Il n’est pas dissociable de ces activités pour être projeté dans l’avenir, prévu et manipulé. Il n’est pas individuel, c’est le rythme même de l’échange, qui culmine dans l’acte de la fête. Il n’y a pas de nom pour le nommer, il se confond avec les verbes de l’échange, avec le cycle des hommes et de la nature.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La victoire de l’économie autonome doit être en même temps sa perte. Les forces qu’elle a déchaînées suppriment la nécessité économique qui a été la base immuable des sociétés anciennes. Quand elle la remplace par la nécessité du développement économique infini, elle ne peut que remplacer la satisfaction des premiers besoins humains sommairement reconnus, par une fabrication ininterrompue de pseudo-besoins qui se ramènent au seul pseudo-besoin du maintien de son règne. Mais l’économie autonome se sépare à jamais du besoin profond dans la mesure même où elle sort de l’inconscient social qui dépendait d’elle sans le savoir. « Tout ce qui est conscient s’use. Ce qui est inconscient reste inaltérable. Mais une fois délivré, ne tombe-t-il pas en ruine à son tour ? » (Freud).

La société du spectacle (Guy Debord)

Alors que dans la phase primitive de l’accumulation capitaliste « l’économie politique ne voit dans le prolétaire que l’ouvrier », qui doit recevoir le minimum indispensable pour la conservation de sa force de travail, sans jamais le considérer « dans ses loisirs, dans son humanité », cette position des idées de la classe dominante se renverse aussitôt que le degré d’abondance atteint dans la production des marchandises exige un surplus de collaboration de l’ouvrier. Cet ouvrier, soudain lavé du mépris total qui lui est clairement signifié par toutes les modalités d’organisation et surveillance de la production, se retrouve chaque jour en dehors de celle-ci apparemment traité comme une grande personne, avec une politesse empressée, sous le déguisement du consommateur. Alors l’humanisme de la marchandise prend en charge « les loisirs et l’humanité » du travailleur, tout simplement parce que l’économie politique peut et doit maintenant dominer ces sphères en tant qu’économie politique. Ainsi « le reniement achevé de l’homme » a pris en charge la totalité de l’existence humaine.

La société du spectacle (Guy Debord)

L’économie transforme le monde, mais le transforme seulement en monde de l’économie.

La société du spectacle (Guy Debord)

La croissance économique libère les sociétés de la pression naturelle qui exigeait leur lutte immédiate pour la survie, mais alors c’est de leur libérateur qu’elles ne sont pas libérées.

La société du spectacle (Guy Debord)

l’activité du travailleur perd son caractère d’activité pour devenir une attitude contemplative. »

La société du spectacle (Guy Debord)

Le spectacle est le capital à un tel degré d’accumulation qu’il devient image.

La société du spectacle (Guy Debord)

L’aliénation du spectateur au profit de l’objet contemplé (qui est le résultat de sa propre activité inconsciente) s’exprime ainsi : plus il contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son propre désir. L’extériorité du spectacle par rapport à l’homme agissant apparaît en ce que ses propres gestes ne sont plus à lui, mais à un autre qui les lui représente. C’est pourquoi le spectateur ne se sent chez lui nulle part, car le spectacle est partout.

La société du spectacle (Guy Debord)

Le système économique fondé sur l’isolement est une production circulaire de l’isolement. L’isolement fonde la technique, et le processus technique isole en retour. De l’automobile à la télévision, tous les biens sélectionnés par le système spectaculaire sont aussi ses armes pour le renforcement constant des conditions d’isolement des « foules solitaires ». Le spectacle retrouve toujours plus concrètement ses propres présuppositions.

La société du spectacle (Guy Debord)

Par la réussite même de la production séparée en tant que production du séparé, l’expérience fondamentale liée dans les sociétés primitives à un travail principal est en train de se déplacer, au pôle de développement du système, vers le non-travail, l’inactivité. Mais cette inactivité n’est en rien libérée de l’activité productrice : elle dépend d’elle, elle est soumission inquiète et admirative aux nécessités et aux résultats de la production ; elle est elle-même un produit de sa rationalité. Il ne peut y avoir de liberté hors de l’activité, et dans le cadre du spectacle toute activité est niée, exactement comme l’activité réelle a été intégralement captée pour l’édification globale de ce résultat. Ainsi l’actuelle « libération du travail », l’augmentation des loisirs, n’est aucunement libération dans le travail, ni libération d’un monde façonné par ce travail. Rien de l’activité volée dans le travail ne peut se retrouver dans la soumission à son résultat.

La société du spectacle (Guy Debord)

Avec la séparation généralisée du travailleur et de son produit, se perdent tout point de vue unitaire sur l’activité accomplie, toute communication personnelle directe entre les producteurs. Suivant le progrès de l’accumulation des produits séparés, et de la concentration du processus productif, l’unité et la communication deviennent l’attribut exclusif de la direction du système. La réussite du système économique de la séparation est la prolétarisation du monde.

La société du spectacle (Guy Debord)

Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n’exprime finalement que son désir de dormir. Le spectacle est le gardien de ce sommeil.

La société du spectacle (Guy Debord)

La première phase de la domination de l’économie sur la vie sociale avait entraîné dans la définition de toute réalisation humaine une évidente dégradation de l’être en avoir. La phase présente de l’occupation totale de la vie sociale par les résultats accumulés de l’économie conduit à un glissement généralisé de l’avoir au paraître,

La société du spectacle (Guy Debord)

Là où le monde réel se change en simples images, les simples images deviennent des êtres réels, et les motivations efficientes d’un comportement hypnotique.

La société du spectacle (Guy Debord)

La première phase de la domination de l’économie sur la vie sociale avait entraîné dans la définition de toute réalisation humaine une évidente dégradation de l’être en avoir. La phase présente de l’occupation totale de la vie sociale par les résultats accumulés de l’économie conduit à un glissement généralisé de l’avoir au paraître,

La société du spectacle (Guy Debord)

tautologique du spectacle découle du simple fait que ses moyens sont en même temps son but. Il est le soleil qui ne se couche jamais sur l’empire de la passivité moderne.

La société du spectacle (Guy Debord)

Le spectacle, compris dans sa totalité, est à la fois le résultat et le projet du mode de production existant. Il n’est pas un supplément au monde réel, sa décoration surajoutée. Il est le cœur de l’irréalisme de la société réelle.

La société du spectacle (Guy Debord)

Sous toutes ses formes particulières, information ou propagande, publicité ou consommation directe de divertissements, le spectacle constitue le modèle présent de la vie socialement dominante. Il est l’affirmation omniprésente du choix déjà fait dans la production, et sa consommation corollaire. Forme et contenu du spectacle sont identiquement la justification totale des conditions et des fins du système existant. Le spectacle est aussi la présence permanente de cette justification, en tant qu’occupation de la part principale du temps vécu hors de la production moderne.

La société du spectacle (Guy Debord)

représentation à la réalité,

La société du spectacle (Guy Debord)

Voyez si vous me voulez pour votre femme ; sinon, sortez de mon lit et retournez dans le vôtre. »

Le Decameron (Jean Boccace)

Une bouteille et une rose. La rose rougit, s’entrouvre, avance vers l’écran, grossit, devient tumescente ; le bruit amplifié d’un cœur qui bat emplit la salle, s’accélère, se fait fiévreux, fou ; le bouchon commence à sortir du goulot de la bouteille, lentement, inexorablement, il grandit, s’approche de la caméra, ses entraves de fils d’archal cèdent une à une ; le cœur tape, tape, la rose gonfle, encore le bouchon – ah ! et soudain, le cœur s’arrête, le bouchon saute, la mousse de champagne coule en petites pulsations le long du goulot, la rose pâlit et se referme, la tension va decrescendo.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

la sexualité, cessant d’être un facteur de cohésion et d’exaltation commune, devient une frénésie individuelle de profit. Elle isole chacun en l’obsédant.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

« Que l’article à catapulter dans l’espace commercial soit une marque de pneus ou un modèle de cercueil, c’est toujours au même endroit qu’on essaie d’atteindre le client éventuel : au-dessous de la ceinture. L’érotisme pour l’élite, la pornographie pour le grand public. » (Jacques Sternberg,

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La femme moderne est à la fois la vestale et le manager de son propre corps, elle veille à le garder beau et compétitif

La société de consommation (Jean Baudrillard)

femme moderne est à la fois la vestale et le manager de son propre corps, elle veille à le garder beau et compétitif

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Les « religions » primitives ne connaissent pas de « sacrement », elles connaissent une pratique collective. C’est avec l’individualisation du principe de salut (principalement dans la spiritualité chrétienne) que s’instituent les sacrements et les « officiants » qui en ont la charge

La société de consommation (Jean Baudrillard)

c’est maintenant seulement, à travers la « redécouverte » et la sacralisation individuelle du corps, c’est maintenant seulement que la médicalité prend toute son envergure (de même que c’est avec la cristallisation mythique d’une « âme individuelle » que la cléricalité comme institution transcendante avait pris tout son essor).

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Il faut que l individu se prenne lui-même comme objet, comme le plus beau des objets, comme le plus précieux matériel d’échange, pour que puisse s’instituer au niveau du corps déconstruit, de la sexualité déconstruite, un processus économique de rentabilité.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Achetez – et vous serez bien dans votre peau.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le mythe du Healthy American Businessman, moitié James Bond, moitié Henry Ford, sûr de lui, à l’aise dans sa peau, équilibré physiquement et psychiquement, s’est installé de plain-pied dans notre civilisation.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le mythe du Healthy American Businessman, moitié James Bond, moitié Henry Ford,

La société de consommation (Jean Baudrillard)

moitié James Bond, moitié Henry Ford,

La société de consommation (Jean Baudrillard)

jadis c était « l’âme qui enveloppait le corps »,

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Une propagande sans relâche nous rappelle, selon les termes du cantique, que nous n’avons qu’un corps et qu’il faut le sauver.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

le corps est devenu objet de salut.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Dans le jeu, l’amusement n’est pas réciproque : presque toujours l’un des joueurs s’impatiente et se fâche, ce qui diminue beaucoup le plaisir de son adversaire, ainsi que celui des spectateurs.

Le Decameron (Jean Boccace)

Voici une recette pour se faire aimer sans drogues, ni herbe, ni paroles magiques de sorcière. Aimez, on vous aimera22.

Lucilius (Sénèque)

(le japonais, dit-on, énonce des impressions, non des constats

L'empire des signes (Roland Barthes)

La logique de la consommation, nous avons vu, se définit comme une manipulation de signes. Les valeurs symboliques de création, la relation symbolique d’intériorité en sont absentes : elle est toute en extériorité. L’objet perd sa finalité objective, sa fonction, il devient le terme d’une combinatoire beaucoup plus vaste, d’ensembles d’objets où sa valeur est de relation.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

L’objet perd sa finalité objective, sa fonction, il devient le terme d’une combinatoire beaucoup plus vaste, d’ensembles d’objets où sa valeur est de relation.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Il faut observer pour s’en convaincre, dans un café, la foule recueillie qui entoure le réparateur dès qu’il ouvre la machine. Personne ne comprend ces connexions et ces réseaux, mais tout le monde accepte ce monde étrange comme une donnée première et indiscutable. Rien de commun avec le rapport du cavalier à son cheval, ou de l’ouvrier à son outil, ou de l’amateur à l’œuvre d’art : ici le rapport de l’homme à l’objet est proprement magique, c’est-à-dire fasciné et manipulatoire.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le gadget, lui, fait partie d’une logique systématique qui saisit toute la quotidienneté sur le mode spectaculaire et, par contrecoup, rend suspect d’artificialité, de truquage et d inutilité tout l’environnement d’objets, et, par extension, tout l’environnement de relations humaines et sociales.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

si l’on admet de définir l’objet de consommation par la disparition relative de sa fonction objective (ustensile) au profit de sa fonction de signe, si l’on admet que l’objet de consommation se caractérise par une espèce d’inutilité fonctionnelle (ce qu’on consomme, c’est précisément autre chose que de 1’ « utile »), alors le gadget est bien la vérité de l’objet en société de consommation.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

lire ce journal, c’est s’affilier aux lecteurs de ce journal, c’est jouer d’une activité « culturelle » comme emblème de classe).

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La femme n’est engagée à se gratifier elle-même que pour mieux entrer comme objet de compétition dans la concurrence masculine (se plaire pour mieux plaire). Elle n’entre jamais en compétition directe (sinon avec les autres femmes au regard des hommes).. Si elle est belle, c’est-à-dire si cette femme est femme, elle sera choisie. Si l’homme est homme, il choisira sa femme parmi d’autres objets/signes (sa voiture, sa femme, son eau de toilette). Sous couleur d’autogratification, la femme (le Modèle Féminin) est reléguée, dans un accomplissement « de service », par procuration. Sa détermination n’est pas autonome.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La femme n’est engagée à se gratifier elle-même que pour mieux entrer comme objet de compétition dans la concurrence masculine (se plaire pour mieux plaire). Elle n’entre jamais en compétition directe (sinon avec les autres femmes au regard des hommes).. Si elle est belle, c’est-à-dire si cette femme est femme, elle sera choisie. Si l’homme est homme, il choisira sa femme parmi d’autres objets/signes (sa voiture, sa femme, son eau de toilette).

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le modèle féminin enjoint beaucoup plus à la femme de se faire plaisir à elle-même. Ce n’est plus la sélectivité, l’exigence, mais la complaisance et la sollicitude narcissique qui sont de rigueur. Au fond, on continue d’inviter les hommes à jouer au soldat, les femmes à jouer à la poupée avec elles-mêmes.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Distinction ou conformité ?

La société de consommation (Jean Baudrillard)

la personnalisation consiste en un recyclage quotidien sur la P. P. D. M. (Plus Petite Différence Marginale) : rechercher les petites différences qualitatives par lesquelles se signalent le style et le statut.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

C’est ainsi que tout le processus de consommation est commandé par la production de modèles artificiellement démultipliés (comme les marques de lessive), où la tendance monopolistique est la même que dans les autres secteurs de production. Il y a concentration monopolistique de la production des différences.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

le truc qui illustrera notre idiosyncrasie profonde, la différence qui nous fera être nous-mêmes.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

le niveau de consommation est la juste mesure du mérite social

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Publicité pour le cinéma publicitaire : « Le cinéma vous permet, grâce à ses écrans géants, de présenter votre produit en situation : couleurs, formes, conditionnement. Dans les 2 500 salles en régie publicitaire, 3 500 000 spectateurs chaque semaine. 67 % d’entre eux ont plus de quinze ans et moins de trente-cinq ans. Ce sont des consommateurs au plein de leurs besoins, qui veulent et peuvent acheter… » Exactement : ce sont des êtres en pleine force (de travail).

La société de consommation (Jean Baudrillard)

des consommateurs au plein de leurs besoins, qui veulent et peuvent acheter… » Exactement : ce sont des êtres en pleine force (de travail).

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Sur la consommation comme contrainte civique – Eisenhower 1958 : « Dans une société libre, le gouvernement encourage le mieux la croissance économique lorsqu’il encourage l’effort des individus et des groupes privés. L’argent ne sera jamais dépensé aussi utilement par l’État qu’il l’aurait été par le contribuable, lui-même libéré du fardeau des impôts. » Tout se passe comme si la consommation, sans être une imposition directe, puisse succéder efficacement à l’impôt comme prestation sociale. « Avec leurs 9 milliards bonifiés par le fisc, ajoute le magazine Time, les consommateurs sont allés chercher la prospérité dans 2 millions de commerces de détail… Ils ont compris qu’il était en leur pouvoir de faire croître l’économie en remplaçant leur ventilateur par un climatiseur. Ils ont assuré le boom de 1954 en achetant 5 millions de téléviseurs miniaturisés, 1 million et demi de couteaux à découper la viande électriquement, etc. » Bref, ils ont accompli leur devoir civique. « Thrift is unamerican », disait Whyte : « Économiser est anti-américain.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

l’impératif de s’amuser, d’exploiter à fond toutes les possibilités de se faire vibrer, jouir, ou gratifier.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

contrainte de jouissance.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

l’homme-consom-mateur se considère comme devant-jouir, comme une entreprise de jouissance et de satisfaction. Comme devant-être-heureux, amoureux, adulant/adulé, séduisant/sé-duit, participant, euphorique et dynamique. C’est le principe de maximisation de l’existence par multiplication des contacts, des relations, par usage intensif de signes, d’objets, par l’exploitation systématique de toutes les virtualités de jouissance.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La circulation, l’achat, la vente, l’appropriation de biens et d’objets/signes différenciés constituent aujourd’hui notre langage, notre code, celui par où la société entière communique et se parle.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La jouissance de la T. V. ou d’une résidence secondaire est vécue comme liberté « vraie », personne ne vit cela comme une aliénation, seul l’intellectuel peut le dire du fond de son idéalisme moralisant mais ceci le désigne tout au plus, lui, comme moraliste aliéné.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Revenu, achat de prestige et surtravail forment un cercle vicieux et affolé, la ronde infernale de la consommation, fondée sur l’exaltation des besoins dits « psychologiques », qui se différencient des besoins « physiologiques » en ce qu’ils se fondent apparemment sur le « revenu discrétionnaire » et la liberté de choix, et deviennent ainsi manipulabl.es à merci. — La publicité joue ici évidemment un rôle capital (autre idée devenue conventionnelle).

La société de consommation (Jean Baudrillard)

La Persuasion clandestine de Packard et La Stratégie du Désir de Dichter

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Depuis La Persuasion clandestine de Packard et La Stratégie du Désir de Dichter

La société de consommation (Jean Baudrillard)

c’est une pensée magique qui régit la consommation, c’est une mentalité miraculeuse qui régit la vie quotidienne, c’est une mentalité de primitifs, au sens où on l’a définie comme fondée sur la croyance en la toute-puissance des pensées : ici, c’est la croyance en la toute-puissance des signes. L’opulence, 1’ « affluence » n’est en effet que l’accumulation des signes du bonheur.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

colifichets,

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le centre culturel y devient partie intégrante du centre commercial. N’entendons pas que la culture y est « prostituée » : c’est trop simple. Elle y est culturalisée. Simultanément, la marchandise (vêtement, épicerie, restaurant, etc.) y est culturalisée elle aussi, car transformée en substance ludique et distinctive, en accessoire de luxe, en élément parmi d’autres de la panoplie générale des biens de consommation.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le centre culturel y devient partie intégrante du centre commercial. N’entendons pas que la culture y est « prostituée » : c’est trop simple. Elle y est culturalisée. Simultanément, la marchandise (vêtement, épicerie, restaurant, etc.) y est culturalisée elle aussi, car transformée en substance ludique et distinctive, en accessoire de luxe, en élément parmi d’autres de la panoplie

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Le centre culturel y devient partie intégrante du centre commercial.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Cette faune et cette flore, que l’homme a produites et qui reviennent l’encercler et l’investir comme dans les mauvais romans de science-fiction, il faut tenter de les décrire rapidement, telles que nous les voyons et les vivons – en n’oubliant jamais, dans leur faste et leur profusion, qu’elles sont le produit d’une activité humaine, et qu’elles sont dominées, non par des lois écologiques naturelles, mais par la loi de la valeur d’échange.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Cette faune et cette flore, que l’homme a produites et qui reviennent l’encercler et l’investir comme dans les mauvais romans de science-fiction, il faut tenter de les décrire rapidement, telles que nous les voyons et les vivons – en n’oubliant jamais, dans leur faste et leur profusion, qu’elles sont le produit d’une activité humaine, et qu’elles sont dominées, non par des lois écologiques naturelles,

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Comme l’enfant* loup devient loup à force de vivre avec eux, ainsi nous devenons lentement fonctionnels nous aussi.

La société de consommation (Jean Baudrillard)

la consommation est un mode actif de relation (non seulement aux objets, mais à la collectivité et au monde),

La société de consommation (Jean Baudrillard)

Estranged from each other consumers are focusing on the body and the surfaces of things, thinking that their bodies, the commodities that surround them, will give them the desired and promised meaning. What we are trying without avail is to reach this idealised image of the body attempting to sell our selves as if it was a commodity

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

the consumption of a dream

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

to cheaper underwear - but it means the consumption of a dream

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

“The woman buying 7.50 Dollar panties doesn’t get much than she can’t find at 3 Dollar. The difference is that insecure people feel better wearing designer labels - and there are plenty of insecure people out there”

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

we are no longer surrounded by people but by objects

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

Clothing by A&F is not bought because of its design but because of the signs that surround the apparel.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

Ours is an age obsessed with youth, health and physical beauty. Television and motion pictures, the dominant visual media, churn out persistent reminders that the lithe and graceful body, the dimpled smile set in an attractive face, are the keys to happiness, perhaps even its essence

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

“Sex is everywhere, except in sexuality”

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

What advertising today is composed of is not a certain message behind the picture or slogan the brand seeks to convey. It is quite the opposite, namely the absence of any kind of message: “Thus, the whole of advertising and modern erotics are made up of signs, not of meaning”

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

the whole of advertising and modern erotics are made up of signs, not of meaning”

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

Showing off well-formed muscles is now also something which women are told to pursue turning the gym into a battleground where everyone is competing for the price of the most ‘perfect’ body.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

Unthinkable is the detachment from consumption, since it ensures one’s belonging to capitalist society.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

stimulate insecurity and thus increase the consumption of commodities.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

It is due to this accretion of symbols, of signs that brands have become paramount in capitalist society. What does a brand stand for (Holt 2003, 43) and what can it promise to its consumers? Companies who most outstandingly establish that kind of brand identity are most successful in attracting the attention of and convincing consumers to buy what they have on offer.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

The promise of a better life through a certain product can only be acted out through the accretion of value to products.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

Purchasing an object nowadays means to purchase its surface, the lifestyle that encompasses the product.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

Commodities are no longer so much bought for their original functions but as markers for success,

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

For a Critique of the Political Economy of the Sign (1981).

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

disappearance of meaning, depth and coherence in favour of superficiality and empty signs.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

The fact that the Mall of America has 40 Million visitors annually, more than all national monuments and parks in the USA combined, (De Kelver 2008, 66) is another indicator for the increasing importance given to consumption in our times.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

shopping serves everybody as a possibility to create meaning. It is an act of the assemblage of various objects to be put together in order to produce a coherent image.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

images relentlessly surround us and penetrate our eyes and our minds leaving little space for us to experience the world irrespective of images.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

the image has seemingly become the chief source from which to derive meaning.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

there is no more possibility of salvation through the soul - as in previous times - but only salvation through the body

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

Whereas in the past the body “was regarded as a transitory vehicle, a means to higher spiritual ends” (Featherstone 1982, 26), it is now a vehicle for the display of success represented through its very surface.

The ‘Perfect’ Body: A Study of The Body in Today’s Consumer Society (Natascha Nina Katzwinkel)

greater emphasis on convertibles, the creation of the hard-top convertible as a compromise between the “mistress and the wife.”

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Defense of previous decision. Once we have made a decision in favor of a certain make of car, we feel responsible for that decision. Buying a new make is like admitting we were wrong the previous time. We want to be known as shrewd buyers, and buying the same make will help us keep that reputation.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

The feeling of having something better and newer than before is one of the chief gratifications of buying a new car.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

“Choice is not the emerging of a preference out of indifference; it is the emerging of a unified preference out of a number of competing inclinations.”

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Women influence the purchase of cars in every life period. Even the first car is bought to impress girls, and their influence continues throughout life, becoming more important after marriage. Women influence car buying directly or indirectly in about 95 per cent of all car purchases!

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

The psychological role of the woman, as shown in our survey, is a specific manifestation of the general part she plays in a man’s life. When he goes overboard, she pulls him back. When he slows down, she accelerates him.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Superficiality is also evidenced in woman’s attitude toward car names: “It sound nices to say, I’ll send my Packard down to the station.” We find that women have much more confidence in car names alone than do men.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Superficiality is also evidenced in woman’s attitude toward car names: “It sound nices to say, I’ll send my Packard down to the station.” We find that women have much more confidence in car names alone than do men. These two stories are significant evidence

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Every accident, therefore, is a psychological shock which tends to break the chain in repeat buying of the same make.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

After a failure in everyday life, many people get into their cars and drive off, usually at high speed. They are seeking a re-establishment of their shaken self-confidence. By driving, they develop their personalities, re-establish their self-confidence in much the same way that a young man builds self-confidence with his first car.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

After a failure in everyday life, many people get into their cars and drive off, usually at high speed. They are seeking a re-establishment of their shaken self-confidence.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

When we attempt to sell a new car the personality of the new car must compete with the strong personality of the old car. This important fact is frequently ignored both by salesmen and advertising copy writers.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

“I like driving very much. Could drive all day. I like handling a car, steering, avoiding obstacles and missing them.”

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

The Psychological Influence of Convertibles Although convertibles account for a small part of the car market, their psychological influence is very strong

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

My Pontiac’s nice, but there’s a lot of places we might be able to go but we can’t because it just isn’t a real good-looking car.”

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

A car is really a symbol, an expression of human desires. Its appearance, its mechanical functions, and its social functions help to build up that symbolic value.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

The detective reconstructs the history of the crime in order to find clues that will help him to understand the motivations of the murderer and to find the criminal. He gets his clues through interviews, but he would be a very poor detective if he believed everything the witnesses told him . . . what they do not tell him is often the clue to the crime. Our psychological technique operates in a manner very similar to that of the detective’s.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

The detective reconstructs the history of the crime in order to find clues that will help him to understand the motivations of the murderer and to find the criminal. He gets his clues through interviews, but he would be a very poor detective if he believed everything the witnesses told him . . .

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

many women have fights with girls att he checkout counter because they somehow want to project onto her their feeling of guilt at having spent too much.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

dealing with human beings and their foibles

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Rather than forbidding desire, which would be forbidding life itself, it is necessary to set a goal of growth, of dynamic security and constructive discontent; and then to learn and use the techniques implicit in the strategy of desire.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Rather than forbidding desire, which would be forbidding life itself, it is necessary to set a goal of growth, of dynamic security and constructive discontent; and then to learn and use the

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Nothing is more resented by others than condescension.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Are you paying attention to sounds, singling them out, and letting them penetrate your consciousness?

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

there are always mountains behind the mountains;

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

A knife has no morality of its own. Making it sharper thus does not make it more or less immoral. Persuasion techniques are like sharpened knives. They are tools.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Persuasion techniques are like sharpened knives. They are tools.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

the redesigned projectors were easy to operate, they didn’t look easy to operate. Solution: Further redesign aimed at making the projectors seem easy to operate as well as being easy to operate. Result: Increased sales in school systems—increased production-expanded economy.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

technological improvements are accepted only if they have a psychological benefit at the same time.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

What we are doing is progress engineering. We do not manipulate people. We find out what technological and psychological needs of people have not been satisfied up to now. By offering these satisfactions in the new products, we help competitive selling but we also help technological and economic progress. We are consumers’ representatives. We pass on this information to the advertiser and the industrialist, showing him how he can make more money by giving people what they truly want.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

To recognize that one way for a woman to take possession of an appliance is to be able to shine it would and should influence the designer to have enough shinable surface on this stove. The ease of cleaning an oven has a technological but also a psychological element.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

When Galbraith, in his book The Affluent Society, says that “it is all right to put furniture into an empty room, but it is silly to keep on cramming furniture into a room that is already filled with furniture,” he makes a mistake. He overlooks the basic psychological fact that human needs are plastic and expansive. Our answer to this is that if the room is filled with furniture one likely event is a desire to enlarge the room and thus make the need for new furniture again operative.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

“it is all right to put furniture into an empty room, but it is silly to keep on cramming furniture into a room that is already filled with furniture,” he makes a mistake. He overlooks the basic psychological fact that human needs are plastic and expansive. Our answer to this is that if the room is filled with furniture one likely event is a desire to enlarge the room and thus make the need for new furniture again operative.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

“it is all right to put furniture into an empty room, but it is silly to keep on cramming furniture into a room that is already filled with furniture,” he makes a mistake.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Our answer to this is that if the room is filled with furniture one likely event is a desire to enlarge the room and thus make the need for new furniture again operative.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

It is quite possible that juvenile delinquency has its real cause in this lack of a challenge, a cause for which a youngster can fight. He needs ideals. If he does not have them he constructs them, organizes gangs, defends the flag of the “Crusaders against the Sparrers.” What we need is a militant democracy which establishes goals worth fighting for. Youth is even more entangled in this dilemma. Psychologically, the role of the father and the role of the leader or president resemble each other. The youngster has to decide between growing out of his family’s protection, struggling against the pleasant security of the family household, and mastery of the world outside, standing maturely on his own.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

We make many more such routinized and emotional decisions in our daily lives. There are a number of products which apparently have a great deal of brand loyalty. This is true of razor blades, but interestingly enough also of sanitary napkins. The real reason for this we found to be that people tend to routinize unpleasant things. This permits them to forget about these tasks. They do not have to think about them consciously any longer. This is also true of highly emotional events in life. Marriages, funerals, births, all have been surrounded by a large number of rituals. We don’t have to make decisions, everything is organized and structured in a rigid fashion.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

“Which one of these candidates would you lend money to? Whom do you consider socially inferior, superior, or on the same level as yourself? Who is more or less or equally intelligent compared to yourself?, etc.”

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

people vote for the person who represents an emotional reality, rather than simply for a record of his qualifications. Even a crook is often preferred as a candidate to a colorless, though intelligent, politician.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

In a series of radio programs entitled “So You Think You Know People” on N.Y. City Station WNEW, I conducted the following experiment: The audience was asked to vote for one of three candidates. One described in detail all the technical qualifications of the politician, his training, how his mind worked, etc. The second one was described by his previous political record, the decisions he had made. The third one was simply pictured as a human being: his emotionalism, how he loved children, the fact that he smoked a pipe, had a dog, and took long walks. The audience was then asked to vote for the candidate among the three who would make the best public servant. Although there was literally nothing in the description of the third candidate which would tell them what he would do as a congressman or senator, he was the one who won. The decision was made on the basis of emotional factors rather than intelligent ones.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

The third one was simply pictured as a human being: his emotionalism, how he loved children, the fact that he smoked a pipe, had a dog, and took long walks. The audience was then asked to vote for the candidate among the three who would make the best public servant. Although there was literally nothing in the description of the third candidate which would tell them what he would do as a congressman or senator, he was the one who won. The decision was made on the basis of emotional factors rather than intelligent ones.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

Man’s shame at his own nakedness to which the Bible refers is a shame arising from the awareness of being exposed in the fullest sense: exposed to the world as a creature of weakness. No force in man is more basic than his need to maintain his inner privacy—to prevent the exposure of his naked thought and his inner weaknesses.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

the orange evokes the association of friendliness and the grapefruit that of elegant reserve; that both of them are believed to be sunny; that the orange appeals to the emotions but the grapefruit to the intellect.

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

the orange evokes the association of friendliness and the grapefruit that of elegant reserve;

The Strategy of Desire (Ernest Dichter)

C’est absolument merveilleux. Le fermier sait exactement quel est l’état et le rapport de chaque tête d’un bétail dont le pis est difforme mais produit 8000 litres de lait par an, et crève très vite.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

en 1940 aux États-Unis, une production de 150 kilocalories de maïs par hectare nécessitait 124 kilocalories d’énergie. En 1970, il fallait 526 kilocalories d’énergie pour produire 250 kilocalories de maïs par hectare (253)

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

il est remarquable que cette Europe, qui ne peut pas se décider à prendre les mesures drastiques raisonnables pour rendre enfin le monde vivable, subit une mauvaise conscience permanente.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

il y a un appauvrissement subjectif par comparaison entre l’élévation des niveaux de vie dans les pays riches (qui finit par être connue !)

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis. Mais nous ne prenons même pas garde au fait que nous la scions.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la pollution par le bruit, qui est un drame absolument central de l’homme occidental (240), mais aussi la pollution par la densité des relations humaines, par l’excès d’informations, etc.,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la pollution par le bruit, qui est un drame absolument central de l’homme occidental (240), mais aussi la pollution par la densité des relations humaines, par l’excès d’informations,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Après tout, il faut bien que nous laissions quelques problèmes à résoudre à nos enfants !

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

le tiers monde finira inévitablement par tourner ses armements contre les pays « développés ». Nous armons le tiers monde, jusqu’au point de basculement où nous en recevrons le véritable prix. Je n’ai en tout ceci porté aucun jugement moral, mais telle est bien la déraison. L’incapacité à penser le raisonnable sur une certaine durée.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

si jamais une fusée à tête atomique était lancée d’U.R.S.S. sur la France, nous serions avertis instantanément de son départ. Mais que la fusée serait en six minutes dans l’espace français. SIX MINUTES : pour les communications entre le centre de détection et l’État-Major, l’État-Major et le secrétariat de la Présidence, le secrétariat et le président. Puis descendre au sixième sous-sol pour atteindre le bouton rouge. En tout, le président avait une minute (si tout marchait bien) pour prendre la décision de déclencher la guerre atomique universelle. Cela est l’image de notre condition à tous, dans l’univers technicien. Il ne faut plus dire « aller vite » (comme L’Homme pressé, de P. Morand !) mais : « décider et réaliser de plus en plus vite ».

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

On a vu lors des expériences d’autogestion que le processus gestionnaire était très lent. Et ce fut toujours l’argument des dictateurs : la démocratie est lente. C’est pourquoi aujourd’hui nous avons à faire à une parodie de démocratie.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

notre monde n’est ni fini ni limité : il y a des milliers de galaxies, il suffit de les coloniser pour avoir toute la place que l’on veut. Je ne plaisante pas,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Il ne peut pas y avoir une croissance illimitée dans un monde limité.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

j’espère sincèrement pour le salut de la postérité, qu’elle se contentera d’être stationnaire, bien avant que la nécessité ne l’y oblige

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Il y eut de vifs débats par exemple pour les expériences de changement de mise en scène et de conception des opéras de Wagner et, en 1985, de Aida. Ici nous sommes en présence d’un phénomène intéressant : on ne peut pas changer la musique. On ne peut pas changer la trame de l’histoire racontée. Et pourtant il faut sortir du déjà vu, il faut faire du nouveau parce que sans cela, ces opéras n’ont aucun intérêt. Dès lors, on transforme ce qui n’est pas figé : la mise en scène. Et celle-ci devient la réalité la plus importante, elle efface la musique, les voix, etc. Ce qui est « intéressant », c’est ce qui a changé.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

On ne peut pas changer la trame de l’histoire racontée. Et pourtant il faut sortir du déjà vu, il faut faire du nouveau parce que sans cela, ces opéras n’ont aucun intérêt. Dès lors, on transforme ce qui n’est pas figé : la mise en scène. Et celle-ci devient la réalité la plus importante, elle efface la musique, les voix, etc. Ce qui est « intéressant », c’est ce qui a changé.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

On ne peut pas changer la trame de l’histoire racontée. Et pourtant il faut sortir du déjà vu, il faut faire du nouveau parce que sans cela, ces opéras n’ont aucun intérêt. Dès lors, on transforme ce qui n’est pas figé : la mise en scène. Et celle-ci devient la réalité la plus importante, elle efface la musique, les voix, etc. Ce qui est « intéressant », c’est ce qui a changé. D’où

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

On ne peut pas changer la trame de l’histoire racontée. Et pourtant il faut sortir du déjà vu, il faut faire du nouveau parce que sans cela, ces opéras n’ont aucun intérêt.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

on change de « partenaire » en amour, on change de télévision, de mobilier, d’auto,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le durable (y compris les relations interhumaines) fait partie d’un univers totalement dépassé.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

qui reste stationnaire, recule » (argument contre la théorie de la croissance zéro).

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La pseudo-diversité de moyens, de médias, de création par ordinateur, etc., joue en réalité à l’intérieur d’une normalisation plus globale

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

le mode de pensée est réducteur et unidimensionnel : nous ne voulons voir qu’un objet, réduire à une seule dimension ce qui est observable, et éliminer toutes les apories,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La matière, le réel, c’est ce que mes appareils permettent d’enregistrer.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Il n’y a pas de philosophie de la technique parce que celle-ci n’a rien à faire avec la sagesse

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’homme ne peut pas continuer à vivre sur le mode de la distanciation, de la médiation, de la réflexion, mais seulement sur le mode de l’immédiateté, de l’évidence et de l’action hypnotique. C’est-à-dire trois caractéristiques de l’absurde, au sens existentiel.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

cette mutation complexe de la relation au temps qui n’est pas encore ressentie produira des désordres psychiques s’inscrivant dans la désagrégation des sociétés.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’instantané devient hégémonique, au point de dissoudre presque littéralement le temps naturel accumulé depuis des siècles : la forêt se défait en papier journal jeté presque aussitôt

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’homme est saisi par un univers de possibles dérisoires et massivement imposés. Bien entendu je ne veux pas du tout dire que telle publicité conduit l’acheteur à acheter le produit.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la multiplicité de ces images envahissantes disperse, dilue l’homme dans un univers complètement factice

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la multiplicité de ces images envahissantes disperse, dilue l’homme

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’homme de notre société après avoir été un obsédé du travail devient un homme fasciné par la multiplication des images, l’intensité des bruits, la dispersion des informations.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’orientation d’une école aux États-Unis, celle dite des « high-tech democrats » qui croient que pour sortir de l’ « impasse économique », il faut miser sur la haute technologie.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La seule chance que tous les économistes voient, c’est courir de plus en plus vite en adoptant de plus en plus rapidement toutes les techniques (quelles qu’en soient la signification, l’utilisation, l’utilité) sitôt qu’elles paraissent pour être sûr dans ce domaine de dépasser le voisin !

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la production de biens exclusivement négatifs.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Mais je sais l’argument économique : pendant ce temps on aura fait tourner l’industrie et occupé la main-d’œuvre. Auquel cas les pharaons d’Égypte faisant construire des Pyramides étaient de grands économistes.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Nous fabriquons un superflu qui se greffe sur des biens qui sont déjà superflus. Et c’est dans ce domaine exclusivement qu’il y a création de biens nouveaux.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Nous fabriquons un superflu qui se greffe sur des biens qui sont déjà superflus.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Nous fabriquons un superflu qui se

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’appareil technique exige que ce nombre soit toujours plus grand.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La combinaison de l’appareil qui permet de faire entendre un homme sans qualité, et de l’appareil qui exige chaque heure un spectacle indéfiniment nouveau produit la bassesse de la presque totalité des émissions télévisées.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Si on va chercher un bon intellectuel, on le fait parler à un niveau déshonorant pour lui.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Et comme il est parfaitement impossible de trouver tous les jours quelque chose de vrai, de beau, d’intelligent, de nouveau, quelque chose qui vaille la peine d’être montré, retransmis, quelqu’un qui vaille la peine d’être entendu, rencontré, alors forcément on remplit les écrans avec des stupidités.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

on a des appareils extraordinaires (et qui lorsqu’il y aura la télévision par satellite le seront encore plus). Il faut donc les utiliser. Il faut émettre. C’est un impératif. Émettre dix-huit heures sur vingt-quatre de l’information, du spectacle, de la chanson, des entretiens, des interviews, des films, des actualités, des conseils de santé ou de cuisine… Mais il faut émettre tous les jours, et tous les jours quelque chose de nouveau. Alors on se trouve pris dans un terrible engrenage. Il faut. C’est-à-dire : n’importe quoi pourvu que l’écran ne soit pas vide !

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

impérative,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

(même si elle est moralement laxiste !),

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

nous vivons dans une société beaucoup trop ordonnée

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

nous vivons dans une société beaucoup trop ordonnée, coercitive (même si elle est moralement laxiste !), impérative, etc. Et il faut arriver à s’en dégager.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’occupation par les nazis, la terreur devant la Gestapo, l’impuissance ressentie par les résistants, et la fin de la guerre avec la découverte de l’atrocité épouvantable des camps de concentration. Dans ces conditions, dans cet « excès du mal », on comprend que des philosophes aient pu dire : la vie est absurde et il n’y a aucune issue

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

qu’il n’y a pas de sens, qu’il ne faut pas en chercher un, qu’il n’y a aucun récit, et à la limite qu’il n’y a pas d’auteur et que le lecteur lui-même n’existe pas en tant que sujet (je n’exagère en rien). Il y a seulement des structures et des jeux de structures.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la philosophie depuis longtemps ne correspondait plus au sens de son étymologie

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le bon sens m’apparaît comme une expression indispensable de la raison,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le bon sens m’apparaît comme une expression indispensable de la raison, et la raison comme la mesure qui devrait être constamment appliquée dans l’appréciation de ce que propose la technique et ce que déclare la technologie.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

sa science est le socle d’où il énoncera des orientations, reçues comme des vérités, et qui devront aboutir à former une opinion.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Cet homme de science doit parler de sa science à des politiques qui ne pourront pas tout comprendre, et l’expert fera forcément passer son opinion. Il doit, de l’autre côté, parler au grand public qui ne comprendra rien, et auprès de ce public il a en réalité une mission : lui faire accepter un projet, apaiser ses inquiétudes, l’intéresser à un nouveau projet, etc. C’est-à-dire que sa science est le socle d’où il énoncera des orientations, reçues comme des vérités, et qui devront aboutir à former une opinion.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

le ministre élabora un grand texte législatif qui ne reprenait aucune de nos conclusions,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

les sciences ont des questions, les spiritualités des réponses, qui ne se situent pas sur le même registre que les questions scientifiques.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

C’est bien en amont de la découverte qu’il faut opérer les choix éthiques.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

sotériologique,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’univers dans lequel nous vivons devient de plus en plus un univers rêvé, car la société du spectacle se change peu à peu en société du rêve.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

De toute façon, le public a un fantastique sentiment d’impuissance en présence de ces menaces gigantesques.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Les propositions positives des écologistes sont évidemment moins efficaces que ce que la science permet à la technique de réaliser,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Après la grande période d’inquiétude, naît une période de quiétude, non pas que l’on ignore la menace atomique, mais elle est oblitérée par le succès de tant de prodiges des techniques nouvelles et surtout des techniques de divertissement. C’est une des raisons qui expliquent le recul et l’échec du mouvement écologique.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Bien entendu, la contrepartie de cela, c’est le rejet des opinions « pessimistes », ou des faits inquiétants

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Dieu ne sert à rien dans la situation où nous sommes, par contre la Science, elle, est, grâce à l’idéologie, devenue divine comme jamais.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

C’est la science qui calme l’angoisse des anxieux,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La science est la seule porteuse d’avenir de notre société. À chaque problème de ce monde qui est soulevé, la réponse sera inévitablement : la Science y pourvoira.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la science devient non seulement la découverte de la nature, mais la réponse à tout ce qui nous inquiète et nous angoisse. Si bien que s’élabore maintenant ce que j’appellerai une idéologie de la science qui est une sotériologie. L’idéologie actuelle de la science est une idéologie du Salut.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

nous vivons une situation paradoxale, qui commande une certaine idéologie. L’engin finalement le plus facile à manipuler (je parle évidemment de ceux dont le public a l’usage) est celui qui a impliqué les plus gros investissements et une recherche de pointe très élaborée

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

ceci donne une légitimité concrète, dans la pensée moyenne, à la science.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Il n’est plus question de lutter contre l’irrationnel religieux, ni contre les excès de la nature : il a pour but de projeter la puissance de l’homme sur l’univers entier, sur toutes les cultures, sur la nature entière,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

(produire des innovations légères, accroître les possibilités et les moyens de choix).

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

(produire des innovations légères,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Pourquoi la Recherche ? parce qu’elle fabrique la puissance de demain.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le bon fonctionnement d’une usine automatisée implique l’intervention de six catégories distinctes de travailleurs, dissociées dans le temps, l’espace, les intérêts, entre lesquels aucune possibilité de communication n’existe plus

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La machine moderne est une « entité hiérarchique » qui requiert un plus exact conditionnement des hommes et des matériaux, une discipline des corps et des esprits. Le temps total de travail peut être réduit, mais les contraintes internes se sont alourdies : plus une technique est avancée, plus elle provoque l’éclatement du temps et impose un resserrement des délais.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

processus d’autojustification, une opération sur l’opinion publique

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Il faut apprendre à voir dans la technologie non pas le domaine réservé des techniciens, mais un processus social qui n’échappe pas plus que d’autres au contrôle de chacun.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

politique,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

ce que nous faisons avec les fruits de la technologie dépendra de ce à quoi nous attachons de la valeur

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Aujourd’hui l’accident automobile c’est 1000 tués par mois en France et 35 000 blessés graves

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

culture » et « technologie », sont radicalement séparés. Aucun pont n’est possible entre les deux.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la culture n’existe que si elle soulève la question du sens de la vie et de la recherche des valeurs

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Elle fonctionne parce qu’elle fonctionne. Elle est auto-reproductrice et chaque « progrès technique » sert d’abord à produire de nouvelles techniques. Elle est le centre des efforts et ne comporte aucune mise en question, autre que mécanique. Elle n’a aucun intérêt pour ce qui sert l’homme, puisque de toute façon elle présuppose que ce qui sert à l’homme, sert l’homme. La technique ne porte d’intérêt qu’à elle-même. Elle est auto-justifiée, elle est auto-satisfaisante. Elle ne peut pas s’occuper de l’humain, sinon pour se le subordonner et le soumettre à ses exigences

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Elle fonctionne parce qu’elle fonctionne. Elle est auto-reproductrice et chaque « progrès technique » sert d’abord à produire de nouvelles techniques. Elle est le centre des efforts et ne comporte aucune mise en question, autre que mécanique. Elle n’a aucun intérêt pour ce qui sert l’homme, puisque de toute façon elle présuppose que ce qui sert à l’homme, sert l’homme. La technique ne porte d’intérêt qu’à elle-même. Elle est auto-justifiée, elle est auto-satisfaisante. Elle ne peut pas s’occuper de l’humain, sinon pour se le subordonner et le soumettre à ses exigences de

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La culture est nécessairement humaniste ou bien elle n’existe pas. Humaniste en ce sens qu’elle a pour thème central, pour préoccupation unique l’humain, en ce sens encore qu’elle ne se préoccupe que de l’expression de l’humain, en ce sens enfin qu’elle a pour centre ce qui sert l’homme (Je ne dis pas ce qui sert à l’homme !).

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Tout bien pesé, l’informatique est bien un gadget, dont l’utilité vraie est infiniment moindre que le bluff du discours technologique ne le laisse entendre. Mais qui peut parfaitement, en n’étant qu’un gadget, bouleverser le monde et l’homme, dans la direction du non-sens.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Que seront l’univers et la psychologie de gens qui travailleront, communiqueront, consommeront, se distrairont et s’éduqueront de la naissance à la mort par le moyen d’un écran ? »

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Que seront l’univers et la psychologie de gens qui travailleront, communiqueront, consommeront, se distrairont et s’éduqueront de la naissance à la mort par le moyen d’un écran

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

plus les terminaux d’ordinateurs se répandront, et plus les gens voudront communiquer. Et plus ils voudront communiquer, plus on mettra en place des systèmes pour qu’ils communiquent. Et moins ils pourront se passer de la communication. Il y aura accoutumance, comme pour une drogue.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Faute d’abondance de nourriture, on aura la surabondance de la nourriture creuse de l’information.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

d’illusion technique, venant combler les attentes insatisfaites par les promesses de la société d’abondance.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le temps dit réel est un temps bouclé à l’avance, écrasé dans l’instantané

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’informatique est un domaine où l’erreur est la règle, où les erreurs de programme occupent l’essentiel du temps des programmeurs.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

un aspect fondamental de l’informatique, elle est infantile.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Sans automobiles, sans avions et sans haut-parleurs, déclare Hitler en octobre 1935, nous n’aurions pu nous emparer de l’Allemagne.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Teletel ouvre les cœurs et les esprits. Avec Teletel, la puissance moderne descend sur la terre, éclaire tout de sa lumière.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’excellent chapitre de J. Neyrinck : « La troisième révolution industrielle ou l’invention de l’inutile », où en effet, il montre clairement que plus on avance (en particulier en informatique), plus on invente et crée de l’inutile.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’excellent chapitre de J. Neyrinck : « La troisième révolution industrielle ou l’invention de l’inutile », où en effet, il montre clairement que plus on avance (en particulier en informatique), plus on invente et crée de l’inutile. Mais

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’excellent chapitre de J. Neyrinck : « La troisième révolution industrielle ou l’invention de l’inutile », où en effet, il montre clairement que plus on avance (en particulier en informatique),

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

arrêtons-nous un instant pour réfléchir : tous ces objets ne servent à rien. Et pourtant ils se vendent avec enthousiasme.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Vite, plus vite, mais jusqu’où et pourquoi ?

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Vite, plus vite, mais jusqu’où et pourquoi

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’auto est le gadget des gadgets,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la contradiction entre la richesse communicationnelle du média, et la pauvreté misérable des messages et des conversations !

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

À l'époque des Lumières, les philosophes et les juristes s'accordent pour voir dans la guerre une relation interétatique où, dans la mesure du possible, le recours à la violence doit être limité. C'est l'époque où l'on envisage aussi la disparition de la guerre dans un avenir plus ou moins proche : comme la guerre et son cortège de calamités sont contraires à la raison2, on suppose que le calcul des avantages de la paix et de l'enrichissement par le commerce l'emporteront sur la violence et la destruction.

De la guerre (Carl von Clausewitz)

À l'époque des Lumières, les philosophes et les juristes s'accordent pour voir dans la guerre une relation interétatique où, dans la mesure du possible, le recours à la violence doit être limité. C'est l'époque où l'on envisage aussi la disparition de la guerre dans un avenir plus ou moins proche : comme la guerre et son cortège de calamités sont contraires à la raison2, on suppose que le calcul des avantages de la paix et de l'enrichissement par le commerce l'emporteront

De la guerre (Carl von Clausewitz)

C'est l'époque où l'on envisage aussi la disparition de la guerre dans un avenir plus ou moins proche : comme la guerre et son cortège de calamités sont contraires à la raison2, on suppose que le calcul des avantages de la paix et de l'enrichissement par le commerce l'emporteront

De la guerre (Carl von Clausewitz)

celui qui emploie cette violence avec brutalité, sans épargner le sang, acquiert la prépondérance sur un adversaire qui n'en agit pas de même, et lui dicte la loi.

De la guerre (Carl von Clausewitz)

L'emploi de la violence physique dans toute son étendue n'exclut aucunement la coopération de l'intelligence

De la guerre (Carl von Clausewitz)

La guerre n'est qu'une continuation de la politique avec d'autres moyens1.

De la guerre (Carl von Clausewitz)

La guerre n'est qu'une continuation de la politique avec d'autres

De la guerre (Carl von Clausewitz)

la guerre est un acte de violence ayant pour but de contraindre un adversaire à accomplir notre volonté

De la guerre (Carl von Clausewitz)

l'ouverture d'une symphonie inachevée, laissant à d'autres le soin d'en proposer des « achèvements ». Telle aura peut-être été l'ultime ruse de Clausewitz, fervent théoricien de la guerre défensive, que de déjouer les offensives dont son texte va devenir l'objet.

De la guerre (Carl von Clausewitz)

l'ouverture d'une symphonie inachevée, laissant à d'autres le soin d'en proposer des « achèvements ». Telle aura peut-être été l'ultime ruse de Clausewitz, fervent théoricien de la guerre défensive, que de déjouer les

De la guerre (Carl von Clausewitz)

L'emploi de la violence physique dans toute son étendue n'exclut aucunement la coopération de l'intelligence.

De la guerre (Carl von Clausewitz)

dans une chose aussi dangereuse que l'est la guerre, ce sont précisément les erreurs résultant de la bonté d'âme qui sont les plus pernicieuses.

De la guerre (Carl von Clausewitz)

Nous disons donc que la guerre n'appartient pas au domaine des arts et des sciences, mais à celui de l'existence sociale. Elle est un conflit de grands intérêts réglés par le sang, et c'est seulement en cela qu'elle diffère des autres conflits. Il vaudrait mieux la comparer, plutôt qu'à un art quelconque, au commerce qui est aussi un conflit d'intérêts et d'activités humaines ;

De la guerre (Carl von Clausewitz)

Par la guerre, l'individu est absorbé dans cette « totalité éthique » qu'est l'État-nation.

De la guerre (Carl von Clausewitz)

chaque progrès de la guerre réelle, passionnée, implacable et sanglante coïncide avec une poussée de la démocratie et se traduit par l'importance accrue de l'infanterie et de la puissance meurtrière des armes à feu

De la guerre (Carl von Clausewitz)

l'Église (qui féminise les mâles vertus)

De la guerre (Carl von Clausewitz)

la cité ne peut vivre qu'en canalisant vers le dehors les passions de ses membres, la guerre deviendra la condition de l'État,

De la guerre (Carl von Clausewitz)

« La guerre est un acte de violence à l’emploi de laquelle il n’existe pas de limites. »

De la guerre (Carl von Clausewitz)

la meilleure politique guerrière est de prendre un État intact ; une politique inférieure à celle-ci consisterait à le ruiner.

L'art de la Guerre (Sun Tzu)

L'essentiel est dans la victoire et non dans les opérations prolongées.

L'art de la Guerre (Sun Tzu)

Traitez bien les prisonniers, nourrissez-les comme vos propres soldats ;

L'art de la Guerre (Sun Tzu)

un savant exposé des vertus diaboliques du cinabre,

Cent ans de solitude (Gabriel García Márquez)

que dire du célèbre congélateur, dont maintenant un Français sur trois est équipé ! Il permet de faire (en voiture bien sûr, et dans une grande surface évidemment !) le marché une fois par semaine, quelle simplification, quel allégement. Mais comment oser soutenir que c’est une véritable amélioration, enfermant la ménagère chez soi et rompant un certain nombre de réseaux sociaux favorisés par les « courses » ?

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

que dire du célèbre congélateur, dont maintenant un Français sur trois est équipé ! Il permet de faire (en voiture bien sûr, et dans une grande surface évidemment !) le marché une fois par semaine, quelle simplification, quel allégement. Mais comment oser soutenir que c’est une véritable amélioration, enfermant la ménagère chez soi et rompant un certain nombre de réseaux sociaux favorisés par les « courses » ? J’entends

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Et nous avons eu droit à sa présentation sur T.F.1. (le 21 mars 1986) par un crétin, qui délirait d’enthousiasme pour la beauté, le grandiose, du progrès technique qui permet de réduire la dimension du disque et le « bruit ». Et qui a mis le comble à sa bêtise en cassant un disque microsillon : « Finie la vieille musique ! Jetez vos microsillons dépassés… » Publicité, bien sûr. Il faut que les gens achètent.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La machine est antisociale, dit M. Mumford. Elle tend, en raison de son caractère progressif, aux formes les plus aiguës de l’exploitation humaine.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

Il est vain de déblatérer contre le capitalisme : ce n’est pas lui qui crée ce monde, c’est la machine.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

L’homme a vécu dans une atmosphère antihumaine. Concentration des grandes villes, maisons sales, manque d’espace, manque d’air, manque de temps, trottoirs mornes et lumière blafarde qui fait disparaître le temps, usines déshumanisées, insatisfaction des sens, travail des femmes, éloignement de la nature. La vie n’a plus de sens. Transports en commun où l’homme est moins qu’un paquet, hôpitaux où il n’est qu’un numéro, les trois-huit, et encore c’est un progrès… Et le bruit, le monstre vrillant à toute heure de la nuit sans accorder la misère d’un répit. Prolétaires et aliénés, c’est la condition humaine devant la machine.

La technique ou l'enjeu du siècle (Jacques Ellul)

je donnerais l’exemple antique du capitaine du navire : si par suite d’une erreur de manœuvre, un navire coulait, on assurait le sauvetage du maximum de personnes, mais le capitaine, qu’il soit ou non à l’origine de l’erreur de manœuvre, qu’il soit ou non la cause du naufrage, le capitaine devait se porter responsable, et il se laissait couler avec le navire. Même chose lorsque au XIXe siècle, un homme d’affaires, un banquier aboutissait à une faillite, qu’il soit ou non l’auteur de spéculations malheureuses, ou victime d’accidents involontaires, il se portait responsable en tous cas, il se suicidait. C’était absurde ? Comme tout ce qui relève de la dignité humaine. Cela n’arrangeait rien, et ne relevait pas ses affaires ? Et l’irresponsabilité générale arrange-t-elle nos affaires économiques et politiques ? Cette attitude s’appelait l’honneur, le contraire de l’irresponsabilité. Et que personne aujourd’hui ne connaît plus.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

lorsque au XIXe siècle, un homme d’affaires, un banquier aboutissait à une faillite, qu’il soit ou non l’auteur de spéculations malheureuses, ou victime d’accidents involontaires, il se portait responsable en tous cas, il se suicidait. C’était absurde ? Comme tout ce qui relève de la dignité humaine. Cela n’arrangeait rien, et ne relevait pas ses affaires ? Et l’irresponsabilité générale arrange-t-elle nos affaires économiques et politiques ? Cette attitude s’appelait l’honneur, le contraire de l’irresponsabilité. Et que personne aujourd’hui ne connaît plus.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Nous avons dans nos sociétés deux grandes catégories d’intouchables ; les scientifiques, dont la toute-puissance de la science sacro-sainte assure l’absolue autonomie. Qui oserait mettre en accusation un scientifique ? Puis il y a la classe politique (423) dont les membres divisés en partis qui se font la guerre sont essentiellement solidaires entre eux pour défendre leur statut de classe. Et tant qu’il existera une classe politique dans les pays dits démocratiques, il ne pourra jamais y avoir de véritable politique et de véritable démocratie.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Les décideurs, selon leurs trois branches, hommes politiques, administrateurs et techniciens sont fondamentalement irresponsables. Il y a à cela deux raisons principales : les événements qui devraient engager leur responsabilité sont habituellement beaucoup trop complexes, et réciproquement les procédures de décision sont elles-mêmes beaucoup trop complexes.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

on constate à quel point les hommes de l’Occident se passionnent pour de faux conflits (par exemple électoraux

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Vous ne pourrez pas en même temps avoir un homme rigoureusement rationnel et d’une haute élévation spirituelle.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

peur de ne pas être modernes, de ne pas être « dans le vent » ou « branchées ».

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

nous accédons grâce à « R. et D. » à l’économie d’abondance. Plus vous vous enrichissez, plus vous aidez les autres à s’enrichir. La recherche de la richesse est un bien. C’est le développement économique qui nous donne un nouvel Évangile.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la télévision a remplacé à l’intérieur des maisons et dans l’imaginaire des familles le crucifix.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Alors les enseignants, renforcés, équipés grâce à leur journal quotidien qui leur fournit ample moisson d’innovations techniques, vont adopter ce qu’ils pensent être la meilleure adaptation préalable (il y eut la mode de la lecture globale ou des mathématiques des ensembles, de même que l’histoire devenait dès la sixième une histoire des techniques et de l’économie, et la géographie une géographie des ressources naturelles et des flux économiques… inimitables sottises de la mode !) des enfants à cette société de demain. Et si l’enseignement de Racine ou de l’histoire romaine était, en 1968, un affreux terrorisme, que dire de cet enseignement-là ? Car le premier avait l’immense mérite de situer l’enfant hors de la réalité concrète de sa société, et lui donnait par conséquent la possibilité de prendre un point de vue critique. Le second lui plonge la tête sous l’eau, il n’entend et ne veut plus rien que « science et techniques, partout et avant tout ». Enseignement doublement terroriste.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

chantage à l’intelligence : seul est intelligent dans notre société celui qui connaît les manipulations informatiques.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le niveau culturel du Français cultivé se situe au niveau des bandes dessinées destinées aux enfants de huit ans. Disneyland n’est pas un scandale, c’est seulement le crétinisme social poussé à son extrême limite, c’est la face la plus explosive de ce long travail de déculturation et de détournement des Français hors du fondamental et du sérieux quotidien, c’est l’avilissement justifié par l’emploi et l’économie, de ce qui pouvait subsister d’esprit critique et de distanciation.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

nous baignons dans le vacarme urbain (autos, sirènes, engins, bétonneuses, bulldozers, avions, hélicoptères, motocyclettes, marteaux-piqueurs…) et le drame, c’est que sous prétexte de « musique », d’art et de distraction, on vienne y ajouter !

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

nous baignons dans le vacarme urbain (autos, sirènes, engins, bétonneuses, bulldozers, avions, hélicoptères, motocyclettes, marteaux-piqueurs…) et le drame, c’est que sous prétexte de « musique », d’art et de distraction, on vienne y ajouter

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Il y a eu, en 1984, 130 millions de disques de rock vendus. Dans l’ensemble, il y a donc perte de contrôle des capacités de réflexion, diminution permanente de l’intelligence, surexcitation neuro-sensorielle, état hypnotique et secondairement dépressif, enfin troubles sérieux de la mémoire et de la coordination neuro-musculaire.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

refus d’écouter le silence, refus de se rencontrer soi-même, refus de rencontrer les autres. Brouillage du monde et brouillard intellectuel, voilà ce qu’est le fond sonore.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Cet appareil est un nouveau destructeur de la relation humaine, un créateur de solitude qui ne peut conduire qu’à des attitudes suicidaires. Déjà l’habitude qui avait été prise depuis longtemps par les jeunes de vivre dans un fond sonore permanent, avec les cassettes incessamment renouvelées, était un avertissement sérieux

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Cet appareil est un nouveau destructeur de la relation humaine, un créateur de solitude qui ne peut conduire qu’à des attitudes suicidaires. Déjà l’habitude qui avait été prise depuis longtemps par les jeunes de vivre dans un fond sonore permanent, avec les cassettes incessamment renouvelées, était un avertissement sérieux : refus d’écouter le silence, refus de se rencontrer soi-même, refus de rencontrer les autres.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Cet appareil est un nouveau destructeur de la relation humaine, un créateur de solitude qui ne peut conduire qu’à des attitudes suicidaires.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’air concentré, inhibé, l’attention tournée vers l’intérieur, l’auditeur permanent de musique est parfaitement abstrait du réel, étranger aux gens qui l’entourent, dans une île solitaire et refusant toute communication.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

commencer à contester les fondements mêmes de notre société, ce serait hâter le passage à un autre modèle de vie sociale.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

contester les fondements mêmes de notre société, ce serait hâter le passage à un autre modèle de vie sociale.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Divertissement, refus de se voir soi-même, refus de se rencontrer avec ses proches et de rester en vis-à-vis, refus de meubler de sa personnalité le cadre quotidien, refus d’être le responsable au centre de son voisinage, refus, le dimanche, d’une éventuelle rencontre avec Dieu,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

On s’est moqué de ces calculs, et de ceux d’Ivan Illich, suivi par J.-P. Dupuy et P. d’Iribarne prouvant, en recherchant la vraie vitesse des autos, en rapportant les kilomètres parcourus à l’ensemble des temps qu’ils exigent, que l’on va finalement plus vite en vélo qu’en Porsche. On a tort de se moquer : car telle est bien la réalité.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Chaque Français travaille une heure sur sept uniquement pour payer ses transports.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La circulation interdit la rencontre.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le grand mot dans tous les cas pour justifier tout cela c’est « Liberté ». Ce qui une fois de plus montre le « divertissement » : on a diverti (et perverti) le sens, l’expérience, la profondeur de la liberté pour en faire cette énorme sottise de pouvoir prendre la route « librement » en auto et rouler à la vitesse qu’on veut ! Liberté qui se ramène donc à l’évasion (du voisinage, de la routine, des soucis quotidiens) et à la mobilité (confondre liberté avec aller n’importe où

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le discours technologique a transformé le sport en énorme spectacle, et fabriqué les champions, les stars, les dieux du stade.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la plus grande menace de notre société occidentale n’est pas celle du communisme ou de l’américanisme, ce n’est pas la crise économique, ce n’est pas la drogue et l’alcool, ce n’est pas le racisme renaissant, c’est l’explosion du jeu, l’absorption des Occidentaux dans le jeu, leur aveulissement, avilissement, désengagement, évasion et perte du sens dans et par le jeu.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Même les jeux non violents comme le PAC-MAN maintiennent le joueur dans une tension paranoïaque, un véritable stress névrotique

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Au bout du compte, les jeunes n’auront plus de la société qu’une vision négative,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La machine devient le seul ami de l’enfant, elle envahit sa personnalité et l’enferme dans un univers sans contact avec la réalité

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

tout se passe comme si l’on suivait la politique de la Rome impériale et de Byzance : distraire le peuple pour l’empêcher de penser. Avec des moyens mille fois plus efficaces et généralisés. Tout se passe comme si le mot d’ordre politique était, implicitement : « Jouez, jouez, nous nous occupons du reste. » Négation habile et fondamentale de toute démocratie, décentralisation, participation. Vous voulez de la démocratie ? Commencez par supprimer tous les jeux télévisés et informatisés

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

un irréel fantasmatique d’où il n’y a plus de raison de jamais sortir, comparable à la passion du drogué, à la fascination du « joueur » obsédé. C’est-à-dire que les jeux produits par ces techniques correspondent bien à ce que Pascal appelle le divertissement : non seulement ce qui détourne radicalement l’homme de toute préoccupation du Sens, de la Vérité, des Valeurs (et qui le plonge de ce fait dans l’absurde), mais en outre qui capte l’homme aussi loin de la réalité, le faisant vivre dans un monde totalement falsifié. Tel est pour moi le plus grand danger qui actuellement nous menace du fait du développement de ces techniques.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Je suis fermement convaincu que tout ce système de jeux, de loisirs, de distractions techniques, est un des facteurs les plus dangereux pour l’homme et la société de demain.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

le magnétoscope, où en apparence l’individu peut faire une collection d’émissions qui lui plaisent, ou revoir des films qu’il loue, est en réalité le signe d’une fausse indépendance, car il contribue à enfermer un peu plus l’individu dans un univers d’images d’évasion.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

On connaît depuis longtemps la destruction familiale par le fait que, trop souvent, la table du dîner est disposée de telle façon que, pendant le repas, tout le monde regarde ensemble le spectacle de télévision

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Mais alors on doit se demander quel temps libre se maintient pour celui qui est de cette façon obsédé, quel temps pour chercher et comprendre les informations nécessaires pour vivre dans notre monde, pour exercer sa fonction de citoyen, quel temps pour les relations sociales et amicales (à condition de songer à de véritables relations : il est évident que si les relations humaines se réduisent à être plusieurs fascinés par le petit écran, à regarder ensemble ce spectacle ou le déroulement de ce jeu, il n’y a aucune relation).

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le jeu cesse d’être le ciment social pour devenir un facteur de dispersion et d’enfermement dans des solitudes captées par la fascination de l’engin.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

un des sens principaux du jeu : un lien de socialité. Maintenant vous allez être seul, une fois de plus. Et c’est le vice essentiel de tous ces jeux électroniques (même pour les Wargames), on est seul avec l’engin, la machine. Les jeux proposés sont des jeux de la solitude. Ce n’est pas la même chose, de jouer aux échecs avec un ami ou un passionné d’échecs comme vous, et puis avec un ordinateur. Celui-ci ne sera jamais votre prochain. Il n’y aura jamais une socialité avec l’ordinateur : en même temps effet essentiel sur les individus, et conséquences globales pour la société. La multiplication de ces jeux stériles va accaparer le peu de temps laissé disponible par la télévision et les spectacles multiples.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

un des sens principaux du jeu : un lien de socialité. Maintenant vous allez être seul, une fois de plus. Et c’est le vice essentiel de tous ces jeux électroniques (même pour les Wargames), on est seul avec l’engin, la machine. Les jeux proposés sont des jeux de la solitude. Ce n’est pas la même chose, de jouer aux échecs avec un ami ou un passionné d’échecs comme vous, et puis avec un ordinateur.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

un des sens principaux du jeu : un lien de socialité. Maintenant vous allez être seul, une fois de plus. Et c’est le vice essentiel de tous ces jeux électroniques (même pour les Wargames), on est seul avec l’engin, la machine.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

un des sens principaux du jeu : un lien de socialité. Maintenant vous allez être seul, une fois de plus.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Vrai caprice collectif des adultes français, comparables à un enfant de quatre ans qui trépigne à la devanture du marchand de jouets). Aspect culturel : vous allez pouvoir vous choisir vos films, formation cinématographique évidente. Malheureusement le choix se porte massivement sur les films porno et d’« anticipation » ! Ce qui révèle encore la mentalité infantile de tout ce public.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

si l’État organise tous ces miroirs aux alouettes, c’est qu’il gagne de l’argent, d’abord. Je pense toutefois qu’il y a une motivation plus profonde des pouvoirs fût-elle inconsciente. Il s’agit de fixer l’attention du public sur cet objectif : gagner, 10 000, 100 000 francs, comme ça, sur un coup de chance, ou bien grâce à notre évaluation des qualités d’un cheval, ou d’une équipe. Et pendant que l’on se passionne là-dessus, on ne pense à rien d’autre. Et l’on garnit l’espace de tous les jours grâce à la multiplicité de ces jeux. Chaque jour, il y a un pari à faire, chaque jour, des résultats à attendre, à connaître par la télévision. Que voulez-vous qui m’intéresse à côté du fait que je puis être millionnaire ce soir

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

s’agit de fixer l’attention du public sur cet objectif : gagner, 10 000, 100 000 francs, comme ça, sur un coup de chance, ou bien grâce à notre évaluation des qualités d’un cheval, ou d’une équipe. Et pendant que l’on se passionne là-dessus, on ne pense à rien d’autre. Et l’on garnit l’espace de tous les jours grâce à la multiplicité de ces jeux. Chaque jour, il y a un pari à faire, chaque jour, des résultats à attendre, à connaître par la télévision. Que voulez-vous qui m’intéresse à côté du fait que je puis être millionnaire ce soir

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Qu’auraient été Pascal, Mozart, Beethoven, Lautréamont, Baudelaire… sans leurs maladies ? Ce n’est là qu’une allusion.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La maladie n’est surtout pas occasion de réflexion, de changement de sa propre existence. Il faut s’en débarrasser au plus vite. On ne peut tolérer de souffrir et d’éprouver son être par la résistance à la souffrance.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Liberté de marcher sur la lune, liberté de pouvoir choisir entre quinze chaînes de télévision, liberté de gagner sans cesse du temps par l’avion et le train, liberté de pouvoir communiquer à l’autre bout du monde, liberté de faire du 250 kilomètres heure sur route (un motocycliste a été arrêté en août 1986, il faisait effectivement cette vitesse-là sur une route de grande circulation), liberté de ne pas concevoir, ou bien de fabriquer les bébés éprouvettes… Ne voyons-nous pas que nous sommes submergés de liberté ? Mais réciproquement qu’il faut avoir de la liberté une idée vile, sotte et médiocre, pour appeler tous ces « exploits », liberté

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Alors que le divertissement est rigoureusement partout l’anti-liberté, puisque c’est l’anti-conscience et l’anti-réflexion.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés pour se rendre heureux de n’y point penser

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’homme quelque plein de tristesse qu’il soit, si on peut gagner sur lui de le faire entrer en quelque divertissement, le voilà heureux.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Il nous faut prendre divertissement non pas au sens d’amusement, mais au sens pascalien : l’homme est diverti, c’est-à-dire, d’une part détourné de penser à soi-même, à sa condition humaine, et aussi détourné des plus hautes aspirations, du sens de la vie, des objectifs supérieurs. « Ils ont un instinct secret qui les porte à chercher le divertissement » (la guerre, l’algèbre sont pour Pascal des divertissements, on voit que nous sommes loin de l’amusement), « et l’occupation au-dehors qui vient du ressentiment de leurs misères continuelles » (Pensées, édition Brunschwig, n° 139).

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

J’ai tenu à détailler ces diverses formes de publicité parce que celle-là est donc, vraiment, le grand agent, non pas de vente d’un produit, mais d’intégration de l’homme dans l’univers de ce produit.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Avec l’Arbre (ordinateur), je suis 100 % chirurgien, ou bien 100 % assureur, ou bien 100 % banquier. Autrement dit, auparavant, je n’étais qu’un demi-chirurgien ou un demi-banquier. Je le suis maintenant à 100 %. Mais là aussi on ne calcule pas exactement le sens des formules : je suis 100 % banquier. C’est-à-dire que je ne suis rien d’autre. Tout mon être est inclus dans mon métier, grâce à cette technique.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le pire c’est que je crois que c’est exact. Mais en sens inverse.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La publicité est l’un des domaines favoris de la télévision, non seulement pour des raisons d’argent, mais bien plus dans la mesure où la publicité est le seul type d’émission qui permet vraiment l’action, incite le spectateur à l’action, et de ce fait réconcilie le spectateur voyeur avec le spectateur acteur.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

qu’une publicité ne peut pas être une argumentation.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

cette explication ne doit pas être ennuyeuse ! Elle ne doit pas encombrer le cerveau du client ni lasser son attention. Il est certain qu’une publicité trop explicative n’atteint pas.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

il s’agit bien moins de trouver les motivations qui pourraient amener l’homme à acheter tel produit, ou de lui « créer » de nouveaux besoins, ou de le faire « consommateur ». Certes, ici encore, ces objectifs n’ont pas disparu. Mais ce n’est pas tellement par ces voies que la publicité agit : en réalité, si l’on considère la technique comme un système, un milieu, une « nature », il convient pour que l’individu achète ce qu’on lui propose qu’il soit intégré dans le système et fasse partie de l’ensemble ! Il ne doit plus y avoir d’un côté le monde technique, et de l’autre des individus qui peuvent en acheter les produits. L’homme fait déjà partie de ce système technicien en tant qu’acteur et producteur, il faut maintenant qu’il y soit intégré en tant que consommateur.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

introduire dans la marchandise des qualités libidinales non intrinsèques au départ

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

déifier l’engin technique. Puisqu’il est universel et spectaculaire, hors de mes atteintes et de ma maîtrise, qu’il accomplit ce que l’on aurait normalement considéré comme des miracles, qu’il est en grande partie incompréhensible, il est donc Dieu

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’audace de dire que la téléconférence est l’équivalent des clubs, des associations, des bistrots ou des salons… C’est la vision parfaitement inhumaine qui abstrait ce qu’il y a de spécifique dans un club ou un bistrot pour ne garder que le fait qu’on peut « communiquer » ! « Convivialité certes, mais aussi sélection et même exclusion des membres qui contreviennent aux règles du groupe

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La télévision a mutilé notre capacité de solitude, a violé notre dimension la plus intime, la plus privée, la plus secrète. Enchaînés par un rituel envahissant, nous fixons un cadre lumineux qui vomit des milliards de choses qui s’annulent les unes les autres, dans une spirale vertigineuse. La paix ne revient que lorsqu’on éteint. À onze heures, â minuit, pèse sur nos épaules une grande fatigue obligatoire. Nous allons vers notre lit chargés d’une vague mauvaise conscience, et, dans le noir, les yeux fermés, nous tentons de renouer, comme un fil cassé, le silence intérieur qui nous appartenait…

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

« Sans la télé, je n’existe pas.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

C’est ce vide existentiel qui avait été, au cours de l’histoire humaine, le moteur de toute la création culturelle et sociétale.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Brusquement on est en présence de son propre vide intérieur

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Un peu moins de temps à vivre par soi-même, un peu plus à vivre par procuration, tel est le résultat du magnétoscope.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la proclamation du « besoin d’image » est un mensonge, mais qu’il s’agit de plonger l’homme dans un univers factice, ce qui est destiné à lui faire perdre le sens à la fois de la réalité et de la recherche d’une vérité.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Je sais bien que l’on opposera à cela toutes les émissions « culturelles » (sur des livres !) et scientifiques. En réalité ces émissions obéissent aussi à l’essentiel de la télévision : faire vite, ne pas expliquer longtemps, rebondir en coups de théâtre, dramatiser, et l’important reste la mise en scène, et les affrontements.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Kierkegaard avait admirablement analysée sous la « catégorie de l’intéressant ». Mais cette attitude dans la vie qui était acquise par un exercice intellectuel devient maintenant un automatisme produit de l’extérieur, qui exprime le désengagement envers le réel, compensé bien évidemment par l’engagement pour l’irréel, qu’induit évidemment la télévision. Ce n’est pas par hasard que la théorie de l’« engagement dans le politique » est née en même temps que la télévision. Elle en était directement le produit : le politique recevant le statut de réel, cependant que la vie quotidienne et les relations effectives interhumaines étaient méprisées, ridiculisées (le ridicule de la « charité », la « libération » sexuelle, l’évacuation de toute morale… signes de déréalisation). Je sais bien que l’on opposera à cela toutes les émissions « culturelles » (sur des livres !) et scientifiques. En réalité ces émissions obéissent aussi à l’essentiel de la télévision : faire vite, ne pas expliquer longtemps, rebondir en coups de théâtre, dramatiser, et l’important reste la mise en scène, et les affrontements.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’important reste la mise en scène, et les affrontements.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Je vois, et forcément puisqu’il y a l’écran, je reste à distance. Et cela devient une attitude construite : tout ce que je rencontre dans la rue est de la même réalité que ce que j’ai vu sur l’écran. Lorsque je rencontre un mendiant ou un chômeur, je porte le même regard superficiel et désincarné que sur les squelettes vivants du tiers monde que la télévision me montre périodiquement. C’est exactement l’extrême de la déréalisation : confusion du monde vivant avec le monde montré.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Je vois, et forcément puisqu’il y a l’écran, je reste à distance. Et cela devient une attitude construite : tout ce que je rencontre dans la rue est de la même réalité que ce que j’ai vu sur l’écran. Lorsque je rencontre un mendiant ou un chômeur, je porte le même regard superficiel et désincarné que sur les squelettes vivants du tiers monde que la télévision me montre périodiquement.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

là où il n’y a pas de relations humaines, il n’y a non plus aucune participation

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La danse est plus télévisuelle que le yoga. Le voyage du pape, plus que la méditation. La guerre passe mieux que la paix. La violence que la non-violence, les cris d’un leader charismatique plus que la réflexion exprimant des idées, le conflit et la compétition plus que la coopération. L’écologie ne peut pas « passer » à la télévision. C’est-à-dire que ce qui « passe » ce sont des « non-messages », ce qui reste est une brume générale, dont seul émerge l’écran lui-même de l’appareil. Il n’y a aucune information sur le réel.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

The medium is the message, et encore : « Massage-Message. » Ce qui signifie en réalité, tout d’abord qu’il n’y a pas de message à la télévision, qui elle-même « est », un point c’est tout, elle ne transmet rien, ni information, ni pensée, ni création artistique : c’est la télévision en elle-même qui est le message, c’est elle qui s’implante dans la personne en tant que message. Les images qu’elle présente n’ont pas de sens. C’est pourquoi elles doivent être brèves et comporter une apparence qui saisisse le spectateur.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

le sentiment confus de l’impuissance. Que voulez-vous que je fasse en présence des catastrophes présentées sans cesse par les informations ?

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

C’est l’information insignifiante diffusée en masse qui produit l’attitude passive de l’homme

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’homme devient avant tout consommateur parce que ce qui aurait pu produire son initiative est inhibé par l’excès d’information.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Il est d’ailleurs intéressant de constater que lorsque, dans l’analyse de l’information traitée par informatique, on retrouve l’idée d’information connaissance et de l’information « services », mais que les mots ont changé de sens : la « connaissance » se borne à des connaissances comparables à celles d’une encyclopédie reconstruite, prédigérée, qui transmet une certaine représentation du monde, n’ayant plus de référence au réel.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

des informations peuvent, au sens étymologique, « mettre en forme », « in-formare ». Elles dictent une certaine conduite.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

des informations peuvent, au sens étymologique, « mettre en forme », « in-formare

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le téléphone a détruit l’habitude de rendre visite, de prendre un vrai contact humain, il a ruiné l’art épistolaire, il a supprimé le souvenir, les amoureux se téléphonent et ne s’écrivent plus…

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La télématique accélérera ce processus d’éloignement des individus (par le fait même de la rapidité de la communication). Elle va redessiner des villes en fonction de ses réseaux uniformes, rendant plus rare encore la rencontre physique : on se verra mais par machine interposée

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La liberté provoque la concentration.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Plus les chronomètres sont exacts et moins on connaît la valeur du temps.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

pourquoi gagner du temps si ce temps libéré est vide, et sans signification.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

tout le monde s’oppose sur tous les plans pour faire en définitive la même chose.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la chasse (la vraie, respectueuse du gibier et non pas les massacres organisés actuels…)

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la désinformation par excès d’information, mais il faut tenir compte, dans cette inondation, de l’aplatissement de toutes les informations ! C’est-à-dire qu’il est matériellement impossible de discerner dans le flot ce qui est une information importante et ce qui est fait divers sans lendemain. Il est impossible de discerner le fait porteur d’avenir et rendant à peu près sûre telle évolution, et le fait spectaculaire qui n’a en réalité aucune importance (par exemple le fait que l’homme a marché sur la lune).

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

le progrès des médias produisant un réseau d’information extraordinaire qui a provoqué le progrès de la désinformation et de l’ignorance

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’incertitude d’être livré, pieds et poings liés, à une sorte de destin qui nous dépasse et qui peut se déchaîner n’importe quand.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La providence, faite de l’État et de la science, veille sur nous. Mais cette providence est-elle aussi sûre que celle que l’on attribuait à Dieu ?

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

plus l’équipement industriel est produit par des techniques à caractère scientifique, plus le système économique devient rigide et difficile à rectifier s’il y a mauvaise orientation. En particulier les mécanismes du marché sont freinés par les inerties techniciennes.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Chacun s’accommode de son statut économique et social parce qu’il existe un espoir d’amélioration.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Malheureusement, ce sont des lieux de pacage

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

En face de la technique et de notre impuissance à la regarder en face, je dirais, avec Tite-Live, « Nous ne pouvons plus supporter ni nos vices ni leurs remèdes » et, avec Tacite, « la faiblesse de la nature humaine fait que les remèdes viennent toujours plus tard que les maux ».

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

nous refusons de voir ce qu’est réellement le progrès technique. Nous refusons de voir ses conséquences réelles et la remise en question de tout ce que nous sommes. Nous refusons de payer le prix exigé par la technique, et lorsqu’on le montre, on parle de pessimisme.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Nous refusons de payer le prix exigé par la technique, et lorsqu’on le montre, on parle de pessimisme.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la pensée technocratique ne conçoit ce qui est vivant, anthropologique et social, que selon la logique simplifiante des machines artificielles. La compétence technocratique est celle de l’expert dont l’aveuglement général enveloppe la lucidité spécialisée. L’action technocrate ne peut être, socialement et politiquement, que mutilée et mutilante.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Je sais très bien par exemple que, en ce qui concerne les pesticides, il y a déjà des recherches très avancées pour les remplacer par des virus spécifiques ou par des parasites de l’espèce que l’on veut éliminer. Ceci serait, a priori, sans effets nocifs pour les autres êtres vivants. Mais le fait d’enrayer ces désastres nous révèle d’abord que chaque fois le problème posé est plus difficile, que, de plus, la parade ou la compensation devient de plus en plus coûteuse.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Tout, tout de suite » est un caractère important de mentalité technicienne. Mais ceci implique que l’on ne regarde et considère en effet que ce qui a lieu tout de suite. Les effets à longue échéance, qu’importe. « Mangeons et buvons, et demain… mourons.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

pour les pesticides, on ne peut pas en arrêter l’emploi, parce que, paraît-il, les insectes attaqués sont par compensation dotés d’une fécondité et d’une résistance croissantes, si bien que si on cessait de les détruire, on en aurait une prolifération gigantesque. Si le fait est exact, il serait typique de l’orientation dans laquelle nous sommes obligés d’avancer.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

pas question de porter des jugements éthiques, mais je serais très près de m’associer au critère posé par Mme Ferhat Delassert (Analyse et Prévision, 1970) : « Les solutions technologiques nous dispensent des bienfaits ou des méfaits selon qu’elles sauvegardent ou perturbent les équilibres écologiques fondamentaux. » Ceci est en effet un bon principe d’appréciation.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

La formule « le pire n’est pas toujours sûr » est le meilleur oreiller de paresse.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

dans toute opération technique, il faudrait être aussi clairvoyant que ce chirurgien et reconnaître les effets non recherchés mais prévisibles

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Nous détériorons notre environnement non seulement comme individus, lorsque nous nous conduisons comme des brutes ignorantes, mais aussi en tant qu’agents au service d’une fonction sociale utile quand nous conduisons les opérations d’une manière qui est rationnelle relativement à notre objectif, mais irréfléchie (et dommageable) du point de vue de l’ensemble.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’idée que la technique est au service des besoins des individus pour accroître leur bien-être est illusoire : il s’est effectué un décrochage entre la croissance économique et le mieux-être.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Hommes et femmes épuisés, nerveusement surtendus, aptes à faire un travail à mi-temps (on sait que la question du travail à mi-temps est largement posée, pas seulement pour les femmes mariées), mais incapables de l’attention soutenue, de la précision de gestes, pendant une trop longue durée. Déséquilibrés légers, capables de faire des travaux simples et lents, (qui n’existent plus dans notre monde)

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

C’est une des faiblesses les plus grandes de ceux qui estiment que l’on peut séparer les effets bons et mauvais de la technique ; on suppose toujours une collectivité d’hommes sages, raisonnables, maîtrisant leurs désirs et leurs instincts, sérieux et moraux. Jusqu’ici l’expérience a plutôt montré que la croissance des pouvoirs techniques n’a pas conduit l’homme à plus de vertu. Dire à ce moment « Il suffit de faire un bon usage… » c’est ne rien dire du tout.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Les techniques d’exploitation des richesses sont bonnes pour l’homme ? Sans doute. Mais lorsqu’elles conduisent à l’épuisement de ces richesses, à une exploitation sans frein de ces richesses ? Les techniques de production sont bonnes, sans doute. Mais production de quoi ?

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Les techniques d’exploitation des richesses sont bonnes pour l’homme ? Sans doute. Mais lorsqu’elles conduisent à l’épuisement de ces richesses, à une exploitation sans frein de ces richesses ? Les techniques de production sont bonnes, sans doute. Mais production de quoi ? Comme

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Les techniques d’exploitation des richesses sont bonnes pour l’homme ? Sans doute. Mais lorsqu’elles conduisent à l’épuisement de ces richesses, à une exploitation sans frein de ces richesses

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

choc spirituel produit sur des populations que de fortes convictions religieuses, toujours vivantes, poussent à la procréation et font de l’enfant un don de Dieu (judaïsme, catholicisme, islam) ou la condition de la transmigration des âmes (hindouisme).

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

désastres psychologiques et sociologiques que pourrait engendrer un brusque stoppage de la croissance démographique.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

on arrivera à nourrir matériellement les gens au prix de leur destruction interne, psychique, et sociale…

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la destruction du paysage humain,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

mais avant tout le résultat de la mécanisation et de la division du travail.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la transformation des ouvriers en prolétariat est non seulement le fait de capitalistes qui veulent absolument augmenter leur profit

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

en face d’un danger, d’une difficulté précis, limités, on trouve forcément la réponse technique adéquate. Ceci provient de ce que c’est le mouvement même de la technique, mais répond aussi à notre conviction profonde, générale dans les pays développés, que tout peut être ramené à des problèmes techniques.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le progrès technique soulève des problèmes plus difficiles que ceux qu’il résout.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

prix à payer : un régime absolu, avec les « bavures » que cela présente, c’est-à-dire l’État policier, les emprisonnements, les tortures… c’était le même dilemme qui se posait à Staline. Toute croissance technique rapide se paie de cette façon.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Sans cesse on est obligé de compenser de nouvelles déficiences par des procédés artificiels qui créent à leur tour de nouvelles déficiences.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Quant à la rupture des rythmes saisonniers, elle est bien connue : tout organisme vivant trouve sa pleine force et sa puissance au printemps et en été. À l’automne et en hiver, sans aller jusqu’à l’hibernation, tout organisme perd ses forces vitales, se réduit, devient moins résistant et plus fragile (on suivait exactement le rythme naturel à la campagne : l’hiver peu de travail) : or, notre organisation (dictée par la technique qui permet et maintenant exige les vacances) inverse ce rythme : on place les vacances et le repos pendant la « belle saison », et on accumule le maximum de travail pendant l’hiver. Ce qui entraîne la perturbation des rythmes de vie. Des fonctions comme celle de l’attention, ne s’exercent plus comme jadis

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

multiplicité des contacts humains superficiels,

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

le problème essentiel du travailleur moderne est l’insomnie.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

L’usure nerveuse compense le repos musculaire

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’économie totale d’effort physique est-elle un bien ? Ce qui semblerait prouver le contraire c’est l’obligation où l’on se trouve de remplacer cette absence de dépense musculaire par la même dépense dans le sport… Ce n’est pas grave. Ce qui l’est, c’est que cette économie d’effort musculaire se paie de tout un ensemble d’inconvénients, physiologiques, psychologiques et même sociologiques.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

Le progrès technique ne sait pas où il va. Et c’est pourquoi il est imprévisible, et provoque dans la société une imprévisibilité générale.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

la technique porte ses effets en elle-même, indépendamment des usages

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

y aura-t-il encore une politique autre que la politique spectacle

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

allons-nous nous adapter physiquement, socialement, intellectuellement, à l’informatique

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’informatique par exemple. Elle est un défi parce qu’elle remet en cause, non seulement notre rythme de gestion, mais aussi notre façon de penser, elle bouleverse nos cheminements aussi bien bureaucratiques que cérébraux. Elle met à notre disposition des milliers d’informations sur chaque point qui nous débordent et nous accoutument à compter par millions et milliards comme si c’étaient des unités ! Elle change la dimension et la rapidité de notre vie. Elle tisse, que nous le voulions ou non, des réseaux dans la société qui n’ont plus rien à faire avec les anciens réseaux et surtout les structures traditionnelles.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

change la dimension et la rapidité de notre vie. Elle tisse, que nous le voulions ou non, des réseaux dans la société qui n’ont plus rien à faire avec les anciens réseaux et surtout les structures traditionnelles.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

change la dimension et la rapidité de notre vie.

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

l’ordinateur est un des grands responsables du chômage

Le bluff technologique (Jacques Ellul)

dans la société féodale, le caractère mouvant, instable des centres politiques, le caractère peu intellectuel de la vie politique sont également défavorables à l’usage de la propagande. Celle-ci reparaîtra sur le plan politique lorsqu’un pouvoir royal assez vigoureux se manifestera

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

est peut être un des premiers à lancer le thème de la Pax Romana en soutenant que l’idéal de Tibère est la paix intérieure et extérieure.

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

genius principis

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

On développe au moment du principat un système probablement inventé par César, celui des Acta Diurna.

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

Le contenu du mythe est celui de l’origine divine de Rome de son caractère invincible (à l’égard des vaincus, Rome offre justement ce mythe justificateur : s’ils ont été vaincus, ce n’est pas qu’ils aient démérité, c’est que Rome était invincible),

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

le parti. Celui-ci a commencé par être une bande aux ordres d’un chef, pour des tâches diverses, y compris l’assassinat politique

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

provoquer l’émulation, la fidélité, le dévouement, l’orgueil d’être dans un système si grandiose. Autrement dit, c’est bien de l’ordre de la propagande puisque le lien recherché est d’abord psychologique, mais obtenu par des moyens institutionnels.

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

un système d’émulation

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

la colonie n’est pas en effet seulement un moyen de surveillance militaire, de peuplement, ou de solution de la crise sociale à Rome il s’agit par cette création d’une sorte de cité romaine au milieu d’un peuple étranger de montrer clairement aux peuples intégrés, la supériorité de l’organisation, de l’administration romaine de façon à tenter les peuples pour qu’ils demandent l’obtention des mêmes avantages.

Histoire de la propagande (Jacques Ellul)

you can understand someone of your sex only

Truisms (Jenny Holzer)

we must make sacrifices to maintain our quality of life

Truisms (Jenny Holzer)

the most profound things are inexpressible

Truisms (Jenny Holzer)

solitude is enriching

Truisms (Jenny Holzer)

selflessness is the highest achievement

Truisms (Jenny Holzer)

romantic love was invented to manipulate women

Truisms (Jenny Holzer)

revolution begins with changes in the individual

Truisms (Jenny Holzer)

push yourself to the limit as often as possible

Truisms (Jenny Holzer)

people are boring unless they are extremists

Truisms (Jenny Holzer)

often you should act like you are sexless

Truisms (Jenny Holzer)

monomania is a prerequisite of success

Truisms (Jenny Holzer)

men are not monogamous by nature

Truisms (Jenny Holzer)

knowing yourself lets you understand others

Truisms (Jenny Holzer)

just believing something can make it happen

Truisms (Jenny Holzer)

it's good to give extra money to charity

Truisms (Jenny Holzer)

it's better to be a good person than a famous person

Truisms (Jenny Holzer)

it is man's fate to outsmart himself

Truisms (Jenny Holzer)

if you live simply there is nothing to worry about

Truisms (Jenny Holzer)

you live simply there is nothing to worry about

Truisms (Jenny Holzer)

ideals are replaced by conventional goals at a certain age

Truisms (Jenny Holzer)

fear is the greatest incapacitator

Truisms (Jenny Holzer)

extreme self-consciousness leads to perversion

Truisms (Jenny Holzer)

eating too much is criminal

Truisms (Jenny Holzer)

deviants are sacrificed to increase group solidarity

Truisms (Jenny Holzer)

When engrossed in work, reading a book, or playing with children, we may as well be stealing by the attention merchants’ lights.

The Attention Merchants (Tim Wu)

the attention industry, like any other, demands constant growth,

The Attention Merchants (Tim Wu)

The idealists had hoped the web would be different, and it certainly was for a time, but over the long term it would become something of a 99-cent store, if not an outright cesspool.

The Attention Merchants (Tim Wu)

of a 99-cent store, if not an outright cesspool.

The Attention Merchants (Tim Wu)

If I get two likes, I feel like, what’s wrong with me?”

The Attention Merchants (Tim Wu)

The desire of men and women to dress up and parade may be as deeply rooted as the peacock’s impulse to strut.

The Attention Merchants (Tim Wu)

the self as its own object of worship.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Calling it a business model as opposed to mere narcissism at least provides an excuse, insofar as many careers excuse what would otherwise be considered unhealthy or insane behavior.

The Attention Merchants (Tim Wu)

James Franco, a C-list actor under the old metrics, and himself a self-confessed “Instagram addict,” would speak to its broad acceptance: “It’s what the movie studios want for their products, it’s what professional writers want for their work, it’s what newspapers want—hell, it’s what everyone wants: attention. Attention is power.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Where the human gaze goes, business soon follows,

The Attention Merchants (Tim Wu)

By 2015, the fourth screen would be in the hands of virtually everyone, seizing nearly three of the average American’s waking hours.

The Attention Merchants (Tim Wu)

THE FOURTH SCREEN AND THE MIRROR OF NARCISSUS

The Attention Merchants (Tim Wu)

And so just as American democracy promised that any child could grow up to become president, and American capitalism promised that through hard work anyone could become rich, the attention economy threw up its own mirage for the discontented masses: fame for everyone.

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Facebook had supposedly replaced cyberspace with something more “real,” but what it created in fact was just another realm of unreality, one that, on account of looking real, was more misleading. Here was a place where friends always congratulated and celebrated; where couples did little but eat at nice restaurants, go on vacation, or announce engagements or newborns; and where children never cried or needed diaper changes or hit each other. On Facebook, all happy families were alike; the others may have each been unhappy in their own way, but they were not on Facebook. Of course, all human communication is slightly inauthentic, but in person or even on the telephone there are limits to our dissimulations. The sugared-cookie-cutter self-styling enabled by Facebook made America seem a Lake Wobegon online. In retrospect, the 1950s looked dark and angst-ridden by comparison.

The Attention Merchants (Tim Wu)

it invested heavily in developing metrics to convince advertisers that its advertisements were valuable even though people weren’t clicking on them.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Chris Dixon wrote in 2012, “Facebook makes about 1⁄10th of Google’s revenues even though they have twice the pageviews. Some estimates put Google’s search revenues per pageviews at 100–200x Facebook’s.”

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real names and real personal information,

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One academic study found that trolling “correlated positively with sadism, psychopathy, and Machiavellianism….[of] all personality measures, sadism showed the most robust associations with trolling and, importantly, the relationship was specific to trolling behavior.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

In business, invention is often said to be overrated as compared with execution. Perhaps the best proof of this idea yet to be offered by the twenty-first century is the success of Facebook, a business with an exceedingly low ratio of invention to success

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He did a dual concentration in psychology and computer science, later claiming, “I was always interested in how those two things combined.” When people asked if psychology had been a waste of time, Zuckerberg would answer, “Understanding people is not a waste of time.”

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Wikipedia reached its peak of 51,000 active editors in 2007, and from that point onward began to shed contributors; by 2013 it would lose more than 20,000,

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Wikipedia reached its peak of 51,000 active editors in 2007, and from that point onward began to shed contributors;

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Like the New York Sun in the 1830s or People magazine in the 1970s, HuffPo forced the competition to become more like it. Relatively sober sites like Slate and Salon grew more gossipy, superficial, and click-driven;

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“parasites living off journalism produced by others.”

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When properly calibrated, such content seemed to take control of the mind, causing the hand almost involuntarily to click on whatever was there.

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the goose that lays the golden egg gets old and dies.

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a remote desert island, staged an ongoing physical competition under constant surveillance. The sixteen contestants were divided into two “tribes,” who would live on the island for about a month; at the end of each episode, one player would be voted off the island by the others.

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Each of the cast members was paid a mere $1,400 for living several months of their lives on camera and creating enough raw footage for thirteen episodes.13 While it was never expressed this way, it became clear, over time, that the “talent” was actually being paid in attention, as opposed to cash;

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MTV got nearly all of its content for free,

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“The energy you put into the world—both good and bad—is exactly what comes back to you. This means you create the circumstances of your life with the choices you make every day.”

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But in one major respect Winfrey’s teaching tended to differ considerably from both Christianity and other traditional religions, which steadfastly warn of the spiritual dangers of materialism.* The show’s prescriptions for personal growth always included consumption as a means of self-actualization and self-reward. “For her, transformation is about self-esteem and about buying stuff,” says Susan Mackey-Kallis.13 Viewers were encouraged to treat themselves well with their purchases (“show yourself love”).

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Winfrey also offered something unique in daytime television: food for the hungers traditionally fed by organized religion and spirituality. Her shows were a daily dose of redemptive confession or suffering, a vision of justice, and the promise of salvation in this life.

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But this only lends to their illusion of accessibility, and at least for commercial purposes makes them more compelling to follow.

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rejoinder to the decline of religion and magic,” for in the “absence of saints or a God to look up to, for many people in western societies the void is being filled by celebrity culture.”

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Karen Armstrong describes it as an “essential craving” of all humanity to be connected with the “extraordinary”: “It touches us within, lifts us momentarily beyond ourselves, so that we seem to inhabit our humanity more fully than usual and feel in touch with the deeper currents of life.” Such transcendence of the mundane condition has since ancient times been identified with heroes, demigods, and saints, humans who occupy a somewhat exalted position yet also remain accessible, allowing us some taste of another realm. At one time, this was also true of royalty (and in a few places it still is).

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You don’t have to be a fan to identify Matt Damon, Angelina Jolie, or Leonardo DiCaprio as famous actors, known to you the same way you might know the names of major cities you’ve never visited. And that would be to describe an ordinary participant in our attention economy. There are many who take a more active interest, who know by name and sight many thousands of strangers, and hold in their minds veritable memory palaces of personal facts and relationship histories, enough synaptic investment to put a medieval Jesuit to shame.

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for years, Time would faithfully detail what the president had done that week, no matter how trivial or insignificant. The relentless focus on personalities was a different way to do news, but Luce played down his innovation: “TIME didn’t start this emphasis on stories about people,” he insisted. “The Bible did.”

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The impulse to idolize has not faded in our secular age, only gone seeking after strange gods.

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as AOL finally turned to the reselling of attention, it brought the commercial model of the attention merchant to one of the last spaces thought sacred—our personal relationships.

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AOL had, over the 1990s, decisively proven that the surest allure of the new computer networks was social—the prospect of interacting with other people.

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using people to gain the attention of other people

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By the mid- to late 1990s, “50% of the CD’s produced worldwide had an AOL logo on them,”

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It may be hard for some to imagine a moment when receiving email was considered a big deal. At the time, however, it seemed exciting enough for Nora Ephron to base a Warner Bros. romantic comedy on the story of two strangers (played by Tom Hanks and Meg Ryan) meeting through AOL email.

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“You’ve got mail.”

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Like virtual sex, of course. There’s a popular folk theory, apparently of Freudian inspiration, that the driver of any technological advance is either sex or warfare.

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Like virtual sex, of course. There’s a popular folk theory, apparently of Freudian inspiration, that the driver of any technological advance is either sex or warfare. However exaggerated, like a broken clock, this theory is occasionally right. It was in the case of AOL, where users flocked for, if not sex exactly, then potential titillation, and who knows what might follow—much the same proffer that draws college students to frat parties.

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Just as television had initially presented itself as bringing family together, AOL would allow those living in modernity’s increasing isolation to reach out.

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“queasy spivs, living out a teen-dream movie with faggot overtones.”

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As in any real game—be it tennis, pinball, or blackjack—the fast-flowing stimuli constantly engage the visual cortex, which reacts automatically to movement. No intentional focus is required, which explains why children and adults with Attention Deficit Disorder find the action of video games as engrossing as anyone else.

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As in any real game—be it tennis, pinball, or blackjack—the fast-flowing stimuli constantly engage the visual cortex, which reacts automatically to movement. No intentional focus is required, which explains why children and adults with Attention Deficit Disorder find the action of video games as engrossing as anyone else. Unlike

The Attention Merchants (Tim Wu)

As in any real game—be it tennis, pinball, or blackjack—the fast-flowing stimuli constantly engage the visual cortex, which reacts automatically to movement

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federal policy. Thuerk got a call from a testy

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behavior consistently rewarded is in fact more prone to “extinction” than behavior inconsistently rewarded.

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All this leads to a highly counterintuitive point: technologies designed to increase our control over our attention will sometimes have the very opposite effect. They open us up to a stream of instinctive selections, and tiny rewards, the sum of which may be no reward at all.

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The channel surfer is then in a mental state not unlike that of a newborn or a reptile. Having thus surrendered, the mind is simply jumping about and following whatever grabs it.

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Of course, people have always wanted accurate information about products, but that’s not advertising. The goal was something both persuasive but also entertaining, something that, somehow, would keep the channel surfer’s finger still. Or as New York explained, the 1980s called for “zap-proof” advertisements, which were, in Madison Avenue’s thinking: “animation, sixties-type-musical takeoffs, soft-sell patriotism, [and] MTV-style rock videos.”

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nor did Get a Life, about a thirty-year-old paperboy

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Technology always embodies ideology, and the ideology in question was one of difference, recognition, and individuality.

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The Hyannis Affair, which was described as “a sort of topless Dynasty” following “the idle rich, with time on their hands and sex on their minds.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

ESPN, the Entertainment and Sports Programming Network for sports junkies who have to have a fix every time they touch the dial.’

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Who could turn the world on with its guile?

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counterculture’s call for the revitalization of spirituality and social consciousness inspired very few to make a permanent break even from television,

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anti-commercialism could yield great commercial success;

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“free election of masters does not abolish the masters or the slaves”

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The most confident among the advertisers knew that the 1960s would not extinguish consumerism, for a simple reason: desire’s most natural endpoint is consumption, and advertisers, after honing their art for half a century, knew how to convert all manner of desire into demand for products. And young people’s desires were no exception. In fact, as one advertising executive, John Adams, put it in 1971, “They [the hippies] are in the peak acquisitive years, and their relative affluence enables them to consume goods and services at a rate unheard of for their age level.”

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“We made a decision,” he later recalled, “to stop talking about the product, and start talking about the user.”10 He thus conceived of marketing Pepsi without reference to its inherent qualities, focusing instead on an image of the people who bought it, or who should be buying it. They were the people of the moment: the young, the rebellious, those who (to borrow a later slogan) “think different.”

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selling Pepsi as a cheaper alternative was not, in the long run, a winning strategy.

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selling Pepsi as a cheaper alternative was not, in the long

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drawing on the deep American self-regard and desire to belong—and somehow making it feel that to drink something else might be vaguely treasonous.

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ultimate form of freedom—‘to live without anxiety.’

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“Turn On, Tune In, Drop Out.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

On, Tune In, Drop Out.”

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For as Ellul wrote of propaganda, those most susceptible to it are often those most confident in their skills of detecting it and therefore think themselves immune to its effects.

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no one ever bought a TV merely to keep up with the latest shampoos or tobacco products, much less to be persuaded to buy them.

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anything too downbeat, dark, or challenging was being systematically suppressed, for fear of contradicting the upbeat and optimistic commercial messages of television’s sponsors.

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“Tell me how a man drives, and I will tell you what kind of man he is.” The Plymouth was available as both a convertible and a sedan. After interviewing car buyers, he theorized that men regarded a convertible as a symbolic mistress, offering adventure, excitement, and romance, even if they were more likely to buy a sedan, which “reminded them of the comfort and familiarity of their wives.” He therefore recommended both more advertising for convertibles and prominent showroom placement. This, he advised, would fire the male imagination, drawing in the male car buyer, so that he might yet marry the sedan.

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“the wedding cake [is]…the symbol of the feminine organ”;

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“The customer is not a moron, she’s your wife,”

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“We ate our suppers in silence, spilling food, gaping in awe,” said one woman in 1950. “We thought nothing of sitting in the darkness for hours at a stretch without exchanging a word except ‘who’s going to answer that confounded telephone?’

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five hours a day by the end of the decade—

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motion picture theaters, had a seemingly magical power to capture attention.

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“as soon as by one’s own propaganda even a glimpse of right on the other side is admitted, the cause for doubting one’s own right is laid.”

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Over the next few years, Hitler would give hundreds of similar speeches, perfecting his performance method. Over time, he developed a winning and invariant structure

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“The psyche of the great masses is not receptive to anything that is half-hearted and weak. Like the woman, whose psychic state is determined less by grounds of abstract reason than by an indefinable emotional longing for a force which will complement her nature, and who, consequently, would rather bow to a strong man than dominate a weakling, likewise the masses love a commander more than a petitioner and feel inwardly more satisfied by a doctrine, tolerating no other beside itself.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

“the task of propaganda lies not in a scientific training of the individual, but rather in directing the masses towards certain facts, events, necessities, etc., the purpose being to move their importance into the masses’ field of vision.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

The strong leader, by “understanding the great masses’ world of ideas and feelings, finds, by a correct psychological form, the way to the attention, and further to the heart, of the great masses.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Propaganda must “be popular and has to adapt its spiritual level to the perception of the least intelligent….Therefore its spiritual level has to be screwed the lower, the greater the mass of people which one wants to attract.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

“To whom has propaganda to appeal? To the scientific intelligentsia, or to the less educated masses? It has to appeal forever and only to the masses!”

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jumping into the complex merits of an issue before having engaged the listener.

The Attention Merchants (Tim Wu)

With their reductive messages and vivid imagery, the British and Americans handily avoided that blunder.

The Attention Merchants (Tim Wu)

He faulted the German Empire, with its “mania for objectivity,” for failing to capture the necessary attention.

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the Volksempfänger, or “people’s receiver,” a low-priced product designed for the masses.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Knowing how to keep the pot simmering without boiling over in public protest, Paley proactively set limits on CBS’s advertising; among them, he cut its share of airtime to 10 percent and banned commercials considered offensive. At the risk of giving him too much credit, one could say that such policies not only kept critics at bay but also showed a shrewd awareness of the attention merchant’s eternal dilemma: too little advertising and the business can’t grow; too much and the listener grows resentful and tunes out.

The Attention Merchants (Tim Wu)

The race between the penny papers in the 1830s may have given the impression that, among attention merchants, the race always goes to the most lurid and shocking. That does tend to be true over the short term, but over longer spans of time, the matter is more complex. The most successful know how to bear downwind, to get moving, but also the delicate art of bearing back upwind to sustain the audience; a continual diet of the purely sensational wears audiences out, makes them seek some repose. The New York Times and The Wall Street Journal, for example, both beat out their rivals in the late nineteenth century not by being more sensational, but less, while steering shy of being tedious most of the time. Similarly, the Tiffany strategy was aimed for the network to sustain itself by entering the ranks of respectability.

The Attention Merchants (Tim Wu)

CBS produced a series of pamphlets emphasizing the power of broadcasting to reach into the minds of its listeners. One entitled You Do What You’re Told argued that since people tended to obey human voices, radio advertising would be more compelling than existing print forms. Radio, according to the pamphlet, “presents the living voice of authority,” giving it the “supple power to move people and mold them, to enlist them and command them.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

William S. Paley, president and chairman of the Columbia Broadcasting System, was of a type lost to our times, when vice has ceased to pay virtue its natural tribute, hypocrisy. He was simultaneously well mannered and insatiably hedonistic, cultivating the finest things and the fanciest of friends while maintaining a quiet, understated demeanor.

The Attention Merchants (Tim Wu)

To allay the disaffection of the young we must provide a sense of purpose and reduce feelings of alienation or hopelessness. Realizing that we have no effective means of doing any of this, we ourselves may experience a crisis of belief or a loss of confidence, which can be corrected only by returning to a faith in mans inner capacities.

Beyond Freedom and Dignity (B. F. Skinner)

we must remember that wars begin in the minds of men, that there is something suicidal in man—a death instinct perhaps—which leads to war, and that man is aggressive by nature.

Beyond Freedom and Dignity (B. F. Skinner)

Aristotle argued that a falling body accelerated because it grew more jubilant as it found itself nearer home,

Beyond Freedom and Dignity (B. F. Skinner)

Overcrowding can be corrected only by inducing people not to crowd,

Beyond Freedom and Dignity (B. F. Skinner)

Think for a minute about activities that entrance their practitioners, like gambling, shopping, or fishing. They all, in fact, have variable and unknowable reward schedules. A slot machine that rewarded every pull or even every third would offer no thrill; and no one hunts cows for sport.

The Attention Merchants (Tim Wu)

“My experience is what I agree to attend to.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

“sincerity, honesty, genuineness—true values.

The Attention Merchants (Tim Wu)

the epic battle for the attention of America’s white Protestant majority would be waged and won thanks to the chance discovery of its fascination with the perceived hilariousness of blacks and Jews.

The Attention Merchants (Tim Wu)

epic battle for the attention of America’s white Protestant majority would be waged and won thanks to the chance discovery of its fascination with the perceived hilariousness of blacks and Jews.

The Attention Merchants (Tim Wu)

the days when the network existed to sell the hardware!

The Attention Merchants (Tim Wu)

As we have told you repeatedly, Pepsodent Tooth Paste today contains a new and different cleansing and polishing material. We want to emphasize the fact that this cleansing and polishing material used in Pepsodent Tooth Paste is contained in no other tooth paste. That is very important. It is important to us, because Pepsodent laboratories spent eleven years in developing this remarkable material. It is important to the public, because no other cleansing and polishing material removes film from teeth as effectively as does this new discovery. What’s more, this new material is twice as soft as that commonly used in tooth pastes. Therefore it gives great safety, greater protection to lovely teeth. Use Pepsodent Tooth Paste twice a day—See your dentist at least twice a year.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Radio, he rightly concluded, could not only capture attention, it could do so inside the customer’s home. It could cause a whole family to ignore one another

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inside the customer’s home. It could cause a whole family to ignore one another

The Attention Merchants (Tim Wu)

Colgate, “the ribbon dental cream,” which promised a “safe” dentifrice with a “delicious flavor.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

By means of new technologies, advertising and its master, commerce, would enter what had been for millennia our attention’s main sanctuary—the home.

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what turned out to be human attention’s mother lode.

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branded cigarettes—Camels, Lucky Strike, and so on—

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True brand advertising is therefore an effort not so much to persuade as to convert. At its most successful, it creates a product cult, whose loyalists cannot be influenced by mere information: companies like Apple, Hermès, and Porsche are among those that have achieved this kind of immunity to competition, at least among their true believers.

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the creation of strong brand loyalties, having little to do with intrinsic value, was a calculated effort to foster irrational attachments by which a brand might survive competition from other brands that were as good or better.

The Attention Merchants (Tim Wu)

“The achievements of American mass production would fall of their own weight,” Stanley Resor observed, “without the mass marketing machinery which advertising supplies.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Information cannot be acted upon without attention and thus attention capture and information are essential to a functioning market economy, or indeed any competitive process, like an election (unknown candidates do not win). So as a technology for gaining access to the human mind, advertising can therefore serve a vital function, making markets, elections, and everything that depends on informed choice operate better, by telling us what we need to know about our choices, ideally in an objective fashion.

The Attention Merchants (Tim Wu)

if a price falls in the market and no one hears it, it doesn’t make a sound.

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“Nadir of Nothingness” in which people worshipped consumer goods as “brightly packaged gifts of the gods.”

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“as old as the world…‘Let there be light’ constitutes its charter. All Nature vibrates with its impulse. The brilliant plumage of the bird is color advertising addressed to the emotions.”

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The brilliant plumage of the bird is color advertising addressed to the emotions.”

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“the meek shall inherit the earth.”

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The agencies were educating the masses, doing a sort of missionary work on behalf of the great new companies fulfilling the broadest needs and deepest desires of the nation. President Coolidge captured the new image in a 1926 speech: “Advertising ministers to the spiritual side of trade. It is a great power that has been entrusted to your keeping which charges you with the high responsibility of inspiring and ennobling the commercial world. It is all part of the greater work of regeneration and redemption of mankind.”

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advertising’s most tried and true premise, borrowed from patent medicine: cigarettes needed to be a cure for something—if not sore throats, then what?

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advertising’s most tried and true premise, borrowed from patent medicine: cigarettes needed to be a cure for something—if

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advertising’s most tried and true premise, borrowed

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create demand at an even more fundamental level, by changing customs and norms.

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demand engineering, branding, or targeting,

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“The desire to emulate is stronger in women than in men,”

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And so, over the 1920s, they took a rarely used practice—the paid endorsement—and turned it into a mainstay for women’s products,

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And so, over the 1920s, they took a rarely used practice—the paid endorsement—and turned it into a mainstay for women’s products, from which it later spread to all products.

The Attention Merchants (Tim Wu)

women were in particular likely to notice and imitate the behavior of the rich, high-born, and famous.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Going far beyond the question of usefulness or even quality as a matter of brand development, advertisers began to imbue products with traits and associations that consumers could identify with.

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Going far beyond the question of usefulness or even quality as a matter of brand development,

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other such promises of fantasies fulfilled began to be made by Woodbury and other purveyors of various crèmes and unguents, for instance, that using them would vault one into the glamorous purlieus of high society.

The Attention Merchants (Tim Wu)

It sells the reader on herself, a new self, better than the old. Here was an innovatively oblique way of pushing the product by connecting it to the consumer’s deepest yearning to be beautiful and desired.

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sells the reader on herself, a new self, better than the old. Here was an innovatively oblique way of pushing the product by connecting it to the consumer’s deepest yearning to be beautiful and desired.

The Attention Merchants (Tim Wu)

advertisement holds out the promise of a better life.

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“Women as a whole are more suggestible than men,”

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“women are more responsive to appeals made by illustration and by use of color than men are.”

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“we have found a hothouse in which a good reputation can be generated, as it were, over night. In other words, the thing for which men in the past have been willing to slave and toil for a lifetime, they can now set out to achieve with semi-scientific accuracy and assurance of success, in periods of months instead of years.” Perhaps the most impressive proof of his theory is that, to this day, “Cadillac” is a general superlative

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MacManus’s “suggestive” style was an advertising that “implants thoughts not by force but by infiltration.” He aimed to create the impression that “the man manufacturing the product is an honest man, and that the product is an honest product, to be preferred above all others.” The projection of a “substantial and more or less virtuous character” did depend on some blandishments, such as beautiful illustrations; but otherwise he saw himself as simply delivering the unvarnished Truth. To that, the honorable advertising executive could add the newly discovered powers of propaganda, an accelerant to the natural process by which that Truth is duly recognized.

The Attention Merchants (Tim Wu)

MacManus’s “suggestive” style was an advertising that “implants thoughts not by force but by infiltration.” He aimed to create the impression that “the man manufacturing the product is an honest man, and that the product is an honest product, to be preferred above all others.” The projection of a “substantial and more or less virtuous character” did depend on some blandishments, such as beautiful illustrations; but otherwise he saw himself as simply delivering the unvarnished Truth.

The Attention Merchants (Tim Wu)

American and European firms invested millions to create associations with names that previously had no broad connotations, names like “Cadillac,” “Kraft,” “Lucky Strike,” “Heinz,” “Coca-Cola,” and so on. The fact that all of these remain familiar and enjoy enviable sales nearly a hundred years on shows how that initial investment, if properly husbanded, can pay dividends indefinitely.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Brands hardly existed before mass production; in a prior age, it was the reputation of the individual merchant that did the work, much as it still does today for doctors, accountants, and other professionals.

The Attention Merchants (Tim Wu)

As consumerism grew, it also became possible to sell products solving problems that were hardly recognized as such, let alone matters of life and death. Demand was engineered by showing not so much that the product would solve the problem but that the problem existed at all.

The Attention Merchants (Tim Wu)

method that had worked for patent medicine. Also known as “reason-why” advertising, this approach presented the product as the miraculous cure to some existing problem.

The Attention Merchants (Tim Wu)

The first was creating the desire for products that otherwise might not exist—then known as “demand engineering.” The second was the relatively new discipline of “branding”—creating loyalty for some maker, like Cadillac or Coca-Cola, by creating the impression, valid or not, that something truly set it apart from others

The Attention Merchants (Tim Wu)

Our very names are unknown. But there is scarcely a home, in city or hamlet, where some human being is not doing what we demand.

The Attention Merchants (Tim Wu)

entire industry. “From our desks we sway millions,”

The Attention Merchants (Tim Wu)

All around you people are judging you silently.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Jacques Ellul argued that it is only the disconnected—rural dwellers or the urban poor—who are truly immune to propaganda, while intellectuals, who read everything, insist on having opinions, and think themselves immune to propaganda are, in fact, easy to manipulate.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Supreme Court upheld Debs’s conviction without dissent.

The Attention Merchants (Tim Wu)

effort would be suppressed. After some prodding,

The Attention Merchants (Tim Wu)

would never seem to be afflicted by any qualms

The Attention Merchants (Tim Wu)

Just as the patent medicine advertisements had demonstrated that attention could be converted into cash, the first propaganda drives showed it was also convertible into other forms of value, like compliant service even unto death.

The Attention Merchants (Tim Wu)

to succeed, propaganda must be total.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Your King and Country Need You A CALL TO ARMS An addition of 100,000 men to His Majesty’s Regular Army is immediately necessary in the present grave National Emergency. Lord Kitchener is confident that this appeal will be at once responded to by all those who have the safety of our Empire at heart.

The Attention Merchants (Tim Wu)

the complicity of a press dependent on advertising revenue,

The Attention Merchants (Tim Wu)

The lotions and potions of our times inevitably promise youthfulness, health, or weight loss, thanks to exotic ingredients like antioxidants, amino acids, miracle fruits like the pomegranate and açaí berry, extracted ketones, or biofactors. There is scarcely a shampoo or lotion for sale that does not promise an extraordinary result owing to essence of coconut, or rosemary extracts, or another botanical.

The Attention Merchants (Tim Wu)

patent medicine are still routinely used today. The lotions and potions of our times inevitably promise youthfulness, health, or weight loss, thanks to exotic ingredients like antioxidants, amino acids, miracle fruits like the pomegranate and açaí berry, extracted ketones, or biofactors. There is scarcely a shampoo or lotion for sale that does not promise an extraordinary result owing to essence of coconut, or rosemary extracts, or another botanical.

The Attention Merchants (Tim Wu)

“air” in Nike’s sports shoes, triple reverse osmosis in some brands of water, or the gold-plating of audio component cables.

The Attention Merchants (Tim Wu)

There is scarcely a shampoo or lotion for sale that does not promise an extraordinary result owing to essence of coconut, or rosemary extracts, or another botanical.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Despite the promise of eternal life, faith in the West declined and has continued to do so, never faster than in the twenty-first century.8 Offering new consolations and strange gods of their own, the commercial rivals for human attention must surely figure into this decline. Attention, after all, is ultimately a zero-sum game.

The Attention Merchants (Tim Wu)

keeping the mind attuned to God, such as the practice of thinking of him immediately upon waking, right before falling asleep, for at least an hour during the day, and before taking any important action.

The Attention Merchants (Tim Wu)

James accorde une place importante à la croyance, c'est-à-dire à des hypothèses qu'on va chercher à tester pour vérifier leur vérité. Pour lui, les croyances ont un effet d'entraînement.

William James (Wikipédia)

Les vérités sont bonnes car elles nous permettent d'affronter le futur sans mauvaise surprise[62].

William James (Wikipédia)

la pluralité « nous commande de tolérer, respecter, et de nous montrer indulgent envers ceux que nous voyons innocemment intéressés et heureux dans la poursuite de leur propre chemin, aussi inintelligible qu'il nous paraisse[58] ».

William James (Wikipédia)

Dieu serait « le centre de gravité de toute tentative pour résoudre l'énigme de la vie[60] ».

William James (Wikipédia)

comme dans le cas du pont, on décide éventuellement de croire avant d'avoir une preuve que Dieu existe[60].

William James (Wikipédia)

l'expérience religieuse se reconnait à quatre marques : 1) l'ineffabilité de ce qui est ressenti, 2) sa qualité noétique, 2) la capacité à reconnaître son caractère transitoire et 4) la passivité du sujet face à ce qu'il lui arrive.

William James (Wikipédia)

l'expérience religieuse est « parmi les plus importantes fonctions de l'espèce humaine », celle qui connecte à une réalité plus grande qui n'est pas accessible autrement[57].

William James (Wikipédia)

les mutations de la société sont déterminées directement ou indirectement par les actes ou les exemples donnés par des individus dont le génie est adapté à l'air du temps.

William James (Wikipédia)

Pour James, il existe cinq sortes de prise de décision

William James (Wikipédia)

La prise de décision, rare, où nous suivons notre propre volonté.

William James (Wikipédia)

« James suggère même que Dieu peut tirer sa force et son énergie de notre collaboration[31]. »

William James (Wikipédia)

James propose une croyance théiste dans un Dieu personnel qui possède un plus grand pouvoir sans être tout puissant et un esprit plus profond sans être omniscient[31].

William James (Wikipédia)

le sentiment religieux donne une impression de sécurité, d'amour et de paix[36].

William James (Wikipédia)

« c'est la croyance qui donne des couleurs à la vie et qui fait la différence ».

William James (Wikipédia)

D'une façon générale, pour James, le monisme tend à pousser les êtres humains vers le quiétisme alors que, dans le pluralisme, l'homme se prend en main, est actif[30].

William James (Wikipédia)

le monisme, auquel il s'oppose, voit, dans ses versions extrêmes, l'univers comme déterminé par des lois inexorables[30]. James, au contraire, plaide pour la possibilité du nouveau, de l'inédit, du différent dans le monde. Le pluralisme jamesien est marqué par la croyance en un monde meilleur que nous pouvons atteindre par la coopération avec les hommes dans le monde entier[30].

William James (Wikipédia)

le futur est ouvert et peut être amélioré si les hommes font librement les bons choix.

William James (Wikipédia)

« notre bonheur semble requérir que nous ayons des idéaux, que nous nous efforcions de les atteindre et que nous pensions que nous faisons quelques progrès dans leur direction[10]. »

William James (Wikipédia)

la liberté est un postulat qu'on ne peut pas démontrer.

William James (Wikipédia)

Pretend that you have free will.

Exhalation: Stories (Ted Chiang)

les vérités ne sont pas absolues comme chez les rationalistes, elles dépendent des faits et de notre expérience de l'environnement, toutes choses qui évoluent[19].

William James (Wikipédia)

on ne peut pas prouver l'existence de Dieu, du moins est-il possible d'étudier les effets de la croyance[15].

William James (Wikipédia)

car elles relèvent de la croyance pure. Mais la croyance pure peut avoir des conséquences qui peuvent être testées.

William James (Wikipédia)

comprendre la signification d'une chose c'est étudier ses conséquences pratiques.

William James (Wikipédia)

“I love work as other men love play. It is both my occupation and my recreation.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Acheter un lit à une place c'est avouer publiquement qu'on n'a pas de vie sexuelle, et qu'on n'envisage pas d'en avoir dans un avenir rapproché ni même lointain

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Elle avait sans doute depuis toujours, comme toutes les dépressives, des dispositions à l'égoïsme et à l'absence de cœur;

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Dans un système économique où le licenciement est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver sa place. Dans un système sexuel où l'adultère est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver son compagnon de lit. En système économique parfaitement libéral, certains accumulent des fortunes considérables; d'autres croupissent dans le chômage et la misère. En système sexuel parfaitement libéral, certains ont une vie érotique variée et excitante; d'autres sont réduits à la masturbation et la solitude. Le libéralisme économique, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. De même, le libéralisme sexuel, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. Sur le plan économique, Raphaël Tisserand appartient au camp des vainqueurs; sur le plan sexuel, à celui des vaincus. Certains gagnent sur les deux tableaux; d'autres perdent sur les deux. Les entreprises se disputent certains jeunes diplômés; les femmes se disputent certains jeunes hommes; les hommes se disputent certaines jeunes femmes; le trouble et l'agitation sont considérables.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Dans un système économique où le licenciement est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver sa place. Dans un système sexuel où l'adultère est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver son compagnon de lit. En système économique parfaitement libéral, certains accumulent des fortunes considérables; d'autres croupissent dans le chômage et la misère. En système sexuel parfaitement libéral, certains ont une vie érotique variée et excitante; d'autres sont réduits à la masturbation et la solitude. Le libéralisme économique, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. De même, le libéralisme sexuel, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. Sur le plan économique, Raphaël Tisserand appartient au camp des vainqueurs; sur le plan sexuel, à celui des vaincus.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Le libéralisme économique, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. De même, le libéralisme sexuel, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. Sur le plan économique, Raphaël Tisserand appartient au camp des vainqueurs; sur le plan sexuel, à celui des vaincus.

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

s'entrecroisent,

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

centripète

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

gelée translucide,

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

linéaments

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

"La sexualité est un système de hiérarchie sociale."

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

"Vous choisissez tous vos exemples dans l'adolescence, qui est certes une période importante de la vie, mais n'en occupe malgré tout qu'une fraction assez brève. Ne craignez-vous donc pas que vos conclusions, dont nous admirons la finesse et la rigueur, ne s'avèrent finalement partielles et limitées?"

Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Dans les blessures qu'elle nous inflige, la vie alterne entre le brutal et l'insidieux. Connaissez ces deux formes. Pratiquez-les.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

C'est un slow magnifique, d'une beauté surréelle.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

Michel n'oubliera jamais le contraste entre son cœur figé par la souffrance et la bouleversante beauté de la musique. Sa sensibilité est en train de se former.

Rester vivant (Michel Houellebecq)

“Search engine bias is particularly insidious,” they wrote. “It is very difficult even for experts to evaluate search engines.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Before Google had come to its fork in the road, he had strenuously insisted in a piece coauthored with Brin that “advertising funded search engines will be inherently biased towards the advertisers and away from the needs of the consumers.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

we must act, individually and collectively, to make our attention our own again, and so reclaim ownership of the very experience of living.

The Attention Merchants (Tim Wu)

our life experience would ultimately amount to whatever we had paid attention to.

The Attention Merchants (Tim Wu)

It would no doubt be shocking to reckon the macroeconomic price of all our time spent with the attention merchants, if only to alert us to the drag on our own productivity quotient, the economist’s measure of all our efforts.

The Attention Merchants (Tim Wu)

In this respect our lives have become the very opposite of those cultivated by the monastics, whether in the East or the West, whose aim was precisely to reap the fruits of deep and concentrated attention.

The Attention Merchants (Tim Wu)

And what are the costs to a society of an entire population conditioned to spend so much of their waking lives not in concentration and focus but rather in fragmentary awareness and subject to constant interruption?

The Attention Merchants (Tim Wu)

How often have you sat down with a plan, say, to write an email or buy one thing online, only to find yourself, hours later, wondering what happened?

The Attention Merchants (Tim Wu)

If any practical motivation were needed to work through the discomfort of reclaiming the attention that is one’s own, it is useful to consider the accruing costs of our failure to do so.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Over the coming century, the most vital human resource in need of conservation and protection is likely to be our own consciousness and mental space.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Even with the necessary technology, it was not always so easy to reach people in their homes, let alone while walking or in a taxi. For the majority, religious practice used to define certain inviolable spaces and moments. Less formal norms, like the time reserved for family meals, exerted considerable force as well. In this world, privacy was the default, commercial intrusions the exception.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Certainly among its most desired target demographics, the young and the affluent, advertising seemed to become one more avoidable toxin in the healthy lifestyle, another twentieth-century invention mistakenly assumed to be harmless, like sugary soft drinks, processed foods, and tanning beds.

The Attention Merchants (Tim Wu)

In 1998, Larry Page and Sergey Brin had written that reliance on advertising would inevitably make it difficult to create the best possible product;

The Attention Merchants (Tim Wu)

“They’re gobbling up everything they can learn about you and trying to monetize it. We think that’s wrong.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

jumping the shark.

The Attention Merchants (Tim Wu)

The intuition was, in retrospect, informed by a deeper insight than most anyone knew at the time. In business, there is always potential to gain something by zigging while everyone else is zagging. With everyone else—including its closest rival, Hulu, a joint venture of other media companies—reliant on advertising, Netflix could distinguish itself by offering a different kind of experience.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Netflix was thus something of a town scrap dealer, at the bottom of the content food chain.

The Attention Merchants (Tim Wu)

For in its totality the web seemed to be bobbing in the crosscurrents of an aggressive egotism and neurasthenic passivity.

The Attention Merchants (Tim Wu)

the culture of the web had resulted in a suppression of individual creativity and innovation.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Consider “The 14 Coolest Hybrid Animals,” a series for Toyota’s Prius, or “11 Things You Didn’t Know About [the Sony] PlayStation” joined with “10 Awesome Downloadable Games You May Have Missed.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

That priceless impression of getting great stuff for free, the attention merchant’s most essential magic trick,

The Attention Merchants (Tim Wu)

Your goals are things like “spend more time with the kids,” “learn to play the zither,” “lose twenty pounds by summer,” “finish my degree,” etc. Your time is scarce, and you know it. Your technologies, on the other hand, are trying to maximize goals like “Time on Site,” “Number of Video Views,” “Number of Pageviews,” and so on. Hence clickbait, hence auto-playing videos, hence avalanches of notifications. Your time is scarce, and your technologies know it.11

The Attention Merchants (Tim Wu)

Your goals are things like “spend more time with the kids,” “learn to play the zither,” “lose twenty pounds by summer,” “finish my degree,” etc. Your time is scarce, and you know it. Your technologies, on the other hand, are trying to maximize goals like “Time on Site,” “Number of Video Views,” “Number of Pageviews,” and so on. Hence clickbait, hence auto-playing videos, hence avalanches of notifications. Your time is scarce, and your technologies know

The Attention Merchants (Tim Wu)

“The best minds of my generation are thinking about how to make people click ads,” commented scientist Jeff Hammerbacher. “That sucks.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Eric Schmidt had once said that the ideal was to “get right up to the creepy line and not cross it.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

This is life now: one constant, never-ending stream of non sequiturs and self-referential garbage that passes in through our eyes and out of our brains at the speed of a touchscreen.

The Attention Merchants (Tim Wu)

the commodity in question is access to people’s minds, the perpetual quest for growth ensures that forms of backlash,

The Attention Merchants (Tim Wu)

famous adman David Ogilvy once put it, “I have a passion for landscape, and I have never seen one improved by a billboard. Where every prospect pleases, man is at his vilest when he erects a billboard.”

The Attention Merchants (Tim Wu)

Motion, color, critters of every kind, sexualized men and women, babies and monsters seem to work best on us.

The Attention Merchants (Tim Wu)

The attention-grabbing effect of bright colors was, at the time, understood only intuitively, but it has since been described by brain scientists. The depiction of exuberant women in some state of undress perhaps requires less comment, but that they appear to be moving is significant.

The Attention Merchants (Tim Wu)

despite being static, the Parisian posters evoked a sense of frantic energy in their bright, contrasting colors, and beautiful, half-dressed women—elements that made them nearly impossible to ignore.

The Attention Merchants (Tim Wu)

There might have been good reason to doubt the circulation claims of a newspaper that had just reported the discovery of life on the moon. But it cannot be denied that the Sun succeeded or that the model Day conceived would spawn generations of imitators, from radio networks and broadcast television to Google and Facebook.

The Attention Merchants (Tim Wu)

But Herschel’s greatest discovery was life on the moon, or more precisely: large, winged creatures, which when not borne aloft could pass for humans:

The Attention Merchants (Tim Wu)

large, winged creatures, which when not borne aloft could pass for humans:

The Attention Merchants (Tim Wu)

large, winged creatures, which when not borne

The Attention Merchants (Tim Wu)

As politicians, professional wrestlers, and rappers know well, trash-talking remains an effective way of getting attention, and it worked well for Bennett.

The Attention Merchants (Tim Wu)

The boy, did you say? Indeed, sir, divil a bit o’boy is here about the baste, nor man neither, barring he drinks brandy like a fish.

The Attention Merchants (Tim Wu)

As William James observed, we must reflect that, when we reach the end of our days, our life experience will equal what we have paid attention to, whether by choice or default. We are at risk, without quite fully realizing it, of living lives that are less our own than we imagine. The goal of what follows is to help us understand more clearly how the deal went down and what it means for all of us.

The Attention Merchants (Tim Wu)

Within living memory it was thought that families would never tolerate the intrusion of broadcasting in the home. An earlier generation would find it astonishing that, without payment or even much outcry, our networks of family, friends, and associates have been recruited via social media to help sell us things. Now, however, most of us carry devices on our bodies that constantly find ways to commercialize the smallest particles of our time and attention.

The Attention Merchants (Tim Wu)

has asked and gained more and more of our waking moments, albeit always, in exchange for new conveniences and diversions,

The Attention Merchants (Tim Wu)

‘that great rope, with a Philistine at each end of it talking inutilities!’ Often, when I start to tap out my inutile 140 characters on Twitter, this phrase comes uneasily to mind.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

That’s the crucial thing about Facebook, the main thing which isn’t understood about its motivation: it does things because it can. Zuckerberg knows how to do something, and other people don’t, so he does it.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Growth can only come from connecting new areas of the planet. An early experiment came in the form of Free Basics, a program offering internet connectivity to remote villages in India, with the proviso that the range of sites on offer should be controlled by Facebook. ‘Who could possibly be against this?’ Zuckerberg wrote in the Times of India. The answer: lots and lots of angry Indians. The government ruled that Facebook shouldn’t be able to ‘shape users’ internet experience’ by restricting access to the broader internet. A Facebook board member tweeted that ‘anti-colonialism has been economically catastrophic for the Indian people for decades. Why stop now?’ As Taplin points out, that remark ‘unwittingly revealed a previously unspoken truth: Facebook and Google are the new colonial powers.’

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

compares Zuckerberg to Alexander the Great, weeping because he has no more worlds to conquer. Perhaps this is one reason for the early signals Zuck has sent about running for president

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

compares Zuckerberg to Alexander the Great, weeping because he has no more worlds to conquer.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

‘Association of Facebook Use with Compromised Well-Being: A Longitudinal Study’.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

the more people use Facebook, the more unhappy they are.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Bork’s most influential legal stance came in the area of competition law. He promulgated the doctrine that the only form of anti-competitive action which matters concerns the prices paid by consumers. His idea was that if the price is falling that means the market is working, and no questions of monopoly need be addressed.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

history of attention merchants shows that there is a suggestive pattern here: that a boom is more often than not followed by a backlash, that a period of explosive growth triggers a public and sometimes legislative reaction.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

The Attention Merchants: From the Daily Newspaper to Social Media, How Our Time and Attention Is Harvested and Sold        by Tim Wu.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

capturing and reselling attention has been the basic model for a large number of modern businesses, from posters in late 19th-century Paris, through the invention of mass-market newspapers that made their money not through circulation but through ad sales, to the modern industries of advertising and ad-funded TV.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

class and status differences in Silicon Valley, in particular the never publicly discussed issue of the huge gulf between early employees in a company, who have often been made unfathomably rich, and the wage slaves who join the firm later in its story.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Facebook is an advertising company.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

A version of Gresham’s law is at work, in which fake news, which gets more clicks and is free to produce, drives out real news, which often tells people things they don’t want to hear, and is expensive to produce.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

In 2014, the New York Times did the arithmetic and found that humanity was spending 39,757 collective years on the site, every single day. Jonathan Taplin points out that this is ‘almost fifteen million years of free labour per year’. That was back when it had a mere 1.23 billion users.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

published a report saying that the Russians had waged

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

We are keen to be seen as we want to be seen, and Facebook is the most popular tool humanity has ever had with which to do that.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

‘Facebook first spread by word of mouth, and it’s about word of mouth, so it’s doubly mimetic,’ Thiel said.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Girard was a Christian, and his view of human nature is that it is fallen. We don’t know what we want or who we are; we don’t really have values and beliefs of our own; what we have instead is an instinct to copy and compare. We are homo mimeticus. ‘Man is the creature who does not know what to desire, and who turns to others in order to make up his mind. We desire what others desire because we imitate their desires.’ Look around, ye petty, and compare. The reason Thiel latched onto Facebook with such alacrity was that he saw in it for the first time a business that was Girardian to its core: built on people’s deep need to copy.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Thiel became interested in the ideas of the US-based French philosopher René Girard, as advocated in his most influential book, Things Hidden since the Foundation of the World. Girard’s big idea was something he called ‘mimetic desire’.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

noses pressed against the sweet-shop window of others’ lives.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Then it was extended to other elite campuses in the US. When it launched in the UK, it was limited to Oxbridge and the LSE.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

The initial launch of Facebook was limited to people with a Harvard email address; the intention was to make access to the site seem exclusive and aspirational.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

He is very well aware of how people’s minds work and in particular of the social dynamics of popularity and status.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Zuckerberg was studying for a degree with a double concentration in computer science and – this is the part people tend to forget – psychology.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Internet companies are working in a field that is poorly understood (if understood at all) by customers and regulators. The stuff they’re doing, if they’re any good at all, is by definition new. In that overlapping area of novelty and ignorance and unregulation, it’s well worth reminding employees not to be evil, because if the company succeeds and grows, plenty of chances to be evil are going to come along.

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Flaubert was sceptical about trains because he thought (in Julian Barnes’s paraphrase) that ‘the railway would merely permit more people to move about, meet and be stupid.’

It Zucks! · LRB 16 August 2017 (John Lanchester)

Plongez l'adversaire dans d'inextricables épreuves et prolongez son épuisement en vous tenant à distance ;

L'art de la Guerre (Sun Tzu)

Si vos ennemis sont plus puissants et plus forts que vous, vous ne les attaquerez point, vous éviterez avec un grand soin ce qui peut conduire à un engagement général ; vous cacherez toujours avec une extrême attention l'état où vous vous trouverez.

L'art de la Guerre (Sun Tzu)

vous ne formerez aucune entreprise qui ne puisse être menée à bonne fin.

L'art de la Guerre (Sun Tzu)

d’une nouvelle ère d’obscurité. Les théosophes

L'appel de Cthulhu (Howard Phillips Lovecraft)

se nourrissant trop souvent d’une boîte de haricots et de glaces à la vanille puisque ses moyens ne lui permettent guère plus,

L'appel de Cthulhu (Howard Phillips Lovecraft)

THE THIRTY-DAY PLAN

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

et au Permien ; elles ont connu les vagissements

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

l’homme a bâti des métropoles gigantesques et laides, où chacun, isolé dans un appartement anonyme au milieu d’un immeuble exactement semblable aux autres, croit absolument être le centre du monde et la mesure de toutes choses.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

transcrire mon rêve pour un public de porcs.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

pour qui veut connaître l’état des mentalités par un coup de sonde rapide et précis, le succès de Lovecraft est déjà à soi seul un symptôme.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

mieux vaut se rappeler la manière dont nous traitons ces « intelligences inférieures » que sont les lapins et les grenouilles. Dans le meilleur des cas, elles nous servent nourriture ; parfois aussi, souvent, nous les tuons par simple plaisir de tuer.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

Ses convictions matérialistes et athées ne varieront pas. Il y revient lettre après lettre, avec une délectation nettement masochiste.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

Ses convictions matérialistes et athées ne varieront pas.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

tout rationalisme tend à minimiser la valeur et l’importance de la vie, et à diminuer la quantité totale de bonheur humain.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

L’univers n’est qu’un furtif arrangement de particules élémentaires. Une figure de transition vers le chaos. Qui finira par l’emporter. La race humaine disparaîtra. D’autres races apparaîtront, et disparaîtront à leur tour. Les cieux seront glaciaux et vides, traversés par la faible lumière d’étoiles à demi-mortes. Qui, elles aussi, disparaîtront. Tout disparaîtra. Et les actions humaines sont aussi libres et dénuées de sens que les libres mouvements des particules élémentaires. Le bien, le mal, la morale, les sentiments ? Pures « fictions victoriennes ». Seul l’égoïsme existe. Froid, inentamé et rayonnant.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

Quand on aime la vie, on ne lit pas. On ne va guère au cinéma non plus, d’ailleurs. Quoi qu’on en dise, l’accès à l’univers artistique est plus ou moins réservé à ceux qui en ont un peu marre.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

Je suis si las de l’humanité et du monde que rien ne peut m’intéresser à moins de comporter au moins deux meurtres par page, ou de traiter d’horreurs innommables provenant d’espaces extérieurs.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

Nous sommes là à un moment où l’extrême acuité de la perception sensorielle est tout près de provoquer un basculement dans la perception philosophique du monde ; autrement dit, nous sommes là dans la poésie.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

l’extrême acuité de la perception sensorielle est tout près de provoquer un basculement dans la perception philosophique du monde ; autrement dit, nous sommes là dans la poésie.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

il ramène brutalement le racisme à sa source essentielle, sa source la plus profonde : la peur.

H.P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie (Michel Houellebecq)

Resist the temptation to explain the world so cheaply. You’re holding yourself back from real, serious reflection – and robbing yourself of your only chance to understand the world at least fractionally better.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

quality of political discourse in the last thirty years has gone noticeably downhill. This period corresponds precisely with the rising tide of news.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

In Ancient Greece, two and a half thousand years ago, democracy (albeit a democracy of the elites that excluded women, slaves and men under thirty) functioned without newspapers, TV or the internet. How did people stay informed? They thought, and they debated.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

The news industry is society’s appendix – permanently inflamed and completely pointless. You’re better off simply having it removed.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

‘When a person spends all his time in foreign travel,’ noted Seneca, ‘he ends by having many acquaintances, but no friends.’

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

You can influence what happens in your life, your family, your neighbourhood, your city, your job, but the rest you simply have to accept.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Nintey-nine point nine per cent of all world events are outside your control.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Think of a wise man or a wise woman – your personal ideal, a beacon of humanity. Someone like Socrates, Confucius, the Buddha, Jesus, Marcus Aurelius, Hildegard of Bingen, Mother Teresa, Martin Luther King, Gandhi or any of the ‘wise women’ in the biblical texts. Now imagine this person alive today. Your image of them would be completely ruined if they were constantly checking the news on their smartphone.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

News and comments about the news bring out the worst in humanity.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

If we survey the last 2,500 years – since philosophers first began to write their ideas down – we find a remarkable degree of overlap between philosophers. ‘Inner peace’ was nearly always considered a key component of a successful life, though in the old days this concept was often expressed in terms of ‘tranquillity’, ‘equanimity’, an ‘inner stronghold’, ‘serenity’ or ‘peace of mind’. Peace of mind arises in part through the absence of toxic emotions. The faster you can eliminate toxic emotions like envy, anger and self-pity from your emotional repertoire, the better.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

NEWS DESTROYS OUR PEACE OF MIND What constitutes a good life? To put it another way: how should you live your life so that you can one day look back on it as ‘successful’ and ‘good’? Until you can answer this fundamental question, your life will be a non-stop crisis-coping machine. Without a clear philosophy here, you risk life passing you by.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

It takes far more discipline to avoid the news than to procure it.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Today’s algorithms use morsels of news (‘clickbait’, to use the jargon) in an altogether more targeted way. The upshot? It’s getting increasingly difficult to distance ourselves from the stream of news. Imagine if cigarettes, alcohol and cocaine were not only free but actually offered to you on all sides, round the clock, by invisible hands.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

bathroom mirrors that will play you the news as you’re brushing your teeth in the morning.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

And if the conversation does judder to a halt, there’s no better way to jump-start it than with the following question: ‘So, what do you think are the most important headlines this week?’ You’ll see – most people will love explaining things to you. And they’ll love you for giving them an opportunity to share their immense but pointless store of trivia. Accept it with a knowing smile.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

For hundreds of years, the king sat unquestioned on his throne – then he was beheaded, and suddenly everybody realised: we don’t need one. It’s exactly the same with the news.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

NEWS ENCOURAGES TERRORISM

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

‘Terrorists are masters of mind control. They kill very few people but nevertheless manage to terrify billions and rattle huge political structures such as the European Union or the United States.’

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

By following, say, the fate of earthquake victims on a news website, you’re actually giving your attention to the people running the platform, not the victims themselves.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

NEWS GIVES US THE ILLUSION OF EMPATHY The news lulls us into a warm, all-inclusive sense of common humanity. We’re all citizens of the world. We’re all subject to the same troubles. We’re all connected. The planet is a global village. We sing ‘We Are the World’ while swaying back and forth in harmony with thousands of others, holding our tiny lighters. This sense of empathy, magnified a thousand-fold, feels wonderfully soft and cosy – yet it achieves absolutely nothing.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

I don’t know a single creative person who is also a news junkie

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Adverts are trying to flog us products we don’t need or can’t afford – otherwise we’d buy them without advertising.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Our own behaviour as consumers has led to a race to the bottom. The only way to avoid losing the race is not to take part. This is my recommendation to you as a reader – and especially to my journalist friends. All self-respecting journalists should steer clear of news journalism, just as no chef who takes pride in his work would start a career at McDonald’s.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)

Nearly everything we hear on the news is outside our sphere of influence.

Stop Reading the News (Rolf Dobelli)